Outre-mers & pairs

Une actualité des homophobies & du sida du point de vue des minorités ethniques en France ultramarine & hexagonale, par David Auerbach Chiffrin

Les États généraux du sida en Martinique présentés sur Radio Saint-Louis

20100725-97
Le 7 décembre, à la suite de la Journée mondiale de lutte contre le sida, Radio Saint-Louis, radio catholique diocésaine de Martinique, recevait l’association Tjenbé Rèd Prévention au sujet des futurs États généraux des PVVIH (personnes vivant avec le virus de l’immunodéficience humaine ou avec le sida, syndrome de l’immunodéficience acquise) en Martinique.

Tjenbé Rèd Prévention diffuse aujourd’hui, à toutes fins utiles, le texte des 41 minutes de cet entretien [A], mené par la journaliste Mme Nadiège Pastel.

[A] 7 décembre 2011 – Entretien avec Tjenbé Rèd Prévention diffusé par Radio Saint-Louis au sujet des États généraux des PVVIH en Martinique
http://www.tjenbered.fr/2011/20111207-89.mp3
[00’00-13’02] (partie n°1, 17,8 Mo – début de l’entretien à 01’25)
http://www.tjenbered.fr/2011/20111207-88.mp3
[13’03-41’00] (partie n°2, 38,3 Mo)
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http://www.tjenbered.fr/2011/20111207-89.mp3
[00’00-13’01] (partie n°1, 17,8 Mo – début de l’entretien à 01’25)

[00’00] Musique («Maman et puis papa…»)

[01’25] Radio Saint-Louis (RSL) | Amis auditeurs de Radio Saint-Louis, bonjour à vous, nous avons le plaisir et disons la surprise d’accueillir pour vous M. David… «Auerbach Chiffrin» – aah ! je suis sûre que j’ai bien… c’est ça ?

[01’40] Tjenbé Rèd Prévention (TRP) | Exactement, bravo, toutes mes félicitations et merci de votre accueil !

[01’44] RSL | Un contact inattendu mais qui tombe à pic. Bien que le mois de décembre soit déjà bien entamé, nous savons que le 1er décembre est consacré au sida, à faire mémoire, à parler de ces différentes actions qui sont menées dans cette problématique. Aujourd’hui, vous nous venez avec comme objectif de nous rappeler l’existence de plusieurs associations, notamment Tjenbé Rèd Prévention. [...]

[02’30] TRP | Alors, ce n’est pas seulement mon objectif. Je suis venu… Je viens régulièrement en Martinique depuis 2007, je suis moi-même originaire de Martinique et notre association, d’ailleurs, Tjenbé Rèd Prévention, existe aussi depuis 2007. L’objet de ce présent déplacement, outre de rendre visite à ma famille que je salue, c’est de venir un peu consulter à nouveau, finir un travail de consultation mené auprès des personnes qui agissent ici en Martinique toute l’année contre le sida. Ces personnes sont des associations comme Action Sida Martinique, comme Amvie ou maintenant Aides Martinique, ce sont des institutions comme l’ARS (Agence régionale de santé), comme également le Corévih qui est la coordination régionale de lutte contre le virus de l’immunodéficience humaine. Ces personnes ont pour mission, pour objectif de lutter en permanence en Martinique contre le sida, d’accompagner les PVVIH (personnes vivant avec le virus de l’immunodéficience humaine). Le VIH, c’est un mot qu’on prononcera souvent peut-être aujourd’hui, c’est le virus de l’immunodéficience humaine, c’est-à-dire en fait le virus qui attaque les défenses immunitaires de l’organisme et qui fait que si l’on ne se soigne pas, on attrape le sida et l’on tombe dans un stade de profonde faiblesse immunitaire et finalement de décès. Aujourd’hui, dans les pays développés, cela devient très rare, parce que les médicaments deviennent extrêmement efficaces, mais on dit plus souvent par commodité «le virus du sida», même si ce n’est pas exactement rigoureux mais ce n’est pas très grave, ce n’est pas un colloque scientifique.

[04’15] TRP | L’objet de ma présence est de pouvoir consulter ces acteurs pour mettre en route un projet qui est né au cours des États généraux de l’outre-mer [B]. Alors, les États généraux de l’outre-mer, on en a dit beaucoup de choses, je sais que cela a fait beaucoup de bruit. Au cours de ces États généraux, il se trouve que l’association dont je suis le porte-parole, Tjenbé Rèd Prévention, a évoqué la question du sida. Il se trouve, cela fut d’ailleurs notre grande surprise (nous, nous l’avons fait dans l’Hexagone, puisque nous y menons 85% de nos actions), il se trouve que nous avons été les seuls à le faire au cours de ces États généraux. Pour des tas de raisons, bonnes et mauvaises. Il y a des gens qui n’ont pas souhaité participer à ces États généraux de l’outre-mer, en 2009, pour des raisons sur lesquelles on ne va pas revenir, que tout le monde connaît. Nous, nous l’avons souhaité. Il se trouve aussi qu’il y avait des gens qui n’ont pas forcément saisi cette opportunité, peut-être pour des raisons de timidité, peut-être par crainte de ce que l’on appelle le «makrélage» [une version antillaise du bouche à oreille], qui n’ont pas souhaité venir dire : «Eh bien voilà, parmi les difficultés que nous rencontrons, il n’y pas seulement des problèmes d’emploi (ils existent, mais il n’y a pas que cela), il n’y a pas seulement des problèmes économiques, il n’y a pas seulement des problèmes de mémoire ou de culture ou d’identité, il y a aussi des problèmes de santé.» Il se trouve que la santé a été un peu oubliée.

