Soif d'égalité

Par Stéphane Dassé

Au revoir Président…

Couv FigMag« Il faut cliver ! ». Cette phrase, entendue maintes fois lors la campagne présidentielle de 2007, vient de nouveau de tomber, cette fois tel un couperet, sur les espoirs d’égalité et de dignité des homosexuels.

En affirmant sans nuance son hostilité à l’ouverture du mariage civil aux couples de même sexe et en ajoutant « En ces temps troublés où notre société a besoin de repères, je ne crois pas qu’il faille brouiller l’image de cette institution sociale essentielle qu’est le mariage », le Président de la République ne mesure sans doute pas encore les dégâts de cette position.

Durant la campagne de 2007, Nicolas Sarkozy représentait un immense espoir de modernité et de volontarisme pour sortir la France de la sclérose qui la gagnait. A la fois comme Président de GayLib de 2002 à 2008, mais aussi comme militant et Conseiller exécutif de l’UMP, j’ai participé avec enthousiasme à cette campagne.

En 2007, la plateforme législative de l’UMP ainsi que le projet présidentiel contenaient deux engagements, certes insuffisants pour les LGBT, mais qui permettaient néanmoins d’aller de l’avant : le statut du beau-parent (reconnaissance explicite des familles homoparentales) ainsi que l’Union civile. Avec d’autres, j’ai été l’artisan de ces propositions.

A l’époque, l’Union devait être ouverte aux couples homos mais aussi hétéros. Elle ne faisait donc pas l’objet d’une suspicion d’inconstitutionnalité comme l’affirme aujourd’hui Nicolas Sarkozy dans son interview du 11 février dernier au Figaro Magazine. En fait, l’Union s’inscrivait dans une stratégie claire : mettre en place un dispositif quasi-similaire au mariage civil afin d’habituer les esprits, notamment dans notre majorité parlementaire, tout en évitant un affrontement trop direct sur la portée symbolique du terme « mariage ». L’évolution vers le mariage civil aurait ensuite été naturelle.

Cinq ans plus tard, après François Fillon qui affirmait la semaine dernière sur France 2 son hostilité à l’ouverture du mariage civil au motif que celui-ci serait uniquement destiné à « sécuriser les enfants » (?!?!), Nicolas Sarkozy indique clairement et sans nuance son refus de l’ouverture du mariage civil.

Roselyne Bachelot m’avait dit une fois : « il faut se méfier, nous ne sommes pas à l’abri d’une régression sur les avancées que l’on croit acquises, il n’existe pas d’effet cliquet ». Je crains qu’elle n’ait raison. Quelle régression au regard de l’esprit de 2007 !

Que s’est-il passé ?

Alors que l’on pouvait croire que le fait de s’être marié à trois reprises était de nature à inciter Nicolas Sarkozy à « désacraliser » cette institution sociale, c’est précisément le contraire qui s’est produit. Sans doute faut-il y voir en premier lieu l’expression d’un complexe vis-à-vis de l’Eglise Catholique qui conduit l’intéressé à en faire parfois un peu trop.

Ensuite, il y a eu la prise d’otage de ma famille politique par les éléments les plus conservateurs. Parlementaires proches de l’Opus Dei (qui ne parlent de respect de la laïcité que dès lors qu’il s’agit d’Islam), Droite Populaire, influence de Patrick Buisson… Toutes ces personnes ont érigé en dogme intangible le fait que Nicolas Sarkozy ne trouverait son salut que dans une campagne très marquée à droite. C’est ignorer là le fait que les électeurs du FN ne tomberont pas dans le panneau une nouvelle fois et que notre problème tient peut-être plus spécifiquement à notre candidat.

BoutinSarko
Dans ce contexte, mépriser les lesbiennes et les gays, en leur refusant l’accès à ce symbole d’égalité que constitue le mariage civil ainsi que la reconnaissance de leurs enfants et de leurs familles participe à une stratégie d’ensemble. Elle a pour conséquence navrante ces propos invraisemblables et choquants qui estiment que les couples homos une fois mariés menaceraient la sécurité des enfants ou bien que l’ouverture du mariage bouleverserait les repères de notre société.

Le temps n’est plus aujourd’hui à l’explication et à la pédagogie. Je m’y suis épuisé durant des années en pensant pouvoir faire avancer sur ces sujets ma famille politique de l’intérieur.

Alors que plusieurs parlementaires et ministres au sein de l’UMP ont manifesté leur soutien à l’ouverture du mariage, y compris Alain Juppé dont je regrette qu’il ne soit notre candidat ou encore Jean-Louis Borloo pour le Parti Radical, ce mouvement n’est pas entendu par Nicolas Sarkozy. Quel gâchis !

D’un immense espoir de modernité et de réforme en 2007, nous sommes désormais passés à un discours qui par bien des aspects rejette ou stigmatise celles et ceux qui ne sont pas strictement dans la norme qu’il s’agisse de chômeurs, d’étrangers ou encore de gays et de lesbiennes. Ce n’est pas l’idée que je me fais de l’avenir de mon pays qui est bien plus fort que ce triste discours. Quelle déception !

Aujourd’hui, après ces déclarations du Premier ministre et du Président de la République, les masques de l’hypocrisie et de l’invitation à la patience sont froidement tombés.

Par leurs propos, François Fillon comme Nicolas Sarkozy nous font comprendre qu’ils considèrent les lesbiennes et les gays comme des êtres inférieurs. C’est odieux et il est de notre devoir de rappeler que nous sommes des citoyens, des contribuables, des agents économiques et des électeurs à part entière.

J’invite les lesbiennes et les gays de ce pays, mais aussi leurs familles, leurs amis, leurs collègues et tous ceux qui sont attachés au respect de la dignité de chacun et au désir de mieux vivre ensemble, à ne pas voter pour Nicolas Sarkozy.

SarkoVanneste

L’amour homosexuel ne doit plus être un enjeu électoral

Fondation EgalitéAujourd’hui en France, plusieurs millions de nos concitoyens n’ont pas le droit de se marier. Les couples homosexuels vivent dans notre pays avec le sentiment que leur amour n’est pas reconnu à l’égal de celui des autres couples puisqu’il ne leur permet pas de sceller leur union comme les autres, à la mairie, en bénéficiant d’un mariage à la fois public, engageant et protecteur.

Comment supporter plus longtemps cette discrimination, cette injustice et cette humiliation qui en font des citoyens de seconde zone ? Cette différence de traitement à l’encontre des couples homosexuels les infériorise et les stigmatise tout en introduisant l’idée que l’amour d’un couple homosexuel est moins digne de considération et de protection que celui d’un couple hétérosexuel. Elle permet de justifier des comportements homophobes qui dégénèrent souvent en agressions physiques, verbales ou sociales.

