Nos combats LGBT

Par Christine Le Doaré, présidente du Centre LGBT de Paris IdF

l’UNAF hostile aux familles homoparentales

famille homo 1GAY PARENTS ADOPTIONL’UNAF (Union Nationale des Associations Familiales) invite les candidats à l’élection présidentielle à se positionner clairement sur la politique familiale qu’ils adopteraient s’ils étaient élus.

Le questionnaire de L’UNAF porte sur différents sujets économiques et sociaux liés à la vie des familles, mais, nous nous étonnons qu’à cette occasion, l’association en profite pour s’opposer à “l’assistance médicale à la procréation pour des motifs autres que médicaux” et pour se prononcer « contre l’extension des droits attachés au Pacs ».

Ces positions nous interpellent tant elles nous semblent homophobes.

Nous rappelons que de nombreux pays européens ont déjà ouvert l’AMP aux couples de lesbiennes et /ou aux femmes célibataires et que le PaCS étant le seul statut accessible aux couples de même sexe pour l’instant, il nous apparait légitime de demander son amélioration.

L’UNAF qui représente les familles et leurs intérêts serait t’elle hostile aux familles homoparentales ?

Ces familles existent dans une proportion non négligeable et rien ne justifie de les discriminer.

Un rassemblement sous le signe des retrouvailles

marcheLe projet de rassemblement de l’Inter-LGBT et du Centre LGBT Paris IdF à peine évoqué avait déjà fait couler beaucoup d’encre, dans une ambiance pour le moins délétère.
Ce n’est pas grave, l’essentiel c’est que peu à peu les procès d’intention, les suspicions, s’effacent, que le débat s’apaise et que les échanges sincères et sereins prennent place, afin que les risques liés au projet soient aussi bien évalués que les gains éventuels.

Des réunions sur le projet ont déjà eu lieu dans les différentes instances des deux structures qui ont voté la mise en place d’un groupe de travail paritaire assisté d’un juriste afin d’étudier la faisabilité de leur rapprochement.
Le 20 janvier, une réunion d’information et d’échanges était proposée aux associations membres du Centre LGBT Paris. Huit d’entre elles sur soixante quinze ont répondu présentes.
Le message est on ne peut plus clair, l’immense majorité les associations savent que l’étude de faisabilité d’un projet d’intention de rassemblement est à l’étude et elles comptent bien y contribuer en nous retournant dûment renseigné le questionnaire participatif que nous avons lancé. Elles seront informées, à chaque étape décisive et seront amenées à se prononcer, dans les instances de décisions, sur les hypothèses qui leur seront présentées. Alors pour l’instant, elles ont accordé un crédit confiance au Groupe de travail paritaire, sachant qu’il aura à cœur de défendre l’intérêt de chacune des deux structures et de nos luttes, dans un esprit constructif et solidaire.

Des débats, je retiens bien sûr les questions et inquiétudes exprimées en vue d’éviter des risques et des écueils, ils seront utiles au Groupe de travail.
J’ai aussi constaté un grand malentendu sur les mots « politique » et « apolitique ».

Le Centre LGBT, l’Inter-LGBT n’ont jamais été des associations politiques au sens de partisanes.
Si à une époque, elles ont été plutôt proches de l’extrême gauche pour le Centre et du PS pour l’Inter-LGBT, ce n’est plus vrai aujourd’hui. Ni l’une, ni l’autre ne sont inféodées à aucun parti.

Le Centre LGBT Paris est indépendant, il est heureux qu’en France, percevoir une subvention publique, ne soit pas synonyme d’ingérence politique ! En revanche, l’association a depuis sa création, été un espace militant, revendicatif et politique ; en effet, elle est tout à la fois : la Maison des associations LGBT (synergies inter-associatives), un lieu d’information, d’accueil et d’aide des publics (espace citoyen et solidaire) et un acteur des luttes contre les LGBTphobies et pour l’égalité des droits (action revendicative et politique).
Non, ce n’est pas uniquement un lieu d’accueil ; oui, toutes ses missions s’inscrivent dans une démarche revendicative et politique – dans le sens d’une participation active à la vie citoyenne – d’égalité des droits et de lutte pour les libertés et contre les violences et discriminations à l’encontre des populations LGBT.
Comment peut-on imaginer le contraire et croire que ce lieu n’aurait pour seule vocation que la mise à disposition d’espaces et de services ? Je doute que beaucoup de militants et même bénévoles aient pour vocation de devenir de simples prestataires de services !

L’Inter-LGBT est indépendante de tout parti politique ; elle est constituée de 60 associations – dont 5 groupes issus de partis politiques dont la voix ne compte pas plus que celles des autres – réunies en Conseil des associations qui décide par consensus et vote si besoin est, des thématiques à retenir pour la Marche des Fiertés comme pour les diverses campagnes à mener ; mais elle consacre également une part de son énergie aux synergies inter-associatives (Printemps des associations…).
L’association élabore une plate-forme revendicative pour atteindre l’égalité des droits, pour combattre les LGBTphobies (Rencontres avec les ministères…pour revendiquer une politique de prévention (scolaire, santé…) etc. Elle ne fait pas de politique au sens partisan ou politicien, elle vise l’égalité des droits. La différence est tout de même de taille.

Alors, si revendiquer l’égalité des droits est politique, si élaborer des politiques de prévention est politique, si lutter contre les LGBTphobies est politique, alors oui, nos deux structures, mais à l’instar de toutes les autres associations LGBT sont politiques. Faire du sport en s’affichant gay, lesbienne, bi ou trans c’est faire de la politique puisque cela contribue par une plus grande visibilité, à faire évoluer les mentalités.
La méfiance qui s’exprime vis-à-vis de l’Inter-LGBT cataloguée comme association politique et vis-à-vis du Centre LGBT qui ne devrait pas le devenir, me semble totalement relever d’une grande méconnaissance du fonctionnement et des missions de nos structures et au-delà de l’ incompréhension des mots politique / apolitique et partisan / non partisan, voire d’une vision très réductrice de l’engagement politique.

Toute personne concernée par le monde qui l’entoure et engagée dans une action fait de la politique, il n’est nullement besoin d’être encarté dans un parti pour cela.
Nos associations ne font pas de la politique partisane, elles ne sont pas encartées ni même apparentées ; en revanche, elles sont des vecteurs d’interpellation des partis politiques et de très puissants contre-pouvoirs politiques et c’est très différent.
Ceci-dit, je n’ai rien contre les partis politiques ; rien de péjoratif ni de négatif dans mon esprit ; l’exercice de la démocratie passe par une pluralité d’expressions et de programmes politiques qui se confrontent.
Mais nous ne fonctionnons pas de la même façon et si nous avons nécessairement des affinités avec ceux qui comprennent, relayent et défendent le mieux nos intérêts, ça s’arrête là, précisément là.

Entre nous, ne trouvez-vous pas étonnant que le plus souvent, ces confusions soient entretenues par ceux qui ne se privent pas de revendiquer dans leur vie publique-communautaire, leur appartenance à une tendance politique bien arrêtée (anarchiste, extrême-gauche, Verts, PS/PC, centre, droite…) ? Je m’interroge, que défendent-ils vraiment et à quelle indépendance politique font-ils donc référence ?
La résistance au changement n’est pas surprenante, il y a toujours des doutes, des craintes et de légitimes questionnements. Mais l’hostilité acharnée de certains est tout de même troublante.

Dans tous les cas, le débat ne consiste sûrement pas à opposer des prédicateurs de cataclysmes fantasmagoriques à de naïfs et incompétents rêveurs, mais bien à se mettre sereinement en mode projet pour étudier la faisabilité et le cas échéant les modalités de ce rassemblement.
C’est bien à nous d’en décider, rien, absolument rien n’empêche qu’une structure chapeau rassemblant nos missions actuelles et en créant de nouvelles, ne défende et représente à la fois les intérêts communs d’un lieu inter-associatif et d’accueil public ouvert à toutes et tous, dans le respect de toutes nos diversités, et ceux d’une plate-forme politique-citoyenne pour l’égalité des droits humains LGBT, œuvrant dans l’intérêt collectif. Il suffit de le rêver, de l’organiser et de s’en donner les moyens : retenir les missions dont tout le monde a besoin, choisir la forme juridique la plus pertinente, définir les modes de gouvernance les plus efficaces, etc. ; présenter le tout aux membres et aux instances de gouvernance et apporter tous les amendements nécessaires.

Consolider et développer toutes nos missions, en lancer de nouvelles, gagner en crédibilité et en puissance, devenir un interlocuteur à la hauteur des enjeux dans un contexte socio-économique de plus en plus violent, nous nous devons au moins de le tenter.
Ce projet aboutira ou pas, dans tous les cas, il aura permis à nos deux structures de se retrouver et de mieux se connaître et c’est déjà très positif.

Gays et lesbiennes boucs émissaires de l”Entente parlementaire”

Assemblée NationaleLes gays et les lesbiennes boucs émissaires des parlementaires UMP, c’est reparti !

Année présidentielle oblige, l’Entente parlementaire crée en 2006 est remise au goût du jour par Messieurs Nesme, député de Saône-et-Loire, et de Legge, sénateur d’Ille-et-Vilaine.

Et cette fois, ce sont 82 députés UMP et Nouveau Centre confondus, qui déclarent solidairement et publiquement leur opposition au mariage et à l’adoption pour les personnes homosexuelles dans un « Manifeste pour la défense du droit fondamental de l’enfant d’être accueilli et de s’épanouir dans une famille composée d’un père et d’une mère”.

Ces députés prétendent aussi que « … la République doit exclure toutes les formes de communautarisme ». Nous sommes bien d’accord, et bien loin de toute revendication communautaire, nous refusons le contrat d’union civil proposé dés 2007 par Nicolas Sarkozy mais jamais accordé, parce qu’il ne concerne que les seules personnes homosexuelles.

Nous voulons nous inscrire dans l’universel, aussi, revendiquons-nous l’ouverture du mariage aux couples de même sexe afin que chaque couple, indifféremment de son orientation sexuelle, puisse choisir le statut qui convient à son projet de vie.

Nous l’avons dit en fin de semaine dernière, à l’occasion de l’incident sur le « mariage gay » de Libération, et le redisons aujourd’hui, d’autant plus fort que l’Entente Parlementaire semble s’être quelque peu dégonflée depuis 2006, car alors elle était signée de 174 députés : les parlementaires conservateurs peuvent bien se réveiller, ils n’atteindront pas leurs scores d’antan, la société évolue, une majorité de français sont désormais favorables à l’ouverture du mariage aux couples de même sexe.

Si l’égalité des droits est un long chemin, nous ne sommes plus très loin d’aboutir et de rejoindre les pays progressistes qui ne se sont pas écroulés depuis que les gays et les lesbiennes peuvent s’y marier et adopter des enfants.

Non, nous ne serons pas les boucs émissaires de la politique française et souhaitons rassurer les députés de l’Entente parlementaire sur le fait que nous ne sommes en rien responsables de la perte du tripe AAA ni d’aucun autre cataclysme économique ou social auquel est confronté le pays.

Mariage gay n’est pas ouverture du mariage aux couples de même sexe !

IS989-009…A Peine annoncé déjà retiré… mais de toute façon, nous ne voulons pas de ce “mariage gay” là … !

Mariage gay et ouverture du mariage aux couples de même sexe, ne sont pas synonymes «

Le mariage gay fait son chemin à l’Elysée » !

La Une racoloseuse de Libération peut faire illusion un instant, à condition de se limiter à la lecture du titre.

Selon le quotidien – édition en ligne- le candidat Nicolas Sarkozy songerait à inclure l’union civile des homosexuels – des lesbiennes aussi ?- dans son programme de campagne.

Et le quotidien de donner dans la prophétie en confiant à ses lecteurs « qu’il ne fait plus de doute que sa décision est prise et qu’il va y aller… ».
Fort, bien, mais aller où ? Vers l’égalité des droits ? Pas vraiment à priori, car on comprend très vite, que le mariage gay en question n’est que l’Union civile déjà promise dés 2007.

Certes, ce statut ne serait pas très différent du mariage en matière de droits sociaux, successoraux, fiscaux et sociaux, mais il serait réservé aux seules personnes homosexuelles, comme s’il s’agissait d’une catégorie devant être classée à part, de la population française.

Même si certains utilisent ou ont utilisé maladroitement le terme de « mariage gay », nous l’avons pourtant déjà dit haut et fort, nous voulons l’égalité des droits.
Le Centre LGBT Paris IDF, comme la plupart des associations LGBT et en particulier l’Inter-LGBT, demandent que tous les statuts disponibles pour les couples (concubinage, PacS et mariage) soient ouverts à toutes et tous, indifféremment de leur orientation sexuelle.

C’est précisément à cette égalité des droits que les candidats de gauche se sont déjà engagés, alors, ne s’agit-il de la part de M. Sarkozy que d’une manœuvre électoraliste, aimablement relayée par Libération ?

M. Sarkozy peut toujours nous démontrer le contraire et quitte à se mettre à dos, une bonne partie de son électorat, comme des membres de son parti qui s’illustrent fréquemment par leurs propos homophobes, proposer dans son programme, non pas le mariage gay mais l’ouverture du mariage aux couples de même sexe.
Dans le cas contraire, nous continuerons de nous battre pour l’égalité des droits jusqu’à son accomplissement.

Scandale implants mammaires PIP, les Trans. concernées

existrans2011-yaggtv-200x200Le scandale des implants mammaires PIP – Les Trans. aussi concernéesL’affaire des prothèses « PIP» est proprement scandaleuse.

La démonstration est faite, une fois de plus, que prévaut dans notre pays, l’appât du gain, unique motivation de certains entrepreneurs qui, au mépris de tout principe de sécurité pour les utilisateurs concernés, sont prêts à vendre à peu prés n’importe quel produit pouvant s’avérer hautement toxique.
Mais que dire de la responsabilité des chirurgiens et des autorités sanitaires qui une fois de plus, pèchent par l’absence de contrôle des produits mis sur le marché, même fabriqués en France !

Toutes les personnes concernées par ces prothèses doivent vivre des moments d’angoisse à l’idée que même leur retrait ne leur garantit pas qu’elles ne déclenchent pas à leur tour, un cancer dû à ce gel toxique ; doivent-elles en plus être confrontées à des problèmes financiers ? Au moins 30 000 femmes qui devront retirer ces implants mammaires dangereux, seraient concernées en France.

