Nos combats LGBT

Par Christine Le Doaré, présidente du Centre LGBT Paris de 2005 à fin juin 2012

Inter-LGBT et Centre LGBT Paris-IdF, vers le rassemblement

contre le sidaInter-LGBT et Centre LGBT Paris-IdF

Vers le rassemblement

Les deux fédérations LGBT franciliennes que sont le Centre LGBT Paris-IDF et l’Inter-LGBT ont décidé de créer un groupe de travail paritaire pour réfléchir au rapprochement des deux structures.

Des points communs, des synergies
Nous avons des missions différentes mais très complémentaires. L’Inter-LGBT organise la Marche des Fiertés de Paris, le Printemps des associations et coordonne le travail politique et institutionnel (élaboration inter-associative des revendications). Le Centre LGBT Paris-IdF est un lieu de ressources : c’est la « Maison des associations LGBT » mais également une structure qui assure des missions destinées aux publics LGBT (accueil et permanences sociales, santé, psy, aide juridique, emploi… ou encore, activités culturelles, festives ou de loisir) et qui participe aussi aux luttes LGBT pour l’égalité des droits et contre les discriminations.
Bien entendu, nos structures fonctionnent différemment, mais nous avons globalement le même tissu associatif : le Centre LGBT Paris-IDF regroupe 75 associations, l’Inter-LGBT une soixantaine et environ 35 sont membres des deux structures.

Se rassembler pour être plus visibles, plus lisibles et plus forts
Le grand public, comme le public LGBT, ne fait pas la différence entre nos deux organisations dont les revendications et les valeurs sont communes. Les objectifs de ce projet sont simples :
• mutualiser nos ressources pour rendre le mouvement LGBT plus visible et plus lisible
• donner les moyens et des outils tant au mouvement LGBT en général qu’aux associations LGBT pour se développer

Ainsi, il ne s’agit pas seulement d’additionner nos missions et nos actions, mais d’en inventer de nouvelles, nées de la réunion de nos deux structures et des synergies qui en découleront. Le tout pour garantir le maintien des droits et libertés acquis comme pour continuer d’en gagner d’autres.

Le début d’un processus de discussion
A l’évidence, pour garantir le succès d’un tel projet, tout doit être examiné soigneusement : toutes les missions actuelles doivent être sécurisées et même renforcées, des nouvelles missions peuvent d’ores et déjà être définies, d’autres prendront corps dans le temps. Le mode de gouvernance comme le mode de financement, la forme juridique retenue également, sont autant de points clé.
Nos deux organisations ont pris à ce jour deux décisions :
• adopter un projet d’intention
• mandater un groupe de travail paritaire pour étudier la faisabilité et les modalités d’un tel projet, avec l’aide d’un juriste spécialisé.

Ce groupe de travail rendra compte régulièrement de l’état d’avancement de ses travaux aux instances de gouvernance de l’Inter-LGBT et du Centre LGBT Paris-IdF. Dans tous les cas, des votes en Assemblée Générale et Conseil des Associations seront nécessaires à l’adoption d’un projet final.

Ce projet de rassemblement entre nos deux structures, souvent évoqué et enfin initié doit être pris comme une opportunité à saisir pour nos associations et nos combats.

Contact presse :
Nicolas Gougain, Inter-LGBT, porte parole : 06 77 87 37 00, nicolas.gougain@inter-lgbt.org
Christine Le Doaré, Centre LGBT Paris-IdF, présidente : 06 89 33 78 07, cledoare@noos.fr

Lettre ouverte à un « escort boy, tapin occasionnel…»

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Lettre ouverte à un « escort boy, tapin occasionnel…»
qui pratique avec légèreté, la diffamation et l’incitation à la haine

Cher C. M.

Si vous ne le savez pas, je vous informe que votre lettre adressée à tous les « président-e-s et responsables de groupes et associations LGBT … » de France et amplement circulé sur le Net et de toutes les façons possibles, est un document public dont les termes mensongers et violents sont susceptibles d’être retenus pour une action en diffamation, voire même pour incitation à la violence et à la haine.

Mais ce n’est pas vraiment ce dont, dans un premier temps, je souhaite vous entretenir ici.
Et pour vous ménager, je ne laisse que vos initiales dans ce courrier auquel je réponds et qui est publié ci-dessous.

Vous mentionnez dans ce courrier votre passage au CGL de la rue Keller qui vous a aidé à assumer votre homosexualité. En effet, c’est depuis le début l’une des missions du Centre que d’accueillir chaque année des milliers de personnes, pour les informer, orienter, assister dans différentes démarches. Si vous connaissiez le CGL vous n’ignorez pas que des problèmes de gestion l’avaient conduit au bord du dépôt de bilan, avant que je ne prenne la responsabilité d’une petite équipe, pour le sauver puis l’installer rue Beaubourg où il se porte désormais fort bien. Ne serait-ce que par respect pour la somme de travail accompli, de façon intégralement bénévole, vous pourriez vous exprimer avec un peu plus de respect.

