Nos combats LGBT

Par Christine Le Doaré, présidente du Centre LGBT Paris de 2005 à fin juin 2012

Aprés quelques années à la présidence du Centre LGBT Paris IdF, la page est tournée. Je ne me suis pas représentée et une nouvelle équipe est sur le pont. Comme vous tous, je suivrai avec beaucoup d’intérêt l’action et le développement du Centre LGBT Paris IdF et continuerai d’être impliquée dans nos luttes et plus globalement pour les droits et libertés, des femmes et des LGBT au premier chef, des minorités discriminées également.
Pour de nouvelles aventures, désormais, c’est ici :

http://christineld75.wordpress.com/about/

A bientôt !
Christine Le Doaré

Qui suis-je ?

Le monde sera humain lorsqu’il se sera libéré du patriarcat et de toutes les formes d’oppression exercées à l’égard des femmes et des enfants ; lorsque chacun-e sera respecté-e pour sa ou ses différences, de genre, d’orientation sexuelle, d’origine…

Christine Le Doaré, juriste dans ma vie professionnelle, j’ai présidé SOS homophobie, de 1997 à 2002, le Centre LGBT Paris IdF, de 2004 à juin 2012, ai été membre du Bureau Exécutif de l’ILGA-Europe (International lesbian and gay association), de 2006 à 2010… et je reste engagée, au sein d’autres associations et dans la vie.

Sur Facebook : Christine Le Doaré – Sur Tweeter : @ChLeDoare

Sommaire des articles

-La prostitution GAY, différente ou pas ? Parlons-en !
Prostitution et société , Prostitution féminisme et droits LGBT
Escorts, prostitués, prostitution gay, tapins, STRASS, système patriarcal, domination masculine, néo-libéralisme
27/02/2013

-GPA, depuis quand l’Etat Français cède t-il au chantage par voie de circulaire ?
coup de gueule , Droits LGBT et société , Féminisme et société
Chantage, Circulaire, CirculaireGPATaubira, enfants, GPA, mariagepourtous, nationalité française, Taubira

-Prostitution et médias
Coup de gueule, prostitution et société,
abolition, Economie Matin, journalisme, légalisation, médias, prostitution, Sylvain Reboul
23/01/2013

-EEVL, abolition du délit de racolage ? Oui, mais pas seulement !
Prostitution et société
EELV, Europe Ecologie Les Verts, Les Verts, abrogation délit de racolage public, proposition de loi, prostitution, réglementation, abolition
21/01/2013

-Indécente instrumentalisation des luttes LGBT par Morgane Merteuil
Coup de gueule, Prostitution,féminisme et droits LGBT
Morgane Merteuil, STRASS, instrumentalisation, récupération, prostitution, droits LGBT, égalité des droits, mariagepourtous
16/01/2013

-Vite, la loi !
Coup de gueule, Droits LGBT et société, Féminisme et Droits LGBT : mobilisation anti-égalité des droits, anti-mariagepourtous, homophobie,lesbophobie, religieux, politiques, médias,
13/01/2013

- Elisabeth Badinter et Irène Théry ou la caution intellectuelle du système patriarcal
Féminisme et société : GPA, PMA, Prostitution, mise à disposition du corps des femmes, apppropriation du corps des femmes, féminisme, caution intellectuelle, Elisabeth Badinter, Irène Thery, système patriarcal
20/12/2012

- Au fond, qui estime vraiment les personnes prostitué-e-s ?
prostitution et société: prostitution, abolition, estime, considération, respect, système patriarcal, exploitation, esclavage
18/12/2012

- Manipulation, calomnies et menaces, pourquoi sont-ils indignes ?
Prostitution et société, Prostitution féminime et droits LGBT : abolition, activistes réglementaristes, exploitation, néolibéralisme, système prostitutionnel, comportements inavouables
27/11/2012

-Violences faites aux femmes, un pansement sur une gangrène ?
Féminisme et société : 25 novembre journée contre les violences faites aux femmes, système patriarcal, domination masculine, abolition, féminisme
23/11/2012

