Quand l’horizon s’éclaircit après les mois d’insultes
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Christiane Taubira défendant le projet de loi sur le mariage pour tous à l'Assemblée Nationale

“Je m’appelle Nicolas, j’ai 29 ans depuis quelques jours, et je vis à Paris. J’ai grandi en banlieue, élevé par des parents originaires du sud de la France et ayant eux-mêmes longtemps vécu au Brésil avec les leurs. Nous avions une maison, un jardin, un chien qui s’appelait Jazz et une nourrice qui s’appelait Dany, même si je doute aujourd’hui de l’orthographe exacte de son prénom. Mes parents, Votre-Dieu merci, sont hétérosexuels, ce qui semble aujourd’hui pour beaucoup la condition sine qua none pour s’unir et élever un enfant «sain». Malgré cela, pour je ne sais quelle raison que vous trouverez sans doute bien avant moi, j’ai toujours eu la certitude d’être gay, «malade» selon ces mêmes maîtres de la perfection familiale. Comme quoi.

Alors que mes amis se voyaient déjà mariés, parents, grands-parents, j’ai grandi sans schéma dans lequel me projeter. Sans projet de couple, d’enfant ou de pérennité de mon patronyme, aspirant toujours au seul accomplissement possible pour les «détraqués» de mon espèce: rencontrer quelqu’un, trouver ma place à ses côtés, en gardant à l’esprit que je devrais toujours éviter de trop en faire état, laisser passer quelques semaines avant de le dire à mes amis, quelques mois avant d’en parler à mes collègues et quelques années avant de l’avouer à mes parents.

Pourquoi cet homme me dit pédophile?
J’ai grandi en acceptant, sans même envisager de m’en plaindre, l’idée de cocher «célibataire» et «sans enfant» sur tous les formulaires que la vie voudrait bien laisser glisser sous mes doigts. Et voilà que depuis quelques mois, de nouvelles cases m’apparaissent accessibles.

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Inceste, polygamie, David et Jonathan… Les chrétiens anti-mariage ont-ils vraiment lu la Bible?
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Extrait de "Kevin et Alex", Nicolas Jacquette, Sensitif juil. 2009.

Ceux qui manifestent contre le mariage pour tous au nom de leur foi se sont-ils  penché sur ce que disait vraiment la Bible? L’auteur de BD Nicolas Jacquette revisite pour eux le texte sacré, de manière pertinente et impertinente, l’occasion de nous rappeler à tous le sens du mot “amour”.

Dans la panoplie des élans de foules où l’humain déclare sa haine à son semblable, l’homophobie est du dernier cri dans les milieux cathos branchés. On en fait des défilés, ils étaient 100 000 en France le 16 novembre dernier à battre le pavé et la Femen pour le maintien de l’inégalité entre citoyens. Mais attention, le mot d’ordre a été bien relayé, pas d’homophobie, juste un bon sens citoyen qui impose de protéger la belle institution familiale telle que Dieu l’a instituée et perpétuée sur terre par sa glorieuse et sainte Eglise. Alors le mariage pour tous non. Et surtout pas pour les homos. Ils n’avaient qu’à pas choisir de s’enculer après tout. Parce qu’ensuite, pourquoi ne pas accorder le mariage entre frères et sœur, père et fille, avec des enfants ou des animaux?

Que de délicieux amalgames! Mais qui en disent long sur ce bon sens citoyen «non-homophobe».

Ce qui est troublant tout de même c’est que tous ces bigots bienpensants renient leur propre crédo. Quand on croit à l’histoire du serpent qui parle, au mec qui marche sur l’eau et qu’on affirme aux Africains décimés par le Sida que la capote n’en protège pas, on n’est pas à une énormité près; mais quand même! Projetons-nous dans leur réalité rien qu’un instant.

citation1Dieu vient de se farcir en 7 jours la création de l’univers infini avec comme point centrale la troisième planète d’un minuscule système solaire dans la périphérie d’une petite galaxie anonyme parmi des milliards d’autres. Trop fatigué pour la finir il aménage juste un petit coin de jardin, décoré de quelques plantes et animaux. Et là il décide d’y installer son chez d’œuvre, à son image : l’homme, notre ancêtre supposé … À partir de la poussière du sol. Il a créé l’univers entier, avec ses étoiles géantes, ses super novas, ses étoiles par milliards de milliards, par sa simple volonté, comme écrin à son futur joyau, qu’il décide de fabriquer … En passant la balayette dans son jardin d’Eden. Il mouille le tout et trois tours de potier et une soufflette divine dans les narines plus tard l’homme est fabriqué. Glorieuse naissance!