Fort heureusement, les femmes qui après un cancer du sein ont bénéficié d’une chirurgie réparatrice seront prises en charge pour l’opération de retrait et de remplacement des prothèses ; il ne manquerait plus que ce ne soit pas le cas !
Mais, les femmes qui se sont fait implanter ces prothèses pour des raisons esthétiques, poussées en cela par une société qui fabrique de la norme et valorise dans les images publicitaires et l’industrie pornographique, des femmes aux seins volumineux voire parfois démesurés, sont prise au piège. La société patriarcale vous veut excitante et provocante, mais en cas de problème, débrouillez-vous ! Elles peuvent s’inquiéter et souhaiter retirer ces prothèses, voire les remplacer, il n’est pour l’instant pas prévu de les rembourser.

Des hommes ont également été traités avec ce gel, notamment dans le cas d’une réparation (cancer du testicule) ou d’une opération esthétique sur les testicules ; qu’est-il prévu dans ce cas ?

Enfin, les personnes trans. (M to F) dont on a peu parlé, sont concernées également.
A l’évidence, la pose d’implants mammaires dans leur cas fait partie intégrante du processus de réassignation de genre. Cette situation est particulièrement humiliante pour elles.
Il est indéniable que pour les personnes trans. la question dépasse l’enjeu esthétique et c’est bien au contraire, de leur intégration sociale et de leur estime de soi dont il s’agit.
Le retrait et le remplacement des implants mammaires des personnes trans. doivent, sans condition aucune, être pris en charge par la sécurité sociale.

Ce scandale sanitaire grave plonge une fois de plus beaucoup les victimes concernées dans un cauchemar de double peine.
Le Centre LGBT Paris-IdF demande la mise en examen de l’ancien charcutier, fondateur de la société « PIP » ; une réforme des procédures de contrôle de ces produits engagée sans tarder ; et au minimum, le retrait et le remplacement, intégralement pris en charge, de tout implant posé suite à une pathologie du sein et / ou une démarche de réassignation de genre.

Le manque de respect pour sa diversité menace l’humanité !

pape-benoit-xvi-10608603qmlzo_1902Ce qui menace l’humanité,
ne serait-ce pas plutôt le manque de respect de sa diversité ?

Benoît XVI est décidément un pape redoutablement intransigeant et dogmatique.
Lors des vÅ“ux au corps diplomatique du Saint Siège, il a déclaré : » le mariage homosexuel est l’une des menaces à la famille traditionnelle susceptibles d’ébranler l’avenir même de l’humanité ».

Cette brutale condamnation du mariage entre personnes de même sexe, ainsi assenée par le numéro un de l’église catholique, est tout de même stupéfiante.
Tout d’abord on peut se demander de quoi il se mêle et penser qu’il ferait mieux de s’occuper de son église et de ses scandales, pédophiles et autres.

Ensuite, il serait tout de même temps que le pape se rende à l’évidence.
Dans les pays qui ont étendu le mariage aux couples de même sexe, les hétérosexuels n’ont pas été convertis à l’homosexualité et les naissances n’ont pas chuté, au contraire puisque désormais, des bébés naissent aussi dans des familles homoparentales.

L’amour et l’engagement entre personnes de même sexe a toujours existé, que ces couples soient concubins, pacsés ou mariés ne change rigoureusement rien à la marche de l’humanité, en revanche, ça change leur vie.
En outre, une société qui a la volonté d’accepter ses diversités et minorités, d’abolir les discriminations et les violences, est une société de progrès et de vie.

Dans ces conditions on voit mal comment le mariage des couples de même sexe pourrait conduire l’humanité à sa perte.
A n’en plus douter, ce pape marche à contre-sens de l’histoire et quelques fanatiques mis à par, plus grand monde ne trouve crédible de telles déclarations.

Au Centre LGBT Paris-IdF nous conseillons à Benoît XVI de s’intéresser aux affaires de l’église plutôt qu’à celles des sociétés civiles et de leurs états et nous pouvons l’orienter en cas de nécessité, vers d’excellentes associations capables de l’aider à mieux assumer l’homosexualité qui pourrait bien être la sienne, si l’on en croit plusieurs témoignages et le dernier en date de la théologienne allemande, Uta Ranke-Heinemann.
Ceci pouvant bien entendu, expliquer l’obsessionnel combat de Benoît XVI contre l’homosexualité.

En France, nous le savons ce n’est plus qu’une question de temps avant que nous ne rejoignons les autres pays progressistes qui ont ouvert le mariage aux couples de même sexe.
Ainsi pourrons-nous aussi, avoir le choix selon nos projets de vie, entre le concubinage, le Pacs ou le mariage, sans que pour autant la société ne s’effondre autour de nous et de nos histoires de couple ou de famille.

Inter-LGBT et Centre LGBT Paris-IdF, vers le rassemblement

contre le sidaInter-LGBT et Centre LGBT Paris-IdF

Vers le rassemblement

Les deux fédérations LGBT franciliennes que sont le Centre LGBT Paris-IDF et l’Inter-LGBT ont décidé de créer un groupe de travail paritaire pour réfléchir au rapprochement des deux structures.

Des points communs, des synergies
Nous avons des missions différentes mais très complémentaires. L’Inter-LGBT organise la Marche des Fiertés de Paris, le Printemps des associations et coordonne le travail politique et institutionnel (élaboration inter-associative des revendications). Le Centre LGBT Paris-IdF est un lieu de ressources : c’est la « Maison des associations LGBT » mais également une structure qui assure des missions destinées aux publics LGBT (accueil et permanences sociales, santé, psy, aide juridique, emploi… ou encore, activités culturelles, festives ou de loisir) et qui participe aussi aux luttes LGBT pour l’égalité des droits et contre les discriminations.
Bien entendu, nos structures fonctionnent différemment, mais nous avons globalement le même tissu associatif : le Centre LGBT Paris-IDF regroupe 75 associations, l’Inter-LGBT une soixantaine et environ 35 sont membres des deux structures.

Se rassembler pour être plus visibles, plus lisibles et plus forts
Le grand public, comme le public LGBT, ne fait pas la différence entre nos deux organisations dont les revendications et les valeurs sont communes. Les objectifs de ce projet sont simples :
• mutualiser nos ressources pour rendre le mouvement LGBT plus visible et plus lisible
• donner les moyens et des outils tant au mouvement LGBT en général qu’aux associations LGBT pour se développer

Ainsi, il ne s’agit pas seulement d’additionner nos missions et nos actions, mais d’en inventer de nouvelles, nées de la réunion de nos deux structures et des synergies qui en découleront. Le tout pour garantir le maintien des droits et libertés acquis comme pour continuer d’en gagner d’autres.

Le début d’un processus de discussion
A l’évidence, pour garantir le succès d’un tel projet, tout doit être examiné soigneusement : toutes les missions actuelles doivent être sécurisées et même renforcées, des nouvelles missions peuvent d’ores et déjà être définies, d’autres prendront corps dans le temps. Le mode de gouvernance comme le mode de financement, la forme juridique retenue également, sont autant de points clé.
Nos deux organisations ont pris à ce jour deux décisions :
• adopter un projet d’intention
• mandater un groupe de travail paritaire pour étudier la faisabilité et les modalités d’un tel projet, avec l’aide d’un juriste spécialisé.

Ce groupe de travail rendra compte régulièrement de l’état d’avancement de ses travaux aux instances de gouvernance de l’Inter-LGBT et du Centre LGBT Paris-IdF. Dans tous les cas, des votes en Assemblée Générale et Conseil des Associations seront nécessaires à l’adoption d’un projet final.

Ce projet de rassemblement entre nos deux structures, souvent évoqué et enfin initié doit être pris comme une opportunité à saisir pour nos associations et nos combats.

Contact presse :
Nicolas Gougain, Inter-LGBT, porte parole : 06 77 87 37 00, nicolas.gougain@inter-lgbt.org
Christine Le Doaré, Centre LGBT Paris-IdF, présidente : 06 89 33 78 07, cledoare@noos.fr

Lettre ouverte à un « escort boy, tapin occasionnel…»

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Lettre ouverte à un « escort boy, tapin occasionnel…»
qui pratique avec légèreté, la diffamation et l’incitation à la haine

Cher C. M.

Si vous ne le savez pas, je vous informe que votre lettre adressée à tous les « président-e-s et responsables de groupes et associations LGBT … » de France et amplement circulé sur le Net et de toutes les façons possibles, est un document public dont les termes mensongers et violents sont susceptibles d’être retenus pour une action en diffamation, voire même pour incitation à la violence et à la haine.

Mais ce n’est pas vraiment ce dont, dans un premier temps, je souhaite vous entretenir ici.
Et pour vous ménager, je ne laisse que vos initiales dans ce courrier auquel je réponds et qui est publié ci-dessous.

Vous mentionnez dans ce courrier votre passage au CGL de la rue Keller qui vous a aidé à assumer votre homosexualité. En effet, c’est depuis le début l’une des missions du Centre que d’accueillir chaque année des milliers de personnes, pour les informer, orienter, assister dans différentes démarches. Si vous connaissiez le CGL vous n’ignorez pas que des problèmes de gestion l’avaient conduit au bord du dépôt de bilan, avant que je ne prenne la responsabilité d’une petite équipe, pour le sauver puis l’installer rue Beaubourg où il se porte désormais fort bien. Ne serait-ce que par respect pour la somme de travail accompli, de façon intégralement bénévole, vous pourriez vous exprimer avec un peu plus de respect.

Des personnes en situation de prostitution et moins occasionnellement que vous, nous en voyons fréquemment ; elles sollicitent nos permanences santé, sociales, aide à l’emploi, juridique et psy pour y trouver une écoute et /ou une aide, et nous sommes donc en mesure d’évaluer la réalité des différentes situations, très différentes s’il s’agit d’un petit roumain de la gare de l’Est, d’un escort de luxe et d’une prostituée africaine déplacée par un réseau mafieux.
Mais surtout, pour avoir discuté avec nombre d’entre elles-eux et m’être personnellement intéressée à la question, je peux vous rassurer au moins sur un point, pas plus que les membres de notre équipe, je ne porte à vôtre -ni leur- encontre, le moindre jugement, ni ne suis animée du moindre mépris, bien au contraire, je vous – et les – respecte en tous points.
Vous affirmez le contraire et citez des mots sortis de tout contexte. J’ai écrit des textes et des commentaires sur cette question, ils sont toujours sur mon blog hébergé sur Têtue.com ou sur ma page Facebook et je le crois, le sens de mes propos est assez clair. Sur la page Facebook du Centre LGBT Paris-IdF sachez que d’autres personnes ont eu les codes d’accès qui ne sont pas changés tous les jours ; vous ne pouvez pas ignorer non plus que sur le Net n’importe qui peut réaliser un trucage.
A l’évidence, vous avez sorti ces mots de leur contexte ; admettez-le, ne signifient pas du tout la même chose les deux expressions suivantes dans lesquelles on trouve pourtant le même mot : « les prostitué-e-s ne sont que de sordides déversoirs à sperme ! » et «comment peut-on condamner une personne à n’être toute sa vie qu’un déversoir à sperme ? ».

La pratique qui consiste à isoler un mot de son contexte, à tenter de faire dire à une personne l’inverse de ce qu’elle veut dire n’est pas rare, elle n’honore jamais son auteur.

Mais surtout et infiniment plus important, ce que je veux vous dire tient en cinq points.

- 1. Je doute que les gays, et même les trans, soient à même de nous parler de la prostitution dans sa globalité, étant donné qu’à une écrasante majorité pour ne pas dire quasi-totalité, les prostitué-e-s sont des femmes.
En outre, les personnes prostituées sont à 80% des personnes étrangères ; les déplacements de population massifs ou traite sont organisés par des réseaux mafieux. Dans les 20% restant, certaines personnes sont victimes de réseaux et trafics également, d’autres sont inféodées à des proxénètes ; au final très peu sont « libres » et à la marge, très peu nombreux, sauf à Paris, sont les prostitués masculins.
Les escorts masculins ne sont donc pas représentatifs de cette question. Ils défendent leur business à grand renfort de médiatisation, mais ne vous en déplaise, ceci ne vous – leur confère en rien une quelconque légitimité pour porter les revendications des femmes prostituées.

- 2. La question de la prostitution peut-elle seulement être rapportée à une question de liberté individuelle ? Où est la part de liberté dans la vente, non pas de sa force de travail intellectuelle ou physique, mais de son intimité sexuelle et de l’affirmation qu’il s’agit d’un travail comme un autre ? Qui fixe les tarifs ? Qui assure des dangers ? Que pèse vraiment la manne financière de l’exploitation sexuelle et qui en profite ?
Ne s’agit-il pas tout simplement du paroxysme de l’exploitation de l’homme par l’homme et le plus souvent de la femme par l’homme ? Qui peut affirmer que sans argent il y aurait de la prostitution ? Se prostituer par plaisir et sans aucune contrepartie, une invention romanesque, mais à part ça ?…
Les dernières études ont révélé que la plupart des personnes prostituées avaient subi des violences sexuelles dans l’enfance, il pourrait aussi s’agir dans certains cas, notamment parmi les prostitué-e-s qui parlent de choix, d’une tentative de se « réparer ».
Je considère et suis bien loin d’être la seule à penser de la sorte, qu’avec la prostitution, c’est bien l’esclavage qui survit dans nos sociétés.

En outre, une seule femme prostituée et ce sont toutes les femmes qui sont en danger. Aucun enfant élevé dans une société dans laquelle le corps d’une femme peut être acheté pour assouvir une pulsion sexuelle ne pourra jamais concevoir l’égalité réelle entre les femmes et les hommes, ni entre êtres humains.

C’est pourquoi, dans tous les cas, la question de la prostitution n’est pas une question individuelle, mais une question collective de choix de société. La vraie question c’est, dans quelle société voulons-nous vivre ? Dans une société patriarcale où « le plus vieux métier du monde » – aussi vieux que le patriarcat lui-même – consiste à garantir, et ce quoi qu’il arrive, que des corps de femmes seront toujours à la disposition des hommes qui peuvent se les payer, ou à l’inverse, voulons-nous évoluer vers une société moderne, égalitaire et en matière intime, affective et sexuelle, basée sur le désir – ce qui exclue nécessairement tout achat de consentement sexuel – ?