- Masculiniste et gay, c’est possible
Egalité des droits, ouverture du mariage aux couples de même sexe,
pour garder le cap, mieux vaut avoir le cœur et les convictions solidement amarrées.
Droits LGBT et féminisme, Droits LGBT et société, Coups de gueule : égalité des droits, mariagepourtous, lesbophobie, violence sexiste et lesbophobe, masculinisme
21/11/2012

- Mariage pour tous, la nausée
Droits LGBT et société : égalité des droits, mariage pour tous, stratégie,
13/11/2012

- Aux assises de Créteil, scandaleuse indulgence pour les violeurs
Féminisme et société : Assises de Créteil, viols collectifs, domination masculine, verdict inique, domination masculine,
11/10/2012

-Caroline Fourest empêchée de parler à la fête de l’Huma, simple incident, vraiment ?
Coup de gueule & Féminisme et société : Caroline Forest, Fête de l’Huma, Front National, intégristes, sabotage
17/09/2012

- Pour se libérer, Morgane « Merteuil » va devoir choisir
Prostitution et société : prostitution, abolition, féminisme, STRASS, Morgane Merteuil,
05/09/2012

- Pussy Riots – faut pas pousser !
Féminisme et société : démocratie, liberté d’expression, partouzes, pornographie, Poutine, Pussy Riots, punk révolution, Voina
13/08/2012

– Coup de tampon réglementariste !
Prostitution féminisme et droits LGBT : prostitution, abolition, réglementation, féminisme, Ketelbuters,
23/07/2012

- Les quatre lettres du sigle LGBT
Féminisme et Droits LGBT : bilan, engagement, LGBT, féminisme, divergences, manque de solidarité et inter-activité
01/06/2012

- Présidentielles 2012, remettre le contrat social et l’égalité des droits au cœur de nos vies.
Droits LGBT et société : égalité des droits & libertés, contrat social, présidentielles 2012
21/04/2012

-Un rassemblement sous le signe des retrouvailles
Droits LGBT et société : Centre LGBT, Inter-LGBT, rassemblement/fusion
21/01/2012

Lettre ouverte à un « escort boy, tapin occasionnel…»
Prostitution féminisme et droits LGBT : prostitution gay, Présidence Centre LGBT Paris, escort boy, menaces
15/12/2011

Quelle mixité ?
Féminisme et Droits LGBT : LGBT, mixité, patriarcat / sexisme
28/11/2011

Pension de réversion pour les couples Pacsés, juste ou injuste ?
Droits LGBT et société : droits sociaux dérivés, droits sociaux individualisés, pacs, pension de réversion
18/10/2011

En mouvement
Féminisme et société : DSK, féminisme, patriarcat, violences faites aux femmes, viols
27/09/2011

ASYMETRIE REPRODUCTIVE ET GESTATION POUR AUTRUI (GPA)
Féminisme et Droits LGBT : désir d’enfant, droits des femmes, droits LGBT, homoparentalité, orientation sexuelle, parentalité, reproduction, GPA, appropriation du corps des femmes, féminisme
30/05/2011

Liberté ? Oui, mais en toute égalité !
Féminisme et Droits LGBT & Féminisme et société : DSK, agression sexuelle, complicité patriarcale, domination masculine, sexisme des gays, viol
18/05/2011

Les ayatollahs de l’intérieur
Droits LGBT et société & Féminisme et Droits LGBT : affiche Coq Marche des Fiertés, Café lunettes rouges, névroses, personnalisation / présidence Centre LGBT Paris, opposants / ultra minoritaires
25/04/2011

« Putophobe » ou STRASSphobe ?
Féminisme et Droits LGBT & Prostitution féminisme et droits LGBT : abolition / réglementation, exploitation, industries du sexe, mixité d’apparence, queer, « pro-sexe », prostitution, relativisme culturel, STRASS
17/03/2010

Non, votre féminisme n’est pas nouveau !
Féminisme et Droits LGBT & Féminisme et société & Prostitution féminisme et droits LGBT : 8 mars, droits des femmes, industries du sexe, « pro-sexe », queer, sexualité, prostitution, abolition
02/03/2010

La Marche des Fiertés est toujours d’actualité !

patchworkLa Marche des Fiertés est toujours d’actualité !

Marcher, pour l’égalité des droits bien sûr, mais pas seulement.