L’ouverture du mariage civil aux couples gays et lesbiens est devenue une réalité au Canada, en Afrique du Sud, en Argentine et plus près de nous dans de nombreux pays européens, de l’Espagne à la Suède en passant par la Belgique, sans que cela ne déstabilise ces sociétés et sans que cela n’enlève quoi que ce soit aux couples hétéros mariés. Pourquoi la France, Patrie des Droits de l’Homme, ferait-elle moins bien que ces pays ? De quoi aurions-nous peur ?

Les élus auraient-ils peur de leurs électeurs ? 58 % des Français et 74 % des moins de 35 ans sont favorables à l’ouverture du mariage (Source : enquête TNS Sofres du 26 janvier 2011).

Des considérations religieuses pèseraient-elles sur une initiative politique ? Nous ne pouvons imaginer que des groupes de pression religieux puissent influencer les élus de la Nation afin de les inciter à imposer à l’ensemble de la population les dogmes qui relèvent de convictions personnelles et qui ne peuvent être opposables à une réalité sociale. Ce serait là bien étranger à notre conception républicaine de la laïcité qui a été réaffirmée à plusieurs reprises ces derniers temps.

Alors que l’ouverture du mariage civil était déjà dans le programme de la candidate socialiste en 2007 et que la mise en œuvre d’une union civile pour tous, équivalente en droits et en devoirs avec le mariage, avait été proposée par l’actuel Président de la République dans son projet présidentiel de 2007, il ne s’est depuis strictement rien passé. On voudrait nous faire croire que le débat doit encore être reporté à de futures échéances électorales. Ce n’est pas admissible et ce n‘est pas digne. Ni le Président de la République pourtant remarié en 2008, ni son Premier ministre qui se rend régulièrement au Vatican depuis 2007 n’ont voulu considérer cette question comme prioritaire alors même que le Parlement Européen ne cesse de recommander cette évolution depuis 1994.

Dans sa décision rendue le 28 janvier dernier, le Conseil Constitutionnel a estimé que la Constitution n’imposait pas d’ouvrir le mariage à tous les couples mais qu’elle ne l’interdisait pas non plus. Les Sages de la rue de Montpensier ont estimé que l’ouverture du mariage civil aux couples de même sexe est une question qui relève de la compétence du législateur. Au travers de la proposition de loi déposée par le Groupe SRC et qui sera inscrite à l’ordre du jour de la séance du 9 juin prochain, ce sera donc à l’Assemblée Nationale de prendre ses responsabilités pour trancher un débat qui n’a plus lieu d’être et qui consiste essentiellement à jeter l’opprobre sur une partie des citoyens français sous prétexte de considérations déplacées sur la stabilité des couples (sic) ou sur l’intérêt des enfants.

Les couples homosexuels ne sont ni plus ni moins stables que les couples hétérosexuels. L’accès au mariage ne fera d’ailleurs  que renforcer cette stabilité.

Certains instrumentalisent l’intérêt de l’enfant pour retarder l’ouverture du mariage. Dans notre pays, près d’un enfant sur deux naît hors mariage. Les couples hétéros ont volontiers des enfants hors mariage et les couples homos ont de plus en plus d’enfants (près de 200 000 aujourd’hui) sans pour autant avoir accès au mariage. Aussi, prétendre interdire l’ouverture du mariage civil au motif que cela ouvrirait la porte de l’adoption est franchement dilatoire. Les familles homoparentales et leurs enfants existent déjà. Ces familles ne demandent simplement qu’à être pleinement reconnues et respectées comme toutes les autres familles.

L’amour homosexuel ne doit plus être un enjeu électoral. C’est une réalité humaine, naturelle et sociale. Dès lors que l’on reconnaît que l’amour homosexuel n’est pas inférieur à l’amour hétérosexuel, que tous nos concitoyens sont égaux en droits et en devoirs et que le mariage est le cadre privilégié dans lequel il est possible de se projeter à deux dans un engagement à vie, pourquoi ne le réserver qu’à une partie de la population ?

Mesdames et Messieurs les Députés, l’égalité en droits mais aussi en devoirs n’est pas l’unique fondement de l’ouverture du mariage civil aux couples de même sexe. Cette ouverture sera aussi le symbole, tant attendu, de la dignité que vous voudrez bien reconnaître à chacun de nos concitoyens.

Mesdames et Messieurs les Députés, dès le 9 juin prochain vous avez le pouvoir d’ouvrir le mariage civil à tous les couples. Pour cela, comme lorsqu’il s’est agi de voter la loi Veil, il vous faudra vous affranchir des clivages partisans. Pour cela, il vous faudra vous inspirer uniquement de l’une des valeurs fondamentales de notre République : l’Egalité.

VERS DE NOUVEAUX MOYENS POUR NOTRE COMBAT POUR L’EGALITE

Association pour la Fondation Egalité

J’ai présenté ma démission d’administrateur de GayLib en juin dernier.

Si je reste heureux et fier du travail accompli avec toute l’équipe de ce Mouvement que j’ai « co-fondé » et présidé durant près de 5 ans, il me semble désormais nécessaire de privilégier de nouvelles voies d’action dans le combat pour l’égalité.

En effet, le tableau d’ensemble n’est guère brillant :

- Après plusieurs avancées pour les LGBT entre 2002 et 2008, incomplètes pour les uns et excessives pour les autres, notre pays est désormais en retard vis-à-vis de nos principaux voisins européens.

- Les engagements du projet présidentiel de 2007 (Union + reconnaissance des familles homoparentales au travers du statut du beau-parent) sont restés lettre morte et rien n’indique que cette situation pourrait évoluer d’ici à 2012.

- La montée du fait religieux dans notre société compromet la réalisation de nos propositions (cf. la mobilisation de responsables politiques catholiques en mars 2009 contre l’avant projet de loi sur le statut du beau-parent), complique l’organisation d’opérations de prévention en milieu scolaire et nuit à la vie quotidienne des LGBT terrorisés dans certains quartiers sensibles.

- Le manque de moyens des associations LGBT qui, indépendamment de toutes les bonnes volontés mises en œuvre, ont des ressources insuffisantes pour financer leurs projets et professionnaliser leurs actions.

- Les moyens d’action s’épuisent et ne parviennent pas vraiment à toucher l’opinion publique : pétitions qui ne recueillent au mieux que quelques milliers de signatures, rassemblements de type « kiss in » ou « die in » ne mobilisant que quelques centaines de participants dans le meilleur des cas etc. Seule la Marche des fiertés mobilise, mais elle tend néanmoins à devenir un rituel quasi-institutionnel qui s’il reste indispensable, marque peut-être moins les esprits et reste médiatisé essentiellement comme un évènement festif.