[05’38] TRP | On a un peu parlé de chlordécone, quand même, en Martinique, mais à peine et en tout cas le sida on n’en a pas parlé du tout en Martinique, en tout cas pas au niveau, en 2009, des États généraux de l’outre-mer. Il se trouve que nous avons été les seuls à le faire dans tous les États généraux, dans les soixante-huit commissions qu’il y a eu dans tous les départements, territoires et dans l’Hexagone, et quand on s’est rendu compte qu’on avait été les seuls, on s’est dit : «Mais ça ne va pas, il y a quelque chose qui ne va pas.» Parce que les pourcentages d’infection, de présence du VIH dans les outre-mers… Alors, pas tous les outre-mers : particulièrement la Guyane, où il y a des taux hallucinants, la Guadeloupe (où il y a des taux très forts, deux fois plus élevés que la Martinique, maintenant), la Martinique également, où ça reste toujours trois fois plus élevé – je parle en termes de pourcentages – que dans l’Hexagone, il y a vraiment des taux extrêmement forts, à Saint-Martin aussi, et on s’est dit : «Mais pourquoi les gens n’en ont-ils pas parlé sur place ? Cela fait partie de leurs conditions de vie, cela fait partie éventuellement de leurs problèmes (peut-être pas toujours, puisqu’on n’a pas que des problèmes dans la vie même si on est malade, heureusement), pourquoi n’en ont-ils pas parlé ? Il faudrait absolument, pour travailler sur ces taux qui sont plus élevés, qui constituent une inégalité (à partir du moment où l’on est dans une même république, on est censé avoir droit à un même niveau de santé donc s’il y a un taux de maladie, de présence du virus qui est plus élevé, il faut travailler dessus), il faut faire non pas des États généraux de l’outre-mer – qui étaient déjà faits – mais des États généraux des PVVIH ou bien des personnes qui sont concernées, qui sont proches des PVVIH, il faut faire des États généraux sur le sida dans chaque département d’outre-mers concerné.»

[07’22] RSL | Il faut faire l’état des lieux, rappeler les attentes ou bien informer ou même oser en parler parce qu’en vous écoutant, je me rends compte aussi que c’est une question de tabou, aussi, on n’ose pas en parler, on ne se sent pas libre, on ne se sent pas aussi libre de parler de ce sujet que de parler de politique ou de critiquer…

[07’51] TRP | Tout à fait…

[07’52] RSL | … donc vous avez osé cette parole et en osant cette parole vous avez rencontré du monde, prêt à vous entendre, et vous avez collaboré avec d’autres partenaires.

[08’04] TRP | Tout à fait, dans chaque département. Nous allons visiter les trois départements, la Martinique, la Guadeloupe, la Guyane, nous allons visiter la Réunion, Mayotte, également Saint-Martin où il y a une situation qui est aussi très compliquée. Notre intuition de départ, c’était qu’il fallait cela, puis nous avons mis deux ans à passer de l’intuition au projet en route. Maintenant c’est inscrit au plan officiel de lutte contre le sida, fixé sur l’horizon 2014, qui a été lancé par l’État l’an dernier, par le ministère de la santé. C’est devenu un projet officiel [...] et l’objet de mon déplacement ici, c’est d’en parler à votre public puis de rencontrer, comme je vous l’indiquai, les principaux acteurs de lutte contre le sida, qu’il s’agisse d’acteurs associatifs ou institutionnels, pour déterminer les modalités précises, que là je ne vais pas vous indiquer puisque c’est à ces acteurs de les déterminer, certainement pas à moi.

[09’04] RSL | Vous avez aussi le projet aussi de mener campagne, si l’on peut dire, de sensibiliser…

[09’15] TRP | … de participer à l’effort de sensibilisation qui est fait tout au long de l’année en Martinique, déjà, par les acteurs locaux, donc ce n’est pas moi qui vais arriver avec mon petit drapeau pour faire ce travail qui est déjà très bien fait. Il s’agit juste d’apporter une idée, de la coordonner dans la mesure où cela sera utile et puis de l’animer, de participer à l’animation et à son suivi.

[09’35] RSL | Amis auditeurs, je rappelle que nous accueillons pour vous M. David «Auerbach Chiffrin»…

[09’43] TRP | Attention…

[09’45] RSL | C’est bien cela ?

[09’46] TRP | Mais tout à fait !