Des personnes en situation de prostitution et moins occasionnellement que vous, nous en voyons fréquemment ; elles sollicitent nos permanences santé, sociales, aide à l’emploi, juridique et psy pour y trouver une écoute et /ou une aide, et nous sommes donc en mesure d’évaluer la réalité des différentes situations, très différentes s’il s’agit d’un petit roumain de la gare de l’Est, d’un escort de luxe et d’une prostituée africaine déplacée par un réseau mafieux.
Mais surtout, pour avoir discuté avec nombre d’entre elles-eux et m’être personnellement intéressée à la question, je peux vous rassurer au moins sur un point, pas plus que les membres de notre équipe, je ne porte à vôtre -ni leur- encontre, le moindre jugement, ni ne suis animée du moindre mépris, bien au contraire, je vous – et les – respecte en tous points.
Vous affirmez le contraire et citez des mots sortis de tout contexte. J’ai écrit des textes et des commentaires sur cette question, ils sont toujours sur mon blog hébergé sur Têtue.com ou sur ma page Facebook et je le crois, le sens de mes propos est assez clair. Sur la page Facebook du Centre LGBT Paris-IdF sachez que d’autres personnes ont eu les codes d’accès qui ne sont pas changés tous les jours ; vous ne pouvez pas ignorer non plus que sur le Net n’importe qui peut réaliser un trucage.
A l’évidence, vous avez sorti ces mots de leur contexte ; admettez-le, ne signifient pas du tout la même chose les deux expressions suivantes dans lesquelles on trouve pourtant le même mot : « les prostitué-e-s ne sont que de sordides déversoirs à sperme ! » et «comment peut-on condamner une personne à n’être toute sa vie qu’un déversoir à sperme ? ».

La pratique qui consiste à isoler un mot de son contexte, à tenter de faire dire à une personne l’inverse de ce qu’elle veut dire n’est pas rare, elle n’honore jamais son auteur.

Mais surtout et infiniment plus important, ce que je veux vous dire tient en cinq points.

- 1. Je doute que les gays, et même les trans, soient à même de nous parler de la prostitution dans sa globalité, étant donné qu’à une écrasante majorité pour ne pas dire quasi-totalité, les prostitué-e-s sont des femmes.
En outre, les personnes prostituées sont à 80% des personnes étrangères ; les déplacements de population massifs ou traite sont organisés par des réseaux mafieux. Dans les 20% restant, certaines personnes sont victimes de réseaux et trafics également, d’autres sont inféodées à des proxénètes ; au final très peu sont « libres » et à la marge, très peu nombreux, sauf à Paris, sont les prostitués masculins.
Les escorts masculins ne sont donc pas représentatifs de cette question. Ils défendent leur business à grand renfort de médiatisation, mais ne vous en déplaise, ceci ne vous – leur confère en rien une quelconque légitimité pour porter les revendications des femmes prostituées.

- 2. La question de la prostitution peut-elle seulement être rapportée à une question de liberté individuelle ? Où est la part de liberté dans la vente, non pas de sa force de travail intellectuelle ou physique, mais de son intimité sexuelle et de l’affirmation qu’il s’agit d’un travail comme un autre ? Qui fixe les tarifs ? Qui assure des dangers ? Que pèse vraiment la manne financière de l’exploitation sexuelle et qui en profite ?
Ne s’agit-il pas tout simplement du paroxysme de l’exploitation de l’homme par l’homme et le plus souvent de la femme par l’homme ? Qui peut affirmer que sans argent il y aurait de la prostitution ? Se prostituer par plaisir et sans aucune contrepartie, une invention romanesque, mais à part ça ?…
Les dernières études ont révélé que la plupart des personnes prostituées avaient subi des violences sexuelles dans l’enfance, il pourrait aussi s’agir dans certains cas, notamment parmi les prostitué-e-s qui parlent de choix, d’une tentative de se « réparer ».
Je considère et suis bien loin d’être la seule à penser de la sorte, qu’avec la prostitution, c’est bien l’esclavage qui survit dans nos sociétés.

En outre, une seule femme prostituée et ce sont toutes les femmes qui sont en danger. Aucun enfant élevé dans une société dans laquelle le corps d’une femme peut être acheté pour assouvir une pulsion sexuelle ne pourra jamais concevoir l’égalité réelle entre les femmes et les hommes, ni entre êtres humains.

C’est pourquoi, dans tous les cas, la question de la prostitution n’est pas une question individuelle, mais une question collective de choix de société. La vraie question c’est, dans quelle société voulons-nous vivre ? Dans une société patriarcale où « le plus vieux métier du monde » – aussi vieux que le patriarcat lui-même – consiste à garantir, et ce quoi qu’il arrive, que des corps de femmes seront toujours à la disposition des hommes qui peuvent se les payer, ou à l’inverse, voulons-nous évoluer vers une société moderne, égalitaire et en matière intime, affective et sexuelle, basée sur le désir – ce qui exclue nécessairement tout achat de consentement sexuel – ?

- 3. Les personnes un tant soit peu responsables et adultes, et je pense bien en faire partie, respectent les parcours des personnes qui pour une raison ou une autre se prostituent et savent que la prostitution ne disparaîtra pas du jour au lendemain. Seulement, elles aspirent à un autre projet de société et veulent que chaque personne y trouve sa place, la place dont par exemple chacun-e rêve pour ses enfants ou ceux des autres.
Il ne s’agit donc pas de réprimer les personnes prostituées mais de les protéger des prédateurs, aussi des clients pas toujours aussi glamours que vous voulez bien nous le faire croire, surtout des agressions et diverses violences, des maladies « professionnelles » et diverses addictions, de la dépression et du suicide…
Il s’agit de leur proposer d’autres alternatives, des formations, une réinsertion…
Il s’agit aussi et surtout de pénaliser les clients et tarir la demande en responsabilisant les consommateurs ; mais je vous rassure, si vous avez pris le temps de lire le texte de loi, vous avez lu comme moi, qu’il est prévu des mesures progressives et relativement douces, telles que la proposition de stages de sensibilisation par exemple. Bref, il ne s’agit pas de violences, bien au contraire.
Soyons réalistes et honnêtes, la prostitution n’est pas le conte de fées auquel vous tentez de nous faire croire, toutes les personnes prostituées le disent, quand elles doivent y retourner le lendemain, elles se racontent des histoires, ben oui, faut bien assumer ; en revanche, quand elles ont tourné la page, elles n’hésitent pas à parler de « viol payant » et de soulagement ; pas besoin de vous faire un dessin je pense ?

