La culture c’est comme la Vegemite, moins on en a plus on l’étale…

L’œuvre de toute ma vie étant d’améliorer les relations franco-australienne, à mon corps défendant, je me dois d’éduquer et d’informer mes concitoyens d’adoption – namely you my loyal readers – sur leurs lointains cousins vivant la tête en bas sur une terre baignée de rayons.

Certes, on a pu dire que l’Australie ressemblait à un « cultural wasteland » – enfin mon mari a pu particulièrement le rappeler à chaque occasion. Et je suis le premier à admettre que l’Europe domine définitivement expression traditionnelle de la culture, avec entre autres un étalement apparemment sans fin de galeries et de musées au travers l’Hexagone. Mais je me dois de contrer cette assertion selon laquelle l’Australie n’a aucune culture. Celle-ci est plutôt riche et dynamique, plus proche des gens… en fait plus proche des Américains.

Nos télévisions sont inondées par leurs séries et nos magazines sont remplis de leurs célébrités. L’invasion m’a paru nettement plus mesurée ici, peut-être parce que regarder Desperate Housewives doublée en français fut une expérience trop troublante pour que mon cerveau accepte les shows étrangers à la télévision française.

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Non pas que Australiens soient totalement dépourvus d’une culture propre, en fait nous avons une forte « beach culture » – permettant de se dandiner avec distinction vêtu simplement d’un maillot de bain étriqué et d’un sourire. Personnellement je serais heureux d’observer ce comportement plus souvent dans Paris, quoique avec le climat actuel cela pourrait être inconfortable pour tous les participants.

Ce n’est pas notre faute si nous sommes tous essentiellement descendants d’une bande de criminels et devons chaparder notre semblant de civilité à nos lointains voisins – but at least we have awesome weather and a lack of inhibitions.
Les Européens ont des racines historiques beaucoup plus profondes que les nôtres, racines écrites en tout cas, car nous n’avons été colonisé qu’à la fin du XVIIIème siècle – bien que je sois encore un peu fâché que ce fussent les Anglais plutôt que les Français qui profitèrent des viols et des pillages de l’Australie durant toutes ces années, le pays en aurait été transformé – decent bakeries on every street corner for a start. Toutefois, à en juger par le nombre d’étudiants et des touristes français que l’on croise dans les rues de Sydney, il semble bien qu’une tentative sournoise de colonisation soit en cours.

Dieux de Stade 2004

Dieux du Stade 2004

Il ne faut pas oublier les autres contributions majeures de la culture française. Je ne sais pas où je serais aujourd’hui si je n’avais connu une des œuvres les plus magiques et les plus inspirées à avoir franchi les frontières françaises, l’ensemble des créations cinématographiques de Cadinot. Ils m’ont donné une toute autre vision du genre et ont été très précieux dans ma compréhension du véritable « génie français ».

Vous avez aussi donné au monde la « café culture » – merveilleuse justification pour mater tout son saoul en terrasse – et le déshabillage de sportifs prenant des poses provocantes pour la bonne cause – pour cela, moi et le monde en général, seront à jamais reconnaissants.

Speaking of which I should go catch up on some ‘culture’ right now as I have the apartment to myself and a few ‘documentaries’ to catch up on.

Noël Gay sous le soleil…

Permettez-moi de commencer en rappelant que je ne regrette vraiment pas d’être venu à Paris et que ma vie ici est un vrai conte de fées, toutefois il existe encore certaines dates qui ont tendance à me donner un peu le mal du pays. En particulier ce week-end, celui du Mardi Gras de Sydney – affectionately known as ‘Gay Christmas’ by the locals; it being the time that we gather with our gay ‘family’ to rejoice, celebrate and get up to all sorts of mischief. Tandis que je parcours avec envie les témoignages déjantés de mes amis sur Facebook ou reçus par texto – et que je me bats contre l’envie de sauter dans le premier avion – je ne peux m’empêcher de soupirer et de me rappeler avec beaucoup d’émotions les moments heureux.

Trois hommes doué @ Fair Day 2010 par PetezImages.com

Trois hommes doués @ Fair Day 2010

Venant à la fin de l’été austral – conveniently far enough into the new year so that all the xmas weight has well and truly been burnt off – Mardi Gras créé autour de lui un climat tout simplement magique. La ville entière semble être envahie par des touristes gays venus de toute la planète à la recherche d’une aventure de vacances. Les solariums, les salles de gym, les instituts de beauté débordent de gens se bichonnant autant que possible dans l’attente d’être matés, photographiés et généralement adorés.

