La gauche en tête

Les papiers de Didier Lestrade me plaisent souvent. Son parcours militant lui donne pour ainsi dire carte blanche, et il ne se prive pas. Sa plume est souvent sanglante. Mais même dans l’excès, il peut rester audible. Sa posture de dénonciation permanente, aussi irritante soit-elle, peut poser de bonnes questions.

Le papier qu’il a choisi de publier au soir du 1er tour de l’élection régionale appelle une réponse. Certains des postulats de l’auteur me sont étrangers, à commencer par celui de l’existence d’une communauté LGBT. C’est un vieux débat. Je crois pour ma part qu’on peut parler à la première personne pour mener des combats politiques, sans pour autant les inscrire dans le mythe d’une communauté de destin. Cela explique sans doute que je ne partage pas son avis sur le rôle des associations LGBT. Ce débat-là n’est pas nouveau, et il se poursuivra.

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Pour quoi voter ?

Dans deux semaines, les Français désigneront leurs nouveaux conseillers régionaux. Pendant cette campagne, on a plus souvent vu les journaux s’ouvrir sur les querelles de personnes, peu glorieuses,  que sur les projets présentés par les candidats. C’est dommage. Les compétences que la loi accorde aux conseils régionaux (développement économique, transports, aménagement du territoire, lycées et CFA…) sont délimitées. Mais cela ne les empêche pas d’avoir des idées et d’agir, y compris dans le domaine de la lutte contre les discriminations.

Les adhérent-e-s d’HES ont adopté en décembre leur contribution à l’attention des candidat-e-s socialistes. Le PS a élaboré une plate-forme nationale de propositions, parmi lesquelles on trouve la création d’une mission régionale de lutte contre les discriminations.

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Rivalités haineuses

Les partis politiques, comme le dit élégamment la Constitution, “concourent à l’expression du suffrage“. Autrement dit, ils structurent le débat public autour de valeurs et de propositions et ils désignent les candidats qui doivent incarner ces valeurs devant les électeurs et, une fois élus, mettre en oeuvre ces propositions.

Cette désignation n’est pas l’instant le plus riche d’un parti. Composer une liste de candidats est toujours un exercice douloureux, dès lors qu’on s’impose une démocratie interne qui suppose une délibération collective, un débat et un vote. Il y a toujours plus de candidats à l’investiture que de places sur la liste. Il y a toujours plus de malheureux recalés que d’heureux investis.  Et tout rassemblement se traduit par l’intégration sur la liste de candidats d’un parti ami, candidats à qui il faut faire une place en en sortant d’autres.

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Campagnes LGBT

Qu’est-ce que les militants LGBT doivent attendre des campagnes électorales ? Un bilan contradictoire des actions menées par les sortants. Un exposé précis des projets portés par chacun. Une analyse des discours, des valeurs portées par les candidats et par leurs partis. C’est à partir de ces bilans, de ces projets et de ces valeurs que les militants peuvent soutenir, ignorer ou dénoncer tel candidat, telle liste, tel parti.

C’est le sens des débats contradictoires organisés par les associations LGBT et des questionnaires adressés à chaque liste, dont les réponses seront publiées. Il s’agit bel et bien de débats de fond, d’engagements sur des actes et sur des résultats.

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Riposte

Dans le prolongement du travail mené par HES dans le cadre des états généraux de la bioéthique, et en réponse aux thèses hostiles à la gestation pour autrui, auxquelles faisait écho le livre Corps en miettes, publié par Sylviane Agacinski l’an dernier à grand renfort de publicité, j’ai voulu publier Familles en miettes.

Il s’agit d’un court essai qui plaide pour une définition plus ouverte de la famille et qui propose des arguments pour la dépénalisation de l’assistance médicale à la procréation et de la gestation pour autrui.

Dans toutes les bonnes librairies à partir de mardi ! Il peut également être commandé auprès de l’éditeur, ou sur les sites des libraires : AlapageAmazonChapitre, Decitre, DialoguesGibert Joseph, FNAC, Furet du nord, La ProcureMollat, Sauramps

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Mauvais rapport

La mission d’information sur la révision des lois bioéthiques a adopté hier le rapport proposé par Jean Leonetti (UMP). Le travail de cette mission avait été rendu juridiquement nécessaire par le fait que la loi du 6 août 2004 sur la bioéthique imposait une clause de révision générale à cinq ans. Parmi les nombreux sujets soulevés par cette mission, ceux de la gestation pour autrui et de l’ouverture à toutes les femmes de l’assistance médicale à la procréation nous préoccupaient particulièrement.