- 4. Il faut vous réveiller et vous rendre à l’évidence. Depuis la toute récente Convention abolitionniste qui a rassemblé une bonne cinquantaine de structures associatives, le copieux et particulièrement édifiant Rapport parlementaire, la Résolution de réaffirmation de la position abolitionniste de la France adoptée à l’unanimité à l’Assemblée Nationale par des députés Verts, PC, PS … et la proposition de loi déposée, nous avons changé de registre et de dimension. Il ne s’agit plus vraiment de savoir s’il faut être contre ou pour la prostitution mais de discuter des mesures proposées : faut-il les renforcer, les compléter, au contraire en retirer, lesquelles sont insatisfaisantes voire néfastes… ?

- 5. Enfin, et ça il faudrait tout de même que vous l’entendiez une bonne fois pour toutes. La question de la prostitution n’est en rien une question LGBT, il faut cesser de nous faire croire que si l’on est gay, lesbienne, bi ou trans, on est automatiquement en faveur de la réglementation de la prostitution. C’est évidement faux et ça n’est que pure manipulation. Sur cette question de société, comme sur la question de la GPA d’ailleurs, deux questions qui relèvent de l’appropriation du corps des femmes, vous trouverez des abolitionnistes et des réglementaristes en proportions identiques parmi les LGBT et dans le reste de la population et surtout de nombreuses personnes sans opinion arrêtée.
Alors cessez s’il vous plait de nous imposer vos croyances et/ou manipulations avec force hurlements, menaces et chantages. Ces gesticulations ne servent à rien si ce n’est à renforcer les positions contraires aux vôtres.
Si vous pouviez voir le nombre de témoignages et messages de remerciements que je reçois pour continuer d’affirmer malgré les menaces constantes, des positions qui, je veux bien le croire, dérangent votre business, mais les clients surtout, vous seriez stupéfaits.

Alors, si vous devez juger les responsables associatifs LGBT quels qu’il soient, c’est sur leur seul bilan de gestion, d’organisation et politique en faveur des droits et des libertés LGBT et contre les LGBTphobies ; pour le reste, chacun a le droit à la liberté d’opinion et d’expression qui est la sienne ; rien ni personne n’oblige, sur les questions qui ne relèvent pas directement des droits LGBT, des responsables associatifs à abonder dans votre sens. Et d’ailleurs, sachez-le, même en matière de droits LGBT il existe aussi des divergences entre les militants ; si les débats devaient prendre cette tournure, plus personne ne s’engagerait !
Un dialogue ne consiste ni à imposer violement ses points de vue ni à menacer et encore moins à, sûr de son bon droit, arroser de ses invectives et incitations à la violence, la terre entière.
[Les quelques membres frustrés ayant rejoint avec complaisance et démagogie, une certaine page Facebook appelant avec le succès que l’on sait à ma démission (!) - toujours pour cette question de la prostitution -, s’adonnent de la même façon à la diffamation et à l’incitation à la haine. S’agit-il de militants LGBT ? Ceux qui se seraient battus pour que soient adoptées des lois contre l’incitation à la haine homophobe ? Permettez-moi d’en douter !].

En conclusion, traiter de la question de la prostitution en dehors de toute analyse sociopolitique féministe de déconstruction du patriarcat n’a rigoureusement aucun sens si ce n’est celui de renforcer la domination masculine. Votre courrier en est une preuve supplémentaire.

Alors, avec tout le respect que je vous dois, car si je n’ai pas du tout le même avis que vous sur cette question, contrairement à vous, je ne prétends pas que « vous délirez », je vous invite vivement à balayer devant votre porte et à rempocher vos « coups de pieds dans le cul » et autres incitations à la violence qui pourraient bien vous valoir de la part de personnes moins indulgentes que moi, une plainte en diffamation et incitation à la haine, et il en va de même pour les deux associations dont vous vous revendiquez.

Christine Le Doaré, présidente du Centre LGBT Paris IdF

Le 8 decembre 2011,
à Paris.

à l’attention des Présidents/es d’associations, mouvements, ou groupes, le cas échéant leurs représentants.

Mesdames, messieurs, présidents, présidentes, représentants d’associations LGBTQI.

C’est avec une grande détresse et le cœur lourd d’inquiétude que je vous écris en ce jour, moi, Escort-boy, tapin occasionnel, acteur pornographique, bref, travailleur du sexe. Vous ne pouvez qu’avoir lus, entendus, ou eu vent des déclarations pour le moins incendiaires et insanes de madame Le Doaré, présidente du CLGBT île de France. Je ne m’avancerais pas à parler au nom de tous les travailleurs du sexe, qui par ailleurs sont bien trop occupés en ce moment à défendre leur droits pour prêter attention aux divagations perverses d’une femme gravitant sur orbite complètement éloignée de celle que lui attribue sa fonction. Je vous ferais donc part ici de mon propre ressenti et de mes propres inquiétudes.

