Fiodor Dream Dog vient de sortir Second of Joy, deuxième album résolument pop. Une pop libre d’enfant un peu sauvage, de mauvaise graine, de surdoué battant la campagne…
Comme pour I Lose Things, la première écoute est un peu déroutante : les oreilles sont remuées par le chant sans artifice, chahutées par l’accent vraiment très frenchy par moment. Dès la deuxième écoute on se rend, désarmé : on se laisse mener par le bout du nez entre terrains pop connus et curieux jardins peu fréquentés, tantôt parti à la recherche d’un certain lapin blanc, tantôt réprimant une furieuse envie de taper des mains. On retrouve au fil des pistes, comme des petits cailloux blancs semés en cours de route, les influences que Tatiana avait, l’air de rien, évoquées avec finesse lors de notre entretien : une certaine fougue d’un Cure en pleine jeunesse, quelques dissonances bartokiennes, une pointe de folk-punk attitude à la Micachu, des symphonies pop proches de Sufjan Stevens… Si la référence à Robert Wyatt est moins évidente que dans son 1er opus, on y croise en revanche les évocations inattendues de Charlotte Gainsbourg (donc de Beck… pas si incongru), voire, plus surprenant, de Françoise Hardy (période Rodolphe Burger). L’occasion de se rappeler que l’on a ici affaire à la batteuse de l’une des plus fines lames de la chanson française : Bertrand Belin.
A la troisième écoute, on est totalement captivé, chaviré. Par le timbre éraflé de cette voix qui semble sur le point de céder à tout moment. Par les gimmicks imparables. Par la poésie d’école buissonnière. Seul regret ? L’anglais un peu mâchouillé qui entrave parfois totalement la compréhension des paroles : en lieu et place d’eau claire (”Water is clear“) on croit apercevoir un husky sauvage (”Wild husky“) ! A la réflexion… ce n’est pas pour nous déplaire. Surtout quand on apprend que “husky” signifie “enroué” en langue tchouktche, en référence à l’aboiement si particulier de ce chien… sibérien. (De là à crier victoire en assénant un “Fiodor / dream / dog” bien senti, il n’y a qu’un pas… Même si l’on sait que Dostoïevski n’a rien à voir là dedans).
Coïncidence amusante : entre le moment où ce texte a été écrit et celui où il a été publié, Fiodor Dream Dog a mis en ligne le clip de “20 Push Ups for Mr B“, la “chanson au husky”… avec incrustation des paroles en français ! Quoi qu’il en soit et avec ou sans explication de texte, Second of Joy donne envie de battre la mesure dans le bus, de chanter en traversant la piste cyclable, de danser entre les bureaux… Second of Joy nous transporte dans un champ de neige, près d’un cheval blanc ou au coin d’un feu.
En somme : un disque à la fois pétillant et onirique, un condensé de musique populaire et d’échappées fantasques, en 28 minutes 56. De joie, presque pure. Comme un husky revenu à l’état sauvage.
A la demande générale, je ressors des tiroirs “With My Gray Cap On My Neck“, un mix d’inspiration ghetto music, avec une pointe de 8bit, de punk funk et de rock !
Enregistré en septembre 2010 pour Chica-Chic radio show et Radio Campus Grenoble, il a été remasterisé et agrémenté d’une pochette pour l’occasion.
Un mix à écouter dans un jardin, avec des amis, un verre de mojito à la main !
(Pour écouter on clique sur le bouton orange juste en dessous. Et pour pouvoir le réécouter sur son lecteur mp3 favoris on le télécharge en cliquant sur la flèche verticale grise sur la droite du lecteur).
Liste des titres :
CABIDE DJ– My Neck, My Back remix – FLAMIN’ HOTZ YO ! MAJESTY – Club Action – DOMINO FRIKSATILERS – Baile Frik – REVOLT INTO STYLE REC BONDE DO ROLE – Gasolina (SCOTTIE B & KING DUTT remix) – MAD DECENT DIPLO & BLAQSTARR – Get Off (ROB3 remix) – MAD DECENT SPANK ROCK – Put Tha Pussy on Me (DIPLO remix) – BIG DADA YOUNG MC – Know How – DELICIOUS VINYLS XERAK – Cul Cul Cul SI BEGG – Hard Like Funk feat. EPCOT – NOODLE BATIDA – Mestre (DJ CHERNOBYL remix) – RÁDIO FAZUMA ANDREA PARKER feat. DJ ASSAULT & DJ GODFATHER- Freaky Bitches (MICHNA remix) – TOUCHIN’ BASS ESG – Dance – SOULJAZZ DEBMASTER feat. KAIGEN – Yaaaah ! – EGO TWISTER LADY SOVEREIGN – Fiddle with the Volume (GHISLAIN POIRIER remix) – CHOCOLATE INDUSTRIES MAJOR LAZER – Hold The Line (PERFECT LOOSERS remix) MASH GORDON – Mithead and Greycap – L’ARMEE DES BONBONS
Profitant d’un séjour parisien ayant pour objet principal le concert de PJ Harvey à l’Olympia, j’ai eu envie d’interviewer pour mon émission de radio* une autre fille qui a du chien, Tatiana Mladenovitch alias Fiodor Dream Dog (oui, bon, ok, facile le jeu de mot, mais j’avais envie, et en plus c’est vrai).
Valises à peine posées, je retrouve Tatiana, musicienne indé française sûre et douée, dans les salons d’un très joli hôtel parisien : canapés confortables, café serré, muffins maison… what else ?
On échange pendant plus d’une heure sur son parcours, sa musique, sa manière de travailler… Des sujets somme toute basiques mais assez essentiels quand il s’agit de faire découvrir un artiste à ses auditeurs.
Elle parle aussi de chevaux, de menuiserie, de canapé (comme quoi on est quand même assez loin des lieux communs) et des titres que je lui ai demandé de sélectionner pour l’émission. Sa playlist, étonnamment variée, parle aussi d’elle-même et de son univers, peut-être encore mieux qu’elle ne le fait.