- 3. Les personnes un tant soit peu responsables et adultes, et je pense bien en faire partie, respectent les parcours des personnes qui pour une raison ou une autre se prostituent et savent que la prostitution ne disparaîtra pas du jour au lendemain. Seulement, elles aspirent à un autre projet de société et veulent que chaque personne y trouve sa place, la place dont par exemple chacun-e rêve pour ses enfants ou ceux des autres.
Il ne s’agit donc pas de réprimer les personnes prostituées mais de les protéger des prédateurs, aussi des clients pas toujours aussi glamours que vous voulez bien nous le faire croire, surtout des agressions et diverses violences, des maladies « professionnelles » et diverses addictions, de la dépression et du suicide…
Il s’agit de leur proposer d’autres alternatives, des formations, une réinsertion…
Il s’agit aussi et surtout de pénaliser les clients et tarir la demande en responsabilisant les consommateurs ; mais je vous rassure, si vous avez pris le temps de lire le texte de loi, vous avez lu comme moi, qu’il est prévu des mesures progressives et relativement douces, telles que la proposition de stages de sensibilisation par exemple. Bref, il ne s’agit pas de violences, bien au contraire.
Soyons réalistes et honnêtes, la prostitution n’est pas le conte de fées auquel vous tentez de nous faire croire, toutes les personnes prostituées le disent, quand elles doivent y retourner le lendemain, elles se racontent des histoires, ben oui, faut bien assumer ; en revanche, quand elles ont tourné la page, elles n’hésitent pas à parler de « viol payant » et de soulagement ; pas besoin de vous faire un dessin je pense ?

- 4. Il faut vous réveiller et vous rendre à l’évidence. Depuis la toute récente Convention abolitionniste qui a rassemblé une bonne cinquantaine de structures associatives, le copieux et particulièrement édifiant Rapport parlementaire, la Résolution de réaffirmation de la position abolitionniste de la France adoptée à l’unanimité à l’Assemblée Nationale par des députés Verts, PC, PS … et la proposition de loi déposée, nous avons changé de registre et de dimension. Il ne s’agit plus vraiment de savoir s’il faut être contre ou pour la prostitution mais de discuter des mesures proposées : faut-il les renforcer, les compléter, au contraire en retirer, lesquelles sont insatisfaisantes voire néfastes… ?

- 5. Enfin, et ça il faudrait tout de même que vous l’entendiez une bonne fois pour toutes. La question de la prostitution n’est en rien une question LGBT, il faut cesser de nous faire croire que si l’on est gay, lesbienne, bi ou trans, on est automatiquement en faveur de la réglementation de la prostitution. C’est évidement faux et ça n’est que pure manipulation. Sur cette question de société, comme sur la question de la GPA d’ailleurs, deux questions qui relèvent de l’appropriation du corps des femmes, vous trouverez des abolitionnistes et des réglementaristes en proportions identiques parmi les LGBT et dans le reste de la population et surtout de nombreuses personnes sans opinion arrêtée.
Alors cessez s’il vous plait de nous imposer vos croyances et/ou manipulations avec force hurlements, menaces et chantages. Ces gesticulations ne servent à rien si ce n’est à renforcer les positions contraires aux vôtres.
Si vous pouviez voir le nombre de témoignages et messages de remerciements que je reçois pour continuer d’affirmer malgré les menaces constantes, des positions qui, je veux bien le croire, dérangent votre business, mais les clients surtout, vous seriez stupéfaits.

Alors, si vous devez juger les responsables associatifs LGBT quels qu’il soient, c’est sur leur seul bilan de gestion, d’organisation et politique en faveur des droits et des libertés LGBT et contre les LGBTphobies ; pour le reste, chacun a le droit à la liberté d’opinion et d’expression qui est la sienne ; rien ni personne n’oblige, sur les questions qui ne relèvent pas directement des droits LGBT, des responsables associatifs à abonder dans votre sens. Et d’ailleurs, sachez-le, même en matière de droits LGBT il existe aussi des divergences entre les militants ; si les débats devaient prendre cette tournure, plus personne ne s’engagerait !
Un dialogue ne consiste ni à imposer violement ses points de vue ni à menacer et encore moins à, sûr de son bon droit, arroser de ses invectives et incitations à la violence, la terre entière.
[Les quelques membres frustrés ayant rejoint avec complaisance et démagogie, une certaine page Facebook appelant avec le succès que l’on sait à ma démission (!) - toujours pour cette question de la prostitution -, s’adonnent de la même façon à la diffamation et à l’incitation à la haine. S’agit-il de militants LGBT ? Ceux qui se seraient battus pour que soient adoptées des lois contre l’incitation à la haine homophobe ? Permettez-moi d’en douter !].

En conclusion, traiter de la question de la prostitution en dehors de toute analyse sociopolitique féministe de déconstruction du patriarcat n’a rigoureusement aucun sens si ce n’est celui de renforcer la domination masculine. Votre courrier en est une preuve supplémentaire.

Alors, avec tout le respect que je vous dois, car si je n’ai pas du tout le même avis que vous sur cette question, contrairement à vous, je ne prétends pas que « vous délirez », je vous invite vivement à balayer devant votre porte et à rempocher vos « coups de pieds dans le cul » et autres incitations à la violence qui pourraient bien vous valoir de la part de personnes moins indulgentes que moi, une plainte en diffamation et incitation à la haine, et il en va de même pour les deux associations dont vous vous revendiquez.

Christine Le Doaré, présidente du Centre LGBT Paris IdF

Le 8 decembre 2011,
à Paris.

à l’attention des Présidents/es d’associations, mouvements, ou groupes, le cas échéant leurs représentants.

Mesdames, messieurs, présidents, présidentes, représentants d’associations LGBTQI.

C’est avec une grande détresse et le cœur lourd d’inquiétude que je vous écris en ce jour, moi, Escort-boy, tapin occasionnel, acteur pornographique, bref, travailleur du sexe. Vous ne pouvez qu’avoir lus, entendus, ou eu vent des déclarations pour le moins incendiaires et insanes de madame Le Doaré, présidente du CLGBT île de France. Je ne m’avancerais pas à parler au nom de tous les travailleurs du sexe, qui par ailleurs sont bien trop occupés en ce moment à défendre leur droits pour prêter attention aux divagations perverses d’une femme gravitant sur orbite complètement éloignée de celle que lui attribue sa fonction. Je vous ferais donc part ici de mon propre ressenti et de mes propres inquiétudes.

L’actualité politique et médiatique est en ce moment est braquée sur le secteur d’activité que j’exerce. Mis sur le devant de la scène, stigmatisé, aliéné, je suis de toute part dans l’obligation de justifier mes choix de vie et mes actes, ce qui, je vous l’avoue, n’est pas de tout repos et profondément dur moralement. À vrai dire, j’ai déjà vécu cette situation : lors de mon coming out, quand j’ai du imposer, parfois par la force, à mes amis, et à mon entourage, que j’étais gay et fier de l’être, que ce n’était pas une maladie ou une passade. Et ce combat recommence aujourd’hui. Je puis le mener à bien, car j’ai foi en mes choix et je les assume. Simplement, me battre contre l’état, son gouvernement, et ses manouvres perverses, réclame une attention complète et une force d’esprit impressionnante, que je ne peux me permettre de diviser.
Diviser pour quoi ? Pour une chose aberrante. Diviser mes forces pour lutter contre les propos diffamants, insultants, et révoltants, de la présidente du CLGBT, institution qui m’a grandement aidé à faire mes premiers pas à paris après mon coming out, qui, directement ou par le biais de structures lui étant affiliées, m’a appris à accepter mon homosexualité et à la vivre pleinement. Je suis navré de constater que la personne censée représenter le CLGBT, où œuvrent ensemble tous les représentants de la communauté LGBTQI pour leurs droits et leur existence, soit si loin de se rendre compte que dans le milieu du travail du sexe, la TOTALITE de cette même communauté LGBTQI est présente, et que ses propos absolument immondes les atteignent comme des poignards dans le cœur, moi le premier.

Je suis outré et sidéré de lire des propos tels que « réceptacle à sperme », « déversoir à sperme », « barbare », et je me demande : en tant que présidente du CLGBT, elle est censée exprimer le point de vue de toute sa structure et de toute sa communauté, alors, toute la communauté LGBTQI pense-t-elle que ses membres qui sont travailleurs du sexe sont des « déversoirs à sperme » ??? Jusqu’à présent, madame Le Doaré s’est toujours exprimé de façon incendiaire au sujet des travailleurs du sexe militant pour leur droit, sans jamais être reprise à l’ordre par les membres de son centre ou même enjointe par les associations de l’inter LGBT à se modérer ! Qui plus est, désormais, nous sommes hélas sortis du contexte -qui fut un moment comique- de madame Le Doaré délirant toute seule sur son blog. Actuellement, ces propos outrageants et abjects sont directement exprimés via la page facebook officielle du CLGBT. Donc, vous conviendrez qu’il est censé de ma part de croire que sont point de vue est entièrement partagé par les membres de ce même CLGBT et non contesté par l’inter LGBT via son absence de réaction.

Mais enfin ! Qu’attendez vous pour -pardonnez moi l’expression- la museler !!! Ou la dégager à grand coups de pied dans le cul ! J’en ai assez d’être insulté par cette femme, qui porte atteinte à ma dignité et assez qu’elle insulte mes confrères et consœurs qui n’ont pas forcément la même carapace que moi et se sentent profondément insultés et bafoués par de tels propos ! J’enjoint donc la totalité des associations LGBTQI à se mobiliser pour enfin obliger madame Le Doaré à quitter son poste. Il est temps. La comédie dramatique a assez duré !

C. M.
@live.fr

06
Escort boy.

Membre du STRASS paris.
Militant à Act-Up Paris.
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ONU -Discours historique en faveur des Droits LGBT

Clinton speeach

ONU, discours historique en faveur des Droits Humains des personnes LGBT
 
 
Le Centre LGBT Paris IdF a prêté une oreille attentive à l’allocution prononcée à Genève, devant l’ONU, mardi 6 décembre, par Mme Clinton, Secrétajire d’Etat américaine, à l’occasion de la Journée internationale des Droits Humains qui célèbre l’anniversaire de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme adoptée en 1948.
 
Mme Clinton a pour ainsi dire, consacré l’intégralité de son discours, à la défense des Droits Humains LGBT dans le monde.
 
Elle s’est engagée avec force et conviction à mobiliser un soutien international en faveur de la « minorité invisible » que constitue l’ensemble des personnes LGBT et a affirmé que ceci constituait une priorité pour la politique étrangère de son pays. 

 
Elle a déclaré : » …Enfin, aux hommes et aux femmes LGBT de par le monde, je voudrais dire ceci : partout où vous vivez et quelles que soient les circonstances de votre vie, que vous soyez connectés à un réseau ou à un groupe de soutien ou que vous vous sentiez isolés et vulnérables, sachez que vous n’êtes pas seuls. Dans le monde entier, il y a des gens résolus à vous soutenir et à mettre un terme aux injustices et aux dangers que vous rencontrez. … »

Dans un long, convaincant et même passionnant discours, elle a dénoncé la marginalisation, les discriminations et les violences subies par les lesbiennes, les gays, les bisexuels et transgenres dans de nombreuses parties du monde.

 
Elle a déclaré que « Les violences contre cette minorité ne sont pas culturelles, mais criminelles et qu’être Lesbienne Gay, Bi ou Trans ne devrait jamais être considéré comme un crime ».
 

Elle a annoncé un plan de lutte : « … À Washington, nous avons créé un groupe de travail au département d’État pour soutenir et coordonner ce travail… nous allons fournir à chaque ambassade une panoplie d’outils qui l’aideront à renforcer son action. En outre, nous avons créé un programme qui offre un soutien d’urgence aux défenseurs des droits des personnes LGBT. Ce matin, à Washington, le président Obama a mis en place la première stratégie conçue par un gouvernement des États-Unis pour lutter contre les atteintes aux droits des personnes LGBT à l’étranger. … le président a demandé à tous les organismes fédéraux engagés à l’étranger de lutter contre la criminalisation du statut et du comportement LGBT, de redoubler d’efforts afin de protéger les réfugiés et demandeurs d’asile LGBT vulnérables, de s’assurer que notre aide étrangère favorise la protection des droits des LGBT, d’enrôler des organisations internationales dans la lutte contre les discriminations et de réagir rapidement aux abus commis contre les personnes LGBT…. »

Il faudra bien sûr que ces mesures soient efficientes, mesurables et appliquées de façon constante et universelle,  mais d’ores et déjà, nous tenons à saluer comme il se doit Mme Clinton pour la pertinence et la force de ce discours engagé dont nous reproduisons ci-dessous la traduction.
 

 
Traduction du discours de Mme Clinton

« …  Aujourd’hui, je voudrais vous parler du travail qui nous reste à accomplir pour protéger une catégorie de personnes encore privées de leurs droits fondamentaux dans trop d’endroits à travers le monde d’aujourd’hui.

À bien des égards, elles forment une minorité invisible. Elles sont arrêtées, tabassées, terrorisées, exécutées même. Beaucoup sont traitées avec mépris et violence par leurs compatriotes, tandis que les autorités chargées de les protéger détournent leur regard ou, trop souvent, participent aux mauvais traitements qui leur sont infligés. Elles se voient privées des possibilités de travail et d’éducation, chassées de leur foyer et de leur pays et contraintes de dissimuler leur nature, voire de la nier, pour se protéger.

Je parle des homosexuels, des lesbiennes, des bisexuels et des transsexuels – des êtres humains nés libres et qui se sont vu donner, conférer l’égalité et la dignité, et qui ont le droit de les revendiquer. C’est bien l’un des derniers défis de notre époque en matière de droits de l’homme.

J’aborde ce sujet sachant pleinement que le bilan de mon propre pays sur ce thème est loin d’être parfait. Jusqu’en 2003, c’était encore un crime dans certains endroits. Beaucoup d’Américains LGBT ont été en butte à des violences et au harcèlement. Pour certains d’entre eux, y compris beaucoup de jeunes, le harcèlement psychologique et l’exclusion font partie de leur quotidien. Les États-Unis, comme tous les pays, ont encore du pain sur la planche pour protéger les droits de l’homme sur leur territoire.

Je sais bien que cette question est délicate pour beaucoup de gens et que les obstacles à la protection des droits de l’homme de la communauté LGBT sont ancrés dans des convictions personnelles, politiques, culturelles et religieuses profondes. Je m’adresse donc à vous avec respect, compréhension et humilité. Même s’il n’est pas facile de progresser dans cette voie, nous ne pouvons pas pour autant tarder à agir.

