
Extrait de "Kevin et Alex", Nicolas Jacquette, Sensitif juil. 2009.
Ceux qui manifestent contre le mariage pour tous au nom de leur foi se sont-ils penché sur ce que disait vraiment la Bible? L’auteur de BD Nicolas Jacquette revisite pour eux le texte sacré, de manière pertinente et impertinente, l’occasion de nous rappeler à tous le sens du mot “amour”.
Dans la panoplie des élans de foules où l’humain déclare sa haine à son semblable, l’homophobie est du dernier cri dans les milieux cathos branchés. On en fait des défilés, ils étaient 100 000 en France le 16 novembre dernier à battre le pavé et la Femen pour le maintien de l’inégalité entre citoyens. Mais attention, le mot d’ordre a été bien relayé, pas d’homophobie, juste un bon sens citoyen qui impose de protéger la belle institution familiale telle que Dieu l’a instituée et perpétuée sur terre par sa glorieuse et sainte Eglise. Alors le mariage pour tous non. Et surtout pas pour les homos. Ils n’avaient qu’à pas choisir de s’enculer après tout. Parce qu’ensuite, pourquoi ne pas accorder le mariage entre frères et sœur, père et fille, avec des enfants ou des animaux?
Que de délicieux amalgames! Mais qui en disent long sur ce bon sens citoyen «non-homophobe».
Ce qui est troublant tout de même c’est que tous ces bigots bienpensants renient leur propre crédo. Quand on croit à l’histoire du serpent qui parle, au mec qui marche sur l’eau et qu’on affirme aux Africains décimés par le Sida que la capote n’en protège pas, on n’est pas à une énormité près; mais quand même! Projetons-nous dans leur réalité rien qu’un instant.
Dieu vient de se farcir en 7 jours la création de l’univers infini avec comme point centrale la troisième planète d’un minuscule système solaire dans la périphérie d’une petite galaxie anonyme parmi des milliards d’autres. Trop fatigué pour la finir il aménage juste un petit coin de jardin, décoré de quelques plantes et animaux. Et là il décide d’y installer son chez d’œuvre, à son image : l’homme, notre ancêtre supposé … À partir de la poussière du sol. Il a créé l’univers entier, avec ses étoiles géantes, ses super novas, ses étoiles par milliards de milliards, par sa simple volonté, comme écrin à son futur joyau, qu’il décide de fabriquer … En passant la balayette dans son jardin d’Eden. Il mouille le tout et trois tours de potier et une soufflette divine dans les narines plus tard l’homme est fabriqué. Glorieuse naissance!
Pour l’occuper, Dieu lui donne la mission de donner des noms aux animaux. C’est rigolo au début, ça devient vite chiant. Travail bâclé puisqu’on continue d’en découvrir de nouveaux qui n’ont pas encore de nom. Jusque-là tout est logique pour un catho, accrochez-vous! Mais voilà, malgré son boulot passionnant, le bonhomme s’ennuie. Il voit les animaux qui forniquent autour de lui et ça lui donne des envies. Problème, il est seul et a dû commencer à lorgner du côté des bonobos parce que, fissa, Dieu lui a fabriqué une compagne. Pour ça il endort Adam, un coup de bistouri, il prend une de ses côtes, referme, met l’os dans une boite de Pétri et quelques minutes plus tard Eve est née. Sans bite, avec des seins, mais techniquement, ça s’appelle du clonage. Et Dieu va leur ordonner de copuler au point de remplir la terre. Donc Adam nique avec lui-même version fille pour avoir des gosses sur instruction divine, mais ce n’est qu’un début. Car les enfants du couple originel, ben il a bien fallut qu’ils se débrouillent entre eux pour assurer la descendance et ainsi de suite. En clair nous sommes tous issus selon les cathos d’une immense partouze incestueuse.
