Nos combats LGBT

Par Christine Le Doaré, présidente du Centre LGBT Paris de 2005 à fin juin 2012

Je veux un bébé, dis, tu me prêtes ton ventre ?

Je veux un bébé, dis, tu me prêtes ton ventre ?

Réflexions sur la GPA

Que nous soyons ou pas intéressés par la perspective de devenir parents, l’homoparentalité fait consensus parmi les personnes et associations LGBT ;  en revanche,  la GPA (Gestation pour Autrui) fait débat, voici une contribution personnelle.

 

Gilles Bon Maury est récemment venu présenter son livre  Familles en miettes  au Centre LGBT Paris. Cet ouvrage traite de l’homoparentalité et essentiellement de la GPA ; ce fut pour moi l’occasion de me documenter sur ce sujet pour le moins polémique. Je tiens à remercier Gilles dont le livre m’a aidée à me forger une opinion.

 

 « Après avoir préservé l’acte sexuel du risque d’être parent, après avoir distingué entre l’acte biologique et l’acte biographique, la marche se poursuit vers la différenciation entre le fait biologique de la gestation et le fait biographique de l’engagement parental. Il s’agit aujourd’hui de reconnaître à chacun le droit de concevoir un projet familial qui peut reposer sur plusieurs adultes, dont certains seulement s’engagent dans une responsabilité parentale. Les autres s’inscrivent dans l’histoire familiale, en s’y investissant moins, à travers la contribution délimitée d’une gestation ou d’un don de gamètes.»

Cette argumentation séduit logiquement tout militant de l’égalité des droits. Je relève malgré tout, qu’entre un don de gamètes et une grossesse il y a une différence significative. Une grossesse dure en moyenne neuf mois et comporte  de lourdes contraintes et même de sérieux risques, en particulier au moment de l’accouchement. Pour autant, il ne s’agit en effet pas d’une maladie et la plupart des femmes parviennent à terme en menant une vie quasi-normale ; toutefois, beaucoup n’échappent pas aux nausées, à des états psychologiques fluctuants, à une diminution de leur mobilité les derniers mois, à une prise de poids souvent longue à résorber ; en outre, le temps de récupération de l’organisme est du double du temps de la grossesse.   

 

 «Ces victoires interagissent avec l’opinion publique. Aujourd’hui, 64% des Français sont favorables à l’ouverture du mariage aux couples de même sexe. 57% des Français sont favorables à l’ouverture de l’adoption aux couples de même sexe. 65% des Français sont favorables à ce que le recours à la gestation pour autrui soit autorisé en France.»

Il ressort de ces données que les Français sont largement favorables à la GPA. C’est pour moi une surprise, il serait utile de connaître le libellé exact de la question soumise à l’échantillon de personnes interrogées. En outre, ne serait-il pas prudent d’interpréter ces statistiques  en sachant que les français s’illustrent en général par un sexisme atavique, en effet, les idées féministes n’imprègnent pas, loin s’en faut, la société française. Bien au contraire,  les femmes sont souvent louées pour leurs prétendues qualités féminines, elles sont valorisées pour leur générosité, leur faculté d’abnégation, leur effacement, leur aptitude à prendre en charge les besoins des autres, apaiser leurs souffrances… Il n’y a qu’à se promener quelques minutes dans le rayon des jouets d’un magasin pour en prendre conscience, trousse d’infirmière et fer à repasser pour petites filles et voitures et jeux de construction pour petits garçons ! Alors, pourrait-il y avoir ici comme un lien de cause à effet, les français considérant comme parfaitement naturel que les femmes puissent « offrir » neuf mois de leur vie pour contenter ceux qui pour mener à bien leur projet de parentalité,  préfèrent se reproduire plutôt que d’adopter ?  

 

Gilles avance dans sa démonstration et cite Montaigne «  La vrai liberté est de pouvoir toute chose sur soi » et précise que  « Chacun s’accorde aujourd’hui à y fixer des limites. Chacun admet qu’il ne faut pas laisser un individu vendre son rein ou son poumon pour s’acquitter de ses dettes, même s’il en exprime la volonté et s’il en revendique la liberté. Ce sont ces limites qu’il faut définir avec une très grande prudence, des lors qu’on s’autorise à décider à la place de quelqu’un ce qui est bon pour lui.».

Il nous explique que les limites actuellement posées sont incohérentes et illustre son  propos par des exemples.  

« Elles interdisent de porter l’enfant d’autrui,  mais elles n’introduisent pas l’accouchement sous  X. ». Mais, ces deux situations sont-elles comparables ? L’accouchement sous X est le plus souvent la conséquence d’un aléa, d’une grossesse non désirée ou de l’impossibilité d’assumer la vie de l’enfant à naître et non d’un projet initial de parentalité alors que la gestation pour autrui est le résultat d’un projet familial programmé.  Dans un cas il s’agit de pallier la survenance d’un problème, dans l’autre d’autoriser une pratique jusqu’ici interdite et qui pourrait donner lieu à des dérives.

Autre exemple : « Elles interdisent d’avoir un enfant porté par une autre, mais elles n’interdisent pas l’adoption. »

Il me semble que ces deux interdits ne sont pas plus comparables, l’adoption s’entend d’enfants déjà nés et le plus souvent abandonnés pour les mêmes raisons que dans le cas d’un accouchement sous X ;  l’adoption est alors un acte de générosité et de responsabilité qui consiste à accueillir la vie d’un enfant déjà né pour en devenir le parent social.

La GPA quant à elle consiste à organiser la programmation d’un enfant à venir, c’est une commande et le risque de trafics financiers et d’instrumentalisation du corps des femmes, même avec un encadrement strict juridique et judiciaire,  ne peuvent  être totalement écartés.

  

« Les théories conservatrices qui véhiculent ces préjugés prétendent que les femmes qui veulent porter un enfant pour autrui sont nécessairement démunies socialement ou affectivement. C’est faux. Les contre – exemples sont nombreux.»

Certes, il est toujours possible de trouver des contre-exemples ; il est aussi fréquent de trouver des gens prêts à vendre leurs organes, des personnes handicapées acceptent de s’exhiber et d’être instrumentalisées… Certains soutiennent qu’il relève de  la liberté la plus stricte des êtres de s’aliéner leur liberté.  L’écrasante majorité des femmes qui se prêtent à la GPA vivent dans le tiers monde, également aux USA. Elles sont rémunérées pour ce service ;  même si ce sont les intermédiaires et l’établissement médical qui coûtent le plus cher, l’apport financier et les conditions de vie dont elles vont bénéficier pendant la grossesse, constituent bien leur principale motivation. Certaines femmes très démunies ne peuvent se payer le luxe de refuser cette manne financière, aussi infime soit la part qui leur revient.

« La gestation pour autrui ne saurait être ni un travail, ni une souffrance supportée à la place d’une autre». Certes, mais comment le garantir ?  Sans qu’aucune rémunération ne lui soit accordée pour ce service, une femme confrontée à des difficultés financières pourrait considérer comme  luxueux d’être prise en charge, remboursée pour des soins et du confort pendant quelques mois de sa vie. 

