Quand l’horizon s’éclaircit après les mois d’insultes
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Christiane Taubira défendant le projet de loi sur le mariage pour tous à l'Assemblée Nationale

“Je m’appelle Nicolas, j’ai 29 ans depuis quelques jours, et je vis à Paris. J’ai grandi en banlieue, élevé par des parents originaires du sud de la France et ayant eux-mêmes longtemps vécu au Brésil avec les leurs. Nous avions une maison, un jardin, un chien qui s’appelait Jazz et une nourrice qui s’appelait Dany, même si je doute aujourd’hui de l’orthographe exacte de son prénom. Mes parents, Votre-Dieu merci, sont hétérosexuels, ce qui semble aujourd’hui pour beaucoup la condition sine qua none pour s’unir et élever un enfant «sain». Malgré cela, pour je ne sais quelle raison que vous trouverez sans doute bien avant moi, j’ai toujours eu la certitude d’être gay, «malade» selon ces mêmes maîtres de la perfection familiale. Comme quoi.

Alors que mes amis se voyaient déjà mariés, parents, grands-parents, j’ai grandi sans schéma dans lequel me projeter. Sans projet de couple, d’enfant ou de pérennité de mon patronyme, aspirant toujours au seul accomplissement possible pour les «détraqués» de mon espèce: rencontrer quelqu’un, trouver ma place à ses côtés, en gardant à l’esprit que je devrais toujours éviter de trop en faire état, laisser passer quelques semaines avant de le dire à mes amis, quelques mois avant d’en parler à mes collègues et quelques années avant de l’avouer à mes parents.

Pourquoi cet homme me dit pédophile?
J’ai grandi en acceptant, sans même envisager de m’en plaindre, l’idée de cocher «célibataire» et «sans enfant» sur tous les formulaires que la vie voudrait bien laisser glisser sous mes doigts. Et voilà que depuis quelques mois, de nouvelles cases m’apparaissent accessibles.

Pourtant… Lire le reste de cet article »

Rétro: comment l’Espagne a imposé son mariage pour tous
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Marche des fiertés 2012 à Madrid

En Espagne, la loi 13/2012 qui modifie le Code Civil en matière de droit au mariage permet aujourd’hui à tous les citoyens et citoyennes d’avoir accès à cette institution. Que les conjoints soient de même sexe ou de sexes différents, le mariage est le même pour tous et la loi n’est plus réservée uniquement à une partie de la société. Nous avons aujourd’hui une loi d’égalité, au sens authentique du terme. Le mariage pour tous (ou «mariage égalitaire») fut le résultat d’une longue lutte menée par l’une des organisations les plus actives ces trentes dernières années: le mouvement LGBT, dirigé par la Fédération Nationale des Lesbiennes, Gais, Transsexuelles et Bisexuelles, FELGBT.

Ce long chemin a amené à un certain progrès de la société espagnole sur sa perception de l’homosexualité et sur l’intégration des différents modes de vie en son sein. La loi passée en 2005 assure ainsi la reconnaissance des couples homosexuels, de même qu’une croissante acceptation sociale de ceux-ci. Les statistiques fournissent des données claires sur la perception des Espagnols sur la question homosexuelle ces trente dernières années. En 1975, année de la mort du dictateur Franco, 83% de la population affirmait que l’homosexualité devait disparaître. Un peu plus de dix ans plus tard, en 1988, 50% des citoyens voyaient l’homosexualité comme une chose condamnable. En 1997, 57% des espagnols pensaient que les couples homosexuelles devaient avoir les mêmes droits et devoirs que les couples mariés. Finalement, en 2005, 70% de la population se montrait favorable au mariage pour tous. Sur une période de 30 ans, on est donc passé en Espagne d’une condamnation sans appel de l’homosexualité par une grande majorité de la population à une claire acceptation de l’idée qu’un couple homosexuel puisse accéder au mariage sur les mêmes conditions d’égalité que les hétérosexuels.