L’actualité politique et médiatique est en ce moment est braquée sur le secteur d’activité que j’exerce. Mis sur le devant de la scène, stigmatisé, aliéné, je suis de toute part dans l’obligation de justifier mes choix de vie et mes actes, ce qui, je vous l’avoue, n’est pas de tout repos et profondément dur moralement. À vrai dire, j’ai déjà vécu cette situation : lors de mon coming out, quand j’ai du imposer, parfois par la force, à mes amis, et à mon entourage, que j’étais gay et fier de l’être, que ce n’était pas une maladie ou une passade. Et ce combat recommence aujourd’hui. Je puis le mener à bien, car j’ai foi en mes choix et je les assume. Simplement, me battre contre l’état, son gouvernement, et ses manouvres perverses, réclame une attention complète et une force d’esprit impressionnante, que je ne peux me permettre de diviser.
Diviser pour quoi ? Pour une chose aberrante. Diviser mes forces pour lutter contre les propos diffamants, insultants, et révoltants, de la présidente du CLGBT, institution qui m’a grandement aidé à faire mes premiers pas à paris après mon coming out, qui, directement ou par le biais de structures lui étant affiliées, m’a appris à accepter mon homosexualité et à la vivre pleinement. Je suis navré de constater que la personne censée représenter le CLGBT, où œuvrent ensemble tous les représentants de la communauté LGBTQI pour leurs droits et leur existence, soit si loin de se rendre compte que dans le milieu du travail du sexe, la TOTALITE de cette même communauté LGBTQI est présente, et que ses propos absolument immondes les atteignent comme des poignards dans le cœur, moi le premier.

Je suis outré et sidéré de lire des propos tels que « réceptacle à sperme », « déversoir à sperme », « barbare », et je me demande : en tant que présidente du CLGBT, elle est censée exprimer le point de vue de toute sa structure et de toute sa communauté, alors, toute la communauté LGBTQI pense-t-elle que ses membres qui sont travailleurs du sexe sont des « déversoirs à sperme » ??? Jusqu’à présent, madame Le Doaré s’est toujours exprimé de façon incendiaire au sujet des travailleurs du sexe militant pour leur droit, sans jamais être reprise à l’ordre par les membres de son centre ou même enjointe par les associations de l’inter LGBT à se modérer ! Qui plus est, désormais, nous sommes hélas sortis du contexte -qui fut un moment comique- de madame Le Doaré délirant toute seule sur son blog. Actuellement, ces propos outrageants et abjects sont directement exprimés via la page facebook officielle du CLGBT. Donc, vous conviendrez qu’il est censé de ma part de croire que sont point de vue est entièrement partagé par les membres de ce même CLGBT et non contesté par l’inter LGBT via son absence de réaction.

Mais enfin ! Qu’attendez vous pour -pardonnez moi l’expression- la museler !!! Ou la dégager à grand coups de pied dans le cul ! J’en ai assez d’être insulté par cette femme, qui porte atteinte à ma dignité et assez qu’elle insulte mes confrères et consœurs qui n’ont pas forcément la même carapace que moi et se sentent profondément insultés et bafoués par de tels propos ! J’enjoint donc la totalité des associations LGBTQI à se mobiliser pour enfin obliger madame Le Doaré à quitter son poste. Il est temps. La comédie dramatique a assez duré !

C. M.
@live.fr

06
Escort boy.

Membre du STRASS paris.
Militant à Act-Up Paris.
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ONU -Discours historique en faveur des Droits LGBT

Clinton speeach

ONU, discours historique en faveur des Droits Humains des personnes LGBT
 
 
Le Centre LGBT Paris IdF a prêté une oreille attentive à l’allocution prononcée à Genève, devant l’ONU, mardi 6 décembre, par Mme Clinton, Secrétajire d’Etat américaine, à l’occasion de la Journée internationale des Droits Humains qui célèbre l’anniversaire de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme adoptée en 1948.
 
Mme Clinton a pour ainsi dire, consacré l’intégralité de son discours, à la défense des Droits Humains LGBT dans le monde.
 
Elle s’est engagée avec force et conviction à mobiliser un soutien international en faveur de la « minorité invisible » que constitue l’ensemble des personnes LGBT et a affirmé que ceci constituait une priorité pour la politique étrangère de son pays. 

 
Elle a déclaré : » …Enfin, aux hommes et aux femmes LGBT de par le monde, je voudrais dire ceci : partout où vous vivez et quelles que soient les circonstances de votre vie, que vous soyez connectés à un réseau ou à un groupe de soutien ou que vous vous sentiez isolés et vulnérables, sachez que vous n’êtes pas seuls. Dans le monde entier, il y a des gens résolus à vous soutenir et à mettre un terme aux injustices et aux dangers que vous rencontrez. … »

Dans un long, convaincant et même passionnant discours, elle a dénoncé la marginalisation, les discriminations et les violences subies par les lesbiennes, les gays, les bisexuels et transgenres dans de nombreuses parties du monde.

 
Elle a déclaré que « Les violences contre cette minorité ne sont pas culturelles, mais criminelles et qu’être Lesbienne Gay, Bi ou Trans ne devrait jamais être considéré comme un crime ».
 

Elle a annoncé un plan de lutte : « … À Washington, nous avons créé un groupe de travail au département d’État pour soutenir et coordonner ce travail… nous allons fournir à chaque ambassade une panoplie d’outils qui l’aideront à renforcer son action. En outre, nous avons créé un programme qui offre un soutien d’urgence aux défenseurs des droits des personnes LGBT. Ce matin, à Washington, le président Obama a mis en place la première stratégie conçue par un gouvernement des États-Unis pour lutter contre les atteintes aux droits des personnes LGBT à l’étranger. … le président a demandé à tous les organismes fédéraux engagés à l’étranger de lutter contre la criminalisation du statut et du comportement LGBT, de redoubler d’efforts afin de protéger les réfugiés et demandeurs d’asile LGBT vulnérables, de s’assurer que notre aide étrangère favorise la protection des droits des LGBT, d’enrôler des organisations internationales dans la lutte contre les discriminations et de réagir rapidement aux abus commis contre les personnes LGBT…. »

Il faudra bien sûr que ces mesures soient efficientes, mesurables et appliquées de façon constante et universelle,  mais d’ores et déjà, nous tenons à saluer comme il se doit Mme Clinton pour la pertinence et la force de ce discours engagé dont nous reproduisons ci-dessous la traduction.
 