[09’48] RSL | … de l’association Tjenbé Rèd Prévention. Nous nous accordons juste une pause musicale et nous nous retrouvons juste après.

[09’57] TRP | Avec plaisir, merci beaucoup.

[09’59] Musique («Mwen compté sur ou… Ou mêm compté sur mwen…»)
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http://www.tjenbered.fr/2011/20111207-88.mp3
[13’03-41’00] (partie n°2, 38,3 Mo)

[00’00] RSL | Nous poursuivons avec l’association Tjenbé Rèd Prévention et M. David Auerbach Chiffrin. Vous avez parlé de l’action que vous menez dans la lutte contre le sida, aussi, des actions de rapprochement, je pourrais dire, des esprits, des idées, vous avez parlé des collaborations que vous avez avec diverses organisations pour mener à bien des actions de sensibilisation, mais on aimerait savoir, au fait : est-ce qu’il y a des avancées au niveau du sida ?

[00’44] TRP | Alors, concernant les traitements, comme je vous le disais, oui : il y a beaucoup d’avancées. Aujourd’hui, on commence à disposer de démonstrations à peu près convergentes, il commence à y avoir ce qu’on appelle un consensus scientifique, pour dire qu’une personne aujourd’hui qui est porteuse du virus et qui est convenablement traitée n’est pas contaminante ou en tout cas très peu contaminante : alors, il faut se méfier, on n’est jamais à 100%, il y a toujours un risque théorique, mais enfin, par exemple, il y a de nombreuses études qui sont menées au sein de ce qu’on appelle des couples sérodifférents (c’est-à-dire des couples dont l’un des membres est séronégatif et l’autre séropositif, porteur du VIH)… Il faut un certain nombre de conditions, attention ! Il faut qu’il y ait un traitement régulier ; il faut que ce qu’on appelle la charge virale (c’est-à-dire le nombre de répliques du virus qu’on a dans le corps) soit indétectable par les tests de détection, c’est-à-dire qu’il soit très bas, que le traitement marche ; il faut qu’il n’y ait pas d’autres infections sexuellement transmissibles, comme la syphilis, et il faut également qu’il y ait… une exclusivité sexuelle des deux partenaires…

[02’07] RSL | Non, attends ! Il faudrait une fidélité entre les personnes ?

[02’14] TRP – Une fidélité sexuelle, tout à fait.

[02’15] RSL | Bon mwen préféré pawol ta la. Au moins, sa ka résoné an zorey nou, an nou. Continuez, continuez !

[02’21] TRP | Si ces conditions sont réunies, aujourd’hui un consensus scientifique émerge, depuis plusieurs années, qui est en train de se confirmer, pour dire qu’une personne convenablement traitée – avec toutes ces conditions – n’est pas contaminante. Concrètement, pour employer des termes un peu crus, son virus va se retrouver en très faible proportion dans ses liquides corporels, dans son sang, dans son sperme ou dans ses sécrétions vaginales pour une dame. Cette personne sera en théorie non contaminante. Il faut bien vérifier que toutes ces conditions sont réunies, qu’on n’est pas porteur à son insu d’une autre maladie sexuellement transmissible, et la question de la fidélité sexuelle, vous savez comme moi que c’est une vaste question ! Par exemple, le premier souci d’une personne hétérosexuelle qui souhaite avoir des enfants et qui est porteuse du VIH ou qui est en couple avec une personne qui est porteuse du VIH, c’est éventuellement de savoir s’il va être possible d’avoir des enfants naturellement ensemble.

[03’22] RSL | Eh oui…

[03’24] TRP | Aujourd’hui, dans à peu près 99% des cas, avec un accompagnement médical, il est possible d’avoir un enfant par voie naturelle quand on est un couple sérodifférent hétérosexuel.

[03’34] RSL | Il y a toujours quand même le risque, au moins 1%, que l’enfant puisse devenir porteur…

[03’41] TRP | Tout à fait mais c’est vraiment aujourd’hui un risque qui est considéré de plus en plus comme théorique. Je parle bien dans un pays développé où il y a un traitement médical, un suivi médical de qualité. Il faut faire attention. Par exemple, pour vous donner une anecdote, en Afrique, c’est une préoccupation de beaucoup de personnes, c’est là où l’épidémie est la plus grave avec l’Amérique latine et parmi également les populations précaires notamment dans les pays riches comme les États-Unis d’Amérique… globalement aux États-Unis d’Amérique ça va bien mais dans les populations précaires et beaucoup les noires, les taux sont beaucoup plus élevés. En Afrique, par exemple (je ne veux pas stigmatiser l’Afrique, on pourrait trouver des exemples ailleurs, mais il se trouve que les exemples que j’ai en tête me viennent de ce continent), certaines femmes sont parfois porteuses du virus, souhaitent avoir un enfant, ont un accompagnement médical qui leur permet de donner naissance à un enfant séronégatif. Simplement dans ces cas-là, l’allaitement est déconseillé. La mère ne doit pas allaiter son enfant. Elle doit donc lui donner un lait en poudre mais le problème est que lorsque vous rentrez au village et que vous devez…