Pour l’occuper, Dieu lui donne la mission de donner des noms aux animaux. C’est rigolo au début, ça devient vite chiant. Travail bâclé puisqu’on continue d’en découvrir de nouveaux qui n’ont pas encore de nom. Jusque-là tout est logique pour un catho, accrochez-vous! Mais voilà, malgré son boulot passionnant, le bonhomme s’ennuie. Il voit les animaux qui forniquent autour de lui et ça lui donne des envies. Problème, il est seul et a dû commencer à lorgner du côté des bonobos parce que, fissa, Dieu lui a fabriqué une compagne. Pour ça il endort Adam, un coup de bistouri, il prend une de ses côtes, referme, met l’os dans une boite de Pétri et quelques minutes plus tard Eve est née. Sans bite, avec des seins, mais techniquement, ça s’appelle du clonage. Et Dieu va leur ordonner de copuler au point de remplir la terre. Donc Adam nique avec lui-même version fille pour avoir des gosses sur instruction divine, mais ce n’est qu’un début. Car les enfants du couple originel, ben il a bien fallut qu’ils se débrouillent entre eux pour assurer la descendance et ainsi de suite. En clair nous sommes tous issus selon les cathos d’une immense partouze incestueuse.

La Bible est remplie de coucheries: les anges eux-mêmes qui descendent du ciel pour niquer de l’humaine; si même au ciel ils ne savent pas se tenir. Des gosses naissent, ça ne plait pas à Dieu, il balance le déluge et extermine tout le monde à part Noé et sa famille. Du coup, Noé, seul avec sa femme, ses filles et ses gendres, il a bien fallut qu’il repeuple la planète, là encore pas d’autre choix que de faire avec ce qui est encore vivant, frères, sœurs, cousins. Dans le même genre Loth, le seul de ses fidèles que Dieu avait jugé digne d’échapper à la destruction de Sodome et Gomorrhe, héros biblique s’il en est, se retrouve à faire des enfants à ses deux filles, qui avaient fait boire papa et couché avec lui fin bourré deux soirs de suite. Il y a aussi le roi Salomon, considéré comme le plus grand des rois de la Bible, aimé et béni de Dieu entre tous, qui se tapait volontiers les reines de passage, comme celle de Saba, et avait un harem de 700 femmes et 300 concubines. Quelle vigueur!

citation2Une des meilleures histoires est sans nul doute celle du roi David, un concentré de vie exemplaire au sens catholique du terme. Le jeune David, devenu populaire après avoir terrassé le géant Goliath et mis en déroute l’armée Philistine, est présenté au roi Saül dont le fils Jonathan tombe fou amoureux de lui. On ne refuse rien à un prince quand on est berger et qu’on a de l’ambition. Après une passade avec Jonathan, dont «il préférait l’amour à celui des femmes», tout en étant marié avec une de ses sœurs, il pique à Saül, roi et père de son amant et de sa femme, la couronne. Il eut ensuite plus d’une dizaine de femmes et des concubines non dénombrées, mais, n’en ayant pas assez, a convoité et violé la femme d’un de ses meilleurs soldats et l’a foutu en cloque. Embêtant. Il fait revenir le bougre de la guerre pour qu’il couche avec la pauvresse et que l’enfant ait l’air légitime. Manque de bol, ses copains étant au combat, il refuse de rejoindre sa femme. Qu’à cela ne tienne, le bon roi David l’envoi en première ligne au combat à une mort certaine et épouse en juste noce sa veuve, juste à temps pour que la grossesse ne fasse pas mauvais genre. Mais Dieu, qui est contre l’avortement d’après les cathos, condamne le bébé pas encore né à mort par la voix de son prophète auprès du roi. Le gamin meurt 7 jours après sa naissance, bien après la limite fixée pour un IVG. Lire le reste de cet article »