Dans cet esprit, donc, je veux soulever les questions difficiles et importantes auxquelles nous devons nous attaquer ensemble pour parvenir à un consensus mondial qui tienne compte des droits fondamentaux de tous les membres de la communauté LGBT, en tous lieux.
 

La première question touche le cÅ“ur du sujet. D’aucuns avancent que les droits des homosexuels et les droits de l’homme sont deux affaires séparées et distinctes. En fait, ils ne font qu’un.

Évidemment, il y a 60 ans, les gouvernements qui rédigèrent et adoptèrent la Déclaration universelle des droits de l’homme n’avaient pas réfléchi à la manière dont elle s’appliquait à la communauté LGBT.

Ils n’avaient pas pensé non plus à la manière dont elle s’appliquait aux populations autochtones ou aux enfants ou aux handicapés ou aux autres groupes marginalisés.

Or au cours des 60 dernières années, nous avons fini par comprendre que les membres de ces groupes avaient droit à la pleine mesure de la dignité et des droits parce que, au même titre que tout le monde, ils partagent une humanité commune.

Cette prise de conscience ne s’est pas produite du jour au lendemain. Elle a évolué au fil du temps et, ce faisant, nous avons compris que nous honorions des droits qui avaient toujours existé, au lieu d’en créer de nouveaux ou spécialement pour ces personnes. Tout comme le fait d’être une femme ou d’appartenir à une minorité raciale, religieuse, tribale ou ethnique, le fait d’être LGBT ne vous rend pas moins humain. Voilà pourquoi les droits des homosexuels sont des droits de l’homme, et les droits de l’homme ceux des homosexuels.

Les droits de l’homme sont bafoués quand des gens sont battus ou tués en raison de leur orientation sexuelle, ou parce qu’ils ne se conforment pas aux normes culturelles imposant ce à quoi les hommes et les femmes doivent ressembler ou comment ils doivent se comporter. Les droits de l’homme sont bafoués quand des gouvernements déclarent l’homosexualité illégale ou laissent impunis ceux qui font du mal aux homosexuels. Les droits de l’homme sont bafoués quand des lesbiennes ou des transsexuelles sont soumises à des viols dits de correction ou qu’elles se font infliger des traitements hormonaux, quand des homosexuels se font assassiner après des appels publics à la violence contre eux ou quand ils sont contraints de fuir leur pays et de demander l’asile ailleurs pour avoir la vie sauve.

Et les droits de l’homme sont bafoués quand des soins d’importance vitale sont refusés à des personnes parce qu’elles sont homosexuelles, ou quand l’accès égal à la justice leur est refusé parce qu’elles sont homosexuelles ou quand la place publique leur est interdite parce qu’elles sont homosexuelles. Peu importe notre aspect, nos origines ou notre identité : nos droits fondamentaux et la dignité humaine nous appartiennent à tous.

La seconde question est celle de savoir si l’homosexualité est le fait d’une région particulière du monde. Certaines personnes semblent penser qu’il s’agit d’un phénomène occidental et que, partant, ceux qui vivent en dehors de l’Occident ont un motif pour le rejeter. En réalité, les homosexuels naissent et ont leur place dans toutes les sociétés du monde. Ce sont des gens de tous âges, de toutes races et de toutes religions. Ils sont médecins et enseignants, agriculteurs et banquiers, soldats et athlètes. Que nous le sachions ou non ou que nous le reconnaissions ou non, ce sont des membres de notre famille, nos amis et nos voisins. Être gay n’est pas une invention occidentale. C’est une réalité de l’humanité.

Et protéger les droits de l’homme de tous les gens, gays et hétérosexuels, n’est pas le seul fait des gouvernements occidentaux. La constitution de l’Afrique du Sud, rédigée après le démantèlement de l’apartheid, protège l’égalité de tous les citoyens, y compris des homosexuels. En Colombie et en Argentine, les droits des gays bénéficient également de la protection de la loi. Au Népal, la Cour suprême a décrété que l’égalité des droits s’appliquait aux citoyens LGBT. Le gouvernement de la Mongolie s’est engagé à faire adopter de nouvelles lois contre la discrimination envers les homosexuels.

D’aucuns s’inquiètent que la protection des droits de l’homme de la communauté LGBT ne soit un luxe que seules les nations riches peuvent se permettre. Mais en fait, quel que soit le pays, il y a un prix à payer quand on ne protège pas ces droits, quand la maladie et la violence coûtent la vie à des individus tant gays qu’hétérosexuels, quand des voix et des opinions sont réduites au silence alors qu’elles pourraient enrichir les communautés, et quand des projets d’entreprise ne se concrétisent jamais parce que le hasard veut que leurs auteurs soient gays.

Des coûts sont assumés chaque fois qu’un groupe est traité en inférieur, qu’il s’agisse de femmes, de minorités raciales ou religieuses, ou de gays, de lesbiennes, de bisexuels ou de transgenres. L’ancien président Mogae du Botswana a récemment noté qu’aussi longtemps que les individus LGBT seraient relégués dans l’ombre, il ne saurait y avoir de programme de santé publique efficace contre le VIH et le sida. Et cela est tout aussi vrai par rapport aux autres défis.

Le troisième problème, et peut-être celui qui est le plus difficile, est celui des valeurs religieuses ou culturelles dans lesquelles certains se drapent pour bafouer ou pour ne pas protéger les droits des LGBT. Cela n’est guère différent de la justification invoquée pour les pratiques violentes exercées à l’égard des femmes telles que les crimes d’honneur, l’immolation des veuves ou la mutilation génitale féminine. Certains défendent encore ces pratiques dans le cadre des traditions culturelles, mais la violence contre les femmes n’est pas culturelle : elle est criminelle – de même, l’esclavage qui autrefois était justifié au nom de Dieu est maintenant honni comme il se doit en tant que violation immorale des droits de l’homme.

Dans chacun de ces cas, nous avons appris qu’aucune pratique ou tradition ne peut éclipser les droits de l’homme qui nous appartiennent à tous.

Et cela s’applique aussi aux LGBT, qu’il s’agisse de la violence qui leur est infligée, de la criminalisation de leur statut ou comportement, de leur expulsion de leur famille et de leur communauté, ou de l’acceptation tacite ou explicite de leur exécution.

Il est bon de noter évidemment qu’il est rare qu’une tradition culturelle ou un enseignement religieux s’avère incompatible avec la protection des droits de l’homme. En effet, notre religion et notre culture sont sources de compassion et d’inspiration à l’égard de nos concitoyens de toute la planète. Ceux qui ont invoqué la religion pour justifier l’esclavage n’étaient pas les seuls à l’invoquer : ceux qui ont voulu abolir l’esclavage l’ont invoquée aussi.

Et gardons à l’esprit le fait que notre engagement à protéger la liberté de religion et à défendre la dignité de la communauté LGBT émane d’une même source. Pour la plupart d’entre nous, la foi et la pratique religieuses nous donnent un sens et une identité, et sont fondamentales à notre personne. De même, pour la plupart d’entre nous, les liens d’affection et de famille que nous forgeons nous donnent également un sens et une identité, et notre attachement à d’autres reflète notre pleine nature humaine. Car cette expérience humaine est universelle et les droits de l’homme sont universels et identiques dans toutes les religions et toutes les cultures.

Le quatrième aspect est la leçon que l’histoire nous a apprise eu égard à la réalisation de progrès pour garantir les droits de tous. Le progrès commence par un débat honnête. D’aucuns diraient, et pensent, que tous les gays sont des pédophiles, que l’homosexualité est une maladie que l’on peut attraper ou qui peut être guérie, ou encore que les gays peuvent recruter d’autres personnes pour devenir gays à leur tour.

Eh bien, ces notions sont tout simplement erronées. Mais elles ne disparaîtront pas si on feint d’ignorer ceux qui les avancent ou les acceptent sans les inviter à parler de leurs craintes et de leurs inquiétudes. Personne n’a jamais cessé d’être convaincu d’une chose parce qu’on l’y contraignait. Les droits de l’homme universels comprennent la liberté d’expression et la liberté de conviction, même si par nos paroles et nos croyances nous dénigrons l’humanité des autres. Cependant, bien que nous soyons tous libres de croire en tout ce que nous voulons, nous ne pouvons pas faire tout ce que nous voulons – pas dans un monde où nous protégeons les droits de l’homme de tout un chacun.

Il faudra plus qu’un discours pour parvenir à une entente sur toutes ces questions. Il faudra une conversation. En fait, il faudra toute une suite de conservations, qui se tiendront dans des forums grands et petits, et il faudra faire preuve de bonne volonté pour lancer un dialogue sur la base des différences profondes entre les croyances, au lieu de d’éviter de l’entamer. Mais le progrès provient aussi des changements dans les lois. Dans de nombreux endroits, y compris dans mon pays, les protections juridiques ont précédé, et non suivi, le respect généralisé des droits. Les lois nous enseignent certaines choses. Les lois qui sont discriminatoires valident d’autres discriminations ; les lois qui exigent des protections égales renforcent l’impératif moral de l’égalité. Et souvent, dans la pratique, il faut que les lois changent avant que la crainte du changement ne se dissipe.

Un grand nombre de mes concitoyens ont cru que le président Truman avait eu tort d’ordonner la déségrégation raciale de nos forces armées. Ils soutenaient qu’elle minerait la cohésion de nos unités militaires.

Et ce n’est qu’après qu’il l’eut mise en Å“uvre que nous avons vu comment cette déségrégation a renforcé le tissu de notre société de nombre de façons que même les partisans de cette initiative n’avaient pas envisagées.

De la même manière, certains dans mon pays s’inquiétaient de l’abrogation de la politique de l’armée de « ne rien demander, ne rien dévoiler » [« Don't ask, don't tell »], craignant un effet négatif sur nos forces armées. Aujourd’hui, le commandant du Corps des marines, qui était l’un des adversaires les plus farouches de cette abrogation, a reconnu que ses craintes étaient sans fondement et les marines ont adopté le changement.

Enfin, le progrès découle de notre volonté de nous mettre à la place de quelqu’un d’autre. Nous devons nous demander : Que ressentirais-je si c’était un délit d’aimer la personne que j’aime ? Que ressentirais-je si je faisais l’objet de discrimination pour un aspect de ma personne que je ne peux pas changer ? Le défi de répondre à ces questions s’impose à nous tous alors que nous nous penchons sur nos croyances les plus profondes, alors que nous cherchons à faire preuve de tolérance et de respect pour la dignité de toutes les personnes et que nous tendons la main avec humilité à ceux avec lesquels nous sommes en désaccord dans l’espoir d’arriver à une meilleure entente.
 
Et la cinquième et dernière question est de savoir comment nous pouvons faire notre part pour encourager le monde à respecter les droits de l’homme de toutes les personnes, y compris les LGBT. Il est vrai que les individus LGBT doivent prendre la tête de ces efforts, comme un grand nombre d’entre vous l’ont déjà fait. Leur savoir et leurs expériences sont inestimables, et leur courage, une inspiration. Nous connaissons les noms de ces militants et militantes gays, lesbiennes, bisexuels et transgenres courageux qui ont littéralement sacrifié leur vie à cette cause, et il y a beaucoup d’autres dont les noms ne seront jamais connus.
Mais souvent, ceux qui sont privés de leurs droits sont les moins capables de réaliser les changements qu’ils souhaitent. En agissant seules, les minorités ne peuvent jamais devenir la majorité qui peut apporter le changement politique.
 

Donc, quand n’importe quelle catégorie humaine est mise en marge de la société, nous ne pouvons pas rester les bras croisés. Chaque fois qu’un obstacle au progrès a été éliminé, il l’a été grâce à la coopération de gens situés des deux côtés de la barrière. Dans la lutte pour les droits des femmes, le soutien des hommes demeure crucial. La lutte pour l’égalité raciale a compté sur les contributions des peuples de toutes les races. Combattre l’islamophobie ou l’antisémitisme est une tâche qui incombe aux adeptes de toutes les confessions. Et cela est vrai aussi, s’agissant de cette lutte pour l’égalité.

En revanche, lorsque nous voyons les droits de l’homme refusés ou bafoués et que nous n’agissons pas, nous transmettons le message à ceux qui les refusent ou les bafouent qu’ils n’ont pas à subir les conséquences de leurs actes, et ils persévèrent.

Mais lorsque nous passons à l’action, nous transmettons un message moral puissant. Ici, à Genève, la communauté internationale a agi cette année pour renforcer le consensus sur les droits de l’homme des gays, lesbiennes, bisexuels et transgenres. Au Conseil des droits de l’homme, en mars, 85 pays de toutes les régions du monde ont appuyé une déclaration appelant à mettre fin à la criminalisation (des LGBT) et à la violence contre les personnes en raison de leur orientation et leur identité sexuelles. Aux sessions suivantes du conseil en juin, l’Afrique du Sud a parrainé un projet de résolution sur la violence à l’égard des LGBT. Sa délégation s’est exprimée éloquemment sur l’expérience de la lutte pour l’égalité et l’indivisibilité humaines en Afrique du Sud. Lorsque la mesure fut adoptée, elle devint la toute première résolution des Nations unies à reconnaître les droits de l’homme des gays dans le monde entier.

À l’Organisation des États américains cette année, la Commission interaméricaine des droits de l’homme a créé une unité sur les droits des personnes LGBT – une étape qui conduira, du moins nous l’espérons, à la création d’un rapporteur spécial. Maintenant, nous devons aller plus loin et travailler ici et dans chaque région du monde en vue de mobiliser davantage de soutien en faveur des droits de la communauté LGBT.
 
Aux dirigeants des pays où des gens se font emprisonner, battre, voire exécuter parce qu’ils sont gays, je vous demande de considérer ceci : le leadership, par définition, signifie que l’on doit guider son peuple lorsque les circonstances le veulent. Cela signifie que l’on doit monter au créneau pour défendre la dignité de tous les citoyens et pour persuader son peuple de faire de même. Cela signifie que l’on doit faire en sorte que tous les citoyens soient traités comme des égaux devant la loi, parce que – soyons clairs – je ne dis pas que les homosexuels ne peuvent pas commettre ou ne commettent pas de crimes, ils le peuvent et ils le font, tout comme les hétérosexuels. Et quand ils le font, ils doivent en répondre devant la justice. Mais cela ne devrait jamais être un crime d’être gay.