Il est donc indispensable de changer de braquet pour renforcer le rapport de force des LGBT vis-à-vis des pouvoirs publics, des entreprises et pour améliorer nous-mêmes notre destin dans la société française.

Pour cela, il est nécessaire de mobiliser des moyens nouveaux et importants notamment pour renforcer les actions de notre tissu associatif.

Avec d’autres militants LGBT et avec de nouveaux relais d’opinion nous avons pris l’initiative de contribuer à cet effort en travaillant pour la création d’une Fondation destinée à appuyer notre marche vers l’égalité.

Cette Fondation Egalité aura d’abord pour objet de soutenir des projets en faveur des jeunes LGBT, de lutter contre les LGBT-phobies (au sein de la famille, à l’école, dans l’espace public, dans les quartiers sensibles etc.) et de promouvoir l’égalité en droits pour tous nos concitoyens LGT (mariage, famille, droits sociaux… ).

Alors que ce type de fondation existe déjà dans d’autres grandes démocraties (USA, Canada, Royaume-Uni, Allemagne par exemple), cette Fondation manque encore cruellement dans notre pays. Il s’agit là d’un projet ambitieux qui associera des personnes venues d’horizons divers ainsi, nous le souhaitons, que des personnalités de premier plan.

Vous pouvez d’ores et déjà visiter le site de l’Association pour la Fondation Egalité qui œuvre à la réussite de ce projet : www.fondationegalite.org. N’hésitez pas à nous apporter dès maintenant vos idées et votre soutien.

COLERE !

XB

En 2007, « Ensemble, tout était possible ». Manifestement, en 2010, rien n’est plus possible pour les Lgbt.

GayLib organisait, le 15 juin dernier, une réunion avec notamment Xavier BERTRAND (secrétaire général de l’UMP) sur le thème « Où en sont les promesses de 2007 ? ».

Ce fut malheureusement une réunion pour rien…

Xavier BERTRAND n’a procédé à aucune annonce quant à la réalisation prochaine des engagements de la campagne présidentielle de 2007 (Statut du beau-parent reconnaissant les familles homoparentales et Union en mairie, équivalente en droits et en devoirs au mariage civil hors filiation).

Si je dénonce la non réalisation de ces engagements, sur lesquels les Français se sont prononcés au travers de leur vote pour Nicolas SARKOZY, force est aussi de rappeler que nous n’avons pas été aidés par certaines assoces LGBT, ainsi que par la gauche, qui ont tout fait pour torpiller ces projets en estimant qu’ils s’agissait là de mesurettes, que l’Union était inutile, qu’il suffisait d’améliorer le Pacs (ce que nous avons contribué à faire) et qu’au final ils ne soutiendraient pas nécessairement ces projets.

Assez logiquement, quels pouvaient être les parlementaires assez courageux pour voter ces dispositifs tout en prenant des coups sur leur droite et sur leur gauche ?

Xavier BERTRAND avait donc beau jeu d’expliquer, mardi dernier, qu’il n’était pas certain de pouvoir trouver une majorité pour faire voter ces textes.

Nous arrivons donc à une contradiction :

-          les Français ont voté majoritairement pour un projet présidentiel, dont certaines propositions ne trouvent pas de majorité chez nos parlementaires.

Pour autant, est-ce une raison pour rester dans l’impasse ?

-          les lesbiennes et les gays demandent fondamentalement l’ouverture du mariage civil,

-          Nous demandons également la reconnaissance, dans la loi, de nos familles afin que nos enfants puissent avoir les mêmes garanties que tous les autres enfants,

Des membres de GayLib ont rappelé (fortement), mardi dernier, ces attentes fondamentales suscitant un refus du Secrétaire général de l’UMP au motif que :

-          Ces points n’étaient pas dans le programme de Nicolas SARKOZY,

-          Nos parlementaires n’y sont majoritairement pas favorables.

-          L’ouverture du mariage ne recueillerait l’approbation que de 51% des électeurs de l’UMP.

Ainsi donc :

-          S’agissant des thématiques Lgbt, il faut que les propositions figurent dans le programme présidentiel… mais lorsqu’elles y figurent, elles ne sont pas (du moins pour l’instant) mises en œuvre,

-          Les parlementaires UMP ne sont pas majoritairement favorables au mariage et à l’adoption (à supposer que ce soit du reste le seul sujet lié à l’homoparentalité), mais Jean-François COPÉ –Président du Groupe à l’Assemblée- indique désormais publiquement qu’il pourrait bien changer d’avis au sujet de l’ouverture du mariage…

-          Enfin, 51% n’est manifestement pas suffisant pour avoir la majorité.

N’aimant pas trop être pris pour un imbécile, je ne vois que la mauvaise volonté ou bien pire le mépris, pour expliquer ces incohérences.

Une part modeste du débat a porté sur l’éventuel bénéfice de la pension de réversion au partenaire survivant d’un Pacs. A la différence d’Eric WOERTH, qui nous avait indiqué l’an dernier qu’il conviendrait de discuter de ce point lors de la réforme des retraire, Xavier BERTRAND nous a indiqué mardi que ce n’était pas opportun au motif que :

-          le Pacs ne crée pas les mêmes obligations que le mariage notamment en matière de pension alimentaire.

-          Le déséquilibre financier du régime des retraites ne plaide pas actuellement pour l’extension de ce droit aux pacsés.

Dès lors, pourquoi s’obstiner à ne pas vouloir ouvrir le mariage civil ? J’y vois une contradiction supplémentaire.

Les intervenants ont souligné l’importance qu’ils accordaient à l’égalité. A leurs yeux, nous sommes réputés égaux. Egaux lorsque nous votons, égaux lorsque nous payons nos impôts, égaux lorsque nous payons nos cotisations retraites sans avoir droit néanmoins à la pension de réversion, égaux lorsque nous payons notre assurance veuvage sans avoir le droit de nous marier, égaux lorsque nous nous faisons discriminer dans le monde professionnel, égaux lorsque nous nous faisons encore casser la g… dans les cités mais aussi en pleine ville, égaux… égaux… égaux…égaux en quoi au juste ?

Je ne veux plus me contenter de quelques petits pas, m’extasier pour une possibilité de cérémonie de Pacs en mairie alors que le fait de pouvoir franchir la porte de la mairie devrait être normal, me contenter de ne plus être un sous-citoyen pour devenir un demi-sous-citoyen. En 2010, ce n’est plus supportable !

