Outre-mers & pairs

Une actualité des homophobies & du sida du point de vue des minorités ethniques en France ultramarine & hexagonale, par David Auerbach Chiffrin

Homophobe, transphobe : François 1er n’est pas le pape de nos rêves – Communiqué de presse n°TRF2013-04B

jorge_mario_bergoglio_homophobe_transphobe_20130313
FÉDÉRATION TOTAL RESPECT

HOMOPHOBE,
TRANSPHOBE:
FRANÇOIS 1ER
N’EST PAS LE PAPE
DE NOS RÊVES

RIVIÈRE-PILOTE, MERCREDI 13 MARS 2013
COMMUNIQUÉ DE PRESSE N°TRF2013-04C
_

Le cardinal argentin Jorge Mario Bergoglio est désormais le pape François 1er.

SANS SURPRISE (les 115 cardinaux-électeurs ont tous été nommés par Jean-Paul II ou Benoît XVI, deux papes activement homophobes), le nouveau pape est homophobe voire transphobe : en 2010, il s’est opposé – en vain – au mariage homosexuel en Argentine, parlant de «zoophilie» ; il s’est élevé contre le droit octroyé aux personnes trans de changer de sexe à l’état civil.

SANS SURPRISE ENCORE (comme Jean-Paul II & Benoît XVI qui avaient condamné la théologie de la libération), le nouveau pape ne s’est pas distingué par une opposition farouche aux dictatures latino-américaines : en 2007, lors du procès du père Christian von Wernich, il a même – contre toute évidence – nié toute implication de l’église catholique dans leurs crimes.

SURPRISE : en 2001, le cardinal Bergoglio a lavé les pieds de personnes atteintes du sida, à l’hôpital Francisco-Muniz de Buenos Aires (spécialisé dans le traitement des maladies infectieuses) ; il aurait également lavé les pieds de personnes usagères de drogues. UN BON POINT, DEUX MAUVAIS : FRANÇOIS 1ER EST UN PAPE À SUIVRE… SANS ILLUSION.

EN SAVOIR PLUS
https://www.facebook.com/10151330428238693

Total Respect solidaire des femmes & des lesbiennes africaines & ultramarines

FÉDÉRATION TOTAL RESPECT

TOTAL RESPECT
SOLIDAIRE
DES FEMMES &
DES LESBIENNES
AFRICAINES &
ULTRAMARINES

RIVIÈRE-PILOTE, VENDREDI 8 MARS 2013
COMMUNIQUÉ DE PRESSE N°TRF2013-05A
_

En cette nouvelle Journée mondiale des femmes, la Fédération Total Respect / Tjenbé Rèd est solidaire des femmes & des lesbiennes africaines & ultramarines, noires & métisses, cisgenres & transgenres, voilées ou cheveux au vent.

Parce que l’égalité des droits ne se divise pas, nous demandons l’ouverture de la PMA (procréation médicalement assistée) à toutes les femmes, sans distinction d’orientation sexuelle ou d’identité de genre ; l’abandon des mesures susceptibles d’aggraver l’exposition des travailleuses du sexe aux violences & aux risques de santé (comme la pénalisation des clients ou du racolage public) ; le développement d’une éducation contre le sexisme & son exploitation commerciale par la publicité ou l’industrie des jouets.

Pour marcher avec le collectif «8 mars pour toutes», RDV ce soir à 18h30, place Stalingrad, [https://www.facebook.com/events/499322686795833] ; pour assister à un hommage à la chanteuse & militante féministe & antiraciste Nina Simone, avec le collectif afro-alternatif de musiciennes & artistes «Sister Sider», RDV ce soir ou demain à 21h00, L’Entrepôt, 7, r. Francis-de-Pressensé, Paris XIVème, m° Pernety [https://www.facebook.com/events/423885427702936].
_

EN SAVOIR PLUS
https://www.facebook.com/events/421469211270635

Vendredi, 20h00 : le Vatican vide ses poubelles

religion_is_like_a_penis_20130213

FÉDÉRATION TOTAL RESPECT
https://www.facebook.com/10151303476423693

VENDREDI, 20H00 :
LE VATICAN VIDE
SES POUBELLES

RIVIÈRE-PILOTE, JEUDI 27 FÉVRIER 2013
COMMUNIQUÉ DE PRESSE N°TRF2013-04B
_

Demain à 20h00, Benoît XVI cessera d’exercer ses fonctions de chef de l’église catholique. Alors que, depuis l’annonce le 11 février de sa démission, les médias français dégoulinent de propos complaisants sur sa «clairvoyance» & sa «modernité» supposées (au point qu’on se demande si la séparation de l’église & de l’État a bien eu lieu), Total Respect rappelle que ce pape aura été à la pointe de nombreux combats contre les droits humains.

Depuis son entrée en fonction le 19 avril 2005, Joseph Ratzinger n’aura eu de cesse de poursuivre & d’aggraver la politique homophobe de Jean-Paul II (qu’il inspirait déjà en publiant en 2003, alors simple cardinal, des «Considérations» hostiles aux unions homosexuelles). En 2005, en plein scandale des prêtres pédophiles, il publie une «Instruction sur la vocation des personnes ayant des tendances homosexuelles», assimilant homosexualité & pédophilie. En 2009, il lève l’excommunication d’un évêque négationniste, Richard Williamson, puis déclare, dans un avion qui le conduit en Afrique, que les «préservatifs augmentent le problème du sida».

David Auerbach Chiffrin, porte-parole de Total Respect, a déclaré : «Notre rôle n’est pas de nous prononcer sur des questions religieuses mais de nous opposer aux responsables religieux dont l’action a pour effet d’aggraver les discriminations qui pèsent sur les personnes victimes des racismes, des homophobies ou du sida : tel aura été le cas du pape Benoît XVI.»

EN SAVOIR PLUS

https://www.facebook.com/10151303476423693

Le Cégom parle de sida dans Culture Femme

Le magazine Culture Femme paru le 12 février publie un entretien avec le Cégom, présidé par le sociologue martiniquais Pierre Pastel, et l’interroge notamment sur son ambition d’être un «avocat pour les Français/es d’outre-mers» : l’organisation ultramarine revendique ce rôle, à sa place «bien précise» qui est celle d’une association «appartenant à la société civile», présente outre-mers comme dans l’Hexagone.

Le Cégom rappelle le cadre historique des Égom (États généraux de l’outre-mer), qui ont mobilisé les Français/es d’outre-mers et leurs proches tout au long de l’année 2009 avant que l’État ne retienne «137 mesures» : l’engagement du Cégom est de «poursuivre cet effort» et de «veiller à ce qu’il n’ait pas été accompli en vain».

Interrogé sur son récent audit des politiques publiques, intitulé, d’après la contribution de l’une des 62.412 personnes consultées : «Awa, j’adhère pas ! Financièrement, on s’enfonce», le Cégom confirme que le principal problème identifié reste, sans surprise, la faiblesse des revenus des Français/es d’outre-mers.

Questionné sur leur santé, le Cégom rappelle que «l’obésité, la drépanocytose, le diabète, le sida, l’alcoolisme ou le cancer de la prostate constituent des maux que les Français/es d’outre-mers connaissent avec une intensité notable» et que «l’État s’est engagé à réaliser une étude sur leurs conditions de vie, notamment en matière de santé».

Enfin, interrogé sur le lien des outre-mers avec l’Afrique, le Cégom reconnaît l’importance de ce lien, précisant cependant qu’il n’a pas le même sens «pour les populations caribéennes, réunionnaises, mahoraises, mélanésiennes ou polynésiennes».

- – -
Contact :
David Auerbach Chiffrin,
porte-parole national
contact@cegom.org
06 96 32 56 70
06 10 55 63 60
- – -

RÉFÉRENCES

https://www.facebook.com/notes/lecegom/culture-femme-publie-un-entretien-avec-le-cegom-qui-entend-poursuivre-leffort/608478835833139

Conférence avec le Cafam dimanche 17 février à St-Denis : «Le mariage universel, qu’en disent les Antillais-e-s»

jacob_desvarieux_20130204

FÉDÉRATION TOTAL RESPECT
https://www.facebook.com/events/513399278712339/
_

Le Cafam (Centre d’aide aux familles matrifocales & monoparentales), fondé par la psychologue Viviane Rolle-Romana, invitera demain la Fédération Total Respect / Tjenbé Rèd à s’exprimer lors d’une conférence d’actualité sur le thème : «Le mariage pour tous, qu’en disent les Antillais ?»

Alors que la droite & l’extrême droite instrumentalisent avec cynisme les positions homophobes de certains élus ultramarins, Total Respect remercie le Cafam & sa présidente, Hélène Loredon, de cette parole donnée à celles & ceux qui constituent probablement – certes – une minorité des Français/es d’outre-mers mais n’en restent pas moins (précisément & contrairement à ce que l’on entend parfois) des Français/es d’outre-mers.

Un échange avec le public suivra le propos initial de notre porte-parole, David Auerbach Chiffrin : RDV, pour l’ensemble des personnes intéressées, dimanche 17 février 2013 de 15h00 à 17h00, salle Saint-Denys, 8, rue de la Boulangerie à Saint-Denis (métro Saint-Denis-Basilique).
_

Contact : federation@tjenbered.fr | 06 96 32 56 70 | 06 10 55 63 60

EN SAVOIR PLUS

https://www.facebook.com/events/513399278712339/

Les États généraux du sida en Martinique présentés sur Radio Saint-Louis

20100725-97
Le 7 décembre, à la suite de la Journée mondiale de lutte contre le sida, Radio Saint-Louis, radio catholique diocésaine de Martinique, recevait l’association Tjenbé Rèd Prévention au sujet des futurs États généraux des PVVIH (personnes vivant avec le virus de l’immunodéficience humaine ou avec le sida, syndrome de l’immunodéficience acquise) en Martinique.

Tjenbé Rèd Prévention diffuse aujourd’hui, à toutes fins utiles, le texte des 41 minutes de cet entretien [A], mené par la journaliste Mme Nadiège Pastel.

[A] 7 décembre 2011 – Entretien avec Tjenbé Rèd Prévention diffusé par Radio Saint-Louis au sujet des États généraux des PVVIH en Martinique
http://www.tjenbered.fr/2011/20111207-89.mp3
[00’00-13’02] (partie n°1, 17,8 Mo – début de l’entretien à 01’25)
http://www.tjenbered.fr/2011/20111207-88.mp3
[13’03-41’00] (partie n°2, 38,3 Mo)
_

http://www.tjenbered.fr/2011/20111207-89.mp3
[00’00-13’01] (partie n°1, 17,8 Mo – début de l’entretien à 01’25)

[00’00] Musique («Maman et puis papa…»)

[01’25] Radio Saint-Louis (RSL) | Amis auditeurs de Radio Saint-Louis, bonjour à vous, nous avons le plaisir et disons la surprise d’accueillir pour vous M. David… «Auerbach Chiffrin» – aah ! je suis sûre que j’ai bien… c’est ça ?

[01’40] Tjenbé Rèd Prévention (TRP) | Exactement, bravo, toutes mes félicitations et merci de votre accueil !

[01’44] RSL | Un contact inattendu mais qui tombe à pic. Bien que le mois de décembre soit déjà bien entamé, nous savons que le 1er décembre est consacré au sida, à faire mémoire, à parler de ces différentes actions qui sont menées dans cette problématique. Aujourd’hui, vous nous venez avec comme objectif de nous rappeler l’existence de plusieurs associations, notamment Tjenbé Rèd Prévention. [...]

[02’30] TRP | Alors, ce n’est pas seulement mon objectif. Je suis venu… Je viens régulièrement en Martinique depuis 2007, je suis moi-même originaire de Martinique et notre association, d’ailleurs, Tjenbé Rèd Prévention, existe aussi depuis 2007. L’objet de ce présent déplacement, outre de rendre visite à ma famille que je salue, c’est de venir un peu consulter à nouveau, finir un travail de consultation mené auprès des personnes qui agissent ici en Martinique toute l’année contre le sida. Ces personnes sont des associations comme Action Sida Martinique, comme Amvie ou maintenant Aides Martinique, ce sont des institutions comme l’ARS (Agence régionale de santé), comme également le Corévih qui est la coordination régionale de lutte contre le virus de l’immunodéficience humaine. Ces personnes ont pour mission, pour objectif de lutter en permanence en Martinique contre le sida, d’accompagner les PVVIH (personnes vivant avec le virus de l’immunodéficience humaine). Le VIH, c’est un mot qu’on prononcera souvent peut-être aujourd’hui, c’est le virus de l’immunodéficience humaine, c’est-à-dire en fait le virus qui attaque les défenses immunitaires de l’organisme et qui fait que si l’on ne se soigne pas, on attrape le sida et l’on tombe dans un stade de profonde faiblesse immunitaire et finalement de décès. Aujourd’hui, dans les pays développés, cela devient très rare, parce que les médicaments deviennent extrêmement efficaces, mais on dit plus souvent par commodité «le virus du sida», même si ce n’est pas exactement rigoureux mais ce n’est pas très grave, ce n’est pas un colloque scientifique.