[04’48] RSL | …

[04’49] TRP | … Ce n’est même pas tant l’argent (je vous vois faire un signe)… Si vous ne donnez pas le sein à votre enfant, tout le monde va se demander pourquoi vous ne donnez pas le sein et donc les langues vont parler. Ces mères, pour ne pas subir le poids de la stigmatisation, se retrouvent obligées de ne pas utiliser le lait en poudre qu’on leur a donné à l’hôpital au moment de partir de la maternité et allaitent leur enfant, ce qui fait que malheureusement on a certains enfants qui sont ainsi contaminés après la naissance. C’est pour vous donner un exemple. Cet exemple veut dire que souvent, nos raisonnements culturels, nos pratiques culturelles, notre façon de vivre font qu’on n’a pas toujours le comportement le plus rationnel vis-à-vis de ce virus mais cela, on le sait bien, dès qu’on est sur des matières qui touchent à la sexualité, à l’intimité, à l’enfantement, on n’est pas toujours malheureusement rationnel.

[05’37] RSL | Oui. Il y a plein de choses que nous ne contrôlons pas. Même si on voudrait avoir le langage un peu scientifique ou pseudo-scientifique, bon, la réalité est là pour nous dire : «Mais attention ! Il n’y a pas de science exacte» [en la matière]. Ceci dit, vous nous avez brossé un tableau au début de l’émission, en disant qu’aux Antilles, particulièrement aux Antilles françaises, le taux reste quand même important… Est-ce que… Je ne dirais pas «entre vous» mais avec ceux qui ont fait des recherches, vous avez des moyens pour dire quelles sont les raisons qui font que cela augmente ?

[06’14] TRP | Pourquoi chez nous ?

[06’15] RSL | Pourquoi est-ce que cela augmente malgré tout, malgré toute cette publicité, ces informations, que l’on donne à chaque manifestation sportive ou grand temps fort etc., pourquoi ?

[06’26] TRP | C’est une bonne question ! J’aimerais bien… Bon… Chacun a un peu ses éléments de réponse parce qu’on connaît tous des gens autour de nous avec lesquels on peut parler. Il faut savoir par exemple qu’à peu près 9% de l’ensemble des contaminations en France sont dans les départements d’outre-mers alors qu’il ne s’y trouve pas 9% de la population : vous voyez, c’est vraiment disproportionné. Alors, pourquoi ? Chacun a un peu ses réponses. Il y a déjà un truc tout bête, sans même aller chercher dans les raisonnements, dans les pratiques culturelles, c’est la proximité géographique avec des zones qui sont plus infectées, où le virus est plus présent qu’en Europe continentale. Cela vaut particulièrement pour la Guyane où il y a des taux qui sont à peu près vingt fois supérieurs à l’Hexagone (c’est incroyable ce qui se passe en Guyane). Cela vaut aussi un peu pour la Guadeloupe qui est plus proche de pays comme Haïti, où il y a des taux plus importants, tout simplement, et donc il y a une circulation des personnes, ce qui est normal. Cela vaut un peu moins pour la Martinique qui semble ces derniers temps s’en tirer un peu mieux mais qui reste quand même à des taux trois fois supérieurs à ceux de l’Hexagone. L’environnement géographique est donc un premier trait : on n’y peut rien, les îles sont là, les territoires sont là, on ne va pas les déplacer (en tout cas, ce serait difficile dans l’immédiat).

[07’37] TRP | Deuxième caractéristique, c’est là qu’on entre un peu dans le plus flou, c’est la façon de vivre, la façon de considérer les choses, la façon aussi de prendre soin de sa santé. Là, c’est moi qui parle, je n’engage que moi quand je vous dis cela parce que chacun a un peu sa vision de la chose, mais c’est un peu corroboré par certains entretiens que je peux avoir : je pense que nos compatriotes ont beaucoup de problèmes à parler de la santé parce qu’ils considèrent que c’est très intime – ce qui est une réalité – et que, finalement, cela ne se fait pas vraiment de parler de son intimité. C’est un peu comme cela que je vois les choses, c’est un peu corroboré par certains entretiens que j’ai, et du coup, finalement, on va un peu vers le médecin, vers le système de soin quand vraiment on est très malade. Cela vaut pour plein de choses, notamment pour la détection de certains cancers, par exemple, qui sont parfois détectés un peu trop tard, malheureusement, mais cela vaut aussi pour le VIH. Il y a aussi… Je croisais une fois M. Victorin Lurel [député et président du conseil régional de Guadeloupe] pour parler de ces thématiques et d’autres et il me disait : «Nous sommes dans une société d’interconnaissance». On est 400.000 personnes sur une île, tout le monde connaît tout le monde, si quelqu’un voit quelqu’un qui sort d’un dispensaire où éventuellement on sait que c’est souvent des PVVIH qui s’y rendent, le temps que la personne retourne dans son quartier ou dans son village, ça va être l’enfer. C’est une réalité ! Il y a cette peur-là du makrélage. Malheureusement, nos compatriotes parlent beaucoup de l’Éternel, de la puissance divine, mais il semblerait qu’il y ait un petit désaccord avec certaines pratiques comme le makrélage. Je me permets de dire cela, je ne donne aucune leçon : il semblerait ! Je n’ai pas l’impression que vous me démentez. C’est cette crainte, au-delà de la plaisanterie, c’est cette crainte de subir une certaine honte, un regard social dévalorisant, pénible… Il y a un autre élément aussi que je voudrais mentionner parce que c’est l’un des objets de notre association, c’est une certaine homophobie.