Ça, c’est peut-être un lieu commun, mais c’est sans doute la première fois qu’un artiste que j’interviewe se livre autant dans cet exercice. En écoutant sa sélection, je suis frappée de sentir à quel point elle reflète et révèle de nombreuses facettes plus ou moins cachées et inattendues de son univers musical. Rare de rencontrer quelqu’un qui sait aussi bien d’où il vient.
Oui, j’ai déserté ce blog ces derniers mois, et c’est mal. Ceci dit, c’était quand même pour me consacrer à tout un tas de choses passionnantes telles que : faire de la radio (je vous en parle bientôt), enregistrer des mixes (on y vient), mixer en soirées (parmi lesquelles les fabuleuses Kill Your Idols lausannoises, dont je pourrais fort bien vous causer prochainement), m’auto-former en infographie (regardez-moi ce joli petit flyer juste là, à gauche).
Mais, telle l’enfant prodigue (non en fait, rien à voir), je reviens les bras chargés de cadeaux. Enfin, je reviens les bras chargés d’un cadeau, surtout, preuve sonore de mon activité débridée ces longs mois passés loin de vous : ma dernière mixtape, baptisée Atlas(t).
“Atlas(t)” comme “At last” (”Enfin” – dans le sens “C’est pas trop tôt”), parce que je l’ai dans la tête depuis plus d’un an ; et comme “Atlas” (évidemment), parce que ce mixe est un peu une cartographie musicale personnelle : on y trouve donc un aperçu non exhaustif des musiques que j’aime – et Johnny Hallyday n’a rien à voir là-dedans, des origines de l’électro et du rap (l’electro-funk d’époque de Nitro Deluxe, Mantronix ou 2 Sisters, et celle, plus récente de Feadz et Solvent), mais aussi le rock minimal de Young Marble Giant, la soul moderne de Jamie Lidell, les mélodies électro pop – sucrées chez Uffie, barrées chez Max Tundra, le rap électronique de Dominique Young Unique et OMG Michelle, la new-wave brésilienne revisitée disco par Munk…
C’est beau, c’est frais, ça s’écoute sans frais (parce que oui c’est gratuit), et pour écouter on clique sur le bouton orange juste en dessous (et pour pouvoir le réécouter sur son lecteur mp3 favoris on le télécharge en cliquant sur la flèche verticale grise sur la droite du lecteur).
Liste des titres :
YOUNG MARBLE GIANT – Searching for Mr Right
HOUSETONE – She No More Killin Me
OMG MICHELLE – You Don’t Know Michelle (Black Cracker Bitch remix)
SEBASTIAN – H.A.L.
TERRY URBAN – Unfreakable Girl (feat. Gucci Mane)
BONZO GOES TO WASHINGTON (Arthur Russell) – 5 Minutes
MANTRONIX – Jamming On The Groove – Dub Version (Rescue edit)
DOMINIQUE YOUNG UNIQUE – Hot Girl (Perfect Loosers RIP MJ mix)
JAMIE LIDDEL – Little Bit of Feel Good (Mr Oizo remix)
MAX TUNDRA – Will Get Fooled Again
NITRO DELUXE – Let’s Get Brutal
UFFIE – Pop The Glock (Mirwais pop remix)
TWO SISTERS – Pop Lock This Rock (To The Top)
FEADZ – Constant Ovulation
LUKE VIBERT – StanD’infamy
SIMIAN MOBILE DISCO – It’s the beat (Siriusmo remix)
KELIS – Milkshake
SOLVENT – Think Like Us (Solvent vs. Lowfish Mix)
A-TRAK – E-40 & Keak Da Sneak vs. Laid Back
BLACK FUTURE – Eu Sou O Rio (Reworked by Munk)
FoleFFet invite une bonne partie du crew Chica-Chic (soient Mag et moi-même) aux platines de sa prochaine soirée, la FFF Fête spéciale FEM*.
Une bonne occasion d’en savoir plus sur ce collectif tout Feu tout FFlamme.
Rescue : FoleFFet, c’est qui, c’est quoi ?
Les FFF : Yuri, Cha et Sophie. FoleFFet est depuis 2007 un site internet qui tente de donner de la visibilité aux femmes créatrices et à leurs créations.
Cha : C’est aussi une soirée Dyke tous les 2 mois, au « 4 Eléments » rue Amelot (75011). La prochaine c’est le 24 septembre et c’est All Night Long !
R : Votre nom, délicieusement désuet, et votre identité visuelle, très minimale et graphique, détonnent dans le paysage des collectifs LGBT. C’était important pour vous de vous démarquer de cette façon ?
S* : Le nom du site est un amalgame de « folles » et « fées », deux adjectifs qui sont trop couramment utilisés lorsque les médias grand public parlent des femmes créatrices. En France en 2010, on ne peut pas être femme et créer sans être un peu folle, fée, magique, borderline, hystérique… Le but n’était pas de se démarquer. On reprend deux qualificatifs et on les retourne à notre avantage. Le côté minimal tient à notre graphiste préférée : Dafne Panda Rebel et aussi à l’interface SPIP à laquelle se dévoue notre webmistress Seds. Si le résultat est probant, tant mieux !
Cha : Je ne crois pas que ce soit vraiment une envie de se démarquer, l’identité visuelle de FoleFFet nous ressemble avant tout et c’est ce qui est le plus important au-delà de toute comparaison avec le paysage LGBT.
R : Sur votre blog, on peut trouver des articles très variés, tant dans le sujet que dans le ton. Ce mélange d’humour, de légèreté et de militantisme, est-ce essentiel pour faire passer le message ?
S*: On fait passer les infos qui nous touchent, qu’on aime, qu’on estime essentielles… Vu qu’on est 3, et peut-être bientôt plus, qu’on a entre 20 et 50 ans, avec des goûts variés et opposés, FoleFFet reflète tout ça. On ne gère pas le site avec un business plan, sauf pour rire, on publie les articles au fur et à mesure, quand on a le temps, en surfant à outrance pendant le boulot !