Je veux redire à ma famille politique qu’elle fait une lourde erreur en croyant que le fait d’agir pour l’égalité des LGBT ferait progresser encore plus vite le FN ou accélèrerait la défiance d’une partie de notre électorat :

-          ces évolutions politiques sont malheureusement liées à bien d’autres causes,

-          hormis quelques abrutis et quelques obscurantistes, toutes les familles souhaitent l’amélioration du sort de leurs proches, de leurs enfants et notamment lorsqu’ils sont lesbiennes, gays ou trans’. De droite ou de gauche, cela ne change rien à l’affaire et je le constate tous les jours dans mon département, plutôt conservateur, des Yvelines.

-          L’histoire ne cesse de rappeler que le choix politique de la discrimination et de l’infériorisation n’est jamais payant.

Qu’il s’agisse de Christine Boutin, de Christian Vanneste (pour lequel X. BERTRAND a rappelé la condamnation qu’il faisait de ses propos) ou de quelques autres, plusieurs de nos détracteurs sont désormais durablement carbonisés auprès de l’opinion publique. De quoi a peur la Direction de l’UMP ? Quelle crédibilité aura-t-elle en 2012 auprès de nos millions de concitoyens LGBT ?

Ces questions sont désormais très graves et doivent appeler enfin des réponses crédibles.

L’ouverture du mariage civil à tous est un symbole essentiel, une clef de voute de la lutte contre l’homophobie.

La société française y est prête à une large majorité. L’électorat de ma famille politique, n’en déplaise à Xavier BERTRAND, y est également prête selon les derniers sondages sur ce sujet.

Puisque les engagements de 2007 n’ont pas été réalisés, pourquoi attendre 2012 pour ouvrir enfin le mariage civil à tous ?

Nos parlementaires y seraient hostiles ? Et bien, qui sera le/la prochaine Simone VEIL qui aura le courage, la volonté et le sens de la justice pour faire passer cette réforme en s’appuyant sur l’ensemble des parlementaires qui le voudront bien ?

Les Lgbt dont je suis, y compris à droite, ne sont plus disposés à se laisser marcher sur les pieds. S’il faut susciter un mouvement d’opinion publique encore plus affirmé pour cela, et bien nous le ferons !

POURQUOI ÇA BLOQUE ?

Pourquoi ça bloque ?

Quelques jours après la visite du Pape au Portugal, ce pays n’a pas craint ce mois-ci d’ouvrir le mariage aux couples de même sexe. Peu de temps auparavant, l’Albanie laissait entendre qu’elle serait le premier pays musulman à envisager de le faire.

L’Europe et le monde avancent… sans la France. Alors que de 2002 à 2008, la majorité que je soutiens a mis en place de véritables avancées sur le terrain de l’égalité des droits et des devoirs pour les Lgbt, force est de constater qu’il ne se passe plus grand-chose de vraiment significatif depuis 2008 (exception faite pour la dépsychiatrisation des Trans). Les engagements de la campagne présidentielle de 2007 sur l’Union et le statut du beau-parent sont oubliés et l’’ensemble des dossiers Lgbt donne le désagréable sentiment d’être bloqué.

A la lumière de témoignages de responsables de ma famille politique, d’observations, de propos « off » et moins off je souhaite esquisser une tentative d’explication :

-       Le ciblage assez large des thèmes de la campagne de 2007 avait permis de susciter notamment l’intérêt d’électeurs du FN lassés des provocations récurrentes de J-M. Le Pen et de son incapacité structurelle à parvenir au pouvoir. Pour diverses raisons, et les élections régionales l’ont cruellement soulignées, ces électeurs tendent à retourner dans leur chapelle d’origine provocant de facto une droitisation, pas encore bien calibrée ni réfléchie de l’UMP, ainsi que la recherche un peu compliquée d’une stratégie de diversification au centre (à supposer qu’il existe vraiment une opinion publique et un vote centriste dans notre pays…). Dans cette récente évolution, on voit se dessiner un intérêt du Nouveau Centre pour les sujets Lgbt (cf. les déclarations d’Hervé Morin sur l’adoption), une poursuite de l’ambigüité du Modem sur ces sujets et une prudence de l’UMP dont le Secrétaire Général condamne « à titre personnel » Christian Vanneste de la même façon qu’il affirmait « à titre personnel » son hostilité à l’ouverture de l’adoption lors du dernier Conseil National de l’UMP (alors que rien dans l’actualité ne nécessitait ce type de déclaration si ce n’est la volonté de rassurer la partie très conservatrice de l’électorat). Je reste convaincu que cette stratégie repose sur une surestimation de l’homophobie supposée de cette partie de l’électorat que je connais bien. Durant la multitude de réunions et manifestations auxquelles j’ai participé durant la campagne des régionales, notamment dans les Yvelines, je n’ai croisé en tout et pour tout qu’une seule personne (très âgée et manifestement un peu alcoolisée) qui a spontanément interpellé des candidats en évoquant des positions homophobes. Qu’il s’agisse de l’accès au mariage ou de l’homoparentalité, les sondages sont désormais très positifs mais certains politiques ne leur accordent pas encore le crédit qu’ils méritent.

-       L’affaire Mitterrand a laissé des traces. J’ai redouté cet effet lorsque, agitée par Marine Le Pen, l’affaire liée au livre « La mauvaise vie » a éclaté. Les membres du gouvernement ainsi qu’une bonne partie de nos parlementaires ont été priés de soutenir le Ministre de la Culture. Ce qui a été très largement fait. Toutefois, ceci est apparu comme un solde de tout compte pour les thématiques Lgbt. Il ne fallait point trop en faire. A l’époque, le sujet avait suscité de très vifs débats au sein de GayLib et nous avons été quelques uns à comprendre que cette affaire ne serait pas sans impact sur le destin de nos dossiers.

-       Ma famille politique est diverse et compte de nombreuses personnalités et élus gay-friendly (Chantal Jouanno, Valérie Pécresse, Rama Yade, Christian Estrosi, Nadine Morano, Roselyne Bachelot, Xavier Darcos, Frédéric Lefèbvre et tant d’autres…). Néanmoins, nombreux et influents restent ceux qui le sont moins (pardonnez moi de ne pas avoir l’envie de leur faire de la publicité). Le rapport de force progresse mais il reste encore insuffisant. L’ouverture mais aussi les hésitations du Président du Groupe UMP à l’Assemblée est un peu à l’image de ce rapport de force évolutif.

-       Le lobbying parfois impressionnant de l’Eglise ainsi que des membres de l’Opus Dei est devenu un problème majeur. Ce lobbying est bien plus professionnel, présent et efficace que ne l’est l’action des Lgbt. Le yoyotage sur le respect de la laïcité n’y change malheureusement rien et les pressions dans les circonscriptions, auprès des élus, sont multiples. La montée du fait religieux dans notre pays n’arrange rien.