Nous avons même un vrai festival étendant cette nuit brillante sur plusieurs semaines. Des films, des pièces de théâtres, des fêtes – Pool and Underwear among others – et même un Fair Day, sorte de pique-nique gay géant dans un parc. Comme c’est le cas ici, les soirées après le défilé sont considérées comme pratiquement aussi importantes que la Marche. C’est là que démarrent les relations qui dureront parfois plus que les quelques jours de récupération.

Ne vous méprenez pas, ce n’est pas que je n’apprécie pas les Gays Prides de ce côté du monde – je suis un fervent partisan des quidams qui se déshabillent pour montrer leur fierté à la face de l’univers – mais je dois admettre qu’elles ne détiennent pas cette place à part dans mon cœur et que j’ai toujours une petite préférence pour les défilés plus organisés – rather than the free-for-all you seem to favour here. Toutefois, j’ai bien l’intention de continuer de tester cela cette année à Paris, Berlin et Barcelone.

J’ai vu ma première parade à l’âge tendre de 18ans, à une époque où je n’avais pas encore connu d’homme et, tout en sachant exactement ce que je cherchais, ma naïveté se dressait tel un obstacle sur le chemin du bonheur. Le cortège fut éducatif pour le moins – regarder tous ces individus glamours et fiers, de toutes formes et de toutes tailles, paradant dans les rues soutenus par les cris d’amour, les applaudissements et les vivats de la foule. Pour moi, cela fut un signe divin et une confirmation éclatante du mode de vie auquel j’aspirais.

Aquaman (Mark) @ Mardi Gras 2010

Aquaman (Mark) @ Mardi Gras 2010

A cet instant, j’ai formé le vœu d’être moi aussi, un jour, partie intégrante de tout cela. J’eu pour priorité numéro un de devenir l’un de ces garçons de défilé, musclé, habillé de trois fois rien et effectuant une routine parfaitement chorégraphiée.
Si nous revenons au présent, à peine quelques années plus tard, j’ai perdu le compte de toutes les parades auxquelles j’ai participée – more than my youthful appearance would suggest – et mon rêve d’enfance a été réalisé à plusieurs reprises. Mon couronnement fut quand je dus conduire l’Official Mardi Gras Marching Boys – j’étais certes l’un des trois meneurs, mais je suis certain que toute l’attention était uniquement focalisée sur votre serviteur ; let me have my delusions dammit!

Alors tandis que je compatis avec mes amis des drames du week-end et essaye de ne pas prendre ombrage de leurs triomphes, je me réconforte en sachant que je pourrais les narguer avec mes histoires du même acabit dans quelques mois seulement.

Happy Mardi Gras!

Mr De Mille, I’m ready for my close up…

Never let it be said that I don’t lead an interesting life. Après une douloureuse, en tout cas pour mes fans, absence de sous les projecteurs, je pense que qu’il était grand temps de remonter sur scène. À cette fin, je me suis épuisé à chercher en long et en large – confortablement installé au creux de mon lit – les propositions pouvant me refaire grimper le tapis rouge.

Mes efforts ont été récompensés cette semaine, lorsque j’ai eu la chance de vivre le rêve de tant de mecs en passant la journée à jouer virilement avec un groupe de soldats en uniformes kakis… pour le tournage d’un documentaire sur la Deuxième Guerre mondiale. Malheureusement, ce n’était pas du tout le genre de «documentaire» que j’avais vu auparavant – from such notable production houses as Falcon, Titan and Cadinot–  et mes attentes étaient donc un peu décalées.

Votre Serviteur par Daniel Francis Haber

Votre Serviteur par Daniel Francis Haber

Il faisait un froid à ne pas mettre un eskimo dehors, le plateau se trouvant dans un hangar d’avion ouvert aux quatre vents, avec pour seul refuge une petite tente confortable et chauffée. Pour mon plus grand bonheur, ce fut également là qu’était stocké un buffet de nourriture extrêmement bien garni. Juste quand vous pensiez avoir terminé, on apportait le plat suivant et vous deviez recommencer à manger, un peu comme un dîner français durant une journée.

