“Je ne suis pas homophobe, mais…”

Il semblerait que nos communautés respectives soient à feu et à sang depuis quelques semaines (voire quelques mois dans votre cas…) avec tout le dossier de l’homosexualité, de l’homophobie et de la tolérance.  Vous avez les manifs contre le mariage, et nous avons les réactions homophobes qui inondent nos réseaux sociaux.

Le dernier cas à l’étude? Celui de Jeff Fillion, animateur de radio basé à Québec controversé (si vous saviez..!), qui y est allé de ses commentaires à tout le moins audacieux sur la nouvelle campagne de publicité qui circule depuis le début mars dans le but de démystifier l’homophobie. Je dis audacieux, c’est plutôt faible comme mot.  Cet enregistrement sonore circule depuis deux semaines sur les Facebook et Twitter de ce monde, mais les médias traditionnels s’en sont mêlés cette. En résumé, l’homme a tenu des propos plutôt contradictoires au sujet de l’homosexualité, se gardant bien d’être homophobe mais plutôt dégoûté par les manifestations amoureuses de couples de même sexe. Citation élégante : « Quelqu’un qui, par choix ou parce qu’il est né de même, est homosexuel, c’est pas de mes “criss” d’affaires. Mais, par contre, s’ils se frenchent devant moi, ah ça ça m’écoeure, c’est pour ça que je vous dis que je suis limite. Ça, j’aime pas ça.» Je vous rassure, la réaction des antihomophobes a été assez virulente sur sa propre page Facebook

Il semblerait que cette attitude de “Je ne suis pas homophobe, mais…” soit désormais généralisée. Voir ici le Tumblr d’un ami ayant relevé quelques commentaires de cet ordre, qui démontrent bien l’ampleur de ce mouvement. On accepte l’homosexualité et ceux qui en ont fait le choix (le CHOIX?!), mais on ne veut pas voir de démonstrations amoureuses en public (sous prétexte qu’on ne voit JAMAIS de démonstration similaire chez les hétéros… Ouais ouais.) et on ne veut pas que le gouvernement dépense pour nous fabriquer des pubs qui démystifie l’homophobie, parce qu’il semblerait que ce ne soit pas nécessaire. Pas nécessaire? Ouf.

La journée internationale de lutte contre l’homophobie arrive à grands pas en mai prochain; à quoi pouvons-nous nous attendre? J’ai personnellement le sentiment qu’avec les réseaux sociaux, nous avons donné une voix à tout le monde, et que nous avons maintenant accès publiquement aux conversations qui se tenaient encore hier dans les cuisines et les salons à travers le Québec. Et probablement qu’elles auraient dû y rester, qu’en pensez-vous?

Coming out, La série : Wow!

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Au Québec, plusieurs critiquent l’absence de personnage homosexuels de premier plan dans les séries télévisées et dans les films québécois. Il y a bien eu Tout sur moi, avec Éric Bernier, ou l’ensemble de l’oeuvre du jeune réalisateur Xavier Dolan, mais sinon, les homosexuels occupent toujours le rôle de meilleur ami ou de cousin, trop souvent stéréotypés.

Interpellé par cette problématique, Mathieu Blanchard a développé tout le concept d’une nouvelle série web en 12 épisode qui sera (enfin!) bientôt sur nos écrans, Coming out. Se déroulant presque entièrement à Montréal, l’histoire tourne autour de quelques personnages principaux qui doivent composer avec l’homosexualité et le coming out et qui nous permettent de découvrir des réalités bien différentes les unes des autres. Un peu à la manière de Queer as Folk à l’époque (grand fan ici!), il y aura du drama, un peu de sexe et beaucoup d’amour!

Et pour avoir eu la chance au cours de l’automne dernier de rencontrer une partie de l’équipe en plein tournage, je peux vous assurer que la série sera un succès!

D’ici la sortie officielle le 3 avril prochain, je vous invite à aller visionner les bandes-annonces. Intérêt garanti!

