Outre-mers & pairs

Une actualité des homophobies & du sida du point de vue des minorités ethniques en France ultramarine & hexagonale, par David Auerbach Chiffrin

Manifestation Guerlain (Le malabar souriant, l’avocat, le juif)

20101030-79

15h15-17h00, Paris, 68, avenue des Champs-Élysées – Animé ! Fabrice et moi arrivons en retard. J’ai quelque trois cents exemplaires d’un tract établissant le parallèle entre Guerlain et Dieudonné, ciblant celui-ci après sa tentative de récupération de la semaine dernière (composé, au recto, de notre communiqué de presse de la veille, intitulé : «Guerlain : non. Dieudonné : non.» et, au verso, d’une chansonnette de ma composition sur l’événement, intitulée : «Chanson contre Guerlain, LVMH, Le Pen et Dieudonné»). Ce tract reçoit un accueil mitigé : quelques félicitations, appuyées mais discrètes, une dizaine de personnes mécontentes, pas discrètes du tout (l’une passe à l’acte et me pousse vivement, deux ou trois tentent de m’arracher un ou plusieurs tracts voire le paquet entier, une ou deux déchirent ostensiblement celui que je viens de leur donner). Que pensent les personnes silencieuses ? Le tract est pris et lu avec intérêt par la plupart. L’argument de la nécessaire convergence des luttes contre tous les racismes et de leur incompatibilité avec Dieudonné en raison de son soutien au Front national et au négationniste Faurisson passe difficilement auprès des personnes mécontentes, qui se répètent en demandant que nous cessions de tracter. Quelques menaces (un malabar souriant me dit que des jeunes vont me violenter mais c’est surtout lui qui a l’air de vouloir le faire et qui essaie d’ailleurs de me prendre mon paquet de tracts). Une dame se présentant comme proche des organisateurs de la manifestation m’assure qu’après sa tentative de la semaine dernière, ils lui ont fait savoir qu’il serait frappé s’il tentait de revenir cette semaine. Une autre personne, le malabar souriant je crois, me dit que cet événement là est pour les noirs et que les juifs aussi ont leurs événements (auprès de cette personne, l’argument de la convergence des luttes ne passe pas du tout). Un mec passablement allumé, se présentant précisément comme juif, opine dans son sens et me dit d’aller devant TF1 mais de laisser les noirs entre eux ici. Joies du communautarisme… qui nous donnent à penser, à Fabrice et moi, que Tjenbé Rèd a définitivement bien fait de venir manifester et de le faire avec ce tract. Ces résistances démontrent en effet la nécessité d’avoir affirmé de façon claire et nette l’argument précité, afin de ne pas permettre que ce mouvement soit sali par une ambiguïté face au «noirisme». Finalement, un représentant d’une association organisatrice nous demande de cesser la distribution du tract (enfin, il nous le suggère : c’est un avocat…) en faisant valoir la volonté des organisateurs de maîtriser le discours tenu lors de la manifestation. L’argument est plus ou moins audible mais dans la tension croissante et face aux menaces de plus en plus manifestes de deux ou trois personnes qu’aucun service d’ordre ne contrôle, il peut suffire – entre cent et deux cents tracts ayant par ailleurs déjà été distribués. Le message a été lancé, ménageons les messagers ! Un rendez-vous téléphonique est en outre négocié à cet instant. Nous nous concentrons ensuite sur la tenue de la banderole et la reprise des slogans de l’organisation à l’aide de notre mégaphone, ce qui nous vaut ses remerciements exprimés à l’aide du sien. Nous quittons le rassemblement avant dispersion en raison d’obligations personnelles. Prochain rassemblement prévu le samedi 20 novembre de 15 heures à 18 heures. Photo du haut : À gauche, la banderole de Tjenbé Rèd, tenue par David et Fabrice (au milieu, un beau gosse dans la foule) – Photo du bas : Les flacons de parfums Guerlain jetés par les participant/es. – DAC/TR

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Après l’agression de Choisy-le-Roi, un rendez-vous manqué permet une pédagogie de terrain
Lieu de l’agression du 6 juillet 2010 (derrière le bus de la compagnie Athis Car, on distingue le pont piétonnier qui conduit de la gare RER de Choisy-le-Roi - à droite de la photographie - jusqu’à l’arrêt de bus)

Lieu de l’agression du 6 juillet 2010 (derrière le bus de la compagnie Athis Car, on distingue le pont piétonnier qui conduit de la gare RER de Choisy-le-Roi - à droite de la photographie - jusqu’à l’arrêt de bus)