[09’44] RSL | L’homophobie, ça veut dire quoi ?

[09’45] TRP | L’homophobie, c’est le rejet, la dénonciation, la haine des personnes qui sont homosexuelles. Alors, pourquoi est-ce que je parle de cela ? Parce que… Comment dire… Parce que, tout simplement, le virus se transmet notamment par voie sexuelle et que lorsqu’on a des pratiques sexuelles qui sont vécues sous un regard social négatif, sous la honte, eh bien ces pratiques, ont les a souvent dans la discrétion, «an ba fey» [dans la discrétion voire la clandestinité]. Le problème est que plus on a des pratiques dans la discrétion, dans une certaine clandestinité, plus c’est difficile de les protéger. Une jeune personne aujourd’hui qui vit encore chez ses parents mais qui commence à découvrir qu’elle a des attirances pour des hommes si c’est un garçon, par exemple, un jeune homme, eh ben cela va être très difficile de rentrer chez soi avec des préservatifs dans la poche. Sinon maman va se dire : «Mais qu’est-ce qui se passe ?» Cela va être plus difficile sans doute que pour un jeune homme hétérosexuel. Cela va être très difficile de venir avec un document sur le VIH qui explique les précautions à prendre. Cela va être plus difficile. Je ne dis pas que c’est toujours très facile pour les personnes hétérosexuelles : je dis juste que plus on vit des pratiques sexuelles, des pratiques intimes, plus on vit sa vie dans la honte, plus on a tendance à avoir des pratiques à risque. C’est ainsi par exemple que sur les hommes qui sont infectés chaque année par le VIH en Martinique, il y a un peu moins de 40% des hommes qui ont été infectés à la suite d’une relation entre hommes. Alors, ce n’est pas finalement si différent que cela de ce qui se passe dans l’Hexagone, simplement il se trouve que c’est quand même un peu plus et qu’à force d’être dans le «un peu plus» partout (sur un certain nombre de facteurs… sur les pratiques culturelles de l’ensemble de la population…), on finit par avoir finalement… beaucoup plus, des taux par exemple trois fois supérieurs en Martinique.

[11’45] RSL | Que dois-je comprendre ? Que devrions-nous entendre ?

[11’51] TRP | Ah… Je ne sais pas. Chacun entendra ce qu’il veut, chacun comprendra ce qu’il souhaite, j’espère vous avoir aujourd’hui donné quelques éléments qui permettent à chacun de se former une opinion, et puis beaucoup d’associations sur place, quelques-unes, ont ce combat, ont des activités… Ce que chacun pourrait peut-être comprendre, c’est qu’il est possible de soutenir ces associations.

[12’16] RSL | Surtout, c’est un appel à la responsabilité aussi, parce que, quand même, c’est une responsabilité, d’une manière ou d’une autre…

[12’25] TRP | Oui…

[12’26] RSL | … que d’assumer ses choix et ne pas faire peser ses choix… hypothéquer un peu l’avenir de l’autre d’une certaine manière, malgré tout !

[12’34] TRP | C’est-à-dire ? Expliquez-moi ce que vous voulez dire…

[12’36] RSL | Ah ben vous voyez que vous avez besoin d’être éclairci ! Eh bien moi aussi et si vous êtes là, c’est pour qu’on puisse… ne pas parler la langue de bois !

[12’43] TRP | J’espère ! Est-ce que j’ai parlé la langue de bois ? Accusez-moi…

[12’49] RSL | Je dis que c’est une invitation à s’assumer. Je le dis. Je le dis. C’est une invitation à s’assumer. À force de faire des choses an ba fey kon on fini di y a… Bon ! Eh bien, lè ou ka kouyonnen doktè, maladi pa djéri… [Si tu trompes ou si tu induis en erreur ton docteur, tu ne seras pas guéri, il ne sera pas trouver de solution ajustée à ta maladie...]

