Moi lesbienne, j’ai affronté le cortège de la «manif pour tous»

manifpourtousIrina est allée voir de plus prêt à quoi ressemblait la «manif pour tous» du 13 janvier dernier. Avec pour motivation un mélange de colère et de curiosité, elle subit très vite regards de défiance et agressivité passive mais tente malgré tout le dialogue pour comprendre ce qui peut motiver une telle violence. Elle a souhaité nous faire part de son ressenti dans un témoignage de révolte face aux démonstrations de haine.

“En ce dimanche de Janvier, je me réveille à quatorze heures trente avec un drôle de bourdonnement dans les oreilles. Serait-ce l’alcool bu la veille qui vivrait mal sa stagnation dans mes veines ? En ouvrant les yeux je réalise qu’il s’agit de cris, de «boom boom», de sifflets, en gros d’une manif qui passerait presque dans ma rue. Le combien sommes nous? Le 13, les anti-mariage (pour tous) manifestent, et ils sont suffisamment gênés par nous autres «polygames» et «violeurs d’enfants» pour venir me réveiller jusque dans mon lit.

Je jette un œil sur mon portable qui vient de sonner, ma voisine est énervée, ils l’ont réveillée elle aussi. Dans les deux secondes qui suivent je lis successivement un texto d’une amie qui râle également contre le bruit dans son quartier, et un pseudo Facebook d’une connaissance qui affirme que surtout il ne faut pas aller casser de l’homophobe sinon on aurait le mauvais rôle. Là ç’en est trop mon seuil de tolérance est franchi, je ne peux pas à la fois ignorer le bruit, l’écran d’ordinateur et le portable. Je fais le café et saute sous la douche, j’enfile un tee-shirt provoc’ «GAY OK» que je m’empresse de recouvrir d’un pull puis d’un manteau. Sous le couvert du froid je resterai intelligente, je n’ai pas envie de me faire fracasser à peine réveillée, et finalement, peut-être pas besoin de me faire fracasser tout court.

«T’es une gouine toi, t’as rien à foutre là»
Je descends dans ma rue, premier signe qu’il se passe quelque chose tout près, les gens se scrutent avec interrogation. «Vous y allez vous?» «Vous en venez peut-être?» «Vous détestez les manifestations?» «Vous sentez-vous concerné?»…

Des CRS droits comme des i postés sur le boulevard Blanqui, ils sont trois, je cherche les autres et je ne les trouve pas. Je les trouve bien peu nombreux en replongeant dans mes souvenirs de marcheuse. Pour nous ils sont toujours des centaines me dis-je tout bas.

En déboulant sur la place, mes sentiments se bousculent, pourquoi vais-je voir ça? Serait-il possible que je tire du plaisir à me retrouver ainsi au milieu des gens qui veulent que je disparaisse? Et j’entends «t’es une gouine toi, t’as rien à foutre là.» Je comprends à ce moment-là que oui j’y ai ma place, peut-être même à plus juste titre que tous les autres, que j’y vais par dignité, par curiosité, par soucis de compréhension, parce que je veux un monde meilleur et que ça passe par l’écoute aussi des fascistes sans âmes.

Bourgeoisie, moyenne d’âge de 50 ans…
Je ne réponds pas, je ne regarde pas, je marche avec conviction vers la foule d’ennemis hurlants, et il faut le dire plutôt âgés comme ennemis. J’imagine à l’instant que s’il faut se battre, s’il faut prendre les armes dans ce monde de l’extrême, notre camp est sans aucun doute le plus efficace en terme de masse musculaire. Moyenne d’âge de la manif des homophobes, à première vue je dirais cinquante ans. Il faut dire que ces valeurs sont vieilles, très vieilles.

Et puis j’aperçois des jeunes gens sur les côtés, bardés des mêmes couleurs et d’immenses drapeaux presque scintillants de par leurs tailles et leurs nombres. Ils sont en groupe, prodigieusement organisés et surtout très bien coiffés. Ce n’est rien d’autre qu’un impressionnant défilé de moyens aux mains d’une jeunesse toujours prête.

