Nos combats LGBT

Par Christine Le Doaré, présidente du Centre LGBT Paris de 2005 à fin juin 2012

Pour un 8 mars solidaire, les Droits Humains sont universels !

40694989_mEn cette veille de 8 mars, Journée Internationale pour le Droit des Femmes, rappelons, ça ne peut pas faire de mal, que les Droits Humains sont universels.

Les personnes LGBT réclament le respect, la liberté de vivre avec leurs différences ; elles veulent l’égalité des droits. Leurs revendications sont universelles et en matière de Droits Humains LGBT rien ne différentie entre eux,  les gays, les lesbiennes, les bisexuels et les trans. du  monde entier.

Pour les femmes il en va de même, les droits des femmes sont universels. Aucune femme, nulle part au monde, ne souhaite, à moins d’avoir subi un odieux conditionnement, être infantilisée, effacée, isolée, niée, sous-payée, brutalisée, mariée de force, excisée, violée…

L’universalisme des valeurs de liberté et d’égalité n’est pas réservé qu’aux  hommes.

Les féministes des pays du sud et tous les progressistes qui se battent pour renverser les dictatures, se battent contre la charia et se revendiquent de la laïcité qui signifie aussi le respect des cultes.

Les LGBT du monde entier sont solidaires ; et bien les femmes du monde entier aussi ;  elles construisent des ponts pour échanger leurs expériences, construire des réseaux et s’entraider.

Car, et c’est un terrible constat,  les femmes vivent toujours sous la domination masculine, et même si dans certains endroits du globe, comme en France, leur situation s’est améliorée, les discriminations perdurent et l’égalité réelle est loin d’être achevée.

Dans l’entreprise, les différences de salaire ne sont toujours pas corrigées, le plafond de verre est toujours en place ; en  politique,  les élues sont toujours en nombre inférieur ; dans la sphère privée,  la double journée est toujours d’actualité, la pression à la natalité est très forte, l’avortement est régulièrement menacé, la contraception n’est pas accessible pour toutes ; des femmes vivent sous l’emprise de leur famille et sont isolées, certaines sont séquestrées et mariées de force ;  les violences contre les femmes ne diminuent pas, qu’il s’agisse de violences conjugales ou d’agressions dans l’espace public, de viols et de  meurtres ; le droit d’asile n’est pas systématiquement accordé aux femmes ni aux lesbiennes en danger dans leur pays ;  …

La contrainte à l’hétérosexualité reste très prégnante. Les lesbiennes et les trans vivent une double discrimination en tant que femme et elles sont aussi confrontées à des difficultés liées à leur orientation sexuelle ou identité de genre.

Pourtant, certains qui se revendiquent alternatifs, tentent de nous diviser et d’instrumentaliser nos luttes.

N’est-ce pas  le cas de ceux qui sont contre la pénalisation des clients de la prostitution ou en faveur de la Gestation Pour Autrui, la constante dans ces deux cas étant  l’extension à l’infini du domaine de la disponibilité des corps des femmes ?

N’est-ce pas aussi le cas de ceux qui s’apitoient sur les femmes qui ne peuvent porter leur niqab en paix dans l’espace public ? Comment font-ils pour ne même pas réaliser qu’ils insultent ainsi les femmes féministes, arabes notamment, qui ont lutté pour s’affranchir du joug de lois « religieuses » qui ne figurent même pas dans  les textes et qui n’ont pour légitimité que leur implacable sexisme ?

En revanche, il est clair que l’interdiction faite aux femmes voilées d’accompagner les enfants dans  les voyages scolaires est scandaleuse et ne sert que des intérêts électoralistes.

Le  communiqué adressé ce jour pour le 8 mars, par Act-Up,  est en ce sens édifiant. Il mentionne à juste titre le sida qui frappe lourdement les femmes hétérosexuelles et les trans, mais il oublie de mentionner les questions d’avortement et de contraception, de cancers féminins et en particulier du cancer du sein…

En outre, il prétend que « les féministes de gauche cautionnent des dispositifs répressifs contre les travailleurSes du sexe », ce qui est faux. Les prostituées et non « travailleuse du sexe »,  à moins de vouloir  bientôt trouver à pôle emploi des offres d’emplois correspondant à cette qualification, ne choisissent pas de gaité de cœur ce moyen de survie et la plupart d’entre elles ne rêvent que d’une chose, en sortir ! Des féministes font un travail de prévention et leur propose des solutions de réinsertion, en revanche, comme dans d’autres pays, elles envisagent pour enrayer les fléaux des mafias du sexe et de la traite, de pénaliser le client et c’est très différent ; prétendre le contraire s’apparente à de la désinformation et de la manipulation.  

Préférons donc unir nos forces et nos espoirs pour une société plus juste et plus égalitaire pour toutes et tous.