Boti-G.Rodrigo,-Presidente-de-la-FELGTBPour comprendre la naissance de ce projet de loi il est important de rappeler l’histoire de la mouvance LGBT dans le pays. En 1977 les premières élections démocratiques ont lieu, mais il n’existe pas encore d’organisation gay légale. Un premier mouvement – initialement seulement gay – se forme dans la clandestinité, au début à Barcelone, puis très vite à Madrid, ayant pour objectif fondamental la dépénalisation de l’homosexualité et la légalisation des associations homosexuelles. Il faudra attendre 1980 pour que s’obtienne une reconnaissance légale des organisations et associations homosexuelles, ce sera alors une première victoire pour le mouvement LGBT espagnol. Lire le reste de cet article »

Mariage pour tous: une question de droits fondamentaux

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Janvier 2013, un constat s’impose: nous n’avons peut-être pas eu la fin du monde, mais nous l’avons, ce débat, cher à l’Église notamment, qu’elle a vertement réclamé depuis le 15 août dernier. En effet, sur la question du «mariage pour tous», débat il y a. Dans les journaux, à la télévision, sur le pavé, de-ci, de-là, à tort et à raison. Et l’on sent parfois une étrange odeur, assez nauséabonde du reste…

Pour sûr, les tenants de ce débat, très conscients pourtant de leur liberté (fondamentale) d’expression, ne connaissent pas la dureté des luttes pour l’égalité, ni la profonde colère de celles des populations dont les droits fondamentaux sont niés. Au nom du débat démocratique, ils espèrent avoir le temps de réfléchir si, finalement, dans leur royale bonté, ils accepteront de les leur octroyer. Un petit séjour dans la peau d’un esclave américain des années 1850, sur la liberté duquel la Cour Suprême faisait primer le droit de propriété de l’humble citoyen à qui il appartenait (1), leur permettrait sûrement de gagner en lucidité. Accepteraient-ils si volontairement de laisser le bon peuple débattre de leurs droits fondamentaux?

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Rassurons-les: les démocraties occidentales contemporaines ne permettent plus à quiconque de nier les droits fondamentaux. Et oui… Car la voici, la si terrifiante, et non moins rassurante, information de ce billet: à l’heure actuelle, la démocratie ne signifie plus que le peuple est absolument souverain. Elle n’est plus fonction du seul suffrage universel. Elle est tenue, définie et garantie par ces droits fondamentaux, ces valeurs qui transcendent le vote des citoyens, autant qu’elles s’imposent à lui. Que sont-ils? Pour faire court, ils sont consacrés dans notre Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen (DDHC) de 1789, que votre professeur d’histoire vous aura sans grande conviction fait lire dans vos jeunes années collégiennes. Mais ça, c’est vraiment pour faire court.

Non sans déception, il faut l’admettre: ce n’est pas à la France que la démocratie doit d’avoir été renforcée. Elle n’avait en effet jamais été qu’esclavagiste et collabo, rien de très catalysant donc. En revanche, en 1933, l’Allemagne a réussi le pari inouï de mettre en place démocratiquement le régime génocidaire le plus mécanisé de l’Histoire humaine. De quoi, au sortir de la Seconde (par souci d’optimisme) Guerre Mondiale, repenser très profondément le système démocratique tel qu’il était jusqu’alors conçu.

1La conclusion primordiale, glorieusement appliquée dans la Grundgesetz allemande de 1949, a été que le pouvoir donné au peuple ne peut être totalement délié. Le peuple doit être tenu par des obligations intangibles, que notre Assemblée Nationale de 1789 a qualifiées de droits naturels et sacrés. Ainsi la loi ne peut-elle tout décider. Elle n’est qu’une norme inférieure, soumise aux droits et libertés que consacre la Constitution de l’Etat, quand ce ne sont pas les traités internationaux. A ces droits, comme en Allemagne, doit être adossé un puissant juge de la constitutionnalité de la loi. Nos amis d’outre-Rhin possèdent le très écouté Tribunal Fédéral constitutionnel de Karlsruhe, là où nous revendiquons un apathique conseil, 2-en-un constitutionnel, un peu juridiction, un peu retraite pour présidents en mal de traitement (2).

