Vues de droite

Par Emmanuel Blanc, co-fondateur de GayLib

Quand la religion devient “toxique”
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Un certain Marx qualifiait autrefois la religion d’”opium du peuple”, et elle fut longtemps considérée par la gauche française, et aussi par une partie de la droite, par ce prisme.

S’il ne s’agit pas aujourd’hui de relancer les débats d’hier, force est de constater que parfois, si elle n’est pas forcement une drogue la religion n’en est pas moins toxique.

Toxique, elle l’est certainement quand elle prétend ériger en norme universelle des normes qui lui sont particulières. Ainsi, si je respecte la doctrine catholique ou musulmane qui veulent qu’un couple marié selon le rite religieux soit forcement composé d’un homme et d’une femme (ou de plusieurs femme parfois dans le second cas), je revendique le droit pour chaque citoyen de se placer d’un point de vue non religieux et strictement républicain.

Si la religion est respectable quand elle établit des règles pour ses fidèles, elle devient toxique quand elle prétend imposer ses propres règles à ceux qui entendent vivre autrement, selon une autre religion, ou en dehors de tout fait religieux.

Ainsi du droit au mariage pour les couples homosexuels. Ainsi de telle ou telle règle propre à chaque religion (comme le respect du Carême ou du Ramadan par exemple).

J’emploie le mot “toxique” à dessein. Certain ont cru pouvoir l’employer pour qualifier de manière un peu caricaturale (si l’on peut se permettre), et par un renversement des rôles digne d’une rhétorique toute soviétique, les propos de Jean-François Copé sur le désormais célèbre “pain au chocolat“.

Ce témoignage de Jean-François Copé n’a évidemment rien de “toxique”, bien au contraire. C’est bien la religion, ou du moins sa pratique, qui devient toxique quand elle prétend ériger en norme universelle et opposable à tous des règles qui ne concernent que ceux qui veulent bien, selon leur libre arbitre, suivre ses préceptes.

Jean-François Copé a courageusement pointé un des fondements de la société moderne vis-à-vis de la religion: le Doute. Le Doute qui, dès le XVI ème siècle en Europe a mis fin à la théocratie médiévale. L’Homme redevenait, après plus de 10 siècles d’interdit, libre de croire, ou de douter.

Il est bon et sage de rappeler, fut-ce grâce à des anecdotes en apparence anodines telle celle du pain au chocolat, ce principe fondateur de la liberté Française.

Le cimetière des dinosaures

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A quelques mois de l’élection présidentielle, voilà qu’une poignée de parlementaires en (quasi)pré-retraite tente de réactiver leur “entente parlementaire” de sinistre mémoire.


De quoi s’agit-il? Ni plus ni moins que d’affirmer une fois de plus leur détestation des gays et des lesbiennes sous le prétexte de “défendre la famille”. En réalité, ce petit groupe n’est mu que par son hostilité aux personnes homosexuelles et sa volonté farouche de nier notre aspiration légitime à l’égalité des droits. Certes, nous pourrions faire remarquer qu’il ne s’agit que de second, voire de troisième couteaux, ce qui est vrai. Nous pourrions nous réjouir qu’en l’espace de quelques années leur nombre se réduise de moitié, ce qui est vrai. Nous pourrions constater que les initiateurs de ce funeste mouvement sont toujours les mêmes, en proie aux mêmes étranges obsessions homophobes que rien ne semble décidément pouvoir calmer. Nous pourrions souligner que de plus en plus de personnalités de premier plan, celles et ceux qui vont réellement compter, rejoignent le camp de la Liberté et de l’Egalité des droits: Alain Juppé, Luc Chatel, Jeanette Bougrab, Bruno Le Maire, Chantal Jouanno, Nadine Morano, Roselyne Bachelot, Franck Riester, Valerie Rosso-Debord,…


Néanmoins, la réactivation de ce groupe décidé à en découdre est une terrible nouvelle pour notre famille politique qui n’a pas su jusqu’à présent (c’est le moins que l’on puisse dire), prendre le tournant de la prise en compte des aspirations légitimes à l’égalité des gays et des lesbiennes de ce pays.


