Mardi 9 mars 2010 – 19h30-21h00, Paris, dans un café – Victoria (appelons-la ainsi) a une trentaine d’années, c’est une jeune femme superbe, impressionnante et pourtant elle est perturbée et c’est pour ça qu’elle nous a approchés. Elle a d’abord commencé, il y a quelques semaines, par nous téléphoner (sur notre ligne d’accueil & d’écoute : 06 10 55 63 60), incertaine que nous existions vraiment, osant à peine nous parler, incertaine qu’une association regroupant des personnes noires & métisses LGBT (lesbiennes, gaies, bi & trans) puisse exister. Puis elle nous a rappelés. A accepté le principe d’un rendez-vous. Peut-être. Finalement elle nous envoie un texto ce mardi, nous demande si nous sommes disponibles ce soir. Nous le sommes. Nous nous voyons. Elle est extrêmement émue, j’en ai la gorge serrée en face d’elle, rien qu’à l’entendre, rien qu’à la voir. Que se passe-t-il ? Depuis quelques temps, Victoria se sent attirée par les femmes – une femme en particulier mais aussi les femmes. Elle veut en parler, veut savoir si ça va durer, ce qu’elle va devenir, comment cela pourra se passer avec sa famille qui la presse, attend qu’elle se marie, ait des enfants. Le reste appartient à la confidentialité de notre entretien, tout juste puis-je dire que Victoria veut absolument parler avec d’autres femmes lesbiennes (elle est troublée mais le mot ne lui fait pas peur) d’origine africaine ou même antillaise, savoir comment elles ont fait, comment elle va faire, ce qu’elle va devenir. Victoria m’apprend des tas de choses, elle est formidable.
Photographie : Lindiwe Nkutha, Afrique du Sud (Coalition des lesbiennes africaines) – DR, Ilga, 2009
http://ilga.org/ilga/fr/article/1237
- Par David Auerbach Chiffrin, citoyen français, fondateur de Tjenbé Rèd, association de lutte contre les racismes, les homophobies & le sida en Outre-Mer et dans l’Hexagone |
- Commentaires (0) |
- 1 782 vues





Réagissez