Aux jeunes socialistes

Je me suis adressé hier à Strasbourg aux délégués au congrès du mouvement des Jeunes Socialistes (MJS). Voici le texte de mon intervention.

Chers amis, chers camarades,

Je suis heureux d’être au rendez-vous de votre congrès en cette période pleine de promesses. Vous avez toujours été au rendez-vous des luttes qui sont chères à HES.

Voilà déjà dix ans que le MJS est engagé en faveur de l’égalité des droits entre tous les couples. C’était bien il y a dix ans, au congrès de Lille, que le MJS a inscrit dans ses revendications l’ouverture du mariage et la reconnaissance de l’homoparentalité. Nous étions en 2001, deux ans seulement après le pacs, et vous parliez déjà du mariage. L’explosion de haine homophobe que le débat parlementaire avait suscitée était encore dans toutes les mémoires militantes. Depuis, il y a eu assez de dérapages, d’insultes et de crimes pour entretenir notre colère et notre détermination.

Je veux vous dire aujourd’hui que vous n’avez pas cessé d’être les premiers dans ce combat pour l’égalité des droits et contre l’ordre moral. Votre texte d’orientation a trouvé les mots justes : il parle d’amour. Ces mots justes, vous les avez portés, avec force et en couleurs, dans toutes nos marches des fiertés LGBT. Laurianne les a portés, avec obstination et avec lyrisme, de la tribune de La Rochelle à celle de la convention d’investiture de notre candidat François Hollande.

Les jeunes sont les premiers dans ce combat. L’âge n’explique pas tout. Mais force est de constater que les trois quarts des Français nés après 1960 sont favorables à l’ouverture du mariage, alors que plus de la moitié des Français nés avant 1960 y est opposée. C’est dire si nous avons besoin de la voix des jeunes pour avancer. Cette voix est attendue. Vous êtes là pour qu’elle soit entendue.

Votre mouvement est le porte-parole de la société qui change, qui avance, de cette société que parfois, les anciens ne comprennent plus. De cette société qui bouscule les conservatismes en permettant à chacun d’exercer ses libertés sexuelles et en distinguant entre la biologie, le sexe et la famille. Mais aussi en abordant différemment l’interdit de la drogue, le rapport à l’environnement, à la mobilité et aux frontières : tout ce qui fait que votre génération n’aura pas la même vie que celle qui domine en politique aujourd’hui.

En matière de lutte contre l’homophobie, la lesbophobie, la transphobie, votre voix, la voix des jeunes, est aussi attendue, parce que c’est de votre vie, de la vie des jeunes, que l’on parle. Je n’insisterai pas sur la vulnérabilité des jeunes LGBT devant les violences, les prises de risque et le suicide. Vous la connaissez puisque vous en avez tous été, à un moment ou à un autre, les témoins.

Je veux aussi vous dire que  votre mouvement est celui d’une jeunesse qui est née après le sida et qui n’a pas connu le sexe avant les trithérapies. Vous n’avez pas connu l’hécatombe qui a réduit les gays au silence, à la peur et à la honte pendant une dizaine d’années. Cela appartient maintenant à l’histoire. Cette histoire, il faut la connaître pour comprendre que les militants LGBT ne peuvent être autre chose que des militants de la lutte contre le sida.

Et comme militant de la lutte contre le sida, je veux rappeler que la pandémie continue à progresser, qu’elle continue à tuer par millions, et que tout geste d’ignorance ou de violence portés à l’égard d’un séropositif est un service rendu à la maladie. Je sais que nous serons rassemblés, le 1er décembre, pour manifester ensemble notre solidarité et notre impatience.

En regardant en arrière, nous voyons que nous pouvons être fiers de nous.

En France, l’homosexualité n’est plus un délit. Qui a fait voter la dépénalisation de l’homosexualité, il y a 30 ans ? Les socialistes Gisèle Halimi et Robert Badinter, appliquant une promesse de campagne de François Mitterrand.

En France, l’homosexualité n’est plus une maladie. Qui a dénoncé les classifications internationales qui rangeaient l’homosexualité parmi les maladies mentales ? Le ministre socialiste Edmond Hervé, en 1981.

En France, les discriminations homophobes sont illégales. Qui a interdit les discriminations à l’embauche fondées sur l’orientation sexuelle ? La ministre socialiste Martine Aubry, en 1992.

En France, les couples de même sexe sont reconnus. Qui a fait voter le pacs ? Les socialistes, autour de Patrick Bloche, il y a déjà douze ans.

Ailleurs en Europe, les couples de même sexe peuvent se marier, procréer, adopter. Grâce à qui ? Aux socialistes belges et aux socialistes espagnols. Et quand je dis les socialistes, je pense ici à Carmen Monton, la députée espagnole qui a rapporté la loi sur le mariage en 2005. Savez-vous quel âge elle avait, pendant ce débat parlementaire au cours duquel elle a défendu une des lois les plus symboliques du mandat de Zapatero ? 29 ans ! C’est aussi cela, les jeunes élus. Laurianne a eu raison de se battre pour que notre famille progresse en la matière.

En France, depuis 2002, la droite s’oppose à toute avancée des droits des personnes LGBT. Mais cela ne nous a pas empêchés d’agir.

Qui a proposé et défendu l’égalité des couples devant le mariage, en juin dernier à l’Assemblée nationale ? Les socialistes autour d’une proposition de loi dont François Hollande est le premier signataire.

Qui a proposé et défendu l’égalité des couples devant la pension de réversion, le mois dernier à l’Assemblée ? Les socialistes, autour de Marie-Françoise Clergeau.

Qui a proposé et défendu hier matin à l’Assemblée l’application du principe d’égalité entre toutes les discriminations, à travers les délais de prescriptions applicables aux injures haineuses ? Les socialistes, autour de Catherine Quéré.

