
Dés le primaire, apprendre aux enfants à respecter les différences
et éviter des agressions homophobes !
Mercredi 3 février, un peu avant 23h, Thierry et Corentin se promènent dans le Marais, rien ne signale qu’ils sont gays, ils ne se tiennent pas par la main, ils ne s’embrassent pas, ils marchent.
Trois garçons qui n’ont pas vingt ans les abordent, l’un deux leur demande : «Tu crois que je suis PD ? », Thierry répond, «je n’en sais rien ! ». Grave erreur, il suppose aujourd’hui qu’il aurait dû répondre non car alors, une pluie de coups de tête, de poings et de pieds s’abat sur eux. S’en suivent des menaces, les agresseurs faisant mine de porter des couteaux.
Séparés, ils se retrouvent quelques minutes plus tard au « 3ème Chinon », un établissement voisin du lieu de l’agression ; le patron leur apprend alors que ce n’est jamais que la troisième fois ce mois-ci que des gens agressés et menacés se réfugient chez lui !
La police du 4ème appelé par Thierry et Corentin arrive sur les lieux et ensemble ils tentent de retrouver les agresseurs dans le quartier, mais sans succès.
Les deux garçons décident de porter plainte, également par solidarité envers d’autres gays et lesbiennes qui pourraient être à leur tour agressés ; ils entrent en contact avec le Centre LGBT Paris IdF, situé à l’orée du Marais dans le 3è arrondissement où Thierry passe témoigner samedi ; nous lui conseillons aussi d’appeler la ligne de SOS homophobie afin que cette agression homophobe soit consignée et comptabilisée.
En avril 2009 déjà, trois gays avaient été victimes d’une violente agression physique homophobe alors qu’ils se promenaient à 23h50, dans le 3è arrondissement de Paris. L’agression s’était produite devant la Mairie du 3è arrondissement. Le groupe d’agresseurs était composé de 15 individus, âgés entre approximativement 17 et 21 ans. Après avoir traité les trois hommes de sales pédés, ils les avaient encerclés puis leur avaient porté des coups de poings et de pieds.
Dans les deux cas, les personnes agressées avaient souhaité porter plainte et surtout alerter les autorités et les populations LGBT afin de prévenir de futures agressions. Leur démarche mérite d’être saluée et reconnue à sa juste valeur.
Le Centre LGBT Paris IdF, implanté dans le 3è arrondissement face au Marais est légitimement le lieu où les personnes agressées peuvent trouver refuge. Il peut recevoir les témoignages, offrir le service de ses permanences juridiques et psychologiques ; également orienter sur SOS homophobie, association membre et Observatoire de l’homophobie en France.
Enfin, riche des liens entretenus avec la Mairie et le commissariat du 3ème, il est l’un des interlocuteurs désignés pour mettre en œuvre d’une politique de prévention efficace au niveau local.
Selon ce dernier témoignage, les agressions homophobes dans le Marais sont toujours d’actualité. Les autorités locales doivent apporter une réponse efficace à ce type de délinquance homophobe.
Elles pourront prendre des mesures répressives et préventives, mais la lutte contre l’homophobie, la lesbophobie et la transphobie passe avant tout par l’éducation et ce dès le plus jeune âge.
Le ministre de l’éducation, lorsqu’il refuse la diffusion du court métrage «Le baiser de la lune » dans les écoles primaires, se rend indirectement complice des agressions homophobes commises par de très jeunes hommes.
Pourquoi interdire aux élèves du primaire cet attendrissant outil éducatif qui incite au respect des différences en montrant deux petits poissons, un poisson-chat et un poisson-lune, qui s’aiment tendrement ?
L’homophobie n’est-elle pas pénalisée par les lois françaises ? Comment l’éradiquer si ce n’est en éduquant dès le plus jeune âge ?
Luc Châtel, Christine Boutin et tous les réactionnaires qui alimentent cette polémique d’un autre âge font le lit d’une homophobie primaire, encouragée par un système éducatif qui fuit ses responsabilités. Ce n’est pas tout de prétendre lutter contre les LGBT phobies encore faut-il s’en donner véritablement les moyens.