[04’15] TRP | L’objet de ma présence est de pouvoir consulter ces acteurs pour mettre en route un projet qui est né au cours des États généraux de l’outre-mer [B]. Alors, les États généraux de l’outre-mer, on en a dit beaucoup de choses, je sais que cela a fait beaucoup de bruit. Au cours de ces États généraux, il se trouve que l’association dont je suis le porte-parole, Tjenbé Rèd Prévention, a évoqué la question du sida. Il se trouve, cela fut d’ailleurs notre grande surprise (nous, nous l’avons fait dans l’Hexagone, puisque nous y menons 85% de nos actions), il se trouve que nous avons été les seuls à le faire au cours de ces États généraux. Pour des tas de raisons, bonnes et mauvaises. Il y a des gens qui n’ont pas souhaité participer à ces États généraux de l’outre-mer, en 2009, pour des raisons sur lesquelles on ne va pas revenir, que tout le monde connaît. Nous, nous l’avons souhaité. Il se trouve aussi qu’il y avait des gens qui n’ont pas forcément saisi cette opportunité, peut-être pour des raisons de timidité, peut-être par crainte de ce que l’on appelle le «makrélage» [une version antillaise du bouche à oreille], qui n’ont pas souhaité venir dire : «Eh bien voilà, parmi les difficultés que nous rencontrons, il n’y pas seulement des problèmes d’emploi (ils existent, mais il n’y a pas que cela), il n’y a pas seulement des problèmes économiques, il n’y a pas seulement des problèmes de mémoire ou de culture ou d’identité, il y a aussi des problèmes de santé.» Il se trouve que la santé a été un peu oubliée.

[05’38] TRP | On a un peu parlé de chlordécone, quand même, en Martinique, mais à peine et en tout cas le sida on n’en a pas parlé du tout en Martinique, en tout cas pas au niveau, en 2009, des États généraux de l’outre-mer. Il se trouve que nous avons été les seuls à le faire dans tous les États généraux, dans les soixante-huit commissions qu’il y a eu dans tous les départements, territoires et dans l’Hexagone, et quand on s’est rendu compte qu’on avait été les seuls, on s’est dit : «Mais ça ne va pas, il y a quelque chose qui ne va pas.» Parce que les pourcentages d’infection, de présence du VIH dans les outre-mers… Alors, pas tous les outre-mers : particulièrement la Guyane, où il y a des taux hallucinants, la Guadeloupe (où il y a des taux très forts, deux fois plus élevés que la Martinique, maintenant), la Martinique également, où ça reste toujours trois fois plus élevé – je parle en termes de pourcentages – que dans l’Hexagone, il y a vraiment des taux extrêmement forts, à Saint-Martin aussi, et on s’est dit : «Mais pourquoi les gens n’en ont-ils pas parlé sur place ? Cela fait partie de leurs conditions de vie, cela fait partie éventuellement de leurs problèmes (peut-être pas toujours, puisqu’on n’a pas que des problèmes dans la vie même si on est malade, heureusement), pourquoi n’en ont-ils pas parlé ? Il faudrait absolument, pour travailler sur ces taux qui sont plus élevés, qui constituent une inégalité (à partir du moment où l’on est dans une même république, on est censé avoir droit à un même niveau de santé donc s’il y a un taux de maladie, de présence du virus qui est plus élevé, il faut travailler dessus), il faut faire non pas des États généraux de l’outre-mer – qui étaient déjà faits – mais des États généraux des PVVIH ou bien des personnes qui sont concernées, qui sont proches des PVVIH, il faut faire des États généraux sur le sida dans chaque département d’outre-mers concerné.»

[07’22] RSL | Il faut faire l’état des lieux, rappeler les attentes ou bien informer ou même oser en parler parce qu’en vous écoutant, je me rends compte aussi que c’est une question de tabou, aussi, on n’ose pas en parler, on ne se sent pas libre, on ne se sent pas aussi libre de parler de ce sujet que de parler de politique ou de critiquer…

[07’51] TRP | Tout à fait…

[07’52] RSL | … donc vous avez osé cette parole et en osant cette parole vous avez rencontré du monde, prêt à vous entendre, et vous avez collaboré avec d’autres partenaires.

[08’04] TRP | Tout à fait, dans chaque département. Nous allons visiter les trois départements, la Martinique, la Guadeloupe, la Guyane, nous allons visiter la Réunion, Mayotte, également Saint-Martin où il y a une situation qui est aussi très compliquée. Notre intuition de départ, c’était qu’il fallait cela, puis nous avons mis deux ans à passer de l’intuition au projet en route. Maintenant c’est inscrit au plan officiel de lutte contre le sida, fixé sur l’horizon 2014, qui a été lancé par l’État l’an dernier, par le ministère de la santé. C’est devenu un projet officiel [...] et l’objet de mon déplacement ici, c’est d’en parler à votre public puis de rencontrer, comme je vous l’indiquai, les principaux acteurs de lutte contre le sida, qu’il s’agisse d’acteurs associatifs ou institutionnels, pour déterminer les modalités précises, que là je ne vais pas vous indiquer puisque c’est à ces acteurs de les déterminer, certainement pas à moi.

[09’04] RSL | Vous avez aussi le projet aussi de mener campagne, si l’on peut dire, de sensibiliser…

[09’15] TRP | … de participer à l’effort de sensibilisation qui est fait tout au long de l’année en Martinique, déjà, par les acteurs locaux, donc ce n’est pas moi qui vais arriver avec mon petit drapeau pour faire ce travail qui est déjà très bien fait. Il s’agit juste d’apporter une idée, de la coordonner dans la mesure où cela sera utile et puis de l’animer, de participer à l’animation et à son suivi.

[09’35] RSL | Amis auditeurs, je rappelle que nous accueillons pour vous M. David «Auerbach Chiffrin»…

[09’43] TRP | Attention…

[09’45] RSL | C’est bien cela ?

[09’46] TRP | Mais tout à fait !

[09’48] RSL | … de l’association Tjenbé Rèd Prévention. Nous nous accordons juste une pause musicale et nous nous retrouvons juste après.

[09’57] TRP | Avec plaisir, merci beaucoup.

[09’59] Musique («Mwen compté sur ou… Ou mêm compté sur mwen…»)
_

http://www.tjenbered.fr/2011/20111207-88.mp3
[13’03-41’00] (partie n°2, 38,3 Mo)

[00’00] RSL | Nous poursuivons avec l’association Tjenbé Rèd Prévention et M. David Auerbach Chiffrin. Vous avez parlé de l’action que vous menez dans la lutte contre le sida, aussi, des actions de rapprochement, je pourrais dire, des esprits, des idées, vous avez parlé des collaborations que vous avez avec diverses organisations pour mener à bien des actions de sensibilisation, mais on aimerait savoir, au fait : est-ce qu’il y a des avancées au niveau du sida ?

[00’44] TRP | Alors, concernant les traitements, comme je vous le disais, oui : il y a beaucoup d’avancées. Aujourd’hui, on commence à disposer de démonstrations à peu près convergentes, il commence à y avoir ce qu’on appelle un consensus scientifique, pour dire qu’une personne aujourd’hui qui est porteuse du virus et qui est convenablement traitée n’est pas contaminante ou en tout cas très peu contaminante : alors, il faut se méfier, on n’est jamais à 100%, il y a toujours un risque théorique, mais enfin, par exemple, il y a de nombreuses études qui sont menées au sein de ce qu’on appelle des couples sérodifférents (c’est-à-dire des couples dont l’un des membres est séronégatif et l’autre séropositif, porteur du VIH)… Il faut un certain nombre de conditions, attention ! Il faut qu’il y ait un traitement régulier ; il faut que ce qu’on appelle la charge virale (c’est-à-dire le nombre de répliques du virus qu’on a dans le corps) soit indétectable par les tests de détection, c’est-à-dire qu’il soit très bas, que le traitement marche ; il faut qu’il n’y ait pas d’autres infections sexuellement transmissibles, comme la syphilis, et il faut également qu’il y ait… une exclusivité sexuelle des deux partenaires…

[02’07] RSL | Non, attends ! Il faudrait une fidélité entre les personnes ?

[02’14] TRP – Une fidélité sexuelle, tout à fait.

[02’15] RSL | Bon mwen préféré pawol ta la. Au moins, sa ka résoné an zorey nou, an nou. Continuez, continuez !

[02’21] TRP | Si ces conditions sont réunies, aujourd’hui un consensus scientifique émerge, depuis plusieurs années, qui est en train de se confirmer, pour dire qu’une personne convenablement traitée – avec toutes ces conditions – n’est pas contaminante. Concrètement, pour employer des termes un peu crus, son virus va se retrouver en très faible proportion dans ses liquides corporels, dans son sang, dans son sperme ou dans ses sécrétions vaginales pour une dame. Cette personne sera en théorie non contaminante. Il faut bien vérifier que toutes ces conditions sont réunies, qu’on n’est pas porteur à son insu d’une autre maladie sexuellement transmissible, et la question de la fidélité sexuelle, vous savez comme moi que c’est une vaste question ! Par exemple, le premier souci d’une personne hétérosexuelle qui souhaite avoir des enfants et qui est porteuse du VIH ou qui est en couple avec une personne qui est porteuse du VIH, c’est éventuellement de savoir s’il va être possible d’avoir des enfants naturellement ensemble.

[03’22] RSL | Eh oui…

[03’24] TRP | Aujourd’hui, dans à peu près 99% des cas, avec un accompagnement médical, il est possible d’avoir un enfant par voie naturelle quand on est un couple sérodifférent hétérosexuel.

[03’34] RSL | Il y a toujours quand même le risque, au moins 1%, que l’enfant puisse devenir porteur…

[03’41] TRP | Tout à fait mais c’est vraiment aujourd’hui un risque qui est considéré de plus en plus comme théorique. Je parle bien dans un pays développé où il y a un traitement médical, un suivi médical de qualité. Il faut faire attention. Par exemple, pour vous donner une anecdote, en Afrique, c’est une préoccupation de beaucoup de personnes, c’est là où l’épidémie est la plus grave avec l’Amérique latine et parmi également les populations précaires notamment dans les pays riches comme les États-Unis d’Amérique… globalement aux États-Unis d’Amérique ça va bien mais dans les populations précaires et beaucoup les noires, les taux sont beaucoup plus élevés. En Afrique, par exemple (je ne veux pas stigmatiser l’Afrique, on pourrait trouver des exemples ailleurs, mais il se trouve que les exemples que j’ai en tête me viennent de ce continent), certaines femmes sont parfois porteuses du virus, souhaitent avoir un enfant, ont un accompagnement médical qui leur permet de donner naissance à un enfant séronégatif. Simplement dans ces cas-là, l’allaitement est déconseillé. La mère ne doit pas allaiter son enfant. Elle doit donc lui donner un lait en poudre mais le problème est que lorsque vous rentrez au village et que vous devez…

[04’48] RSL | …

[04’49] TRP | … Ce n’est même pas tant l’argent (je vous vois faire un signe)… Si vous ne donnez pas le sein à votre enfant, tout le monde va se demander pourquoi vous ne donnez pas le sein et donc les langues vont parler. Ces mères, pour ne pas subir le poids de la stigmatisation, se retrouvent obligées de ne pas utiliser le lait en poudre qu’on leur a donné à l’hôpital au moment de partir de la maternité et allaitent leur enfant, ce qui fait que malheureusement on a certains enfants qui sont ainsi contaminés après la naissance. C’est pour vous donner un exemple. Cet exemple veut dire que souvent, nos raisonnements culturels, nos pratiques culturelles, notre façon de vivre font qu’on n’a pas toujours le comportement le plus rationnel vis-à-vis de ce virus mais cela, on le sait bien, dès qu’on est sur des matières qui touchent à la sexualité, à l’intimité, à l’enfantement, on n’est pas toujours malheureusement rationnel.

[05’37] RSL | Oui. Il y a plein de choses que nous ne contrôlons pas. Même si on voudrait avoir le langage un peu scientifique ou pseudo-scientifique, bon, la réalité est là pour nous dire : «Mais attention ! Il n’y a pas de science exacte» [en la matière]. Ceci dit, vous nous avez brossé un tableau au début de l’émission, en disant qu’aux Antilles, particulièrement aux Antilles françaises, le taux reste quand même important… Est-ce que… Je ne dirais pas «entre vous» mais avec ceux qui ont fait des recherches, vous avez des moyens pour dire quelles sont les raisons qui font que cela augmente ?

