Menaces de mort, agressions, quelles sont les réponses des pouvoirs publics ?

Un déchaînement de haine semble s’abattre sur des gays, lesbiennes et trans. agressés un peu partout en France, dans le quartier parisien du Marais également ; menacés, injuriés par des groupes d’intégristes catholiques qui ne supportent pas que l’on s’embrasse sur le parvis de Notre Dame ; et maintenant des menaces de mort adressées à Montpellier, aux plus jeunes d’entre eux.

En effet, les jeunes gays pris en charge à Montpellier par l’association Le Refuge, ont été menacés de mort. L’association a reçu un courrier comportant des menaces de mort à l’encontre des jeunes rejetés par leur famille et bénéficiant d’un hébergement temporaire. L’auteur du courrier annonce qu’ » ils vont être criblés de plomb et mis en pièces détachées » ! Ces jeunes, déjà fragilisés, en souffrance, sont nécessairement déstabilisés par une telle haine.

Le Centre LGBT Paris IdF qui accueille régulièrement des jeunes dans la même situation que ceux hébergés par le Refuge tient à leur témoigner ainsi qu’à l’association qui les prend en charge, tout son soutien et sa solidarité.
Nous avons noté avec satisfaction le soutien de la Maire de Montpellier, Hélène Mandroux et nous espérons que la préfecture mettra en œuvre les moyens nécessaires pour assurer la protection des jeunes protégés du Refuge de l’auteur de ce courrier, également que ce dernier sera arrêté et condamné pour cet acte de haine homophobe.

Certains diront que toute cette violence est le prix à payer pour une plus grande visibilité et liberté de vivre son orientation sexuelle au grand jour.

Nous nous inscrivons en faux contre cette supposition. Toutes ces manifestations de rejet, de haine à l’encontre des personnes LGBT sont encouragées par le laxisme des pouvoirs publics dont les réponses ne sont jamais à la hauteur de l’enjeu.

Les personnes agressées ont porté plainte et la justice va suivre son cours, si les agresseurs sont arrêtés, espérons que les sanctions seront exemplaires.
La répression, réponse judiciaire à posteriori est nécessaire mais insuffisante.
La société toute entière, ses institutions, à commencer par son système d’éducation, doivent se saisir de la lutte contre les LGBT phobies et plus généralement contre toutes les discriminations.

Adopter une pleine égalité des droits pour faire des citoyens LGBT des citoyens à part entière ; intégrer dés le plus jeune âge des programmes contre les discriminations sexistes, homophobes et racistes ; mener des campagnes d’information et de prévention contre ces discriminations ; promouvoir le respect des différences quelles qu’elles soient, handicap, couleur de peau, orientation sexuelle, identité de genre ; exhorter chacun à vivre curieux et respectueux des autres, de leurs valeurs et modes de vie…

Tout ceci exercerait une action pédagogique certaine, mais cela ne s’improvise pas et relève d’une véritable volonté politique qui manque manifestement à nos gouvernements.

Condamnation des agresseurs du Kiss in parisien Place Notre Dame !

 

Le Kiss in proposé ce week end à l’occasion de la Saint Valentin par un groupe d’étudiants LGBT s’est déroulé sans encombre et dans une atmosphère bon enfant sous la Fontaine St Michel. Cette action de visibilité homosexuelle a donc remporté le succès escompté par ses organisateurs, même si le déplacement de la Place Notre Dame à St Michel en avait quelque peu réduit la portée symbolique.

 

En effet, à l’origine, les organisateurs avaient prévu de tenir ce Kiss in  Place Notre Dame, mais  menacés par des extrémistes religieux, ils ont suivi les conseils de la Préfecture de police qui leur demandait de le déplacer à St Michel afin d’en assurer la  sécurité. 

 

Le Centre LGBT Paris IdF, comme beaucoup d’autres associations,  même s’il avait déploré ce déplacement car en France la liberté de rassemblement doit être garantie et lorsque la préfecture de police autorise la tenue d’un évènement sur la voie publique, elle doit en assurer la protection, avait appelé à soutenir le Kiss in.

 

Dimanche, un petit groupe constitué de lesbiennes et trans. a quitté la Place St Michel  et s’est tout de même, de son propre chef, rendu Place Notre Dame.

Cette initiative improvisée était risquée : pas d’organisation, pas assez de monde, peu de forces de police, pas de médias… A l’évidence,  les organisateurs du Kiss in ne peuvent être tenus responsables des incidents qui ont eu lieu Place Notre Dame.