Ce groupe d’obscurs parlementaires, inconnus pour la plupart, ou connus seulement pour leurs outrances, ont réussi une seule chose: discréditer l’UMP sur ces sujets, et nuire à l’image du Président de la République lui même.

La consultation organisée par Têtu (http://www.tetu.com/actualites/france/consultation-ttu-presidentielle-hollande-en-tete-marine-le-pen-en-embuscade-20867) devrait résonner comme un coup de semonce pour notre famille politique: aujourd’hui, plus de 15,4% des personnes consultées par le magazine Têtu accordent leur préférence à Marine Le Pen contre seulement  10,8 % à Nicolas Sarkozy. Ces chiffres sont édifiants.


Alors que l’ouverture du mariage à tous les couples est aujourd’hui soutenue par plus de 63% de la population, y compris par 51% des sympathisants de l’UMP (sondage BVA pour le Parisien du 14 janvier 2012 http://www.leparisien.fr/societe/les-francais-favorables-au-mariage-gay-14-01-2012-1811697.php ) ces parlementaires contribuent à rendre notre famille politique plus détestable aux yeux des personnes homosexuelles que le Front National!!!


Dorénavant, seul un signal fort de la part du Président de la République envers l’égalité des droits pour les couples homos permettra à notre famille politique de se relever, et de revendiquer haut et fort que l’égalité des droits est un de nos combats les plus fondamentaux, les plus anciens, et qu’il est au coeur des valeurs pour lesquelles les hommes et les femmes qui s’engagent auprès de l’UMP se battent tous les jours. Libertas!

Le camp de la liberté

5226hkjdA quelques mois du début de la campagne pour les élections présidentielles puis législatives, l’heure est venue pour l’UMP de prendre ses responsabilités et de choisir son camp.

Le camp du retour en arrière et d’un ordre moral qui refuse de reconnaitre l’évolution naturelle de la société française. Ou, comme elle a toujours su le faire jusqu’à présent, le camp de la liberté, de la responsabilité, et de l’humanisme.

Les gays et les lesbiennes de ce pays sont des citoyens à part entière, ils veulent en 2011 vivre leur couple au grand jour, se marier, fonder une famille, élever leurs enfants comme tout le monde. La France ne peut plus, à contre-courant des pays libres, et de la majorité de ses partenaires européens, leur refuser ce droit en 2012.

Une position d’exclusion ferait irrémédiablement perdre à notre famille politique le soutien des millions de gays et lesbiennes de France, mais aussi le soutien de leurs amis, de leur famille, et de tous ceux qui sont attachés à une certaine idée de la France : le pays des droits de l’homme.

En 2012, si vous voulez nos voix, donnez nous nos droits. Nos devoirs, nous les assumons déjà.


Si vous voulez nos voix, donnez nous nos droits

article_copeL’UMP depuis environ 3 ans, semble comme tétanisée dès qu’il s’agit d’aborder les questions liées à l’égalité des droits pour les personnes LGBT. Si le candidat Nicolas Sarkozy avait, en 2007, donné un grand coup de frais et de modernité à notre parti, et affirmé son attachement à l’égalité des droits, il faut bien reconnaître que depuis la loi TEPA et l’égalité fiscale accordée aux couples pacsés et la dépénalisation universelle de l’homosexualité portée à l’ONU par Rama Yade, les LGBT ont été sortis de l’agenda gouvernemental.

Le passage de Xavier Bertrand au Secrétariat Général de l’UMP avait conforté ce sentiment que l’égalité des droits pour les LGBT n’était plus à l’ordre du jour. Non seulement le débat n’était plus ouvert, mais quand ces questions étaient néanmoins posées par la force de l’actualité, il faut bien reconnaître qu’elles furent traitées maladroitement. Non seulement les gays et les lesbiennes qui ont voté pour Nicolas Sarkozy se sentirent floués, mais aussi toutes les personnes attachées à l’égalité des droits pour tous. Les LGBT sont nombreux (environ 5 millions) en France, et pas seulement à Paris. Ils ont aussi des familles et des amis qui ne tolèrent plus de les voir traités comme des citoyens de seconde zone.

