Anti-gypsisme

Ce mot m’avait surpris, à la première lecture. Il figurait en 2006 dans la présentation de la campagne du Conseil de l’Europe “Tous différents, tous égaux. Elle se fixait comme objectif : “la lutte contre le racisme, l’antisémitisme, l’Islamophobie, le sexisme, le nationalisme, l’anti-gypsisme, l’homophobie, la xénophobie et l’intolérance“. Vaste et séduisant programme : chacun de ces mots est source de mille et un débats, sémantiques, historiques, politiques, sociologiques, psychologiques. Dans cette liste des haines à combattre, l’anti-gypsisme m’était alors inconnu. Quelques clics plus tard, j’apprenais que ce mot (anti-gypsyism en anglais, parfois traduit par antitsiganisme en français) désigne la haine à l’égard des roms.

Chaque année, lors des cérémonies en hommage aux victimes de la déportation, les militants LGBT peuvent lire, aux cotés du triangle rose que portaient les homosexuels dans les camps, parmi d’autres symboles, le triangle brun attribué aux tsiganes. 15.000 tsiganes ont été arrêtés en France et déportés pendant la seconde guerre mondiale. En tout, le nombre de victimes tsiganes des nazis est de l’ordre de 250.000. L’anti-gypsisme a perduré bien au-delà du régime nazi. Valeriu Nicolae, d’ERGO (European Roma Grassroots Organisation), le définit ainsi : « une forme spécifique de racisme, une idéologie basée sur la supériorité raciale, une forme de déshumanisation et de racisme institutionnel alimenté par une discrimination historique ».

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Vraiment ?

« Le PS s’est déjà prononcé pour le mariage et l’adoption. Est-ce un engagement solide ? » Question que me posait une journaliste de Têtu la semaine dernière, en conclusion d’une interview consacrée à la loi argentine Matrimonio Igualitario. « Mariage homosexuel : que fait le Parti socialiste ? » Question posée sur Rue89 en intitulé d’une tribune partant des décisions rendues le 8 juillet par la Cour de cassation. Régulièrement, à l’occasion de la présentation des engagements socialistes en faveur de l’ouverture du mariage et de la reconnaissance de l’homoparentalité, des incrédules se manifestent.

Devons-nous cette incrédulité au souvenir du 9 octobre 1998, date du rejet du pacs en première lecture à l’Assemblée nationale, provoqué par la démobilisation des députés de gauche ? Ce serait oublier que le pacs était présenté par des députés socialistes, soutenu par un gouvernement socialiste, et que cette triste séance était aussi le résultat d’une mobilisation des députés de droite hostiles au pacs (Bayrou, Fillon, Sarkozy ont voté contre le pacs). Douze printemps se sont écoulés depuis.

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