Par ailleurs, je ne sais pas si cela est typiquement français, ou peut-être européen, mais ce fut très surprenant pour moi de recevoir du vin avec notre repas. En Australie, il y a tellement de règles fastidieuses qui limitent de telles pratiques, que l’idée de fournir de l’alcool à vos acteurs et à l’équipe de tournage s’apparente à donner à un bébé une poignée de pilules et des feux d’artifices pour s’amuser pendant que vous sortez faire du shopping – something about not wanting any tragic mishaps on set or some such thing.

Après avoir reçu une brève explication par des français d’époque sur ce que nous pouvions ou pas toucher et comment donner l’impression de piloter effectivement cet avion, nous avons attendu avec impatience de faire notre devoir d’équipe bien formée et prête au combat. Toutefois, comme toute personne ayant déjà participé à un tournage de film ou de série télé le sait bien, nous passons la majeure partie du temps à lézarder au soleil jusqu’à ce que l’équipe se décide à profiter des talents disponibles – à savoir moi.

Tout ce temps libre nous a donné une chance de nous rapprocher comme tout bon équipage militaire afin de pouvoir faire front ensemble – again there was distinct lack of the type of ‘bonding’ that I had been lead to expect from such a scenario – de comparer nos points de vues sur des questions essentielles telles que l’inconfort de nos costumes ou l’air virils et forts qu’ils nous donnaient.

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Notre première mission fut d’être l’équipage d’un bombardier américain, nous donnant la chance de pratiquer notre héroïsme masculin sur un avion d’époque – miraculeusement encore en état – avec l’équipement idoine. Nous avons même reçu des accessoires authentiques pour jouer avec, seul le strict nécessaire bien sûr – des casques, des masques à oxygène… des Ray-Ban Aviators. Nous avons également mis la main sur des répliques de mitrailleuses – personally I never tire of being paid to handle a big powerful weapon.

Malheureusement nous n’avons pas été autorisés à conserver des morceaux de l’uniforme – not that I was planning any role-playing games at home mind you, mais j’aurais aimé gardé les gants en cuir brun et les lunettes de soleil.

Maintenant, je n’oserai avouer avoir volé la lumière par ma présence vibrante et saisissante, mais gardez un œil ouvert pour mon discours de remerciements aux prochains Oscar pour mes proches : famille, amis, lecteurs, dogwalker, femme de ménage, etc

L’Amour L’Amour…

Cela m’est impossible de ne pas parler d’amour alors que je suis en couple, dans la Capitale de l’Amour, le jour de la fête des Amoureux. J’imagine qu’il y en déjà qui crient « n’en jetez plus ! », tel que moi lorsque j’étais célibataire et que la St Valentin arrivait.

Pour moi, Paris est la ville la plus romantique et la plus époustouflante sur terre. Je suis bien conscient qu’il n’en est pas de même pour les autochtones, mais pour un étranger cette cité reste un lieu à voir et à vivre – l’architecture, les gens, les saunas … just everything really.

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Certains disent que le romantisme est mort, mais je me refuse à le croire, « hopeless romantic » que je suis – bien que cela n’ait pas toujours été le cas. Je suis la preuve vivante que l’amour fonctionne de manière étrange et mystérieuse. Je ne serai jamais venu vivre à Paris, si je n’avais pas, lors d’un soir de printemps il y a quelques années, fait une rencontre déterminante dans un gymnase. Un bel indigène me séduisit avec son esprit, sa beauté et son accent – pas nécessairement dans cet ordre. Si je n’avais accepté son offre généreuse de me reconduire à mon hôtel – quel gentilhomme – je n’aurais eu une visite guidée de la ville, sous une lune digne d’un tableau impressionniste, qui me fit tomber amoureux de Paris au creux de ses bras.

Ceux qui me connaissaient avant ces vacances continuent de s’étonner de la transformation d’un jeune fêtard un peu facile – qui trouvait la mémorisation des noms des garçons superflue et regardait son appartement comme un espace dévolu au stockage des vêtements, des ustensiles de toilettes et des étrangers ramenés pour s’amuser – en mari joyeusement dévoué et domestiqué. Mais honnêtement  cette transformation n’est pas tout à fait complète et le «old Jimi» ressurgi de temps et temps, afin de se prouver qu’il peut être aussi dissolu que la plupart de garçons qu’il a connu.