Yu : Mais oui, bien sûr qu’on a un business plan, c’est juste que tu n’y crois pas, mais bien sûr qu’on en a un. Moi j’en ai un au moins ! Et ce n’est pas pour rire, tu verras…
Cha : Je pense qu’il n’y a pas de recette miracle pour faire avancer les choses et passer des messages. Les sujets et le ton des articles varient selon nos 3 personnalités bien distinctes. Nous avons les mêmes idéaux mais avec une approche différente, qui fait j’espère la richesse de FoleFFet.
R : Le terme « féminisme » est pour beaucoup synonyme de « brûler son soutif dans les années 70 », un truc dépassé, quoi. C’est presque devenu tabou de dire qu’on est féministe, pourtant, c’est loin d’être gagné ! D’où où vient cette image d’après vous ?
S* : Je crois que le mouvement des femmes a été phagocyté par d’autres mouvements et partis, s’est dissous progressivement dans une masse informe. Il a perdu de sa vitalité, de sa hargne quand on a commencé à penser et surtout à vouloir nous faire croire en la « parité ». Pourtant les féministes n’ont pas disparues, les médias ont juste arrêté de parler d’elles ! Voilà pourquoi il est important qu’à travers des sites se relaient l’histoire, l’information et les nouvelles formes de luttes pour le droit des femmes à être comme elles ont envie d’être, où qu’elles habitent, naissent, vivent. Je crois fermement en un regain de combativité avec la manifestation d’un monde supra sécuritaire et refermé sur lui-même. De toute façon, on n’a pas vraiment le choix. Et si « féminisme » est devenu un sale mot, tant mieux, il n’en paraîtra que plus subversif !
Yu : Je suis assez d’accord, le mot « féministe » a eu une très mauvaise presse pendant très, très longtemps. Tellement mauvaise que tout le monde a oublié qu’au départ, dans les manif’, les féministes étaient la partie la plus drôle et subversive et folle du cortège. D’ailleurs elles étaient toujours fourrées avec les copains pédés. J’exagère mais c’était assez vrai ! Ensuite, la peur probablement de ce qu’elles représentaient, au fait qu’on a commencé à les attaquer ou a en faire une description absurde et disproportionné, une caricature quoi. Les média ont relayé cette vision des féministes et voilà, le tour était joué. Mais il faut se réapproprier ce mot, comme on a fait avec « pédé » et « gouine » et j’ai l’impression que petit à petit on y arrive.
Cha : Nous sommes féministes, gouines et militantes. J’avais juste envie de le redire tout haut et d’en être FIÈRE !
R : Qu’est-ce qui vous tient à cœur en ce moment ?
S* : La dernière news qui m’a vraiment retournée, c’est l’info sur les 200 et quelques femmes violées en République Démocratique du Congo. Le lendemain j’entendais sur France Inter que ces exactions concernaient aussi des enfants. L’info était divulguée de façon si sibylline et rapide que j’ai à peine eu le temps de comprendre de quoi on parlait. Le surlendemain, plus rien. C’est pour ça qu’existe FoleFFet.
Cha : Toujours et encore la visibilité des femmes et des lesbiennes. Parce que c’est un combat et parce que j’ai envie d’y croire à cette foutue égalité Homme/Femme.
Le crew FFF aussi, parce que nous sommes avant tout 3 potes et que je crois que ce projet repose aussi beaucoup sur notre amitié.
R : Pour les filles en régions, Paris c’est le Graal des nuits lesbiennes. Mais si on la compare à Berlin en termes de scène LGBT et de clubbing, Paris fait figure de ville de province. Pourquoi c’est si difficile de créer une émulation autour de la scène LGBT dans la capitale ?
S* : Je pense qu’il y a plusieurs réponses à cette question. Peut-être n’y a-t-il pas assez de lesbiennes propriétaires de lieux à Paris ? Peut-être les lieux gays ne sont-ils pas si ouverts que ça aux LBT ? La législation des cafés et autres empêchent-elles la mise en place de soirées pérennes ? Les lesbiennes ont-elles mauvaise réputation (goûts musicaux has been, ringardise généralisée, public pas assez friqué) auprès des DA des boîtes de nuit parisiennes ?
Cha : Une des raisons principale est le manque de moyens, c’est clair ! Les femmes continuent de gagner moins d’argent que les hommes. Qui dit moins d’argent, dit moins de dépenses, moins de consommation. C’est donc beaucoup plus rentable d’ouvrir un bar pour mecs, il faut être réaliste. A Paris, il y a des dizaines de bars gays pour 4 bars lesbiens. C’est triste.
A partir de là, c’est vrai qu’il faut être super motivée pour monter une soirée pour les filles, sachant qu’il va falloir démarcher dans des bars hétéro, beaufs ou excentrés (parfois même, les 3 à la fois).
R : Une soirée idéale, pour vous, c’est quoi ?
S* : C’est un lieu agréable, un bon son, un accueil chaleureux, une foule mixte et mélangée, beaucoup de n’importe quoi et une grande envie de rigoler.
Yu : Une soirée ou il y a mes potes ou des dykes canon ou les deux en même temps.
Cha : Une soirée ou je rigole… beaucoup !
R : Vos lieux préférés ? (à Paris ou ailleurs)
Yu : A Paris ? Je vais y réfléchir…. Je ne trouve rien, ah si, les Souffleurs ! A Berlin le Mobel Holfe, le LUX, le Festhalle à Kotti et le Birimel.
Cha : Feu le « Polit Buro » à Paris, et le « Silver Futur » à Berlin.
R : Est-ce qu’ils ressemblent à votre lieu idéal ? Si non, à quoi ressemblerait ce lieu ?
S* : Pour moi le lieu parfait, c’est un espace-terrain de jeu, qui soit ludique, qui permette un peu de folie, de n’importe quoi. Après il faut un sens de l’accueil, qui soit à l’image des organisatrices; une envie d’être ensemble, de partager un bon moment; et du son, le meilleur possible, avec des surprises. C’est le mélange de ces quelques ingrédients de base avec le public qui va prendre ou pas, qui fera que ce sera une soirée d’anthologie ou un truc qu’on aura oublié le lendemain. Que la DJ soit star ou pas, qu’il y ait des pures meufs ou des boudins, que l’alcool soit bon ou dégueulasse, que les murs soient beaux ou crados, en fait, peu importe. Il n’y a pas de recette magique, mais des moments qui arrivent, on ne sait pas trop pourquoi.
