Les mauvaises langues – n’écoutez jamais la propagande – disent que je ne sais que protester. On connaît cette rhétorique que j’ignore habituellement car elle n’est basée sur aucune analyse objective des faits mais pour une fois, je vais leur faire un petit plaisir en disant que ce week-end était un bon week-end. En effet, une délégation de Tjenbé Rèd assistait vendredi 5 au soir à une rencontre organisée par Jean-Paul Huchon avec les associations ultramarines (pour le PS et satellites) ; samedi 6 au soir, à une rencontre organisée par Patrick Karam et Valérie Pécresse avec les mêmes (pour l’UMP et satellites). On trouvera un compte rendu plus complet de ces deux rencontres sur le blog Antilles Politique (ici et là) mais je retiendrai présentement quelques points précis seulement.
Vendredi, Jean-Paul Huchon a sévèrement jugé l’attitude non pas tant de Georges Frêche (qui se situe quelque part entre le calcul politicien et la démence sénile) mais de Gérard Collomb et François Rebsamen, ses soutiens indéfectibles au sein du Parti socialiste, qu’il a publiquement renvoyé à l’âge de la SFIO en estimant qu’ils ne respectaient pas “l’éthique” du PS et qu’ils raisonnaient ainsi : “Nous, les élus, on veut d’abord gagner les élections et le reste, on verra après”. Au sein du PS, tout le monde le savait mais personne ne le disait. Jean-Paul Huchon a brisé le tabou, montrant que malgré les moqueries dont on l’affuble parfois pour sa rondeur et sa discrétion, il avait davantage de colonne vertébrale que bien des “camarades” de son parti (voir notre communiqué du 6). C’est à des choses comme ça qu’on voit les hommes.
Par ailleurs, il a renforcé un geste qu’il avait été seul à faire en signant, le 26 février avec sa vice-présidente Marie-Pierre de la Gontrie, l’appel interassociatif du 30 novembre pour une conférence sur le sida parmi les populations ultramarines. Il a proposé purement et simplement d’accueillir cette conférence. CertainEs y verront peut-être une surenchère électorale ? Moi, j’y vois deux engagements forts et cohérents, d’autant plus lisibles qu’ils sont accompagnés d’une réprobation claire des dérives racistes et homophobes au sein de son parti. Après, il faudra évidemment s’assurer que ces engagements soient tenus mais il s’agit là d’une clause générale dans la vie politique, non ?
Samedi, Patrick Karam a pour sa part renouvelé son soutien à cet appel interassociatif, en demandant toutefois qu’il soit précisé et sans doute amélioré afin d’éviter que nos compatriotes ultramarins aient le sentiment qu’on les stigmatise. Ce soutien renouvelé est également une bonne nouvelle.
Dernière bonne nouvelle : nous avons pu assister à un one man show hilarant de Roger Karoutchi, concurrent malheureux de Valérie Pécresse pour la tête de liste UMP aux régionales franciliennes. Enfoncé, Santini ! Battu, Hollande et ses fades fadaises ! Qui n’a pas entendu Karoutchi s’en prendre, incarnation saisissante de Fernand Reynaud, aux crapauducs financés par le conseil régional n’a rien entendu et ne mérite pas le nom d’homme. Parole.
Photographie : Le crapauduc d’Yzeron
http://grenouille.yzeron.free.fr/spip.php?article22
- Par David Auerbach Chiffrin, citoyen français, fondateur de Tjenbé Rèd, association de lutte contre les racismes, les homophobies & le sida en Outre-Mer et dans l’Hexagone |
- Commentaires (5) |
- 800 vues





5 commentaires
Je suis heureuse que Roger Karoutchi obtienne vos suffrages : je ne connais aucun homme politique dont les discours aient cette qualité!.