Même si je suis actuellement militant des « Happily Ever After », je ne crois pas que toute l’attention doive se focaliser sur l’amour : il ne faut pas oublier l’importance de la luxure. Où en serions-nous sans ces attractions primitives qui nous poussent à faire toutes sortes de choses friponnes les uns avec les autres ?

Par Justin Monroe

Par Justin Monroe

Personnellement, je crois en l’établissement d’un «Lust Day » : une journée où l’on pourrait marcher au hasard vers quiconque et leur dire à quel point ils sont attirants – et  tant mieux si l’avis est partagé. Qui sait quelles aventures peuvent commencer ainsi ? Même si à en juger par certains des comportements que j’ai vu ici, ils semblent être quelques-uns à avoir déjà adopté ce concept au quotidien.

En ce qui concerne nos intentions pour cette fête commerciale, nous comptons passer une journée agréable et paisible, ensemble, goûtant la compagnie l’un de l’autre et finissant par un dîner romantique à la maison – ce qui signifie que j’aurais fait tourner le micro-ondes toute la journée pour préparer un repas digne de Ducasse.

So matter whether your coupled up or not, remember the most important person to love is yourself. And as we all know a little bit of ‘self-love’ never hurt anyone.

Un jour sans vin est un jour sans soleil…

Vous risquez d’être très choqués d’apprendre que je ne buvais pas vraiment de vin avant de m’installer en France – the occasional dessert wine notwithstanding.  Oui, je suis conscient que cette idée peut sembler un peu bizarre et positivement barbare. Non pas que je boive seulement du lait et du jus de fruits, comme vous le savez, mais mes goûts étaient plus confinés aux spiritueux forts et aux alcopops – ces alcools particulièrement délicieux, inspirés du cordial, et adorés par les adolescents tout autour du globe.

Eugen Malitsky

Eugen Malitsky

Je suis heureux de vous annoncer que mes goûts se sont sophistiqués, principalement grâce à la stimulation culturelle de mon mari. C’est pour cette raison que nous nous sommes retrouvé ce week-end à Bordeaux pour faire la tournée des caves et châteaux et essayer plus globalement de former mon palais Australien inculte.

N’ayant pas eu d’intérêt précédemment pour ce divin nectar, j’avais esquivé de nombreuses visites de vignobles avec mes amis, mais j’en avais vu le résultat quand ils rentraient chez eux remplis de joie, de bonne humeur, mais surtout de vin. J’étais donc très enthousiaste à l’idée de me balader de vigne en vignoble et de goûter un échantillonnage de leurs produits les plus fins et essayant en vain de distinguer une bouteille d’une autre.

J’ai maintenant développé une meilleure compréhension de tout le dur travail nécessaire à la production d’une seule bouteille, mais cela ne me ralentira pas dans ma consommation dudit breuvage en toute occasion. Ce n’est pas ma faute si cela semble s’accommoder parfaitement avec tout et, ainsi que ma belle-mère philosophe le dit, «le fromage sans vin… c’est trop triste !” – words I feel that we should all aspire to live by.

Il y eu aussi ces découvertes inattendues en cours de route tel que le « Sel de Vin »,  outil parfait si comme moi vous êtes toujours à la recherche de nouvelles façons de glisser quelques gouttes d’alcool dans votre alimentation – I consider it a godsend . Ma théorie de l’obsession française envers toute chose Australienne a aussi reçu une nouvelle confirmation suite au repérage d’un « Australian Bar », ainsi que d’un magasin Quicksilver dans la capitale mondiale du vin.

Plus tristement, notre week-end a été un peu terni – not by tourists as one would expect – par une guide sortie tout droit de l’enfer, « Brigitte », qui nous a tourmenté lors de notre premier jour de visite. Sa voix haut perchée coassant par l’intermédiaire du système de sonorisation justifiait l’emploi rapide d’un gourdin des campagnes pour la murer dans son silence. Malheureusement, nous n’avions pas encore atteint les vignobles et il n’y avait pas de bouteilles à portée. Tandis que la journée avançait, elle divaguait à propos de toutes sortes de choses et érigeait des monuments de sagesse tels que « si vous ne voulez pas être alcoolique vous devriez faire comme moi et boire du vin à tous les repas ».