[06’14] TRP | Pourquoi chez nous ?

[06’15] RSL | Pourquoi est-ce que cela augmente malgré tout, malgré toute cette publicité, ces informations, que l’on donne à chaque manifestation sportive ou grand temps fort etc., pourquoi ?

[06’26] TRP | C’est une bonne question ! J’aimerais bien… Bon… Chacun a un peu ses éléments de réponse parce qu’on connaît tous des gens autour de nous avec lesquels on peut parler. Il faut savoir par exemple qu’à peu près 9% de l’ensemble des contaminations en France sont dans les départements d’outre-mers alors qu’il ne s’y trouve pas 9% de la population : vous voyez, c’est vraiment disproportionné. Alors, pourquoi ? Chacun a un peu ses réponses. Il y a déjà un truc tout bête, sans même aller chercher dans les raisonnements, dans les pratiques culturelles, c’est la proximité géographique avec des zones qui sont plus infectées, où le virus est plus présent qu’en Europe continentale. Cela vaut particulièrement pour la Guyane où il y a des taux qui sont à peu près vingt fois supérieurs à l’Hexagone (c’est incroyable ce qui se passe en Guyane). Cela vaut aussi un peu pour la Guadeloupe qui est plus proche de pays comme Haïti, où il y a des taux plus importants, tout simplement, et donc il y a une circulation des personnes, ce qui est normal. Cela vaut un peu moins pour la Martinique qui semble ces derniers temps s’en tirer un peu mieux mais qui reste quand même à des taux trois fois supérieurs à ceux de l’Hexagone. L’environnement géographique est donc un premier trait : on n’y peut rien, les îles sont là, les territoires sont là, on ne va pas les déplacer (en tout cas, ce serait difficile dans l’immédiat).

[07’37] TRP | Deuxième caractéristique, c’est là qu’on entre un peu dans le plus flou, c’est la façon de vivre, la façon de considérer les choses, la façon aussi de prendre soin de sa santé. Là, c’est moi qui parle, je n’engage que moi quand je vous dis cela parce que chacun a un peu sa vision de la chose, mais c’est un peu corroboré par certains entretiens que je peux avoir : je pense que nos compatriotes ont beaucoup de problèmes à parler de la santé parce qu’ils considèrent que c’est très intime – ce qui est une réalité – et que, finalement, cela ne se fait pas vraiment de parler de son intimité. C’est un peu comme cela que je vois les choses, c’est un peu corroboré par certains entretiens que j’ai, et du coup, finalement, on va un peu vers le médecin, vers le système de soin quand vraiment on est très malade. Cela vaut pour plein de choses, notamment pour la détection de certains cancers, par exemple, qui sont parfois détectés un peu trop tard, malheureusement, mais cela vaut aussi pour le VIH. Il y a aussi… Je croisais une fois M. Victorin Lurel [député et président du conseil régional de Guadeloupe] pour parler de ces thématiques et d’autres et il me disait : «Nous sommes dans une société d’interconnaissance». On est 400.000 personnes sur une île, tout le monde connaît tout le monde, si quelqu’un voit quelqu’un qui sort d’un dispensaire où éventuellement on sait que c’est souvent des PVVIH qui s’y rendent, le temps que la personne retourne dans son quartier ou dans son village, ça va être l’enfer. C’est une réalité ! Il y a cette peur-là du makrélage. Malheureusement, nos compatriotes parlent beaucoup de l’Éternel, de la puissance divine, mais il semblerait qu’il y ait un petit désaccord avec certaines pratiques comme le makrélage. Je me permets de dire cela, je ne donne aucune leçon : il semblerait ! Je n’ai pas l’impression que vous me démentez. C’est cette crainte, au-delà de la plaisanterie, c’est cette crainte de subir une certaine honte, un regard social dévalorisant, pénible… Il y a un autre élément aussi que je voudrais mentionner parce que c’est l’un des objets de notre association, c’est une certaine homophobie.

[09’44] RSL | L’homophobie, ça veut dire quoi ?

[09’45] TRP | L’homophobie, c’est le rejet, la dénonciation, la haine des personnes qui sont homosexuelles. Alors, pourquoi est-ce que je parle de cela ? Parce que… Comment dire… Parce que, tout simplement, le virus se transmet notamment par voie sexuelle et que lorsqu’on a des pratiques sexuelles qui sont vécues sous un regard social négatif, sous la honte, eh bien ces pratiques, ont les a souvent dans la discrétion, «an ba fey» [dans la discrétion voire la clandestinité]. Le problème est que plus on a des pratiques dans la discrétion, dans une certaine clandestinité, plus c’est difficile de les protéger. Une jeune personne aujourd’hui qui vit encore chez ses parents mais qui commence à découvrir qu’elle a des attirances pour des hommes si c’est un garçon, par exemple, un jeune homme, eh ben cela va être très difficile de rentrer chez soi avec des préservatifs dans la poche. Sinon maman va se dire : «Mais qu’est-ce qui se passe ?» Cela va être plus difficile sans doute que pour un jeune homme hétérosexuel. Cela va être très difficile de venir avec un document sur le VIH qui explique les précautions à prendre. Cela va être plus difficile. Je ne dis pas que c’est toujours très facile pour les personnes hétérosexuelles : je dis juste que plus on vit des pratiques sexuelles, des pratiques intimes, plus on vit sa vie dans la honte, plus on a tendance à avoir des pratiques à risque. C’est ainsi par exemple que sur les hommes qui sont infectés chaque année par le VIH en Martinique, il y a un peu moins de 40% des hommes qui ont été infectés à la suite d’une relation entre hommes. Alors, ce n’est pas finalement si différent que cela de ce qui se passe dans l’Hexagone, simplement il se trouve que c’est quand même un peu plus et qu’à force d’être dans le «un peu plus» partout (sur un certain nombre de facteurs… sur les pratiques culturelles de l’ensemble de la population…), on finit par avoir finalement… beaucoup plus, des taux par exemple trois fois supérieurs en Martinique.

[11’45] RSL | Que dois-je comprendre ? Que devrions-nous entendre ?

[11’51] TRP | Ah… Je ne sais pas. Chacun entendra ce qu’il veut, chacun comprendra ce qu’il souhaite, j’espère vous avoir aujourd’hui donné quelques éléments qui permettent à chacun de se former une opinion, et puis beaucoup d’associations sur place, quelques-unes, ont ce combat, ont des activités… Ce que chacun pourrait peut-être comprendre, c’est qu’il est possible de soutenir ces associations.

[12’16] RSL | Surtout, c’est un appel à la responsabilité aussi, parce que, quand même, c’est une responsabilité, d’une manière ou d’une autre…

[12’25] TRP | Oui…

[12’26] RSL | … que d’assumer ses choix et ne pas faire peser ses choix… hypothéquer un peu l’avenir de l’autre d’une certaine manière, malgré tout !

[12’34] TRP | C’est-à-dire ? Expliquez-moi ce que vous voulez dire…

[12’36] RSL | Ah ben vous voyez que vous avez besoin d’être éclairci ! Eh bien moi aussi et si vous êtes là, c’est pour qu’on puisse… ne pas parler la langue de bois !

[12’43] TRP | J’espère ! Est-ce que j’ai parlé la langue de bois ? Accusez-moi…

[12’49] RSL | Je dis que c’est une invitation à s’assumer. Je le dis. Je le dis. C’est une invitation à s’assumer. À force de faire des choses an ba fey kon on fini di y a… Bon ! Eh bien, lè ou ka kouyonnen doktè, maladi pa djéri… [Si tu trompes ou si tu induis en erreur ton docteur, tu ne seras pas guéri, il ne sera pas trouver de solution ajustée à ta maladie...]

[13’07] TRP | …

[13’08] RSL | Je vais aller un peu plus loin, vous m’avez demandé de m’expliquer, je vais m’expliquer ! Si nous avons coutume d’avoir plusieurs… disons plusieurs partenaires dans différents domaines, pourrais-je dire…

[13’24] TRP | Oui…

[13’26] RSL | Bon… Sexe ou pas…

[13’27] TRP | Voilà…

[13’28] RSL | … et que nous disons : «Voilà, on va faire ça en douce, entre nous», le jour peut arriver où vous tombez sur quelqu’un que vous aimez vraiment et vous avez envie de faire votre vie avec cette personne mais vous avez tout un passé an ba fey connu de vous seul et de Dieu bien sûr, connu de vous seul, dont votre conscience est chargée et ne voilà t’il pas que… Bon Dieu ! Ou ka di : «Woy ! Bon Dieu ! Sé la vi, mwen ké fè sa mwen ni a fè, mwen fè ti kou-a ! I ka plè mwen et man ka santi ke mwen anvi fè lavi mwen épi’y…» [Bon Dieu ! Tu dis : «Oh là là ! Mon dieu ! C’est la vie, ce n’est pas grave, je vais le faire, je vais tenter le coup, il ou elle me plaît, je sens que j’ai envie de faire un petit bout de chemin avec lui ou elle.»] Alors, sans protection ! À un moment donné on dirait que… on dit : «Mais tant pis !» On casse ! Tu vois, on te dit : «Mais tant pis ! pour la morale et tant pis ! pour ce que les gens pourraient dire, penser, bon, j’ai envie de vivre cette relation et je ne vais pas lui dire, quoi.» Alors ça peut être «lui dire» au pluriel, au féminin ou au masculin ou à son partenaire simplement ou au singulier ! «Je ne vais pas lui dire, je ne vais pas leur dire, nous allons vivre… enfin, je vais vivre cette aventure et puis sa ké passé passé !» Alors voilà, c’est là, je ne dirais pas que c’est de la lâcheté mais c’est une irresponsabilité, je dis, en fait. Peut-être que la question que nous n’osons pas mettre sur le tapis, c’est précisément cela : «Quel type d’homme suis-je, quel type de femme suis-je, est-ce que je suis responsable des actes que je pose ?» Sé tout’ !

[14’51] TRP | Alors cela, effectivement, ce que vous dites là… Je vais vous parler très franchement si vous me le permettez.

[14’56] RSL | Oui, vous êtes là pour ça !

[14’57] TRP | Je respecte parfaitement ce que vous dites et je dirais que c’est peut-être quelque part une chance que vous puissiez vivre selon des principes aussi clairs. Pour autant, ce n’est pas le message qu’à titre personnel je souhaiterais voir mis en avant mais encore une fois chacun voit les choses comme il l’entend. Comment dire… Chacun fait bien ce qu’il veut avec qui l’entend. Si les gens veulent avoir deux, trois, quatre, cinq… cinquante… soixante… soixante-dix liaisons en même temps ou successivement…

[15’31] RSL | Cela me paraît difficile…

[15’34] TRP | Il y a un moment où cela devient toujours difficile mais croyez-moi, pour certains, ils y arrivent ! – ou certaines… Mais enfin bon ! C’était une boutade, vous l’avez compris. Nous, ce n’est pas tant le nombre de partenaires ou ce qu’on dit aux uns et aux autres… Après tout, si les gens cachent des choses, c’est peut-être malheureux d’un certain point de vie mais finalement cela les regarde, nous ne sommes pas là pour sonder les cœurs et les reins. En revanche, effectivement, la responsabilité, comme vous le dites, elle est sans doute dans deux choses. D’une part, effectivement, mettre un préservatif, masculin ou féminin, parce qu’il y a aussi des préservatifs féminins si… On entend souvent des messieurs qui se disent et qui disent qu’ils sont tellement bien dotés par la nature que, vous comprenez, le préservatif est trop petit pour eux ! Bon. Eh bien chers messieurs, je vous dis qu’il existe aussi des capotes féminines, des préservatifs féminins que vous trouvez en pharmacie pour un euro ou dans des centres de planning familial sinon, qui sont pour vous et également pour vous, mesdames. Voilà. La responsabilité, c’est d’abord de mettre ce préservatif et puis davantage, surtout si on a une vie sentimentale aventureuse, de se faire dépister régulièrement. Pourquoi ? Pour deux choses : d’une part, parce qu’aujourd’hui, dans toute la France, il y a 50.000 personnes qui vivent avec le VIH sans le savoir (on voit des affiches, j’étais hier au Carrefour du Lamentin, il y a une grande affiche qui fait la publicité pour cela : beaucoup de personnes ne sont pas au courant) ; d’autre part, la science a progressé, la médecine a progressé.