Ceci dit,  je ne doute pas un seul instant que des femmes souhaitent sincèrement, en toute générosité,  faire don d’un enfant. Cette attitude parfaitement louable doit pour autant être analysée avec toute la prudence nécessaire.  Tout en respectant leur liberté de choix, également leur plaisir à se trouver enceinte, il n’est pas absurde de se demander si des femmes conditionnées par leur  éducation, peinent à ne pas trouver d’autres moyens de se réaliser, de s’accomplir, voire parfois de justifier de leur existence ? Dans une société moins sexiste, feraient-elles le même choix ?

 

Gilles nous décrit ensuite les balbutiements français de la GPA, dans un cadre juridique qui est celui de l’interdiction, en effet, la cour de cassation en 1991 interdit toute pratique sur notre territoire. En juin 2008, paraît le rapport de la Sénatrice socialiste Michèle Andrée. Présidente du groupe de travail du sénat, elle avance les premiers arguments de la dépénalisation en proposant de strictes  mesures d’encadrement.

Puis, le 12 mai 2009, l’article de Sylviane Agacinski dans le Figaro déclenche une violente polémique qui n’aura échappée à personne.

En juin 2009, se tient le forum de  Rennes, dont Gilles nous dit que « les conclusions sont très décevantes. » «D’abord,  si les citoyens sélectionnés pour s’y exprimer se sont déclarés unanimement favorables à l’ouverture de l’adoption aux couples homosexuels, ce qui est une bonne nouvelle, ils se sont opposés non moins unanimement à l’ouverture de l’assistance médicale à la procréation aux couples homosexuels ou aux célibataires, ce qui témoigne d’une méconnaissance des dispositifs belges ou espagnols. Ensuite, séduits par les arguments portant sur l’instrumentalisation du corps de la femme, ils se sont déclarés unanimement opposés à la dépénalisation de la gestation pour autrui. Jamais aucune gestatrice n’aura été auditionnée pendant ces débats.

 

Gilles ne capitule par pour autant : « Un progrès ne doit pas être disqualifié parce qu’il a donné lieu à des dérives là où on ne l’a pas organisé, là où on ne l’a pas encadré.».

J’avoue ne pas bien saisir l’argument qui consiste à dire que le ventre d’une femme pour porter un enfant, est un progrès ? Même en tenant compte de la dissociation entre gestation et projet de parentalité, le ventre d’une femme reste nécessaire, ce n’est donc pas d’une machine, ni d’une technique dont il s’agit. La grossesse bouleverse l’organisme et le psychisme des femmes, il me parait bien présomptueux d’affirmer que la grossesse et tout ce qu’elle va générer est parfaitement programmable et maîtrisable.

Pour que la GPA fonctionne, Gilles nous explique que chacun doit avoir sa place dans l’histoire de la famille.

« C’est pourquoi il est raisonnable de s’assurer qu’elle est déjà mère elle-même d’au moins un enfant en vie et en bonne santé, sans avoir rencontré de difficulté particulière lors de sa grossesse. Le groupe de travail du Sénat a proposé que cette femme ne puisse pas mener plus de deux gestations pour autrui. Cela rassurera ceux pour qui la gestation pour autrui pourrait devenir une activité professionnelle.

Bien sur ces précautions sont nécessaires, pourtant, on perçoit bien ici le besoin de contrôle et de maîtrise de la vie, du psychisme et du corps des femmes candidates. Un progrès, vraiment ? Imagine t’on un seul instant, contrôler ainsi la vie et la liberté du psychisme ou du corps d’un homme ?

 

On peut tourner la question dans tous les sens, le cœur du problème est bien celui de la motivation de la gestatrice.   

« Comme les autres actes de la vie familiale, la décision de porter un enfant sans en être parent n’est pas légère. Elle est  synonyme d’accomplissement, de générosité, de narcissisme, comme toute décision portant sur un projet familial «.

Avec tout le respect et même l’amitié que j’éprouve pour Gilles et son engagement, je ne peux m’empêcher de trouver ces motifs bien contestables. 

« Accomplissement » : le fait de pouvoir reproduire l’espèce n’est qu’une faculté biologique qui fut d’ailleurs en grande partie à l’origine de l’oppression des femmes, nos sociétés ayant un besoin vital de s’approprier leurs vies, leurs corps et donc de les dominer pour mieux les contrôler. L’accomplissement par la maternité a longtemps été le seul credo laissé aux femmes, en lisant Gilles, j’ai tout de même un peu l’impression qu’il subtilise un accomplissement  dans la maternité à un accomplissement par la reproduction de l’espèce.

« Générosité » : c’est bien connu, s’effacer pour le bonheur des siens est l’une des qualités féminines essentielles !

« Narcissisme » : je ne comprends pas bien cette motivation, pourquoi une gestatrice souhaiterait-elle mettre au monde un enfant qui lui ressemble pour mieux s’en séparer ? Si tant est qu’il est approprié de parler de narcissisme, ne devrait-on pas plutôt se demander quel narcissisme poussent certaines personnes à recourir à la GPA plutôt que d’adopter par exemple ? 

Tous ces motifs sont si comment dire… si prétendument féminins… si conformes aux rôles et comportements attendus des femmes … si éloignés des problématiques de remise en question des genres. Curieux arguments tout de même pour un militant aguerri à l’analyse des genres et leur remise en cause,  pour un militant socialiste et donc pro féministe.

 

En conclusion Gilles écrit «Les familles ne sont pas faites de chair, mais de liens d’amour, de solidarité, de responsabilité. Le projet familial n’a pas à s’enfermer dans des considérations biologiques. Il ne doit être fondé que sur la responsabilité des parents à l’égard des enfants. Ce modèle prévaut dans notre société depuis que la reproduction humaine est maîtrisée. C’est un  progrès de civilisation ».

Ces arguments sont séduisants, mais font aussi fi d’une réalité sociale incontournable, notre société n’a toujours pas achevé ne serait-ce que la moitié du parcours vers  l’égalité hommes – femmes.  Si l’égalité n’était pas qu’une vue de l’esprit, j’aurais nécessairement moins de méfiance ; aussi ais-je envie de dire à Gilles, bats-toi un peu plus fort pour une société débarrassée de toute domination masculine,  tout aussi fort que tu te bats pour une société économiquement plus juste ici et ailleurs ; ce préalable est nécessaire à l’adoption d’une GPA garantie juste et libre.

 

En conclusion, le contexte ne me paraît pas être encore prêt pour la GPA ; d’un autre côté,  nous ne pouvons ignorer les trafics existants et la demande qui les soutient.

Il ne m’appartient pas de savoir si les projets de parentalité qui utilisent la GPA sont légitimes ou pas, ils existent. 

En revanche je n’ignore pas que pour mener à bien leur projet, des gays comme hétérosexuels se tournent vers le tiers monde, l’Inde, la Russie et d’autres pays, parfois aussi vers les USA ou d’autres pays occidentaux, mais c’est plus cher.