 
Traduction du discours de Mme Clinton

« …  Aujourd’hui, je voudrais vous parler du travail qui nous reste à accomplir pour protéger une catégorie de personnes encore privées de leurs droits fondamentaux dans trop d’endroits à travers le monde d’aujourd’hui.

À bien des égards, elles forment une minorité invisible. Elles sont arrêtées, tabassées, terrorisées, exécutées même. Beaucoup sont traitées avec mépris et violence par leurs compatriotes, tandis que les autorités chargées de les protéger détournent leur regard ou, trop souvent, participent aux mauvais traitements qui leur sont infligés. Elles se voient privées des possibilités de travail et d’éducation, chassées de leur foyer et de leur pays et contraintes de dissimuler leur nature, voire de la nier, pour se protéger.

Je parle des homosexuels, des lesbiennes, des bisexuels et des transsexuels – des êtres humains nés libres et qui se sont vu donner, conférer l’égalité et la dignité, et qui ont le droit de les revendiquer. C’est bien l’un des derniers défis de notre époque en matière de droits de l’homme.

J’aborde ce sujet sachant pleinement que le bilan de mon propre pays sur ce thème est loin d’être parfait. Jusqu’en 2003, c’était encore un crime dans certains endroits. Beaucoup d’Américains LGBT ont été en butte à des violences et au harcèlement. Pour certains d’entre eux, y compris beaucoup de jeunes, le harcèlement psychologique et l’exclusion font partie de leur quotidien. Les États-Unis, comme tous les pays, ont encore du pain sur la planche pour protéger les droits de l’homme sur leur territoire.

Je sais bien que cette question est délicate pour beaucoup de gens et que les obstacles à la protection des droits de l’homme de la communauté LGBT sont ancrés dans des convictions personnelles, politiques, culturelles et religieuses profondes. Je m’adresse donc à vous avec respect, compréhension et humilité. Même s’il n’est pas facile de progresser dans cette voie, nous ne pouvons pas pour autant tarder à agir.

Dans cet esprit, donc, je veux soulever les questions difficiles et importantes auxquelles nous devons nous attaquer ensemble pour parvenir à un consensus mondial qui tienne compte des droits fondamentaux de tous les membres de la communauté LGBT, en tous lieux.
 

La première question touche le cœur du sujet. D’aucuns avancent que les droits des homosexuels et les droits de l’homme sont deux affaires séparées et distinctes. En fait, ils ne font qu’un.

Évidemment, il y a 60 ans, les gouvernements qui rédigèrent et adoptèrent la Déclaration universelle des droits de l’homme n’avaient pas réfléchi à la manière dont elle s’appliquait à la communauté LGBT.

Ils n’avaient pas pensé non plus à la manière dont elle s’appliquait aux populations autochtones ou aux enfants ou aux handicapés ou aux autres groupes marginalisés.

Or au cours des 60 dernières années, nous avons fini par comprendre que les membres de ces groupes avaient droit à la pleine mesure de la dignité et des droits parce que, au même titre que tout le monde, ils partagent une humanité commune.

Cette prise de conscience ne s’est pas produite du jour au lendemain. Elle a évolué au fil du temps et, ce faisant, nous avons compris que nous honorions des droits qui avaient toujours existé, au lieu d’en créer de nouveaux ou spécialement pour ces personnes. Tout comme le fait d’être une femme ou d’appartenir à une minorité raciale, religieuse, tribale ou ethnique, le fait d’être LGBT ne vous rend pas moins humain. Voilà pourquoi les droits des homosexuels sont des droits de l’homme, et les droits de l’homme ceux des homosexuels.

Les droits de l’homme sont bafoués quand des gens sont battus ou tués en raison de leur orientation sexuelle, ou parce qu’ils ne se conforment pas aux normes culturelles imposant ce à quoi les hommes et les femmes doivent ressembler ou comment ils doivent se comporter. Les droits de l’homme sont bafoués quand des gouvernements déclarent l’homosexualité illégale ou laissent impunis ceux qui font du mal aux homosexuels. Les droits de l’homme sont bafoués quand des lesbiennes ou des transsexuelles sont soumises à des viols dits de correction ou qu’elles se font infliger des traitements hormonaux, quand des homosexuels se font assassiner après des appels publics à la violence contre eux ou quand ils sont contraints de fuir leur pays et de demander l’asile ailleurs pour avoir la vie sauve.

Et les droits de l’homme sont bafoués quand des soins d’importance vitale sont refusés à des personnes parce qu’elles sont homosexuelles, ou quand l’accès égal à la justice leur est refusé parce qu’elles sont homosexuelles ou quand la place publique leur est interdite parce qu’elles sont homosexuelles. Peu importe notre aspect, nos origines ou notre identité : nos droits fondamentaux et la dignité humaine nous appartiennent à tous.

La seconde question est celle de savoir si l’homosexualité est le fait d’une région particulière du monde. Certaines personnes semblent penser qu’il s’agit d’un phénomène occidental et que, partant, ceux qui vivent en dehors de l’Occident ont un motif pour le rejeter. En réalité, les homosexuels naissent et ont leur place dans toutes les sociétés du monde. Ce sont des gens de tous âges, de toutes races et de toutes religions. Ils sont médecins et enseignants, agriculteurs et banquiers, soldats et athlètes. Que nous le sachions ou non ou que nous le reconnaissions ou non, ce sont des membres de notre famille, nos amis et nos voisins. Être gay n’est pas une invention occidentale. C’est une réalité de l’humanité.

Et protéger les droits de l’homme de tous les gens, gays et hétérosexuels, n’est pas le seul fait des gouvernements occidentaux. La constitution de l’Afrique du Sud, rédigée après le démantèlement de l’apartheid, protège l’égalité de tous les citoyens, y compris des homosexuels. En Colombie et en Argentine, les droits des gays bénéficient également de la protection de la loi. Au Népal, la Cour suprême a décrété que l’égalité des droits s’appliquait aux citoyens LGBT. Le gouvernement de la Mongolie s’est engagé à faire adopter de nouvelles lois contre la discrimination envers les homosexuels.