[17’05] TRP | Aujourd’hui, une personne qui est prise tôt… Souvent, les gens ont peur de se faire dépister parce qu’ils disent : «Mais je vais tomber tout de suite dans la maladie», ils ont des images qui datent des années 80 ou 90 où l’on voit des personnes très minces, très affectées par la maladie, qui d’ailleurs décédaient rapidement à l’époque. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas, pour 99% des personnes (malheureusement, il y a toujours un ou deux ou 3% des personnes pour lesquelles c’est plus difficile, souvent quand elles sont dépistées tard). Quand une personne est dépistée à temps, le plus tôt possible, aujourd’hui, la médecine… En France, en Martinique, dans les pays développés mais aussi dans certains pays comme le Brésil ou l’Inde qui commencent à avoir des systèmes de santé très efficaces sur ce point, une personne a une qualité de vie, un niveau d’espérance de vie qui rejoint la moyenne et même parfois, disent certains médecins… J’ai entendu M. Willy Rozenbaum qui est le président du Conseil national du sida, récemment lors d’une conférence, qui disait : «Même ces personnes-là auront une espérance de vie supérieure à la moyenne parce qu’elles vont être tellement bien suivies qu’on va dépister toutes les autres petites maladies qu’elles auront avant la population générale.» Bon. C’était peut-être un peu une forme de boutade de M. Rozenbaum mais enfin c’est pour dire qu’aujourd’hui une personne qui est dépistée à temps ne doit pas craindre de tomber dans la maladie. Elle va être porteuse, elle aura des médicaments à prendre (qui auront éventuellement des effets secondaires, surtout au début et éventuellement au bout d’un certain temps, certes) mais en tout cas son niveau de santé rejoindra très vite celui de la population générale.

[18’32] TRP | Il y a donc cette crainte [de la maladie pour soi-même] et puis il y a autre chose : comme je vous le disais, mieux on est traité, plus on fait baisser sa charge virale (le nombre d’exemplaires du virus qu’on a dans le sang), moins on est contaminant [pour l’autre]. C’est très important. Souvent, au moment de la relation sexuelle, on entend des gens qui nous disent : «Ah mais tu comprends, chéri/e, je suis tellement mieux sans capote, je suis tellement mieux quand je suis dans l’intimité avec toi, quand je suis dans le contact avec toi, la chair contre la chair, la nature ne met pas de plastique… Si tu me respectes, tu vas me faire confiance, on ne va pas le mettre…» On entend des choses comme ça. Là, je dirais, peut-être, pour le coup, pour vous rejoindre un peu, que le respect n’est pas de faire peur à l’autre, n’est pas de se faire peur, n’est pas de jouer à la roulette russe. Le respect, c’est de se protéger, de protéger la personne et de mettre le préservatif. Il y a autre chose, vous me donnez encore une seconde ?

[19’23] RSL | Oui, tout à fait, une demi-seconde !

[19’25] TRP | Il y a autre chose aussi, c’est que souvent, les personnes disent : «Ah mais tout va bien, moi j’ai le test et je suis séronégatif». Alors il y a deux choses. La personne peut être tout à fait sincère mais la personne peut aussi mentir. C’est très facile en dix minutes de faire un faux résultat sur… Tout le monde a le logiciel Word, un ordinateur chez soi, avec une bonne imprimante laser, on peut tout à fait faire des [faux]. Je ne veux pas tomber dans cette paranoïa, ce n’est pas un raisonnement qui serait très constructif mais en tout cas c’est possible. Surtout, beaucoup plus insidieux : quand vous vous faites tester, vous n’avez pas une image de votre état de santé au moment du test. Vous avez une image de votre état de santé trois mois avant le test. Quand vous avez un test qui date du 30 décembre, en fait, vous n’êtes pas séronégatif au 30 décembre : vous étiez séronégatif au 30 septembre. Est-ce que vous savez exactement ce qu’il en a été depuis trois mois, surtout si vous êtes une personne un peu aventureuse… Comme vous le dites, Dieu seul le sait. Dieu le sait mais pas votre partenaire et pas vous.

[20’33] TRP | C’est pour cela que le test n’est pas un instrument de protection et, au contraire, on a même des exemples de personnes qui se contaminent en cascade, l’une après l’autre, parce qu’elles vivent dans une certaine communauté où il y a des échanges sexuels. On peut le réprouver ou pas mais c’est une réalité. Elles se font un peu confiance, elles se font tester tous les six mois et vont de test rassurant en test rassurant, comme cela, mais le problème est que dans ces groupes de personnes, s’il en est une qui se fait contaminer à un moment donné, elle va être tout de suite très contaminante, immédiatement (on est très contaminant juste après la contamination, c’est cela qu’il faut savoir, mais cela ne se décèle pas, c’est le piège, ça ne se voit pas tout de suite, mais on contamine tout de suite très fortement, on a un haut potentiel contaminant, très vite). Pendant cette période de trois mois le groupe va rester en se rassurant, en vivant sur des tests négatifs mais, en fait, en étant déjà quasiment tous contaminés. Il y a des exemples qui ne sont pas forcément très nombreux, qui ne me sont pas venus en nombre aux oreilles, de personnes qui s’entendaient bien, vivaient en bonne intelligence, se disaient : «On a notre vie, on est un peu libre ou beaucoup libre, on ne se soucie pas des conventions» – et voilà. Juste un petit point aussi sur un autre registre (excusez-moi, je suis très bavard, c’est un défaut que j’ai)…

[21’50] RSL | De toutes les façons vous allez devoir vous en corriger, presque tout de suite !

[21’53] TRP | Alors je vais très vite ! Vous disiez qu’il ne faut pas vivre an ba fey. C’est bien vrai, quoiqu’on ait le droit de vivre an ba fey si on le veut, après tout, il y a des personnes qui le souhaitent, aussi ! Simplement, il y a des fois où l’on n’a pas le choix ! C’est aussi pour cela que je parle notamment d’homophobies. Il vaut mieux vivre an ba fey aujourd’hui encore, dans un certain nombre de situations, quand on est une personne homosexuelle dans nos départements.

[22’17] RSL | Quoi qu’il en soit… Monsieur Tjenbé Rèd…

[22’21] TRP | Madame Radio Saint-Louis…

[22’24] RSL | Je rappelle que vous êtes venus nous parler des États généraux de l’outre-mer…

[22’37] TRP | … et des États généraux que nous souhaitons voir finalisés maintenant pour parler des PVVIH, pour leur permettre de s’exprimer, leur permettre de se retrouver : cela ne va pas être simple mais cela nous paraîtrait vraiment utile que cela se fasse.

[22’54] RSL | Amis auditeurs de Radio Saint-Louis, vous n’avez pas eu le temps de nous appeler, puisque notre rendez-vous est venu comme un coup de grâce.

[23’04] TRP | Amen !

[23’06] RSL | Vous irez vous confesser après ! Si vous voulez néanmoins rencontrer M. David Auerbach Chiffrin, vous pouvez toujours composer le 06 96 32 56 70 ou écrire à tjenbered@hotmail.fr… C’est possible aussi pour entendre de l’écoute ou du soutien.

[23’54] TRP | C’est notre numéro, vous pouvez nous y joindre et évidemment nous nous engageons à respecter l’anonymat et la confidentialité des propos des personnes qui souhaiteraient nous appeler, pour tout échange, que ce soit pour de la convivialité, pour éventuellement discuter de tel ou tel point, ce téléphone est celui de Tjenbé Rèd Prévention, il est à votre disposition.

[24’15] RSL | Comment avez-vous fait pour joindre Radio Saint-Louis ?

[24’24] TRP | Je suis passé par un monsieur que vous connaissez peut-être (je ne sais pas, on a toujours des surprises), qui s’appelle M. Pierre Pastel (c’est un nom assez proche du vôtre, je crois), qui est né également pas très loin de chez vous, puisqu’il est aussi de Rivière-Pilote, qui a porté beaucoup de sacs de canne à sucre sur la tête quand il était petit et c’est pour ça qu’il n’est pas grand, c’est ce qu’il dit, et qui se trouve être président du Cégom (Collectif des États généraux de l’outre-mer dans l’Hexagone), qui est un collectif indépendant qui s’est constitué pour être un lobby pour surveiller la bonne tenue des promesses faites par l’État au terme des États généraux de l’outre-mer en 2009, et j’ai l’honneur et l’infime avantage… l’insigne avantage, pardon, d’être le secrétaire général de M. Pierre Pastel dans le cadre de ce collectif et M. Pastel nous donne aussi un soutien, une médiation pour notre travail d’approche et de dialogue avec la société civile martiniquaise pour ces États généraux des PVVIH.

[25’28] RSL | Je rappelle à mes auditeurs que l’association Tjenbé Rèd Prévention est à votre disposition, notamment nos amis qui écoutent Radio Saint-Louis par Internet, qu’ils peuvent joindre M. Auerbach Chiffrin…

[25’46] TRP | … les Chiffrin du Robert !

[25’48] RSL | … au 06 96 32 56 70. C’est valable dans l’Hexagone ?

[26’03] TRP | C’est tout à fait valable dans l’Hexagone, le téléphone, je le transporte avec moi !

[26’07] RSL | Monsieur Chiffrin, merci.

[26’09] TRP | Merci infiniment, chère madame, merci à Radio Saint-Louis, merci à vos auditeurs et à vos auditrices.

[26’14] RSL | N’oubliez pas d’aller vous confesser !

[26’15] TRP | J’y penserai !

[26’33] RSL | Nous avons accueilli pour vous Monsieur David Auerbach Chiffrin qui nous est venu nous parler de l’association Tjenbé Rèd Prévention autour notamment du sida. Nous espérons que ces informations aurons été utiles à nos auditeurs… Nous rappelons votre site Internet, tjenbered.fr, t-j-e-n-b-e-r-e-d.

[27’08] TRP – Il y a tellement de façons de l’écrire… Nous avons repris l’orthographe du guide Assimil, je sais que cela heurte des puristes du créole qui m’ont déjà tapé sur les doigts… Nous sommes aussi sur Facebook, on est totalement branchés !

[27’34] RSL | Tjenbé rèd ! [Tenez bon !]

[27’35] TRP | Tjenbé rèd pa moli parce que cé moli a ki rèd ! [Jeu de mots difficilement traduisible, en quelque sorte : «Il faut rester dur parce que mollir serait dur !»]

[21’37] Musique

Aidez-nous à financer nos actions : http://soutenir.totalrespect.fr/

L’homophobie n’est pas une valeur africaine

2006_La_question_homosexuelle_en_Afrique_le_cas_du_Cameroun

- – -

TOTAL RESPECT – TJENBÉ RÈD FÉDÉRATION

Fédération de lutte contre les racismes, les homophobies & le sida issue des communautés afro-caribéennes

- – -

Charles GUEBOGUO

- – -

Jann HALEXANDER

- – -

Me Alice NKOM

- – -


(Transcription annotée d’un débat tenu le 17 mai 2011 sur RFI au sujet des droits des homosexuel/le/s en Afrique entre Charles Gueboguo, sociologue camerounais, Jann Halexander, réalisateur et chanteur franco-gabonais, président de la commission culturelle de Tjenbé Rèd Prévention, et Alice Nkom, avocate camerounaise, fondatrice de l’Adéfho)

- – -

Rivière-Pilote – Yaoundé – Paris, lundi 22 août 2011

Communication n°TRF2011-31B

- – -

Le 17 mai dernier, en direct sur RFI (Radio France Internationale), trois acteur/e/s de la lutte contre les homophobies en Afrique et parmi les populations originaires d’Afrique échangeaient leurs points de vue lors d’une émission animée par Jean-François CADET : «Droits des homosexuels en Afrique : où en est-on ?» [1]. Il s’agissait des personnes suivantes :

Charles GUEBOGUO, sociologue, spécialiste de la question de l’homosexualité en Afrique, auteur de : «La question homosexuelle en Afrique : le cas du Cameroun» (éditions L’Harmattan) [2] ;

Jann HALEXANDER, réalisateur et chanteur franco-gabonais [3], président de la commission culturelle de l’association Tjenbé Rèd Prévention (Association de prévention des racismes, des homophobies & du sida issue des communautés afro-caribéennes) [4] ;

Me Alice NKOM, avocate camerounaise et fondatrice de l’Adéfho (Association de défense des homosexuels) [5].

Voici la transcription intégrale et annotée de leurs échanges, particulièrement éclairants – quelques menues anacoluthes étant amendées [entre crochets] avec l’accord de leurs auteur/e/s.