-       Enfin, l’hostilité d’organisations proches de l’extrême gauche pour le combat que mènent, à droite et au centre, certains militants Lgbt conforte l’idée chez certains élus que toute avancée sur le terrain de l’égalité des droits n’apportera en définitive aucune voix à droite. Donc, pourquoi faire des efforts et se donner le mal de convaincre un électorat qui, pour partie, peut y être réticent ? D’une certaine façon et toute proportion gardée, ce raisonnement est un peu similaire à celui qui n’a pas manqué de se produire pour les questions environnementales. Aussi, je voudrais dire à ces organisations que tenter de réduire constamment le combat des Lgbt pour l’égalité à un engagement de gauche est une profonde erreur dont nous ne cessons de payer le prix.

Identifier les raisons actuelles du blocage des dossiers Lgbt est un préalable indispensable pour dégager quelques voies d’action. Je me permets de vous en proposer quelques unes, sans prétendre naturellement à l’exhaustivité :

-       Rappeler fermement le respect du principe de laïcité est évidemment nécessaire mais loin d’être suffisant d’autant que l’action des religions est à la fois très présente tout en restant insaisissable (cf. les conclusions de la mission d’information parlementaire sur la révision des lois bioéthiques). Comme a commencé à le faire Louis-Georges Tin dans le cadre de la dernière Journée Mondiale contre l’homophobie, il est impératif de nouer un dialogue avec les responsables religieux. Je reste convaincu qu’il existe des bonnes volontés partout et que la volonté de mieux vivre ensemble fini par l’emporter dès lors que l’on commence à se connaître et à se respecter, même si beaucoup de chemin reste à parcourir…

-       Soutenir celles et ceux qui agissent à gauche comme à droite sans chercher à discréditer leur action en faveur des Lgbt. Dans le cas contraire, soyez assurés que certains responsables politiques ne manqueront pas de s’en réjouir et d’en tirer quelques conclusions.

-       Il nous faut poursuivre le combat pour gagner la bataille de l’opinion publique. Penser à affirmer nos revendications pour l’égalité des droits est une évidence, affirmer la conscience que nous avons de nos devoirs est encore plus fort (dans le couple, vis-à-vis de nos enfants lorsque nous en avons, vis-à-vis de l’ensemble de la société). Gagner la bataille de l’opinion publique et lutter contre l’obscurantisme et la bêtise, c’est aussi s’abstenir de provocations inutiles. Je conçois parfaitement qu’il puisse être jouissif d’organiser un kiss in devant une cathédrale, mais est-ce bien malin et responsable ? On voudrait détourner des Lgbt les catholiques susceptibles de nous aider que l’on ne s’y prendrait pas autrement. Cela n’excuse évidemment pas les violences des extrémistes catholiques aveuglés par leur endoctrinement que je condamne très fermement.

-       Enfin, pour les années à venir, il ne faudra plus tout attendre de la puissance publique. Comme dans d’autres grands pays, pour sortir de l’amateurisme et se doter de moyens, il devient indispensable de trouver les moyens financiers de nos actions auprès des particuliers comme des entreprises. Qu’il s’agisse de campagnes publiques de sensibilisation, de mise en œuvre de structures d’accueil et d’accompagnement, d’actions fortes et structurées de lobbying auprès des pouvoirs publics, des élus et des médias, il nous faut aider et aller même au-delà de nos structures associatives habituelles pour nous appuyer sur une ou des Fondation(s) et fonds de dotation. Certains de nos adversaires n’hésitent pas à le faire. Ne soyons pas moins entreprenants qu’eux.

Et vous, qu’en pensez-vous ? 

LE PROJET DE VALERIE PECRESSE POUR LES LGBT FRANCILIENS

VPValérie PECRESSE –Candidate à la Présidence du Conseil Régional d’Ile-de-France et dont j’ai le plaisir d’être colistier- a formulé des propositions concrètes et volontaristes pour les LGBT en Ile-de-France.

Je souhaite vous en faire part au travers des réponses qu’elle a adressé à l’Inter-LGBT, en réponse à un questionnaire de l’inter-associative, et dont vous trouverez copie ci-dessous.

Le document est un peu long pour un format de type « blog » mais il m’a semblé essentiel de vous en faire part.

Bonne lecture

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Cher Monsieur,

Je vous prie de bien vouloir trouver, ci-dessous, mes réponses et mes propositions pour faire suite au questionnaire que vous m’avez adressé.

Comme vous le savez, j’ai toujours condamné l’homophobie et la transphobie. L’un comme l’autre sont l’expression de préjugés, qui pèsent sur notre capacité à vivre ensemble et que je veux combattre.

J’ai commencé à le faire, en tant que Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche en lançant, l’an dernier en partenariat avec plusieurs associations LGBT, la première campagne nationale contre l’homophobie dans l’enseignement supérieur.

Une fois élue à la Présidence du Conseil Régional d’Ile-de-France, je serai déterminée à poursuivre mon engagement contre toutes les formes de discrimination, notamment homophobes et transphobes.

 1 – Le Conseil régional en tant qu’employeur.Il est évident que les agents employés par le Conseil Régional bénéficieront des mêmes avantages sociaux qu’ils soient mariés ou pacsés.

 

Des modules de sensibilisation et de formation pour faire face à toutes les discriminations seront organisés notamment en direction des agents chargés d’accueillir du public ou en contact avec le public. Les discriminations homophobes et transphobes seront explicitement dans le périmètre couvert par ces modules.

Enfin, je souhaite qu’un partenariat puisse être engagé avec les autres collectivités territoriales franciliennes afin que leurs agents puissent bénéficier de ces formations.

2 – Le Conseil régional et la politique éducative.Dans la même démarche que celle que j’ai initiée avec les associations Lgbt pour l’enseignement supérieur, il m’apparaît essentiel d’agir contre l’homophobie et la transphobie dans les lycées et les Centres de Formation d’Apprentis (CFA).

 

La Région incitera les proviseurs et les directeurs de CFA à faire intervenir, dans leurs établissements, le Centre Régional d’Information et de Prévention du Sida (CRIPS) ainsi que des organisations LGBT (ou autres) dont l’action de prévention contre les discriminations notamment homophobes est reconnue. Des modules sur les différences pourraient être conçus et proposés aux lycées et aux CFA.

Par ailleurs, la Région ne favorisera, dans les lycées et CFA, que l’usage de manuels scolaires faisant apparaître l’ensemble des diversités de notre société, sans représentation dévalorisante, y compris celles liées à l’orientation sexuelle ou à l’identité de genre.