Qui a fait voter au Conseil de l’Europe le principe de la simplification des procédures de rectification de l’état civil après un changement de sexe ? Le socialiste suisse Andréas Gross. Qui travaille aujourd’hui à son application en droit français ? La socialiste Michèle Delaunay.

Qui a fait voter au Parlement européen la protection du droit d’asile pour les personnes LGBT persécutées dans leurs pays ? La socialiste Sylvie Guillaume. Ce n’est pas parce que nous sommes à Strasbourg que je parle d’Europe. Si nous sommes socialistes, alors nous devons aussi porter notre regard au-delà des frontières. Et là aussi, nous pouvons être fiers. Les socialistes européens ont su défendre les libertés, en votant des textes qui ont amélioré la condition des personnes LGBT partout en Europe.

Nous pouvons être fiers de notre bilan, comme nous pouvons être fiers de notre projet. Dans ce domaine, il est maintenant connu.

La droite refuse l’égalité des droits. Avec François Hollande, nous la réaliserons, en ouvrant le mariage, l’adoption et la procréation assistée à tous les couples, sans discrimination.

La droite ignore les nombreuses familles, qui sont parfois des familles nombreuses, qui vivent l’homoparentalité. Avec François Hollande, nous les reconnaitrons, en protégeant les liens tissés entre les enfants et leurs parents non-biologiques.

La droite projette des enfants dans l’impasse en refusant de reconnaître que des familles se constituent grâce à des femmes qui portent un enfant sans vouloir en être la mère. Vous savez qu’HES promeut l’encadrement strict de la gestation pour autrui en France. Un chemin nous sépare sur ce sujet. J’espère que nous l’emprunterons bientôt ensemble. En attendant, avec François Hollande, nous ne fermerons pas les yeux sur la réalité, et nous permettrons la transcription sur les registres de l’état civil français de l’acte de naissance des enfants nés ainsi à l’étranger.

La droite a tué la Halde. Elle la dérangeait. Avec François Hollande, nous la rétablirons.

La droite maintient l’exclusion des gays du don de sang, alors que le nombre des donneurs recule. La France atteint péniblement le chiffre de 1,7 million de donneurs et laisse 1,2 million d’hommes à la porte parce qu’ils ont couché avec des hommes. Avec François Hollande, dès 2012, nous mettrons fin à cette aberration.

Nous pouvons être fiers des socialistes. N’hésitons pas à le répéter, à le crier pendant cette campagne : la gauche et la droite, pour les libertés, ça n’est pas pareil. Ne nous privons pas sur ce sujet : c’est un atout pour nous – nous sommes unis ; c’est une faiblesse pour nos eux – ils sont divisés !

Nous avons de belles marches devant nous, chers camarades. Cette année, nous avons tenu ensemble, avec Thierry, la banderole socialiste à la marche des fiertés LGBT de Paris. J’espère que nous nous retrouverons l’an prochain au même endroit pour fêter ensemble une nouvelle étape de l’égalité des droits !

5 commentaires

Lettre aux jeunes socialistes : voter PS c’est voter pour plus de chômage pour les jeunes.

Écrit par Petit Phoque le 29 novembre 2011 à 21:29

pourquoi de suite la caricature…….le socialisme ce n’est pas que des dépenses c’est de la redistribution de richesses et……la solidarité ce que la droite semble avoir oublié en étant sectaire car standardiste en refusant de reconnaître les couples gay

Écrit par valseavide le 30 novembre 2011 à 3:40

La redistribution de richesses, comme dit valseavide, consiste surtout à racketter la classe moyenne, qui travaille et qui épargne, pour financer la gabegie financière chère à la gauche. Il y a belle lurette que les riches ont quitté la France pour d’autres cieux. Il faudra bien que quelqu’un finance les délires de la gauche : ce sera la classe moyenne. Quant à l’aura culturelle dont la gauche a su se parer du temps de Mitterrand, il y a bien longtemps qu’elle a disparu. Le PS n’est plus qu’un parti de fonctionnaires soucieux de préserver leurs avantages acquis.

Écrit par Petit Phoque le 13 décembre 2011 à 20:59

Les jeunes rigoleront beaucoup moins lorsque Hollande fusionnera l’impôt sur le revenu et la CSG. Attendez-vous à des hausses très importantes d’impôt si vous faites partie de la classe moyenne. Il faut être maso pour voter à gauche.

Écrit par Petit Phoque le 13 décembre 2011 à 21:17

Je crois que la pensée caricaturiste n’as pas avancé dans le bon sens….c’est décevant…je ne votais pas à gauche jusqu’à présent (plutôt à droite) mais dire que la droite a fait avancer la cause gay est aussi caricaturiste. Je ne veut pas me laisser enfermer dans le conformisme droite ou gauche. Il faut simplement décider du candidat qui a le meilleur programme et les 5 ans passées n’ont pas été ,loin de là, un remède efficace pour les maux économiques français ( comme quoi l’idéologie n’as rien avoir avec cela) bien sur en prenant en compte la crise(mais cette excuse n’est pas valable dans ce cas ci), la dépense publique excessive…comment dire que seule la gauche souffre de ce mal (c’est l’économiste qui parle) . Alors tant qu’a choisir un candidat autant choisir le moins pire…Comment penser que la droite sarkozyste fera aujourd’hui ce qu’elle n’as pas fait hier…Il faut lever les yeux et être ouvert c’est comme ça que le monde avance dans le bon sens. Alors a bas les caricatures de tous les bord ! Vous devez pourtant être bien informés pour ce que nous sommes que les caricatures n’apportent que l’obscurantisme….

Écrit par valseavide le 1 avril 2012 à 2:35

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