* * *

00:00 | JEAN-FRANÇOIS CADET – Ce soir, à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre l’homophobie, [nous parlerons] des droits des homosexuel/le/s en Afrique : [proposition] de loi anti-homosexualité en Ouganda (même si son examen a été repoussé sine die) [6], viols «correctifs» [sic] de lesbiennes en Afrique du Sud [7], arrestations au Cameroun [8] ou encore au Sénégal [9]… Le sujet est régulièrement au cœur de l’actualité. Où en est-on ? Comment considère-t-on les homosexuel/le/s sur le continent ? Avec nous, trois invité/e/s : Maître Alice Nkom, avocate camerounaise, fondatrice de l’Adéfho (Association de défense des homosexuels), en ligne de Yaoundé [au Cameroun] ; en ligne des États-Unis [d’Amérique], le sociologue Charles Gueboguo, [auteur de] : «La question homosexuelle en Afrique : le cas du Cameroun» (aux éditions L’Harmattan) et à mes côtés en studio [à Paris] le chanteur et réalisateur franco-gabonais Jann Halexander. La cause homosexuelle [est-elle] en train de progresser en Afrique ?

00:58 | JANN HALEXANDER – Indéniablement mais au lieu d’employer le mot de cause, il faudrait plutôt employer [celui de] sécurité [qui renvoie à] l’idée que des gens qui ne sont pas hétérosexuel/le/s ont le droit de vivre comme les autres et ne soient pas harcelé/e/s, tué/e/s, persécuté/e/s, violé/e/s…

* * *

«Il ne fait pas bon être homosexuel en Afrique,

on apprend des choses absolument horribles

contre lesquelles il faut qu’on se mobilise»

(Me Alice Nkom)

* * *

01:17 | JFC – Vous parlez de sécurité : cela veut dire, Maître Nkom, qu’il est dangereux aujourd’hui d’être homosexuel/le sur le continent africain ?

01:25 | ALICE NKOM – Oui, malheureusement, il ne fait pas bon être homosexuel/le africain/e, vivant en Afrique… si je m’en tiens à l’exemple camerounais, à ce qui se passe en Ouganda et un peu partout. Même là où on n’a pas criminalisé l’homosexualité, comme en Afrique du Sud, on apprend des choses absolument horribles [contre] lesquelles il faut qu’on se mobilise.

01:55 | JFC – Charles Gueboguo, toujours sur le constat, est-ce qu’on peut dire que l’Afrique est homophobe ?

02:04 | CHARLES GUEBOGUO – [Selon] moi, il serait difficile de parler d’homophobie en Afrique quand on sait la charge historique que porte le concept, en lui-même, et là je me pose en tant qu’analyste exclusivement. Je parlerais plutôt du sentiment anti-homosexuel qui, justement, retrace le paradoxe entre des sociétés – pour la plupart en Afrique – homophiles ou homosociales et des sentiments qui sont considérés comme étranges, étrangers. Le rapport homosexuel ou le sentiment homosexuel s’expriment de plus en plus en public : est-ce qu’il faudrait parler d’homophobie ? [...] D’une part, vous avez dans la société cette division des genres qui est très stricte, où les hommes se plaisent à être entre eux et où les femmes se plaisent à être entre elles : c’est culturalisé, accepté. D’autre part, [vous avez] les persécutions de personnes de même sexe qui s’aiment, toujours dans cette même société. Ce paradoxe, je «l’adresse» [anglicisme, NDLR : «je l’étudie»] en termes de sentiment anti-homosexuel. Maintenant, toute la forme légalisée qu’on observe aujourd’hui et qui nous vient [...] la plupart du temps d’Occident est ce que j’appelle l’homophobie d’État. Oui, il existe une forme d’homophobie d’État en Afrique.

* * *

«Il existe un paradoxe

entre ces sociétés africaines homosociales

- où les hommes se plaisent à être entre eux

et les femmes se plaisent à être entre elles -

et le fait qu’elles considèrent

les sentiments homosexuels comme étrangers»

(Charles Gueboguo)

* * *

03:30 | JFC – Jann Halexander, ce qui pose problème aujourd’hui, [est-ce] l’homosexualité en elle-même ou l’affichage en public de l’homosexualité ?

03:37 | JH – Je suis très content qu’il y ait aussi Charles Gueboguo parce qu’il a été l’un des premiers sociologues africains, notamment de langue française, à aborder de plein fouet cette question. La bisexualité, il ne faut pas se leurrer, est très répandue en Afrique. Il ne faudra pas se mettre des œillères, elle est très répandue dans les pays du Sud, que ce soit en Amérique du Sud, en Afrique ou en Asie. Cela rejoint ce que vous dites : ne pas en parler, faire régner l’omerta… très bien ! Au Cameroun, on parle d’ailleurs du «bilinguisme» pour [évoquer ces] hommes mariés qui vont fréquenter des minets dans les bas quartiers mais s’affichent publiquement homophobes… Tant que règne l’omerta, ça va [mais] à partir du moment où une personne commence à dire «je», «je suis», «j’existe», «j’entends être ce que je veux», ça pose problème. La lutte contre le rejet des homos, des lesbiennes, des bisexuel/le/s, des transsexuel/le/s, sert tout le monde, elle sert tou/te/s les Africain/e/s, parce qu’il y a un très gros problème dans les sociétés africaines contemporaines et je sais de quoi je parle (j’ai vécu seize ans à Libreville, je suis métis, franco-gabonais, mère blanche, père noir). Il y a un problème avec l’idée de la différence, de quelqu’un qui est différent. Évidemment, si vous êtes homo, vous êtes vraiment en première ligne mais vous pouvez être aussi d’une minorité ethnique, vous pouvez être une femme, vous pouvez ne pas être comme les autres, vous pouvez ne pas avoir la même culture que la majorité et on vous le fait payer au nom de valeurs «africaines» – d’une certaine «africanité» dont on ne sait pas trop ce que c’est.

05:16 | JFC – Cela veut dire, Charles Gueboguo, que l’homosexualité est perçue comme une importation occidentale – à tort ?

05:21 | CG – Exactement. Dans l’ensemble des imaginaires locaux, on observe comme une manière de penser qui voudrait que l’homosexualité soit l’importation de l’Occident et notamment des Blancs. C’est un tort de penser ainsi, [plusieurs] études anthropologiques l’ont montré, je l’ai également montré dans mes travaux, mais en même temps cette logique peut s’expliquer, se comprendre. On sait qu’aujourd’hui, dans la course à la mondialisation, les Africains semblent avoir tout perdu, n’avoir rien à proposer. Alors, ils essaient de récupérer cette idée de «non-africanité» de l’homosexualité pour essayer de se poser dans cette globosphère, d’apporter ce qu’ils appellent (entre guillemets, comme le disait Jann tout à l’heure) les «valeurs africaines», essayer d’avoir en quelque sorte un mot à dire dans cette culture. Ils font appel à ce qu’ils [nomment] une sorte d’authenticité mais on se pose encore la question de savoir quelle est-elle : qu’on le veuille ou non, le monde est métis, l’Afrique est métisse. L’Afrique a connu des influences, l’Afrique est dans cette croisée-là et on ne peut pas la lire autrement. Aujourd’hui, parler de l’homosexualité comme d’une importation occidentale reste [selon] moi une stratégie politique de positionnement dans cette globosphère, parce que l’Afrique est pauvre, elle n’est même pas maîtresse de sa pauvreté, elle n’est même pas maîtresse de son devenir ou semble ne pas l’être et alors on cherche comme [cela] des subterfuges pour essayer de se positionner.

* * *

«Au Cameroun, on parle de bilinguisme pour évoquer

ces hommes mariés qui vont fréquenter

des minets dans les bas quartiers

mais s’affichent publiquement homophobes…»

(Jann Halexander)

* * *

07:03 | JFC – Maître Alice Nkom, est-ce que l’homophobie est une expression parmi d’autres de la haine du Blanc ?

07:12 | AN – Je ne sais pas s’il faut [le dire ainsi] mais c’est certainement en partie vrai, parce que lorsque je discute de ce sujet ici, on me dit toujours qu’effectivement, l’homosexualité, c’est le colon. On cite même un ancien gouverneur du Cameroun comme étant le «grand manitou» de l’homosexualité au Cameroun [qui] aurait fait de l’homosexualité un ascenseur social, à travers lequel tous nos pères fondateurs du Cameroun sont [NDLR : «seraient» ?] passés. Il y a ce rejet qu’on colle à cette image du colon qui a aidé à fabriquer le Cameroun et les dirigeants camerounais d’aujourd’hui. Bien évidemment, ça traduit la haine du Blanc mais d’un autre côté, ceux qui vous disent que l’homosexualité est contre la religion et qui vous plaquent Sodome et Gomorrhe sur le visage oublient que la religion en question (qu’elle soit musulmane ou chrétienne) est une religion d’importation également – par les Blancs.

08:29 | JFC – Jann Halexander, est-ce que les églises (au sens large, églises chrétiennes, l’Islam également) sont des obstacles aux droits des homosexuel/le/s aujourd’hui ou est-ce qu’on instrumentalise la religion ?

08:44 | JH – Ce n’est pas un mystère, que ce soit en Europe de l’Ouest, de l’Est ou en Afrique, on ne peut pas dire que les religions soient très gay-friendly (en tout cas dans la pratique, bien qu’il y ait évidemment aussi des gens qui sont pratiquant/e/s et qui sont tolérant/e/s).

09:01 | JFC – Donc pas plus en Afrique qu’ailleurs ?

09:04 | JH – Je ne sais pas, je ne crois pas… Au Gabon, quelque chose est très resté ancré, c’est l’animisme. C’est un peu tabou mais le rapport au corps, à la sensualité, à la sexualité est quelque chose de très concret dans les pratiques animistes et n’a pas été encore complètement mis à mal par les religions (au Gabon, protestante surtout, protestante austère, catholique et dans une moindre mesure [...] musulmane).

* * *

«Lorsque l’Église a dénoncé les homosexuel/le/s,

le président de la République est intervenu

pour dire : Stop, c’est la vie privée»

(Me Alice Nkom)

* * *

09:38 | JFC – Et pour vous l’animisme explique pourquoi au Gabon les choses se passent mieux que dans d’autres pays – parce qu’au Gabon on ne réprime pas aujourd’hui l’homosexualité ?

09:45 | JH – Attention, c’est risqué d’aller sur cette pente-là. Le Gabon est un petit pays, très cosmopolite, qui a été occidentalisé, mondialisé avant les autres. Les Gabonais ont très vite vu ce qui se passait ailleurs dans le monde. Il y a eu une période sombre pour les homos au début des années 80, la police qui venait et tout… Cela a un peu changé [mais] il ne faut pas dire que c’est le paradis… [Paradoxalement, dans la vie de tous les jours,] c’est beaucoup plus facile d’être homo et gabonais dans les classes moyennes, petites classes, que dans les classes aisées… [Cependant, en cas de problème avec la police ou la justice, cela reste évidemment] beaucoup plus facile si vous avez de l’argent que si vous êtes pauvre pour vous défendre… [10] [En effet,] vous pouvez toujours être poursuivi/e pour atteinte aux bonnes mœurs, juridiquement : il n’y pas d’espace [légal ou officiel reconnaissant clairement] qu’il y a d’autres genres sexuels que l’hétérosexualité. Cela dit, il faudrait aussi garder espoir : d’abord, il y a des millions d’Africain/e/s qui ne sont pas homophobes. L’homophobie n’est pas une authenticité africaine donc ce n’est pas naturel d’être africain/e et homophobe. Il y a beaucoup d’Africain/e/s, hommes et femmes, du Nord au Sud, qui ne sont pas homophobes et il y a de l’espoir parce que par rapport à l’an dernier, davantage de pays africains – dont le Gabon – ont signé la «charte de dépénalisation mondiale de l’homosexualité» mise en route par l’ONU [11].

11:18 | JFC – Est-ce qu’il y a des raisons d’être optimiste, Maître [Nkom] ?

11:23 | AN – Oui, je pense qu’il y a des raisons d’être optimiste, même si aujourd’hui au Cameroun la réforme du code pénal ne laisse pas beaucoup de place à l’espoir (j’ai encore trouvé que le délit d’homosexualité était prévu dans le nouveau code, lorsque l’on étudie la réforme aujourd’hui). Ce qui me donne beaucoup d’espoir c’est que, lorsque l’Église catholique a dénoncé les homosexuel/le/s du Cameroun en 2005 ou 2006, le président de la République [Paul Biya] est intervenu pour dire : «Stop, c’est la vie privée des gens, vous n’avez pas à vous [en] mêler, c’est sacré» (alors, il ne faut pas spéculer sur les «vices» des uns et des autres) [12]. Je pense donc que le président de la République est conscient de son devoir de garant de toutes les libertés, [de] tout le monde, quelque soit l’âge, le sexe, la religion et à plus forte raison l’orientation sexuelle des uns et des autres. Je crois que l’un de ces quatre matins, nous pourrons, en le citant, faire échec à la montée de l’homophobie (qui est le fait de quelques-uns seulement de ses collaborateurs, [lesquels] malheureusement sont bien placés aujourd’hui pour pouvoir induire un nouveau code qui ne prend pas en compte les engagements internationaux du Cameroun – parce que le Cameroun a signé tous les traités et toutes les conventions [dans] lesquels on refuse la discrimination de quelque nature que ce soit).