- Par Christine Le Doaré |
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10 commentaires
je suis tout a fait d’accord avec vous et… j’ose répondre même si ma plume est moins journalistique que la votre… J’ecrivais à Marie Léon sur son théme “une femme avec une femme” que mon fils avait vu sa prof de musique embrasser sa copine devant le collége (courageuse!) et il m’en a parlé dans une conversation anodine, R.A.S pour lui c’est normal!! Bon c’est vrai que je suis lesbienne !! Ca aide! Mais même avant ( mariée 16 ans avec le papa!!) nous en avons toujours parlé librement!! le truc miracle? EN P-A-R-L-E-R!!! pas de tabou….Ma fille m’a demandé ” maman, quels mots décrivant des homos sont grossiers ou non!! on sait pas!” alors on a tout dit “pedzouille, goudou, pédale, pédéraste ( explication de la différence entre pédéraste, pédophile et homo!! pour eux c’était pareil!!!!!, ), enfin tout y est passé!! parfois ils rigolaient mais on en a parlé, du coup elle a expliqué tout ça au copainset copines à l’école!!! Mon fils adorait dire “ppffff quel tarlouze”, pour lui c’était juste “quel peureux”, j’ai expliqué, il ne savait pas ! il ne le dit plus!!, vous parlez de choses bien plus grave, les agressions… alors oui, sensibilisons les jeunes, à l’école cela serait le top car cela toucherait toutes les couches de population mais le pouvoir politique s’en tape royalement…comment faire? en parler dans le cercle familial c’est déja bien mais pas suffisant, alors?? Amicalement, Karine
Vous faites bien de réagir et votre témoignage est très intéressant, vous savez je ne suis pas journaliste non plus… que faire : insister pour que l’éducation nationale prenne en charge la prévention contre les discriminations et pour le respect des différences dès le plus jeune âge ; en parler avec ses élus, lors des conseils de classe, réunions de parents d’élèves… il y a plein de façons différentes et toutes utiles d’intervenir en faveur de la prévention contre les LGBT phobies et le sexisme… bien amicalement, Christine
Bonjour,
Pas journaliste ok! mais belle plume quand même!…
Il faut du courage pour parler de cette question publiquement et ce n’est pas simple… j’ai même conseillé à mes enfants de ne pas dire que leur mère était homo, j’ai un peu peur des réactions des ” copains”….Leurs amis proches sont au courant et le regard de certains parents différents….gentils mais différents! Surtout que je sais de quoi je parle!!! J’ai vu la différence: ils m’ont connue hétéro et ensuite homo!! J’ai constaté quelques changements selon les personnes! Les enfants n’ont plus été invités aux anniversaires par exemple!! Les copains n’ont pas changé mais les parents oui!!C’est dur de voir qu’ils subissent ça! J’ai bien envie de me rapprocher d’une assoc G&L qui milite pour l’homoparentalité,sur Avignon, j’ai internet depuis seulement 2 semaines…. faut que je regarde!! je rencontrerais des familles avec des enfants….mais pas trés courageux tout ça!!! c’est peut être l’âge! Vos propos me rebooste un peu … et je me trouve bien peu courageuse tout à coup…. pourtant je me rappelle mes jeunes années….( Hétéro à l’exterieur et homo à l’interieur….autre vaste débat sur ce qu’est l’acceptation de soi!!) mais j’avais bien ouvert ma bouche à la terrasse d’un café toulonnais ( ville FN à l’époque…) où 2 jeunes conn… de skins tenaient des propos homophobe trés agressifs et orduriers….”on va casser du pédé à la sortie de telle boîte de nui ce soirt….on va les défoncer… ils aiment ça…” , j’ai eu des bouffées de chaleur!!! plus envie de boire ma bière d’un coup…avec le constat accablant que les clients des tables autour étaient soit un peu génés….soit tranquillou!!! et les autres qui continuaient le cirque…… Alors j’ai péter un scan ( mon dicton favorit: “qui ne dit mot… consent!”) j’ai dit ” en gros” que j’aimerais bien siroter ma “H” tranquille, qu’ils ferment un peu leurs grandes gueules …et le ton est monté, j’avais peur mais trop énervée…. la gonzesse!! et là !!!!! vous savez quoi, Christine??? non mais vous savez quoi??? Le patron ( je présume!) est sorti sur la terrasse , il est venu vers moi et ma dit ” Mademoiselle ( petit aparté sur ce doux mot qui sent bon ma jeunesse….) vous pouvez la mettre en sourdine! vous génez ma clientèle avec votre comportement!!” ????!?!??? Alors là!!! heureusement que j’étais assise car je serais tombée sur mon posterieur! Et là !( petit moment de lucidité venu de je ne sais où!! pour lui répondre du tac au tac ), j’ai empoigné le journal toulonnais quotidien qui trainait sur une table à coté, l’ai brandit avec mes petits bras musclés et lui ai hurlé : ” salaud, demain je l’achéte le journal et tu sais quoi?? si je lis qu’un homo s’est fait agresser par des skins à la sortie d’une boite…. je vais à la police porter plainte contre vous pour non assistance à personne en danger!!”+ quelques noms d’oiseaux!! bon un peu naze mes propos…. mais les skins n’ont pas bougés ( et oui, mes bras musclés…) et le patron a fermé sa bouche…. moi je suis partie et j’ai acheté le journal le lendemain, un peu fébrile , R.A.S.!! ( aurais-je eu le courage d’aller à la police si il y avait eu un truc?? je sais pas!) en tout cas depuis ce jour….je ne bois plus de “H”…. c’est dégueulasse….bien amicalement, Karine