Aux peuples de toutes les nations, je dis que la défense des droits de l’homme est l’une des responsabilités qui vous incombent à vous également. La vie des gays est façonnée non seulement par des lois, mais aussi par la manière dont les traitent, chaque jour, leur famille et leurs voisins.

Eleanor Roosevelt, qui a tant fait pour promouvoir les droits de l’homme dans le monde entier, a déclaré que ces droits commencent dans des lieux familiers, près de chez soi : dans les rues où les gens vivent ; dans les écoles qu’ils fréquentent, dans les usines, dans les fermes et dans les bureaux où ils travaillent. Ces lieux constituent votre domaine. Par la façon dont vous y agirez, par les idéaux que vous y défendrez, vous pourrez déterminer si les droits de l’homme y régneront.

Enfin, aux hommes et aux femmes LGBT de par le monde, je voudrais dire ceci : partout où vous vivez et quelles que soient les circonstances de votre vie, que vous soyez connectés à un réseau ou à un groupe de soutien ou que vous vous sentiez isolés et vulnérables, sachez que vous n’êtes pas seuls. Dans le monde entier, il y a des gens résolus à vous soutenir et à mettre un terme aux injustices et aux dangers que vous rencontrez.

C’est certainement vrai pour mon pays. Vous avez un allié dans les États-Unis d’Amérique, et il y a des millions d’Américains que vous pouvez compter parmi vos amis.

Le gouvernement Obama défend les droits des personnes LGBT dans le cadre de sa politique globale des droits de l’homme : c’est une priorité de notre politique étrangère. Dans nos ambassades, nos diplomates expriment leur préoccupation au sujet de lois et de cas particuliers et s’emploient avec divers partenaires à renforcer la protection des droits universels de toute l’humanité.

À Washington, nous avons créé un groupe de travail au département d’État pour soutenir et coordonner ce travail et, dans les mois à venir, nous allons fournir à chaque ambassade une panoplie d’outils qui l’aideront à renforcer son action. En outre, nous avons créé un programme qui offre un soutien d’urgence aux défenseurs des droits des personnes LGBT.

Ce matin, à Washington, le président Obama a mis en place la première stratégie conçue par un gouvernement des États-Unis pour lutter contre les atteintes aux droits des personnes LGBT à l’étranger. S’appuyant sur les efforts en cours au département d’État et dans l’ensemble du gouvernement, le président a demandé à tous les organismes fédéraux engagés à l’étranger de lutter contre la criminalisation du statut et du comportement LGBT, de redoubler d’efforts afin de protéger les réfugiés et demandeurs d’asile LGBT vulnérables, de s’assurer que notre aide étrangère favorise la protection des droits des LGBT, d’enrôler des organisations internationales dans la lutte contre les discriminations et de réagir rapidement aux abus commis contre les personnes LGBT.

Je suis également heureuse d’annoncer que nous lançons un nouveau fonds mondial pour l’égalité, qui appuiera l’Å“uvre des organisations de la société civile qui travaillent sur ces questions à travers le monde. Ce fonds les aidera à recueillir des informations qui leur permettront de mieux cibler leurs activités de sensibilisation, à apprendre à se servir des lois existantes, à gérer leur budget, à former leur personnel et à créer des partenariats avec des associations féminines et d’autres groupes de défense des droits de la personne. Nous avons versé plus de 3 millions de dollars dans le démarrage de ce fonds, et nous avons bon espoir que d’autres se joindront à nous pour le soutenir.

Les hommes et les femmes – dont certains sont ici aujourd’hui avec nous – qui défendent les droits de la communauté LGBT dans des endroits hostiles, sont des êtres courageux et dévoués, qui méritent toute l’aide que nous pouvons leur donner. Nous savons que le chemin à parcourir ne sera pas facile. Une grande partie du travail reste à faire.

Mais beaucoup d’entre nous ont vu de première main comment le changement peut survenir rapidement. Dans notre vie, les attitudes envers les homosexuels dans de nombreux endroits ont été transformées. Beaucoup de gens, et j’en suis, ont approfondi leurs propres convictions sur ce sujet, au cours des années où nous y avons réfléchi davantage, engagé des dialogues et des débats, et établi des relations personnelles et professionnelles avec des personnes qui sont homosexuelles.

Cette évolution est manifeste dans de nombreux endroits. Pour en citer un exemple, la Haute Cour de Delhi a dépénalisé l’homosexualité en Inde il y a deux ans, déclarant, et je cite : « S’il existe un principe dont on peut dire qu’il apparaît en filigrane dans la Constitution indienne, c’est celui de l’inclusion. »

Je suis persuadée que l’appui aux droits des LGBT ne cessera de croître car, pour de nombreux jeunes, l’affaire est simple : toute personne mérite qu’on la traite avec dignité et que ses droits de l’homme soient respectés, peu importe qui elle est et qui elle aime.

Il y a une expression qu’on emploie aux États-Unis pour exhorter les autres à soutenir les droits de l’homme : soyez du bon côté de l’histoire. L’histoire des États-Unis est celle d’une nation qui a maintes fois dû faire face à l’intolérance et à l’inégalité. Nous avons eu une guerre civile brutale au sujet de l’esclavage. D’un bout du pays à l’autre, des citoyens ont organisé des campagnes visant à faire reconnaître les droits des femmes, des peuples autochtones, des minorités raciales, des enfants, des handicapés, des immigrés, des travailleurs, et de bien d’autres encore. Et la marche vers l’égalité et la justice s’est poursuivie. Ceux qui préconisent d’élargir le cercle des droits de l’homme ont toujours été du bon côté de l’histoire, et l’histoire leur rend hommage. Ceux qui ont essayé de restreindre les droits de l’homme ont eu tort, et l’histoire reflète cela également.

 

Je sais que les idées que j’ai partagées aujourd’hui se rapportent à des questions sur lesquelles les opinions sont encore en évolution. Comme il est arrivé tant de fois auparavant, l’opinion va converger, une fois de plus, avec la vérité, la vérité immuable selon laquelle tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits.

Nous sommes appelés, une fois de plus, à concrétiser les préceptes de la Déclaration universelle. Répondons à cet appel. Soyons du bon côté de l’histoire – pour notre peuple, pour notre nation et pour les générations futures dont l’existence sera façonnée par le travail que nous faisons aujourd’hui.

Je m’adresse à vous pleine d’espoir et de confiance qu’aussi longue que soit la route, nous allons la parcourir ensemble, et aboutir.

Je vous remercie. »

Quelle mixité ?

manif 5 nov contre les violences faites aux femmes 008 réduiteQUELLE MIXITE ?

La présidence de SOS homophobie puis du Centre LGBT Paris IdF, une participation au Bureau exécutif de l’ILGA-Europe, m’ont forgé une solide connaissance de la mixité dans les mouvements LGBT.

Lesbienne féministe à une époque où se dire féministe était déjà en soi stigmatisant, j’ai pourtant choisi de militer au sein du mouvement mixte LGBT.

On ne peut pas, selon moi, parler honnêtement de mixité, sans poser ce postulat de base : la société dans laquelle nous vivons est toujours patriarcale.
Elle s’est construite et organisée dans un système de domination masculine et si nous constatons des évolutions, les changements sont très lents et ce n’est pas demain la veille que nous parviendrons à une égalité réelle entre les femmes et les hommes.

Même si on adopte une grille de lecture queer, ambition théorique de gommer le genre, il est impossible de ne pas tenir compte du fait que l’écrasante majorité de la population est toujours soumise au système patriarcal.

Ce système exerce un contrôle sur la reproduction de notre espèce afin de s’assurer d’une descendance et de maîtriser les questions de transmission et de succession. A ces fins, il lui faut s’approprier le corps des femmes et donc contrôler la sexualité.
Le système nous conditionne et exige des hommes qu’ils dominent les femmes, contrôlent la culture et l’éducation pour perpétuer les rôles et représentations sexistes assignés à chacun des deux genres. Il attend des femmes qu’elles se soumettent et contribuent à le reproduire. Depuis quelques temps déjà, le système est contesté, attaqué ; il résiste, mais peu à peu lâche du lest et invente de nouvelles stratégies pour survivre.

Le sexisme est un outil du système patriarcal ; il engendre l’homophobie, la lesbophobie et la transphobie.
Le mépris du féminin est l’un des ressorts des LGBTphobies.
La sexualité prétendument «féminine » des homosexuels (tante, tarlouze, pédale…) et la sexualité immature des lesbiennes qui sans organe sexuel masculin ne peuvent que s’adonner à des caresses puériles, mais paradoxalement, oh combien excitantes, sont dévalorisées et ridiculisées.

L’homophobie et la lesbophobie sont des manifestations de peur et donc de rejet d’alternatives qui ne sont pas prévues et qui sont vécues comme des menaces du système. Celles et ceux qui ne comprennent pas le fonctionnement et les raisons d’être de ce système, le réduisent à des problèmes privés entre des personnes et en sont les meilleurs défenseurs, « elles » et « ils » vont le protéger et le diffuser.

Ce postulat de base n’est pas posé par la plupart des gens qui vont nier l’existence d’enjeux de pouvoir entre les femmes et les hommes et donc entre les lesbiennes et les gays.
En d’autres termes, comment peut-on penser, puis déconstruire un système dans lequel on ignore vivre ?
Eh bien, c’est exactement la question à laquelle nous sommes confrontés dans l’ensemble de la société mais également dans le mouvement LGBT mixte et dans nos associations.

Certes les motivations des gays seront différentes de celles des hommes hétérosexuels et pour une bonne part des revendications, il y a bien transversalité objective des luttes, en particulier pour l’égalité des droits (mariage et adoption).
Il ne s’agira pas non plus pour les gays de s’approprier les lesbiennes et leurs corps – encore qu’en matière de GPA, la question de l’appropriation du corps des femmes peut se poser.
Nous sommes toutes et tous des victimes du système patriarcal ; nous avons toutes et tous grandi et avons été éduqués dans des familles et par une école qui nous ont nourris des schémas sexistes de la domination masculine.
Certes, nous n’avons pas tous été aussi sensibles au formatage des genres, aux dogmes et aux stéréotypes et parfois même, nous les avons fortement rejetés ; néanmoins, nous avons tous été exposé-e-s à ce conditionnement et il en est nécessairement resté quelque chose.

Beaucoup de gays et de lesbiennes pensent être frères et sœurs dans un combat commun contre les discriminations, le rejet et la haine homophobes ; c’est bien entendu vrai, mais c’est déjà un peu moins vrai lorsqu’il s’agit de combattre le sexisme, la lesbophobie et la transphobie.
Le plus frappant c’est que tout ceci se vit dans la plus totale incompréhension, au point que parfois, des gays mais aussi des lesbiennes se réfugient dans le déni pour mieux se protéger et éviter de se confronter à des contradictions qui deviendraient alors insoutenables.

Combien de gays réalisent qu’en tant qu’hommes, ils n’ont pas eu la même éducation que les femmes ; qu’ils ont été habitués à exister dans l’action, à s’affirmer, à prendre leur place ? Admettent-ils que même discriminés en tant que gays, ils bénéficient malgré tout en tant qu’hommes, des avantages du groupe des hommes ; qu’ils ont plus de moyens matériels et financiers, plus de solidarité… ; en résumé qu’ils disposent de plus de ressources et de pouvoir ?
Comment faire prendre conscience à un gay qui ignore être le vecteur d’un système d’oppression qu’il contribue à le reproduire et qu’il lui faut se remettre en question et le combattre ?
D’ailleurs, quel pourrait bien être son intérêt à se désolidariser du groupe des hommes dont il a déjà tant de mal à être accepté, de ce groupe qu’il souhaite tant convaincre et séduire, et parfois même à tout prix ?
S’il ne comprend pas que c’est la seule chance de vivre un jour dans une société égalitaire, libre de sexisme et donc d’homophobie, il n’y mettra guère de bonne volonté.

Quant aux lesbiennes, certaines déconstruisent le système patriarcal et le combattent, osent se revendiquer féministes – « le féminisme c’est la conscience que les femmes sont des êtres humains comme les autres » – d’autres restent inconscientes des perversions du système ; d’autres encore, admettent les inégalités et injustices, mais comme par mimétisme vont opérer un raccourci opportuniste, se désolidariser du groupe des femmes pour s’identifier à celui des hommes.
Elles s’enferment alors dans le déni et considèrent que seules les autres femmes sont concernées par le sexisme.
J’en ai rencontré un certain nombre dans le mouvement LGBT, également dans le mouvement de lutte contre le sida où, engagées à 100% aux côtés des gays, elles nient trop souvent leur double oppression de femmes et de lesbiennes et réussissent l’exploit de ne quasiment jamais s’intéresser aux spécificités des revendications et luttes lesbiennes et féministes.
Elles considèrent par exemple tout à fait normal de tout savoir ou presque de la prévention et sexualité des gays et en particulier du VIH-sida ; en revanche, elles n’envisagent pas une seule seconde de les embêter avec leur prévention et encore moins avec leur sexualité ; il faut dire aussi qu’à moins d’être préparée à faire face à diverses pâleurs, soudaines fatigues et mines effarouchées…
Comment faire comprendre à une lesbienne que non, elle n’est pas née « du bon côté de la barrière » de ce système d’oppression et que sans solidarité avec le groupe des femmes, sans lutter pour l’égalité réelle entre les sexes, elle n’aura jamais que l’illusion de sa propre libération, car l’aliénation des autres femmes la menace et l’entrave toujours, elle aussi.

Par quel étrange miracle pourrait-il d’ailleurs en être autrement ?
Si nous ne comprenons pas pourquoi l’homophobie, la lesbophobie et la transphobie sont directement liées au sexisme du système patriarcal, nous passons à côté de l’essentiel car sommes alors incapables de déconstruire le système en profondeur et infailliblement nous reproduisons au moins les mêmes préjugés et comportements de domination / soumission que dans le reste de la société.