 
3 – Le Conseil régional et la politique économique et sociale.Je souhaite que la Région puisse concevoir pour les DRH, les responsables des CCI et des Chambres des Métiers et de l’Artisanat ainsi que pour les organisations patronales une formation sur les diversités et quelques aspects de leurs conséquences pratiques. Certaines associations organisent déjà des formations en ce sens, mais il est important que cette action puisse être généralisée. L’homophobie est encore une lourde réalité dans les relations professionnelles, les promotions etc.

 

Je veux également que le tissu économique de notre région puisse être exemplaire en termes de lutte contre les discriminations notamment homophobes et transphobes. Parce qu’il n’est pas acceptable que des lesbiennes, des gays, des trans ou encore des couples de même sexe puissent se voir refuser un logement, l’accès à un hôtel, ou un prêt en raison de leur homosexualité ou de leur identité de genre, je proposerai une Charte régionale afin de faire en sorte que l’accès aux biens et aux services soit garanti à tous.

Enfin, et ce sera l’une de mes premières priorités, je soutiendrai la création d’un centre d’hébergement d’urgence pour les jeunes LGBT rejetés par leur famille. Il s’agira là d’apporter un soutien psychologique, social ainsi qu’un logement temporaire à des jeunes coupés, souvent brutalement, de tout appui et de toute ressource.

 
4 – Le Conseil régional et le soutien aux initiatives des associations lesbiennes, gaies, bi et trans.L’ensemble de mes propositions en direction des LGBT repose sur un large partenariat avec les associations LGBT, ou autres, dès lors qu’elles sont efficaces et obtiennent des résultats.

 

Les associations qui bénéficieront de subventions du Conseil Régional feront systématiquement l’objet d’évaluations.

Parce que je connais, pour dialoguer et travailler avec elles depuis plusieurs années, l’efficacité de l’essentiel des associations LGBT, je n’imagine pas conduire mon action sans m’appuyer sur leur expertise mais aussi leur dévouement.

Je souhaite que leur action puisse être pleinement reconnue.

 
5 – Le Conseil régional et la lutte contre le sida.La prévention sur le SIDA est plus que jamais d’actualité. On assiste en effet à un relâchement ces derniers temps, dont les conséquences risquent d’être désastreuses. Plus que jamais il faut informer et multiplier les actions de prévention dans l’ensemble de la société française : la lutte contre le SIDA est d’abord une affaire de mobilisation collective.

 

La communauté gay doit être associée à cette mobilisation collective, pour relayer le message de prévention. La dernière étude Prévagay menée en partenariat avec l’INVS, le SNEG et l’agence nationale de recherche sur le Sida et les hépatites est en effet particulièrement alarmante.

Plus que jamais, nous devons informer, et dès le plus jeune âge, non seulement sur le SIDA mais plus globalement sur tous les comportements à risques. Aucune catégorie sociale n’est épargnée. Jeunes gays, populations migrantes, femmes de plus de 40 ans en reconstruction de vie sentimentale sont les populations les plus vulnérables aux nouvelles infections.

C’est ce que j’ai fait en tant que ministre de la recherche avec l’opération « 1 préservatif pour 20 centimes d’euros » dans toutes les universités et résidences étudiantes. J’encourage également la recherche sociale autour de ces questions, en lien avec toutes les associations. Les moyens de l’Etat sur la recherche sur le SIDA sont de plus de 100M€ par an.

Ce que j’ai fait comme ministre, je le poursuivrai comme présidente de région.

Je développerai de manière systématique dans tous les lycées de l’Ile-de-France des actions de prévention, en m’appuyant sur la communauté éducative, mais aussi sur l’intervention du milieu associatif : tous ensemble, nous devons travailler la main dans la main.

Nous devons aussi banaliser le dépistage qui reste aujourd’hui une démarche individuelle exceptionnelle. Car un dépistage précoce permet de protéger les autres et de se protéger soi même.

Concrètement, la région doit accompagner toutes les initiatives. Elle pourrait ainsi :

-         Aider les associations à construire une offre de dépistage digne de ce nom dans toutes les conditions éthiques et médicales nécessaires ;

-         Expérimenter l’utilisation systématique des tests rapides dans les centres de dépistage anonyme et gratuit (CDAG) d’Ile-de-France

-         Co-financer des campagnes de prévention pour certains groupes spécifiques à risque : d’ailleurs, nous avons fait un grand pas dans ce travail de ciblage du message avec les associations : l’appel à la prévention est d’autant plus facilement entendu qu’il est personnalisé. 

La région subventionnera, sans tomber dans la politique du saupoudrage, toutes les associations qui ont une vocation sanitaire et sociale avérée.
6 – Le Conseil régional et les droits des personnes lesbiennes, gaies, bi et trans dans le monde.Je suis très heureuse d’avoir Rama YADE pour colistière. En effet, il faut rappeler que c’est elle qui, alors qu’elle était Secrétaire d’Etat aux Droits de l’Homme, a porté à bout de bras, à la tribune de l’Assemblée Générale de l’ONU en 2008, la première déclaration pour la dépénalisation de l’homosexualité dans le monde.

 

C’était une première dans l’histoire et je suis très fière qu’elle vienne du gouvernement dont je suis membre. J’espère néanmoins que cette déclaration sera signée par un plus grand nombre de pays afin qu’elle puisse enfin devenir une réalité pour l’ensemble de la planète.

Aujourd’hui, plus de 80 pays pénalisent encore l’homosexualité. Plusieurs d’entre eux appliquent même la peine de mort. En matière de coopération décentralisée, je serai particulièrement vigilante à l’égard de ces pays que je n’accepterai d’aider que dans la mesure où ils s’engageront à faire des Droits de l’Homme une réalité, notamment s’agissant des droits des LGBT. De plus les pays qui pénalisent l’homosexualité sont aussi souvent ceux dans lesquels la condition de la femme est la plus pénible et vous connaissez l’attachement que je porte aussi à ce sujet.

Mon engagement contre l’homophobie et la transphobie est ancien : comme députée, comme ministre, comme conseillère régionale, j’ai toujours eu le souci de porter le débat sur l’égalité des droits pour les LGBT. J’en connais bien les différents acteurs et je soutiens leur combat.
 

 

Valérie PECRESSE

Candidate à la Présidence du

Conseil Régional d’Ile-de-France

 

Candidat aux régionales

Stéphane Dassé

Je suis candidat aux élections régionales sur la liste de la Majorité Présidentielle conduite, dans les Yvelines, par Valérie PECRESSE. J’y figure en position éligible… si nous gagnons.