Il faut donc s’y résoudre: aujourd’hui la loi peut être censurée par le juge constitutionnel au motif qu’elle est contraire aux droits et libertés que garantit notre Constitution. Elle peut aussi l’être par le juge ordinaire, sur la base des textes internationaux. Mais, quoique les textes se répondent et que les juges s’interpellent, réservons-nous pour la seule Constitution. Il y a déjà fort à faire.

Le lecteur aura, à ce stade, saisi le sens du propos de ce billet: la question du mariage pour tous est plus affaire de droits fondamentaux que de loi. Le mariage pour tous est donc tout, sauf une réforme d’opinion. Il est un impératif démocratique.

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«Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit» (3).

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Cet axiome, qui constitue la clé de voûte du mythe républicain, a rayonné au-delà de nos frontières, trouvant aujourd’hui écho dans les textes internationaux (4). Car l’égalité, avant tout autre acception, c’est d’abord cela: l’égalité en droit. Elle implique que tous les citoyens bénéficient, sans distinction, ou alors juste celles fondées sur l’ «utilité commune», des mêmes droits fondamentaux, et, particulièrement, pour ce qui nous intéresse directement, de la même liberté.

L’exercice, par chacun, de sa liberté peut certes être aménagée, parce qu’il ne doit jamais nuire à autrui (5), mais l’existence même de cette liberté ne doit en aucun cas pouvoir être remise en cause, sauf à nier l’humanité de certains des citoyens – puisque l’Homme naît égal.

Gageons, sans l’ombre d’une hésitation, que le Conseil constitutionnel, saisi d’un tel moyen, tout pétri qu’il est de la théorie de l’effet utile, mais jalousant surtout l’enthousiasme interprétatifs des cours européennes, donnera toute son ampleur à l’égalité en droit (ou pas…).

Quant à la liberté… La liberté, en tant que droit fondamental, est protéiforme, tantôt comprise lato sensu (6), tantôt entendue dans l’une de ses dimensions, parmi lesquelles compte la liberté d’expression, ou encore la «liberté du mariage» (7) – plus explicitement, par souci d’effet utile, la liberté de se marier avec le partenaire de son choix (8).

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«De son choix?? Diantre!!», piaffera d’effroi le jusqu’au-bout(in)iste, «Mais la théorie des droits fondamentaux est donc une porte ouverte à l’inceste, la bigamie, et la zoophilie!». Qu’il se rassure, cependant: il est déjà admis que si les lois peuvent réglementer la liberté de se marier en prévoyant des «dispositions de fond reposant sur des considérations généralement reconnues d’intérêt public, en particulier en matière de capacité, de consentement, de degrés de parenté ou de prévention de la bigamie» (9) , elles ne peuvent, en revanche, à lire toujours la Cour Européenne des Droits de l’Homme, «autrement priver une personne ou une catégorie de personnes jouissant de la capacité juridique d’exercer leur droit au mariage avec le ou la partenaire de leur choix» (10). Pas toujours avares de contradictions, les juges de Strasbourg n’ont cependant jamais consacré un droit au mariage pour les couples homosexuels (11).

«And so what? Au diable la Cour Européenne! En France, la loi peut faire des distinctions à raison de l’identité de sexe!», s’étranglera un terne ami du jusqu’au-bout(in)iste qui passait par là, «Le Conseil constitutionnel a jugé le 28 janvier 2011 que le code civil, en l’état, ne se heurtait pas au principe d’égalité. Et toc». «Frêle esquisse que ce radeau noyé dans les eaux sombres du droit constitutionnel» penserai-je alors. Le Conseil constitutionnel s’est en effet prononcé sur la compatibilité du code civil avec l’article 6 de la DDHC, qui consacre l’égalité devant la loi, et non avec l’article 1er précité de celle-ci, qui consacre l’égalité en droit.