Un déroulement logique parfaitement rythmé (il part de A pour aller à Z), une progression implacable, une simplicité de discours et une pédagogie qui font que tout le monde comprend de quoi il s’agit (les choses les plus compliquées peuvent se dire simplement, Roger Karoutchi en apporte la preuve), aucune perte de temps en billevesées politiciennes pas plus qu’en “cirages de pompes”, une connaissance approfondie des dossiers qui lui permet les sujets à portée de son électorat, un vocabulaire digne des classiques, un maniement de la langue à la fois élégant et naturel, un humour décapant….Les problèmes les plus criants ne le font pas tomber dans le misérabilisme militant, il ne geint pas, il ne jette aucun anathème…Roger Karoutchi est un politique au sens authentique du terme, un tribun inégalable, mais pour en arriver à “battre l’estrade” avec ce charisme, ce panache, cette compétence, cette passion et cette vérité… C’est un homme qui travaille …BEAUCOUP, et qqui connaît dossiers et Ile de France sur le bout des doigts.
Valérie Pécresse n’a jamais “fait le poids”, ni pour le travail, ni pour les dossiers, ni pour l’île de France…Pendant les primaires déjà elle a “savonné la planche” de son collègue, le contraignant à faire état de sa vie privée; puis faute de remporter le moindre succés dans les meetings elle a demandé qu’ils soient arrêtés: si elle n’était pas la fille de son père*, il est évident que jamais elle n’aurait été nommée tête de liste en lieu et place de R.Karoutchi.
*D.Roux, Président de Télécoms Bolloré
Ils ont fait tout ça ces braves gens de gauche ? Bravo ! Sarkozy a participé à la dépénalisation de l’homosexualité au niveau mondial, dépsychiatrisé les trans et amélioré le pacs. C’est quand même pas mal non ? Et c’est toujours mieux que les effets de manche de Jean-Paul Huchon.
Chère Josée, je n’ai pas exactement soutenu que Roger Karoutchi, quelqu’excellent orateur qu’il soit, ait emporté mon suffrage
Pourquoi se moquer des crapauducs ? C’est un ouvrage extrêmement utile, qui vise à permettre à des batraciens, et autres petites bêtes, de traverser des routes sans se faire écraser.
En quoi c’est utile ?
Parce que ces petites bêtes sont des prédateurs, qui, par exemple, consomment des insectes – et des moustiques – par millions.
Que si on ne permet pas à ces petites bêtes d’aller voir ailleurs si on peut s’accoupler, alors on créé des petites colonies enserrées entre des nationales et autres autoroutes, qui, très vite, ne brassent pas le patrimoine génétique, et sont donc plus sujettes aux maladies.
Des bosquets sans crapauds ou hérissons, c’est pas compliqué, ça végette, des trous d’eau dans grenouille, ça pullule de moustiques.
On peut se dire que ces histoires là, ça commence à bien faire, et en rire.
D’ailleurs, c’est pas compliqué, Sarkozy, ami s’il en est de Karoutchi, l’a dit. L’environnement, ça commence à bien faire.
C’est un choix, on peut se dire que l’environnement, ça commence à bien faire et, David, en rire.
Ou au contraire se dire que c’est très important, et que un équilibre entre l’Homme et son environnement, ça passe par des crapauducs, et que l’on ne voit pas trop où le financement par la Région IDF de crapauducs porte à l’hilarité.
Bref, on est écolo ou on ne l’est pas.
Cher Franck, merci de tes précisions qui m’éclairent utilement. Je ne sais d’ailleurs pas pourquoi tu voudrais que l’on se moque des crapauducs (personnellement, je ne l’ai pas fait) ; il faudrait demander à Karoutchi, qui connait mieux le dossier que moi et qui en parle, en ce qui le concerne, de manière hilarante sans d’ailleurs en dire spécialement du mal. Sur un autre plan, je doute que Karoutchi et Sarkozy soient toujours si proches, dans la mesure où la presse s’est faite l’écho de l’agacement du chef de l’Etat après le coming out du premier !