Bien évidemment, cette candidature ne s’explique pas que par rapport à des thématiques Lgbt. Elle résulte aussi de :

-         Mon engagement au côté de Valérie depuis plusieurs années. J’apprécie chez elle la modernité de ses raisonnements, son ouverture d’esprit, son sens de l’équité et sa volonté tenace d’avancer.
-         Mon implication dans mon département, ma Fédé, ma circo et ma commune.
-         Mon intérêt pour l’ensemble des sujets liés à l’égalité des chances et à la lutte contre les discriminations. J’ai piloté pour Valérie les travaux du groupe « Egalité des chances – Lutte contre les discriminations » (dont je tiens chaleureusement à remercier les membres pour leur créativité et leur implication) afin de préparer notre projet régional sur ces sujets.

Enfin, c’est aussi comme ancien Président de GayLib que j’apporte des propositions pour l’égalité des droits et des devoirs pour les lgbt en Ile-de-France (elles seront développées dans un autre article).

La Région, de par ses multiples compétences (lycées, formation, éco etc.) est un acteur et un terrain tout à fait essentiel pour agir contre l’homophobie et pour l’égalité des droits. Encore faut-il que cela puisse avoir un impact sur la vie quotidienne des Lgbt franciliens, ce que M. HUCHON a oublié en entassant dans son bureau les multiples rapports du Conseil de l’égalité sans rien en faire.

Certains ne manqueront pas de dire : « comment pouvez-vous figurer, sur une même liste, avec des candidats soutenus par Christine BOUTIN ? ». Je leur répondrai que, cette liste est l’expression de la diversité de ma famille politique et qu’il n’existe aucune raison pour que les éléments progressistes ne s’effacent devant les éléments les plus conservateurs. Enfin, je crois beaucoup plus à l’intérêt de se parler, ce que je fais de temps à autre avec le Parti Chrétien Démocrate, plutôt que de s’ignorer. Le fait de se parler et de se connaître évite parfois des dérapages et interdit de se caricaturer. C’est peu, mais c’est en réalité essentiel.

J’ai donc le plaisir de faire campagne aux côtés de Valérie PECRESSE ainsi que d’autres candidats gay-friendly dont Chantal JOUANNO, Rama YADE, Roger KAROUTCHI etc. Je vous invite à me rejoindre si vous souhaitez en faire de même ! 

L’homophobie se construit dès l’école primaire.

BaiserdelaluneXavier DARCOS, lorsqu’il était ministre de l’Education Nationale, nous avait habitués à un volontarisme parfaitement assumé pour lutter contre l’homophobie dans l’enseignement secondaire.

Son successeur est manifestement plus décevant de ce point de vue. Ainsi, à l’école primaire, il faudrait ne rien faire.

Dans les cours de récré des écoles primaires, les gamins se donnent copieusement du « pédé ! », « sale tapette ! » et autres joyeusetés depuis bien longtemps (je crois même me souvenir que c’est en primaire que j’ai appris ce qu’était un « enculé ») et il faudrait être « neutre » ?

Est-il possible de parler aux enfants de racisme mais pas d’homophobie ?
Est-il possible de parler aux élèves de CM1 et CM2 de différences et de diversité en occultant que l’amour et les sentiments peuvent être divers eux aussi ?
Est-il possible qu’on leur demande à l’école, parfois encore plus jeunes, de faire leur arbre généalogique sans évoquer la diversité des familles ?
Un élève de CM1 ou CM2 est-il incapable de comprendre que si l’on doit être respectueux envers quelqu’un qui a une couleur de peau différente, on doit aussi l’être envers celles et ceux qui éprouvent des sentiments pour une personne du même sexe ?

Le refus opposé par Luc CHATEL quant à la diffusion du très soft dessin animé « Le baiser de la lune » (qui me semble moins explicite que Cendrillon et autre Belle au bois dormant avec leur cortège de Princes charmants et de bisous) n’est pas acceptable et je l’invite à revenir sur sa position.

Christine BOUTIN, qui ne sortira donc jamais de ses démons habituels, n’a là encore pas voulu réfléchir au-delà de la conception étroite qu’elle se fait de « l’Ordre Naturel ». Il faudra qu’elle s’y fasse, les homosexuels font partie de l’ordre naturel, ou plus exactement de la nature tout court. C’est ainsi.

Par conséquent, prévenir les comportements et les injures homophobes n’est pas du prosélytisme. On ne devient pas LGBT ni par choix, ni par conviction, ni par mode. On l’est. J’ai expliqué cela 36 fois à Christine BOUTIN sans que, pour autant, elle n’en tire de conséquence dans son engagement public. Du reste, il est intéressant de noter que certains membres de la direction du Parti Chrétien Démocrate ont eux bien compris cela et souhaiteraient passer un peu à autre chose… J’espère que Madame BOUTIN saura les entendre.

Au final, je veux dire à Luc CHATEL qu’on ne peut rester « neutre » contre la bêtise homophobe dès le primaire. On ne peut laisser se construire, sans rien y faire, les préjugés homophobes dans les cours de récréation. C’est un devoir pour que les ados qui se découvrent homos puissent ensuite vivre normalement sans se considérer eux-mêmes comme des parias. Ce n’est pas une question de courage, Monsieur le Ministre, mais juste une question de lucidité.

RETOUR SUR LE VRAI BILAN DE LA DROITE ET DE L’UMP…

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Plusieurs commentaires à mes différents articles laissent supposer que, après avoir été « la droite la plus bête du monde », celle-ci serait par principe homophobe. Je serais donc condamné à me battre contre des moulins à vent.

Je prends le risque d’en agacer certain(e)s, que je tiens néanmoins à remercier de leurs contributions, pour rappeler quelques réalisations de ma famille politique depuis 2002, réalisations dans lesquelles il m’est arrivé d’être régulièrement impliqué.

L’exercice est austère et sera immédiatement qualifié d’insuffisant. C’est malheureusement vrai. Il reste encore tant à faire pour parvenir à l’égalité des droits pour les Lgbt dans ce pays.

Toutefois, vos réactions montrent qu’il n’est pas inutile de rappeler quelques avancées obtenues depuis 2002.

Réalisations du PS avant 2002 :

-          Août 1982 : alignement, par Robert BADINTER, de l’âge de la majorité sexuelle pour les homos de 21 à 15 ans, soit le même âge que celui qui s’appliquait déjà aux hétéros. Il ne s’agit donc pas vraiment, comme on l’affirme trop souvent, d’une dépénalisation de l’homosexualité en France (sauf entre 15 et 21 ans) celle-ci n’existant pas sous GISCARD.

 -          Novembre 1999 : adoption définitive du PaCS, après une première tentative pathétique durant laquelle les députés socialistes avaient fait le choix massif de l’absentéisme.

Réalisation du gouvernement et de l’UMP depuis 2002 :

-          Mars 2003 : aggravation des sanctions pénales encourues par les auteurs d’agression à caractère homophobe (loi pour la sécurité intérieure présentée par Nicolas SARKOZY).