Cha : C’est difficile de décrire un lieu idéal… Je pense qu’il faut se sentir un peu chez soi pour pouvoir se détendre et profiter de sa soirée. J’aime les endroits un peu bancals qui ne sentent pas le cuir tout neuf, où les chaises sont dépareillées et dans lesquels on peut se mettre au comptoir pour boire son verre ! Une sorte de bar PMU, mais tenu par des gouines.
R : Des bonnes résolutions pour la rentrée ?
S* : S’ouvrir. Yu : Rester zen ! Cha : Se refermer ; )
R : Votre playlist en 5 titres :
On va la faire en 3 titres pour un partage équitable.
- S* : « J’aime tes fesses » de Philippe Katerine feat. Jeanne Balibar
- Yu : En ce moment j’écoute le son de Jupiter sur le site de la NASA et ce n’est pas une blague : http://home.wanadoo.nl/marco.langbroek/2iss2104.mp3
- Cha : « Dancing on my own » de Robyn
* FFF FEM / 24 SEPTEMBRE / 4 ÉLÉMENTS 149 RUE AMELOT 75011 / 18H-5H / ENTRÉE LIBRE
Après 6 saisons et 143 émissions enflammées, Aïe Aïe Aïe, l’émission de radio hebdo deChica-Chic, se fait refait une beauté et devient Chica-Chic radio show !
Accompagnée de Mag, je reprends le micro et l’antenne pour le numéro 1 de la nouvelle formule mardi 14 septembre à 20h30 !
Au programme cette année, toujours une émission hebdo, avec chaque mois, 4 émission différentes :
Semaine 1 : la sélection musicale : le best du meilleur du mois en musique électronique décalée, hip-hop novateur, pop déviante, rock mutant, ghetto music fracassante Semaine 2 : un mix par Mag ou moi-même Semaine 3 : une émission carte blanche à Essmaa (magazine musical, blog et podcast) Semaine 4 : un invité qui viendra nous causer de ce qu’il fait, fera un live ou mixera en direct, et diffusera sa sélection musicale
Et aussi :
- l’agenda du meilleur du best des soirées, concerts, ou tout autre évènement qui nous titille
Et toujours :
- le flash back old school essentiel (tu sais, ce titre indispensable à toute culture musicale qui se respecte, ou alors tellement connu qu’on a oublié pourquoi c’était bien)
Chica-Chic radio show, l’émission des musiques décalées et underground, c’est tous les mardis de 20h30 à 21h30, en direct sur Campus Grenoble 90.8 FM et en streaming ici :
De retour après une longue pause estivale pour vous parler du nouveau phénomène rap féminin, qui ferait passer Santigold pour le prof de Peanuts !*
Un flow gouailleur, un regard effronté, des jambes interminables… A 19 ans – et déjà 7 ans d’expérience derrière elle selon la rumeur – Dominique Young Unique a tout pour plaire et balance depuis l’année dernière des bombinettes rap à tout va !
Comme les Yo! Majesty, elle est originaire de Tampa en Floride. Shunda K la remarque d’ailleurs, lui promet monts et merveilles… et la laisse en plan. Qu’à cela ne tienne, la jeune rappeuse se débrouillera comme une grande pour sortir rapidement une flopée de titres à tiroirs où se télescopent bass music, mélodies pop colorées et synthés discoïdes, qui font rapidement le tour de la blogosphère musicale.
Délicieusement rafraîchissante il y a encore quelques mois, la miss, en passe de devenir la “It girl” de la rentrée, affiche aujourd’hui une image plus… sophistiquée. Croisons les doigts pour que l’artifice s’arrête au look et qu’elle continue à sortir de petits diamants bruts à l’efficacité redoutable !
Si l’on en croit sa page Myspace, elle sera en live aux Trans Musicales de Rennes en décembre. Une bonne occasion de voir de quoi elle est capable sur scène !
* D’après la journaliste Jessica Hopper, sur son blog (Oui ça à l’air abscons comme ça, mais si on clique sur ce lien, on comprend que le punch vocal de la miss peut faire passer le flow de Santigold pour du yahourt – ou du langage d’adulte incompréhensible. Pas forcément vrai, mais drôle !)
Découvert grâce à MEN (cf interview du billet précédent), EXPLODE INTO COLOURS est un trio féminin de Portland, Oregon, composé de deux batteuses et d’une guitariste (une guitare baritone !). Un groupe qui navigue entre no wave*, post punk**, math rock***, et une influence un peu dubby à l’image des précurseurs du punk, quelque part entre Sonic Youth, Young Marble Giant(de façon paradoxale puisque YMG n’a pas de batteur alors qu’Explode into Colours en a deux !), The Slits, et quelque chose de plus actuel et mental comme Battles.
En live, les trois filles délivrent une énergie brute de rock, insolente, sauvage, sexuelle. Signées sur Kill Rock Stars (label de Gossip, Numbers, Stereo Total…) et M’Lady’s, c’est l’heureuse découverte du printemps, et quelque chose me dit qu’elles vont cartonner !
* Courant musical proche de la culture punk, apparu en 1977 à New York. La no wave est une musique dissonante et bruitiste, qui rejette le format couplet/refrain propre au rock et préfère mettre en avant l’improvisation et la déstructuration.
** Né à la fin des années 1970, le courant post-punk se différencie du punk rock par son introversion, un certain goût pour l’expérimentation musicale et sa plus grande élaboration.
*** Terme appliqué à certaines formes de rock expérimental qui ont émergé vers la fin des années 1980 et dont la principale caractéristique est la complexité des rythmes ainsi que de l’enchaînement et la mise en place des riffs/mélodies, souvent dissonants.
MEN, trio new yorkais en passe de devenir culte, rentre tout juste d’une tournée européenne d’un peu plus d’un mois. J’ai rencontré JD Samson, échappée du groupe mythique Le Tigre, Michael O’Neil et Ginger Brooks Takahashi lors de leur passage à Grenoble pour le festival « Les Femmes s’en mêlent » fin mars dernier.