On trouve même à la marge du mouvement LGBT des relais inattendus et redoutablement efficaces du patriarcat, qui sous couvert de radicalité, reproduisent les modes de fonctionnement de l’oppresseur, confisquent la parole des féministes, assènent des théories néolibérales « post-féministes » sur la mise à disposition des corps humains, se rendent complices des violences et de l’exploitation des industries du sexe… et ne changent rigoureusement rien à l’ordre établi de la domination masculine ; tout juste et pour les plus naïf-ve-s d’entre nous, substituent-ils un modèle de système patriarcal à un autre.
Beaucoup d’hommes hétéros comme gays adorent les slutwalks, « Marches des salopes » – ou plus exactement ce qu’elles sont devenues dans les pays occidentaux – qu’ils soutiennent et alimentent sans réserve ; que les femmes s’affirment libérées par les industries et mafias du porno et de la prostitution leur convient à merveille et ne remet en rien leurs privilèges en question, bien au contraire. Rien n’est plus facile que d’instrumentaliser la libération sexuelle des femmes, soit pour les enfermer dans un ordre moral, soit pour les utiliser et les exploiter à des fins commerciales et/ou idéologiques.
Il est d’ailleurs très révélateur que l’exploitation, aussi dégradante soit-elle, des êtres humains par ces industries soit la seule exception que des « alternatifs » ou révolutionnaires supportent et vont même jusqu’à défendre haut et fort.

Sans aller jusqu’à de tels extrêmes, il est probable que longtemps encore, nous entendrons des gays se plaindre que les lesbiennes ne sont pas investies dans le mouvement mixte LGBT.
Pourtant, s’en plaindre sans être réellement prêts à se remettre en question et lâcher pouvoirs et privilèges, ne rime à rien.

Il faut en être conscient, les moyens à mettre en œuvre pour commencer à challenger de façon authentique le système patriarcal, sont conséquents. Nous sommes face à un très grand résistant.
C’est pourquoi la plupart des lesbiennes conscientes des travers de la domination masculine n’approchent pas ou ne restent pas bien longtemps dans le mouvement mixte LGBT.
Elles abandonnent face au peu d’empressement de la plupart des gays à comprendre, admettre puis commencer de déconstruire le système, le tout, dans une démarche féministe.
En revanche, elles se retrouvent beaucoup plus nombreuses qu’on ne le pense dans des groupes féministes ou radicaux, non mixtes, dans les milieux universitaires notamment mais pas seulement.
Seule une poignée de militantes lesbiennes féministes parvient à fonctionner aux avant-postes du mouvement LGBT mixte, dont elles portent les revendications communes tout en s’affirmant féministes et en challengeant le sexisme. Le risque étant de s’épuiser dans une forme d’isolement et d’incompréhension, d’autant plus, il faut bien le reconnaître, que les résultats sont très modestes.

Malgré tout, on peut considérer, et c’est mon cas, qu’il n’y a pas vraiment d’autre alternative et que la société étant mixte, il faut s’y confronter pour avancer, aussi mineurs soient les résultats.
Je sais que je diverge sur ce point avec de nombreuses lesbiennes féministes et radicales séparatistes, mais pour ma part, j’ai toujours pensé que rester entre soi n’apporte pas grand-chose à la déconstruction du système patriarcal. Bien entendu, il est en revanche souhaitable d’imposer des espaces non-mixtes pour se ressourcer et apporter tant à la réflexion qu’aux actions, aussi pour le plaisir de se retrouver entre soi.
Ces fameux espaces non-mixtes lesbiens qu’il faut pourtant justifier et arracher perpétuellement, la plupart des gays nous opposant que dans ce cas, il leur faut aussi un espace non-mixte. Ils disposent pourtant en grande quantité de lieux non mixtes, mais surtout, ils n’ont le plus souvent pas conscience, tant ils ont l’habitude que partout le masculin l’emporte, qu’ils sont dans une mixité toute relative et qui leur est d’une façon écrasante favorable, puisque le rapport est en général et au mieux, aux alentours de 70% gays /30% lesbiennes et ne parlons pas des Trans. archi minoritaires.

Le constat est sans appel, la plupart des associations et structures mixtes LGBT ne comporte que peu de lesbiennes. En outre et même si ça fâche, il faut bien le dire, nombre d’entre elles sont tout de même, des lesbiennes « alibis », c’est-à-dire n’apportant en réalité pas de remise en cause fondamentale du système et contribuant au ronronnement général et contre-productif avec un niveau de réflexion proche de zéro sur la question du sexisme. Allons-donc, elles féministes ? Mais vous n’y pensez pas ! Elles ne sont surtout pas féministes car conformément aux clichés et idées reçues, elles craignent de perdre alors en « séduction » et en acceptation.
Elles ne remettent en question aucune certitude ni privilège et restent bien à leur place, en somme, très chouette tout çà pour le narcissisme et j’exagère à peine.
Plus d’une ou deux lesbiennes féministes dans le groupe et c’est panique à bord, ces messieurs et même ces dames, sont dépassé-e-s ; les féministes finissent par s’en aller, quelques unes, un peu plus tenaces, restent ; rien ne change vraiment en profondeur.

Mais alors, quelles sont les chances d’aboutir un jour à une meilleure compréhension et à plus de convergence ?
Je ne sais pas. Force est de le reconnaître, il y a le plus souvent eu consensus relativement à la gestion, au fonctionnement et développement des structures que j’ai présidées, consensus également sur l’apport aux luttes pour l’égalité des droits et pour nos libertés ; en revanche, mon assiduité à avancer à visage découvert sur des positions féministes et non pas « néo » ou « post » féministes, à affirmer que l’égalité des droits c’est bien mais pas non plus une fin en soi, à rappeler qu’il n’est pas interdit d’aller au-delà et de réfléchir à une société plus juste, plus égalitaire et plus libre pour toutes et tous… ont suscité de fortes résistances et parfois de violentes oppositions que j’ai toujours assumées puisqu’il ne pouvait pas en être autrement.
C’est un fait, les féministes ça dérange, en revanche, les néo ou post-féministes, c’est un peu comme les chouettes compensations narcissiques, on adore, ça passe très bien ; mais féministe c’est du lourd ; vous comprenez, ces histoires de patriarcat et de déconstruction, de perte de privilège et d’égalité réelle, c’est tout de même moins drôle.

Le résultat obtenu n’est vraiment pas à la hauteur de l’énergie et de l’effort dispensés ; pas encore. En outre, je ne vois guère que deux solutions pour avancer :
- Il faudrait plus de lesbiennes féministes capables de déconstruire le système et de travailler à une égalité réelle, investies simultanément dans le mouvement mixte LGBT ; çà je l’ai souvent dit, mais n’ai pas été entendue ou si peu ;
- Il faudrait que la plupart des gays travaillent à la déconstruction du patriarcat. J’affirme qu’il leur appartient bien de s’informer et de se former (les outils théoriques, les expériences et les allié-e-s sont disponibles) ; dans tous les cas, la résistance est malvenue et le dénigrement voire le rejet et la violence envers les rares lesbiennes féministes qui tentent de nous ouvrir les yeux et de nous réunir, est tout à fait malveillante et déplacée. Je ne l’ai pas assez dit, probablement me suis-je autocensurée devant le peu d’écoute et d’enthousiasme.

Tant que nous resterons dans le déni, au mieux l’affichage et les bonnes intentions et que ne seront pas mis en œuvre des moyens à la hauteur des enjeux, nous ne ferons au mieux, que du sur-place.
Le mouvement LGBT qui a fortement contribué à une évolution des mœurs ces dernières années, a les moyens de devenir un véritable mouvement de libération et d’émancipation profitables à toutes et tous ; encore faut-il qu’il le veuille. Pour l’instant, il ne l’a pas encore démontré, il est même possible de considérer que sur la question de la mixité, il s’en éloigne ; dans les années 70/80, il y avait bien plus d’échanges sur ces questions fondamentales et structurantes.
Il n’est bien entendu pas trop tard, mais il va falloir se réveiller et donner toute sa place à ce postulat de base que la plupart d’entre nous, nous complaisons à éluder : la domination masculine patriarcale est toujours la clé de voûte de la société dans laquelle nous vivons, ce doit aussi être l’une des priorités du mouvement LGBT mixte, de la mettre à bas.

Christine Le Doaré

Un an – alignement de tous les délais de prescription loi sur la presse

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Mardi 22 novembre, avec une écrasante majorité, les députés ont adopté en première lecture, la proposition de loi du Groupe SRC visant à supprimer une hiérarchie entre les délais de prescription de l’action publique prévus par la  loi sur la liberté de la presse du 29 juillet 1881, pour les délits de provocation publique à la discrimination, à la haine et la violence,  également, de diffamation et d’injure. 
 
La loi du 29 juillet 1881 incrimine en effet  les propos diffamatoires, injurieux ou discriminatoires qui sont tenus par voix de presse, mais si les peines encourues étaient alignées, en revanche, les délais de prescription étaient différentiés en raison des motifs, certains étant alors considérés plus importants que d’autres.
 
En matière d’origine, d’ethnie, de nation, de race ou de religion de la victime, ils étaient d’un an, mais en matière d’orientation sexuelle, de sexe ou de handicap, de trois mois seulement, ce qui limitait fortement la capacité à agir des victimes et parties civiles.
 
Dominique Baudis, Défenseur des droits, s’était déclaré favorable aux dispositions de cette proposition de loi : « il est difficilement justifiable d’accorder une protection moindre aux victimes d’homophobie, de sexisme et d’handiphobie du fait d’un délai abrégé s’élevant à trois mois ».
 
Il est toutefois regrettable que les amendements déposés pour élargir la liste des motifs aux critères d’identité de genre et d’état de santé aient été écartés, il est indéniable qu’ils méritent également d’être ajoutés à la liste des délits réprimés par la loi sur la presse.
 
Comme nombre d’associations LGBT et de lutte contre le sexisme, le Centre LGBT Paris IdF se félicite de cette évolution notable et très attendue.
En effet, le délai de trois mois était bien trop court pour permettre de réagir et s’opposer à des propos discriminatoires ou haineux, diffamatoires,  de nature sexiste, homophobe ou lesbophobe diffusés par voix de presse.
 
La loi contribue à l’évolution des mentalités et recèle des vertus pédagogiques. 
Lorsqu’elle stipule que la diffamation, la discrimination et la haine à l’encontre des femmes ou / et  des personnes homosexuelles et ou des handicapé-e-s ne peuvent pas être relayées par voix de presse, elle donne l’exemple et affirme clairement que le sexe, l’orientation sexuelle ou le handicap d’une personne  ne peuvent en aucun cas donner lieu à des propos ou injures publiques.  
C’est un bon début.

15 nov 99 adoption du Pacs, 12 ans pour rien

photo pacs homoComment ne pas se dire en ce 15 novembre, jour anniversaire de l’adoption du Pacs en France, qu’en matière de droits LGBT, rien n’a véritablement changé en 12 ans ?

Le 15 novembre 1999, au bout d’une longue et âpre bataille législative, le vote du Pacs était arraché dans l’hémicycle ; nous n’oublierons pas les mémorables joutes oratoires des députés qui portaient le projet, pas plus que les lamentables propos et comportements homophobes d’autres députés et l’image de Christine Boutin brandissant et citant la bible pendant des heures, restera à jamais fixée dans nos mémoires.

Et pourtant… Ce Pacs ne fait plus polémique, bien au contraire, il convient à beaucoup de couples, et ce, quelle que soit leur orientation sexuelle.
Il y a fort à parier qu’il en sera de même avec l’adoption de l’ouverture du mariage aux couples de même sexe, quelques années plus tard.

Il ne sert à rien d’aller contre l’histoire et ses avancées lorsqu’elles sont aussi souhaitables qu’inéluctables.
Pourtant, en 12 ans, à part coller rustine sur rustine sur ce statut qui n’en demandait pas tant, les personnes LGBT n’auront rien obtenu de plus.

Parce tous les projets de couple et niveaux d’engagement ne sont pas les mêmes, que les droits et obligations de chaque statut proposé doivent être différents, les personnes LGBT veulent, fonction de leur choix et philosophie de vie, pouvoir comme tout un chacun, opérer un choix entre des statuts bien distincts, concubinage, Pacs ou mariage.

Elles veulent également pouvoir sécuriser la situation de leurs familles et avoir le droit d’adopter conjointement ou / et l’enfant de leur conjoint.
Enfin, les lesbiennes, comme d’ailleurs toutes les femmes, mariées ou pas, doivent pouvoir bénéficier des traitements de fertilité (Assistance médicale à la procréation).

En Europe, 7 pays accordent déjà le mariage (Belgique, Iceland, Pays Bas, Norvège, Portugal, Espagne, Suède) ; 8 accordent l’adoption conjointe et 11 l’adoption par le second parent.
Combien de temps encore, allons-nous devoir en France ne pas avoir de choix ?
Les institutions européennes engagent les états membres à cesser cette discrimination, aussi, demandons-nous au gouvernement de se rendre à l’évidence, d’admettre que ce n’est plus qu’une question de temps et que cette résistance au changement et au progrès est aussi ridicule que les incantations homophobes proférées dans l’hémicycle en 1999.

Etant donné la recrudescence d’agressions homophobes en France, il serait même salutaire et urgent de considérer enfin les personnes LGBT comme des citoyens à part entière. En effet, la loi a force d’exemple mais ce n’est qu’une première étape, il restera ensuite à entreprendre un phénoménal travail de prévention et d’éducation pour faire évoluer en profondeur les mentalités et apprendre aux français, petits et grands, à respecter les différences.

Turin, 15è Conférence ILGA-Europe, le bilan

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La 15ème Conférence annuelle de l’ILGA-Europe, branche européenne de l’ILGA, la fédération LGBTI mondiale, vient de s’achever à Turin, en Italie.
La conférence est aussi l’assemblée générale annuelle de l’association qui vote ses amendements constitutionnels, élit son Conseil d’administration et établit ses bilans.

Plus de 340 délégués militants lesbiennes, gays, trans, bisexuels et intersexués européens, dont des représentants des associations LGBT françaises, soutenus par des politiques et représentants d’ONG travaillant sur les Droits Humains ont échangé pendant 4 jours d’intense travail sur le thème de la conférence « Droits Humains et valeurs traditionnelles : clash ou dialogue ?

C’est toujours un temps fort pour les militants LGBT qui se retrouvent chaque année dans un pays différent pour débattre d’un thème choisi, mais aussi faire le point sur la situation des Droits Humains LGBT, discriminations et violences, droits et libertés, mais aussi apprendre des expériences et expertises qui ont porté leurs fruits. C’est aussi un moment d’échanges privilégiés avec les représentants politiques locaux et nationaux du pays qui héberge la conférence.

Cette année une plénière consacrée à l’histoire LGBT nous a permis de rencontrer Jeffrey Dudgeon, qui a gagné en 1981 devant la Cour européenne des Droits Humains, la fameuse affaire Dudgeon contre Irlande du Nord, sur la base de l’article 8 – Droit à la vie privé – avec pour résultat, quelques années plus tard, la décriminalisation de l’homosexualité en Irlande du Nord.