Il n’y a aucun doute ils ont de l’argent. Ca pue l’UMP et la bourgeoisie mal placée, ça pue le riche protégé de tout, ça pue la connerie humaine et cette odeur-là que je me prends de plein fouet à ce instant précis je me rends compte que c’est aussi, à dilution plus modérée l’odeur de la France dans son entier, l’odeur du quartier, l’odeur des voisins, l’odeur des croissants que j’irais acheter un matin après avoir fait l’amour toute la nuit avec une fille splendide. C’est la France paradoxale qui sait ce qu’elle veut (la paix non ?) en réclamant le contraire.

Reconnaître une honte et la porter à bras le corps
J’avale ma salive, je tiens, je suis là et je suis gay, je reste au milieu de cette foule parce que je veux comprendre, je veux tout voir, et surtout les visages de celles et ceux qui préféraient me voir crever plutôt que de me marier. Je cherche mais je ne comprends toujours pas, j’ai l’impression de m’être trompée d’époque.

Au fur et à mesure que je marche à quelques mètres du cortège, je remonte le temps, et un sentiment de danger me prend à la gorge. Ceux qui marchent me voient, et me reconnaissent. Je n’ai ni drapeau flamboyant, ni pancarte, ni tee-shirt apparent et mes yeux doivent bien malgré moi trahir le fond de ma pensée. On me donne un tract, puis un autre, et encore en dépit de mon refus certain, la même jeune fille continue de me le tendre tout le long de l’avenue des Gobelins. Comme si on pouvait me convaincre de les rejoindre, comme si je devais reconnaître une honte et la porter à bras le corps en criant que je ne suis pas normale et qu’ils ont raison. La même jeune fille qui pour la cinquième fois vient me proposer un tract se fige deux petites secondes sur mon expression de dégoût «Vous n’en faites pas partie vous». Je fais non de la tête, et m’accroche à son bras quand elle est sur le point de s’en aller. Je lui demande pourquoi. Elle me répond qu’une famille c’est depuis bien longtemps l’union d’un homme et d’une femme. Ses amis la rejoignent parce qu’il faut la protéger puisqu’elle a le courage d’énoncer ses idées face à une opposante aux allures des plus douteuses. Il m’observent mais ne m’adressent pas la parole, ils savent comme tous les autres, ils m’ont décortiquée en entier pour confirmer leurs appréhensions. J’ai à cet instant un profond sentiment d’appartenance à l’espèce humaine, peut-être parce que ces circonstances de l’extrême ne font que souligner chez moi un désir de partage et de paix qui transcenderait tous ces débats inutiles et meurtriers, mais peut-être aussi parce que je cherche le sentiment de sécurité où je pourrai le trouver. Quand on est dans un panier de crabes on se découvre souvent de nouveaux moyens.

Je sais qu’il ne faut pas que je reste là trop longtemps, parce qu’ils veulent ma peau. Ils veulent un autre président, une Église forte et brave, des lois en accord avec «Dieu», en d’autres termes, cela va de soi: protéger la famille.

Mode de pensée liberticide
Cette jeunesse n’a jamais manifesté. Pour beaucoup d’entre eux c’est la première fois qu’ils marchent. Et certains sont perdus, d’autres y trouvent l’ivresse attenante à la réclamation haute, forte, et française que constitue la manifestation. Ils ont envie de crier, de hurler leur désaccord, et je ne peux pas m’empêcher de penser que ce qu’ils hurlent n’a rien à voir avec l’homosexualité, mais que eux gosses de riches, ont aussi simplement leur mot à dire car ils ont peur pour leur avenir, tout autant que nous. Ils ne savent pas. Et ne veulent pas savoir, ils ont ce qu’ils ont appris et c’est tout. Leur mode de pensée n’est pas libre mais liberticide. Le plus grave, c’est qu’ils ont l’air d’aimer ça et de vouloir passer le mot à leurs enfants. Alors ils brandissent leur haine pour une peur mal placée en ce jour de Janvier.

