Mouvements lesbiens : ruptures et alliances

logo-ilgaL’ILGA – International Lesbian and Gay Association – lance une nouvelle publication intitulée : MOUVEMENTS LESBIENS : RUPTURES ET ALLIANCES.

Cet ouvrage nous rappelle que les lesbiennes ont toujours été présentes dans divers mouvements de la société civile : aux côtés des gays, dans les groupes féministes, ainsi que dans la sphère artistique et dans le combat pour la décolonisation et l’indépendance de leurs pays.

Le document est constitué d’expériences d’individus du monde entier, impliqué-e-s dans les mouvements lesbiens, la société civile et les organisations des Droits Humains.

L’objectif est bien avant tout de leur rendre hommage.

Ces exemples démontrent que «l’histoire peut être modifiée» et que certains groupes lesbiens sont parvenus à inclure leurs préoccupations dans celles d’autres mouvements. Certains se sont battus contre l’apartheid et dénoncent le racisme, d’autres travaillent pour construire la paix dans leur région, d’autres encore s’allient à des groupes discriminés ou vulnérables.

Les lesbiennes auraient selon les auteurs de l’ouvrage manifesté plus de solidarité que les autres groupes, sans que cela ne se sache. Elles appliqueraient un mode de pensée révolutionnaire pouvant bénéficier à tout-e-s les acteurs et actrices qui se battent pour des droits égaux et pour la justice.

« Partager des expériences et des connaissances et une façon d’acquérir des outils; avoir conscience de ses succès est le premier pas vers l’autonomie (empowerment) et la fierté.

Ce document vise à renforcer le mouvement lesbien et non à mettre l’accent sur une victimisation. »

L’ILGA pense que ce document peut être utilisé comme un outil de formation pour que les jeunes lesbiennes et ou féministes, prennent leur destin en main, au sein du mouvement LGBT et des organisations impliquées dans la défense des Droits Humains.

La publication est disponible en version PDF et en lecture seule sur le site de l’ILGA. Des versions papier peuvent être commandées contre paiement des frais postaux. Vous pouvez passer commande ou adresser vos suggestions et commentaires à Patricia Curzi Coordinatrice du Projet Femmes ILGA – adresse e-mail : women@ilga.org.

Le terme « lesbienne » se réfère à toute personne qui s’identifie comme lesbienne, bisexuelle, butch, androgyne, gouine, trans, queer ou qui ne veut pas être identifiée du tout.

Vous pouvez commander des copies imprimées en payant les frais d’envoi. Commandez ou faites vos suggestions à women@ilga.org

Lire la publication en ligne

http://www.ilga.org/news_results.asp?LanguageID=3&FileID=1271&FileCategory=11&ZoneID=14

L’été meurtrier

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L’été n’a pas été des plus calmes ! Des Outgames mondiaux de Copenhague ou de votre lieu de villégiature estival, vous n’avez peut-être pas tout suivi, mais certains n’oublierons pas de sitôt les évènements dramatiques qui ont durement frappé la communauté LGBT.

Comment ne pas être consterné par l’annonce du carnage qui a touché le Centre LGBT de Tel-Aviv où deux jeunes gens sont morts et une quinzaine de personnes blessées ? Même si Tel-Aviv est un lieu de libertés qui se construit beaucoup en opposition à Jérusalem, en Israël la violence est partout prête à exploser et les extrémismes religieux attisent les haines.
Cet acte de violence extrême a été fortement condamné par la population et les élus, le gouvernement de Shimon Pérèz en tête. Les motivations du tueur restent inconnues puisqu’il n’a toujours pas été arrêté, évitons de conclure trop hâtivement à un acte homophobe ; il serait tout de même étonnant que ce lieu ait été choisi au hasard.

Comment ne pas être saisi d’indignation et de colère en apprenant le passage à tabac d’une jeune lesbienne à Metz, en pleine rue et en plein jour, sans que personne ne daigne intervenir ? A Metz et partout en France où se produisent des agressions homophobes, nous sommes loin du Moyen Orient et de ses conflits, et pourtant pas à l’abri de la violence homophobe.
J’oscille entre révolte et inquiétude ; je fulmine de rage et d’impuissance devant ces lâches agressions et manifestations de machisme d’un autre temps et je suis inquiète de la passivité de la population française, incapable de porter secours à une personne en danger, une femme qui plus est, qui n’a strictement rien fait, rien dit, pour déchainer ainsi les foudres de son agresseur, si ce n’est être elle-même, c’est-à-dire libre et lesbienne.