Nous avons également rencontré les deux députés récemment élus en Pologne, le député gay Robert Biedron, et la députée trans Anna Grodzka qui ont démontré qu’être ouvertement gay, lesbienne ou trans, ne fait pas nécessairement obstacle à une carrière politique.

Le pays de la conférence avait été choisi sciemment pour les éventuelles retombées positives pour les LGBT italiens qui attendent toujours un minimum de droits et de reconnaissance. Les autorités italiennes ont d’ailleurs accordé une réelle importance à la conférence et aux débats. Intervenant lors des plénières ou adressant un message de soutien, comme l’a fait le président de la République italienne, Giorgio Napolitano.
Lors de son intervention, Maria Cristina Spinosa – Ville de Turin – a déclaré : « Turin est la ville du dialogue, pas du clash, faites un monde meilleur pour nous tous ! ».

La conférence s’est tenue sous le patronage du Sénat Italien, de la Chambre des députés du Sénat, du Ministère pour l’égalité des chances, de la Municipalité de Turin et de la province de Turin. Espérons désormais que leur prise de conscience débouchera sur des mesures concrètes en faveur des personnes et des droits LGBT. C’est le souhait de la formidable députée italienne Anna Paola Concia, seule députée ouvertement lesbienne du Parlement italien et venant de se marier avec sa compagne allemande.

La conférence annuelle a adopté une déclaration relative à la situation de la partie nord de Chypre qui reste le seul territoire européen à criminaliser les relations homosexuelles entre adultes consentants : déclaration regarding the situation in Northern Cyprus : déclaration regarding the situation in Northern Cyprus

L’année prochaine la conférence aura lieu à Dublin, puis en 2013 à Zagreb en Croatie.

(1) ILGA-Europe is the European Region of ILGA, the International Lesbian, Gay, Bisexual, Trans and Intersex Association and works for equality and human rights for lesbian, gay, bisexual, trans & intersex people in Europe: www.ilga-europe.org

Pension de réversion -Juste ou injuste ?

imagesPension de réversion pour les couples Pacsés, juste ou injuste ?

 

La question des Droits sociaux dérivés ou individualisés ?

 

Une campagne orchestrée par Allout.org et l’INTER-LGBT est lancée pour demander aux députés d’adopter le droit à la pension de réversion pour les couples pacsés, dans le cadre des votes sur le Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale (PLFSS) 2012.

 

Rappelons que la pension de réversion permet, à certaines conditions, au conjoint survivant de toucher une partie de la retraite du conjoint décédé.

Les personnes homosexuelles qui n’ont toujours pas accès au mariage ne peuvent, par définition, jamais accéder à la pension de réversion.

Les auteurs de la campagne rappellent à juste titre, que Nicolas Sarkozy, dans une logique de refus de l’ouverture du mariage aux couples de même sexe, et d’amélioration du Pacs avait fait cette promesse en 2007.

 

La question de la pension de réversion n’est pas une question simple, la question de l’aménagement constant du Pacs et du refus du mariage pour les couples de même sexe, non plus.

Laissons de coté les arguties techniques, la campagne est engagée pour soutenir un amendement qui sera déposé par les partis de gauche ; cet amendement va se heurter à l’irrecevabilité financière de l’article 40 de la Constitution qui interdit aux députés d’augmenter une dépense publique (Toutefois, le gouvernement peut lever le gage financier qui grève un amendement ou déposer lui-même un amendement pour augmenter en proportion la dépense publique).

Mais, attachons-nous plutôt au fond du débat.

 

Il est en effet possible de considérer que constitue une discrimination le fait que les homosexuels ne puissent jamais bénéficier de la pension de réversion. Mais, chacun le sait, le Pacs concerne à une écrasante majorité, essentiellement des couples hétérosexuels.

Par ailleurs, à force de coller des rustines au Pacs, les français n’auront bientot plus de choix à faire entre deux statuts disctincts, le Pacs et le mariage, qui confèrent des droits et obligations différents et correspondent à deux philosophies et deux modes de vie dissemblables.  Les deux statuts seront quasiment identiques sauf en matière de parentalité mais l’un des deux sera fermé aux couples de meme sexe.

Sans compter que c’est aussi un argument pour continuer de refuser l’accès du mariage, aux couples de même sexe.

 

Enfin et de façon plus générale, ne serait-il pas temps d’individualiser les droits sociaux ?

Les droits sociaux de cette nature sont des droits dérivés, ils avalisent un système qui survalorise le couple, ne s’agit-il pas d’une conception familialiste quelque peu dépassée ? Selon moi, des droits sociaux égaux sont des droits sociaux individuels qui ne placent pas une personne dans une situation de dépendance financière du fait du lien affectif.

L’individu social doit être considéré isolément et non pas en fonction de la situation familiale dans laquelle il se trouve. Il est tout de même incroyable que la protection sociale de certaines personnes dépende de la solidité de leurs liens affectifs (mariage ou autre statut).

Actuellement des personnes perdent leur revenu social ou allocation (AAH, RMI…) parce qu’elles déclarent vivre avec une autre personne.

Et les célibataires par exemple ne bénéficient d’aucun droit dérivé du mariage alors, est-ce juste ou injuste ?

 

Comme tous les défenseurs des droits LGBT, je suis convaincue de la nécessité de cesser la discrimination qui consiste à exclure les personnes de même sexe du mariage, il est plus que temps de laisser tous les couples, quelle que soit leur orientation sexuelle, choisir entre les trois institutions bien différentes, actuellement disponibles : concubinage, Pacs et mariage.

En revanche, je ne suis pas favorable aux droits sociaux dérivés, je trouve infiniment plus juste un système d’individualisation des droits, garant de l’autonomie des individus. Comment justifier que des personnes accèdent à des institutions ou soient contraintes de s’y maintenir pour des raisons financières ?

 

La revendication de la pension de réversion aux couples pacsés peut se comprendre dans une stratégie du « mieux que rien » ou « dans l’attente de »… mais il n’est pas certain que cette stratégie soit gagnante.

En tous cas, je doute que ce soit le  meilleur moyen de satisfaire les attentes des couples de même sexe qui veulent choisir le statut qui correspond le mieux à leurs projets et que l’on réponde aux questions propres à la situation des enfants dans les familles homoparentales.

 

Néanmoins, si vous souhaitez soutenir cette campagne, voici le lien :http://www.allout.org/fr/actions/france_pension

 

A lire sur la question : “Un bon mari ou un bon salaire ? Féminisme en sécurité sociale : une si longue marche” aux éditions de l’Université des femmes…

Rapport et carte homophobie d’état ILGA

ilga_logoILGA, Parution du Rapport et de la carte 2011 sur l’homophobie d’état mondiale

ILGA-Europe, Conférence annuelle à Turin

Le rapport annuel de l’ILGA – Association internationale des lesbiennes, des gays, des personnes bisexuelles, trans et intersexes – sur l’homophobie d’état ainsi que la carte mondiale des droits des gays et des lesbiennes viennent d’être publiés par la fédération mondiale LGBT fondée en 1978 et qui regroupe plus de 700 associations, dans plus de 110 pays.

Le rapport comme la carte sont disponibles en anglais, français, espagnol et portugais.

Le rapport très détaillé, fait état, pays par pays, des lois homophobes qui dans le monde prohibent l’homosexualité entre adultes consentants.

L’étude a été menée par Eddie Bruce-Jones & Lucas Paoli Itaborahy, du Birkbeck College School of London, au Royaume Uni.

Depuis le rapport précédent, l’ILGA note de belles avancées : 85 états ont signé la déclaration du Conseil des Droits Humains de l’ONU condamnant toute persécution basée sur l’orientation sexuelle ou l’identité de genre. L’Argentine et l’Islande ont adopté le mariage pour les couples de même sexe.

Cependant, 76 pays, dont 5 appliquent la peine de mort, criminalisent toujours les relations sexuelles entre adultes de même sexe. Pour l’ILGA, en matière de Droits Humains, le combat sur le plan législatif est un préalable évident au combat culturel pour faire reculer les LGBTphobies.

La première partie du rapport rend compte de l’évolution des droits des personnes LGBTI dans le monde alors que la seconde partie, dresse la liste des pays qui conservent un arsenal répressif.

La 15è conférence annuelle de l’ILGA – Europe, branche européenne de la fédération mondiale aura lieu quant à elle lieu à Turin ce mois, du 27 au 30 octobre 2011.

Le thème de la conférence, qui est également l’Assemblée Générale annuelle de la Fédération, à laquelle adhèrent de nombreuses associations françaises dont le Centre LGBT Paris IdF est cette année : Droits Humains et valeurs traditionnelles : clash ou dialogue ? Tout un programme !

Le Centre LGBT Paris IdF adhérent à l’ILGA, comme de nombreuses autres associations françaises, y sera représenté.

La conférence se tiendra sous le patronage du sénat Italien, de la Chambre des Députés du Parlement Italien, du Ministère de l’Egalité, de la Région du Piémont et de la Municipalité de Turin.

Sont notamment attendus les intervenant suivants : Emma Bonino, Vice Président et Membre du Sénat Italien ; Nichi Vendola, président de la Région Apulia et Joke Swiebel qui fut membre du Parlement Européen pour le Parti travailliste Hollandais.

 

Le Rapport 2011 : http://old.ilga.org/Statehomophobia/ILGA_Homophobie_Etat_2011.pdf

La carte sur les droits LGBT mondiaux :

http://old.ilga.org/Statehomophobia/ILGA_carte_2011_A4.pdf

En mouvement

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En mouvement

 

 Après des années d’immobilisme et de démobilisation, tout bouge soudain et très vite.

Cet été déjà, la violente réaction contre l’enseignement du genre et de l’orientation sexuelle, dans les manuels SVT des classes de première, nous avait sortis de notre torpeur.

Ces députés et sénateurs qui n’acceptent pas que des élèves comprennent que le genre n’est pas déterminé de façon aussi binaire qu’il y parait et que l’orientation sexuelle n’est pas unique ni figée, nous avaient quelque peu inquiétés et agacés. Des avancées arrachées à grand peine, à peine prises en compte et aussitôt menacées ? Pas question.

Puis, nous apprenions l’abandon des charges au pénal contre DSK et son retour en France. Le traitement médiatique et les réactions politiques qui s’en sont suivis n’ont pas manqué de nous interpeller et de mobiliser les groupes féministes et leurs alliés.

La tentative de réhabilitation médiatique orchestrée avec la complicité de proches et de médias, véritablement indécente et donnant à penser que les puissants trouvent toujours les moyens de se sortir de tout, ne pouvait rester sans réponses.

Non,  l’abandon des charges contre DSK ne signifiait pas qu’il était « blanchi »,  puisqu’on ne peut être blanchi qu’après avoir été condamné à tort et rejugé. Le procureur, dans un contexte éminemment politique, avait abandonné les charges parce qu’il doutait de pouvoir convaincre un jury populaire, embarrassé par les mensonges de Mme Diallo.

Dans cette affaire, les deux protagonistes ont menti.

Elle, qui pour quitter son pays, n’avait pas trouvé d’autre stratégie (Quelle révélation, la vie des gens pauvres est probablement plus complexe que celles des gens sans problème !) ; lui, car s’il ne s’agissait pas d’un rapport tarifé, comment expliquer dans ce cas qu’en 7 minutes chrono, ce sémillant sexagénaire ait pu baratiner Mme Diallo, la séduire, et dans un rapport parfaitement consenti, lui enfourner son sexe dans la bouche et éjaculer ? !

Au moins trois faits majeurs sont incontournables : Mme Diallo a bien menti sur son passé ; l’ADN de DSK a bien été relevé dans cette chambre d’hôtel le rapport sexuel est prouvé et même minuté ; un rapport médical est disponible, il mentionne des brutalités et blessures.

Pourtant, les mensonges de Mme Diallo auront pesé bien plus lourd dans la balance que ceux de DSK, puisque c’est sur ce seul élément que la justice américaine à décidé d’abandonner les charges.

Aux USA, DSK s’en est bien sorti, il n’a pas été jugé au pénal ; il est libre et bénéficie de la liberté d’expression, mais rappelons-le, il demeure toujours sous le coup d’une plainte pour tentative de viol en France et d’une procédure civile,  aux USA.

Dans son cas, la seule attitude digne et responsable aurait consisté à exprimer des excuses sincères auprès des intéressées et non du FMI, à engager une thérapie pour traiter son addiction sexuelle et son comportement de prédateur sexuel et surtout à modestement et lucidement, disparaitre de la scène politique et économique française. 

Mais non, il aura préféré se livrer à une mascarade télévisuelle à laquelle tout compte fait, très peu de personnes ont adhéré.

Et maintenant, indécent jusqu’au bout, ces avocats demandent l’immunité au civil, en arguant des fonctions qui étaient les siennes au FMI, au moment des faits.

On touche ici du doigt la complaisance de l’institution qui met ses protégés à l’abri des lois et de la justice humaine.

L’affaire DSK est décidément révélatrice de l’état de notre société, malade de son patriarcat.

DSK est désormais le symbole de l’impasse du machisme et des comportements de mépris et de violence exercés par tant d’hommes de pouvoir sur les femmes ; et autant le préciser, ces rapports de pouvoir, on les retrouve à tous les niveaux de la société, y compris même au sein du couple, trop souvent nid de violences conjugales.

Il serait temps de revenir aux fondamentaux car les enjeux de société sont énormes : la lutte contre le viol – 200 viols déclarés par jour en France -, contre tous les viols ici et ailleurs, mais aussi contre les violences, toutes les violences ici et ailleurs, faites aux femmes et aux enfants et aussi à beaucoup de personnes LGBT – 16 % des femmes et 5 % des hommes interrogés lors de l’enquête CSF ont déclaré avoir subi des rapports sexuels forcés ou des tentatives de rapports forcés au cours de leur vie -.

Mais pour cela, nous aurions aussi besoin d’entendre de la bouche des responsables politiques dignes d’exercer une telle fonction au plus haut niveau, que jamais, ils ne permettront à un tel individu de revenir en situation d’exercer un  quelconque pouvoir politique.

De telles déclarations, franches et sans détour, se font encore attendre.

Dans un même temps,  les primaires socialiste,  que les sondeurs s’acharnent à nous prédire gagnées d’avance, battent leur plein.