Il faut être motivé, le parcours est hasardeux ; il faut aussi être riche, pouvoir se payer les voyages, les intermédiaires, les frais médicaux, le salaire de la gestatrice…

L’enfant marchandise, produit dans le tiers monde pour une famille française, voilà bien comment rééquilibrer sainement les déséquilibres nord-sud !  

 

Il n’y a pas tant que ça de moyens de limiter ces pratiques d’un autre âge qui favorisent les plus fortunés et exploitent dans trop de cas des femmes qui n’ont pas d’autres moyens de survivre.  Adopter une législation rigoureuse pourrait même être la seule solution pour éviter le pire, limiter les abus et les trafics.

Les mesures préconisées par Gilles dans son livre, méritent toute notre attention, elles sont assez convaincantes :

 « Bien sûr, sans encadrement, l’argent pourrait être une motivation. Il l’est là où aucune loi n’organise les gestations pour autrui. En Inde et en Ukraine, essentiellement. Et cela conduit à une exploitation inacceptable du corps des femmes. Cela plaide donc pour l’adoption d’une loi, qui donnera un cadre et qui écartera les risques de marchandisation du corps. Et j’ajouterai de discrimination sociale entre les demandeurs de GPA. »

 « Le groupe de travail du Sénat recommande le versement aux gestatrices d’un « dédommagement raisonnable »…«  Les frais pourraient être pris en charge par la sécurité sociale ».  Au total,  Gilles évalue l’enveloppe à 1 000 euros par mois de grossesse.

« Une contribution pourrait être demandée au parents selon un barème prenant en compte leurs ressources. » « Une femme ne pourrait pas mener plus de deux gestations pour autrui… ».

 

J’en conviens, ne pas être convaincue par la GPA et conclure qu’il est nécessaire de la réglementer est paradoxal.  J’abouti à cette position vacillante contrainte par un principe de réalité. Je préfèrerais de beaucoup que soient explorées toutes les possibilités d’adopter tous ces enfants  livrés à eux-mêmes,  un peu partout dans le monde. Convaincre les gouvernements qu’il est nécessaire de faciliter les modalités de l’adoption internationale et de conclure  des accords,   me semble être la voie à privilégier.

 Christine Le Doaré



7 commentaires

les commentaires étaient bloqués et le débat a commencé sur facebook, c’est dommage de vous en priver…
j’ai recopié le fil de discussion de ma page facebook, j’ai enlevé les photos et le nom de famille, ne sachant pas si les personnes qui communiquent avec moi sur facebook souhaitaient le faire ici :
et voici ce que ça donne, bonne lecture, Christine :

Vincent Loiseau, Faby Perier, Jean-Michel Clément et 12 autres personnes aiment ça.

Nathalie
Je me permettrais de dire : merci pour cette contribution, Christine !

mar, à 11:28 •

Anne
Je vais me permettre aussi (décidément), de reprendre les quelques mots de votre article qui pour moi résument toute la problématique de la GPA :
“Dans une société moins sexiste, feraient-elles le même choix ? ”

mar, à 12:56 •

Claire
Tout à fait d’accord sauf sur la conclusion : l’adoption, m… Afficher davantageême réformée , ne permettra jamais de satisfaire le désir d’enfants de toutes les personnes désirant être parents.
Il importe que le tiers social incite aussi chacun-e à apprendre à envisager le renoncement et à considérer que d’autres modes d’épanouissement personnel et familial sont possibles (on peut être de formidable parrains/marraines, et même s’épanouir sans enfant du tout !).
Cela va de pair avec un changement de regard social sur les couples et célibataires sans enfant, et en particulier les femmes (comme toujours).

mar, à 13:13 •

Hélène
1500% d’accord avec Claire de plus si la filiation n’est pas biologique mais culturel pourquoi cet acharnement à avoir SON enfant avec SES g… Afficher davantageènes, SES chromosomes hein que tout ça reste bien entre soi…sans parler bien sûr de l’extension du domaine de la disponibilité du corps des femmes après la location des vagins, celle des utérus…moi mon expérience de mère c’est d’abord que même à 30 ans en parfaite santé une grossesse peut être catastrophique pathologique dangereuse (avec plus d’un an de récupération) que c’est absolument non prédictible une prochaine peut parfaitement bien se passer ON NE SAIT PAS (sauf que chaque grossesse est unique) que c’est un chamboulement total une révolution radicale de la nouveauté en barre des abysses d’angoisse et de joies de l’inouïe de son être (enfin quand on n’est pas en dissociation corps-esprit comme c’est à la mode et bien pratique) qu’on regarde l’inconnu et l’altérité dans le fond des yeux, que toute votre enfance votre inconscient votre relation primo infantile à la mère se réactive et vous fixe telle la méduse…que lorsque l’enfant paraît une fusion se brise un vide sidéral s’abat sur vous un manque indicible…je ne peux imaginer de sortir d’une maternité sans bébé, c’est juste fou… qu’on ne peut PAS PRÉVOIR NI SAVOIR que sait-on de SON désir ??? ah pardon j’ai oublié que nous sommes des machines (nions nions le sujet c’est l’époque…) et que même lorsque l’enfant est là on se prend dans la gueule que c’est un ETRANGER à ADOPTER intégralement et que c’est ce qui donne son sel à l’aventure (une parmi d’autres comme dit Claire depuis quand la reproduction de l’espèce est-elle le pinacle de la vie humaine ? n’y a t-il rien d’autre à laisser en ce monde repu et fatigué où tant d’oeuvres sont à produire, tant de luttes à mener, tant d’injustices à réparer ??) “vos enfants ne sont pas vos enfants…” mais que sont les paroles du sage Gibran à l’heure de l’arraisonnement du corps d’autrui pour la satisfaction IMMÉDIATE des désirs des puissants ??? depuis quand l’enfant est un “droit”, une commande, l’OBJET d’une transaction ?? autant je me bats depuis toujours contre les discriminations dégueulasses et scandaleuses entre couples homos et hétéros quant à la vie de couple de famille l’accès à l’adoption etc, mais attention à ne pas s’engager dans la manipulation des organes d’autrui sans de PROFONDES interrogations éthiques politiques MORALES (ah le gros mot !!!) philosophiques médicales etc
mar, à 13:46 •

Christine Le Doaré
oui…sachez-le, la pratique existe, elle se développe, des groupes se multiplient… des positions sont prises, argumentées : le livre de Gilles pour Homosexualité et socialisme et d’autres… il faut échanger sur ce sujet… dialoguer, s’exprimer, trouver des réponses aussi c’est ce que j’ai essayé de faire… réagissez sur le blog, c’est important : http://blogs.tetu.com/nos_combats_lgbt/2010/04/20/je-veux-un-bebe-dis-tu-me-pretes-ton-ventre/
mar, à 13:59 •