[13’07] TRP | …

[13’08] RSL | Je vais aller un peu plus loin, vous m’avez demandé de m’expliquer, je vais m’expliquer ! Si nous avons coutume d’avoir plusieurs… disons plusieurs partenaires dans différents domaines, pourrais-je dire…

[13’24] TRP | Oui…

[13’26] RSL | Bon… Sexe ou pas…

[13’27] TRP | Voilà…

[13’28] RSL | … et que nous disons : «Voilà, on va faire ça en douce, entre nous», le jour peut arriver où vous tombez sur quelqu’un que vous aimez vraiment et vous avez envie de faire votre vie avec cette personne mais vous avez tout un passé an ba fey connu de vous seul et de Dieu bien sûr, connu de vous seul, dont votre conscience est chargée et ne voilà t’il pas que… Bon Dieu ! Ou ka di : «Woy ! Bon Dieu ! Sé la vi, mwen ké fè sa mwen ni a fè, mwen fè ti kou-a ! I ka plè mwen et man ka santi ke mwen anvi fè lavi mwen épi’y…» [Bon Dieu ! Tu dis : «Oh là là ! Mon dieu ! C’est la vie, ce n’est pas grave, je vais le faire, je vais tenter le coup, il ou elle me plaît, je sens que j’ai envie de faire un petit bout de chemin avec lui ou elle.»] Alors, sans protection ! À un moment donné on dirait que… on dit : «Mais tant pis !» On casse ! Tu vois, on te dit : «Mais tant pis ! pour la morale et tant pis ! pour ce que les gens pourraient dire, penser, bon, j’ai envie de vivre cette relation et je ne vais pas lui dire, quoi.» Alors ça peut être «lui dire» au pluriel, au féminin ou au masculin ou à son partenaire simplement ou au singulier ! «Je ne vais pas lui dire, je ne vais pas leur dire, nous allons vivre… enfin, je vais vivre cette aventure et puis sa ké passé passé !» Alors voilà, c’est là, je ne dirais pas que c’est de la lâcheté mais c’est une irresponsabilité, je dis, en fait. Peut-être que la question que nous n’osons pas mettre sur le tapis, c’est précisément cela : «Quel type d’homme suis-je, quel type de femme suis-je, est-ce que je suis responsable des actes que je pose ?» Sé tout’ !

[14’51] TRP | Alors cela, effectivement, ce que vous dites là… Je vais vous parler très franchement si vous me le permettez.

[14’56] RSL | Oui, vous êtes là pour ça !

[14’57] TRP | Je respecte parfaitement ce que vous dites et je dirais que c’est peut-être quelque part une chance que vous puissiez vivre selon des principes aussi clairs. Pour autant, ce n’est pas le message qu’à titre personnel je souhaiterais voir mis en avant mais encore une fois chacun voit les choses comme il l’entend. Comment dire… Chacun fait bien ce qu’il veut avec qui l’entend. Si les gens veulent avoir deux, trois, quatre, cinq… cinquante… soixante… soixante-dix liaisons en même temps ou successivement…

[15’31] RSL | Cela me paraît difficile…

[15’34] TRP | Il y a un moment où cela devient toujours difficile mais croyez-moi, pour certains, ils y arrivent ! – ou certaines… Mais enfin bon ! C’était une boutade, vous l’avez compris. Nous, ce n’est pas tant le nombre de partenaires ou ce qu’on dit aux uns et aux autres… Après tout, si les gens cachent des choses, c’est peut-être malheureux d’un certain point de vie mais finalement cela les regarde, nous ne sommes pas là pour sonder les cœurs et les reins. En revanche, effectivement, la responsabilité, comme vous le dites, elle est sans doute dans deux choses. D’une part, effectivement, mettre un préservatif, masculin ou féminin, parce qu’il y a aussi des préservatifs féminins si… On entend souvent des messieurs qui se disent et qui disent qu’ils sont tellement bien dotés par la nature que, vous comprenez, le préservatif est trop petit pour eux ! Bon. Eh bien chers messieurs, je vous dis qu’il existe aussi des capotes féminines, des préservatifs féminins que vous trouvez en pharmacie pour un euro ou dans des centres de planning familial sinon, qui sont pour vous et également pour vous, mesdames. Voilà. La responsabilité, c’est d’abord de mettre ce préservatif et puis davantage, surtout si on a une vie sentimentale aventureuse, de se faire dépister régulièrement. Pourquoi ? Pour deux choses : d’une part, parce qu’aujourd’hui, dans toute la France, il y a 50.000 personnes qui vivent avec le VIH sans le savoir (on voit des affiches, j’étais hier au Carrefour du Lamentin, il y a une grande affiche qui fait la publicité pour cela : beaucoup de personnes ne sont pas au courant) ; d’autre part, la science a progressé, la médecine a progressé.

