Moins de complaisance politique envers une culture machiste et homophobe ?

Il était temps !

A l’occasion de la Journée contre les violences faites aux femmes du 25 novembre, le gouvernement a décrété que la lutte contre les violences faites aux femmes, serait grande cause nationale 2010

En 2008, 156 femmes sont mortes en France, sous les coups de leur conjoint et des milliers d’autres ont été agressées par leur compagnon ou un membre de leur famille. 

Le problème est national mais également mondial, si vous en doutez courez voir en salle «La Domination masculine » de  Patrick Jean.            .

Vous y verrez que depuis les années 70, les changements positifs n’ont eu lieu qu’à la marge : les rayons de jouets regorgent d’instruments ménagers miniature pour imiter maman et de tractopelles ou de figurines guerrières pour s’éclater dans l’action comme papa ; les femmes dans un speed dating s’ingénient à laisser croire aux hommes qu’ils sont forts, décidés et protecteurs ; la manière forte est souvent employée au sein des couples et des familles pour imposer sa loi et se venger des humiliations sociales …  Ce qui a tout de même évolué c’est que maintenant des mouvements « virilistes » s’organisent pour revendiquer cette domination et que l’assassinat figure sans complexe à l’arsenal  de leurs représailles.

Il n’est pas inutile de rappeler que les lesbiennes et les femmes Trans subissent une double discrimination, sociale et culturelle ; qu’elles sont doublement victimes de violences,   à raison de leur orientation sexuelle et identité de genre, mais aussi en tant que femmes.

De plus en plus de couples de lesbiennes sont agressés, à Segré, à Epinay-sous-Sénart…Les agresseurs ne supportent pas que ces femmes leur échappent,  qu’elles puissent vivre et s’aimer sans avoir besoin d’un mâle dans leur intimité.

C’est la même culture machiste et misogyne qui est à l’œuvre lorsque des femmes sont maintenues sous le joug de l’oppression au sein du couple ou de la famille ou lorsque des lesbiennes des Trans. ou des gays sont moqués, discriminés ou agressés.

Celle oui celui qui tente d’échapper aux rôles qui lui sont impartis, de se libérer des schémas et représentations traditionnels, de refuser de se conformer aux attentes du sexe dominant qui continue plus que jamais de s’accrocher à ses privilèges à peine entamés après des années de combats féministes et LGBT, doit être préparé à affronter diverses déconvenues et représailles.

Il est tout de même inadmissible, révoltant même, qu’en 2009 nous en soyons toujours là ! Enfin, après des années d’indifférence et même de complaisance, les pouvoirs publics vont  commencer à adresser sérieusement le problème !

Les textes répressifs sont nécessaires mais ils ne suffiront pas à enrayer la violence physique et verbale à l’égard des femmes, comme plus généralement des personnes LGBT.

Des actions préventives et éducatives, en particulier un investissement conséquent et soutenu de l’éducation nationale, s’imposent en effet de toute urgence.

C’est avec le plus grand intérêt que nombre d’entre nous veillera à ce que la Cause Nationale 2010 reçoive toute l’attention qu’elle mérite et qu’il ne s’agisse pas d’un effet d’annonce de plus !

Enfin, elles pourront adopter !

Le tribunal administratif de Besançon a rendu ce jour sa décision, Emmanuelle B., l’institutrice qui vit en couple depuis 20 ans avec sa compagne, pourra adopter un enfant.

 La plaignante avait saisi le tribunal administratif pour invalider la décision du  Conseil Général du Jura qui avec acharnement, lui avait refusé par deux fois, l’agrément nécessaire à l’adoption.

Pourtant, les nombreuses expertises avaient conclu à la solidité du couple qui présentait toutes les qualités requises de parents.

 En effet, le tribunal administratif a considéré que le désaccord entre les deux femmes, relatif à l’âge de l’enfant à adopter, n’était pas un motif  valable pour refuser l’agrément.