Noëlle
Bonjour je suis moi-même interrogée par la GPA en temps que mère mais plus que tout dans mon métier de psychogénéalogiste , je comprends votre hésitation !
Je vais vous proposer, avant de recopier un extrait de mail que j’écrivais il y a 4 ans environ à Laure Camborieux fondatrice de l’asso. MAYA (GPA) , vous proposer aussi d’interroger la Dr Pauline Tiberghien Segard (cf FB) oeuvrant “pour permettre aux enfants nés de FIV de connaître leurs origines”.
Voici mon extrait:
“Pour moi l’évidence ne se voit pas, oui certes on ne voit bien qu’avec le coeur,mais comme toujours, il y a plusieurs focus dans la vision, est-elle dissociée, globale , segmentée ?
… Afficher davantage
lorsque je dois être vigilante dans l’étude transgénérationnelle de toute personne,
naturellement intriquée comme tout le monde dans les identifications et projections des proches, puis celles de sa propre généalogie, sur 3, 4, 5 générations,
ayant à dénouer les fils de ce passé pour se libérer émotionnellement et factuellement de “poids”, deuils non faits,loyautés transgénérationnelles encombrant sa vie,
pour enfin se trouver et se ressentir à “sa place”, parfois pouvoir redevenir fertile (ce qui est arrivé à deux de mes clientes), ou plus centrée, affectivement, professionnellement,
il y a une telle richesse mais hélas parfois une telle profusion de situations complexes porteuses de chocs émotionnels non résolus et susceptibles de limiter ou bloquer le destin d’une personne,,
que,
je me sens expectative en connaissance de ces stigmatisations du passé dans le présent, et pour inventer un nouveau futur,
en réfléchissant aux difficultés qu’auront à affronter et surmonter les enfants de notre époque,
.. on en voit déjà les effets lorsqu’il y a plusieurs familles recomposées lors des divorces des parents, ou dans la question des enfants nés par dons de sperme,

Oui, si les ados/adultes nés de GPA n’ont pas le don, rare, de transcendance, qu’auront-ils à porter, à affronter, à dépasser ? De quel sur-moi devront-ils être dotés pour savourer leur vie à un moment T ?
je me suis reposée cette question en suivant avec attention le débat sur la 5 l’autre soir, en imaginant un enfant dont ‘lhéritage ” psychique transgénérationnel Inéluctable, est extrêmement délicat à décrypter :

… – celui d’une mère porteuse, “mère” couveuse” dont on sait que le psychisme, les goûts, l’émotionnel, sont des marqueurs pour l’avenir du foetus,
….- celui d’une mère porteuse parfois aussi mère biologique, et son impact au niveau cellulaire mais aussi transgénérationnel qui conditionne l’enfant en devenir,
… – et celui également parfois d’un donneur de gamètes, avec l’impact biologique mais aussi transgénérationnel
….- poids de l.identité partonymique de cette mère porteuse et/ou de ce père donneur, (l’ identité que l’on connait maintenant et malheureusement non encore suffisamment entendue, par des travaux de l’anthropologue renommé Gilles Boetsch, pour être un marqueur génétique)
… – puis “héritage” des parents receveurs/demandeurs, parfois biologiques, soit l’un soit l’autre,
… – avec leur capital biologique repérable, et aussi
… – avec leur capital transgénérationnel, invisible mais pourtant opérationnel,
….- et l’impact de l’identité patronymique de l’enfant, marqueur génétique comme dit précédemment,
… (avec, désormais, de surcroît cette nouvelle disposiition du législateur de faire que les parents ont le choix de donner à l’enfant le patronyme du père ou celui de la mère !! ! bonjour les identifications, problèmes de préférences, de différenciations au niveau des groupes, du féminin, du masculin, ect…) ,
…. – l’impact des projections du parent stérile, (l’enfant peut devenir porteur des culpabilités de ses parents et les symboliser à son tour dans son parcours de vie de différentes manières)
…. – l’impact de toutes ces projections non pas idéologiques, mais bien psychologiques faites par l’entourage proche familial, transgénérationnel et moins proche (relationnel) de ce bébé qui aura à s’identifier, se situer et se constuire dans des représentations ontologiques très pertubées,
….- pour peu que le couple demandeur ne soit pas apte à assumer.. se sépare, constitue deux autres familles recomposées….

Cette réflexion est une réflexion, et n’a d’objet que de me permettre de clarifier mes réflexions, vous en faire part, sans tricher, sans juger.
AMitiés, Noëlle Le Dréau
mar, à 14:45 •

Sandrine
Claire et Hélène, d’accord aussi avec vous.Merci Christine, ton article me fait penser à une discussion que j’ai eue sur le sujet. Aujourd’hui, les partisans disent que ce n’est pas un travail, qu’il n’est pas question que l’argent vienne s’insérer dans le processus. Malheureusement, on sait que les plus faibles, (pauvres, femmes en particulier), sont souvent amenées à vendre, louer leur corps… Et en te lisant, je me dis un jour, si on autorise la GPA, ça pourrait devenir un business juteux pour certains trafics, et certains viendront alors revendiquer que ce soit un “travail”..on dira alors que c’est pour les défendre qu’il faut dépénaliser la “location” d’utérus….ça ne vous rappelle pas quelque chose ?
mar, à 14:46 •

Linda
Merci pour cet article.
la GPA soulèvent 2 questions fondamentales : la marchandisation du corps d’autrui (qui n’est pas sans risque) et le desir d’enfants. La 1ere est explicite, la 2eme fait référence à (à mon sens) un certain égoisme qui est un bébé à tout prix : je ne pense pas qu’on puisse dire qu’on à le droit d’avoir des enfants (ce qu’on peut comprendre) : les droits des individus sur les autres n’existent pas, pour moi il n’existe que les droits des enfants.
aujourd’hui nous vivons dans une société ou la fonction de parent est avant tout sociale et non plus biologique (cf les familles recomposées).
c’est cela que nous devons défendre en modifiant les regles relatives à l’adoption (meme si ce sera assez difficile).
… Afficher davantage
Osez le féminisme! a pris position sur le sujet : vous retrouverez notre contribution sur notre site.
http://osezlefeminisme.fr/article/gestation-a-tout-prix

a bientot !
mar, à 15:02 •

Noëlle
ça me fait du bien de vous lire, … parfois je me sens peut-être trop restrictive , à force d’”avoir étudié les systémies familiales, un rien ringarde de ne pas épouser à tout prix le modernisme à tout prix ?… (ça, en plus, c’est commun aux femmes 3 X vingtenaires..) . Mais là, vous lire enfin me rassure, merci. ça va. :-)
mar, à 19:23 •

Noëlle
FRANCE INTER merc 21 avril , le 5H à 6H
A LIRE Martine Segalen – A QUI APPARTIENNENT LES ENFANTS
“À qui un enfant appartient-il ? Cette interrogation fut longtemps sans fondement, tant que l’on considérait simplement l’enfant comme le fruit de l’union d’un père et d’une mère au sein d’un mariage. Mais depuis un siècle et demi, et plus encore depuis les cinquante dernières années, la question devient légitime, car les rapports de l’enfant avec la famille et la société ont été bouleversés : emprise croissante de l’État, progrès médicaux, chamboulements familiaux Il est devenu l’objet de désirs puissants et d’anxiétés nouvelles.