 

Evidement, des intégristes catholiques les attendaient de pied ferme, trop contents d’en découdre.  Les extrémistes catholiques sont particulièrement haineux à l’encontre des personnes LGBT, mais pas seulement, d’autres catégories de la population subissent régulièrement leur agressivité ; l’ignorer est nécessairement dangereux. 

 

L’initiative de ce petit groupe était risquée mais pas interdite. En France, aucune loi n’interdit de s’embrasser dans les lieux publics, en revanche, l’homophobie est bien réprimée par la loi.  En France s’embrasse qui veut, indépendamment de son orientation sexuelle ;  s’embrasse qui veut et où bon lui semble, y compris Place Notre Dame qui se trouve bien à Paris, sur le territoire français !

 

Toute personne qui injurie publiquement et – ou commet une agression physique doit répondre de ses actes. Les personnes agressées dimanche Place Notre Dame, simplement pour s’être embrassées en public doivent porter plainte, les agresseurs être arrêtés et condamnés pour leur forfait. Les intégristes religieux ne sont pas au-dessus des lois.

Le transsexualisme, plus une maladie mentale, reste psychiatrisé !

Le transsexualisme ne fera plus partie de la liste des affections psychiatriques, c’est important et cette avancée pourra aider à faire évoluer les mentalités à l’égard des personnes trans, fortement stigmatisées en France comme dans de nombreux pays.

A l’annonce de la mesure qui concerne environ 50 000 personnes, beaucoup de personnes ont réagi en exprimant qu’elles ignoraient que tel était le cas jusqu’alors.

Roselyne Bachelot, avait fait cette promesse en mai 2009 à la veille de l’IDAHO, journée mondiale de lutte contre les LGBT phobies.  Ce n’est donc pas une surprise, simplement la publication du décret qui supprime «les troubles précoces de l’identité de genre» d’un article du code de la Sécurité sociale relatif aux «affections psychiatriques de longue durée».

En clair, il s’agit d’une dé-classification, les personnes trans sortent de  la classification  del l’Organisation Mondiale de la Santé, en pathologie psychiatrique.  

Les associations trans. veilleront à ce que les transsexuels français  continuent d’être  pris en charge par la Sécurité sociale,  le transsexualisme pourrait être alors classé comme affection longue durée «hors liste».  

L’association Outrans a publié un communiqué à l’annonce de la publication au journal officiel de cette mesure attendue depuis mai 2009,  en rappelant que si la transsexualité n’était désormais plus considérée en France comme une maladie mentale, pour autant elle restait psychiatrisée.

En effet, les trans, restent notamment soumis à un suivi psychiatrique, la transphobie n’est toujours pas reconnue comme une discrimination par la Halde, le changement d’identité reste difficile et la stérilisation forcée reste obligatoire.

 Une avancée donc, qu’il faut saluer, mais les revendications trans. sont loin d’être satisfaites et le chemin à parcourir pour ne plus être stigmatisés et discriminés, bien long.

Un Kiss in déplacé !

 

Un Kiss in proposé ce week end à l’occasion de la Saint Valentin par un groupe d’étudiants LGBT a été déplacé du Parvis de Notre Dame à la Fontaine St Michel.

Les organisateurs ont reçu des menaces d’extrémistes religieux et selon la préfecture de police la sécurité de ce happening ne pouvait être assurée.

 Aucune force réactionnaire devrait ainsi pouvoir imposer son point de vue et compromettre une sympathique action de visibilité ;  s’embrasser dans la rue, expression de l’amour et ou du désir que se portent deux personnes,  n’est pas interdit en France et les rassemblements et manifestations autorisés  par la préfecture doivent être protégés, si nécessaire.  

 Le groupe organisateur n’est probablement pas très aguerri, les Kiss in sont relativement récents en France. Nous pensons qu’ils n’auraient pas du céder aux intimidations des extrémistes religieux catholiques et exiger comme des associations plus expérimentées l’auraient fait, une protection policière efficace.

 Le choix du lieu du Kiss in n’était pas anodin et accepter son déplacement c’est admettre que la Préfecture puisse ne pas garantir les droits et libertés de rassemblement pacifiques d’un groupe de personnes homosexuelles au profit d’un groupe d’extrémistes catholiques, ce qui tout de même n’est pas banal ; c’est aussi restreindre la force symbolique de l’évènement. A St Michel au milieu des étudiants et des touristes c’est acceptable, ailleurs, et devant Notre Dame, c’est scandaleux et dangereux !

 Nous luttons pour l’égalité des droits et le respect des différences ; pour faire reculer les préjugés, ces nouvelles formes d’actions s’ajoutent au travail de fond entrepris par les associations depuis des années. 