Rescue : Pour quiconque ne serait pas familier avec votre travail, comment le décririez-vous ?
JD : MEN est un collectif musical et artistique basé à New York City. On aime penser que notre musique est de la musique « gay power », parfois nous l’appelons « destruction dans le club », et nous voulons offrir un super espace où les gens puissent être eux-mêmes et avoir des sensations fortes.
R : Comment en êtes-vous arrivés à travailler ensemble ? Est-ce que vous vous connaissiez depuis longtemps, ou est-ce que c’était plus du genre coup de foudre ? (Rires)
Michael : C’était complètement un coup de foudre, mais on s’est rencontrés parce qu’on vit tous à NYC, et on a un groupe d’amis et d’artistes communs, qui constituent notre communauté là-bas… C’est plus où moins comme ça qu’on s’est rencontré. Notre amie Emily Roysdon avait envie de commencer un projet, et Ginger et moi on jouait dans un groupe à ce moment-là, et on avait envie de commencer un nouveau projet. Voilà une partie des raisons qui nous ont amenées à travailler ensemble. On a entraîné JD là-dedans.
JD : Emily m’a entraînée !
M : Oui, c’est vrai !
R : Comment est-ce que vous travaillez habituellement pour composer et écrire une chanson ? Est-ce que chacun d’entre vous à un rôle spécifique, ou est-ce que c’est plus un partage et une mise en commun d’idées et de savoir-faire ?
JD : Chaque chanson a débuté d’une façon différente. Certaines chansons sont nées d’une suite d’accords, d’autres d’un rythme de batterie ou d’un sample, certaines ont démarré à partir d’une idée, et chacun d’entre-nous à commencé une chanson différente. Ensuite on les travaille ensemble en studio, on les construit. Donc ça dépend.
R : J’ai lu des choses assez incroyables à propos de l’approche de travail de Ginger, qui apporterait la philosophie de l’improvisation des arts visuels et les traduirait en sons. C’est une approche assez étonnante et passionnante… Est-ce que tu peux dire quelques mots à ce sujet Ginger ?
Ginger : Bien sûr… Je crois que JD travaille beaucoup comme ça aussi… Je dirais que c’est plus une attitude ou une façon de collaborer avec les gens… Et… Je ne sais pas !
M: Je peux dire quelque chose ?
G : Oui bien sûr !
M : J’ai le sentiment que l’approche de Ginger est très conceptuelle en termes de musique. Je crois qu’elle est plus du genre « POURQUOI ça sonne comme ça ? », plutôt que “COMMENT ça peut sonner comme ça ? ».
G : C’est vrai !
M : Je ne sais pas, peut-être que c’est lié.
R : Oui, dans cette interview – je crois que c’est JD qui disait que chaque membre du groupe a une approche spécifique en termes de musique : ne pas essayer de sonner juste ou de jouer les instruments de la façon correcte.
JD : Oui je me souviens, c’est moi qui ai fait cette interview. Oui je pense qu’on a tous un approche totalement différente concernant l’art, en général… On pourrait aller plus loin dans la réflexion… Mais… peut-être que ça suffit.
R : A chaque fois qu’on entend parler on qu’on lit quelque chose à propos de MEN, Le Tigre vient immédiatement après – ou avant. J’ai lu que JD, tu as appris à relâcher la pression qui en résulte – les comparaisons à Le Tigre, les attentes des fans – en étant simplement toi-même. C’est juste ?
JD : Oui, quelque chose qui a toujours été important pour moi est d’être simplement moi-même en tant qu’individu, et faire partie d’un projet à quel que moment que ce soit ne veut pas dire que c’est la seule chose que tu puisses être. C’est marrant, hier soir on jouait à Riorges, et on était sur le point de jouer la dernière chanson, et il y avait des gens pas très cool qui braillaient « Jouez Deceptacion ! » ou un truc du genre – parce qu’en fait c’est Deceptacon – et on a dit : « Cette chanson parle de, quand on fait quelque chose, et qu’après on fait autre chose, et c’est juste une question d’évoluer ! », ou un truc comme ça. De toute évidence ils ne comprenaient même pas ce que je disais, mais c’était…
G : Je ne me rappelle pas que tu aies dit ça ! (Rires)
JD : Simplement… ça arrive tout le temps ! Les gens s’attendent à ce que tu sois la même personne que tu…
G : Que tu étais il y a cinq ans !
JD : Exactement ! Tu sais, quelqu’un me demandait l’autre jour : « Le nouvel album de Gossip, il est tellement pop et tellement produit, est-ce que tu ne penses pas que c’est mauvais ? » Et j’ai répondu : « Non ! Les gens grandissent, les gens changent, tu sais, laisse les gens vivre leur vie ! Les gens meurent, c’est la vie ! Évolue ! Genre, laisse tomber ! »
Mais je ne veux pas effacer mon passé ! Je pense à tout ce que Le Tigre m’a apporté, parce qu’il m’a apporté tout ce que j’ai maintenant, donc…
R : Et vous, Ginger et Michael, comment est-ce que vous gérez ça ?
G : Je pense que c’est un atout majeur… Mais on n’est pas ce groupe non plus. On doit beaucoup à Le Tigre et à tous ces autres groupes qui existaient à cette époque et aux autres choses qui existaient avant, comme Bikini Kill, le mouvement Riot Girl. Donc je pense qu’on s’inscrit dans le même courant, et qu’on est juste à un endroit différent maintenant. Donc oui, je pense que c’est vraiment quelque chose de bien.
R : Ginger et Michael, vous jouez aussi dans un autre groupe, appelé The Ballet, un groupe gay pop de Brooklyn…
G : Oui.
JD : Elle a dit « Vous jouez ».
G : Oh, on ne joue plus dans ce groupe. Je ne sais pas si Michael continue secrètement de son côté !
M : Non ! (Rires)
G : Non, ils font toujours de la musique et je crois qu’ils viennent juste de faire un nouvel album. Mais nous avons été très occupés à tourner.
R : Ok, je ne savais pas que vous ne faisiez plus partie du groupe.
M : On a dû se retirer.
G : On est parti, oui. En fait on est parti de The Ballet pour se concentrer sur MEN.