En 2011, nos familles ne sont toujours pas traitées comme les autres familles et ne bénéficient pas de la même considération vis-à-vis de la loi. Nos couples ne sont pas reconnus comme aussi valables que les couples hétérosexuels qui eux, ont le choix entre PACS ou mariage en fonction de leur projet de vie. Ce choix nous est refusé. Comme si nos choix de vie ne pouvaient être compatibles avec la stabilité familiale et la durée.

Pourtant, il faut bien reconnaître que de nombreuses voix, et non des moindres, s’expriment au sein de notre famille politique pour l’égalité des droits pour les personnes LGBT: Roselyne Bachelot depuis toujours, Rama Yade, Chantal Jouanno, Nadine Morano, Jeannette Bougrab, Benjamin Lancar se sont tous prononcés, avec parfois beaucoup de courage pour cette égalité.

Certes, il reste de farouches opposants à nos droits. Après tout, le débat, tant qu’il reste républicain et respecte les personnes dans leur dignité, est naturel au sein d’une famille politique aussi vaste et diverse que la nôtre.
GayLib n’a jamais eu de comportement sectaire à l’égard de ceux qui ne sont pas d’accord avec nous et a toujours souhaité débattre avec tous. La seule exception à ce jour est celle de Christian Vanneste, qui s’est lui même mis, par ses outrances à répétition, en dehors du champ du débat républicain.

Le  récent dérapage imbécile de Nora Bera fait plus preuve d’ignorance que de réelle volonté homophobe. Certes il est fâcheux qu’un ministre ne maîtrise pas sa communication. Mais Nora Bera ne représente rien à l’UMP, ou pas grand chose. Elle n’existe aujourd’hui que par sa présence au gouvernement. Elle retournera demain dans l’obscurité médiatique qu’elle n’aurait jamais du, finalement, quitter.

Une grande attente pèse aujourd’hui sur les épaules de Jean-François Copé. Il a hérité d’une page blanche sur les questions LGBT qui ne sont plus traitées par notre parti depuis 2007.
Il lui revient de redonner espoir à ces millions de personnes attachées à l’égalité des droits pour tous les français. L’heure n’est plus à l’ouverture des débats mais à l’application des promesses de campagne : l’égalité en 2011 n’est plus un sujet de débat.

Il s’agit de savoir comment  l’UMP souhaite la voir mise en œuvre et dans quel délai. Comment elle doit se traduire en droit et quel message nous souhaitons faire passer.

Il s’agit de savoir tout simplement si l’UMP souhaite encore être en 2012 le grand parti de la liberté et de la démocratie française qu’il fut à sa création en 2002.

Si vous voulez nos voix, donnez nous nos droits!

Carla et l’écharpe d’Iris

Carla

Le dernier gala d’AIDES au profit de la lutte contre le SIDA, placé sous la haute présidence de Carla Bruni-Sarkozy, fut l’occasion pour quelques généreux donateurs d’aider la recherche contre la maladie et de soutenir par leur générosité les malades.


L’engagement de l’épouse du chef de l’Etat pour cette cause n’est pas anodin. En effet, à l’exception de Danielle Mitterrand, les épouses de chefs d’Etat français choisissent en général de s’engager pour des causes plus consensuelles comme l’enfance ou les arts.


Le caractère et l’histoire personnelle de Carla Bruni la poussent naturellement vers cette cause plus lourde à porter pour une épouse de chef d’Etat. Le Président de Gaylib que je suis ne peut que se féliciter du courage et du panache de cette très grande Dame.


Carla Bruni est aussi, ne l’oublions pas, un soutien de toujours du combat pour l’égalité pour les gays et les lesbiennes. A l’instar de son illustre prédécesseur Catherine de Médicis qui arborait l’écharpe d’Iris (arc-en-ciel) comme emblème, Carla Bruni porte fièrement nos couleurs arc en ciel depuis toujours.


L’action et le personnage de Carla Bruni rentrent en résonance avec l’exemple des anciennes reines de France venues d’ailleurs.

Carla Bruni détient l’élégance intellectuelle et la fougue d’Aliénor d’Aquitaine, sans la trahison.

Elle a la finesse politique et le gout des arts de Catherine de Médicis, sans la noirceur.