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Personnellement, je pense qu’elle avait peut-être eu quelques verres avant de monter dans le bus. Heureusement, la guide du deuxième jour était beaucoup plus satisfaisante et j’ai même réussi à en apprendre un rayon sur le vin – en fait nettement plus que ce que j’aurais aimé savoir, ma tête… Nous avons aussi dégusté un peu moins de vins que je l’aurais souhaité, mais on ne peut jamais se plaindre réellement d’une distribution gratuite d’alcool.

Je considère ce week-end comme un franc succès et nous avons même acheté quelques munitions supplémentaires afin de remplir notre cave à vin – ou plutôt armoire à vin à ce stade. As always whilst visiting the country I do admire the serenity and calmness of the place but am forever thankful that I don’t have to live there.

BON APPETIT…

J’ai maintes fois parlé de mon histoire d’amour pour la cuisine française et sa capacité de destruction massive frappant ma volonté et mes régimes. Cependant, pour être honnête, mes aventures culinaires m’ont parfois permis de faire quelques découvertes qui me sont aussi étrangères que la Vegemite peut l’être pour un Français – an acquired taste or so I’m told.

Par où commencer? Eh bien, parlons de cette tendance à dévorer les bestioles du jardin,  ces créatures que l’Australien moyen trouve un peu dures à digérer, tels que les escargots, les grenouilles ou équivalent. Heureusement, je ne crains pas les expériences nouvelles et je me suis donc livré à toutes sortes de gourmandises locales – food and people alike.

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Je reste convaincu qu’il existe un complot, orchestré par les boulangeries Parisiennes, afin de détruire mes prétentions diététiques. Il n’est pas humainement possible de quitter mon appartement, même en marchant dans n’importe quelle direction, sans rencontrer un de ces lieux de perdition, débordant de fumets délicieux vous prenant sournoisement à la gorge et cherchant à vous gaver telle une oie blanche à l’aide d’énormes gâteries chocolatées. Certes, on trouve en Australie des ‘French bakeries’ mais leurs tarifs sont habituellement suffisants pour terrasser la tentation. Avant mes voyages, j’étais pleinement satisfait des boulangers Australiens, mais maintenant je ne cracherai même pas sur eux s’ils étaient en flammes.

Le fromage n’a jamais occupé une part notable de mon alimentation avant de m’installer ici – bien sûr je m’en servais pour garnir le dessus d’une pizza, des pâtes, des céréales ou tout ce qui passe, mais sans m’y intéresser réellement – et la pensée de tester les versions « moisies » me révulsait. Toutefois, en arrivant à Paris, avec tous les vieillissements et les saveurs merveilleuses sur l’étalage, il eut été presque criminel de ne pas participer. J’ai même appris à tolérer les fromages bleus, cuisinés il est vrai, car je ne me sens pas encore assez viril pour les affronter à nu.

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En parlant de choses bleues, j’ose dire que je ne m’habituerai jamais à la cuisson – ou plutôt l’absence de cuisson – de la viande. Comme tout bon Australien, j’ai été élevé dans la plus pure tradition du barbecue avec une viande cuite à la perfection sans l’ombre d’une goutte de sang. Je me rends compte que je pourrai être lapidé dans les rues de Paris en raison de mes goûts et j’ai souvent  reçu des regards de mépris voir de pitié en demandant humblement que mon bifteck soit «brûlé» – bien qu’il soit alors à peine assez cuit à mon goût.

Mon mari m’a souvent vanté les vertus des choses crues, et je crois qu’il serait capable d’aller mordre une vache directement dans les prés s’il le pouvait pour assouvir sa passion carnivore. Not that I’m opposed to eating raw meat mind you, it’s just that I prefer him to consent and reciprocate.

J’ai aussi trouvé que les dîners français ressemblent quelque peu à un concours de gavage. Une compétition dans laquelle tous les participants tentent de manger, boire et parler en soutenant l’assaut alimentaire répété des services successifs afin de pouvoir tenir jusqu’à la prochaine fête. Cela n’est pas fait pour les personnes fragiles ou non entrainées – comme la plupart des étrangers, à l’exception éventuelle des Américains.

Anyway I must away to the gym to continue in my efforts to keep the winter kilos at bay.