Je m’éloigne du groupe qui me fait mal au cœur, et me retrouve de nouveau à longer le cortège sans en faire partie. On me regarde mal, c’est fou ce qu’on me regarde mal. Leurs slogans sonnent si faux que mon cœur se serre. Ils se trompent de bataille et personne n’est là pour leur dire.
«Zéro papa ça l’fait pas», quand je vois cette pancarte je suis d’accord. Je n’ai pas eu de père et je continue de me persuader que si j’en avais eu un, ma vie se serait déroulée avec plus d’aisance. Mais ce n’est pas le père qui manque fondamentalement, c’est plutôt l’autre personne, l’autre parent que ces marcheurs veulent effacer, celui qui n’est pas du même avis, qui a d’autres choses à dire, qui a grandi ailleurs dans une autre famille. Cette diversité d’idées, de cultures transmise aux enfants qui leur permet de se construire solidement, ne serait-ce pas ça plutôt la famille?

J’ai tout à coup envie de hurler que si mon père avait été présent je serais probablement dans un état bien pire que celui d’aujourd’hui. Ma seule mère m’a suffit mais l’absence m’a creusée.

Aujourd’hui je sais que je ne veux pas d’un seul parent pour mes enfants, que là où il y de l’amour il y a la famille, et que tous ces gens qui marchent contre les droits des autres, ne font que brimer leur propre liberté par peur de leur propre existence. Parce que ces gens sont aussi nos frères, qu’on le veuille ou non.

Je baisse la tête, le temps de reprendre mon souffle, de me retrouver, de décider des mes prochains pas. Il faut que je rentre chez moi, je crois. Ce n’est pas le 13 Janvier que je les convaincrai tous que pour vivre il ne faut que de l’amour et de l’eau fraîche.

Quand je prends cette décision une passante me sourit d’un air chaleureux et confiant, elle aussi marche en retrait. N’oublions pas que nous nous aimons.

Alors doucement je retourne sur mes pas, sans jugement, sans hâte, je sais quand même quelque part que le monde se réveille, et que tous, aussi maladroits que nous sommes ne voulons nous battre que pour un monde meilleur.”

Irina

14 commentaires

Comme un avis partagé avec toi Irina, en ce 13 janvier j’étais à Paris. je rentrais d’un match de rugby féminin soutenir mes amies à Arras, objectif récupérer mon tgv à la gare montparnasse.
je suis arrivée à Montparnasse et j’ai vu de loin des jeunes avec des drapeaux et dans ma tête ce qui a fait tilt c’est cool des jeunes mobilisé pour la cause gay, j’étais ravie…. je n’ai pas fait dix mètres que j’ai vite compris mon erreur et mon ignorance de cette “manif pour tous” mais pas pour le bien de tout le monde !!! j’ai fait mine de rien et j’ai juste observé autour de moi les dizaines de personnes pressées de rentrer chez eux, de prendre le train de retourner vite vite en Province, toujours pressés!!!!
ce qui m’a le plus marqué, l’âge des personnes soit des cinquantenaires et plus soit des enfants de 4/10ans amenés, balladés plutot par leurs parents à une manif où ils ne peuvent comprendre tous les enjeux, où les discours entendus sont tellement dans l’erreur que ça m’a fait mal au coeur pour cette génération qui n’a pas le temps de choisir, de comprendre que chaque humain, chaque français, chaque enfant à le doirt d’avoir deux parents qui viennent le chercher à l’école sans que ça e pose de problème !!!
toujours dans l’observation et dans le silence, je n’ai osé entrer dans le débat !!! des femmes qui disent de toute façon on a beau manifesté HOllande la fera passé sa loi, il l’a marqué dans son programme, puis de voir la pancarte “zéro papa ça le fait pas” et de crier au secours c’est quoi cette France !!
JE pars très bientôt au Québec pour mes études, une province de ce cher Québec où le mariage est autorisé ou la sexualité ne pose pas de problèmes, je soutiendrais les pro-égalitaires de là-bas, le rendez-vous est pris pour le 27 janvier à Montréal !!!!
Je suis pour l’égalité des droits, pour le droit à chacun de fonder une famille, de se marier.
parce que nous faire entendre est important descendons tous ensemble le 19 et le 27 janvier 2013 !!!!!
E.