J’avais rendez-vous aujourd’hui à quatorze heures à la gare de Choisy, pour m’entretenir avec la victime d’une agression homophobe survenue le 6 juillet. J’étais en retard mais la victime en question avait fait mieux encore : elle m’avait oublié ! Un nouveau rendez-vous pris par téléphone et une promenade autour de la gare plus tard et me voilà sur le quai pour reprendre le train vers Paris. À peine le pied posé (sur le quai), je vois deux jeunes gens (noirs et magnifiques, faut-il préciser) et surtout entend l’un d’eux qualifier l’autre d’enculé. La première fois, je me fige. Je vois qu’ils plaisantent. La seconde fois, je me dis : Allez merde j’interviens. Pardon Messieurs, excusez-moi de vous déranger mais puis-je vous demander quelle est votre définition du terme d’enculé ? L’insulteur, le plus mignon des deux, est un peu interloqué mais me répond quand même avec bonhomie et me dit en substance que cela veut dire, «dans le bon sens» (sic) : T’as de la chance, et, dans le «mauvais» (re-sic) : T’es un salopard. Je passe sur les connotations possibles du terme salopard, on ne peut pas tout faire à la fois et il faut savoir se concentrer. Je lui réponds : Certes, mais vous savez que cette insulte a une connotation homophobe ? Oui, me dit-il. Je cherche alors une comparaison. Je m’adresse à son comparse : Quelle est votre barre de chocolat préférée, Mars, Bounty ? Enfin non pardon, pas Bounty… Il me répond : Lion. – Fort bien. Imaginez donc, dis-je en revenant vers l’insulteur, que votre collègue sorte un Lion de sa poche dans la rue lorsque vous marchez avec lui et qu’il commence à le manger. Si vous en voulez un peu et que vous lui demandez, qu’il vous dit non, imaginez que vous lui disiez : T’es un juif, c’est-à-dire : T’es radin, dans le bon sens du terme selon votre définition du bon sens d’une insulte, sachant que cette insulte-là n’a pas vraiment de mauvais sens selon votre définition du mauvais sens puisque son seul autre sens est lié à la religion. Bien. Si en disant cela passe à ce moment un Juif orthodoxe avec un chapeau noir et tout et tout, qu’imaginez-vous qu’il va ressentir ? – Ben il va mal le ressentir, il va se sentir insulté, me répond mon superbe insulteur. – Effectivement. Pourtant, vous n’aviez pas l’intention de l’insulter, vous n’aviez même pas l’intention de viser les Juifs, vous vouliez seulement plaisanter avec votre ami. Et pourtant votre propos a eu un impact sur une autre personne. Il aurait le même impact, sans que vous puissiez vous en rendre compte, si le Juif qui passe n’était pas orthodoxe et ne portait aucun signe extérieur de sa religion. C’est pareil pour un homosexuel, on ne peut pas savoir comme ça qui est homosexuel et qui ne l’est pas quand on parle dans la rue au milieu de la foule ! Donc moi, lorsque j’arrive sur le quai d’une gare et que j’entends, à cinq ou dix mètres de là : Enculé, comment imaginez-vous que je le prenne ? – puisque je suis homosexuel, évidemment, vous l’avez compris. Je sais bien que cela ne m’est pas destiné mais que pensez-vous que je ressente ? – Ben vous le ressentez mal, vous vous sentez blessé, me répond le jeune homme, très poli et souriant, peu mal à l’aise en fait mais un peu quand même (je dois précisez que j’avais quand même un peu senti, à l’instinct, une ouverture minimale au dialogue… Je ne serais pas allé voir ainsi deux jeunes hommes d’apparence plus brutale même si ceux-là ne sont en rien efféminés). – Effectivement. Et encore, moi, je suis militant, là je reviens du commissariat où je me rendais soutenir une victime d’agression homophobe dans cette même gare, enfin à côté. Mais imaginez un habitant du quartier, lui aussi homosexuel, qui vous entend. Jamais il n’osera réagir, il aurait trop peur que ça se sache, il aurait peur de se faire casser la gueule à longueur de temps dans le quartier. Imaginez même un gamin de quinze ans, douze ans, qui commence à savoir ce qu’il est mais ne va pas oser réagir. Que va-t-il ressentir ? – Douze ans c’est un peu jeune ! – me répond l’insulteur, l’enculeur donc (volontiers). – Pas forcément, moi je me suis rendu compte que j’étais homo à douze ans, en cinquième, un après-midi en revenant du collège. Tiens, je pense tout le temps à lui ! Tiens, je suis amoureux de lui ! Tiens, je suis pédé ! Et encore, d’autres le comprennent encore plus jeune. Donc, imaginez ce qu’une personne non militante, moins affirmée que moi, aurait ressenti en vous entendant utiliser une insulte homophobe ? – Ben il se serait senti mal, blessé… – me répond mon insulteur. – Exactement. Sur ce, les limites de cet exercice pédagogique impromptu étant à peu près atteintes et le train arrivant, je les remercie de leur attention, les salue, leur serre la main et remet à l’enculeur la brochure de l’association Contact que j’avais prise la veille dans les locaux de cette association et que j’avais par hasard entre les mains car je voulais la lire. Moralité : j’ai pas lu la brochure. Seconde moralité : je crois qu’elle était mieux placée entre leurs mains aujourd’hui qu’entre les miennes, sous réserve qu’elle n’ait pas rapidement fini à la poubelle – qui sait ?

