
Un certain Marx qualifiait autrefois la religion d’”opium du peuple”, et elle fut longtemps considérée par la gauche française, et aussi par une partie de la droite, par ce prisme.
S’il ne s’agit pas aujourd’hui de relancer les débats d’hier, force est de constater que parfois, si elle n’est pas forcement une drogue la religion n’en est pas moins toxique.
Toxique, elle l’est certainement quand elle prétend ériger en norme universelle des normes qui lui sont particulières. Ainsi, si je respecte la doctrine catholique ou musulmane qui veulent qu’un couple marié selon le rite religieux soit forcement composé d’un homme et d’une femme (ou de plusieurs femme parfois dans le second cas), je revendique le droit pour chaque citoyen de se placer d’un point de vue non religieux et strictement républicain.
Si la religion est respectable quand elle établit des règles pour ses fidèles, elle devient toxique quand elle prétend imposer ses propres règles à ceux qui entendent vivre autrement, selon une autre religion, ou en dehors de tout fait religieux.
Ainsi du droit au mariage pour les couples homosexuels. Ainsi de telle ou telle règle propre à chaque religion (comme le respect du Carême ou du Ramadan par exemple).
J’emploie le mot “toxique” à dessein. Certain ont cru pouvoir l’employer pour qualifier de manière un peu caricaturale (si l’on peut se permettre), et par un renversement des rôles digne d’une rhétorique toute soviétique, les propos de Jean-François Copé sur le désormais célèbre “pain au chocolat“.
Ce témoignage de Jean-François Copé n’a évidemment rien de “toxique”, bien au contraire. C’est bien la religion, ou du moins sa pratique, qui devient toxique quand elle prétend ériger en norme universelle et opposable à tous des règles qui ne concernent que ceux qui veulent bien, selon leur libre arbitre, suivre ses préceptes.
Jean-François Copé a courageusement pointé un des fondements de la société moderne vis-à-vis de la religion: le Doute. Le Doute qui, dès le XVI ème siècle en Europe a mis fin à la théocratie médiévale. L’Homme redevenait, après plus de 10 siècles d’interdit, libre de croire, ou de douter.
Il est bon et sage de rappeler, fut-ce grâce à des anecdotes en apparence anodines telle celle du pain au chocolat, ce principe fondateur de la liberté Française.
- Par Emmanuel Blanc |
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Un commentaire
Mon dieu !
Je suis souvent gêné par l’aspect sectaire, à mon sens, de nombre de commentateurs de Têtu dès lors que la droite est évoquée, mais là, je me retrouve avec le même genre de propos un peu sectaires pour justifier un appel du pied de Copé au FN.
Copé a “courageusement” tenté cette ouverture, après tout c’est son droit dès lors que Fillon mordrait sur les électeurs UMP plus centristes, Sarkozy a, en d’autres temps, utilisé cette tactique avec succès. En revanche, venir le défendre sur un site homo de gauche en rattachant cette saillie au “Doute”…
Pauvre Descartes…