Écrit par une miss en vadrouille le 18 janvier 2013 à 18:03

Très joli texte, c’est exactement ce que j’aurais pu souhaiter savoir sur cette marche!

Écrit par Golbi le 18 janvier 2013 à 18:08

Vous êtes une bien bonne personne Irina et je ne suis pas cynique en disant cela.

Mais pour ma part et bien que je fréquente une église chrétienne (inclusive LGBT), j’ai bien de la misère à considérer ces créatures comme mes frères et soeurs, et plus encore à leur pardonner leur méchanceté. Car ce sont des méchants (oui le mot fait cucul mais je le dis quand même “méchants” voilà !).
Que peuvent-ils être d’autre, ceux-là qui réclament pour eux-même ce qu’ils refusent aux autres ? La liberté, la sécurité, la reconnaissance d’être humain à part entière et l’amour de la personne qui nous est la plus chère.

Comment peuvent-ils se fourvoyer à ce point ? C’est très simple, ils ne se fourvoient pas. Ils le font en toutes connaissance de cause. Ce sont des méchants, qui prennent plaisir à nous discriminer, qui ont besoins de victimes propitiatoires sur qui cracher leur fiel et leur mal-être, qui veulent que nous jouions encore et pour toujours ce rôle avilissant et déshonorant. Quand-à ceux qui les appuient financièrement et moralement, ils sont encore plus méchants qu’eux.

Non, moi je ne le leur pardonnerai pas, c’est au delà de ce que je peux faire, et même si je le pouvais, je ne le voudrais pas (pas très chrétien, je l’avoue, mais c’est comme ça que je me sent là, j’ai mal).

Il y a des années que je tergiverse à envoyer ma déclaration d’apostasie à l’Église Romaine. Jusqu’à aujourd’hui je considérais que c’était lui accorder bien plus de pouvoir qu’elle n’en avait. Après tout mon âme ne leur appartient pas, qu’est que j’en avais à faire de leur prétentions ? Mais j’ai changé d’avis, voilà une bonne raison pour le faire. Je veux que mon nom soit retiré de leurs listes, car je ne veux pas être sur la liste des méchants.

Ils se prétendent chrétiens, mais ils ont choisi l’exclusion, le rejet et la haine. Il ont choisi de se mettre en travers du chemin de l’amour. Pour moi, il ont pactisé avec l’ennemi. Et bien puisque c’est ce qu’ils veulent, qu’ils aillent donc au diable. Moi, je ne les suivrai pas.

(Et oui, je choisi le rejet moi aussi. C’est contradictoire, mais j’y peux rien. Les limites de ma capacité à pardonner l’homophobie ont été enfoncé il y a bien longtemps.)

L.B, Québec

Écrit par Kitsune_cf le 18 janvier 2013 à 21:35

J’aurais tellement aimé pouvoir y aller à cette manifestation. Crier des slogan affreux tel que ” l’amour entre personnes du même sexe n’existe pas”, ” homos au buchet ! ” , ” Brûlons les lesbiennes, sorcières ! ” , ”le mariage gay c’est comme le mariage interraciale : il faut l’empêcher ! ” Vous savez des choses comme ça, juste pour voir la réaction des gens et les faire réfléchir… Un raisonnement par l’extrême pour les ramener à la rationalité…
Ne nous inquiétons pas, le mariage gay passera ! :)

Écrit par Phoebe le 18 janvier 2013 à 23:04

Un très joli texte et plein de sincérité !
Nos époques sont pleines de contradictions : il y a peu, c’est nous, les gays qui nous battions pour avoir le droit à l’indifférence en faisant un tapage monstre mais pourtant nécessaire. Aujourd’hui, si nous avons le droit d’exister au sein de la société, il me semble bien fragile. Je ne suis pas sure que nous soyons si bien acceptés que cela, et je me demande parfois si l’ampleur de la contestation du mariage pour tous n’est pas symptomatique de ce refus de tolérance d’une partie de la société.
Mais peu importe, le mariage gay passera…. reste à savoir si cela ne sera pas la goutte d’huile qui enflammera ces foules pseudo bien pensantes…. on ne change visiblement pas les mentalités aussi vite que les projets de loi…