«S’il est des excuses à présenter, je crois que c’est plutôt TF1 qui devrait les présenter à la France»

20100930-99

Monsieur le Président Directeur Général,

 

J’accuse volontiers réception de votre lettre reçue au Conseil général de Saône-et-Loire, le 20 septembre dernier, dans laquelle vous qualifiez “d’inadmissibles” les propos que j’ai pu tenir devant la caméra de Monsieur Pierre Carles, dans son film intitulé “Fin de concession”.

Comme vous le savez, la chaîne que vous dirigez utilise à des fins commerciales le domaine public hertzien, propriété publique appartenant à la Nation toute entière, et dont la chaîne TF1 et ses actionnaires ne sont, aux termes de la loi, que les utilisateurs à titre précaire et les dépositaires fragiles et éphémères. Le regard libre et sans concession d’un représentant de la Nation sur le comportement d’une chaîne qui fait un usage contestable de ce bien public national, relève de ses devoirs politiques et moraux élémentaires.

La chaîne TF1 n’a donc pas d’autre choix que d’accepter, quoi qu’il lui en coûte, toute critique publique de ses agissements, puisque la télévision reste un bien collectif appartenant à tous les Français même si celle-ci s’exerce dans la forme de l’entreprise privée que vous présidez.

Est-il nécessaire de rappeler que l’actionnaire majoritaire et opérateur de la chaîne TF1, la Société Anonyme Bouygues, exploite une activité quasi-exclusive de construction de bâtiments et de travaux publics, à travers des marchés publics, dans lesquels le pouvoir d’Etat et la diplomatie nationale disposent d’une influence avérée.

Les rapports de proximité politique entre les orientations éditoriales de TF1 et le pouvoir actuel posent le problème dans une démocratie comme la nôtre, du respect du pluralisme et de la séparation des intérêts publics et privés, et les échanges de services et de bons procédés entre eux.

TF1 dispose à ce sujet, en quelque sorte d’un long casier judiciaire, constitué de rappels à l’ordre et d’amendes pour violation des règles du pluralisme politique. Dernièrement, vous avez cru devoir donner la parole pendant plus de 2 heures au Président de la République, chef du parti majoritaire, à une heure de grande écoute, tout en ne permettant à la principale dirigeante de l’opposition de ne répliquer que pendant 4 minutes. Dernièrement encore, selon le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel, au premier trimestre 2010, en cumulant TF1 et LCI, votre chaîne d’information, vous avez offert 32 heures de temps de parole au Président de la République, au Gouvernement et à l’UMP, contre 8 heures à des membres de l’opposition. Il y a quelques temps déjà, Monsieur François Bayrou, lui-même, avait dénoncé au mois de janvier 2007, votre arrogance et votre mépris du pluralisme en ces termes : “Vous n’êtes pas les patrons de la France. Nous ne cèderons pas à votre matraquage.

La grossièreté des violations, la lourdeur des sanctions et la répétition des infractions depuis 15 ans, m’amènent à considérer que le comportement de la chaîne TF1 que vous présidez relève du piétinement systématique de nos lois et règlements. A mes yeux, j’ajouterai que les journalistes de TF1, dont le professionnalisme est connu et louable, n’ont pas la responsabilité qui est la vôtre dans cet état de fait condamnable.

Malgré ces comportements blâmables, TF1 a néanmoins obtenu des gouvernements et des majorités parlementaires qui se sont succédés, de nombreux privilèges et avantages indus : assouplissement du dispositif anticoncentration, renouvellement automatique de la concession sans mise en concurrence, droit à une deuxième coupure publicitaire dans les oeuvres de fiction, introduction forcée sur la Télévision Numérique Terrestre qui a provoqué des réactions extrêmement vives de vos concurrents, et allègement substantiel et régulier des obligations contenues dans votre cahier des charges. Au point qu’il me paraît possible de faire observer que sur un bien pourtant public, TF1 exerce désormais un monopole privé, profitable et incontrôlable avec la complicité de l’Etat.

Puisque vous employez dans votre lettre le vocable “inadmissible” au sujet d’une phrase de ma part qui, semble-t-il, vous aurait froissé, ne pensez-vous pas que ce mot devrait plutôt s’adresser au comportement de l’entreprise que vous dirigez ?

