Nos combats LGBT

Par Christine Le Doaré, présidente du Centre LGBT Paris de 2005 à fin juin 2012

ASSEZ D’INTOX !

sorcièreAu Centre LGBT Paris-IdF, depuis que j’y suis présidente, nous avons toujours fonctionné de la même façon (par opposition au fonctionnement en vigueur avant mon arrivée) : un bureau collégial qui discute et prend toutes les décisions en commun, un CA informé de tout et qui discute et vote toutes les décisions importantes pour la vie de l’association, une Globale des volontaires qui a le même niveau d’informations que les élus. Par conséquent, un fonctionnement en toute transparence et démocratie. Les statuts et le Règlement Intérieur ont toujours été rigoureusement respectés à la lettre.

Le bon sens et l’esprit collectif ont toujours prévalu. Ça, c’est la vérité.

Pourtant, les critiques, accusations ont toujours émaillé ça et là, provenant peu ou prou des mêmes personnes. Réussir là où beaucoup ont échoué, ça fait jaser, ça rend jaloux… J’en ai pris l’habitude, n’y accordant que peu d’importance puisque j’avais un cap à suivre, un objectif à atteindre : relever ce lieu de l’ornière, qu’il vive au mieux de ses capacités afin d’aider les personnes et associations LGBT et de contribuer à ce que les luttes pour nos droits et libertés aboutissent.

Le reste, ce sont les aléas de la fonction. Mais, disons le sans détour, il ne fait pas bon d’être une lesbienne féministe dans certains milieux LGBT, cela peut même déclencher une violente animosité (le moins que l’on puisse dire c’est que beaucoup n’ont pas commencé à déconstruire les méfaits et travers du patriarcat, à commencer par la haine des femmes, ce qui hélas n’épargne pas non plus certaines lesbiennes).

Déjà l’année dernière, un groupe FB, avec le succès qu’on lui connait, avait appelé à ma démission.

Cette fois, menée par Hervé Latapie (dont les motivations de commerçant / militant peuvent au moins être questionnées), une nouvelle pétition appelle à signer pour un « Centre démocratique et dynamique » ! Sic ! Mais c’est déjà le cas voyez-vous ! Si vous y passiez plus de temps vous le sauriez ! C’est proprement une insulte lancée à la face de toute son équipe de volontaires, élus ou pas.

Qui a signé cette pétition ? Probablement une poignée de personnes de bonne foi et entraînées par de bons ami-e-s, 2 ou 3 volontaires en exercice sur soixante, quelques anciens volontaires qui croyaient pouvoir prendre le Centre pour un lieu de thérapie et n’ont toujours pas réglé leurs problèmes d’égo, quelques personnes proches des mouvances extrémistes, quelques « consommateurs du bar » (comme ils se nomment) qui à n’en pas douter connaissent vraiment les enjeux du débat, et pas mal de pseudos, simples prénoms non identifiables… Bref, un tout petit nombre de personnes bien intentionnées qui ont choisi un site de pétition belge pour éviter de tomber sous le coup de la loi française et de poursuites en diffamation je suppose ?

En effet la pétition, l’appel et les propos relevés sur le groupe Facebook relèvent le plus souvent de la diffamation pure et simple.

On ne parle pas du Centre LGBT ni de l’Inter-LGBT, ni même des instances de décision et encore moins des membres mais de Christine Le Doaré, un peu comme vous savez dans les contes pour enfants, de la vilaine sorcière à abattre ! Cette personnalisation outrancière est lamentable, toutes les orientations et décisions ont été adoptées et votées conformément aux règles démocratiques, et cette manipulation démontre s’il le fallait, qu’il ne s’agit que d’un ridicule procès d’intention.

Que dire des arguments avancés ? Dans nombre d’associations, il faut avoir été membre pendant l’exercice écoulé sur lequel porte l’Assemblée Générale pour pouvoir y assister et se prononcer, sinon, de quoi parle-t-on ? Vouloir faire adhérer ses amis en force avant l’AG, comme le fait Hervé Latapie, est incroyablement grossier et scandaleux.

En outre, et même si ce n’est pas vraiment de cela dont il s’agit, tout le monde sait qu’une association est tout à fait habilitée à choisir ses membres, il ne manquerait plus que cela ! Pour les personnes morales, le CA va même jusqu’à voter sur dossier l’adhésion ou pas, selon des critères précis (objet, existence en région parisienne…).

