Outre-mers & pairs

Une actualité des homophobies & du sida du point de vue des minorités ethniques en France ultramarine & hexagonale, par David Auerbach Chiffrin

Rien de commun avec ce communisme

doriotPas facile d’obtenir du personnel politique qu’il respecte la morale ! Enfin, ne parlons même pas de morale, parlons simplement d’obtenir qu’il respecte déjà ses engagements. Marie-Georges Buffet, secrétaire nationale du Parti communiste français (PCF), disait en 2006 tout le mal qu’elle pensait de Georges Frêche (membre du PS qui se distinguait par le type de propos que l’on sait). Marie-Georges Buffet, toujours secrétaire nationale du PCF, disait ce matin tout le mal qu’elle pense de Gérard Longuet (sénateur UMP qui se distingue par le type de propos que l’on sait). Jusqu’ici tout va bien. Sauf que dans l’intervalle, la Marie-George de 2010 a renié celle de 2006 : Georges Frêche qui a redoublé de brio dans la provocation est pourtant redevenu quelqu’un de parfaitement fréquentable et les membres du PCF qui s’acoquinent avec lui ne seront même pas grondés. Vous comprenez, garder une région à gauche, c’est important, alors que le racisme, n’est-ce pas, finalement, c’est quand même beaucoup plus grave à droite qu’à gauche. Jacques Doriot avait à peu près le même avis. La mairie communiste de Bagnolet qui vient de jeter des immigrés à la rue en plein hiver, à coups de bulldozer, aussi. Pourquoi évoquer cette dérive ici ? Tout simplement par solidarité, tout simplement aussi parce que cela peut arriver aux LGBT du jour au lendemain. Le PCF jadis a été très hostile – plus encore – aux immigrés, très hostile aussi aux LGBT – «le vice bourgeois» -, et il nous faut avoir un peu de mémoire. Et de solidarité.

Photographie : Jacques Doriot, fameux communiste devenu collaborateur zélé pendant la Seconde guerre mondiale, signalé par ce grandiose discours qui devrait inspirer aujourd’hui encore notre belle jeunesse : «Ne sait-elle pas, notre jeunesse, que si elle ne combat pas, la jeunesse d’Europe qui donne son sang à flot sur le front de l’Est, n’aura que mépris pour elle? Avoir 20 ans, vivre à l’époque la plus grandiose de l’histoire humaine et faire le zazou physiquement et moralement… Quelle décrépitude, quelle déchéance !» (Paris, Vél’d’hiv, 21 avril 1944)

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