Les premières marches pour le respect et les droits des personnes homosexuelles et trans. ne datent pas d’hier ; la première marche homosexuelle indépendante a eu lieu à Paris, le 25 juin 1977, puis à l’appel du CUAHR (Comité d’Urgence anti-répression homosexuelle), à nouveau en 1979 et 1980. A partir de 1981 la Gay Pride, puis Lesbian and Gay Pride et enfin Marche des Fiertés, a eu lieu chaque année.
Certes, au 21è Siècle, en France, la situation a évolué mais les différences ne sont pas acceptées si facilement, les mentalités évoluent lentement, même si peu à peu, les sondages le démontrent, la majorité des français est favorable à l’égalité des droits.

Néanmoins, même dans l’emblématique quartier du Marais, il arrive plus souvent qu’on ne le pense, que des personnes LGBT soient raillées, menacées et aussi agressées.
Le rejet au sein des familles pénalise toujours et parfois de façon dramatique, de nombreux jeunes et moins jeunes ; les discriminations, en particulier dans le monde du travail, ne régressent que très lentement ; la liste est longue et serait fastidieuse à dresser de façon exhaustive.

Les dispositifs de lutte contre les discriminations et les violences sont insuffisants ; les dommages causés par les préjugés homophobes, lesbophobes et transphobes et leurs conséquences, sont sous-évalués et non adressés.
L’éducation nationale, les ministères du travail et de la santé en particulier, devront y consacrer plus de moyens qu’ils ne l’ont fait jusqu’alors.

Les personnes LGBT ne sont pas des citoyens de seconde zone aussi, l’égalité des droits n’est-elle pas négociable ; en outre, l’égalité devant la loi possède une vertu pédagogique : notre société doit admettre que tous les êtres humains, indifféremment de leur orientation sexuelle et identité de genre, tous les couples et toutes les familles, doivent disposer de la même sécurité juridique, des mêmes droits et obligations.

Les droits et libertés des minorités profitent globalement à une société de progrès qui n’en devient que plus juste, plus libre et plus humaine.
Nous marcherons aussi en solidarité avec toutes les personnes LGBT rejetées, harcelées et assassinées, de par le monde.

Contre l’homophobie, la lesbophobie, la bi-phobie et la transphobie, contre le sexisme qui fait le lit de l’homophobie, contre la stigmatisation des minorités, le Centre LGBT Paris IdF, défilera combatif mais confiant, les promesses électorales du nouveau gouvernement en tête et conscient des forces du mouvement LGBT pour les rappeler, le cas échéant.

Le samedi 30 juin prochain, la Marche des Fiertés parisienne s’élancera à 14h de Montparnasse.

Dans la Marche, rejoignez le char des « super-héros » du Centre LGBT Paris IdF emporté par les DJ Dag Rox et son collectif !

En attendant, nous vous invitons à participer à notre semaine de programme spécial Marche, du 22 au 28 juin, dans nos locaux : www.centrelgbtparis.org & Centre LGBT Paris-IdF sur Facebook.

- Vendredi 22 juin de 21h à 1h

Before Super-héros party!
Pour fêter le char du Centre LGBT Paris à la Marche des Fiertés 2012 : Une super soirée avec les décors et les masques des super-héros !

Venez déguisés ou pas, DJ’s pop-house acidulée,

PAF : 3 €, buffet gratuit, bières et softs à prix d’ami-e-s

- Mercredi 27 juin, à 19h à 20h

Projection exposition éphémère de Photos « Super-héros » de la Marche des fiertés de Bogota en Colombie.

A ne pas manquer.

- Mercredi 27 juin, à 20h

Rencontre – débat sur l’homoparentalité
Les auteurs des parutions de l’année sur l’homoparentalité, sont invités à présenter leurs travaux et à en débattre avec le public.
Eric Garnier, pour L’homoparentalité en France (éd. Thierry Marchaisse), Martine Gross pour Qu’est-ce Que L’homoparentalité ? (Poche Payot Parution), etc.