* * *

«Il est bon de distraire la population

- surtout quand on parle de pouvoirs illégitimes -

en lui donnant les homosexuel/le/s en pâture»

(Charles Gueboguo)

* * *

13:01 | JFC – Charles Gueboguo, est-ce que vous avez le même diagnostic que Maître Nkom sur le cas camerounais, puisque vous l’avez étudié de près ?

13:08 | CG – Je partage totalement l’avis de Maître Alice Nkom, non seulement sur le cas camerounais mais également sur le cas de plusieurs pays africains. Ce que je voudrais apporter à son analyse serait qu’il ne faudrait pas qu’on oublie également qu’il nous faut du temps : il faut inscrire le changement dans le temps, parce que malheureusement on ne change pas les mentalités à coups de décrets.

13:33 | JFC – Cela veut dire que la réponse n’est pas essentiellement politique ?

13:39 | CG – La réponse n’est pas essentiellement politique mais le politique peut jouer un rôle fondamental parce qu’après il faudrait éduquer les populations. Les associations comme celles de Maître Alice Nkom et d’autres en Afrique subsaharienne jouent déjà ce rôle, petit à petit, avec le peu de moyens [qu’elles] ont, à travers les médias, à travers le porte-à-porte… Les résultats ne peuvent pas se mesurer tout de suite, on les aura peut-être dans vingt ans ou dans dix ans, mais le politique a un rôle fondamental à jouer. Encore maintenant faudrait-il qu’il y ait une volonté politique or parfois cette volonté politique ne se manifeste pas, parce que, comme je le disais au début, elle s’inscrit dans une logique où il est bon de distraire la population – surtout quand on parle de pouvoirs illégitimes – [en lui donnant], la plupart du temps, les homosexuel/le/s en pâture…

14:35 | JFC – Donc les homosexuel/le/s sont un bouc émissaire pour un certain nombre d’hommes politiques africains ?

14:39 | CG – Exactement, un bouc émissaire, un exutoire, une sorte de catharsis… Autrement, on ne peut pas défendre une politique de mauvaise gouvernance, de gouvernement corrompu, on ne peut pas défendre la famine, la paupérisation des sociétés africaines… quand on sait que le sol africain – entre autres – est très riche ! D’une part, il y a cet espoir que je lis et je partage l’avis de Maître Alice Nkom mais, d’autre part, je sais qu’il faudrait du temps (un temps qui va s’inscrire dans la durée).

* * *

«Des Africains noirs disent

que l’homosexualité est un truc de Blanc

mais sont bien contents d’avoir la voiture des Blancs

et de prier pour un Jésus blanc»

(Jann Halexander)

* * *

15:16 | JFC – Jann Halexander, quel regard portez-vous sur ce qui se passe en Ouganda (comme le Gabon, pays d’Afrique centrale), avec ce débat parlementaire qui a été repoussé sine die mais quand même [cette proposition] de loi anti-homosexualité qui a été présenté[e] et qui prévoit la peine de mort dans certains cas contre les homosexuel/le/s ?

15:35 | JH – Vous voyez qu’avec Charles Gueboguo ou Alice Nkom, on vous dit à peu près la même chose. Avant de répondre, [je voudrais dire] que je suis toujours affligé quand je vois des Africain/e/s noirs qui disent que [l’homosexualité] est un truc de Blanc et [sont par contre] bien contents d’avoir la voiture des Blancs, l’ordinateur des Blancs, le dernier confort ultra-luxe tel qu’on le voit dans les publicités occidentales, de prier pour un Jésus blanc, une Marie blanche… mais par contre «ça» [l’homosexualité], ça leur pose problème ! [Concernant] l’Ouganda, j’ai du mal à me réjouir. Effectivement, pour le moment [la proposition de] loi est suspendue mais rien n’est réglé : des gens se réjouissent bien trop vite, je suis très perplexe, j’attends de voir ce qui va se passer, il faut toujours rester en alerte. Il est clair que cette loi avait été proposée par ce monsieur, David Bahati, en pleine crise : des Ougandais manifestaient contre la faim, contre la crise économique, et vous voyez que – comme par hasard ! – c’est ce jour-là qu’on veut proposer un truc pour discriminer les homos [6]. Dernier point, par rapport au Gabon : c’est peut-être plus sûr d’être à l’heure actuelle une lesbienne dans un quartier de Libreville ou de Port-Gentil [au Gabon] qu’à Soweto [en Afrique du Sud]. Pourtant, en Afrique du Sud, c’est légalisé, c’est reconnu mais les meurtres atroces qui [s’y] passent régulièrement en ce moment montrent bien qu’une politique ne suffit pas (qu’une réponse juridique, une loi, ne suffit pas) : il faut aussi un changement de mentalité.

17:19 | JFC – Alice Nkom, quelle action concrète sur le terrain, au quotidien, peut-on mener pour faire accepter l’homosexualité ?

17:29 | AN – Il faut combattre l’ignorance. Beaucoup de gens prêchent par ignorance. J’ai vu ici un cardinal organiser des marches, faire signer des pétitions à ses ouailles en disant «Voilà, le Cameroun s’apprête à légaliser l’homosexualité !» alors qu’il était simplement question de ratifier le protocole de Maputo [13], qui n’a pas une ligne, pas un mot sur l’homosexualité, bien au contraire (qui rassemble les droits des femmes africaines). Je l’ai vu le faire et je l’ai entendu dire que «les homosexuel/le/s sont moins que des animaux parce que les animaux ne sont pas homosexuel/le/s», ce qui est faux : c’est de l’ignorance. De la même façon, lorsqu’un prélat de ce niveau-là parle à ses ouailles, on ne leur dit pas, par exemple, que l’Église catholique en sa plus haute échelle, le Vatican en tant qu’État, consacre la séparation des pouvoirs et ne va jamais jusqu’à la répression des homosexuel/le/s. Cela résulte d’une déclaration – claire et nette ! – du Vatican faite à la LXVIIIème session, je crois, de l’assemblée générale des Nations unies [NDLR : Plutôt, semble-t-il, la LXIIIème] [14]. Le Vatican en tant qu’État sait très bien et affirme que l’égalité des droits, l’appartenance aux Nations unies, la ratification de tous les traités sur la non-discrimination, la non-violence, la non-torture ne [lui] permettent pas de [réintroduire] les dogmes religieux dans l’État et le Vatican n’a jamais réprimé un seul homosexuel !

19:21 | JFC – Merci à vous.

Signataires :

- – -

Me Alice Nkom

- – -

- – -

Charles Gueboguo

- – -

- – -

Jann Halexander,

président de la commission culturelle

de Tjenbé Rèd Prévention

- – -

- – -

David Auerbach Chiffrin,

président de Total Respect – Tjenbé Rèd Fédération

- – -

Références :

[1] 17 mai 2011 – Émission «Droits des homosexuels en Afrique : où en est-on ?» (animée par Jean-François Cadet, avec Charles Gueboguo, sociologue, spécialiste de la question de l’homosexualité en Afrique, auteur de «La question homosexuelle en Afrique : le cas du Cameroun», éditions L’Harmattan ; Me Alice Nkom, avocate camerounaise et fondatrice de l’Adéfho, Association de défense des homosexuels ; Jann Halexander, réalisateur et chanteur franco-gabonais, responsable de la commission culturelle de l’association Tjenbé Rèd, association de soutien aux personnes noires et métisses LGBT, lesbiennes, gaies, bi & trans, sur RFI, antenne Afrique)

http://www.rfi.fr/emission/20110517-droits-homosexuels-afrique-est-on

http://www.tjenbered.fr/2011/20110517-79.mp3

[2A] 30 novembre 2006 – «La question homosexuelle en Afrique : le cas du Cameroun» (par Charles Gueboguo, sociologue, spécialiste de la question de l’homosexualité en Afrique, aux éditions L’Harmattan)

http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=22354

[2B] Entrée Charles Gueboguo sur le site Internet Wikipédia

http://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Gueboguo

[3] Site officiel de Jann Halexander, réalisateur et chanteur franco-gabonais, président de la commission culturelle de l’association Tjenbé Rèd Prévention (Association de prévention des racismes, des homophobies & du sida issue des communautés afro-caribéennes)

http://jannhalexander.free.fr/

[4] Site officiel de l’association Tjenbé Rèd Prévention (Association de prévention des racismes, des homophobies & du sida issue des communautés afro-caribéennes)

http://www.tjenbered.fr/prevention

[5A] Page du site Internet officiel de Maître Alice Nkom, avocate camerounaise, consacrée à l’Adéfho (Association de défense des homosexuels) qu’elle a fondée en février 2003

http://alicenkom.com/mon-opinion-sur/vie-associative/adefho.html

[5B] 12 juin 2009 – Préface accordée par Me Alice Nkom, avocate au Cameroun, présidente du Cofenho (Collectif des familles d’enfants homosexuels) et de l’Adéfho (Association de défense des homosexuels), au rapport 2008 de Tjenbé Rèd

http://www.tjenbered.fr/2009/20090612-97.pdf

[6A] 3 avril 2010 – Ouganda : la proposition de loi «anti-homosexualité» est anti-droits humains ! Tjenbé Rèd signe la pétition lancée par la Uganda’s Civil Society Coalition on Human Rights & Constitutional Law – Communiqué de presse n°TR10INT07

http://www.tjenbered.fr/2010/20100403-00.pdf

http://www.citegay.fr/

[6B] 19 février 2011 – Suite au meurtre de David Kato : Nouvelle journée d’action devant les ambassades d’Ouganda & du Royaume-Uni – Communiqué de presse n°TRF2011-07J

http://www.tjenbered.fr/2011/20110219-10.pdf [fr]

http://www.tjenbered.fr/2011/20110219-19.pdf [en]

http://www.lepost.fr/ [fr]

http://www.citegay.fr/ [fr]

[7] 26 janvier 2011 – Afrique du Sud : Stop au «viol correctif» des lesbiennes ! (Suite à l’agression subie par Millicent Gaika, Total Respect appelle à signer une pétition au président sud-africain Jacob Zuma) – Communiqué de presse n°TRF2011-06

http://www.tjenbered.fr/2011/20110125-10.pdf [fr]

http://www.lepost.fr/ [fr]

[8A] 20 juillet 2006 – Lettre ouverte à Son Excellence Paul Biya, Président de la République du Cameroun, au sujet de la mort du jeune Alim Mongoche en particulier et de la situation des personnes homosexuelles au Cameroun en général – Communication n°ANA2006/12

http://www.tjenbered.fr/ana/2006/20060720-00.html

[8B] 2 août 2006 – Mort d’Alim : le cabinet de Girardin reçoit An Nou Allé et le Comité Idaho – Communiqué de presse n°ANA2006/18

http://www.tjenbered.fr/ana/2006/20060802-00.html

[8C] 23 juillet 2008 – Homosexualité : Ces ministres accusés d’avoir fabriqué les listes (Cameroun On Line : «Bien que Paul Biya, le président de la République et du RDPC [Rassemblement démocratique du peuple camerounais], ait condamné le 10 février 2006 lors d’un discours à la jeunesse et en juillet 2006 lors du congrès du parti au pouvoir, l’immixtion de la presse dans la vie privée des citoyens – allusion à peine voilée aux listes – comment ne pas s’interroger sur le bénéfice que son régime en a tiré ?»)

http://www.cameroun-online.com/actualite,actu-5630.html

http://www.tjenbered.fr/2008/20080723-89.pdf

[8D] 11 décembre 2009 – Cameroun : Un appel à Paul Biya pour dépénaliser l’homosexualité (par Edouard Jean Pierre Kingue, pour Presse de la nation)

http://pressedelanation.com/news/1795.html

http://www.tjenbered.fr/2009/20091211-89.pdf

[8E] 21 juillet 2010 – Lettre ouverte à Paul Biya, président de la République du Cameroun, au sujet des persécutions policières homophobes – Communication commune Adéfho | Afsupes | Tjenbé Rèd – Communication n°TR10INT10

http://www.tjenbered.fr/2010/20100721-00.pdf

[9A] 14 janvier 2009 – Tjenbé Rèd demande au Président du Sénégal de libérer neuf hommes condamnés pour avoir voulu lutter contre le sida (L’association noire & métisse homosexuelle appelle à signer cette pétition en ligne sur le site Internet www.aides.org) – Communication n°TR09INT02

http://www.tjenbered.fr/2009/20090114-10.html [fr]

http://www.tjenbered.fr/2009/20090114-10.pdf [fr]

http://www.tjenbered.fr/2009/20090114-19.pdf [en]