[17’05] TRP | Aujourd’hui, une personne qui est prise tôt… Souvent, les gens ont peur de se faire dépister parce qu’ils disent : «Mais je vais tomber tout de suite dans la maladie», ils ont des images qui datent des années 80 ou 90 où l’on voit des personnes très minces, très affectées par la maladie, qui d’ailleurs décédaient rapidement à l’époque. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas, pour 99% des personnes (malheureusement, il y a toujours un ou deux ou 3% des personnes pour lesquelles c’est plus difficile, souvent quand elles sont dépistées tard). Quand une personne est dépistée à temps, le plus tôt possible, aujourd’hui, la médecine… En France, en Martinique, dans les pays développés mais aussi dans certains pays comme le Brésil ou l’Inde qui commencent à avoir des systèmes de santé très efficaces sur ce point, une personne a une qualité de vie, un niveau d’espérance de vie qui rejoint la moyenne et même parfois, disent certains médecins… J’ai entendu M. Willy Rozenbaum qui est le président du Conseil national du sida, récemment lors d’une conférence, qui disait : «Même ces personnes-là auront une espérance de vie supérieure à la moyenne parce qu’elles vont être tellement bien suivies qu’on va dépister toutes les autres petites maladies qu’elles auront avant la population générale.» Bon. C’était peut-être un peu une forme de boutade de M. Rozenbaum mais enfin c’est pour dire qu’aujourd’hui une personne qui est dépistée à temps ne doit pas craindre de tomber dans la maladie. Elle va être porteuse, elle aura des médicaments à prendre (qui auront éventuellement des effets secondaires, surtout au début et éventuellement au bout d’un certain temps, certes) mais en tout cas son niveau de santé rejoindra très vite celui de la population générale.

[18’32] TRP | Il y a donc cette crainte [de la maladie pour soi-même] et puis il y a autre chose : comme je vous le disais, mieux on est traité, plus on fait baisser sa charge virale (le nombre d’exemplaires du virus qu’on a dans le sang), moins on est contaminant [pour l’autre]. C’est très important. Souvent, au moment de la relation sexuelle, on entend des gens qui nous disent : «Ah mais tu comprends, chéri/e, je suis tellement mieux sans capote, je suis tellement mieux quand je suis dans l’intimité avec toi, quand je suis dans le contact avec toi, la chair contre la chair, la nature ne met pas de plastique… Si tu me respectes, tu vas me faire confiance, on ne va pas le mettre…» On entend des choses comme ça. Là, je dirais, peut-être, pour le coup, pour vous rejoindre un peu, que le respect n’est pas de faire peur à l’autre, n’est pas de se faire peur, n’est pas de jouer à la roulette russe. Le respect, c’est de se protéger, de protéger la personne et de mettre le préservatif. Il y a autre chose, vous me donnez encore une seconde ?

[19’23] RSL | Oui, tout à fait, une demi-seconde !

[19’25] TRP | Il y a autre chose aussi, c’est que souvent, les personnes disent : «Ah mais tout va bien, moi j’ai le test et je suis séronégatif». Alors il y a deux choses. La personne peut être tout à fait sincère mais la personne peut aussi mentir. C’est très facile en dix minutes de faire un faux résultat sur… Tout le monde a le logiciel Word, un ordinateur chez soi, avec une bonne imprimante laser, on peut tout à fait faire des [faux]. Je ne veux pas tomber dans cette paranoïa, ce n’est pas un raisonnement qui serait très constructif mais en tout cas c’est possible. Surtout, beaucoup plus insidieux : quand vous vous faites tester, vous n’avez pas une image de votre état de santé au moment du test. Vous avez une image de votre état de santé trois mois avant le test. Quand vous avez un test qui date du 30 décembre, en fait, vous n’êtes pas séronégatif au 30 décembre : vous étiez séronégatif au 30 septembre. Est-ce que vous savez exactement ce qu’il en a été depuis trois mois, surtout si vous êtes une personne un peu aventureuse… Comme vous le dites, Dieu seul le sait. Dieu le sait mais pas votre partenaire et pas vous.

[20’33] TRP | C’est pour cela que le test n’est pas un instrument de protection et, au contraire, on a même des exemples de personnes qui se contaminent en cascade, l’une après l’autre, parce qu’elles vivent dans une certaine communauté où il y a des échanges sexuels. On peut le réprouver ou pas mais c’est une réalité. Elles se font un peu confiance, elles se font tester tous les six mois et vont de test rassurant en test rassurant, comme cela, mais le problème est que dans ces groupes de personnes, s’il en est une qui se fait contaminer à un moment donné, elle va être tout de suite très contaminante, immédiatement (on est très contaminant juste après la contamination, c’est cela qu’il faut savoir, mais cela ne se décèle pas, c’est le piège, ça ne se voit pas tout de suite, mais on contamine tout de suite très fortement, on a un haut potentiel contaminant, très vite). Pendant cette période de trois mois le groupe va rester en se rassurant, en vivant sur des tests négatifs mais, en fait, en étant déjà quasiment tous contaminés. Il y a des exemples qui ne sont pas forcément très nombreux, qui ne me sont pas venus en nombre aux oreilles, de personnes qui s’entendaient bien, vivaient en bonne intelligence, se disaient : «On a notre vie, on est un peu libre ou beaucoup libre, on ne se soucie pas des conventions» – et voilà. Juste un petit point aussi sur un autre registre (excusez-moi, je suis très bavard, c’est un défaut que j’ai)…

[21’50] RSL | De toutes les façons vous allez devoir vous en corriger, presque tout de suite !