M : On voulait faire quelque chose qui soit un peu plus centré artistiquement et provocateur et expérimental.
G : Exactement. Oui. Je sens que dans ce groupe (MEN), je peux être vraiment moi même et explorer les différents aspects de qui je suis, et de qui nous sommes en tant que groupe.
R : MEN se focalise beaucoup sur l’énergie de la performance live, et en effet vous avez beaucoup joué et tourné depuis l’année dernière. Quels sont les ingrédients d’un concert passionnant et réussi ?
G : Le public est une part considérable je dirais, car dans nos performances… C’est une combinaison entre le public et ce qu’il se passe sur scène : on donne quelque chose, le public donne quelque chose… C’est une sorte de partage d’énergie, un échange qui se produit. Un très bon système son aide aussi !
R : J’étais à votre tout premier show à Lyon en Mai 2009. Est-ce qu’il y a eu une évolution, des changements dans votre approche du live depuis ?
JD : Je crois qu’on a simplement beaucoup grandi, et beaucoup appris… Tu sais cette semaine ce sera notre 100ème concert, la semaine prochaine. Et nous sentons que ce centenaire est très important – Est-ce que c’est comme ça qu’on dit ? Centenaire ? Pas vraiment.
M : Oui !
JD : Est-ce que ça ne veut pas dire 100 ans ? Enfin, bon. On joue depuis cent ans, et maintenant on est bien meilleurs ! (Rires)
Non tu sais je crois que beaucoup de choses ont changées, juste en terme de… Même aller plus loin dans le développement des chansons, et travailler avec différents types de performance multimédia qui ont lieu tout au long de notre set. Et on fait habituellement quelque chose de différent pour chaque concert, à chaque tournée. Cela peut être des accessoires de scène, ou la participation du public, ou des trucs comme ça. Donc oui, on essaie de garder tout le temps de la nouveauté. De nouvelles tenues…
R : Les paroles de MEN sont éminemment engagées politiquement, elles parlent d’économie de guerre, des droits gays, du fait d’exiger des libertés. Est-ce une direction que vous avez délibérément choisie, ou bien est-ce simplement naturel pour vous d’amener des considérations politiques dans votre travail ?
JD : Oui je crois que c’est impossible pour nous de ne pas parler de la façon dont nous sommes touchés par ce qu’il se passe politiquement. C’est une différence majeure que je vois dans notre musique. Les gens pensent qu’on est juste didactique, qu’on parle de politique et qu’on prêche, mais en réalité je pense qu’on ne fait que parler de nos sentiments par rapport à cette politique, et peut-être que c’est la meilleure façon de créer une communauté. Ou, pas la meilleure façon, mais juste une façon plus communautaire de discuter de politique : Comment est-ce que cela nous touche ? Donc je crois que c’est assez impossible pour nous d’écrire une chanson qui parle de tout sauf… Même si on écrit des chansons d’amour, quelque part elles sont liées à la politique.
G : Ou à l’argent ! (Rires)
JD : Oui ou à l’argent. L’argent et l’amour !
G : Oui, en fait on parle de nos vies, donc…
R : C’est ce qui les rend percutantes, en fait… Probablement… Parce que cela vient de vos propres expériences.
Tous : Oui.
R : Avez-vous remarqué des différences entre le public queer américain et européen ?
JD : Une chose qui est vraiment différente, c’est la barrière de la langue. C’est une difficulté pour nous, mais on essaie vraiment de trouver des moyens pour que les gens aient une idée de quoi on parle. Et, je sais pas, il y a quelques trucs, cela dépend vraiment de la ville ou du club. Des fois, les gens sont vraiment bourrés… et alors le concert devient complètement différent… Ou parfois les gens ont vraiment envie de voir une performance qui ne soit pas vraiment musicale, mais plus une performance, vraiment, donc c’est tout à fait différent… Chaque concert, chaque lieu est une expérience totalement différente, on ne veut pas vraiment généraliser entre l’Europe et les États-Unis j’imagine. Sauf pour la barrière de la langue.
M : J’ai le sentiment qu’aux États-Unis – peut-être que c’est parce qu’on est plus connus là-bas -, mais le public a plus tendance à être complètement queer, ou d’esprit queer, ou… punk, où cette identité à l’intérieur de cette scène est très présente. Alors qu’ici… Comme hier soir, on a joué ce concert, et il y avait beaucoup… d’adultes, juste des gens comme qui dirait « normaux », qui viennent parce qu’un spectacle a lieu dans leur ville et pas parce qu’ils savent qui on est ou quoi.
JD : Oui, ce festival a été intéressant en fait… Je ne sais pas exactement qui faisait la promotion dans les petites villes, est-ce que qu’ils ont plus communiqué sur une performance artistique pour un public d’adultes ou… Par exemple, dans certaines villes, des jeunes enfants étaient là.
Donc vraiment… ce festival était intéressant. C’est notre deuxième tournée en Europe, et la première fois c’était il y a un an, donc… Je crois que c’est intéressant de savoir comment le festival a été promus. Parce que ce ne sont pas vraiment nos concerts, dans ce sens, tu vois ce que je veux dire.
R: Je crois que votre première tournée était beaucoup plus underground…
JD : Oui, et c’était NOS concerts, tu vois. C’était juste nous. Mais j’ai le sentiment que là les gens viennent voir le festival.
R : Oui, c’est la 13ème édition du festival. Donc il commence à être pas mal connu. Les gens aiment la programmation, donc ils peuvent venir aux concerts, quel que soit…
Tous : Oui, peu importe qui c’est.
M : C’est ce qui est bien à ce propos… Des gens qui viennent de façon inopinée. Et j’ai le sentiment que les gens ici sont un peu plus réceptifs à quelque chose qui ne correspond pas vraiment à la scène à laquelle ils s’identifient.
R : En parlant de la scène queer : que connaissez-vous de la scène queer indépendante en Europe et / ou en France ?
