Ce mot m’avait surpris, à la première lecture. Il figurait en 2006 dans la présentation de la campagne du Conseil de l’Europe “Tous différents, tous égaux“. Elle se fixait comme objectif : “la lutte contre le racisme, l’antisémitisme, l’Islamophobie, le sexisme, le nationalisme, l’anti-gypsisme, l’homophobie, la xénophobie et l’intolérance“. Vaste et séduisant programme : chacun de ces mots est source de mille et un débats, sémantiques, historiques, politiques, sociologiques, psychologiques. Dans cette liste des haines à combattre, l’anti-gypsisme m’était alors inconnu. Quelques clics plus tard, j’apprenais que ce mot (anti-gypsyism en anglais, parfois traduit par antitsiganisme en français) désigne la haine à l’égard des roms.
Chaque année, lors des cérémonies en hommage aux victimes de la déportation, les militants LGBT peuvent lire, aux cotés du triangle rose que portaient les homosexuels dans les camps, parmi d’autres symboles, le triangle brun attribué aux tsiganes. 15.000 tsiganes ont été arrêtés en France et déportés pendant la seconde guerre mondiale. En tout, le nombre de victimes tsiganes des nazis est de l’ordre de 250.000. L’anti-gypsisme a perduré bien au-delà du régime nazi. Valeriu Nicolae, d’ERGO (European Roma Grassroots Organisation), le définit ainsi : « une forme spécifique de racisme, une idéologie basée sur la supériorité raciale, une forme de déshumanisation et de racisme institutionnel alimenté par une discrimination historique ».
- Par Gilles Bon-Maury |
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