[21’53] TRP | Alors je vais très vite ! Vous disiez qu’il ne faut pas vivre an ba fey. C’est bien vrai, quoiqu’on ait le droit de vivre an ba fey si on le veut, après tout, il y a des personnes qui le souhaitent, aussi ! Simplement, il y a des fois où l’on n’a pas le choix ! C’est aussi pour cela que je parle notamment d’homophobies. Il vaut mieux vivre an ba fey aujourd’hui encore, dans un certain nombre de situations, quand on est une personne homosexuelle dans nos départements.

[22’17] RSL | Quoi qu’il en soit… Monsieur Tjenbé Rèd…

[22’21] TRP | Madame Radio Saint-Louis…

[22’24] RSL | Je rappelle que vous êtes venus nous parler des États généraux de l’outre-mer…

[22’37] TRP | … et des États généraux que nous souhaitons voir finalisés maintenant pour parler des PVVIH, pour leur permettre de s’exprimer, leur permettre de se retrouver : cela ne va pas être simple mais cela nous paraîtrait vraiment utile que cela se fasse.

[22’54] RSL | Amis auditeurs de Radio Saint-Louis, vous n’avez pas eu le temps de nous appeler, puisque notre rendez-vous est venu comme un coup de grâce.

[23’04] TRP | Amen !

[23’06] RSL | Vous irez vous confesser après ! Si vous voulez néanmoins rencontrer M. David Auerbach Chiffrin, vous pouvez toujours composer le 06 96 32 56 70 ou écrire à tjenbered@hotmail.fr… C’est possible aussi pour entendre de l’écoute ou du soutien.

[23’54] TRP | C’est notre numéro, vous pouvez nous y joindre et évidemment nous nous engageons à respecter l’anonymat et la confidentialité des propos des personnes qui souhaiteraient nous appeler, pour tout échange, que ce soit pour de la convivialité, pour éventuellement discuter de tel ou tel point, ce téléphone est celui de Tjenbé Rèd Prévention, il est à votre disposition.

[24’15] RSL | Comment avez-vous fait pour joindre Radio Saint-Louis ?

[24’24] TRP | Je suis passé par un monsieur que vous connaissez peut-être (je ne sais pas, on a toujours des surprises), qui s’appelle M. Pierre Pastel (c’est un nom assez proche du vôtre, je crois), qui est né également pas très loin de chez vous, puisqu’il est aussi de Rivière-Pilote, qui a porté beaucoup de sacs de canne à sucre sur la tête quand il était petit et c’est pour ça qu’il n’est pas grand, c’est ce qu’il dit, et qui se trouve être président du Cégom (Collectif des États généraux de l’outre-mer dans l’Hexagone), qui est un collectif indépendant qui s’est constitué pour être un lobby pour surveiller la bonne tenue des promesses faites par l’État au terme des États généraux de l’outre-mer en 2009, et j’ai l’honneur et l’infime avantage… l’insigne avantage, pardon, d’être le secrétaire général de M. Pierre Pastel dans le cadre de ce collectif et M. Pastel nous donne aussi un soutien, une médiation pour notre travail d’approche et de dialogue avec la société civile martiniquaise pour ces États généraux des PVVIH.

[25’28] RSL | Je rappelle à mes auditeurs que l’association Tjenbé Rèd Prévention est à votre disposition, notamment nos amis qui écoutent Radio Saint-Louis par Internet, qu’ils peuvent joindre M. Auerbach Chiffrin…

[25’46] TRP | … les Chiffrin du Robert !

[25’48] RSL | … au 06 96 32 56 70. C’est valable dans l’Hexagone ?

[26’03] TRP | C’est tout à fait valable dans l’Hexagone, le téléphone, je le transporte avec moi !

[26’07] RSL | Monsieur Chiffrin, merci.

[26’09] TRP | Merci infiniment, chère madame, merci à Radio Saint-Louis, merci à vos auditeurs et à vos auditrices.

[26’14] RSL | N’oubliez pas d’aller vous confesser !

[26’15] TRP | J’y penserai !

[26’33] RSL | Nous avons accueilli pour vous Monsieur David Auerbach Chiffrin qui nous est venu nous parler de l’association Tjenbé Rèd Prévention autour notamment du sida. Nous espérons que ces informations aurons été utiles à nos auditeurs… Nous rappelons votre site Internet, tjenbered.fr, t-j-e-n-b-e-r-e-d.

[27’08] TRP – Il y a tellement de façons de l’écrire… Nous avons repris l’orthographe du guide Assimil, je sais que cela heurte des puristes du créole qui m’ont déjà tapé sur les doigts… Nous sommes aussi sur Facebook, on est totalement branchés !

[27’34] RSL | Tjenbé rèd ! [Tenez bon !]

[27’35] TRP | Tjenbé rèd pa moli parce que cé moli a ki rèd ! [Jeu de mots difficilement traduisible, en quelque sorte : «Il faut rester dur parce que mollir serait dur !»]

[21’37] Musique

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