[9B] 22 janvier 2009 – Lettre à toutes les associations du RAAC-sida pour les appeler à signer la pétition lancée par Aides au sujet du Sénégal ! – Communication n°TR09INT04

http://www.tjenbered.fr/2009/20090122-00.pdf

[9C] 28 janvier 2009 – Sur Africa N°1, Tjenbé Rèd appelle fraternellement le Sénégal à libérer les acteurs de lutte contre le VIH/sida – Communiqué de presse n°TR09INT05

http://www.tjenbered.fr/2009/20090128-00.pdf

[9D] 28 janvier 2009 – Précisions au site Internet sénégalais Wal Fadjri sur les droits LGBT – Communication n°TR09INT05A

http://www.tjenbered.fr/2009/20090128-10.pdf

[9E] 10 février 2009 – Remarques fraternelles au Nouveau Réveil de Côte d’Ivoire sur l’embastillement de neuf acteurs sénégalais de lutte contre le sida – Communication n°TR09INT07

http://www.tjenbered.fr/2009/20090210-00.pdf

[9F] 10 février 2009 – Fraternelles remarques au Quotidien du Sénégal sur l’existence d’une homosexualité endogène à l’Afrique – Communication n°TR09INT10

http://www.tjenbered.fr/2009/20090210-30.pdf

[9G] 12 février 2009 – L’homme politique et intellectuel béninois Roger Gbegnonvi appelle à la libération des neuf Sénégalais emprisonnés pour homosexualité – Communiqué de presse n°TR09INT11

http://www.tjenbered.fr/2009/20090212-00.html [fr]

http://www.tjenbered.fr/2009/20090212-00.pdf [fr]

http://www.tjenbered.fr/2009/20090212-09.pdf [en]

[9H] 17 février 2009 – Un responsable politique sénégalais prend position contre les persécutions homophobes – Communiqué de presse n°TR09INT13

http://www.tjenbered.fr/2009/20090217-00.pdf

[10] Précision de Jann Halexander (courriel du 21 août 2011 à 20h03) : «Rien de contradictoire, en fait : oui, c’est plus facile d’être homo ou bi dans les classes moyennes et populaires parce que, là, on a moins à perdre en terme de réputation et tout à gagner, par exemple, en cas d’élévation sociale si le gay de la famille a un conjoint aisé. Par contre, si on est séropo ou victime de brimades de la police, mieux vaut être le fils de… et avoir du fric.»

[11] Il est difficile d’identifier le document évoqué ici de mémoire par Jann Halexander :

Le 18 décembre 2008, une «Déclaration relative aux droits de l’homme et à l’orientation sexuelle et l’identité de genre», lue à New-York lors de la LXIIIème session de l’assemblée générale des Nations unies, a bien été signée par 68 États dont le Gabon ainsi que cinq autres États africains (Cap-Vert, Guinée-Bissau, Maurice, République centrafricaine et Sao-Tomé-et-Principe), alors que vingt États africains figuraient parmi les 57 signataires d’une déclaration opposée (Algérie, Bénin, Cameroun, Tchad, Comores, Côte-d’Ivoire, Djibouti, Égypte, Érythrée, Éthiopie, Gambie, Guinée-Conakry, Kenya, Libye, Malawi, Mali, Mauritanie, Maroc, Niger, Nigéria) [10A] ;

Le 21 décembre 2010, cinq États africains (Afrique du Sud, Angola, Cap-Vert, Maurice, Rwanda) approuvaient la mention de l’orientation sexuelle dans une résolution relative aux «exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires» alors que vingt-neuf s’y opposaient (Algérie, Bénin, Botswana, Burkina Faso, Burundi, Comores, Congo-Brazzaville, Congo-Kinshasa, Djibouti, Égypte, Gambie, Ghana, Libye, Malawi, Maroc, Mauritanie, Namibie, Niger, Nigéria, Ouganda, Sénégal, Tanzanie, Sierra Leone, Somalie, Soudan, Swaziland, Tunisie, Zambie, Zimbabwe) [10B] ;

Le 22 mars 2011, cinq États africains (Afrique du Sud, République centrafricaine, Rwanda, Seychelles et Sierra Leone) figuraient parmi les 85 signataires d’une «Déclaration appelant à la fin des violences et des violations des droits de l’Homme fondées sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre» [10C] ;

Par ailleurs, le 17 juin 2011, une résolution relative «aux droits humains, à l’orientation sexuelle et à l’identité de genre» du conseil des droits humains des Nations unies a recueilli deux votes africains (Afrique du Sud et Maurice) contre neuf (Angola, Cameroun, Djibouti, Gabon, Ghana, Mauritanie, Nigéria, Sénégal, Uganda) et deux abstentions (Burkina Faso et Zambie), la Lybie étant suspendue [10D].

[11A1] 18 décembre 2008 – Déclaration relative aux droits de l’homme et à l’orientation sexuelle et l’identité de genre lue par l’Argentine au nom du groupe interrégional, le 18 décembre 2008, à New York, lors de la LXIIIème session de l’assemblée générale des Nations unies (Version portant mention de 55 signatures et non de celle du Gabon)

http://www.trans-aide.com/ta2-lgbt%20-inter/doc/onu-2008-12-18.pdf

http://www.tjenbered.fr/2008/20081218-49.pdf

[11A2] 15 juin 2011 – Orientation sexuelle et identité de genre (Page du site Internet de la France à l’Onu indiquant 68 signatures, dont celle du Gabon, pour la Déclaration relative aux droits de l’homme et à l’orientation sexuelle et l’identité de genre du 18 décembre 2008)

http://www.franceonu.org/spip.php?article3983

http://www.tjenbered.fr/2011/20110615-79.pdf

[11B1] 21 décembre 2010 / 30 mars 2011 – Résolution n°65/208 de l’assemblée générale des Nations unies relative aux exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires (adoptée le 21 décembre 2010, la Gabon n’ayant pas pris part au vote ; distribution générale le 30 mars 2011)

http://daccess-dds-ny.un.org/doc/UNDOC/GEN/N10/525/03/PDF/N1052503.pdf

http://www.tjenbered.fr/2011/20110330-89.pdf

[11B2] 18 décembre 2010 – L’ONU doit condamner les meurtres homophobes ! (Lettre de Tjenbé Rèd à Michèle Alliot-Marie portant demande de soutien par la France au vote du 20 décembre à l’ONU pour la protection des personnes LGBT contre les exécutions extrajudiciaires) – Communication n°TR10INT14

http://www.tjenbered.fr/2010/20101218-00.pdf [fr]

http://www.tjenbered.fr/2010/20101218-09.pdf [en]

http://www.lepost.fr/article/2010/12/19/2345513_l-onu-doit-condamner-les-meurtres-homophobes.html [fr]

http://makoume.yagg.com/2010/12/19/onu/ [fr]

http://www.msmgf.org/index.cfm/id/11/aid/2640/ [fr]

[11B3] 22 décembre 2010 – L’ONU condamne les meurtres homophobes (Tjenbé Rèd Fédération demande cependant des explications à Sainte-Lucie, au Bénin, aux îles Salomon et au «Saint-Siège» après leurs positions homophobes) – Communiqué de presse n°TRF10INT14B

http://www.tjenbered.fr/2010/20101222-00.pdf [fr]

http://www.tjenbered.fr/2010/20101222-09.pdf [en]

http://www.lepost.fr/ [fr]

http://international.123news.org/ [fr]

http://makoume.yagg.com/2010/12/23/onu-2/ [fr]

http://blogdelacommunaute.yagg.com/ [fr]

http://pairsonnalites-entrefilets.blogspot.com/2010/12/makoume-lonu-condamne-les-meurtres.html [fr]

[11B4] 22 décembre 2010 – L’Afrique et l’océan Indien doivent lutter contre les meurtres homophobes ! (Lettre aux États africains et océano-indiens et notamment au Bénin, principal État de la région à s’être prononcé en faveur des meurtres homophobes !) – Communication n°TRF10INT14D

http://www.tjenbered.fr/2010/20101222-02.pdf [fr]

[11B5] 24 décembre 2010 – Lettre à Brice Hortefeux en vue de voir modifiée, suite au vote de l’ONU, la «liste des pays sûrs» – Communication n°TRF10INT14F

http://www.tjenbered.fr/2010/20101222-04.pdf [fr]

http://www.lepost.fr/ [fr]

http://makoume.yagg.com/2010/12/24/ofpra/ [fr]

http://blogdelacommunaute.yagg.com/ [fr]

[11C1] 22 mars 2011 – Dépénalisation de l’homosexualité : 85 pays signent une déclaration à l’ONU (par Judith Silberfeld, pour Yagg.com)

http://yagg.com/2011/03/22/depenalisation-de-lhomosexualite-83-pays-signent-une-declaration-a-lonu/

http://www.tjenbered.fr/2011/20110322-99.pdf

[11C2] 22 mars 2011 – Human Rights Council holds general debate on follow-up and implementation of the Vienna Declaration and Programme of Action (Office of the High Commissioner for Human Rights)

http://www.ohchr.org/EN/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=10879&LangID=E

http://www.tjenbered.fr/2011/20110322-89.pdf

[11C3] 22 mars 2011 – Joint Statement on the Rights of LGBT Persons at the Human Rights Council (U.S. Department of State, Washington, DC)

http://www.state.gov/r/pa/prs/ps/2011/03/158847.htm

http://www.tjenbered.fr/2011/20110322-88.pdf

[11C4] 22 mars 2011 – Over 80 Nations Support Statement at Human Rights Council on LGBT Rights (Statement by Ambassador Eileen Chamberlain Donahoe U.S. Representative to the Human Rights Council on the “Joint statement on ending acts of violence and related human rights violations based on sexual orientation & gender identity”)

http://geneva.usmission.gov/2011/03/22/lgbtrights/

http://www.tjenbered.fr/2011/20110322-86.pdf

[11C5] 22 mars 2011 – Conseil des droits de l’Homme – Déclaration appelant à la fin des violences et des violations des droits de l’Homme fondées sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre (Ministère français des affaires étrangères et européennes)

http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/entrees-thematiques_830/droits-homme_1048/droits-economiques-sociaux-culturels_4720/violations-droits-homme-fondees-sur-orientation-sexuelle-identite-genre-22.03.11_90930.html

http://www.tjenbered.fr/2011/20110322-87.pdf

[11D1] 17 juin 2011 – Résolution «Human rights, sexual orientation and gender identity» du conseil des droits humains des Nations unies (le Gabon ayant voté contre)

http://ilga.org/ilga/static/uploads/files/2011/6/17/RESOLUTION%20L9rev1.pdf

http://www.tjenbered.fr/2011/20110615-78.pdf

[11D2] 17 juin 2011 – Council establishes mandate on Côte d’Ivoire, adopts protocol to child rights treaty, requests study on discrimination and sexual orientation (Office of the High Commissioner for Human Rights)

http://www.ohchr.org/EN/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=11167&LangID=E

http://www.tjenbered.fr/2011/20110617-79.pdf

[11E1] 6 novembre 2006 / 31 mars 2007 – Principes sur l’application de la législation internationale des droits humains en matière d’orientation sexuelle et d’identité de genre dits «de Jogjakarta»

http://yogyakartaprinciples.org/docs/File/Yogyakarta_Principles_FR.pdf

http://www.tjenbered.fr/2007/20070331-89.pdf

[11E2] 27 octobre 2010 – Homophobie : La violence de l’intolérance (Navanethem Pillay, haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, prend position contre l’intolérance envers les minorités sexuelles en Afrique et ailleurs)

http://www.un.org/french/ecosocdev/geninfo/afrec/newrelfr/homophobie.html

http://www.tjenbered.fr/2010/20101027-79.pdf

[11E3] 21 juillet 2011 – Sexual Orientation and Gender Identity at the United Nations (From Wikipedia, the free encyclopedia)

http://en.wikipedia.org/wiki/Sexual_Orientation_and_Gender_Identity_at_the_United_Nations

http://www.tjenbered.fr/2011/20110721-79.pdf

[12] 10 février 2006 – Discours à la jeunesse (par Paul Biya, président de la république du Cameroun, appelant au «nécessaire respect de la vie privée» - texte intégral introuvable)