Et elle porte sublimement dans ses chansons, les rêves et le panache de Marie Stuart, sans le malheur. Ou plutôt avec juste ce qu’il faut de malheur pour nous rendre meilleur.

Faites vous dépister!!

P1000414lightA l’occasion de cette journée mondiale de lutte contre le SIDA, GayLib souhaite souligner l’importance du dépistage précoce de la maladie afin de lutter efficacement contre sa propagation.

Les associations gays, même celles, comme GayLib, qui n’ont pas pour objet spécifique la lutte contre la maladie, ont une responsabilité particulière dans cet engagement. Ne nous voilons pas la face: près de 40% des nouveaux cas de contamination en France concerne les homosexuels masculins, ce qui fait de nous la population la plus à risque parmi les français.

Nous savons aujourd’hui qu’une personne séropositive traitée correctement et dont la charge virale est redevenue indétectable est beaucoup moins contaminante, voire pas du tout dans certains cas. Le virus du SIDA continue à se propager notamment dans la communauté homosexuelle en raison d’un nombre important de personnes (évalué à 50 000 en France), qui sont porteuses du virus mais ne le savent pas. Non traitées, ces personnes ont une charge virale élevée, ce qui les mets en danger elles-mêmes, mais aussi les autres par le risque accru de contamination qu’elles font courir à leurs partenaires.

Roselyne Bachelot, avant de quitter la Ministère de la Santé, a mis en place un important dispositif permettant de rendre plus accessible le dépistage, et notamment les fameux “test minutes”. Il est de notre responsabilité, nous LGBT engagés dans la vie de la Cité, d‘inciter les gays à se faire dépister le plus souvent possible. Toute personne ayant des partenaires multiples et ne connaissant pas son statut sérologique, doit se faire dépister régulièrement. Au minimum une fois par an, de préférence plus si les rapports sont fréquents.

Ainsi, vous vous protégerez vous même en permettant que la maladie soit traitée le plus tôt possible, ce qui est une garantie du succès du traitement. Vous protégerez les autres en empêchant de répandre le virus sans le savoir. En faisant baisser la charge virale dans votre organisme, un traitement adapté vous rendra moins contaminant, tout en vous soignant.

Le dépistage, tout le monde a à y gagner!!

Stop au massacre des chrétiens d’Orient

saint-sebastien-guido-reni-7-116-iphoneLa récente actualité en Irak a mis en lumière les souffrances que subissent au quotidien les minorités chrétiennes qui vivent au Proche-Orient.

Les LGBT, en tant que minorités discriminées, devraient se sentir concernés par le sort des minorités chrétiennes d’Orient. Les communautés LGBT en Europe ont longtemps subi des violences physiques et parfois une discrimination d’Etat: impossibilité de vivre ouvertement son homosexualité sous peine de mort sociale ou professionnelle, discrimination à l’emploi, violences physiques et morales. Ces discriminations et violences, grâce à l’action des militants LGBT au sens large, ont largement diminué en Occident depuis les années 1970 à l’encontre de nos communautés, même si l’égalité parfaite n’est pas encore acquise.

Les chrétiens d’Orient subissent quant à eux, aujourd’hui comme hier, et sans perspective d’amélioration à court terme, les mêmes discriminations professionnelles et sociales, les mêmes violences physiques et morales, que nous avons subi par le passé et que nous subissons encore parfois.
Cette communauté de destin devrait pousser les LGBT à soutenir, moralement et financièrement, les communautés chrétiennes d’Orient qui vivent dans la peur quotidienne de la ratonnade, de l’agression, voire de l’assassinat.

Les chrétiens d’Orient sont, rappelons-le, chez eux en Iran, Irak, Egypte, Syrie, Jordanie, Palestine et Israël,sans oublier bien sur le Liban. Ces communautés, dont certaines célèbrent encore la messe en araméen (la langue du Christ), sont aussi anciennes que le christianisme et existaient bien avant l’arrivée de l’Islam au Proche-Orient. Le Liban lui même, qui fut crée pour servir de sanctuaire aux chrétiens d’Orient, a été à ce point détruit et déstabilisé qu’il ne peut plus remplir ce rôle.