Pour les suivre sur Facebook, c’est ici!

monfilsgai.org, une ressource en ligne nécessaire

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J’ai fait mon coming out à mes parents à l’âge de 16 ans, en plein mois d’août. Je me revois encore : en train de ranger de la vaisselle propre, je voulais demander à ma mère si je pouvais sortir au club gay de ma région (j’étais peut-être trop honnête, j’en conviens). 15 minutes plus tard, j’étais sur ses genoux sur le balcon, à pleurer et ne plus trop savoir quoi faire. Elle non plus d’ailleurs.

Quel moment stressant. Il n’y a jamais de bonne occasion, nous ne sommes jamais prêts pour cela.

Avoir eu la chance de consulter la nouvelle ressource en ligne monfilsgai.org de l’organisme montréalais RÉZO disponible depuis samedi, j’aurais peut-être changé d’idée. En effet, ce nouveau site web explique autant aux parents qu’aux enfants les réalités de l’homosexualité et de la bisexualité. Une dizaine de témoignages touchants et plus d’une quarantaine de problématiques sont traitées sous format question/réponse. Que vous soyez en France ou au Québec, il est certain que vous apprécierez le contenu de cette nouvelle plateforme, présentée dans un esthétisme impressionnant.

Une adresse Web à mettre entre les mains de tout jeune gay qui s’avouera prochainement ou de tout parent tout juste ébranlé par cette nouvelle, qui ne changera, au final, pas grand-chose!

Mado Lamotte : 25 ans de carrière et pas une ride!

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Connaissez-vous Mado Lamotte, la dragqueen québécoise la plus connue ? Elle fêtait le 14 février dernier ses 25 ans de carrière au Métropolis – elle continue à mentionner qu’elle n’a que 29 ans, allez savoir… –, une soirée qu’elle voulait à son image : éclatée, surprenante et amusante.

Mais qui est Mado ? Unique personnage de Luc P. depuis les années 80, elle représente un peu la vieille tante qui ne veut pas vieillir, celle qui assume son côté kitsch et qui vit sa vie à 100 milles à l’heure. À la tête de son propre cabaret depuis déjà dix ans, le Cabaret chez Mado, situé en plein cœur du Village, Mado écorche les mentalités et froisse amicalement l’égo de ses invités. Ses meilleures blagues ? Celles sur les gens provenant de l’extérieur de l’île de Montréal,  les anglophones, et bien entendu, vous, chers cousins français.

Lors de votre prochaine visite à Montréal, son Cabaret est un must, surtout le mardi soir. Elle y anime ce rendez-vous hebdomadaire, qui comprend plusieurs numéros musicaux interprétés par des dragqueens de Montréal, des plus connues jusqu’aux plus jeunes recrues, le tout entrecoupé de ses interventions et monologues à se tordre de rire. Je dois l’admettre, vous aurez peut-être un peu de difficulté à comprendre son accent et ses Rrrr roulés, mais ne vous inquiétez pas, les fous rires sont garantis !

Pour vous plonger vous aussi dans sa folie, abonnez-vous à sa page Facebook ou consultez ses chroniques mensuelles dans le magazine Fugues.

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J’ai pris quelques semaines de pause de mon blogue, déménagement oblige. Entre temps, plusieurs nouvelles LGBT ont fait les manchettes. Je pense ici au don d’un demi-million de dollars de notre gouvernement conservateur à un groupe antigai ougandais, alors que notre ministre des Affaires étrangères venait tout juste de dénoncer la peine de mort aux homosexuels en vigueur dans le pays. Triste nouvelle, décidément.

D’un point de vue plus positif, il y a aussi le petit bébé attendu par la copine d’Ariane Moffatt, une auteure-compositrice-interprète ouvertement affirmée. Et cette nouvelle campagne de lutte contre l’homophobie, lancée en grande pompe dimanche dernier par le gouvernement péquiste. Léchée, bien pensée et accessible autant sur Internet qu’à la télé ou à la radio, cette campagne devrait certainement marquer l’imaginaire des Québécois, qui malgré une grande ouverture, ont encore bien du chemin à faire avant de faire disparaître l’homophobie de leur territoire nordique…

Une lutte à finir contre l’homophobie

GRIS Montréal

Il est toujours intéressant de souligner les bons coups d’une communauté engagée contre l’intimidation et l’homophobie. C’est dans cette optique que j’ai eu la chance d’assister à la clôture de la campagne de financement du Groupe de recherche et d’intervention sociale (GRIS) de Montréal jeudi dernier, qui se tenait dans les magnifiques locaux du cabinet d’avocats Fraser Milner Casgrain. L’objectif de cette neuvième campagne annuelle? Récolter quelque 160 000 $ auprès de la population montréalaise et du milieu corporatif afin de pouvoir continuer la démystification  des réalités LGBT dans les écoles. Le résultat? Plus de 190 000 $, qui serviront, entre autres, à la formation et au transport des bénévoles qui donnent de leur temps pour appuyer la cause. Chapeau!