G : La scène queer indépendante, mmh…
JD : Je ne sais pas si on la connaît en France, sauf lors de nos voyages à Nantes et Lyon où on l’a côtoyée d’assez près. Mais je n’ai pas connexion personnelle. On connaît des gens de la scène en Suède, à Londres, Berlin, mais on ne connaît pas vraiment la scène française…
G : À part le collectif Middlegender, c’est tout…
R (à JD) : Tu vas mixer avec le crew Barbieturix…
JD : Oui, vendredi.
R : C’est un collectif de filles très actif à Paris.
JD : Cool ! Oui je ne sais pas grand chose au sujet de cette soirée…
R : En fait la scène queer en France n’est pas aussi développée qu’à Berlin par exemple, mais elle commence à…
JD : Oui Mélanie (Tender Forever, ndr) nous disait que tous ceux qui sont gays en France quittent la France.
R : Hum… Non je ne crois pas ! Peut-être à Paris… Pas mal d’homos qui vivent en régions vont à Paris, où il se passe plus de choses.
Mais revenons à vos projets musicaux : Est-ce qu’il y a quelqu’un avec qui vous adoreriez collaborer ?
G : Joan Armatrading. On a fait une reprise d’une de ses chansons, elle est dans notre set. Elle s’appelle « My Family ». En fait elle joue à Londres le même soir que nous. On aimerait bien faire sa première partie ! Mais ce serait un peu un challenge ! (Rires)
JD : Avec qui d’autre on aimerait collaborer…
M : Talking Heads, David Byrne, comme ce sont d’énormes influences pour nous… Grace Jones. (Rires)
JD : Oui je crois que… Nous serions ouverts pour collaborer avec quiconque, dans le sens que notre groupe est de nature collaborative, cela fonctionnerait.
M : Daft Punk. (Rires). Il leur faut plus de guitares !
G : On fait déjà beaucoup de collaboration avec nos pairs, donc ce n’est pas quelque chose du genre « Oh, un jour, on fera ça ! ». Notre projet fonctionne déjà comme ça donc…
JD : Oui, pour nos premiers concerts à New York, on a travaillé avec des percussionnistes, des femmes percussionnistes, et elles ont joué sur notre set, on a supprimé les parties de batteries qui étaient sur les titres et c’était vraiment génial de faire ça. Je crois que cela a vraiment ouvert notre esprit à la collaboration, juste pour un concert ou deux, et c’était vraiment cool de réaliser qu’on pouvait simplement faire cela.
G : Et on a un autre projet qui découle de ça, on va au Mexique en août et on va jouer à Mexico, au Musée d’Art de là bas, et on va travailler avec cinq batteurs de Mexico.
R: En parlant de collaboration, l’année dernière il y a eu un gros buzz concernant Le Tigre composant et écrivant pour Christina Aguilera. Et il se trouve que son premier single est sorti hier soir. Est-ce que c’est un des titres que Le Tigre a composé ?
JD : Je ne crois pas, je n’ai aucune idée de ce qui est sorti hier. (M. rit)
R : C’est « Not Myself Tonight », de l’album à venir Bionic.
JD : Oh non, ce n’est pas ma chanson.
R : Ok… Tu ne veux pas en parler ?
JD : Si ok, parlons-en, bien sûr ! M se levant de son siège : Je ne veux pas voir ça ! (Rires)
R : Combien de titres avez-vous composé sur l’album ?
JD : On a travaillé sur deux titres avec elle. Pour être honnête, ça a été vraiment… Ils ne savaient pas vraiment ce qu’il allait se passer avec le disque, et on n’en a pas trop parlé. Je crois qu’une des chansons est sur cet album et l’autre chanson dans le prochain disque, qui sortira dans six mois. Mais, je ne suis pas sûre, c’est tout ce que je sais.
Mais hier dans une interview, quelqu’un m’a dit que notre chanson était dessus, donc, je l’ai cru ! Mais… Honnêtement, c’était une expérience vraiment géniale de travailler avec elle, et c’était génial à tout point de vue, et c’est tout.
R : Es-tu contente du résultat ?
JD : Oui ! Totalement ! Je crois qu’on était qui on est, et on a simplement fait une chanson de Le Tigre. Christina a changé ce qu’elle voulait avec nous, et on a collaboré avec elle, et on a fait des chansons pop. Donc ce n’était pas si éloigné de ce que j’ai l’habitude de faire en fait. C’était un peu surprenant pour moi de me dire, « Oh c’est ce que je fais tous les jours en fait »… Mais c’est une personne exceptionnelle, une féministe exceptionnelle, donc j’étais vraiment fière de travailler avec elle.
R: Qu’avez-vous écouté récemment ?
JD : On a écouté des Cds, qu’on a fait pour la voiture, qui sont vraiment longs, et Michael en a fait un qui était vraiment déprimant, c’était de longues chansons indie déprimantes, mais c’était très bon en fait. Et Graham en a fait un… Qu’est-ce qu’il y avait dans sa compile ?
G : C’est un groupe de LA…
JD : Oh oui ! Dengue Fever, ils sont vraiment bons. Et… On est allés à South by South West (Festival à Austin, TX ndr), et on a vu tout un tas de groupes. Ginger et moi on est allées voir Rye Rye, et qu’est-ce qu’on a vu d’autre ce soir-là ? Oh, Girl in a Coma, et on a vu Xx dans une église, et qu’est-ce qu’on a été voir d’autre ? Oh, Michael et moi on a vu Hole et Snoop Dogg.
M : Ouais !
R: Lequel avez-vous préféré ?
JD & M. ensembles : Snoop Dogg !! (Rires)
M : J’aime vraiment Hole, mais c’est simplement plus ce que c’était. Et là je vais être la personne qui dit « Courtney pourquoi est-ce que tu ne peux pas rester la même !!! » C’était tout simplement pas vraiment cohérent. Snoop était juste exceptionnel !
JD : Ce groupe appelé Alpha Beat a joué aussi, et ils étaient très très bons. Je crois qu’ils ont fait la première partie de Lady Gaga en Europe ou un truc comme ça. Ils sont Suédois, et ils ont un live vraiment bon.
G : Oh et on a vu ce groupe de Portland, Oregon, Explode into Colours, est-ce que c’est comme ça qu’il s’appelle ?
JD et M : Oui.