Fit for a Queen…

Une des choses les plus amusantes lorsque l’on vit dans un pays étranger est de découvrir de nouvelles traditions. Récemment, nous avons participé à un dîner de Noël, un peu en retard, débordant de boisson et de nourriture, avec notamment une galette des rois.

Cette tradition, jusqu’alors inconnue pour moi – même si nous avons un jeu similaire consistant à cacher des pièces dans un pudding pour Noël, hélas sans mention aucune d’honneurs royaux ou de gains équivalents – m’a quelque peu intrigué.

L’idée de trouver une surprise dans votre dessert ; surprise vous donnant magiquement pouvoir sur toute terre et toute mer, ainsi que la chance de soumettre quiconque à vos moindres désirs ; est tout à fait enchanteur. Maintenant, je ne me fais aucune illusion sur le pouvoir réel transmis par la fève, mais il est agréable de rêver. En effet on peut imaginer toutes sortes de possibilités.

CASANOVA - ENZO par Pierre et Gilles 1995

CASANOVA - ENZO par Pierre et Gilles 1995

D’après ce que j’ai compris ce n’était pas mal du tout d’être roi dans le temps – à l’exception de la potentielle décapitation. Vous deviez minauder dans les appartements de Versailles, vous promener au travers les jardins en mangeant des gâteaux et en vous mêlant des affaires de la Cour. Sounds quite glamorous really.

Je ne pense pas non plus avoir de problème avec la consommation publique de mon mariage, ce n’est pas comme si je n’avais été appelé à participer à ce genre d’exhibitionnisme dans le passé.

Mais on se demande comment cela fonctionnerait dans la France moderne. J’aime à penser que je serais un monarque noble et juste, généreux avec ses sujets et écoutant attentivement leurs requêtes et pétitions. Bien sûr, les plus beaux de mon peuple pourraient trouver leur demande pour une audience privée avec Son Altesse assez rapidement exaucée. One must reward those who please the King after all.

Jonathan Ryhs-Meyers

Jonathan Ryhs-Meyers

Mon premier décret établirait un jour de liesse populaire en mon honneur avec un défilé militaire – toutefois je devrais user de ma royale autorité pour faire quelques subtils changements dans les uniformes, afin de passer en revue mes troupes d’une manière plus diligente et approfondie.

J’imagine que j’aurais besoin d’une garde privée pour me protéger des forces étrangères les plus indésirables – les touristes entre autres. J’aurais également ma propre compagnie de pompiers – en parfaite condition physique – prêts pour toute situation d’urgence exigeant leurs si particulières compétences.

Donc, c’est dans une grande excitation que je pris place à la table du dîner, en prévision de mon couronnement, espérant un statut royal imminent. Après avoir coincé le plus jeune d’entre nous sous la table – where there was much grabbing of legs and other inappropriate touching – nous avons reçu nos parts et nous mirent en chasse.

J’avais un peu plus de ferveur que d’autres et le mien fut englouti en un temps record, mais ce fut une amie chère qui découvrit la fève. Heureusement, elle fit de moi son Roi – à la grande consternation de son petit ami. Nous avons rapidement fabriqué un diadème avec la capsule du champagne et je le portais avec fierté durant toute la soirée.

Je ne sais pas encore très bien pourquoi j’ai été choisi pour accompagner mon amie dans son ascension à la royauté. Peut-être à cause d’un allant royal naturelle, ou plus probablement à cause de la menace à peine voilée de révolution, si je n’avais été choisi, faite plus tôt dans la soirée. Who can say?

Je déteste le froid…

Tandis que je regarde par la fenêtre le paysage enneigé et repoussant de froid, je ne peux m’empêcher de penser - Comment diable vais-je jamais survivre aux prochains mois dans cet enfer polaire?!? Oui, je suis peut-être un peu mélodramatique – and that I should just toughen up and take it like a man – mais pour ma défense, un Australien est génétiquement prédisposé à haïr passionnément et viscéralement le froid.

Luke par Petezimages

Luke par PetezImages 2009

Ok, je reviens d’un endroit ensoleillé avec des températures grosso modo 30 à 40 ° plus élevées qu’ici et les commentaires et emails de mes amis parlant de plage et de leurs batifolages au bord de la piscine n’aident pas vraiment. Qu’ils brûlent tous en enfer ! Non qu’ils remarquent la différence de température soit dit en passant.