Depuis 1994, les bénévoles du GRIS Montréal se rendent dans les écoles de l’Île de Montréal afin de discuter des différentes réalités LGBT avec les élèves âgés entre 11 et 17 ans. En équipe de deux, ils répondent aux questions les plus sérieuses (et les plus farfelues) des jeunes qui veulent en savoir plus sur le quotidien et la vie des LGBT à Montréal. En plus de ces interventions, les bénévoles récoltent de précieuses données à l’aide de courts sondages permettant aux jeunes d’exprimer leurs perceptions sur le sujet. L’organisme élargit actuellement le spectre de ses publics cibles, s’adressant désormais, en plus des jeunes, à des résidences pour aînés.

La force du mouvement est telle que depuis sa création, seulement à Montréal, près de 234 000 élèves ont été rencontrés lors de 9 000 rencontres. Un succès qui s’est aussi étalé à la grandeur du Québec, avec des bureaux indépendants en Mauricie, à Québec ainsi que dans Chaudière-Appalaches. Si vous vous établissez au Québec et que vous désirez partager votre expérience et participer à un grand mouvement social contre l’intimidation, communiquez avec eux par courriel ou par téléphone, ils vous accueilleront à bras ouverts! Surveillez leur présence sur Facebook afin de connaître leurs prochaines activités!

Le Saloon, une véritable institution du Village

Le Saloon

Parmi les bonnes adresses du Village gay de Montréal, le Saloon est sans aucun doute une référence depuis de nombreuses années. Les gens qui me connaissent personnellement savent que j’en apprécie beaucoup l’ambiance, la cuisine, la musique et même les employés (la plupart tous très jolis, soyons honnête!).

Géré de main de maître par Philip Demers depuis 2000, le Saloon est au cœur du paysage du Village depuis maintenant 20 ans. « Le secret derrière le succès et la longévité du Saloon? C’est probablement sa capacité d’évoluer au rythme de sa clientèle et des tendances, d’expliquer le propriétaire. Nous avons toujours su adapter le concept de base aux besoins changeants de notre clientèle fidèle. » Évidemment, avec un nom aussi évocateur, le thème du restaurant s’inspire des classiques westerns. Le décor, éclectique et urbain, appuie avec discrétion les projections de films vintages et encadrent bien le magnifique tableau de Besner situé tout près du bar. « Le Saloon, c’est une atmosphère décontractée, dans un décor branché (mais sans prétention!), où les gens peuvent simplement venir prendre un verre avant un évènement ou y passer leur soirée en faisant du Saloon leur propre évènement », ajoute Philip.

Le Saloon

Qu’est-ce qu’on y mange? Un peu de tout, à très bon prix. Que ce soit pour les entrées, les plats principaux, les desserts ou les cocktails, tout est délicieux et bien relevé. Notons, dans mes favoris, leur fabuleux poulet Géréal Tao et la variété alléchante des burgers et sandwichs, le tout accompagné d’un Saloon Cesar (un Bloody Cesar épicé servi avec tomates, basilic et réduction de balsamique) ou d’un Blue Shit (un mélange de vodka et de curaçao). J’aimerais aussi vous parler des déjeuners et brunchs du weekend (aux portions presque trop généreuses!), mais j’ai déjà le ventre plein!

À surveiller en 2013? Un nouveau menu élaboré par la chef Cécile Salomé, qui conservera les classiques tout en ajoutant une douzaine de plats originaux. Suivez-les sur Facebook, où Philip s’occupe lui-même (et très bien d’ailleurs) de nous informer des nouveautés. On s’y croise bientôt, j’espère!

(Photos : Facebook)

Il est où, le problème?