L’égalité en droit ne doit en effet pas, à mon sens, être confondue avec l’égalité devant la loi, interprétation que le juge constitutionnel n’a, du reste, sauf erreur, jamais expressément rejetée (12). Lire le reste de cet article »

Lettre de La p’tite Blan à sa soeur catholique

La famille devrait être un lieu de tolérance et de solidarité. Mais qu’arrive-t-il lorsque les clivages politiques ébranlent les rapports entre frères, soeurs, parents..? Une situation que connait l’auteur de BD La p’tite Blan, qui écrit son ras-le bol dans une lettre destinée à sa soeur, catholique et contre le projet de loi sur le mariage pour tous.

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Anne, ma soeur Anne*, n’as-tu vraiment rien vu venir? Sérieux?

Cela fait des semaines que je m’interroge: Anne, ma soeur Anne, n’a-t-elle rien de mieux à faire dans la vie que de militer contre le mariage des homos?

Anne, ma soeur Anne, est catholique pratiquante.
Moi, je pratique le water-polo ; elle, la religion.
Chacun son truc.

Anne, ma soeur Anne, aimerait que tous les gens aient la même foi.
Moi, j’aimerais que tous les gens aient les mêmes droits.
Chacun son truc.

Jusqu’à présent, il y avait un statu quo familial de chic entente entre soeurs: chacun son truc, chacune sa sexualité et la caravane passe.

Mais c’était sans compter avec LE DÉBAT de l’égalité des droits qui a fait naître des vocations militantes chez les accrocs de la croix: mères, pères, grands-parents, enfants, foetus ont enfin trouvé une occupation, que dis-je, un combat!

Notre-Dame-des-Landes? Non, trop écolo.
La crise en Europe? Quelle crise?
La faim dans le monde? Miss France occupe déjà le terrain.
La hausse du prix des céréales? On s’en fout, Jésus distribuera des pains si besoin, et Marie-Antoinette des brioches.

Le nouveau combat d’Anne, ma soeur Anne, c’est de surtout NE PAS donner l’égalité des droits aux homosexuels.

Ah, on respire du côté des bénitiers! Enfin une cible identifiée! Enfin une lutte qui fait l’unanimité (ou presque**) face au péril que les homosexuels représentent pour toute l’humanité, ou du moins ce qu’il en reste.

Moi je n’avais même pas conscience que je menaçais l’humanité!

Et donc, je m’interroge.

Et j’interroge Anne, ma soeur Anne: n’as-tu rien de mieux à faire pour t’occuper? du shit à couper? ou des hosties? n’importe quoi plutôt que de t’en prendre aux homosexuels?

Anne, ma soeur Anne, me répond gentiment qu’elle ne s’en prend à personne, qu’elle veut juste débattre parce qu’on a « le droit de débattre de tout ». Sûrement, mais ça doit être comme pour l’humour: pas avec n’importe qui. Par exemple, si ça lui chante, elle peut débattre avec Laurence pour savoir si les travailleurs coûtent trop cher aux patrons. Elle peut aussi débattre avec Jean- François pour savoir si les musulmans sont tous des voleurs de viennoiseries. Elle peut débattre avec Jésus pour savoir si elle aura le droit à la vie éternelle. Mais non, elle ne débattra pas avec moi pour savoir si les homosexuels sont des citoyens comme les autres. Perso, ça fait longtemps que j’ai tranché et je considère qu’il faut être un peu neuneu ou complètement illuminé pour en être encore là.

Je lui explique donc qu’on débattra de mes droits le jour où l’on débattra des siens, le jour où des colloques de psys se réuniront pour savoir si elle est apte à élever ses gosses, le jour où l’Assemblée nationale auditionnera des pédales pour savoir si on autorise les croyants à se marier au lieu d’auditionner des curés et autres gourous pour savoir si les homos le peuvent – voire, soyons folles, le jour où le Pape prendra l’avis des femmes au sujet de l’avortement. Ce jour-là, ok, on débattra.