G : Elles sont deux batteuses, et une guitariste. Je crois qu’elle joue de ce genre de guitare qui est plus basse, ou qui a plus de basses, ou…
JD : Elle a des cordes de basse sur sa guitare.
G : Vraiment ?
JD : Oui c’était marrant, pendant le concert, je me suis tournée vers Suzy et je lui fais « Est-ce qu’elle a des cordes de basse sur sa guitare ? » Et elle a répondu, « Oh, ça c’est bien », parce que, oui en fait.
G : Vraiment ? Parce qu’il y a aussi ce genre de guitares que Blonde Redhead utilisaient, comment elles s’appellent… Tu connais ce type de guitare ?
M : Baritone.
G : Baritone ! Oui, je pensais qu’elle utilisait ce genre de guitare.
JD : Je sais pas, Suzy m’a dit qu’elle avait des cordes de basses, donc… Je ne sais pas.
M : Quoi qu’il en soit, on les a vues !
G : C’était bien ! Vraiment bien.
MEN – Credit Card Babie$ live au festival South by South West
R: D’autres groupes que vous aimez en ce moment ?
G : Oh oui, on a joué avec ce groupe à New York, qui s’appelle Light Asylum.
M : Oh, oui !
G : Ils n’ont pas encore d’album, mais…
JD & G : Ils sont exceptionnels.
G : Ils sont deux, un chanteur et une autre personne qui joue, et c’est vraiment bien.
JD : C’est vraiment, vraiment bien.
G : C’est un peu industriel, genre l’indus du tout début des années 90, et…
JD : C’est génial. C’est mon groupe favoris. Quoi d’autre… Beach House c’est bien… The Very Best c’est bien.
R : Quels sont vos projets pour 2010 ?
JD : On va au Brésil, jouer dans des festivals, on va à Mexico pour jouer au Museum Rufino Tamayo avec les cinq batteurs dont Ginger parlait, on va faire un concert au MoMA de San Francisco, on joue au Michigan Womens Music Festival, on fait une tournée, on joue à la Toronto Pride et on fait une tournée canadienne…
M : On termine notre disque, qui est quasiment fini, on va le mixer, et essayer de le sortir dès que possible.
R : J’ai entendu dire que nous n’aviez pas encore de label pour le sortir ?
M : Non, mais on schmooze et on schmooze* ! (Rires)
G : On attend !
JD : Je crois que les options sont soit le sortir nous-même ou avoir quelqu’un qui le sorte pour nous. Et c’est si difficile de prendre une décision dans l’industrie de la musique en ce moment. Donc je crois qu’on verra ce qui se manifeste, si des gens nous font une offre vraiment intéressante, alors génial. Sinon, on le sortira nous-même.
* Le schmoozing (de l’allemand « schmoozen »//câliner) consiste à adopter quelques attitudes perspicaces afin de nouer des premiers contacts fructueux.
Une fois n’est pas coutume : il ne sera point question de musique, ni de séries dans ce billet. Fis des interviews et autres dj sets, aujourd’hui on parle tendances. Oui ma soeur, tu as bien lu : pour une fois, on va parler chiffons. Mais attention, on n’est pas dans ELLE ! Ici, on parlera des tendances queer, uniquement.
Aujourd’hui donc, nous allons faire un point sur un accessoire indispensable - que dis-je accessoire – un prolongement de la gouine moderne : sa mèche.
Car la gouine porte la mèche, soit. C’est un fait avéré, on ne va pas revenir dessus.
Mais un bref coup d’oeil sur un échantillon représentatif de la lesbienne branchée à la dernière Wet For me de 2009 a confirmé mon intuition : en 2010, la mèche se portera haut ou ne se portera pas. Exit les oeillades mystérieuses masquées par la mèche rebelle qui balaie le regard : le cheveu lesbien prend de l’altitude, le visage prend un tour élancé ; le regard s’éclaire, un brin insolent. Et ce n’est pas pour nous déplaire !
Alors on recherche l’origine du soudain désir de verticalité de notre appendice capillaire : qui a lancé la mode, a qui doit-on cet élan aérien ? En faisant rapidement le tour de la question, c’est presque évident : quelle lesbienne a squatté les charts pendant des mois, arborant une somptueuse mèche banane, en tête de gondole des magasins de disques et en couverture des magazines ? Tic-tac, tic-tac…
Hanah Billie de Gossip, of course !
En plus freestyle (mais pas toujours très heureux, soyons honnêtes), il y aussi La Roux. Et bon, plus généralement : le grand retour de la mode 50’s et du rockabilly, tendance bad boy – looser magnifique (parfaitement incarnée ci-dessous par Wet sous l’objectif de Kael T. Block, pour la soirée Butch is Beautiful).
Cela n’a bien évidemment pas échappé aux chantres du style, consciemment… Ou pas. (Vous avez remarqué comme on croit parfois avoir une super idée, une envie de nouveau style, de nouvelle coupe, de nouvelles couleurs… Et puis on se rend compte que, dis donc, ça tombe bien, c’est pilepoil la tendance de la prochaine saison.)
Première lesbienne de chez nous aperçue avec la coupe en question (en vrai et pas pour se déguiser) : Vaï des soirées What’s Gouine On. (Pardon aux éventuelles pionnières du genre qui n’auraient pas croisé mon regard affûté !). Une mèche parfaitement dessinée, ni lourdement gominée, ni dressée : innovante en un mot.
Alors voilà : mèche en l’air espiègle, Pompadour rock n’roll, coque 80’s, tu as le choix, mais quelque chose me dit que tu n’y échapperas pas. Et si ce n’est toi, c’est donc ta meuf, ou ta pote ! Que tu le veuilles ou non, la mèche en l’air fait déjà ou fera partie de ton quotidien.
Un petit tour d’horizon du gotha lesbien de la capitale devrait définitivement te rallier à la cause de la verticalité :
Vaï : à la flibustière
Axelle Roch : à la Buddy Holly
Rag : à la Eddie Cochrane
Allez, je me risque à un pronostic. Prochaine tendance : le grand retour des années 30 ! Mèche en arrière, plaquée-gominée, ou une raie sur le côté, à la limite. Sortez le Pento !