Mon idée initiale de ne pas m’aventurer hors de l’appartement jusqu’au commencement du printemps – tout en me nourrissant de chocolat chaud, des crêpes et de télé par câble – ne s’est avérée envisageable que si je souhaitai ressembler à un ours à la fin de mon hibernation. Par conséquent, pour survivre, j’ai fait un plan en plusieurs points, impliquant un peu d’aide de mes amis – namely alcohol, shopping and the gym.

Avec mon patrimoine enchevêtré australo-polonais, il ne faut pas s’étonner de développer une histoire d’amour avec ma « confiance en flacon » bien-aimée. Et je suis très content que, comme depuis le début de ma vie d’adulte, l’alcool soit à nouveau là pour m’aider. Seul ou entre amis, il me donne toujours cette belle et chaude lumière intérieure, transcendant le froid et m’emmenant dans des lieux tellement plus chaleureux. Stay tuned for tales of my imminent stint in rehab.

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La concomitance fortuite des soldes d’hiver m’a aussi grandement aidé, me permettant d’utiliser un des meilleurs traitements : the shopping therapy. Alors que je parcours les penderies, me fraye un chemin à coup de coudes vers les cabines d’essayage et cherche désespérément à dénicher les bonnes affaires ; la pensée de l’hiver s’estompe – jusqu’à ce que je fasse un pas dehors pour me précipiter dans le magasin le plus proche. J’ai même pu agrandir encore ma collection d’écharpes, que certains osent déjà qualifier de dangereusement excessive. Personnellement, je pense qu’il est plus dangereux de ne pas avoir suffisamment d’accessoires pour s’adapter parfaitement à toutes les tenues de votre garde-robe, mais c’est peut-être un avis très personnel.

Maintenir ma routine sportive est aussi plus que réconfortant, preuve d’un combat continu pour bannir tous les excès de Noël. Toutes ces contractions musculaires, ces grognements et cette transpiration, réchauffent plutôt bien selon moi. Au pire, vous pourrez toujours détendre vos muscles fatigués dans l’étreinte chaleureuse du sauna ou au hammam. A défaut l’on peut toujours compter sur la kindness of strangers, souvent présents dans ces lieux – particulièrement dans ma salle de sport – afin de poursuivre le processus de réchauffage.

Je promets d’arrêter de vous harceler avec le froid, étant sûr de vous ennuyer autant que moi-même. Pour finir sur une note plus gaie, au moins quand il neige, j’ai quelque chose de joli à regarder pendant que les engelures me privent de divers appendices. Stay warm!

Bonne Année, Bonne Santé…

Une fois encore, je dois dire au revoir, à contrecœur, à la seule période de l’année où je peux m’asseoir sur les genoux accueillants d’un étranger pour lui parler de tous mes désirs les plus secrets sans être regardé comme un pervers. Quoique en y repensant des parents me regardaient bizarrement pendant que je me frayais un passage à coup de coude au travers leur progéniture afin de prendre la place qui m’était due sur les genoux du Père Noël. Cette période est suivie de près par celle où vous pouvez embrasser n’importe qui, sans crainte de récriminations et sans qu’il se débatte, afin d’accueillir dignement la nouvelle année.

1889513499_1Malheureusement, j’ai aussi dû abandonner mes amis et ma famille – et le glorieux climat australien – afin d’être aux côtés de mon mari pour l’arrivée de 2010. Comme cadeau de bienvenue, je n’ai même pas eu une fouille intégrale à la douane,  despite my insistence that I should be examined far more closely.

Les nouvelles ne sont pas toutes mauvaises, car j’attend avec impatience l’aube, afin de célébrer pour la première fois ledit événement dans l’hémisphère Nord. Au lieu de danser en short – sans doute torse nu – quelque part dans le port ; j’imagine que je serai précautionneusement drapé dans mes atours d’hiver, sirotant du champagne rosé en admirant un quelconque monument français merveilleusement illuminé.

Il est toujours difficile de prendre des résolutions pour la nouvelle année, car, le plus souvent, ces rêves finissent brisés et oubliés avant même que vous vous soyez remis des festivités. En effet ces dernières années, je m’étais décidé pour un « to be happy» générique afin de bâtir l’année suivante. Cette fois, je me sens un peu plus ambitieux et j’ai décidé de me fixer des buts.