Les mauvaises nouvelles, agressions, viols ou meurtres de lesbiennes, gays ou trans, un peu partout dans le monde, n’ont cessé de nous parvenir tout l’été.
Restons concernés et solidaires !

Alors, blasé-es ?

DSCF1454-150x150Pour vous, la Marche des Fiertés c’est : juste une marche de plus, plus la peine ou vous ne la manqueriez pour rien au monde ?

Les Marche des Fiertés d’Alger, de Dakar et du Caire n’auront pas lieu de sitôt.
Défiler pour revendiquer des droits ou la fierté d’appartenir à une minorité reste impensable dans de nombreux pays.
Même en Europe, c’est loin d’être gagné partout.
En Russie, le défilé de Moscou n’est pas autorisé et la poignée de manifestants qui s’acharne dans un contexte associatif divisé à se rassembler, s’expose à la fois aux violences policières et à la vindicte des opposants !

L’Union Européenne a légiféré pour protéger le droit de rassemblement des minorités, pourtant dans beaucoup de pays de l’est, défiler sans risque reste une gageure !
Participer, au sein d’une délégation de l’ILGA-Europe, à la gay pride de Budapest l’an dernier, c’était traverser une ville en compagnie d’une horde d’opposants et sous une pluie d’œufs pourris, de pierres et de cannettes de bière.
A la Baltic Pride de RIGA du 17 mai dernier, c’était défiler dans un parc et deux des quatre rues qui en font le tour, dans un quartier complètement fermé et sous haute protection policière.
Dans tous les cas, c’est se confronter à des environnements hostiles et prendre conscience que le chemin sera long avant que les LGBT d’Europe et à fortiori du monde entier, ne défilent partout, en toute liberté et sécurité.

A RIGA, cette année encore, la manifestation, en réalité un rassemblement d’environ 600 personnes, d’abord autorisée par la Mairie, a ensuite été annulée sous la pression d’une majorité des conseillers municipaux. L’association Mozaïka a saisi en référé le tribunal administratif qui a jugé que la Mairie portait atteinte à la liberté de rassemblement et autorisé la manifestation.
La stratégie de Mozaïka est exemplaire, l’association bénéficie du soutien diplomatique des ambassadeurs, des ONG telles qu’Amnesty International ou l’ILGA-Europe ; elle exige l’application des directives européennes et obtient une protection policière efficace lorsque justice lui est rendue.

En revanche, le saisissant face à face de part et d’autre des grilles du parc, entre les pacifiques manifestants LGBT et la horde de contre-manifestants qui a brutalement surgi à l’heure de la manifestation, n’aurait jamais dû se produire.
Vociférant des slogans haineux et brandissant d’odieuses pancartes, les opposants se pressaient contre les grilles du parc ; nombre d’entre eux filmaient dans le but d’exercer ensuite représailles et chantages et pensant ainsi décourager les personnes LGBT de s’afficher à l’avenir.

Cette contre-manifestation, pourquoi a-t-elle pu avoir lieu le même jour ? Pourquoi n’a-t-elle pas été dispersée ? N’est-il pas proprement scandaleux de laisser des fanatiques religieux et d’extrême droite ou même les dignes représentants d’une majorité bien pensante se rassembler pour nous menacer, insulter, intimider et agresser s’ils en ont l’occasion ?

Si nous éprouvons toujours le besoin de défiler une fois l’an pour affirmer la légitimité et fierté de notre orientation sexuelle ou identité de genre, c’est bien parce qu’il y a des lacunes en matière de prévention et d’éducation. Les autorités ne peuvent pas faire moins que de nous assurer une protection digne de ce nom et nous épargner de tels spectacles !
En France, le contexte nous est indéniablement plus favorable, ces dernières années, nous avons néanmoins déploré quelques incidents et même agressions, pendant la Marche.

D’année en année, des voix s’élèvent et mettent en doute l’utilité d’une marche revendicative alors que l’homphobie est désormais pénalisée et le Pacs entré dans les mœurs.
Est-il toujours opportun de marcher ?
Pour ma part, je considère que oui, l’égalité des droits reste un objectif à atteindre, en outre, les LGBTphobies ne vont pas disparaître de sitôt, enfin, nous ne sommes jamais à l’abri de retour-arrière politiques et sociaux.

Dans les pays ayant accordé le droit au mariage et à l’adoption aux personnes LGBT, la pride est néanmoins maintenue chaque année.

A Paris, j’ai l’intuition que nous continuerons longtemps de défiler fièrement et résolument, conscients des progrès accomplis mais vigilants et soucieux de devenir des citoyens en tous points égaux.