 La Cour des Droits de l’Homme saisie en 2008 avait condamné la France pour discrimination.

Ce jugement a favorablement inspiré le tribunal administratif de Besançon, alors souhaitons que cette décision  s’impose à toutes les collectivités territoriales à l’avenir !

 Félicitations à ce courageux couple de femmes et à leur avocate Caroline Mécary, l’issue positive de leur combat est un encouragement pour tous les couples de personnes de même sexe qui souhaitent adopter un enfant.

 Toutefois,  il est regrettable qu’une décision de justice ait été une fois de plus nécessaire, la discrimination à l’adoption pour raison d’orientation sexuelle devrait, une fois pour toutes, être illégale.

Un bel outil pour accéder à l’égalité des droits !

Une affluence record pour la Conférence annuelle de l’ILGA -Europe !

Plus de 300 personnes provenant de 48 pays ont pris part à la Conférence dont le thème était : « Dépasser les barrières culturelles et religieuses et avancer vers l’égalité pour les personnes LGBT ».

Un record en termes d’affluence pour cette Conférence organisée cette année avec le Malta Gay Rights Movement.

La Conférence a bénéficié à Malte, d’une importante et positive couverture médiatique. Les affiches de la Campagne de l’ILGA-Europe qui traitent des difficultés  rencontrées par les familles LGBT confrontées à un manque de reconnaissance juridique, traduites en Maltais, recouvraient les bus et les abris-bus de l’île.

Toute cette visibilité ne pourra que profiter aux LGBT Maltais. Leur président, le Dr George Abela,  s’y est engagé lors d’une rencontre avec une délégation, la veille de l’ouverture de la Conférence. C’est tout de même la première fois que le Chef de l’exécutif du pays qui héberge la Conférence,  daigne inviter ses représentants.

Hormis les délégués associatifs, les intervenants suivants avaient fait le déplacement pour s’exprimer sur le thème central  :

Ulrike Lunacek, Membre du Parlement Européen ;  Francis Agius, Député Parlementaire  Maltais, Chef de la délégation Maltaise à l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe ; Belinda Pyke, Commission Européenne, Directrice de l’Egalité entre les Femmes et les Hommes, de l’Action contre les Discriminations, de la Société Civile de la Direction Générale de l’Emploi, des Affaires Sociales et de l’Egalité des Chances ;  Dr Louis Galea, Porte Paroles de l’Exécutif Maltais ; Evarist Bartolo, Député Parlementaire Maltais, Labour Party ;  Vladimir Luxuria, ancien Député Parlementaire Italien, journaliste ;  Juris Cālītis, Pasteur de l’Eglise Anglicane de Lettonie ; Frits Huffnagel, Député Maire de la Ville de La Haye.

La pré-conférence sur les Droits des Trans. a également remporté un vif succès. Elle a réuni de nombreux militants Trans., LGB également, et des responsables de la politique européenne qui se sont engagés à lutter spécifiquement contre les discriminations envers les personnes Trans. La pré-conférence a abouti à une déclaration qui constitue une première en la matière.

La Conférence a également élu six membres du Bureau Exécutif de l’ILGA-Europe : Martin K.I. Christensen (Danemark) ;   Louise Ashworth (UK) ; Nataša Sukič (Slovénie) ; Bjorn van Roosendaal (Pays Bas) ; Christine Le Doaré (France) ; Paata Sabelashvili (Géorgie) et  Tomasz Szypuła (Pologne) remplaçant ;  

Les quatre autres membres du Bureau Exécutif (élus l’an dernier pour deux ans) sont : Linda Freimane (Lettonie) ;  Ruth Baldacchino (Malte) ; Pierre Serne (France), Deborah Lambillotte (Belgique) ;

La Conférence a aussi voté sur le choix du pays qui l’accueillera en 2011 et Turin (Italie) l’a emporté sur Varsovie (Pologne) ; en 2010, la Conférence sera hébergée par La Haye (Pays Bas).