Mais le plus grave n’est pas là. Sur le plan culturel, il faut rappeler les dégâts considérables que votre chaîne a provoqués sur la vision que les Français ont d’eux-mêmes et de notre société contemporaine. Je m’autoriserai à dire, comme il est légitime qu’un représentant de la Nation puisse le faire, que vous avez participé avec méthode et constance à l’appauvrissement de l’imaginaire collectif des Français.

Dans la semaine du 29 septembre au 5 octobre 2010, vous avez choisi de consacrer 41 heures 30 à des émissions liées à l’argent, soit des émissions de vente (télé shopping) ou à des jeux dont l’appât du gain est le moteur (“Une famille en or”, “Les douze coups de minuit”, “Koh Lanta”, “Secret Story”). Les relations entre les hommes ne relèvent pas que de l’argent et une société ne pourra jamais se résumer à celui-ci. Pourtant, sur TF1, l’argent est malheureusement partout.

Les émissions où vous mettez en scène de façon artificielle la compétition acharnée et destructrice de la dignité, entre des êtres humains -jusqu’à leur faire manger des vers de terre-, occupent cette semaine plus de 23 heures d’antenne (“Master Chief”, “Koh Lanta”). Pourtant, les relations entre les humains peuvent être coopératives et non pas forcément conflictuelles, comme vous en conviendrez.

Enfin, je suis surpris par la contribution malheureusement décisive que TF1 a apportée à l’élévation du niveau de violence dans les oeuvres de fiction diffusées. Le nombre de meurtres, de viols, et de violences physiques a acquis en 15 ans une importance démesurée dans les programmes de votre chaîne.

En somme, les valeurs dominantes que vous diffusez et transmettez dans la société française ne seraient-elles pas celles de l’argent et de la cupidité, de la compétition acharnée et du conflit, de la violence et du règlement de comptes ?

En 1987, la société Bouygues avait obtenu le droit de racheter TF1 en faisant valoir un prétendu “mieux disant culturel”. Votre illustre prédécesseur, Monsieur Patrick Le Lay, déclara presque 20 ans plus tard, “ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible”. Je me souviens que quelques jours après cette déclaration en forme d’aveu, la Société des Compositeurs et Auteurs déclarait : “Les propos tenus par le président de TF1 témoignent du niveau de dégradation que peut atteindre la télévision, le signe du cynisme, du mépris et de l’arrogance”.

Je brise là une énumération éprouvante, pour tous ceux qui ont une meilleure idée de ce que mérite la France. Mais vous conviendrez qu’il n’est pas illégitime de penser que votre chaîne porte une responsabilité considérable dans la dégradation à la fois du niveau du débat démocratique français, mais également de la représentation que les Français peuvent avoir d’eux-mêmes.

Puisque vous vous hasardiez dans votre lettre à évoquer la question des excuses, je me permets de vous dire avec une sincérité dont je ne voudrais pas abuser, que s’il est des excuses à présenter, je crois que c’est plutôt TF1 qui devrait les présenter à la France.

 

Je vous prie de croire, Monsieur le Président Directeur Général, en l’assurance de ma considération distinguée.

 

Arnaud MONTEBOURG

Bertrand Cantat de retour sur scène : noir désir

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Il y a quelque chose des jeux du cirque à voir Bertrand Cantat de retour sur scène cette nuit à Bègles. Oh, le bel assassinat ! Ah, la belle femme battue ! On va pouvoir le voir ! La foule jadis allait aux exécutions avec entrain, elle y va toujours d’ailleurs là où cela reste possible. La foule aime le sang, la merde, la barbarie, elle aime la contempler, s’en repaître, s’en alimenter. Noir Désir : tout un programme, c’est déjà marqué dedans. La foule va voir l’assassin, l’homme qui a tué, l’homme qui peut tuer, le vrai homme, le vrai mâle, le vrai mec. C’est une forme de téléréalité, c’est le rêve de TF1 : la merde et le sang en direct, pour vous, rien que pour vous public chéri ! Je ne sais pas ce qui est le plus indécent, le plus obscène, de voir l’homme qui a tué une femme à mains nues se produire en public ou de voir le public se précipiter le voir. Sans oublier les acteurs économiques et politiques qui se taisent, qui sont complices, qui prennent leur marge, se font leur fric. Sans oublier le groupe Eiffel. Stop Murder Music, en quelque sorte. Ils auraient pu tout aussi bien prendre une femme au hasard dans le public et lui éclater la gueule sur scène, la violer avant, se rouler dans son sang, en asperger le public, bravo, bravo, tout le monde aurait dit bravo, c’est les jeux du cirque, c’est génial, c’est formidable. Plus de cent femmes meurent chaque année sous les coups de leur conjoint en France, au nom de cet honneur du mâle qui justifie aussi les violences homophobes. Cette nuit à Bègle, Bertrand Cantat leur a rendu un hommage barbare.