D’aucuns s’inquiètent que la protection des droits de l’homme de la communauté LGBT ne soit un luxe que seules les nations riches peuvent se permettre. Mais en fait, quel que soit le pays, il y a un prix à payer quand on ne protège pas ces droits, quand la maladie et la violence coûtent la vie à des individus tant gays qu’hétérosexuels, quand des voix et des opinions sont réduites au silence alors qu’elles pourraient enrichir les communautés, et quand des projets d’entreprise ne se concrétisent jamais parce que le hasard veut que leurs auteurs soient gays.

Des coûts sont assumés chaque fois qu’un groupe est traité en inférieur, qu’il s’agisse de femmes, de minorités raciales ou religieuses, ou de gays, de lesbiennes, de bisexuels ou de transgenres. L’ancien président Mogae du Botswana a récemment noté qu’aussi longtemps que les individus LGBT seraient relégués dans l’ombre, il ne saurait y avoir de programme de santé publique efficace contre le VIH et le sida. Et cela est tout aussi vrai par rapport aux autres défis.

Le troisième problème, et peut-être celui qui est le plus difficile, est celui des valeurs religieuses ou culturelles dans lesquelles certains se drapent pour bafouer ou pour ne pas protéger les droits des LGBT. Cela n’est guère différent de la justification invoquée pour les pratiques violentes exercées à l’égard des femmes telles que les crimes d’honneur, l’immolation des veuves ou la mutilation génitale féminine. Certains défendent encore ces pratiques dans le cadre des traditions culturelles, mais la violence contre les femmes n’est pas culturelle : elle est criminelle – de même, l’esclavage qui autrefois était justifié au nom de Dieu est maintenant honni comme il se doit en tant que violation immorale des droits de l’homme.

Dans chacun de ces cas, nous avons appris qu’aucune pratique ou tradition ne peut éclipser les droits de l’homme qui nous appartiennent à tous.

Et cela s’applique aussi aux LGBT, qu’il s’agisse de la violence qui leur est infligée, de la criminalisation de leur statut ou comportement, de leur expulsion de leur famille et de leur communauté, ou de l’acceptation tacite ou explicite de leur exécution.

Il est bon de noter évidemment qu’il est rare qu’une tradition culturelle ou un enseignement religieux s’avère incompatible avec la protection des droits de l’homme. En effet, notre religion et notre culture sont sources de compassion et d’inspiration à l’égard de nos concitoyens de toute la planète. Ceux qui ont invoqué la religion pour justifier l’esclavage n’étaient pas les seuls à l’invoquer : ceux qui ont voulu abolir l’esclavage l’ont invoquée aussi.

Et gardons à l’esprit le fait que notre engagement à protéger la liberté de religion et à défendre la dignité de la communauté LGBT émane d’une même source. Pour la plupart d’entre nous, la foi et la pratique religieuses nous donnent un sens et une identité, et sont fondamentales à notre personne. De même, pour la plupart d’entre nous, les liens d’affection et de famille que nous forgeons nous donnent également un sens et une identité, et notre attachement à d’autres reflète notre pleine nature humaine. Car cette expérience humaine est universelle et les droits de l’homme sont universels et identiques dans toutes les religions et toutes les cultures.

Le quatrième aspect est la leçon que l’histoire nous a apprise eu égard à la réalisation de progrès pour garantir les droits de tous. Le progrès commence par un débat honnête. D’aucuns diraient, et pensent, que tous les gays sont des pédophiles, que l’homosexualité est une maladie que l’on peut attraper ou qui peut être guérie, ou encore que les gays peuvent recruter d’autres personnes pour devenir gays à leur tour.

Eh bien, ces notions sont tout simplement erronées. Mais elles ne disparaîtront pas si on feint d’ignorer ceux qui les avancent ou les acceptent sans les inviter à parler de leurs craintes et de leurs inquiétudes. Personne n’a jamais cessé d’être convaincu d’une chose parce qu’on l’y contraignait. Les droits de l’homme universels comprennent la liberté d’expression et la liberté de conviction, même si par nos paroles et nos croyances nous dénigrons l’humanité des autres. Cependant, bien que nous soyons tous libres de croire en tout ce que nous voulons, nous ne pouvons pas faire tout ce que nous voulons – pas dans un monde où nous protégeons les droits de l’homme de tout un chacun.

Il faudra plus qu’un discours pour parvenir à une entente sur toutes ces questions. Il faudra une conversation. En fait, il faudra toute une suite de conservations, qui se tiendront dans des forums grands et petits, et il faudra faire preuve de bonne volonté pour lancer un dialogue sur la base des différences profondes entre les croyances, au lieu de d’éviter de l’entamer. Mais le progrès provient aussi des changements dans les lois. Dans de nombreux endroits, y compris dans mon pays, les protections juridiques ont précédé, et non suivi, le respect généralisé des droits. Les lois nous enseignent certaines choses. Les lois qui sont discriminatoires valident d’autres discriminations ; les lois qui exigent des protections égales renforcent l’impératif moral de l’égalité. Et souvent, dans la pratique, il faut que les lois changent avant que la crainte du changement ne se dissipe.

Un grand nombre de mes concitoyens ont cru que le président Truman avait eu tort d’ordonner la déségrégation raciale de nos forces armées. Ils soutenaient qu’elle minerait la cohésion de nos unités militaires.

Et ce n’est qu’après qu’il l’eut mise en œuvre que nous avons vu comment cette déségrégation a renforcé le tissu de notre société de nombre de façons que même les partisans de cette initiative n’avaient pas envisagées.