Nos enfants ont bien changé, tout comme notre regard sur eux et leur identité…. Afficher davantage

C’est l’histoire de cette révolution, au coeur de l’intimité familiale, qu’analyse Martine Segalen. Dans une perspective historique, son enquête traverse les multiples chemins de l’enfance. Elle bouscule les idées reçues, ouvre une réflexion pertinente sur le devenir des enfants et nous éclaire sur l’avenir de notre société.
livre

Martine Segalen
A qui appartiennent les enfants ?

La sociologue interroge les mutations sociales en Occident depuis les années 1970 et établit un bilan du champ de réflexion ouvert par le droit au divorce, la procréation médicalement assistée, la parenté sociale, etc.
éditeur : Tallandier
parution : 04/02/2010
prix : 15 Euros
Hier, à 06:13 •

Martine
Je mène actuellement une enquête sur la paternité gay. Je voudrais juste souligner un paradoxe. Les pères gays qui ont recours à une GPA sont bien souvent en relation avec la femme qui a porté leur enfant. C’est une personne envers laquelle ils éprouvent une immense reconnaissance. Pour certains, c’est la mère de leur enfant, pour d’autres elle est “seulement” celle qui a contribué à donner la vie et qui a porté leur enfant. Loin de n’être qu’un ventre, c’est une personne qui a une place dans l’imaginaire familial. Difficile d’ailleurs d’éviter d’évoquer son existence ne serait-ce qu’aux anniversaires de l’enfant.
Le paradoxe réside dans la comparaison entre l’adoption et le recours à la GPA. Quelques pères qui ont choisi d’adopter expliquent qu’ils ont exclu de recourir à la GPA parce qu’ils ne voulaient pas faire un enfant qui n’aurait pas de mère. Ils sont plus à l’aise avec le sentiment qu’ils offrent une famille à un enfant qui en est démunie. Je connais bien personnellement cet argument puisque je suis mère adoptive et que c’est un discours que j’ai moi-même tenu. Mais dans les faits, les enfants adoptés ne rencontrent pratiquement jamais leurs parents de naissance. Ce n’est pas le cas pour les enfants nés d’une GPA.
je ne sais pas si c’est important ou non que les enfants aient des liens avec ceux et celles qui ont contribué à leur donner la vie.Mais le choix de l’adoption permet peut-être de se donner une certaine bonne conscience alors que le résultat “élever un enfant sans mère” ou “élever un enfant sans père” est finalement le même. Mais dans la GPA, la relation à la femme porteuse peut exister.
Je tenais à souligner que le recours par des pères gays à une GPA ne peut être assimilé au recours à une technique. La plupart du temps, iIl y a une véritable relation humaine qui se noue.
Bien sûr, le risque de marchandisation existe; Bien sûr le risque d’exploitation des femmes du sud par les couples hétéro et les gays du nord, existe. Mais de même que les conventions internationales encadrent l’adoption pour éviter les trafics d’enfants, de même que des lois existent pour encadrer le don d’organe et éviter que des gens vendent leurs organes pour survivre économiquement, il faut un encadrement légal de la GPA en France qui permette d’éviter les dérives tout en protégeant tant l’intérêt des gestatrices que celui de l’enfant à naître et que celui des parents intentionnels…. Afficher davantage
La prohibition ne fait que promouvoir la clandestinité.
Hier, à 11:10 •

Faby
Je vous invite à venir écouter “Lisa, tu étais si petite” sur mon player… Une enfant comme les autres mais tellement différente dans le regard des autres… l’homoparentalité n’est pas une maladie.
Hier, à 11:20 •

Christine Le Doaré
@ Faby, je ne vois pas le rapport et je n’ai pas l’impression que qui que ce soit ait pr… Afficher davantageétendu que l’homoparentalité était une maladie ??? !!!
@Martine : oui, je ne sais pas si tu as lu tout mon texte mais je parviens aux mêmes conclusions quant à la prohibition… et puis personne ne doute que Des gays soient corrects, gardent des liens avec la gestatrice dans certains cas… toutefois je doute que ceux qui utilisent le service de femmes du tiers monde et russes… conservent des liens. Je n’ai pas l’impression non plus que tu répondes aux problématiques abordées dans mon texte en matière d’inégalité hommes-femmes et de tout ce qu’elle génère… tu ne te positionnes que du point de vue des hommes, gays ou pas… la GPA les concerne surtout… Tu ne réponds pas non plus aux questionnements des autres contributeurs ici, et en particulier au droit à tout prix à l’enfant “biologique”… je crois que ce débat difficile ne pourra pas avoir lieu en gommant ou minimisant le fait incontournable que les gestatrices sont des femmes et que la domination masculine n’est pas une vue de l’esprit… La GPA et le risque d’instrumentalisation du corps des femmes, c’est indissociable…
Hier, à 21:12 •

Laurent
Personnellement je suis en total désaccord avec cet article.
Je constate que la plupart des commentaires ont été laissés par des femmes.
Pour vous, les femmes, il est très facile d’avoir des enfants, que ce soit avec donneur connu ou inconnu, mais vous ne vous mettez pas dans la peau de couples d’hommes ayant un désir d’enfants.
En effet, il n’existe aucun pays au monde permettant à un couple d’hommes d’adopter. Mon compagnon et moi avons lancé une procédure d’adoption en Belgique et à la fin de la procédure, on nous a annoncé que nous avions fait ça pour rien.
Les pays où la GPA est légale permet à certaines femmes ou couples de s’offrir des choses inabordable pour eux dans la vie de tous les jours (maison, appartement) ou de payer des études supérieures à leurs enfants. Leur décision est mûrement réfléchie et ils ne le feraient pas s’ils n’en avaient pas besoin. Par exemple, en Ukraine, la MP touche l’équivalent de 3 ans de salaire…. Afficher davantage
Les risques liés à une grossesse par GPA sont les mêmes que pour une grossesse normale. Pensez-vous qu’un couple désirant un enfant ne soit pas conscient des risques et sachant qu’une mère porteuse doit déjà avoir eu des enfants, elle n’est pas consciente de ce qu’elle fait?
Enfin, chacun pense ce qu’il veut…
Hier, à 21:33 •

Faby P
Je ne comprends pas bien… ton message Christine… la chanson parle d’homoparentalit… Afficher davantageé parce que c’est l’histoire de tant de femmes sans avoir attendu les débats ou lois en tout genre… donc je ne comprends pas pourquoi tu me parles des gays ou d’une maladie… ce petit mot n’était pas personnel, c’est ce que pense beaucoup de gens encore et qui plus est pour ces femmes qui deviennent mères qui pourraient “transmettre” à nouveau soit disant “l homosexualité” ou être inapte à être des mères alors que cela fait des décennies que ces femmes lesbiennes sont mères …
Hier, à 22:02 •

Christine Le Doaré
@Faby, ton post était incompréhensible, tu parles d’une chanson, ok, je l’écouterai… mais désolée, le rapport avec cet article ne saute pas aux yeux … ??? pas grave…
Hier, à 22:08 •