La liberté religieuse doit pouvoir exister partout dans le monde, y compris dans cet Orient qui nous est si proche culturellement et historiquement.
Les chrétiens d’Orient sont devenus le symbole dramatique des conséquences de la société intolérante que nous, LGBT, devons combattre partout dans le monde et quelle que soit son origine.

Sexion d’assaut ou le paradoxe de la tolérance.

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Il est grand temps de relire Karl Popper et son paradoxe de la tolérance: « Si l’on est d’une tolérance absolue, même envers les intolérants, et qu’on ne défende pas la société tolérante contre leurs assauts, les tolérants seront anéantis, et avec eux la tolérance ».

Le grand philosophe viennois nous est d’une aide absolue dans le débat autour de l’attitude à adopter face à cette intolérance qui monte.

Le groupe Sexion d’assaut est en lui même insignifiant, et ne mériterait pas qu’on y consacre une seule ligne s’il n’était symptomatique d’une certaine forme d’intolérance qui sévit de nouveau en Europe et ailleurs dans le monde.

Il est inconcevable de soutenir que la liberté d’expression, fut-elle artistique, justifie qu’on laisse s’exprimer une tel degré de haine à l’égard des homosexuels, ou de quelque autre groupe ou communauté que ce soit.

Demander à un groupe qui chante des appels au meurtre contre les homosexuels de participer à la lutte contre l’homophobie, c’est un peu comme inviter une bande de skinheads à prendre le thé pour assister à une lecture sur les droits de l’Homme.

Le relativisme moral et intellectuel est la plus grave menace planant sur notre société. Si tout se vaut, les droits de l’Homme ne sont qu’un point de vue occidental, et n’ont qu’une valeur relative. C’est d’ailleurs la rhétorique des pays qui les violent en permanence, au premier rang desquels la Chine communiste et L’Iran islamo-fasciste.

Que de sinistres individus décident de baptiser eux-mêmes leur groupe musical d’un nom rappelant les Sections d’Assaut d’Hitler, cela devrait déjà mettre en garde la plupart des honnêtes gens. Admettons qu’ils le fissent sans se rendre compte qu’ils se plaçaient ainsi sous le haut patronage d’un nazi, Ernst Röhm, au demeurant homosexuel. Soit. Que ces individus ensuite écrivent, chantent, et se répandent en propos haineux contre les valeurs de la société de liberté dans laquelle ils s’épanouissent les disqualifie absolument.

Nous n’avons aucune tolérance à avoir envers ce genre d’individus. Il en va de la survie même de la société tolérante. Voilà tout le paradoxe de la tolérance.

Homo Villepinus

de-villepinDominique de Villepin gratifie l’opinion depuis quelques semaines de ses envolées lyriques autant outrancières que vides de sens.
Si le Président de la République avait l’impudence d’affirmer que le ciel est bleu et que l’eau mouille, plus personne ne serait étonné d’entendre Monsieur de Villepin s’offusquer et affirmer le contraire avec un sens de la formule qui n’a d’égal que son audace. Après tout, l’ancien Premier ministre n’hésite pas une seconde à fustiger le bouclier fiscal au nom de la justice sociale dont il aime à se draper, en oubliant simplement qu’il en est l’inventeur et que c’est son gouvernement qui en a introduit le principe dans notre droit fiscal.

GayLib se souvient encore avec tristesse de l’arrivée à Matignon de Dominique de Villepin. Arrivée qui avait marqué la fin d’une période d’ouverture à droite pour les questions LGBT. Le libéral Jean-Pierre Raffarin fut le premier Premier ministre à inviter les associations LGBT à Matignon. Se faisant, il avait signifié que ces sujets faisaient bien partie du champ politique. Nous devons à son gouvernement, notamment, la création de la HALDE et la pénalisation des propos homophobes. La France est d’ailleurs toujours en avance en ce domaine sur les autres pays européens. Dès l’arrivée de Dominique de Villepin à Matignon, tous les contacts furent coupés avec les associations LGBT et aucun dossier n’a plus avancé d’un iota.