Une fois écartées celles qui étaient un tantinet irréalistes – earn my first million, be very intimate with the entire French rugby team, win Star Academy – je me suis décidé pour une petite liste plus à ma portée.

www.petezimages.com

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Premièrement, terminer l’année avec un emballage de valeur égale ou supérieure à l’actuel. L’objectif caché est bien sûr de suivre le régime alimentaire et sportif nécessaire tout en résistant à l’écrasante pression de toutes les tentations parisiennes. Espérons que je trouverai quelque chose d’autre afin de garder ma bouche pleine pendant cette difficile période de jeun.

« Voyage, voyage, plus loin que nuit et le jour » – non que je m’ennuie de toutes les belles créatures de Paris mais je suis laissé dire qu’il y a un continent entier de garçons, pardon, de lieux, à explorer. Cela parait acquis si vous avez grandi de ce côté de la planète, mais pour un insulaire cela reste très nouveau.

Et bien sûr, le bonheur lui-même est en bonne position sur ma liste – par exemple un petit tacle avec Yoann Gourcuff entrerait clairement dans cette catégorie. Alors quelles sont vos résolutions? N’hésitez pas à mettre toute la liste, du rêvé au réaliste.

HAPPY NEW YEAR, Kisses to you all!!!

Santa Baby…

Imaginez, si vous le pouvez, un Noël sans frimas, sans neige et sans engelures. Un Noël où l’on s’ébattrait sur la plage, où l’on farnienterait à la piscine durant toute la saison des fêtes. Je vous entends crier « au fou », mais laissez-moi vous dire que ce bonheur n’est qu’à quelques dizaine d’heures d’avion.

Curieusement – et fort heureusement, je crois – il me semble que je finis toujours par revenir en Australie pour participer à l’orgie annuelle de nourriture, d’alcool, de cadeaux et de famille ; et ce dès que le givre et la nuit s’installent sur le Nord. Il s’agit des rares jours dans l’année où je laisse de côté mes inhibitions alimentaire et tente un coma diabétique volontaire. Il semblerait d’ailleurs que je sois loin d’être seul à réussir chaque année.

sexy_santa_4Les difficultés vont croissant pour le gros bonhomme au costume rouge quand il se risque « down under » : on dit qu’il est très difficile de poser des rennes sur une plage sans rater son créneau – mais j’ai été un gentil garçon et je veux mes cadeaux « Tout de suite ! Tout de suite ! Tout de suite ! »

Non pas que je sois opposé au concept de «White Christmas» ; promu dans tous les films ayant jamais eu trait à cette période ; simplement, avant de passer ici, je ne comprenais pas très bien les différences majeures existantes entre ces approches du Jour de Notre Seigneur et Sauveur – Santa. Les illuminations de Noël, par exemple, sont splendides sous des latitudes qui ont effectivement des journées courtes et des nuits sombres, plutôt que des soirées remplies de soleil et de ciel bleu.

En parlant de décorations, j’ai été récemment sans voix – difficile à imaginer je le sais – en regardant les vitrines remplies d’animatronics des Galeries Lafayette. Au milieu des grands classiques, tels les ours en peluche se vautrant sur la table de réveillon ou sous les branches du sapin, j’aperçu une bande de lapins extatiques pataugeant dans des coupes de champagne géantes.

Après m’être pincé pour y croire, je me mis à penser au message véhiculé à destination du public nombreux et juvénile de ce show Moite & Sambon. Ma traduction est la suivante : nous devons nous gaver de nourriture, ouvrir nos cadeaux et se saouler lourdement avant de s’empiler comme des lapins. D’autres peuvent en tirer une conclusion différente mais je pense qu’il s’agit du véritable message clé – come to think of it, that really isn’t any different to how I spend the festive season; but that’s a story for another time.

skiing-1Hélas, même les meilleures choses ont une fin et l’année prochaine apportera une nouvelle tradition… une tradition de Noëls glacés avec mon mari et ma belle-famille dans les Alpes. Si je suis contraint de subir un hiver européen, autant que cela soit dans les meilleurs conditions : ski, patins à glace, vin chaud… mais je ne sais pas comment je pourrais cultiver mon bronzage intégral. Que de sacrifices !

Merry Christmas to all and to all a good night.