Martine
Christine, oui la domination masculine n’est pas une vue de l’esprit, mais je ne sais pas si prohiber la gpa contribue à lutter contre cette domination. Je pense que le risque de domination n’est pas particulièrement masculine dans le contexte GPA. ce risque peut même être parfois plus présent de la part des couples hétérosexuels dans la mesure où la gestatrice pourrait être écartée par la mère intentionnelle. La domination ici est plutôt celles des occidentaux sur les pays en voie de développement. Je ne crois pas qu’interdire aux femmes qui décident de porter un enfant pour autrui aille dans le sens de l’égalité H/F. C’est même le contraire. Pourquoi hypothéquer la liberté de ces femmes au nom de la protection de leur dignité ou au nom de la lutte contre la domination? Pourquoi saurions-nous mieux qu’elles mêmes ce qui est mieux pour elles? N’est-ce pas là une attitude paternaliste?
Aux USA, les femmes qui portent un enfant pour autrui sont fières de ce qu’elles font et qu’elles estiment être un don. Bien souvent, elles sont de classes moyennes, en tout cas, elles ne vivent pas dans la misère. En Inde, en Ukraine, en Russie, la situation n’est pas la même. Je ne vois rien d’immoral à ce que leur geste puisse être compensé et leur apporter de quoi aider leur famille, élever leurs enfants, etc.
il est probable que dans ces pays, les liens soient rarement maintenus. Je voulais juste souligner que les liens sont maintenus dans bien des cas, mais bien évidemment pas dans tous les cas.
Si on veut éviter de recourir aux femmes du tiers monde pour porter les enfants de l’occident, il faut que la pratique soit encadrée en France (je sais que tu es d’accord là-dessus)

L’autre question que tu me signales est celle de l’enfant “biologique” à tout prix. Dans l’enquête que je mène actuellement auprès des pères gays, je n’ai pas rencontré cette quête de l’enfant biologique à tout prix. Plusieurs hommes rencontrés ont envisagé l’adoption mais ont renoncé devant les difficultés pour obtenir l’agrément puis devant les réalités: très peu d’enfants sont confiés aux célibataires et encore moins aux hommes. Les couples d’hommes ont recours à la GPA, pour être pères à temps plein. Les liens affectifs et sociaux sont valorisés au moins autant que les liens biologiques, notamment dans les situations où le projet parental était celui du couple et où les enfants ont deux pères: un biologique et un social.
Un dernier point, c’est à cause de nos représentations sociales qui accordent beaucoup d’importance au lien biologique, qu’une femme qui accouche est automatiquement considérée comme une mère. Notre réticence à accepter la GPA ne vient-elle pas de notre difficulté à accepter qu’une femme, comme un homme, devrait avoir la liberté de déclarer ou non qu’elle prend l’enfant qui vient de naître pour sien. Un homme peut reconnaître ou non sa paternité. Pourquoi une femme ne le pourrait-elle pas? Sauf à accoucher sous X mais auquel cas, elle est réputée ne pas avoir accouché….
l’institution de la filiation par la parole du côté des hommes, par la “nature” du côté des femmes… C’est par là que le bât blesse
Hier, à 23:29 •

Fabrice
Bonjour,
J’ai un peu galéré pour parvenir à vous joindre ici mais je voulais vous dire qu’en tant qu’homme, homosexuel et en cours de GPA, j’ai été profondément choqué par les propos tenus, non pas tant pour le contenu auquel je suis maintenant habitué (Sylviane Agacinski a une large audience) que par le fait qu’il émane de quelqu’un qui indubitablement lutte contre les discriminations et représente des homosexuels.
C’est très facile quand on peut avoir recours à un passant, à un ami ou à un donneur de juger les autres qui “exploitent” les femmes du Sud. Car si nous pouvions adopter nous le ferions mais nous n’en avons pas la possibilité. Alors la seule possibilité – et c’est le droit qui sur ce point est d’une connerie exemplaire – nous faisons des enfants avec nos gènes, tout simplement pour qu’ils puissent venir vivre en France avec nous… C’est tout. Vous savez, dans mon cas, le biologique je m’en fous, je n’ai aps cherché à savoir les caractéristiques de la donneuse d’ovocytes ni même de la mère porteuse et mon enfant sera métis parce que je voulais adopter… sa part indienne.
Pourquoi parlez-vous d’exploitation? Pensez-vous vraiment que nous soyons des négriers? Dans mon cas, la somme qui reviendra effectivement à F. (que je ne peux appeler la mère de mon enfant mais qui est très importante dans ma vie; elle est au 2e rang dans mon panthéon féminin parce qu’elle va donner la vie à mon enfant, après ma mère qui m’a donné cette vie que je transmets et avant A. qui est ma soeur d’élection future marraine de cet enfant ou du Dr photographiée avec moi(4e) pour les raisons que vous imaginez bien), cette somme donc représente 4 années de salaires pour la dédommager des neuf mois de cette gestation qu’elle a accomplie pour moi (je ne sais pas quel est votre salaire mais transformé en euros par rapport à mon salaire cela ferait un peu plus de 100 000 euros).
Elle lui servira à doter ses filles pour les marier. On peut regretter que le régime dotal existe (surtout tel qu’il se pratique en Inde) et on voudrait que vous le combattiez avec virulence en tant que féministe mais enfin, il est là, bien ancré et c’est un déshonneur pour une mère que de ne pas pouvoir doter ses filles. F. a-t-elle tort de vouloir le faire? Je ne vous permets pas de la juger…. Afficher davantage
Pensez-vous vraiment que les autorités indiennes laisseraient faire si elles estimaient que leur population est exploitée? Patit rappel, l’Inde a une femme comme président et que je sache Mme Sonia Gandhi fait la pluie et le beau temps au Congrès (Quid de la France).
Pensez-vous vraiment que des femmes le feraient si, en plus elles se sentaient exploitées? Qu’elles donneraient des prénoms pour l’enfant à naître et accepteraient de raconter leur vie comme l’a accepté F. avec moi? Je regrette de ne pas pouvoir aller plus loin dans le propos pour ne pas étaler ma vie privée mais j’aimerais pouvoir vous expliquer un certain nombtre de choses que vous ne semblez pas bien saisir… Sans doute aussi parce que vous êtes femme ce qui, je vosu l’accorde, change complètement le point de vue.
Par ailleurs avant de crier au loup, vous devriez vous informer, lire d’autres points de vue et notamment R. Ogien ou P. Descamps ou même le très récent ouvrage de B. Pulman, Mille et une façons de faire des enfants.
Enfin, n’oubliez pas non plus que le droit à l’avortement que vous avez conquis (et que je défends) a retiré de la puissance aux hommes, la possibilité de réaliser leur désir de paternité et eux ils restent solidaires, ils financent les avortements, les AMP au titre e la solidarité. Ne les flinguez donc pas quand ils donnent la vie.
Sans rancune.
Fabrice.
Il y a 5 heures •

