
Joies de l’épistole, mes responsabilités associatives m’amènent à recevoir de temps à autre un mot d’insulte, un mot d’encouragement. Nous avons une politique bien claire à Tjenbé Rèd : nous les publions intégralement sur notre livre d’or (sauf pour ce qui relève de la menace). Nous répondons rarement sur le fond, parfois bas. Autre chose à faire ! Une fois n’est pas coutume, j’ai répondu à une réaction à l’une de nos récente communications, intitulée Lettre ouverte à François Rebsamen sur son «âme» et son soutien à Georges Frêche.
En substance, notre interlocuteur, un certain Alain, de l’Hérault, regrettait que nous participions «à la désinformation et à la manipulation en analysant (en copiant en fait !) de façon si sommaire la conduite de Georges Frêche». Alain ajoutait : «Votre combat utile n’a aucune efficacité si vous n’identifiez pas vos ennemis et ne reconnaissez pas vos véritables soutiens et amis» avant de conclure virilement : «Désabonné (dès aujourd’hui)» [de notre lettre mensuelle].
Oui mais non. Le Monsieur Frêche, sa conduite, nous l’analysons de façon tout sauf sommaire ! Elle est très claire, sa conduite ! Depuis des années, l’individu multiplie les propos provocateurs, visant de plus en plus de minorités : avant-hier les harkis puis les maghrébins et les musulmans, hier les noirs, aujourd’hui les juifs… Laisser faire ? Ce n’est pas pour cela que nous sommes investiEs dans le combat associatif, en tout cas pas moi. Comme le dit si bien le maire de Paris, Bertrand Delanoë, Monsieur Frêche «alimente» les racismes. Cela concerne étroitement Tjenbé Rèd, association de lutte contre les racismes, les homophobies & le sida, mais cela devrait tout aussi étroitement concerner l’ensemble des acteurs LGBT (lesbiens, gais, bi & trans). Par solidarité d’abord, merci, cela devrait d’ailleurs suffire (le discours sur la solidarité entre minorités est quand même rémanent depuis des années dans la doctrine LGBT), par intérêt bien compris ensuite et sinon : qui viendra sinon les secourir quand, au bon gré du seigneur de Septimanie, c’est à elles et eux qu’il s’en prendra ? Car c’est bien aussi comme cela qu’il faut lire l’attitude de Monsieur Frêche, une attitude pas seulement politicienne (attirer les voix de l’extrême droite) mais aussi viriliste : c’est moi le roi, c’est moi le mec, j’insulte qui je veux comme je veux quand je veux, t’ar’ta gueule à la récré.
Voici donc en substance notre réponse à Monsieur Alain, de l’Hérault : «Crier comme vous le faites à la “désinformation” et à la “manipulation” sans étayer votre propos est une tentative simpliste de détourner l’attention des propos et comportements considérés. Revenons donc à l’essentiel : les propos de Monsieur Frêche qui, selon le maire de Paris Bertrand Delanoë “alimentent” les racismes ; le comportement de Monsieur Rebsamen dont “l’âme” est manifestement, selon ses propres mots, compatible avec ces propos – plus, sans doute, qu’avec les valeurs officielles du Parti socialiste. A la une vision clanique de la politique que vous valorisez (vous parlez de “soutiens et amis”), nous opposons une ambition morale pour la politique et la lutte contre le racisme : nous combattons le racisme et ses soutiens, nous sommes aux côtés de celles et ceux qui combattent de même. En vous désabonnant de notre lettre mensuelle, vous choisissez votre camp ; vous nous aidez à discerner le nôtre.»
Si encore il n’y avait que Rebsamen pour ainsi se mésallier ; Gérard Collomb aussi, le maire de Lyon… (Voir notre communication : Le Collectif des États généraux de l’outre-mer dans l’Hexagone et Tjenbé Rèd dénoncent le soutien clanique de Gérard Collomb à Georges Frêche)
De Montpellier à Dijon en passant par Lyon, c’est ainsi une curieuse déclinaison (à tous les sens du terme) du socialisme qui se dessine et qu’un opposant de Monsieur Frêche avait cruellement, il y a quelques temps, qualifiée de «régional-socialisme». Il convient de souligner cependant que pour une fois, se distinguant en cela clairement de François Hollande qui s’efforçait de faire semblant de ne pas voir, Martine Aubry a apporté une réponse claire aux nouvelles provocations de l’intéressé en lui opposant une liste concurrente aux prochaines élections régionales.
Heureux retour à la clarté politique et morale ?
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NB : Je ne savais pas trop quoi choisir comme illustration au présent billet : une photo de Frêche ? Certes non ! Alors j’ai eu l’idée de chercher une photo d’un de ces athlètes nègres qui lui font tant de «honte» et de «peine» (pour reprendre ses termes du 14 novembre 2006 au sujet des «noirs» de l’équipe de France de football) : Jesse Owens, titulaire de quatre médailles d’or aux Jeux olympiques de Berlin en 1936, devant et au grand dam d’un autre promoteur de la pureté de la race. C’est quand même plus réjouissant à voir. En échange, je gagne un joli point Godwin mais personnellement je suis assez en désaccord avec une utilisation excessive de cette loi qui empêcherait de souligner la valeur archétypale du national-socialisme. Photographie titrée «1936 – 4 médailles pour Jesse Owens», tirée du site Internet lessignets.com (non créditée, légendée : «Jesse Owens gagna quatre médailles d’or aux Jeux Olympiques d’été de 1936; le 3 août 1936 aux 100 mètres, le 4 août au saut en longueur, le 5 août au 200 mètres, et après être inclus dans l’équipe du relais 4 x 100 mètres, le 9 août il remporta sa quatrième médaille d’or. Sa performance fut égalée aux Jeux olympiques d’été de 1984 par Carl Lewis qui remporta quatre médailles d’or pour les mêmes épreuves.» – DR).