La Secrétaire générale de GayLib, Catherine Michaud, s’est ainsi rendue au débat organisé à HEC le 28 septembre dernier avec l’ancien Premier ministre.
Sans surprise, Dominique de Villepin a réaffirmé son opposition au mariage et à l’adoption pour les gays et lesbiennes.

Personne ne doit se laisser berner par le positionnement dit “social” d’un Dominique de Villepin, qui n’est qu’une posture de circonstance servant une ambition personnelle. Posture au demeurant vide de sens, qui manie l’incantation et l’emphase, mais qui ne propose rien de concret pour le pays.

Dominique de Villepin est bien l’héritier de cette tradition de mythomanie d’une certaine droite française, qui tantôt fustige le “parti de l’étranger”, tantôt loue le “travaillisme à la française”, sait comme personne déclamer sur “la grandeur de la France”, pour finalement mener une politique sans aucune ligne directrice, n’apporter aucun progrès ni social ni économique ni politique, et organise à la toute fin le lent déclin de notre pays que nous avons connu depuis 1981.

Dominique de Villepin ou la mythomanie française.

Expulsions: Mensonges et bons sentiments

Déclaration_des_droits_de_l'homme_et_du_citoyen_lowdefJ’ai été interpellé ces derniers jours sur ma position concernant la politique du gouvernement en matière d’immigration, et plus précisément sur les expulsions de citoyens roumains en situation illégale sur le territoire. Comment un militant LGBT, qui doit par essence être un défenseur des Droits de l’homme, peut se positionner par rapport à cette politique?

Les Droits de l’homme, rappelons le, sont l’héritage politique des libéraux en Europe et en Amérique. Par leur universalité, et grâce à la création de l’ONU voulue par les Etats-Unis, ils se sont érigés en norme pour toute l’humanité. Un militant LGBT qui se revendique libéral est donc à double titre ami et défenseur des Droits de l’homme.

Il y a en fait beaucoup de mensonges mêlés à de plus ou moins sincères bons sentiments autour du vacarme fait en France et en Europe sur la politique du gouvernement en la matière. Mensonges car la France reste un des pays les plus généreux et les plus ouverts de la planète. Il est faux de dire que les Droits de l’homme ne sont pas respectés en France concernant le droit d’installation des étrangers. Les français qui relaient ces mensonges ne font que desservir injustement notre pays. Ainsi a-t-on vu les députés européens de gauche relayer ces mensonges et dégrader ainsi l’image internationale de la France.

Tous les pays européens appliquent la même politique concernant le droit d’installation en Europe, et ces principes sont absolument conformes aux Droits de l’homme qui nous sont, à juste titre, si chers. Les règles européennes sont très claires: les citoyens peuvent circuler librement dans les pays de l’Union. Ils n’ont cependant pas de droit d’installation et doivent, après 3 mois, et sans preuve de ressources suffisantes ou d’emploi dans le pays d’accueil, rentrer dans leur pays. Ainsi de nombreux français sont expulsés chaque année par l’Allemagne, les Pays-Bas, l’Espagne, etc., parce qu’ils ne se conforment pas à ces dispositions. Les citoyens roumains expulsés ces dernières semaines se voient appliqués la même règle que nous appliquons à tous les citoyens européens. Ainsi l’Allemagne ou l’Italie ont-elles expulsé beaucoup plus de ressortissants roumains que la France depuis le début de l’année. On peut à la rigueur se demander pourquoi la France n’a pas appliqué la règle plus tôt et avec plus de rigueur, certains de ces ressortissants se trouvant dans l’illégalité par rapport aux règles européennes depuis très longtemps.

Il est du devoir d’un gouvernement de faire appliquer la loi. Concernant les étrangers en situation irrégulière, il est du devoir d’un gouvernement de les expulser. François Rebsamen, Maire PS de Dijon, l’a rappelé récemment en refusant de se joindre à la manifestation de certaines organisations de gauche contre les expulsions. La loi est juste, acceptée et appliquée par tous les pays européens. Elle est conforme aux Droits de l’homme. En aucun cas la France ne bafoue ces Droits. Le gouvernement agit ainsi avec justesse et protège, comme il en a le mandant impératif, l’ordre public et la sécurité du territoire.

Tout autre politique serait une forfaiture.