Puis soudain c’est la surprise, les sénatoriales sont emportées par la gauche et cette  victoire nous prend à rêver de changements et de renouveau.

Un bémol toutefois, car le nombre de sénatrices est passé de 80 en 2008 à 77 et seules 49 femmes ont été élues sur les 170 sièges à renouveler.

Après des années de piétinement, de dégradations et de reculs en tous genres, dans le domaine socio-économique mais aussi en matière de droits et de libertés, ce mouvement qui soudain s’accélère, la forte mobilisation des féministes, la combativité des LGBT et plus généralement le grand ras-le-bol de la population, nous tiennent  en haleine.

Le slogan de la Marche des Fiertés n’était pas pour rien « En 2011 je marche, en 2012, je vote !

2011 nous aura réveillés, 2012 pourrait nous réserver bien des surprises, dans tous les cas, nous sommes toutes et tous désormais en mouvement.

 

    Au Cameroun, 10 personnes condamnées, signez la pétition !  

Au Centre LGBT Paris IdF, nous connaissons l’avocate Alice N’Kom, présidente de l’association Adefho (Association pour la défense des droits des homosexuel-le-s au Cameroun) et d’Alternatives-Cameroun, que nous avons reçue l’an dernier pour une soirée consacrée à la solidarité internationale. 

Cette fois, elle nous alerte sur l’arrestation de dix personnes au Cameroun, pour avoir commis « le délit d’homosexualité ».

L’un des hommes arrêtés vient d’être condamné à 3 ans d’emprisonnement pour avoir simplement adressé un SMS dans lequel il déclarait son amour, à l’élu de son cœur.

Les associations LGBT camerounaises ont décidé d’interpeller le président du Cameroun,  Paul Biya, afin qu’il mette un terme à la violente répression qui s’abat actuellement dans le pays.

Alice N’Kom a sollicité un entretien avec le président, auquel elle remettra un appel international à cesser la chasse aux homosexuel-le-s 

Les personnes LGBT camerounaises et leur avocate espèrent un fort soutient international.  Nous vous invitons à signer sans tarder l’appel au président, relayé surwww.allout.org/fr/cameroon.

Au Cameroun, le ciel tombe sur la tête des homos - Slate Afrique, 5 septembre 2011

Manuels de SVT, Luc Chatel ne les retirera pas, nous y veillerons !

Hachette SVTLuc Chatel n’a pas l’intention de retirer les manuels de SVT des élèves de 1ère ES et L car a-t-il déclaré sur RTL, mercredi 31 août : « C’est une avancée importante à l’adolescence d’évoquer les questions d’identité sexuelle et d’orientation sexuelle. »  

Il avait déjà rétorqué aux opposants catholiques qui l’avaient saisi, que les manuels étaient « conformes à l’état actuel des connaissances scientifiques en biologie » et qu’ils « prônent par ailleurs un respect de chacun, conformément aux valeurs de la République ».

Dépassant et structurant les réactions des enseignants et responsables religieux, l’initiative prise cet été par un groupe de 78 députés catholiques conservateurs de l’ UMP, avait alerté les associations LGBT et mobilisé  les médias.

A l’origine de toute cette polémique,  une lettre adressée aux responsables des diocèses par le Secrétariat Général de l’enseignement catholique et une pétition lancée par la Confédération Nationale des associations catholiques qui dénonce « la sexualité morbide et mortifère, sans aucune ouverture vers l’amour de l’autre,  proche de celle de l’animal ». Que d’imagination !

Bien entendu, Christine Boutin et Christian Vanneste qui parle de « détournement de l’enseignement au profit du lobby gay », vont très vite reprendre leur rôle de missionnaire contre toute forme d’ouverture et mobiliser un groupe de députés de l’UMP.

De l’autre côté, l’Institut Emilie du Chatelet lance une pétition “Enseigner le genre : contre une censure archaïque”, et différents universitaires comme Eric Fassin, des responsables politiques de gauche et associatifs vont soutenir l’ajout prévu par le programme officiel du Ministère.

Aussi, est-ce tout de même un soulagement de constater que le Ministre n’est,  à priori,  pas prêt à céder à la réaction archaïque succitée par l’introduction de quelques éléments d’information et de réflexion sur l’identité sexuelle et l’orientation sexuelle dans les manuels scolaires. A l’inverse,  Jean-François Copé, lui, soutient l’offensive réactionnaire.  

Que présentent donc de si révolutionnaires les ajouts du chapitre intitulé « Devenir homme ou femme » des manuels édités par Hatier, Bordas, Hachette, Nathan et Belin, conformément aux consignes du programme officiel de la Direction générale de l’enseignement scolaire du Ministère ?  

Rappelons tout de même que le ministère de l’éducation nationale n’est pas chargé d’éditer les manuels mais de rédiger les programmes.

Rien, rien de révolutionnaire, le simple constat validé par les scientifiques qui s’accordent à dire que les notions de sexe, genre et orientation sexuelle recouvrent des réalités bien différentes : le sexe qui dépend des chromosomes, des hormones et autres éléments et ne détermine pas le genre social ni l’orientation sexuelle ; le genre qui est une construction socio-culturelle ; l’orientation sexuelle qui d’ailleurs peut varier et plusieurs fois, dans une vie.  

Avec cet ajout, les élèves vont avoir la possibilité de discuter de ces questions et  la plupart d’entre eux découvriront ces notions pour la toute première fois. Les jeunes LGBT pourront aussi comprendre qu’ils sont inclus, que l’homosexualité fait partie de la vie et ne plus être stigmatisés ni conduits au suicide.   

Nos politiques prétendent vouloir accéder à l’égalité entre les femmes et les hommes et au respect des orientations sexuelles. Il n’y a pas tant de façons que ça d’y parvenir, et sans enseigner aux élèves que les genres féminins et masculins sont des constructions socio-culturelles et que l’hétérosexualité n’est pas l’unique orientation sexuelle possible, on ne comprend pas bien comment les mentalités pourraient évoluer ?

Comment remettre en cause le conditionnement idéologique du déterminisme biologique et le déconstruire, si l’on refuse de regarder la vie telle qu’elle est dans toute sa diversité ?

C’est le  même archaïsme idéologique qui est à l’origine de toutes les inégalités entre les sexes, des discriminations et violences à l’égard des femmes et des personnes LGBT. Il est grand temps de faire taire les forces réactionnaires, d’aller de l’avant vers une société plus moderne et plus ouverte, plus égalitaire et plus libre.

Alors félicitons-nous de la constance de Monsieur Chatel, mais soyons vigilants et ne lâchons rien, cette avancée a été âprement obtenue, pourtant elle n’a rien de révolutionnaire, c’est même un minimum que rien ni personne ne doit compromettre.

Soutenir la première Prague Pride !

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Soutenir la première Prague Pride !

Environ 1 500 participants sont attendus samedi 13 aout à la Prague Pride qui clôturera un festival d’une semaine, riche de nombreuses manifestations. 

La Marche aura lieu en pleine ville et après avoir traversé plusieurs quartiers, s’achèvera sur une ile au milieu de la Vltava où sont prévus de nombreux concerts et attendus environ 5 000 personnes.

Prague, grande capitale européenne organise donc sa première Pride et cela ne va pas sans peine. L’ambiance est quelque peu tendue, quelques marches dans les pays de l’est ayant été confrontées aux extrémistes religieux et conservateurs, ce que personne n’ignore.

Le Maire de Prague, Bohuslav Svoboda, soutient l’organisation de cet évènement dans sa ville.  

L’ambassadeur des Etats-Unis ainsi qu’une douzaine d’autres ambassadeurs dont les ambassadeurs britannique, Autrichien, Allemand, Estonien, Espagnol et Suédois, soutiennent la Pride.

Ces soutiens ne sont pas de trop car une violente polémique s’est déclenchée, orchestrée par la droite libérale au pouvoir.

Petr Hájek, chancelier du président de la République tchèque Václav Klaus a déclaré que le festival avait un « caractère déviant et minoritaire qui détruit les valeurs de base de la société auxquelles nous sommes habitués : la famille qui est constituée d’une femme et d’un homme, qui fait des enfants et les éduque, qui possède une certaine échelle de valeurs…. » ; dans la revue parlementaire Listy il a écrit “… les déviations, sexuelle ou autre, au rang de vertus, l’anormalité au rang de norme, et la destruction de la société au rang de saint progrès…” et qualifié les  homosexuels de “déviants”.

Le président de la République lui-même s’est rallié aux commentaires homophobes et a déclaré que le Maire de la ville de Prague n’aurait pas dû héberger et soutenir cette première Gay Pride.

L’église Byzantine Catholique n’est pas en reste et inonde la population de messages homophobes outranciers et haineux. Pour vous donner un bref aperçu de leur propagande, selon elle, 33% des homosexuels seraient pédophiles, 50% des porteurs du VIH aux USA sont des gays, les gays et les lesbiennes seraient 100 fois plus susceptibles de commettre des meurtres que la moyenne de la population, 17 % des homosexuels mangent les excréments de leurs partenaires…Les organisateurs sont confiants mais prudents, au-delà de l’impressionnante mobilisation des ambassadeurs à leurs cotés, ils attendent aussi un message d’encouragement des Maires des autres capitales européennes.

Au Centre LGBT Paris IdF, nous apprécierions que l’ambassadeur de France se joigne aux autres ambassadeurs en poste à Prague, samedi à la Pride et que Monsieur Bertrand Delanoë adresse un message de soutien au Maire de Prague, aux organisateurs et aux marcheurs.

Dans tous les cas, aux cotés des associations LGBT françaises, nous souhaitons aux LGBT T chèques une très belle première Prague Pride !

DURABILIS, ou “la famille durable” de l’UMP

A NDURABILIS, ou « la famille durable » selon des députés UMP

 

Fin juin, le  groupe de travail sur la famille, regroupant 53 députés de l’UMP, a présenté son rapport contenant 30 propositions pour promouvoir « la famille durable ».

Hervé Mariton et Anne Grommerch, les auteurs du rapport ont notamment précisé :

“Nous faisons le choix de soutenir l’institution du mariage, point de départ de la famille, et meilleur garant de la protection de cette cellule et de chacun de ses membres”. 

Il ressort de la lecture du rapport que l’adoption doit être prioritairement réservée aux couples hétérosexuels ou aux seuls célibataires ayant un lien de parenté avec l’enfant, quand ses parents sont décédés.  

Alors, que l’adoption soit d’abord réservée prioritairement aux célibataires ayant un lien de parenté avec l’enfant dont les parents sont décédés, pourquoi pas en effet ; en revanche, pour quelles raisons serait-elle ensuite accessible aux seuls couples hétérosexuels ?

Le groupe de travail insiste aussi pour le maintien du mariage “comme le lien de deux personnes de sexe différent” et pour garder une “différence subjective et créancière de droits entre le Pacs ou le concubinage et le mariage” car “Un contrat civil comme le Pacs, qui s’inscrit dans l’instant, ne peut porter les mêmes droits que l’institution du mariage, qui s’inscrit dans l’avenir”. 

Alors, que les couples aient le choix entre différents statuts, fonction de la nature de leur projet, Union libre ou concubinage, pacs ou mariage, en effet pourquoi pas ; en revanche pourquoi interdire certains de ces statuts en fonction de l’orientation sexuelle du couple ?

Les autres  propositions, nettement plus consensuelles portent notamment sur la  “possibilité de fractionner le congé parental pendant les 15 premières années de la vie de l’enfant”, l’instauration d’un “droit spécifique à la formation pendant le congé parental” et la création d’un “compte épargne temps familial”.

Les conclusions de ce rapport sont nettement opposées à celles prises par les députés de gauche qui se sont exprimés en faveur du mariage ouvert aux couples de même sexe et de l’homoparentalité.

Faut-il simplement y voir le clivage habituel gauche-droite sur les questions de société ?

L’homosexualité et l’homoparentalité sont pourtant désormais non pas banalisées mais admises largement comme en attestent les sondages ; le problème s’est clairement déplacé sur l’homophobie, et plus généralement les LGBTphobies, considérés comme de véritables fléaux sociaux.

Aussi, pour la plupart des gens ce sont bien les contextes et projets familiaux, examinés dans l’intérêt de l’enfant, qui priment.

Ce rapport ne fait que stigmatiser une fois de plus les personnes célibataires et leur rendre l’adoption toujours plus difficile ; nier la réalité des familles homoparentales et interdire le mariage aux couples de même sexe.

Sensés travailler sur l’amélioration de l’articulation entre travail et vie familiale, comment, ces députés UMP en sont-ils arrivés à encore et toujours revenir à leurs obsessions et à s’acharner ainsi contre les familles homoparentales et les célibataires souhaitant adopter ?

Quel est donc ce nouveau concept de « famille durable » et pourquoi maintenant ?

Qui peut ignorer qu’en France, ont été comptabilisées en 2006 (et le chiffre n’a fait qu’augmenter depuis), 2 millions de familles monoparentales ou recomposées ?

Quant au mariage, depuis déjà plus de 6 ans, chaque année sont comptabilisés plus de 130 000 divorces.

La société change et les modalités de vie en couple et / ou en famille aussi.

Si les couples, mariages, familles duraient si longtemps c’était pour des raisons bien précises, culturelles, économiques et sociales.

De nos jours, les notions de couple et de famille sont bien différentes et recoupent des réalités très diverses ; les questions de liberté et de contraintes ne sont plus abordées de la même façon.

Cette évolution n’a rien à voir avec l’orientation sexuelle ni même l’identité de genre des personnes, mais avec leur philosophie et choix de vie.

Des couples et des familles «hétérosexuels » vont durer d’autres seront éphémères et il en ira de même des couples et familles « homosexuels ».

Seuls devraient être pris en compte par l’état la volonté des personnes concernées et le bien être de l’enfant dans le cas des familles ; si l’hétérosexualité était un gage de durée des couples et des familles, de réussite systématique en matière d’éducation et d’équilibre des enfants etc., ça se saurait !

Imaginer le contraire relève purement et simplement de l’homophobie.

Dans le contexte de l’élection présidentielle à venir, ce rapport démontre que l’UMP s’arc-boute sur des valeurs réactionnaires à un moment où la droite pense que rassurer une partie de son électorat peut lui faire gagner des voix.

Elle tente désespérément de freiner une société en mouvement qui inéluctablement finira par rejoindre ses voisins européens plus progressistes et qui manifestement n’y ont rien perdu au change.