Christine Le Doaré
@ Fabrice : franchement pas de quoi être choqu… Afficher davantageé ! vous êtes tellement aveuglé par la certitude d’être dans votre bon droit que vous ne réalisez même pas que je conclue à une réglementation en France pour éviter de déporter le problème sur le tiers-monde !!! bref, vous ne comprenez même pas qui sont vos aliés !!! en revanche, le sexisme et la condition des femmes vous passe complètement au dessus de la tête…tout ce que vous dites sur les femmes est un tissu de contradictions !!!Comme d’habitude, les seules contributions intéressantes sont, sur ces sujets où il ne faut surtout pas douter du bien fondé des prérogatives masculines, celles des femmes ! Merci Martine, je lis avec intérêt même si je ne suis pas entièrement d’accord sur tout… Et oui, imaginez-vous, on peut lutter pour les droits LGBT et être féministe et douter de la GPA, malgré tout envisager une réglementation tout en se posant tout un tas de questions parfaitement légitimes…le droit de penser, d’analyser, de nuancer et de proposer des solutions, d’émettre des doutes, c’est sain ! vive la liberté de penser, le terrorisme du type je suis fort, je veux, je peux, je paye, merci bien, on connait !
Il y a 3 heures •

Christine Le Doaré
voici une sympathique petite contribution machiste à souhait comme savent l’être certains gays et après ça, on nous dira que non, il n’y a pas de problèmes et que les gays et les lesbiennes sont tt à fait sur la même longueur d’ondes ! oui quand on ne touche pas aux prérogatives masculines et quand on ne questionne pas l’inégalité hommes-femmes de nos sociétés. En plus ils ne supportent tellement pas qu’ils sont incapables de comprendre où sont leurs alliés et qui demande quoi… à mourir de rire si ce n’était pas aussi lamentable !

Patrick Fleury22 avril 2010, à 13:33
Objet : à la suite de vos écrits…
Madame, … Afficher davantage… Afficher davantage
En tant qu’homme, gay, je suis consterné par les propos amers que vous tenez et qui sont indignes de votre fonction de Présidente du Centre LGBT de Paris..Même en tant que femme française , vous avez le droit de vous exprimer dans un monde “macho”…mais je pense que vous vous êtes trompée d’orientation et auriez du plutôt choisi le MLF, quelque peu suranné.
Vos écrits semblent dater d’une autre époque ou d’un autre continent ou culture : nous ne sommes pas dans certains pays du moyen-orient il me semble avec le port obligatoire d’un voile intégral pour les femmes…
Je vous rappelle que dans notre pays, toute femme peut avorter même sans l’autorisation de son conjoint procréateur et a également la possibilité de savoir si elle est enceinte ou non…
Je vous signale également que des femmes peuvent également utiliser la procréation par insémination, nous pas ! Alors je vous demande qui sont le plus lésés dans cette volonté d’avoir des enfants? Votre cible sont les gays et cela déshonore la fonction que vous occupez.
Je vous rappelle que les USA ne sont pas un pays sous-développé, et que des femmes issues d’études supérieures sont heureuses de “faire de la location d’utérus” pour autrui et aider des personnes hétéro ou gay à réaliser leurs projets : sont elles stupides ? sans éducation ? Non, simplement elles pensent aux autres, ce qui ne semble pas être votre cas…
Avez vous eu des enfants pour prétendre que les femmes enceintes sont de pauvres “hères”? Certes la grossesse entraine des modifications physiologiques, mais vos propos mériteraient d’être confrontés à la réalité médicale physiologique pour prouver vos manques de connaissance en la matière! Quant au coté psychologique “défaillant” de la pauvre femme enceinte puis mère, je note une certaine méconnaissance de l’esprit féminin et pourtant vous semblez être une femme! La seule explication me parait être rancoeur, haine, jalousie, sexisme exacerbé et j’en oublie certainement.
Vos propos contre les hommes, en général et les gays en particulier sont le résultat d’une amertume profonde, voire d’une haine : une analyse profonde vous permettrait aisément de parvenir à une meilleure compréhension du monde qui vous entoure et peut être, malgré les années passées, à un minimum de bonheur..
Par ce courrier, dont j’envoie copie à différents membres de l’APGL, je vous demande de démissionner de votre poste car de tels propos ne peuvent servir qu’à détruire nos concepts humanistes et progressistes. Avec une “amie” comme vous, nous n’avons plus besoin d’ennemi(e), seriez vous une coreligionnaire de Mme Agazinsky ou de Mme Boutin?
Sachez que même si vos propos sont abscons, je vous respecte mais je vous plains sincèrement.
P Rannou
Il y a 47 minutes •

Fabrice
J’admets volontiers que je ne comprends rien aux femmes, c’est pour moi terra incognita ou un continent vierge si vous pr… Afficher davantageéférez…Par contre admettez que ceux qui ont recours à la GPA ont aussi un peu réfléchi à cette question et qu’en termes d’éthique on a pu lire (eh oui… et autre chose que Kant ou saint Augustin … et même aussi avoir une culture sur la civilisation du pays où on procède à une GPA). Tout à fait d’accord sur mon côté macho, mais plaignez vous à ma mère…
Si vous concluez pour l’intérêt d’une règlementation en France je ne peux qu’être d’accord avec vous mais cela ne résoudra pas le problème si on pratique une réglementation selon le texte de la proposition de loi déposée au Sénat… En effet, vous ne trouverez jamais une femme française pour accepter de porter gratuitement un enfant. Alors cessons les utopies et réglons des problèmes plus importants, ceux de la citoyenneté française de ces enfants qui sont nés malgré une loi débile et qui se voient refuser des papiers par un Etat qui pense qu’il est encore au temps de la monarchie absolue. La preuve, mon
certificat de nationalité française porte que je n’ai pas rompu mon ALLEGEANCE à la France.
Bonne journée à vous
Il y a 15 minutes •

Christine Le Doaré
@ Fabrice, à plus d’un titre je trouve votre nouveau post plus intéressant, au moins vous êtes honnête et franc. Oui, il faut régler la situation de ces enfants. Et pour l’avenir, si aucune femme F ne veut porter d’enfant gratuitement et bien il faudra se demander pourquoi… ceci dit, des défenseurs de la GPA expliquent le contraire… bref, le débat n’est pas simple, contrairement à ce que certains voudraient nous faire croire.

