Les électeurs de 541 circonscriptions sont appelés à se rendre aux urnes dimanche. C’est de ce dernier rendez-vous électoral que dépendra la majorité qui aura la faculté de changez nos lois jusqu’en 2017.
Au second tour, l’alternative est simple : donner une majorité à François Hollande pour lui permettre de tenir ses engagements, ou voter pour ses adversaires pour l’en empêcher.
Symétriquement, le refus explicite de l’égalité compte parmi les arguments sélectionnés pour figurer noir sur blanc dans la profession de foi du candidat sortant : “Je ne suis pas favorable au mariage et à l’adoption par les couples homosexuels.”
Toute campagne électorale a ses évidences et ses surprises. Pour les personnes LGBT, l’évidence de 2007 se renouvelle en 2012 : les candidats de gauche sont engagés en faveur de l’égalité des droits ; tandis que les candidats de droite protègent un modèle ancien du couple et de la famille, dont ils excluent les personnes LGBT. La gauche est engagée pour l’ouverture du mariage et la reconnaissance des familles homoparentales. La droite s’y oppose.
En vitrine depuis jeudi dernier, le dernier livre de Lestrade, “Pourquoi les gays sont passés à droite“, a déjà été abondamment commenté. Les Inrocks, Libération, L’Express, Yagg lui ont consacré des chroniques gourmandes. En 140 pages, dans le style colérique, revanchard et définitif qu’on lui connait, il assène ses postulats l’un après l’autre.
Ce matin, Libération a choisi une couverture choc pour vendre ses 120.000 exemplaires quotidiens (ci-dessous, à gauche). Un petit Sarkozy penaud passant la bague à l’énorme index d’un gay barbu, vêtu d’un slip blanc et d’une casquette de cuir. Goguenard, le directeur de la rédaction du journal rappelait hier que le couple s’était déjà rencontré le 25 juin 2011 (ci-dessous, à droite), 150 numéros de Libération plus tôt. Sommet de la subversion dérisoire ou de la dérision subversive, le couple devient donc le running gag du quotidien. Il ne faut pas prendre les passants qui traversent les maisons de la presse pour des abrutis. Ils comprennent très bien le second degré et se mobiliseront tous en faveur de l’ouverture du mariage à tous les couples.
Cette image pourrait donner aux moins drôles l’envie facile de refermer le journal. Seulement voilà, elle est placardée en couverture. Il leur faudra donc ouvrir Libération pour y échapper. Et c’est à ce moment là qu’ils se sentiront dans le même état que le Sarkozy croqué en couverture : piégés.
À la veille d’une nouvelle année pleine de promesses pour les droits des personnes LGBT en France, l’heure est aux rétrospectives, aux vœux et autres bonnes résolutions.
À défaut d’un bilan, c’est un bêtisier exceptionnellement riche que les militants LGBT français retiendront de l’année 2011. Pour l’alimenter, l’équipe sortante, celle de Nicolas Sarkozy, s’est montrée généreuse et créative.
Je me suis adressé hier à Strasbourg aux délégués au congrès du mouvement des Jeunes Socialistes (MJS). Voici le texte de mon intervention.
Chers amis, chers camarades,
Je suis heureux d’être au rendez-vous de votre congrès en cette période pleine de promesses. Vous avez toujours été au rendez-vous des luttes qui sont chères à HES.
Voilà déjà dix ans que le MJS est engagé en faveur de l’égalité des droits entre tous les couples. C’était bien il y a dix ans, au congrès de Lille, que le MJS a inscrit dans ses revendications l’ouverture du mariage et la reconnaissance de l’homoparentalité. Nous étions en 2001, deux ans seulement après le pacs, et vous parliez déjà du mariage. L’explosion de haine homophobe que le débat parlementaire avait suscitée était encore dans toutes les mémoires militantes. Depuis, il y a eu assez de dérapages, d’insultes et de crimes pour entretenir notre colère et notre détermination.
Depuis 2004, il y a une différence entre les règles qui s’appliquent aux propos sexistes, homophobes ou handiphobes, prescrits en trois mois, et celles qui s’appliquent aux propos racistes, xénophobes ou antisémites, prescrits en un an. Selon la loi, “sale pédé” ou “sale gouine” s’oublie donc quatre fois plus vite que “sale nègre” ou “sale juif”. Cette différence n’a aucun sens. Il n’y a pas lieu de discriminer entre les discriminations.
Nommée en juin dernier, la secrétaire d’État chargée de la famille est sortie de l’ombre. Pour la protection des familles homoparentales, ce département ministériel est évidement clef. L’an prochain, si la gauche sort victorieuse des élections présidentielle et législatives, c’est là, ainsi qu’à la Chancellerie, que s’écriront les réformes attendues : ouverture du mariage, de l’adoption, ouverture de l’insémination par don anonyme, élargissement de la délégation d’autorité parentale.