Entrée libre

- Jeudi 28 juin, à 20h

Soirée Les Chroniques mauves
A la rencontre de l’équipe du roman graphique Les Chroniques mauves
Projection de planches, rencontre – débat et dédicaces

Les Chroniques mauves racontent les histoires de vie et les aventures parallèles de 3 générations de femmes lesbiennes sur une soixantaine d’années. Dessiné par 5 illustratrices différentes, ça commence en 1950 à la naissance de Christiane (« Chris ») et ça se termine au moment de la Marche des Fiertés à Paris en 2011. Cette diversité graphique et créative qui sera projetée et expliquée sur les murs du Centre LGBT, permet de mettre en relief la diversité des lesbiennes et des contextes qu’elles affrontent.

Très belle soirée en perspective.
Entrée libre

- Samedi 30 juin à 14h,

Marche des Fiertés « 2012, l’égalité n’attend plus ! «

Fête et revendications !
Rejoignez le char des Super-héros à la Marche des Fiertés 2012, DJ Dag Rox et son collectif, son et ambiance assurés !

Les 3 militantes de FEMEN enlevées, retrouvées

2055140_femen-afp_650x3001-300x138Il semblerait qu’elles aient été retrouvées, c’est ce qu’indique quelques lignes sibyllines sur leur page Facebook. Mais ce n’est pas pour cette raison qu’elles n’ont pas été soutenues, aucune des ONG, ni site en ligne contactés n’étaient informés du fait ou hypothèse qu’elles avaient été retrouvées.

Elles ne bénéficient pas, malgrès ce qu’elles subissent, de campagne de mobilisation internationale ni de manifestation de soutien… Un silence, de plomb.
Les grandes ONG de défense des Droits Humains et les sites de pétition en ligne qui mobilisent en quelques clics les internautes du monde entier n’ont-ils jamais connaissance des informations relatives aux violences et enlèvements dont elles sont victimes ou ces faits les laissent-ils de marbre ?

La nuit de vendredi dernier, Alexandra Shevchenko, Anna Bolshakova et Yana Zhdanova, trois militantes de la branche ukrainienne des FEMEN, ces femmes qui protestent torse nu contre le tourisme sexuel, parce qu’elles espèrent ainsi attirer l’attention des médias et donc s’assurer une relative protection, ont été kidnappées à Donetsk en Ukraine, là où allait avoir lieu le match de l’Euro 2012 contre la France.
Le 21 mai dernier, elles avaient confisqué quelques instants la coupe de l’Euro 2012.

Il faut le rappeler, pour l’occasion, les mafias avaient ouvert de nombreux « bordels » en ville. Elles protestaient contre une prostitution industrielle et mafieuse qui accompagne les compétitions de football.

Des membres des FEMEN avaint déjà été enlevées et torturées, notamment en décembre dernier après avoir défié l’autorité du président Biélorusse Alexander Lukashenko et relâchées en pleine nuit et en pleine forêt.

The Guardian, The Independant et en France l’Express.fr, le Parisien et 20 minutes ont couvert l’évènement samedi, après qu’au siège de l’organisation à Kiev, des responsables aient contacté les médias pour les informer de l’enlèvement de leurs camarades et de leur profonde inquiétude.
Sur le site Internet de FEMEN, il est porté que les hommes qui les ont enlevées pourraient appartenir aux forces de sécurité ukrainiennes ou aux services spéciaux.

Pourtant depuis, rien, le slence, aucune campagne de soutien n’avait été lancée. Puis il semble qu’elles aient été retrouvées ; heureusement pour elles car elles ne semblent pas dignes de la solidarité internationale.

Dans ce qui semble être l’indifférence la plus générale, ces femmes qui militent non sans danger, dans des pays où la condition des femmes est tout de même peu enviable, la violence et les viols domestiques sont des fléaux nationaux, où le tourisme sexuel et la prostitution mafieuse est d’une extrême violence, ont pour se protéger, attiré l’attention des médias en organisant des happenings torses nus.

Il faut croire que même cet artifice ne les protège pas, certes les médias s’y intéressent parce que c’est nouveau et pour certains « provocateurs », mais elles peuvent être enlevées, torturées, sans que les grandes ONG ou sites de pétitions en ligne ne s’émeuvent.
Pourquoi ?

Certes ces féministes se battent contre les industries du sexe, le tourisme sexuel et la prostitution, terrain dangereux et pas si consensuel qu’on veut bien le croire.