La Bible est remplie de coucheries: les anges eux-mêmes qui descendent du ciel pour niquer de l’humaine; si même au ciel ils ne savent pas se tenir. Des gosses naissent, ça ne plait pas à Dieu, il balance le déluge et extermine tout le monde à part Noé et sa famille. Du coup, Noé, seul avec sa femme, ses filles et ses gendres, il a bien fallut qu’il repeuple la planète, là encore pas d’autre choix que de faire avec ce qui est encore vivant, frères, sœurs, cousins. Dans le même genre Loth, le seul de ses fidèles que Dieu avait jugé digne d’échapper à la destruction de Sodome et Gomorrhe, héros biblique s’il en est, se retrouve à faire des enfants à ses deux filles, qui avaient fait boire papa et couché avec lui fin bourré deux soirs de suite. Il y a aussi le roi Salomon, considéré comme le plus grand des rois de la Bible, aimé et béni de Dieu entre tous, qui se tapait volontiers les reines de passage, comme celle de Saba, et avait un harem de 700 femmes et 300 concubines. Quelle vigueur!
Une des meilleures histoires est sans nul doute celle du roi David, un concentré de vie exemplaire au sens catholique du terme. Le jeune David, devenu populaire après avoir terrassé le géant Goliath et mis en déroute l’armée Philistine, est présenté au roi Saül dont le fils Jonathan tombe fou amoureux de lui. On ne refuse rien à un prince quand on est berger et qu’on a de l’ambition. Après une passade avec Jonathan, dont «il préférait l’amour à celui des femmes», tout en étant marié avec une de ses sœurs, il pique à Saül, roi et père de son amant et de sa femme, la couronne. Il eut ensuite plus d’une dizaine de femmes et des concubines non dénombrées, mais, n’en ayant pas assez, a convoité et violé la femme d’un de ses meilleurs soldats et l’a foutu en cloque. Embêtant. Il fait revenir le bougre de la guerre pour qu’il couche avec la pauvresse et que l’enfant ait l’air légitime. Manque de bol, ses copains étant au combat, il refuse de rejoindre sa femme. Qu’à cela ne tienne, le bon roi David l’envoi en première ligne au combat à une mort certaine et épouse en juste noce sa veuve, juste à temps pour que la grossesse ne fasse pas mauvais genre. Mais Dieu, qui est contre l’avortement d’après les cathos, condamne le bébé pas encore né à mort par la voix de son prophète auprès du roi. Le gamin meurt 7 jours après sa naissance, bien après la limite fixée pour un IVG. Lire le reste de cet article »
- Par Louis |
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Jospin, like a lot of opponents of gay marriage, is divorced. Like right-wing Copé, Le Pen, Sarkozy, Dati, and all that lot. That little arrangement with wedding vows is one of many happy evolutions. The children of divorced parents get loaded with step-parents, so for them its not one daddy and one mommy anymore, they get a whole community. We know that heterosexuals divorce more easily than they change cars. We know that adultery is a widely-practiced sport (reading online comments from French straights after Petraeus stepped down for having cheated on his wife will clue you in right away about how important monogamy is to heterosexuality – they don’t believe it for a second, they cheat like they breathe, and they find it unacceptable that anyone should interfere), and we know from experience that they don’t think having children outside of marriage is a problem. They can even have children outside of marriage while being married, and everyone thinks it’s great. Fine. I’m in favor of everything that’s punk rock, so the idea of a gigantic, amicable free-for-all, frankly, I find it pretty appealing. But why such moral flexibility when it’s straight people who wipe their asses on wedding vows, and that indignant rigidity when it comes to homosexuals? We would soil the institution? We would lead it astray? Hey boys, even if we even if we grunged it up to the max, we could never soil the institution more than you’ve already done. In the condition it’s in, what’s amazing about marriage is that anyone agrees to use it. The Vatican brandishes polygamy – which goes to show that when it comes to dykes and towel heads, it’s one-size-fits-all, though it’s not racist or homophobic, of course (how unsubtle!), even though we do know that girls with headscarves aren’t part of humanity as that brand of left defines it, but anyway – don’t worry about polygamy: you’re doing it already. Old guys paying three rounds of child support? What is that if not a form of polygamy? Let the Catholics deal with excommunicating everyone who doesn’t respect the institution, let them deal with the behavior of those married within the church – they’ll be so busy sorting it all out that they won’t have time to waste on couples demanding to get married at city hall.
Gregory Rowe est un psychologue américain exerçant à San Francisco, ville cosmopolite ou vivent de nombreuses familles homoparentales, qu’il a pu côtoyer dans le cadre de son métier. Ayant longtemps vécu en France, il a souhaité exprimer son point de vue sur le mariage et la parentalité chez le LGBT sur TÊTU.com. 