Les luttes pour les droits et libertés des personnes LGBT doivent beaucoup aux luttes féministes, il est vrai que le sexisme fait le lit de l’homophobie, de la lesbophobie et de la transphobie. Sans domination masculine, pas d’oppression des femmes, pas de rôles de genres  impartis aux uns et aux autres, plus de privilèges à défendre et donc plus non plus d’homophobie.

Les femmes et les LGBT sont donc des alliés objectifs, ensemble avec tous ceux qui œuvrent pour une société plurielle et libre, fêtons le 8 mars et avançons vers l’émancipation des femmes et  l’égalité entre les sexes ici en France, comme ailleurs.

SO SO SO SOLIDARITE avec les femmes, du monde entier !



2 commentaires

“N’est-ce pas le cas de ceux qui sont contre la pénalisation des clients de la prostitution ou en faveur de la Gestation Pour Autrui, la constante dans ces deux cas étant l’extension à l’infini du domaine de la disponibilité des corps des femmes ?” Vous traduisez parfaitement le fond de ma pensée.

Cela démontre d’ailleurs que les combats féministes ne sont pas ceux des hommes gays, j’en suis convaincue.
Je suis déçue par bon nombre de femmes (Caroline Mécary par exemple) qui prônent la légalisation de la GPA, comme si le corps des femmes pouvait être naturellement mis à disposition de deux hommes. Je grossis le trait, mais j’ai parfois l’impression que certains militants voient la GPA comme un DROIT du mâle homosexuel (on parle moins du recours à la GPA des couples de sexe différent)? Quelle régression!

Bravo pour cet article!

Écrit par Lady Bi le 9 mars 2011 à 12:42

Oui et je suis sidérée de constater à quel point les positions de l’ultra gauche et de l’extrême droite convergent.

De plus en plus, de jeunes hommes « alternatifs » et de filles qui croient se libérer en leur ressemblant et en endossant leurs modèles, prennent la parole pour juger de ce qui est féministe et de ce qui ne l’est pas, seulement voilà, leur vision du féminisme est totalement dévoyée.

Ils se permettent sans les connaitre, d’assurer que les féministes qu’ils attaquent, sont de classe supérieure, islamophobes, qu’elles dénoncent les prostituées, sont complices de la police…Ce sont toujours les mêmes discours paranoïaques et mensongers.
Il peut en effet exister quelques féministes correspondant à ces définitions mais elles sont une minorité.

Ils confondent tout à souhait, et en particulier font semblant de ne pas comprendre que l’on peut très bien comprendre et défendre les prostituées, refuser qu’elles soient stigmatisées, harcelées… que l’on peut faire de la prévention santé / sida / drogues… (Le bus des femmes, le mvt du nid…), leur proposer des solutions d’hébergement, de formation, de réinsertion… mais que par ailleurs, sur un plan politique, l’on se battre contre la traite, les maffias, les macs… parce que ce n’est pas le modèle de société dans lequel on a envie de vivre ! Pas d’être humain en capacité d’acheter un autre être humain point barre ! Ce n’est pas moral, c’est POLITIQUE !

Personnellement si je suis contre le terme de travailleur du sexe c’est parce que je pense que ce n’est pas un emploi comme un autre, sinon, il serait majoritairement masculin, et que je n’ai pas envie de trouver ce type d’annonce et des femmes forcées de les accepter, à Pole emploi. Pure logique.

Et puis le pire, c’est que pour eux, l’alpha et l’oméga de la liberté c’est exactement ce que peut produire de pire le système capitaliste : tout vendre et tout acheter, y compris son corps, son sexe, ses organes, des enfants, dans la dissociation la plus totale …

Alors forcément, la mise à disposition du corps des femmes ne les gêne pas… normal, la plupart des porte-parole sont des hommes qui parlent au nom des femmes, pour la prostitution comme pour la GPA deux des domaines de l’extension de la mise à disposition du corps des femmes…

Facile dans ces conditions de se dire féministe, en réalité, les femmes et leurs conditions de vie, le patriarcat, la domination masculine, les différences de salaire, le temps partiel, la double journée, les violences, le viol…ils s’en tapent… ils n’en parlent jamais !!!
Ils veulent simplement pouvoir continuer leur petite économie, leur petit business : vendre, se vendre et pour eux, ça c’est la liberté !

Bien sûr il y a des féministes qui sont à côté de la plaque… mais la plupart des féministes avaient le rêve d’une société plus libre et plus humaine pour toutes et tous, progressiste, affranchie de rapports de domination et d’exploitation, eux ne recherchent que ça, être dominés, achetés, morcelés, dissociés…

Le pire c’est qu’ils ne se rendent même pas compte que tout ce qu’ils racontent est sordide et désespérant, glauque et sinistre… et qu’ils sont aussi haineux qu’à l’extrême droite… triste…

Écrit par Christine Le Doaré le 11 mars 2011 à 2:21

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