Anne, ma soeur Anne, trouve alors que j’exagère! « Je ne t’impose rien », se défend-elle… C’est tellement simple pour elle de se dédouaner, de se croire innocente, de se penser victime de mon étroitesse d’esprit. Elle ne m’impose rien: c’est pour me protéger, moi et toute l’humanité, qu’elle voudrait que les homosexuels n’aient pas les mêmes droits que les autres. Lire le reste de cet article »

L'intégration des LGBT dans la société passe par le mariage

homoparentsGregory Rowe est un psychologue américain exerçant à San Francisco, ville cosmopolite ou vivent de nombreuses familles homoparentales, qu’il a pu côtoyer dans le cadre de son métier. Ayant longtemps vécu en France, il a souhaité exprimer son point de vue sur le mariage et la parentalité chez le LGBT sur TÊTU.com.

Je travaille comme psy en Californie. J’ai effectué mon premier poste d’internat clinique pendant trois ans dans une école élémentaire pour enfants de 5 à 13 ans dans la banlieue sud de San Francisco. Ma rencontre avec la mixité sociale y a été totale. Des enfants fraichement arrivés de Chine, de Tonga ou du Pakistan se trouvaient dans les mêmes classes que les enfants de parents Californiens, ou encore de juifs orthodoxes, musulmans, noirs et banalement blancs.

Et bien sûr des parents gays sous toutes leurs formes. Lesbienne cadre moyen élevant sa fille seule, hommes gays chefs d’entreprises, Blackberry à la main, complètement sous le coup de foudre de leurs jumeaux portés par une amie d’enfance, homme célibataire professionnel élevant deux enfants en « foster care » pendant que leurs parents biologiques font de la prison, deux femmes avec un garçon que l’une avait d’une relation hétérosexuelle. Parmi le personnel, la directrice avait deux filles adultes qu’elle avait élevées avec son épouse. Une des profs (hétéro) avait été élevée par deux hommes.

Presque tous les parents venaient bénévolement aider à l’école, se penchaient sur les difficultés de leurs enfants lors des réunions d’équipe, partageaient la conduite pour aller à des évènements en dehors de l’école, pleuraient dans mon bureau lorsque je devais annoncer un déficit cognitif. Je peux donc témoigner du fait que – à part les rares cas de maladies mentales ou d’abus et négligence – ce qui est le plus nocif pour les enfants, ce sont les parents qui ne cessent de se disputer. Mon expérience me l’a montré (et continue de le me montrer) et la littérature sur le sujet est claire. Elle l’est beaucoup moins sur les difficultés vécues par les gamins dans les familles homos. Ce qui me surprend –voire me choque- c’est ce mouvement massif qui avance l’idée que ce qui est nocif, ce sont des parents gays.

Je me souviens la première fois ou j’ai voté aux États-Unis après avoir vécu 21 ans en France dont dix près de Bordeaux. Le bulletin de vote était en trois langues: espagnol, chinois et bien sur en anglais. Je me suis dit “On n’est pas prêt de voir ça en France!”. Peu de temps après je suis redevenu étudiant dans une université (à 42 ans) pour obtenir le droit d’exercer ma profession ici. Voila que ma classe de 25 personnes était composée de toutes les formes possibles d’humanité: noir, juif, asiatique, gay, transsexuelle, ou un mix de tout cela. J’étais bien loin du sud-ouest de la France ou j’avais l’impression que la personne la plus exotique que j’avais pu rencontrer dans les hôpitaux où j’intervenais était… Basque.

Ironiquement mon titre conféré par l’État de Californie après presque sept ans d’études et de travaux cliniques fut “Marriage and Family Therapist”. Je passe mon temps à tenir la main tantôt d’une mère qui ne sait plus que faire face à son fils de 14 ans qui fréquente les gangs tantôt à des couples hétérosexuels, la cinquantaine, qui ne trouvent plus gout à rien et cherchent vainement à identifier une étincelle pour ne pas se quitter.

Dans le discours public, l’homo est inférieur Lire le reste de cet article »