Il est grand temps de relire Karl Popper et son paradoxe de la tolérance: « Si l’on est d’une tolérance absolue, même envers les intolérants, et qu’on ne défende pas la société tolérante contre leurs assauts, les tolérants seront anéantis, et avec eux la tolérance ».
Le grand philosophe viennois nous est d’une aide absolue dans le débat autour de l’attitude à adopter face à cette intolérance qui monte.
Le groupe Sexion d’assaut est en lui même insignifiant, et ne mériterait pas qu’on y consacre une seule ligne s’il n’était symptomatique d’une certaine forme d’intolérance qui sévit de nouveau en Europe et ailleurs dans le monde.
Il est inconcevable de soutenir que la liberté d’expression, fut-elle artistique, justifie qu’on laisse s’exprimer une tel degré de haine à l’égard des homosexuels, ou de quelque autre groupe ou communauté que ce soit.
Demander à un groupe qui chante des appels au meurtre contre les homosexuels de participer à la lutte contre l’homophobie, c’est un peu comme inviter une bande de skinheads à prendre le thé pour assister à une lecture sur les droits de l’Homme.
Le relativisme moral et intellectuel est la plus grave menace planant sur notre société. Si tout se vaut, les droits de l’Homme ne sont qu’un point de vue occidental, et n’ont qu’une valeur relative. C’est d’ailleurs la rhétorique des pays qui les violent en permanence, au premier rang desquels la Chine communiste et L’Iran islamo-fasciste.
Que de sinistres individus décident de baptiser eux-mêmes leur groupe musical d’un nom rappelant les Sections d’Assaut d’Hitler, cela devrait déjà mettre en garde la plupart des honnêtes gens. Admettons qu’ils le fissent sans se rendre compte qu’ils se plaçaient ainsi sous le haut patronage d’un nazi, Ernst Röhm, au demeurant homosexuel. Soit. Que ces individus ensuite écrivent, chantent, et se répandent en propos haineux contre les valeurs de la société de liberté dans laquelle ils s’épanouissent les disqualifie absolument.
Nous n’avons aucune tolérance à avoir envers ce genre d’individus. Il en va de la survie même de la société tolérante. Voilà tout le paradoxe de la tolérance.
- Par Emmanuel Blanc |
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