Anne
Je suis écoeurée et en colère… Christine, je ne vous connais pas mais les propos dont vous êtes la cible sur cet article me mettent hors de moi… J’ai bien lu votre article et j’ai la prétention de l’avoir entendu et compris, ce qui ne semble pas être le cas de tout le monde ! Dois-je rappeler à ces messieurs ( et même à ces dames !) que la domination masculine est née le jour où les hommes ont compris qu’ils n’étaient pas étrangers à la naissance d’un enfant… Je ne vais pas vous refaire l’histoire en entier, si ?… L’empathie n’a pas l’air d’être le fort de certaines personnes, et c’est malheureusement une qualité plutôt féminine, ben oui, forcément, l’histoire ne nous en a pas vraiment laissé le choix ! Posez vous LA bonne question, vous souhaitez une certaine compassion de la part de Christine, je l’entends, alors entendez aussi qu’à aucun moment elle n’a sexué son propos dans cet article, alors s’il y a bien quelqu’un qui a écouté l’autre, vous les gays, et elles, les femmes qui portent, et même les législateurs, c’est elle, et jamais vous !!! Je répète donc LA question : “DANS UNE SOCIETE MOINS SEXISTE, FERAIENT-ELLES LE MEME CHOIX” ?
Battons-nous ensemble pour légaliser l’adoption… Car je suis plus radicale que Christine, la GPA est pour moi une présénescence…
Il y a 2 heures •

Christine Le Doaré
merci Anne, moi, à force de mettre les pieds dans le plat et intervenir dans le mouvement LGBT sur les questions difficiles et polémiques, je prends l’habitude de m’en prendre plein la gueule et de passer pour un monstre… il faut bien en convenir, les gays attendent des femmes et des lesbiennes, des trans et de la terre entière, que tous soient solidaires avec eux… seulement voilà sont-ils solidaires des femmes, des lesbiennes, des trans ? Dès que les lesbiennes se souviennent qu’elles subissent des discriminations spécifiques et aussi le sexisme de la société… elles deviennent des cibles à abattre… avant, les gays misogynes étaient une minorité, désormais je n’en suis plus si sûre… c’est un peu comme à l’image du reste de la société, un brutal retour arrière…
il y a quelques secondes •

Annie
coucou Christine
je ne parviens pas à “répondre” sur ton blog.
voilà ce que je pensais répondre, si tu peux l’ajouter :

“L’auteur, en tant qu’homme, gay et Occidental, ne traite de la question de la gestation pour autrui que de ce point de vue. C’est à dire dans la triple réduction politique : 1) ce serait un progrès dans la lutte homosexuelle nonobstant les autres régressions possibles 2) le point de vue est celui auquel on rend service, le parent qui utilise autrui à des fins personnelles 3) le point de vue est aussi masculin neutre et c’est sur ce point que je veux insister.

- Un premier point minime : le don de gamètes par les hommes n’est pas comparable à la gestation. Ce ne sont pas deux actes équivalents a) ni du point de vue psychologique, vu comme sont construits l’intériorité et la subjectivité des femmes ou l’acte de procréation par le sexisme b) ni du point de vue politique au regard de la manière dont les corps sont construits par l’oppression. Sur l’axe de genre, les corps politiques des hommes et des femmes sont hiérarchisés (cf. Nicole Claude Mathieu, L’anatomie politique ; Colette Guillaumin, Sexe, Race et Pratique du pouvoir), le corps des femmes étant déjà construit comme colonisé par et pour le bénéfice des hommes (Andrea Dworkin, Intercourse, 1987 ; Paola Tabet, La construction sociale de l’inégalité des sexes, 1998).

- “le sujet neutre et universel libre de disposer de son corps” n’existe pas d’un point de vue politique et en répéter le voeu performatif ne va pas le faire apparaître magiquement. Il faut d’abord abolir les oppressions Nord Sud, néolibérale, patriarcale et générationnelles avant de prétendre que “chacun” peut accéder “à la liberté” de “disposer de son corps”. Sur l’axe de genre, il y a “le sujet masculin” qui parasite “l’outil féminin” et il y a “la liberté des hommes” qui phagocyte celle des femmes. De même, il y a les femmes paupérisées par les rapports NordSud et par le néolibéralisme, qui n’ont pas d’autre “liberté” que d’aliéner jusqu’à leur corps pour survivre – alors que les clients Occidentaux ont la liberté de piocher dans n’importe quel pays déjà ouvert au pillage économique et patriarcal (j’entends pas là les pays ouverts à la prédation prostitutionnelle au bénéfice des Occidentaux).

- Comment se fait il que ces questions de gestation pour autrui ne s’appuient jamais sur les travaux féministes qui montrent qu’il existe une oppression globale des hommes sur les femmes, oppression qui assure aux hommes un quasi monopole des richesses au plan mondial (Paola Tabet, “L’expropriation de la sexualité des femmes”, 2001) ? Pourtant ça permettrait de donner un autre sens à cette “liberté de disposer de son corps” qui devient pour les femmes le choix entre les multiples modalités de l’aliéner aux desiderata de dominants en termes de classe, race et/ou genre. Tout ce que les femmes semblent libres aujourd’hui de faire ( grâce aux politiques “libératrices” de la politique néolibérale mais aussi de la politique “pro-sexe” trustées par les hommes, gays ou non – cf. Sheila Jeffreys : http://sisyphe.org/spip.php?article1063 ), c’est accepter les modalités de leur exploitation. Vendre son ventre, comme vendre son vagin ou son sourire d’hôtesse d’accueil, ce n’est qu’une autre forme de la marchandisation qui débite les femmes en morceaux utiles depuis l’avènement du patriarcat (cf. Paola Tabet, dans “Fertilité naturelle et Reprodution forcée”, elle analyse la taylorisation (violente) de l’exploitation sexuelle des femmes dans les patriarcats traditionnels : division du travail entre la prostituée (utile dans la sexualité non reproductive), la mère de famille (utile dans la reproduction), la nourrice (utile dans la remise au travail reproductif de la mère de famille).

Quand on aura détruit au moins le patriarcat, on reconsidérera l’illusion qui prétend que les femmes sont “libres comme les hommes” de disposer de leur corps. Essayons déjà de réduire pour les millions de femmes en France la sexualité de complaisance voire de contrainte qui les fait céder ou consentir plutôt que désirer les rapports sexuels qu’elles ont – je vois déjà la réaction de Gilles : oh mais qu’est ce que c’est que cette vision misérabiliste de la sexualité des femmes …. et bien que Monsieur aille faire un tour dans les journaux féminins où les femmes apprennent comment simuler l’orgasme, céder une fellation quand monsieur est trop en demande, etc. Les femmes doivent d’abord se réapproprier leur corps avant que d’ être “libres” de le brader (encore une fois) aux hommes. Mais se le réapproprier en le cédant (dans la prostitution, la location de ventre ou l’aliénation de la force de travail) est un non sens.”

Écrit par Christine Le Doaré le 22 avril 2010 à 23:45

très très bonne analyse, merci! vraiment, beaucoup de plaisir un lire un article aussi bon.

Écrit par Flo le 24 avril 2010 à 10:12

Bonjour Christine.

Je suis d’accord avec bien des points de critique que vous formulez sur la GPA… et pourtant, je suis moi-même actuellement investi dans une telle procédure aux USA. C’est vous dire combien ces réalités-là sont complexes, combien cette solution représente pour la plupart d’entre nous le bout d’un très long (et douloureux) chemin. Bien cordialement.

Écrit par EG le 14 mai 2010 à 21:59

@ EG, oui je comprends et je n’ai jamais douté de cette réalité. Bien cordialement

Écrit par Christine Le Doaré le 15 mai 2010 à 11:19

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Écrit par darmowe filmy porno le 28 mai 2010 à 17:51

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Écrit par Liana Donis le 30 septembre 2010 à 15:03

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