De la même manière, certains dans mon pays s’inquiétaient de l’abrogation de la politique de l’armée de « ne rien demander, ne rien dévoiler » [« Don't ask, don't tell »], craignant un effet négatif sur nos forces armées. Aujourd’hui, le commandant du Corps des marines, qui était l’un des adversaires les plus farouches de cette abrogation, a reconnu que ses craintes étaient sans fondement et les marines ont adopté le changement.

Enfin, le progrès découle de notre volonté de nous mettre à la place de quelqu’un d’autre. Nous devons nous demander : Que ressentirais-je si c’était un délit d’aimer la personne que j’aime ? Que ressentirais-je si je faisais l’objet de discrimination pour un aspect de ma personne que je ne peux pas changer ? Le défi de répondre à ces questions s’impose à nous tous alors que nous nous penchons sur nos croyances les plus profondes, alors que nous cherchons à faire preuve de tolérance et de respect pour la dignité de toutes les personnes et que nous tendons la main avec humilité à ceux avec lesquels nous sommes en désaccord dans l’espoir d’arriver à une meilleure entente.
 
Et la cinquième et dernière question est de savoir comment nous pouvons faire notre part pour encourager le monde à respecter les droits de l’homme de toutes les personnes, y compris les LGBT. Il est vrai que les individus LGBT doivent prendre la tête de ces efforts, comme un grand nombre d’entre vous l’ont déjà fait. Leur savoir et leurs expériences sont inestimables, et leur courage, une inspiration. Nous connaissons les noms de ces militants et militantes gays, lesbiennes, bisexuels et transgenres courageux qui ont littéralement sacrifié leur vie à cette cause, et il y a beaucoup d’autres dont les noms ne seront jamais connus.
Mais souvent, ceux qui sont privés de leurs droits sont les moins capables de réaliser les changements qu’ils souhaitent. En agissant seules, les minorités ne peuvent jamais devenir la majorité qui peut apporter le changement politique.
 

Donc, quand n’importe quelle catégorie humaine est mise en marge de la société, nous ne pouvons pas rester les bras croisés. Chaque fois qu’un obstacle au progrès a été éliminé, il l’a été grâce à la coopération de gens situés des deux côtés de la barrière. Dans la lutte pour les droits des femmes, le soutien des hommes demeure crucial. La lutte pour l’égalité raciale a compté sur les contributions des peuples de toutes les races. Combattre l’islamophobie ou l’antisémitisme est une tâche qui incombe aux adeptes de toutes les confessions. Et cela est vrai aussi, s’agissant de cette lutte pour l’égalité.

En revanche, lorsque nous voyons les droits de l’homme refusés ou bafoués et que nous n’agissons pas, nous transmettons le message à ceux qui les refusent ou les bafouent qu’ils n’ont pas à subir les conséquences de leurs actes, et ils persévèrent.

Mais lorsque nous passons à l’action, nous transmettons un message moral puissant. Ici, à Genève, la communauté internationale a agi cette année pour renforcer le consensus sur les droits de l’homme des gays, lesbiennes, bisexuels et transgenres. Au Conseil des droits de l’homme, en mars, 85 pays de toutes les régions du monde ont appuyé une déclaration appelant à mettre fin à la criminalisation (des LGBT) et à la violence contre les personnes en raison de leur orientation et leur identité sexuelles. Aux sessions suivantes du conseil en juin, l’Afrique du Sud a parrainé un projet de résolution sur la violence à l’égard des LGBT. Sa délégation s’est exprimée éloquemment sur l’expérience de la lutte pour l’égalité et l’indivisibilité humaines en Afrique du Sud. Lorsque la mesure fut adoptée, elle devint la toute première résolution des Nations unies à reconnaître les droits de l’homme des gays dans le monde entier.

À l’Organisation des États américains cette année, la Commission interaméricaine des droits de l’homme a créé une unité sur les droits des personnes LGBT – une étape qui conduira, du moins nous l’espérons, à la création d’un rapporteur spécial. Maintenant, nous devons aller plus loin et travailler ici et dans chaque région du monde en vue de mobiliser davantage de soutien en faveur des droits de la communauté LGBT.
 
Aux dirigeants des pays où des gens se font emprisonner, battre, voire exécuter parce qu’ils sont gays, je vous demande de considérer ceci : le leadership, par définition, signifie que l’on doit guider son peuple lorsque les circonstances le veulent. Cela signifie que l’on doit monter au créneau pour défendre la dignité de tous les citoyens et pour persuader son peuple de faire de même. Cela signifie que l’on doit faire en sorte que tous les citoyens soient traités comme des égaux devant la loi, parce que – soyons clairs – je ne dis pas que les homosexuels ne peuvent pas commettre ou ne commettent pas de crimes, ils le peuvent et ils le font, tout comme les hétérosexuels. Et quand ils le font, ils doivent en répondre devant la justice. Mais cela ne devrait jamais être un crime d’être gay.

Aux peuples de toutes les nations, je dis que la défense des droits de l’homme est l’une des responsabilités qui vous incombent à vous également. La vie des gays est façonnée non seulement par des lois, mais aussi par la manière dont les traitent, chaque jour, leur famille et leurs voisins.

Eleanor Roosevelt, qui a tant fait pour promouvoir les droits de l’homme dans le monde entier, a déclaré que ces droits commencent dans des lieux familiers, près de chez soi : dans les rues où les gens vivent ; dans les écoles qu’ils fréquentent, dans les usines, dans les fermes et dans les bureaux où ils travaillent. Ces lieux constituent votre domaine. Par la façon dont vous y agirez, par les idéaux que vous y défendrez, vous pourrez déterminer si les droits de l’homme y régneront.