Manifestation anti-mariage gay le 13 janvier 2013 à Paris (Thomas Coex, afp.com)

La mauvaise foi de centaines de milliers de bons Français aux traditions puristes contre la révolte légitime de dizaines de milliers de jeunes et moins jeunes LGBT et alliés hétéros de tous genres et la conviction d’un gouvernement socialiste prêt à ouvrir les horizons du mariage pour tous : voilà le scénario d’un joyeux film mettant en vedette des super héros en bobettes (des slips, chez vous!) glissant sur le dos d’arcs-en-ciel contre de bonnes mères de famille enragées. J’ai déjà hâte de m’installer devant ma télé avec un bol de maïs soufflé pour connaître la fin!

Parce qu’avouons-le, la situation, bien que très alarmante, frise le ridicule. Croient-ils qu’en se battant contre le droit des couples de même sexe de s’unir légalement et d’adopter des enfants, ils pourront les empêcher de s’aimer pour la vie? Ont-ils la certitude qu’en bloquant cette réforme, l’homosexualité s’éteindra enfin en France, que le Marais tombera en ruine et que tous se marieront – dans la plus pure tradition, jarretière, crinoline et gâteau en fondant inclus – et que ces jours sombres de débauche seront derrière eux ? Pour l’instant, il semblerait que oui. Mais heureusement pour nous tous, le Parti ne reviendra pas sur sa décision et la riposte se prépare déjà.

On dit que les pays européens sont, grâce à leur histoire et à leur culture, plus avancés que les pays d’Amérique. Malgré l’âge de notre peuple (la ville de Québec a fêté ses 400 ans il y a quelques années, c’est encore bien jeune!), il semble cependant que plusieurs batailles sociales aient été plus faciles à gagner ici. Je nous compte chanceux puisque les revendications des communautés LGBT ont été entendues au cours des 50 dernières années et nous ont permis d’obtenir la légalisation du mariage de couples de même sexe en 2005 à travers le pays. Considérant le portrait des droits des LGBT à travers la planète, j’imagine que cela n’est pas si mal!

Je vous souhaite tous, pour 2013, un mariage exaltant et des démarches d’adoption positives ! Parce qu’au fond, il est où, le problème?

(Photo : Manifestation anti-mariage gay le 13 janvier 2013 à Paris (Thomas Coex, afp.com))

En guise de bienvenue

Panorama du centre-ville de Montréal

En toute honnêteté, je ne sais pas par où commencer ce tout nouveau blogue.

Je devrais peut-être vous mentionner que je m’appelle Olivier, que j’ai 25 ans (presque 26, ouf!), que je demeure à Montréal depuis près de 3 ans, et que je suis originaire du Saguenay, une région au nord-est de la ville de Québec. Je pourrais aussi ajouter que je travaille à temps plein dans une agence de relations publiques, et qu’une fois la journée complétée, je fréquente l’Université de Montréal pour parfaire mes connaissances en communications. Je pourrais aussi vous dire que j’écris depuis quelques mois pour le magazine Fugues, un magazine LGBT québécois bien connu ici – l’équivalent québécois du Têtu. Mais cela ne me décrit certainement pas le mieux.

En fait, je devrais plutôt vous mentionner que je vous ferai découvrir plusieurs choses sur le Québec à travers ce blogue, à ma manière. Sorties, bons restos, commentaires et humeurs sur l’actualité du Québec, anecdotes; un tas de trucs qui pourraient vous convaincre de venir nous visiter pour quelques semaines, ce qui pourrait vous permettre de rencontrer l’homme de votre vie et de vous installer dans un de nos chaleureux tipis en peau de chevreuil (c’est une blague, nous vivons désormais dans des cabanes en bois rond, modernité oblige!). Le tout avec un mélange bien dosé d’humour, de sarcasme et de quelques bonnes expressions d’ici. Après tout, on a tous besoin d’un cousin sympathique de l’autre côté de l’Atlantique, non?

Quoi qu’il en soit, je vous invite à me suivre ici, car j’ai la certitude (au moins celle-là!) que vous apprendrez à mieux connaître les réalités et la communauté LGBT du Québec qui, avouons-le, est dynamique et bien différente de celle de la France! À bientôt!