Les organisateurs du Kiss in ont accepté le déplacement à St Michel, alors même si nous le déplorons, nous les soutenons, sommes solidaires de leur action et invitons toute personne disponible et convaincue que l’amour n’est pas réservé aux seules personnes hétérosexuelles à les rejoindre Place St Michel dimanche,  à 14h.

Dés le primaire, apprendre aux enfants à respecter les différences

Dés le primaire, apprendre aux enfants à respecter les différences

et éviter des agressions homophobes !

Mercredi 3 février, un peu avant 23h, Thierry et Corentin se promènent dans le  Marais, rien ne signale qu’ils sont gays, ils ne se tiennent pas par la main, ils ne s’embrassent pas, ils marchent.

 Trois garçons qui n’ont pas vingt ans les abordent, l’un deux leur demande : «Tu crois que je suis PD ? », Thierry répond, «je n’en sais rien ! ». Grave erreur, il suppose aujourd’hui qu’il aurait dû répondre non car alors, une pluie de coups de tête, de poings et de pieds s’abat sur eux. S’en suivent des menaces, les agresseurs faisant mine de porter des couteaux.

 Séparés, ils se retrouvent quelques minutes plus tard au « 3ème Chinon », un établissement voisin du lieu de l’agression ; le patron leur apprend alors que ce n’est jamais que la troisième fois ce mois-ci que des gens agressés et menacés se réfugient chez lui !

 La police du 4ème appelé par Thierry et Corentin arrive sur les lieux et ensemble ils tentent de retrouver les agresseurs dans le quartier, mais sans succès.

 Les deux garçons décident de porter plainte, également  par solidarité envers d’autres gays et lesbiennes qui pourraient être à leur tour agressés ;  ils entrent en contact avec le Centre LGBT Paris IdF, situé à l’orée du Marais dans le 3è arrondissement où Thierry passe témoigner samedi ; nous lui conseillons aussi d’appeler la ligne de SOS homophobie afin que cette agression homophobe soit consignée et  comptabilisée.

 En avril 2009 déjà,  trois gays avaient été victimes d’une violente agression physique homophobe alors qu’ils se promenaient à 23h50, dans le 3è arrondissement de Paris. L’agression s’était produite devant la Mairie du 3è arrondissement. Le groupe d’agresseurs était composé de 15 individus, âgés entre approximativement 17 et 21 ans. Après avoir traité les trois hommes de sales pédés, ils les avaient encerclés puis leur avaient porté des coups de poings et de pieds.

 Dans les deux cas, les personnes agressées avaient souhaité porter plainte et surtout alerter les autorités et les populations LGBT afin de prévenir de futures agressions. Leur démarche mérite d’être saluée et reconnue à sa juste valeur.

 Le Centre LGBT Paris IdF, implanté dans le 3è arrondissement face au Marais est légitimement le lieu où les personnes agressées peuvent trouver refuge. Il peut recevoir les témoignages, offrir le service de ses permanences juridiques et psychologiques ; également orienter sur SOS homophobie, association membre et Observatoire de l’homophobie en France.

Enfin, riche des liens entretenus avec la Mairie et le commissariat du 3ème, il est l’un des interlocuteurs désignés pour mettre en œuvre d’une politique de prévention efficace au niveau local.

 Selon ce dernier témoignage, les agressions homophobes dans le Marais sont toujours d’actualité. Les autorités locales doivent apporter une réponse efficace à ce type de délinquance homophobe.

Elles pourront prendre des mesures répressives et préventives, mais la lutte contre l’homophobie, la lesbophobie et la transphobie passe avant tout par l’éducation et ce dès le plus jeune âge.

Le ministre de l’éducation, lorsqu’il refuse la diffusion du court métrage «Le baiser de la lune » dans les écoles primaires, se rend indirectement complice des agressions homophobes commises par de très jeunes hommes.

 Pourquoi interdire aux élèves du primaire cet attendrissant outil éducatif qui incite au respect des différences en montrant deux petits poissons, un poisson-chat et un poisson-lune, qui s’aiment tendrement ?

 L’homophobie n’est-elle pas pénalisée par les lois françaises ? Comment l’éradiquer si ce n’est en éduquant dès le plus jeune âge ?

Luc Châtel, Christine Boutin et tous les réactionnaires qui alimentent cette polémique d’un autre âge font le lit d’une homophobie primaire, encouragée par un système éducatif qui fuit ses responsabilités. Ce n’est pas tout de prétendre lutter contre les LGBT phobies encore faut-il s’en donner véritablement les moyens.