Certes, les mafias et le KGB ne sont jamais étrangers aux sévices qu’elles subissent, pourtant, ce ne sont pas les seules dans cette situation et contre les nouvelles lois homophobes présentées devant le Parlement Ukrainien, les sites en ligne se sont rapidement mobilisés.

Certes leurs méthodes sont peu orthodoxes, encore que, pourquoi les femmes devraient-elles cacher ou d’ailleurs exhiber leurs seins pour attirer l’attention ou à l’inverse avoir la paix ?!

Personnellement, je trouve ce criminel silence de plomb insupportable. Cette fois, elle semblent hors de danger, à l’avenir, suivons leur actualité pour le cas échéant, contacter les ONG de défense des Droits Humains, les sites de pétition en ligne et leur demander d’agir sans tarder.

Les quatre lettres du sigle LGBT

190px-Rainbow_flag_and_blue_skiesQue le temps passe vite, quinze ans déjà : la présidence de SOS homophobie, puis celle du Centre LGBT Paris-ÎdF, quatre ans au bureau de l’ILGA-Europe aussi. Tant de temps passé à militer dans la mixité et la diversité LGBT ; à chercher aussi comment les quatre lettres du sigle LGBT peuvent faire sens ensemble.

Au début de mon engagement, c’était fort différent d’aujourd’hui, juste après l’époque du Comité d’urgence et d’action homosexuelle révolutionnaire (CUAHR) et des Groupes de libération homosexuelle (GLH). Il était alors moins facile d’apparaître aux yeux de tous, comme lesbienne ou gay. En ce qui me concerne, j’ai eu beaucoup de chance, cela m’a toujours paru si évident, presque trop.

À cette époque, les gays et les lesbiennes se comprenaient mieux, étaient plus solidaires, pouvaient parler ensemble de déconstruire le système patriarcal, sexisme et homophobie imbriqués.
Contrairement à toute attente, plus le temps a passé, plus la majorité des gays a semblé se désintéresser des questions d’égalité réelle entre les femmes et les hommes, plus ils ont marqué une distance avec les luttes féministes, et moins ils ont interrogé leur propre misogynie.
Même les tout jeunes et dynamiques groupes féministes ont du mal à créer les passerelles.
Bien sûr, il y a des exceptions.

Au départ, on parlait d’homosexualité et d’orientation sexuelle. Bien sûr, il existait aussi les prémices d’un mouvement et de revendications trans, elles étaient moins souvent juxtaposées ; pourtant, il y avait plus de proximité et moins de méfiance. Plus les trans ont été partie prenante du mouvement LGBT, plus, à de rares exceptions près, les relations se sont durcies, entre eux et vis-à-vis de nous.
Il est vrai que les incompréhensions, les discriminations et le rejet qu’ils et elles subissent sont violents, pas facile non plus dans ce cas de se laisser aller à la sérénité.

À vrai dire, il me semble en fin de compte compliqué de lier les préoccupations et revendications des quatre lettres du sigle LGBT. Dans tous les cas, c’est une erreur de croire que c’est une évidence !

Fort logiquement, le mouvement est en réalité très gay : ils sont plus nombreux, mieux lotis en moyens financiers, en réseaux, en lieux, ils appartiennent au groupe social dominant des hommes. Seuls les gays qualifiés de « folles » par leur propre communauté subissent une forme du sexisme que vivent les lesbiennes.
Pour créer un véritable mouvement LGBT, il aurait fallu que les gays l’admettent et y travaillent, mais, à de trop rares exceptions près, ce n’est pas encore, ou en tous cas pas de façon constante ni bien productive, le choix qu’ils ont fait.

Les lesbiennes, appartenant au groupe social des femmes, discriminées en tant que femmes et que lesbiennes (lesbophobie), ont eu beaucoup de mal à trouver leur place dans le mouvement LGBT, ce qui a poussé nombre d’entre elles, notamment les plus politiques, à s’investir dans la non-mixité, la jugeant plus fructueuse. Trop peu de lesbiennes féministes s’y sont investies en même temps, ne parvenant pas à mobiliser sur la nécessaire remise en question du système partriarcal et de ses deux conséquences, le sexisme et les LGBT-phobies.