Écrit par Julie le 19 janvier 2013 à 15:22

Vous êtes quelqu’un de bien et j’ai peur pour vous… Je ne sais pas si on peut dire que les gens sont gentils ou méchants. En tout cas, je me méfie des groupes, souvent avec des chefs, et quelquefois lyncheurs. Alors aller vers un groupe hostile…
Ceci dit, vous n’avez peut-être pas pris un risque pour rien. Qui sait, vous en avez peut-être fait réfléchir… Evidemment, ils ne vous l’auraient pas dit, et encore moins à leur meute, mais cela peut contribuer à ce que certains s’en éloignent.
Pour parler de choses plus certaines… Oui, on adore manifester en France, une sorte de rite, mais attention !
Ce n’est pas parce que les LGBT et leurs partisans sont plus nombreux et plus jeunes qu’ils ont gagné. Trompeux sentiment de sécurité !
Les vieux ont plus de préjugés que les jeunes mais ils savent tout de même comment on exerce le pouvoir… En votant !
Je sais, ça ennuie , mon Dieu, on n’a pas l’impression de faire la Révolution tous les quatre matins quand on vote, mais c’est la base de tout.
Celui qui baisse la garde verra ses droits menacés, celui qui dort sera évincé.
Les avancées des droits des homosexuels devront sans cesse être consolidés comme ceux des femmes sous peine de destruction.
Mais grâce à ceux qui militent, votent, écrivent, manifestent, donnent leur argent, discutent avec les opposants, les droits des homosexuels progresent aujourd’hui.
Merci à tous.

Écrit par Noblejoué le 19 janvier 2013 à 21:38

Hello,
En écrivant ici, je fais un peu la démarche inverse d’Irina. Je sais très bien que je ne serai pas lynché, mais pour autant, j’ai peu espoir d’être publié. Tant pis. Juste pour dire: j’ai fais la manif , oui, du 13 janvier, et bien pour m’opposer au mariage pour tous, mais aussi à l’homophobie. Je l’ai faite en solo, pour être libre d’aller loin devant et revenir, discuter, rigoler, danser, etc … Bon, pour faire bref, j’ai pas dû passer par le quartier d’Irina. Je n’ai rien vu de ce qu’elle décrit. Si j’avais vu un acte homophobe, j’aurais pas toléré. Je suis extrêmement sensible à ça, ça me fait rager.

Écrit par thierry le 20 janvier 2013 à 0:34

Thierry,

Je m’interroge sur le fait d’avoir manifesté “aussi contre l’homophobie” le 13 janvier.
Des slogans et des messages véhiculés par les porte-parole de la “manif pour tous”, il en ressort deux choses :
– les couples de même sexe auraient fondamentalement moins de valeur que ceux de sexe différent ;
– le mariage serait une institution discriminante et devrait le rester ;
– il ne faudrait pas confier des enfants à un coupe de même sexe.
En tant qu’homme de sciences (et pas de foi), je trouve que ces assertions sont infondées, et donc effectivement homophobes.
D’où mon sentiment que vous exprimez là une contradiction, si pas que vous vous moquez des personnes LGBT…

Écrit par Chaynal le 20 janvier 2013 à 11:11

Je pense qu’il y a comme une hypocrisie à manifester contre le mariage homo et en même temps contre l’homophobie…. surtout considérant les slogans particulièrement dégradant à l’égard des homosexuels qui sont scandés lors des manifs, en plus des “valeurs” défendues ( définition de la famille etc).

Alors qu’est ce que le mariage homo remue ? la peur de l’autre ? la peur de la différence ? la redéfinition de la “famille” ; déjà redéfinie depuis que le divorce a été accepté, depuis que les familles sont “recomposées ?