Oui il faut du courage et manifestement vous n’en manquez pas ! Ni pour élever vos enfants ni pour remettre les imbéciles à leur place ! Vous trouverez peut-être un antenne de l’APGL, l’association des parents gays et lesbiens dans votre région ; c’est toujours intéressant d’échanger avec des personnes qui vivent une situation similaire et de se créer un réseau, même si on peut très bien vivre sans… Ah je voulais aussi vous dire que l’on est jeune à tout âge, il y a des petits vieux de 20 ans et des éternels optimistes et joyeux de 80 ans et +
)) amicalement
Christine
merci pour votre réponse et vos encouragements, c’est sympa.. vous êtes la première personne avec qui je dialogue sur internet! je découvre…. la modernité! alléluia! ( petit moment d’égarement….je suis en train de regarder ” au nom de la rose” sur ” virgin 17″… ca doit être ça!!!), bonne soirée,
Karine ,( optimiste et joyeuse femme” de 37 ans!! )
bonjour et merci pour ‘autant d’implication au nom de tous ceux qui ont besoin de ce soutien, là…il y a des années que je pensais qu’il était nécessaire d’intervenir à la source, l”école primaire, là où les parents n’interviennent plus…là où les enfants sont des “éponges” tout comme nous l’étions lorsque nos instituteurs (années 1960…)nousenseignaient la morale…ou au “cathéchisme” des cours de bonté…accepter les différences…il est urgent aujourd’hui, d’intervenir au sein des établissements scolaires, mais, pas seulement ponctuellement , il est essentiel, urgent, que la mise en place soit aussi structurée que le quotidien scolaire rythmé d’heures de cours complété par une matière qui leur enseignerait la tolérance et tout ce qui s’y rattache…
Je suis bien d’accord avec vous, il faut des programmes de prévention contre le racisme, le sexisme et l’homophobie (LGBT phobies) et pour le respect des différences, pour l’égalité des droits, dés le plus jeune âge afin que les mentalités évoluent et afin d’éviter des discriminations et violences inutiles et terriblement préjudiciables
le transsexualisme n’ est plus une maladie mentale….je ne savais pas que nous etions le 1er pays a faire voter cette loi….encore moins que c ‘etait consideré comme une maladie mentale!!! par rapport aux combats LGBT, c’est une victoire!!! esperons que c’est un début dans l’avancée de l’acceptation des différences, mais concretement est-ce que cela changera le quotidien de ces personnes,, j’en doute!! il faudrait aller plus loin! les aider , par exemple, financierement, je n’ose même pas imaginer le coût total des opérations chirurgicales pour la transformation…a moins que ce soit déjà le cas mais j’en doute….
Bonjour,
en réalité il s’agit d’un décrêt annoncé depuis mai dernier mais qui ne change rien au parcours de psychatrisation des personnes Trans.
Voici un extrait du communiqué publié hier par l’association OUtrans :
“Le Ministère de la Santé vient de publier le décret qui reclasse la transidentité des ALD 23 (affections psychiatriques longue durée) à l’ALD 31. Ce décret ne va pas dans le sens d’une dépsychiatrisation de la transidentité. En pratique, rien ne change pour les personnes trans qui restent considérées comme des malades devant être soumises à un suivi psychiatrique.
OUTrans regrette que ce décret ne soit pas accompagné d’autres mesures qui auraient, elles, un impact réel sur la vie des trans, comme :
- la dépsychiatrisation effective de la transidentité,
- la reconnaissance de la transphobie comme discrimination au même titre que le racisme ou l’homophobie, et par conséquent, la prise en compte de la transphobie par la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (HALDE),
- en partenariat avec le Ministère de la Justice, une facilitation d’accès au changement d’état civil, c’est-à-dire la suppression des obligations de traitement hormonal, de suivi psychiatrique, d’opérations chirurgicales,
- la suppression immédiate de la stérilisation forcée des personnes trans réclamée par les tribunaux,
- la suppression du recours aux expertises médicales, humiliantes et souvent vécues comme des viols, et ce y compris pour les personnes ayant été opérées à l’étranger.
… “
Bonjour,
……..il me semble que les violeurs n’ont pas obligations de se faire stériliser…………. mais les transsexuels oui??? c’est abérant! par contre qu’il y ai un suivi psychologique car les opérations sont irréversibles, je pense que c’est une bonne chose…. mais un suivi psychiatrique… en vous lisant il est clair que vous répondez à mon interrogation premiere: leur quotidien ne change pas…. il s’agit d’une belle phrase écrite sur un beau papier à en-tête…. mais si c’est toujours le parcours du combattant avec humiliations, difficultés financières et difficultés pour avoir de nouveaux papiers d’identités (parce que pour cela aussi, j’ose même pas imaginer la galère!!)…. finalement….R.A.S.!!!! quand comprendront-ils que l’on est ce que l’on peux et pas ce que l’on veux, que tout les gouts sont dans la nature…. et c’est pour ça que la nature est belle….. entre Mr Menard qui aurait mieux fait de fermer sa bouche , des loies promulgées qui ne changent rien, un film interdit qui a l’air bien mignon et qui est si important pour le respect des différences dés le plus jeune âge….c’est un peu désesperant….MAIS cela donne envie de se battre…. pour avoir le droit de vivre…. tout simplement. A cette seconde, j’ai envie de hurler…. des insultes à tous ces cons?? non….. que je suis fière d’être homosexuelle, fière de faire partie de cette minorité…. qui se bat, qui réagit, qui ose se montrer…je découvre cela et ???? c’est super! Le combat risque d’être long… cela fait un moment que cela dure…. sodome et gomorre…. ça date!!! lol!