En 1994, la première loi de bioéthique a inscrit dans le code civil que « toute convention portant sur la procréation ou la gestation pour le compte d’autrui est nulle ». Cet interdit ne se justifie plus. Les connaissances se sont enrichies et les pratiques ont changé, même si les théories défendues à l’époque trouvent encore des avocats. Durant ces quinze années, un « exil procréatif » – expression préférable à celle de « tourisme procréatif » – s’est développé. En effet, la gestation pour autrui est libre dans un grand nombre de pays comme certains États américains, le Canada, le Royaume-Uni, la Grèce ou encore Israël, l’Iran, l’Ukraine, la Russie ou l’Inde.

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Humanisme

José Sócrates, le Premier ministre portugais, est intervenu ce matin devant l’Assemblée de la République pour présenter personnellement un projet de loi portant ouverture du mariage aux couples de même sexe. Cette réforme figurait au programme des socialistes pour les élections législatives de septembre 2009. Le projet de loi a été présenté en Conseil des ministres en décembre 2009. Le rapport de la commission parlementaire a été rendu mercredi dernier. Sans perte de temps, la loi vient d’être votée

La droite s’y opposait. Une pétition de 90.000 signataires, relayée par les autorités religieuses portugaises, sollicitait l’organisation d’un référendum sur la question. Manoeuvre dilatoire à laquelle José Sócrates a répondu ce matin : “Nous nous inscrivons dans le programme que nous avons présenté pour les élections législatives, dans lequel nous avons clairement et précisément promis d’ouvrir le mariage civil aux personnes du même sexe.

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Gratuite, laïque, publique

HES a organisé un débat sur l’homophobie à l’école, vendredi soir à Marseille, autour de militants LGBT, d’élus et de responsables socialistes des Bouches-du-Rhône, mais aussi de la représentante du Recteur d’Aix-Marseille.

Les socialistes sont attachés à l’école gratuite, laïque, publique. Ils ont dénoncé les discours présidentiels qui placent le curé devant l’instituteur. Ils ont dénoncé la loi Carle, adoptée en septembre dernier, qui accroit le financement public des écoles privées. L’éducation est l’un des 3 E qui font le programme des socialistes pour les régionales de 2010 : Education, Emploi, Environnement, à opposer aux 3 I qui font l’action du gouvernement : Identité nationale, Immigration, Insécurité.

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Les régions qu’on aime

Les socialistes étaient réunis à Tours aujourd’hui, pour lancer la campagne des élections régionales des 14 et 21 mars prochains. HES participait à ce rendez-vous. Ce lancement était l’occasion de valoriser ce que les régions socialistes ont fait depuis 2004, et de donner les grandes lignes du programme socialiste pour les prochaines élections.

Les compétences que la loi accorde aux conseils régionaux (développement économique, transports, aménagement du territoire, lycées et CFA…) sont délimitées. Mais cela n’a pas empêché les régions socialistes d’agir. Dans le domaine de la lutte contre les discriminations, les initiatives ont été nombreuses.

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Anthropométrie

Le concours Miss France fait rire. Helmut Fritz, Benoît Poelvoorde, Nicolas Canteloup, Florence Foresti (qui a récidivé), la chanson du dimanche et beaucoup d’autres ont su le tourner en dérision. C’est sans doute une raison de son succès. En 2009, plus de la moitié des téléspectateurs français regardent le concours Miss France sur TF1.

Miss France, c’est un concours de beauté, c’est-à-dire un concours visant à classer des candidates de la plus laide à la plus belle. La seule survivance de ce concours montre combien les rapports hommes / femmes sont encore déséquilibrés dans notre société. Le concours Miss France n’est ouvert qu’aux femmes célibataires de moins de 24 ans mesurant plus d’1m70 (la taille moyenne des femmes françaises est d’1m63). Les résidantes en France qui ne sont pas de nationalité française ne sont pas autorisées à concourir. Pas plus que les femmes trans, puisqu’il faut être “née de sexe féminin“. Il faut par ailleurs n’avoir jamais été pacsée ou mariée. Puritain, sexiste et discriminatoire. On se souvient même d’une candidate écartée du concours pour avoir embrassé une femme.

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