Aux jeunes socialistes

Je me suis adressé hier à Strasbourg aux délégués au congrès du mouvement des Jeunes Socialistes (MJS). Voici le texte de mon intervention.

Chers amis, chers camarades,

Je suis heureux d’être au rendez-vous de votre congrès en cette période pleine de promesses. Vous avez toujours été au rendez-vous des luttes qui sont chères à HES.

Voilà déjà dix ans que le MJS est engagé en faveur de l’égalité des droits entre tous les couples. C’était bien il y a dix ans, au congrès de Lille, que le MJS a inscrit dans ses revendications l’ouverture du mariage et la reconnaissance de l’homoparentalité. Nous étions en 2001, deux ans seulement après le pacs, et vous parliez déjà du mariage. L’explosion de haine homophobe que le débat parlementaire avait suscitée était encore dans toutes les mémoires militantes. Depuis, il y a eu assez de dérapages, d’insultes et de crimes pour entretenir notre colère et notre détermination.

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Mémoire sélective

Les militants qui veulent voir les propos homophobes dûment sanctionnés sont tenus à la promptitude. Car trois mois après la diffusion d’une injure homophobe, celle-ci s’efface de la mémoire des juges. Trois mois, c’est en effet le délai de prescription qui vaut pour les injures homophobes. La disposition est contrariante. Chacun en a pris la mesure l’an passé. Les propos homophobes de Sexion d’Assaut, publiés en juin 2010, ont été absouts en septembre 2010, trop tôt pour que la riposte s’organise. Tandis que ceux qui s’en sont pris aux participants à un kiss-in, sur le parvis de Notre-Dame en février 2010, ont bénéficié, eux aussi, d’une généreuse prescription.

Depuis 2004, il y a une différence entre les règles qui s’appliquent aux propos sexistes, homophobes ou handiphobes, prescrits en trois mois, et celles qui s’appliquent aux propos racistes, xénophobes ou antisémites, prescrits en un an. Selon la loi, “sale pédé” ou “sale gouine” s’oublie donc quatre fois plus vite que “sale nègre” ou “sale juif”. Cette différence n’a aucun sens. Il n’y a pas lieu de discriminer entre les discriminations.

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