“L’Etat ne doit pas nous dire avec qui nous marier”

Ce week-end, les jeunes socialistes étaient réunis en congrès à Grenoble. Ils ont adopté hier matin, à l’unanimité, une résolution proposée par HES (cf. billet précédent). C’est un acte politique, un engagement clair en faveur des combats pour les droits des personnes LGBT. Il ne nous surprend pas. Les jeunes socialistes ont toujours été à nos cotés pour bousculer les tabous et faire avancer le PS. Ils sont favorables au mariage et à la reconnaissance de l’homoparentalité depuis 2001. Ils participent chaque année aux marches des fiertés LGBT. Ils ont été partenaires de l’initiative que nous avons prise en 2007 pour protester contre les propos homophobes de responsables socialistes martiniquais. Comme chaque année, ils participeront, dans 10 jours, à la manifestation organisée à l’occasion de la journée mondiale de lutte contre le sida.

Aujourd’hui, dans son discours de conclusion du congrès des jeunes socialistes, la Première secrétaire Martine Aubry a mis l’accent sur les valeurs de la gauche, les engagements des socialistes et les dangers de la politique gouvernementale. Elle a insisté sur le travail à mener pour lutter contre les discriminations. Et elle a réaffirmé ses engagements en faveur de l’ouverture du mariage et de l’adoption aux couples de même sexe. “Nous voulons qu’on puisse aimer qui on veut… Quand on est d’ailleurs homosexuel, nous sommes pour le mariage et l’adoption. L’Etat ne doit pas nous dire avec qui nous marier ni qui on doit aimer” (cf. article de la rédaction de TÊTU).

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Aux jeunes socialistes

Le mouvement des jeunes socialistes tient son congrès ce week-end à Grenoble. J’y ai présenté ce matin une résolution reprenant les principales propositions d’HES. Les délégués l’ont adoptée à l’unanimité. Voici le texte de mon intervention.

Chers amis, chers camarades,

J’ai le plaisir de vous présenter la résolution rédigée par HES pour votre 9ème congrès. HES est une vieille association. Elle a fêté ses 25 ans l’an dernier, avec beaucoup d’entre vous. Et nous savons, d’expérience, que le MJS est un atout maître, lorsqu’il s’agit de bousculer les tabous et de faire avancer le Parti socialiste. Cela a été vrai pour le pacs, cela a été vrai pour le mariage, cela a été vrai pour l’homoparentalité et pour la procréation médicalement assistée.

Mais cela ne résume pas ce que vous apportez à nos luttes. Tous vos combats, tous les combats de gauche, tous les combats pour l’émancipation et contre les inégalités, font avancer les droits des lesbiennes, des gays, des bis et des trans.

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“Vous pouvez vous embrasser”

« C’est mon droit de considérer que le mariage, c’est l’institution familiale qui permet d’avoir des enfants. » Ainsi s’exprimait le candidat Nicolas Sarkozy sur TF1, le 5 février 2007, dans l’émission J’ai une question à vous poser, pour justifier son refus d’ouvrir le mariage aux couples de même sexe. En France, aujourd’hui, la majorité des enfants naissent en dehors du mariage. Les couples stériles, que ce soit en raison de l’âge ou de l’état de santé, ont toujours eu le droit de se marier. Et surtout, les couples homosexuels ont des enfants. « Le mariage, c’est l’institution familiale qui permet d’avoir des enfants », voilà bien une phrase stupide.

Le mariage, c’est une institution républicaine qui protège les couples et leurs familles. Les socialistes reconnaissent les couples de même sexe. Ils luttent contre les discriminations. Ils n’acceptent pas que les institutions républicaines s’ouvrent aux uns et se ferment aux autres en fonction de l’orientation sexuelle. Ils savent que les discriminations, lorsqu’elles sont commises par la République, rendent leurs cibles plus vulnérables devant les violences et moins vigilantes à l’égard des prises de risques.

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Le prix de l’égalité

Il n’y a pas de petites économies“. Ainsi s’exprimait le 21 octobre dernier Richard Mallié, député UMP des Bouches-du-Rhône, à la tribune de l’Assemblée nationale, pour remettre en cause le projet de budget de la haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (HALDE). Et de citer Jean-Baptiste Say : “L’économie est fille de la sagesse et d’une raison éclairée. Elle sait se refuser le superflu pour se ménager le nécessaire.

Les moyens de la HALDE sont-ils superflus ? La HALDE a été créée par une loi du 30 décembre 2004, en application d’une directive européenne du 29 juin 2000. Depuis, le nombre de réclamations dont elle est saisie ne cesse d’augmenter, comme l’indique son dernier rapport annuel. Le travail est immense pour améliorer le taux de traitement des faits de discrimination. Pour y parvenir, la HALDE doit développer ses antennes locales et a besoin de moyens.

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