Pourquoi tant de tapage pour un droit qui n’est que l’expression d’un besoin : le besoin d’être reconnu comme un couple, le besoin d’être reconnu comme une famille par ses pairs, c’est à dire par la société ?
Le rejet de cette partie de la population, sous couvert de religion (dont il est peu fait mention en somme ) n’est il pas un prétexte pour rejeter tout simplement que les couples homo vivent au grand jour ?

Finalement, je pense que l’enjeu de ce projet de loi sur le mariage homo ce n’est pas la famille, ce n’est pas la religion, c’est juste, comme au moment du pacs, un enjeu de reconnaissance de l’homosexuel (le) comme une personne…. une personne qui aime, qui se met en couple, et qui veut fonder une famille…
je pense que c’est cet aspect qui choque. Avant le mariage homo, on tolérait les homosexuels tant qu’on pouvait les ignorer. La loi, en leur donnant un état civil autrefois réservé aux hétéro, leur permettrait de vivre au grand jour, et surtout, demanderait à l’ensemble de la société de les accepter tels qu’ils sont et non plus seulement de les tolérer …

Je crois surtout que c’est ce dernier point qui coince…. et c’est toujours affaire de mentalité….
Il n’est plus question pour les gays d’être “à part”, mais d’être comme tout le monde… N’oublions pas, qu’en matière de discriminations, la loi qui nous protège est la même que celle qui protège les personnes issues de l’immigration et les femmes….

Comme le disait Einstein… tout est “relatif” alors relativisons ! Peace

Écrit par Julie le 20 janvier 2013 à 19:10

Chaynal, merci pour tes commentaires.
C’est sûr que ma position n’est pas stable et que je n’ai pas résolu toutes les questions de manière théorique.
Mon objectif est seulement de “compléter” les observations d’Irina.
Mais je réagis presque d’instinct quand on me traite d’homophobe. “infondées donc homophobes”. Je partage tes questions, mais pas tes conclusions. Je pense que de telles accusations ont pu au contraire contribuer à rendre certaines personnes amères.
Moi-même je me suis “exclu” du mariage par mes choix de vie (et non, ce ne sont pas des choix religieux), mais je ne me sent haï par personne pour ce choix.
Quand je vois comment Irina insiste sur l’âge des manifestants, je me dis qu’il y a aussi une certaine phobie de ce côté.

Écrit par Thierry le 20 janvier 2013 à 19:47

Agisme, homophobie, sexisme, cathophobie et j’en passe… Chacun et chaque groupe a tendance à rejetter l’autre.
Pourquoi ? Trop long à expliquer ici.
Il suffit de le savoir pour se surveiller, le dire pour inciter les gens à faire aussi attention à ne disciminer personne.
Un jour on comprendra que c’est plus important que de dire pardon et merci…
On peut du moins l’espèrer.

Écrit par Noblejoué le 20 janvier 2013 à 23:17

Joli texte pris sur le vif…
Après le mariage pour tous, il y aura un autre acquis à obtenir: arrêter de juger les gens sur leur âge. Vous verrez, être con ne dépend pas d’une année de naissance.

Écrit par Olaoups le 22 janvier 2013 à 0:07

“Fascistes” ? Dites “nazis” au passage, ça passe toujours bien ça aussi.

Écrit par Rex le 26 janvier 2013 à 19:51

Bonjour Irina. J’aurais aimé converser avec vous sur ce sujet… Je suis désolé et très en colère contre ces comportements que vous decrivez mais la Manif pour Tous ne se résume pas au portrait caricatural !!!! J’y étais ai conversé a droite a gauche il y avait aussi beaucoup de jeunes alors stop aux clichés et caricatures.. J’y étais et ma perception est d’une Manif “Bon enfant sympa conviviale” et NON HOMOPHOBE ! Mon seul souhait est un débat honnête, apaisé, objectif… Je ne suis ni bourgeois ni populo ni FN ni UMP mais simplement un citoyen français !

Écrit par asics94 le 27 janvier 2013 à 15:03

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