Enfin, aux hommes et aux femmes LGBT de par le monde, je voudrais dire ceci : partout où vous vivez et quelles que soient les circonstances de votre vie, que vous soyez connectés à un réseau ou à un groupe de soutien ou que vous vous sentiez isolés et vulnérables, sachez que vous n’êtes pas seuls. Dans le monde entier, il y a des gens résolus à vous soutenir et à mettre un terme aux injustices et aux dangers que vous rencontrez.

C’est certainement vrai pour mon pays. Vous avez un allié dans les États-Unis d’Amérique, et il y a des millions d’Américains que vous pouvez compter parmi vos amis.

Le gouvernement Obama défend les droits des personnes LGBT dans le cadre de sa politique globale des droits de l’homme : c’est une priorité de notre politique étrangère. Dans nos ambassades, nos diplomates expriment leur préoccupation au sujet de lois et de cas particuliers et s’emploient avec divers partenaires à renforcer la protection des droits universels de toute l’humanité.

À Washington, nous avons créé un groupe de travail au département d’État pour soutenir et coordonner ce travail et, dans les mois à venir, nous allons fournir à chaque ambassade une panoplie d’outils qui l’aideront à renforcer son action. En outre, nous avons créé un programme qui offre un soutien d’urgence aux défenseurs des droits des personnes LGBT.

Ce matin, à Washington, le président Obama a mis en place la première stratégie conçue par un gouvernement des États-Unis pour lutter contre les atteintes aux droits des personnes LGBT à l’étranger. S’appuyant sur les efforts en cours au département d’État et dans l’ensemble du gouvernement, le président a demandé à tous les organismes fédéraux engagés à l’étranger de lutter contre la criminalisation du statut et du comportement LGBT, de redoubler d’efforts afin de protéger les réfugiés et demandeurs d’asile LGBT vulnérables, de s’assurer que notre aide étrangère favorise la protection des droits des LGBT, d’enrôler des organisations internationales dans la lutte contre les discriminations et de réagir rapidement aux abus commis contre les personnes LGBT.

Je suis également heureuse d’annoncer que nous lançons un nouveau fonds mondial pour l’égalité, qui appuiera l’œuvre des organisations de la société civile qui travaillent sur ces questions à travers le monde. Ce fonds les aidera à recueillir des informations qui leur permettront de mieux cibler leurs activités de sensibilisation, à apprendre à se servir des lois existantes, à gérer leur budget, à former leur personnel et à créer des partenariats avec des associations féminines et d’autres groupes de défense des droits de la personne. Nous avons versé plus de 3 millions de dollars dans le démarrage de ce fonds, et nous avons bon espoir que d’autres se joindront à nous pour le soutenir.

Les hommes et les femmes – dont certains sont ici aujourd’hui avec nous – qui défendent les droits de la communauté LGBT dans des endroits hostiles, sont des êtres courageux et dévoués, qui méritent toute l’aide que nous pouvons leur donner. Nous savons que le chemin à parcourir ne sera pas facile. Une grande partie du travail reste à faire.

Mais beaucoup d’entre nous ont vu de première main comment le changement peut survenir rapidement. Dans notre vie, les attitudes envers les homosexuels dans de nombreux endroits ont été transformées. Beaucoup de gens, et j’en suis, ont approfondi leurs propres convictions sur ce sujet, au cours des années où nous y avons réfléchi davantage, engagé des dialogues et des débats, et établi des relations personnelles et professionnelles avec des personnes qui sont homosexuelles.

Cette évolution est manifeste dans de nombreux endroits. Pour en citer un exemple, la Haute Cour de Delhi a dépénalisé l’homosexualité en Inde il y a deux ans, déclarant, et je cite : « S’il existe un principe dont on peut dire qu’il apparaît en filigrane dans la Constitution indienne, c’est celui de l’inclusion. »

Je suis persuadée que l’appui aux droits des LGBT ne cessera de croître car, pour de nombreux jeunes, l’affaire est simple : toute personne mérite qu’on la traite avec dignité et que ses droits de l’homme soient respectés, peu importe qui elle est et qui elle aime.

Il y a une expression qu’on emploie aux États-Unis pour exhorter les autres à soutenir les droits de l’homme : soyez du bon côté de l’histoire. L’histoire des États-Unis est celle d’une nation qui a maintes fois dû faire face à l’intolérance et à l’inégalité. Nous avons eu une guerre civile brutale au sujet de l’esclavage. D’un bout du pays à l’autre, des citoyens ont organisé des campagnes visant à faire reconnaître les droits des femmes, des peuples autochtones, des minorités raciales, des enfants, des handicapés, des immigrés, des travailleurs, et de bien d’autres encore. Et la marche vers l’égalité et la justice s’est poursuivie. Ceux qui préconisent d’élargir le cercle des droits de l’homme ont toujours été du bon côté de l’histoire, et l’histoire leur rend hommage. Ceux qui ont essayé de restreindre les droits de l’homme ont eu tort, et l’histoire reflète cela également.

 

Je sais que les idées que j’ai partagées aujourd’hui se rapportent à des questions sur lesquelles les opinions sont encore en évolution. Comme il est arrivé tant de fois auparavant, l’opinion va converger, une fois de plus, avec la vérité, la vérité immuable selon laquelle tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits.

Nous sommes appelés, une fois de plus, à concrétiser les préceptes de la Déclaration universelle. Répondons à cet appel. Soyons du bon côté de l’histoire – pour notre peuple, pour notre nation et pour les générations futures dont l’existence sera façonnée par le travail que nous faisons aujourd’hui.

Je m’adresse à vous pleine d’espoir et de confiance qu’aussi longue que soit la route, nous allons la parcourir ensemble, et aboutir.

Je vous remercie. »