Il est trop tôt pour tirer de conclusions définitives des résultats des élections régionales, qui, on l’a bien vu, ne placent pas les sujets LGBT au cœur du débat à la différence des élections nationales.
On entend déjà ici et là des commentateurs prêts à donner des conseils au gouvernement et au Président de la République. Et de citer, pêle-mêle, l’ouverture à gauche, le débat sur l’identité nationale, ou encore la supposée absence de résultat du gouvernement face à la crise.
Christine Boutin, pour ne citer qu’elle, appelle la majorité à revenir à ses « fondamentaux ». Ce retour aux « fondamentaux », dans la bouche de Christine Boutin peut faire penser à un retour aux valeurs morales de l’ancienne droite qui a longtemps discriminé et exclu tous ceux qui n’étaient pas elle.
A mon niveau, je souhaiterais que la majorité réfléchisse aux engagements de 2007 qui l’ont porté à la victoire. Là sont ses fondamentaux, et nul part ailleurs, en tout cas pas dans le retour à l’ordre ancien.
En 2007, Nicolas Sarkozy a su parler juste aux Français. Qu’a-t-il dit ?
Il a parlé à la France qui travaille dur pour gagner sa vie et qui s’est senti à juste titre délaissée par quasiment tous les gouvernements successifs depuis 1981. A ceux-là, il a dit qu’il redonnerai à la valeur travail la place qu’elle mérite au sein de la société.
Il a parlé aussi à la France qui s’interroge sur ses valeurs, et son destin. A ceux-là il a dit que la France avait un rôle à jouer dans le monde à la mesure de ses valeurs millénaires. Il leur a parlé d’une République exemplaire où un gouvernement pourrait nommer à des postes clés des hommes et des femmes de qualité du camp opposé au nom du pluralisme.
Il a parlé aussi, pour revenir aux sujets centraux des blogs tetu.com, aux personnes LGBT qui ne sont pas encore réellement égales aux autres citoyens et à qui on refuse encore de reconnaître la validité de leurs familles. A ceux-là, il a dit que l’amour homosexuel était tout aussi valable et légitime que les autres, et leur a parlé d’égalité.
Voilà les fondamentaux auxquels nous devons nous tenir et auxquels les Français ont majoritairement adhéré.
Notre majorité doit se rappeler l’engagement qu’elle a pris devant les Français qui attendent ces réformes qui ne sont que partiellement mises en œuvre. Là est très certainement l’objet d’un éventuel désamour qu’ils ont exprimé à notre majorité à travers ces élections. En respectant le contrat qu’elle a passé avec les Français, l’UMP retrouvera leur confiance.
- Par Emmanuel Blanc |
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