[13A] 11 juillet 2003 / 25 novembre 2005 – Protocole à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples relatif aux droits des femmes, dit «de Maputo» (adopté par la IIème session ordinaire de la conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine le 11 juillet 2003 à Maputo, Mozambique, entré en vigueur le 25 novembre 2005 après ratification par quinze États)

http://www.africa-union.org/Official_documents/Treaties_Conventions_fr/Protocole%20sur%20le%20droit%20de%20la%20femme.pdf

http://www.au.int/fr/treaties

http://www.tjenbered.fr/2005/20051125-99.pdf

[13B] 27 juin 1981 / 21 octobre 1986 – Charte africaine des droits de l’homme et des peuples | African Charter on Human and Peoples’ Rights (adoptée par la XVIIIème conférence de l’Organisation de l’unité africaine – OUA – le 27 juin 1981 à Nairobi, Kenya, entrée en vigueur le 21 octobre 1986 après ratification par vingt-cinq États)

http://www.au.int/fr/content/african-charter-human-and-peoples-rights

http://www.aidh.org/Biblio/Txt_Afr/instr_81.htm

http://www.tjenbered.fr/documents/charte_africaine_19861021.pdf

[14] 18 décembre 2008 – Statement of the Holy See delegation at the 63rd session of the general assembly of the United Nations on the declaration on human rights, sexual orientation and gender identity (“The Holy See continues to advocate that every sign of unjust discrimination towards homosexual persons should be avoided and urges States to do away with criminal penalties against them”)

http://www.vatican.va/roman_curia/secretariat_state/2008/documents/rc_seg-st_20081218_statement-sexual-orientation_en.html

http://www.tjenbered.fr/2008/20081218-48.pdf

_ _ _

Total Respect – Tjenbé Rèd Fédération | Fédération de lutte contre les racismes, les homophobies & le sida issue des communautés afro-caribéennes

Organisations membres : 1°) Alu | Asociación de Latinos unidos ; 2°) Couleurs gaies | Centre LGBT Metz Lorraine-Nord ; 3°) Homo-Sphère | Association gay & lesbienne de Nouvelle-Calédonie ; 4°) SLD | Sida – Les liaisons dangereuses ; 5°) Tjenbé Rèd Prévention (Association de prévention des racismes, des homophobies & du sida issue des communautés afro-caribéennes) ; 6°) Vela (Vigilance LGBTI – lesbienne, gaie, bi, trans & intersexe – Aix-en-Provence)

Courriels : federation@tjenbered.fr | MSN : tjenbered@hotmail.fr

Site Internet : www.tjenbered.fr/federation | Myspace : www.myspace.com/tjenbered

Facebook : www.facebook.com/federationtotalrespect

Ligne d’écoute et d’information : +33 (0)6 10 55 63 60 (24h/24, répondeur à certaines heures)

Siège social : Pont-Madeleine, F-97211 Rivière-Pilote

Association loi 1901 fondée le 15 mars 2005, déclarée le 14 juin 2005, Journal officiel du 9 juillet 2005

Aidez-nous à financer nos actions : http://soutenir.totalrespect.fr/

Tjenbé Rèd Prévention à la Gay Pride de Lorraine !

Samedi 4 juin, l’association de prévention des racismes, des homophobies & du sida issue des communautés afro-caribéennes a participé à la Marche des fiertés LGBT de Nancy, ouvrant la saison hexagonale des «Gay Pride»

20110604-98

À l’invitation de Couleurs gaies, association LGBT (lesbienne, gaie, bi & trans) de Metz, Tjenbé Rèd Prévention (TRP) participait samedi à la Gay Pride de Lorraine (qui se tenait cette année à Nancy). Cette manifestation – plus exactement dénommée «Marche des fiertés LGBT» -, se déroule alternativement dans l’une de ces deux villes, distantes de 50 km., qui s’aiment autant que la Martinique et la Guadeloupe s’apprécient l’une l’autre.

Une affiche rouge sang

L’affiche et le slogan retenus par le Collectif LGBT Lorraine étaient nettement plus agressifs que d’autres cette année, notamment à Paris (où des polémiques ont récemment divisé la communauté LGBT). Sur fond rouge avec des grilles de château en ombre chinoise (suggérant le château de Versailles ou encore la place Stanislas, célèbre esplanade de style classique du centre de Nancy), une Marianne drapée dans un drapeau arc-en-ciel (le drapeau LGBT) et coiffée d’un bonnet phrygien tient une faux et proclame : «L’État décapite nos droits… Nous trancherons en 2012 !» Ce slogan, radical, renvoie à l’obligation humiliante faite par l’État aux personnes transgenres d’apporter la preuve de leur stérilisation chirurgicale avant d’obtenir leur changement d’état civil (obligation dont l’abrogation est la revendication principale portée cette année par la plate-forme du Collectif LGBT Lorraine).

20110604-74

En début d’après-midi, ayant oublié leur banderole à Paris, les bénévoles de TRP ont élaboré dans l’urgence une banderole de secours bariolée grâce au soutien des bénévoles de Couleurs gaies (merci Jean !). Les chars du Collectif LGBT Lorraine portaient notamment des pancartes citant les déclarations homophobes de Michel Mercier, ministre centriste de la justice («Il appartient aux personnes trans d’apporter la preuve de leur stérilisation»), de Himmler («Notre peuple sera anéanti par cette maladie contagieuse») ou de Raymond Occolier, maire socialiste du Vauclin en Martinique («Dans la Bible, Dieu dit que c’est une abomination»)…

«Le péril rose ne passera pas !»

De splendides jeunes hommes, militants d’extrême gauche manifestement hétérosexuels, agitaient des drapeaux rouges et noirs en s’accrochant quelque peu avec les chars des organisations LGBT pour cause de manque de place dans le défilé ! D’autres incidents émaillaient le cortège, très encadré par les forces de police qui auraient eu vent de menaces d’agression. Un jeune homme à mégaphone circulait d’ailleurs à un moment indiquant qu’une agression avait eu lieu en tête du cortège, lequel regroupait quatre ou cinq chars pour environ 2.000 personnes. Alors que plusieurs couples de même sexe s’enlaçaient, un autocollant courageusement anonyme était visible le long du parcours avec inscrit, en bleu sur fond jaune : «Gay Pride, mariage homo, adoption… Le péril rose ne passera pas !»

20110604-76
Cependant, une adhérente de l’association LesBienNées (association lesbienne de randonnée pédestre) portait sur une pancarte et plusieurs autocollants des slogans comme «Drôle, intelligente, fonctionnaire, je suis : le gendre idéal. Laissez-nous nous marier. http://www.association-lesbiennees.org» ; «Ceux qui disent que les lesbiennes sont des mal baisées sont des mauvaises langues» ; «Lesbophobie, xénophobie, même connerie. LesBienNées». Devant la banderole de TRP, une manifestante déguisée en avocate ou en magistrate portait un énorme code civil factice en référence aux demandes d’égalité en matière de mariage et d’adoption formulées par le Collectif LGBT Lorraine. À côté, plusieurs bénévoles de l’APGL (Association des parents et futurs parents gais et lesbiens) portent des tee-shirts bleus avec le slogan : «Aimeriez-vous n’avoir aucun droit sur votre enfant ?»

Une Marseillaise litigieuse

Enfin, alors que le cortège après une heure et demie de marche dans le centre-ville de Nancy revenait place Stanislas, arborant la sinistre devise révolutionnaire «Unité et indivisibilité de la République. Liberté, égalité, fraternité ou la mort.», certain/e/s manifestant/e/s entonnaient une Marseillaise vibrante, allusion évidente à l’inégalité de traitement dont ils s’estimaient l’objet, pourtant quelque peu déplacée voire choquante en raison des connotations racistes de son célèbre refrain : «Qu’un sang impur abreuve nos sillons…»

20110604-81

Plusieurs porte-parole associatifs prenaient alors la parole dont Matthieu Gatipon-Bachette (notre photo), président de Couleurs gaies, et Stéphane Aurousseau, administrateur et ancien président de Couleurs gaies, annonçant un accueil animé de Martine Aubry, première secrétaire du Parti socialiste, le lundi suivant à Metz, ville dont le maire socialiste Dominique Gros manifeste un dédain notoire à l’encontre des questions LGBT. (Ledit accueil se traduira par un échange entre les militant/e/s de Couleurs gaies et la maire de Lille ; à la question «Pensez-vous que le maire de Metz sera d’accord avec vos engagements portant sur l’ouverture du mariage et de l’adoption aux couples de même sexe ?», Martine Aubry hésite avant de répondre, ferme – ou fataliste ? - : «Il est socialiste…»).

Parenthèse cul-turelle

Visitant le lendemain le Centre Pompidou de Metz, à l’invitation des bénévoles de Couleurs gaies, les bénévoles de TRP y observaient une «peinture à la détrempe sur bois de chêne représentant un homme dont une créature lui sort de l’anus», datée du XIIIème siècle.

20110604-87

«Casser du pédé, ça coûte cher aussi aux Antilles» (Publication de nos voeux et de notre lettre mensuelle)

Celle-ci se sera fait désirer. Depuis mars, qu’on l’avait sur le métier. Qu’on n’avait pas le temps de la finir. Qu’on a pris le temps, durant ces vacances de fin d’année, de finir. Notre lettre mensuelle n°14 ! (Enfin, mensuelle, plus vraiment, mais disons pour le fun.) L’éditorial est d’abord l’occasion de vous faire des poutous, c’est le début de l’année quoi, jouissance et solidarité pour l’année 2011 ! L’occasion aussi de rappeler que notre action, résolument communautaire, n’est en rien communautariste et que les combats contre les racismes, les homophobies et le sida doivent être menés de front ! La preuve, notre participation, à l’appel du Raac-sida (Réseau des associations africaines & caribéennes agissant en France dans la lutte contre le sida), à une manifestation organisée par l’ODSE (Observatoire du droit à la santé des étrangers) contre le traitement réservé aux personnes étrangères dans les Hauts-de-Seine (notre photo). Elle est pas belle, la République comme on l’entend ? Teddy Jacques, administrateur national de Tjenbé Rèd Prévention, revient ensuite sur une décision de justice en Martinique réprimant des vols et autres gracieusetés à l’encontre d’homosexuels. L’INPES lance «lova & lova», un dispositif d’information sur la sexualité à destination des jeunes des départements français d’Amérique (qui parle, c’est curieux, de sexualité hétérosexuelle mais pas de sexualité homosexuelle). Enfin, nous offrons un bref tour d’horizon de l’actualité africaine (principalement au Cameroun) et de celle de nos partenaires, notamment Tous Créoles ! ou Act Up-Paris, Sida Info Service et le Sneg qui ont conjointement pris l’initiative de lancer un nouveau portail Internet d’informations spécialisé sur la santé sexuelle des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes : http://www.gay-sex-prev.fr/

31 mars 2010 / 5 janvier 2011 – Casser du pédé, ça coûte cher aussi aux Antilles (La lettre de Tjenbé Rèd ! – Numéro 14 – Mars 2010 / Janvier 2011) – Communication n°TR10SOC09
http://www.tjenbered.fr/2010/20100331-69.pdf

Un concert du chanteur homophobe Sizzla saute en Belgique… pas encore à Paris, pas encore à Montpellier

sizzla_messancy_20100825_homophobieSIZZLA devait se produire mercredi 25 août au Rider’s Park à Messancy en Belgique [1]. Nous apprenons aujourd’hui que ce concert a été annulé, sans qu’il soit possible d’imputer cette annulation à la campagne internationale Stop Murder Music (SMM) ou à l’un des revirements dont ce chanteur jamaïcain de reggae dancehall est coutumier (en mai 2008, son entourage avait ainsi accusé la campagne SMM d’être responsable de l’annulation de plusieurs concerts alors qu’il avait plus trivialement été refoulé aux frontières en raison d’un problème de visa ; en février 2010, le site Reggae.fr annonçait l’annulation de nouveaux concerts en évoquant «sa récente arrestation en Jamaïque pour des coups de feu» alors que le site Reggaefrance.com l’annonçait le lendemain soir à l’anniversaire de Robert MUGABE, président du Zimbabwe, également signalé pour propos homophobes et racistes) [2].

Pour mémoire, en 1998, SIZZLA appelait à «brûler les Blancs en Jamaïque». En 2001 notamment, il fredonnait par exemple : «Butte les pédés, mon gros flingue va tirer». Quelques semaines après avoir supposément signé, en 2007, le Reggae Compassionate Act (RCA) censé mettre un terme à de tels propos, il interprétait le titre «Nah Apologize» («Aucune excuse aux enculés») [2].

SIZZLA reste devoir se produire au Festi Plaisir, rue Fontaine-de-la-Banquière à Montpellier (Hérault), jeudi 23 septembre à 20h00, ainsi qu’à l’Élysée Montmartre, Paris, vendredi 24 septembre 2010 à 19h00 (pour rappel, cette salle accueillait pourtant la soirée Que Fuerte Paris Gaypride Party, samedi 26 juin). TJENBÉ RÈD appelle de nouveau les associations montpelliéraines et parisiennes de défense des droits humains à la mobilisation !