-          Décembre 2004 : pénalisation des injures et diffamations homophobes (loi du 30 décembre 2004 voulue par Jean-Pierre RAFFARIN).

-          Décembre 2004 : création de la HALDE avec l’homophobie incluse dans son périmètre d’action.

-          Loi de finance 2005 : suppression du délai de 3 ans pour la déclaration commune de revenus des partenaires d’un PaCS. Disposition voulue par Nicolas SARKOZY alors ministre de l’Economie et des Finances.

-          Juin 2006 : droit à l’attribution préférentielle du logement pour le partenaire survivant d’un PaCS + Droit de jouissance gratuite d’un an du logement commun pour le partenaire survivant + Mise en place de la séparation de biens comme régime des biens par défaut du PaCS (auparavant l’indivision s’imposait) + Suppression en matière successorale de la réserve des ascendants (les parents) dès lors que le/la défunt(e) n’avait pas d’enfant. Toutes ces avancées pour les Pacsés ont été obtenues dans le cadre de la loi portant réforme des successions et des libéralités. Il convient ici de rendre hommage à Sébastien HUYGHE –Député UMP du Nord- qui a travaillé en totale complicité avec nous afin de parvenir à ces résultats.

-          Juillet 2007 : traitement fiscal des partenaires d’un PaCS identique à celui des époux. Suppression des droits de succession au profit du conjoint survivant ainsi que du partenaire lié au défunt par un Pacs.

-          Mai 2008 : reconnaissance par la France de la Journée Mondiale contre l’homophobie organisée par le Comité IDAHO et Louis-Georges TIN.

-          15 mai 2009 : organisation à Paris, par Rama YADE, du premier Congrès Mondial contre l’homophobie et la Transphobie dans le monde.

-          2009 : déclarations de plusieurs membres du gouvernement en faveur de l’adoption par les couples de même sexe (après Nadine MORANO sont intervenues les déclarations de Xavier DARCOS, Hervé MORIN ainsi que de Chantal JOUANNO).

-          2008-2009 puis automne 2009 : lancement de la campagne contre l’homophobie dans l’enseignement supérieur par Valérie PECRESSE.

Cette liste ne serait pas complète sans évoquer :

-          L’annonce, dans le projet présidentiel de 2007, du statut du beau parent (appelé aussi « droits des tiers ») pour les familles homoparentales et les familles recomposées. Après avoir été annoncé pour un Conseil des ministres de mars 2009, cet avant-projet de loi est reporté depuis.

-          Le vote favorable du Conseil National de l’UMP en décembre 2006 pour l’Union (même droits que le mariage civil hors filiation), l’intégration de l’Union dans le programme législatif de l’UMP puis dans le projet présidentiel de 2007.

Même si la mise en œuvre de ces deux derniers points tarde trop à venir, même s’ils ont un goût de « peut mieux faire » et même s’ils ne répondent que très partiellement à l’attente forte que nous avons pour l’ouverture du mariage civil, de l’adoption, de l’IAD ou encore de la GPA, ces engagements sont essentiels. Je veux croire qu’ils seront tenus par le Président de la République. Ils marquent en effet une évolution naturelle de la majorité de ma famille politique (hors les membres de l’Opus et les archéo-conservateurs qui le resteront jusqu’à leur mort) vers la reconnaissance de l’égalité de l’amour homosexuel et de l’amour hétérosexuel ainsi que la reconnaissance (encore à venir) de la famille homoparentale.

Ce bilan, qu’il était nécessaire de rappeler, existe et s’impose. De façon évidente, il prépare le terrain à d’autres évolutions plus profondes vers l’égalité des droits qui seront sans doute un des enjeux des échéances électorales de 2012.

GayLib va devoir encore convaincre en 2010

gaylib

Le 21 décembre dernier, un nouveau Bureau a été élu par le Conseil d’Administration de GayLib. C’est l’occasion de remercier Jean-Michel DURAND pour le travail réalisé en 2009 en tant que Président et de souhaiter, à la nouvelle équipe, d’obtenir des résultats convaincants.

GayLib, Mouvement associé à l’UMP, fêtera prochainement son 8ème anniversaire. Pour ma part, après toutes ces années (dont près de 5 ans comme Président, puis 2 comme Porte-parole) je poursuivrai mon combat pour les Lgbt au sein du CA de GayLib, mais aussi sous d’autres formes dans le cadre de ma famille politique et au-delà. Ces années ont été riches en négociations multiples, en coups de gueule pénibles mais indispensables, mais aussi et surtout en victoires d’étapes et en avancées décisives

En ce début d’année, je formule quelques vœux pour l’avenir de GayLib.

- Que GayLib ne cède jamais à la mauvaise tentation de devenir le club de gays de l’UMP, faire de gentilles animations doublées de quelques soirées avec VIP qui ne serviraient pas à grand-chose si ce n’est à se faire mousser. Depuis la création de GayLib, je sens bien se dessiner deux options. La première, que j’ai toujours défendu, est celle d’un Mouvement ambitieux dont la finalité est d’agir pour l’égalité des droits des Lgbt et de faire avancer ma famille politique sur ce sujet. La seconde viserait plus à faire de GayLib un élément de décor politique. Cette option n’a, bien évidemment, jamais été d’actualité jusqu’à présent et elle ne tromperait personne.

- Que GayLib parvienne à hiérarchiser les priorités. A l’heure où il devient possible de se marier à Ushuaïa et que cela n’est toujours pas possible à Paris, à l’heure où nos familles homoparentales sont de plus en plus nombreuses sans être pour autant reconnues au motif que nous serions de moins bons parents que les autres, il est indispensable de porter, au sein de l’UMP, l’engagement pour l’accès au mariage civil ainsi que pour la reconnaissance des familles homoparentales. La mise en œuvre des engagements de la campagne présidentielle (l’Union + le statut du beau-parent) serait une première étape encourageante. Il faudra également poursuivre et développer l’effort sur les dossiers liés à l’éducation (clef essentielle de toutes les politiques contre les discriminations), à la transidentité ainsi, bien évidemment, qu’au VIH.

Je souhaite donc que la nouvelle équipe puisse honorer les engagements qu’elle a pris, notamment à l’heure où ne devrait pas tarder à s’élaborer le futur projet présidentiel et législatif de 2012. Je souhaite, entre autres choses, qu’elle parvienne à convaincre la direction de l’UMP de revenir sur les positions prises récemment sur l’adoption.

Tous mes vœux accompagnent donc la nouvelle équipe ainsi que vous-mêmes, chers lecteurs, auxquels je souhaite plein de bonnes choses pour 2010.