Enfin, pendant une période de transition, nombre d’associations reconduisent le CA de quelques semaines ou mois pour mettre le dispositif en place et ne pas laisser la structure sans gouvernance et les nouvelles demandes d’adhésion sont en suspens en attendant de savoir à quoi les gens vont bien pouvoir adhérer. Pourquoi faire semblant de ne pas savoir tout ceci ?

J’ai reçu cette nouvelle pétition via l’un des volontaires du Centre qui m’a également fait part de sa réponse : il leur a demandé pourquoi il ne les avait pas vus au Centre (ou plus souvent au Centre), lui qui y milite régulièrement !

Et c’est bien là tout le problème. Qui sont ces personnes qui sortent du bois et s’inventent une légitimité pour se prononcer sur des questions qui relèvent exclusivement de notre association et de ses membres ?

Tant que j’étais présidente du Centre, (ce que je suis encore jusqu’à l’AG), étant donné le bilan, la rigueur et justement le fonctionnement démocratique sans faille, les personnes en but aux intérêts collectifs pour des raisons d’égo personnel, se sont rapidement retrouvées en minorité, sont parties d’elles-mêmes (même jamais eu besoin de prendre des mesures conformes au Règlement Intérieur) et le Centre a tenu la route avec de beaux résultats et une belle croissance.

Pas d’errance ni d’approximation, pas de gabegie, pas de démagogie ni de manipulation, pas de complot d’égo ni de putsch. Ca nous a un peu reposés après les dernières années de tourmente du CGL rue Keller !

A l’annonce de mon départ, c’est un peu comme si les rapaces sortaient du bois toutes griffes dehors ; je sais ça fait un peu mauvaise bande dessinée mais c’est bien de cela dont il s’agit.

Tous ces gens qui pour la plupart n’ont rien donné au Centre ou qui y sont passés quelques semaines, dans l’attente d’une gratification personnelle démesurée et nécessairement insatisfaite, que veulent-ils aujourd’hui ? Quelles sont leurs véritables motivations ?

S’ils voulaient participer, apporter et construire, ils seraient déjà investis au Centre ou y seraient restés, ce n’est le cas que de 2 ou 3 d’entre eux.

Non, ils savent que nos associations rassemblées travaillent et produisent solidairement et dans le cadre d’un processus parfaitement démocratique (confère le site de lancement de la campagne égalité des droits de l’Inter-LGBT qu’ils préfèrent passer sous silence à quelques encablures des élections !).

Ils savent que nous avons engagé une étude de faisabilité d’un rassemblement inter-associatif afin d’être tous ensemble plus pertinents et plus forts et ils ne le supportent pas.

Les vieilles guerres intestines, les rapports de force et de pouvoir, ils en font leur raison d’être et de vivre. Le « Gueuloir » d’Hervé Latapie, ce n’est pas l’idée que je me fais du débat démocratique ! S’il est en manque d’invectives et d’autres avec lui, je leur conseille de ressusciter la formule.

Une foire d’empoigne n’est pas compatible avec la gestion et le fonctionnement de structures telles que les nôtres, l’improvisation et les contradictions perpétuelles leurs seraient pour le moins très préjudiciables. Nous en avons déjà fait les frais par le passé et seule une poignée de contestataires, ont envie de rejouer cette partie.

Relativisons-donc leur action et pouvoir de nuisance.

La démocratie c’est quand une association et ses membres – hors la plupart des signataires de cette pétition, pour ne pas dire quasiment tous (à trois exceptions prés), ne sont pas membres du Centre – travaillent et choisissent son avenir sereinement.

Les moyens de pression et d’intimidation extérieurs de gens qui n’ont aucune légitimité dans le processus démocratique de l’association, n’ont aucune espèce d’importance.

A l’Assemblée Générale annuelle ne seront présents que les membres du Centre personnes morales et physiques et ils voteront en toute connaissance de cause.

Quelle que soit leur décision, Ils assumeront leur vote et c’est bien là tout ce qui compte.

Nous nous soumettrons, comme toujours, au vote démocratique et n’avons rien d’autre à répondre à cette entreprise malhonnête de déstabilisation d’un lieu qui a surtout besoin de sérénité et de personnes constructives et positives pour préparer son avenir.

Sans surprise aucune, cette pétition n’a aucune raison d’être et trahit les intentions polémiques de son auteur et de ses signataires.

Christine Le Doaré



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[...] – elle est notamment accusée d’autoritarisme –, auxquelles elle a en partie répondu sur son blog la semaine dernière: «Au Centre LGBT Paris-IdF, depuis que j’y suis présidente, nous avons [...]


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