Les trans se sont souvent, et à juste titre, plaints du manque d’intérêt et de solidarité des gays à leur égard, mais ne se sont pas non plus vraiment intéressés à la déconstruction du système patriarcal ; il est extrêmement rare de croiser un ou une trans un tant soit peu féministe. Au départ, n’étaient visibles que les transsexuelles hommes devenus femmes (M to F). Au contraire d’être féministes, la plupart adoptaient alors une représentation extrême, voire parfois caricaturée de la féminité, que la plupart d’entre nous, lesbiennes, ne voulions surtout plus être. Pour nous, il s’agissait justement d’une représentation sexiste des femmes. Incompréhensions, forcément, alors qu’avec la plupart des gays, ça passait beaucoup mieux.

Puis ont été un peu plus visibles les transsexuels femmes devenues hommes (F to M), un peu plus conscientes du sexisme et des enjeux de l’égalité femmes-hommes, ayant été des femmes et souvent rejetées car ne se pliant pas aux stéréotypes sexistes. Déjà, un peu plus de complicité !
Enfin, les personnes transgenres, qui questionnent le genre mais ne veulent pas nécessairement aller jusqu’au bout des opérations de réassignation, ont fait leur apparition, aidées par le mouvement Queer qui ouvrait une brèche vers plus d’imagination et de libertés.
Dommage, toutes ces différentes façons d’être trans n’ont pas non plus vraiment réussi à se comprendre entre elles.

Quant aux bi, ils ou elles considèrent n’être que la dernière roue du carrosse, ce qui n’est pas faux, mais il faut bien reconnaître qu’il est assez difficile d’articuler des revendications bi, notamment en matière d’égalité réelle femmes-hommes ou d’égalité des droits LGBT. Quand on discrimine ou agresse une personne, c’est à cause de son orientation sexuelle réelle ou supposée et c’est la relation homosexuelle de la personne bissexuelle qui pose alors problème.
L’intéressante question de l’acceptation de la bisexualité est ensuite une question culturelle d’évolution des mentalités : comment la traduire en termes de revendications sociales (répression de l’homophobie, de la lesbophobie, de la transphobie) ?

Or les choses ne se sont pas arrangées car si, au départ, on parlait de libertés, espérant que nos luttes profiteraient à l’ensemble de la société(ce qui est forcément fédérateur), peu à peu le mouvement LGBT s’est surtout focalisé sur l’étape nécessaire de l’égalité des droits, sans sembler regarder au-delà. L’égalité des droits est primordiale et incontournable, mais la force de l’exemple par la loi ne suffit pas à faire évoluer les mentalités.

L’étude des systèmes d’oppression et leur déconstruction, l’éducation et la prévention aussi, ne sont pas complémentaires mais prioritaires. J’en veux pour preuve l’existence d’un dispositif légal antiraciste, alors que le racisme est toujours aussi prégnant dans notre société.

Je trouve curieux que certains se battent contre le racisme, l’homophobie, voire le capitalisme, mais ne se sentent pas concernés par le système patriarcal ; pourtant, il sous-tend tout le reste !

En outre, au départ, en France, le Queer était balbutiant. C’est intéressant le Queer, ça permet de mieux appréhender et de mieux déconstruire les questions de genre, mais ça peut aussi démobiliser, diluer les luttes et masquer les véritables enjeux de pouvoir.
Quand un homme blanc Queer décrète être une « lesbienne noire », parce que c’est ainsi qu’il lui plaît de se définir et de se vivre, c’est intéressant sur le plan théorique, mais seule la lesbienne noire subit vraiment une triple domination sociale et culturelle (femme, lesbienne et racisée) ; et surtout, ce type de posture n’a que très peu d’effet sur la vie quotidienne de l’immense majorité des gens et encore moins sur l’oppression des femmes.
C’est un peu comme les hommes (gays ou pas) qui adorent les Slutwalks et autres manifestations ou représentations « pro-sexe », les qualifiant de « seul féminisme valable » à leurs yeux, car bien entendu, elles ne les remettent nullement en question, bien au contraire.

En réalité, le mouvement LGBT est essentiellement complexe. Contrairement aux apparences, il est fait de contradictions et de peu d’évidences.
Il se défend bien en matière d’égalité des droits, mais il néglige l’analyse de ses différences et par conséquent ne parvient pas à les dépasser.
Il fait l’économie de l’essentiel, la déconstruction du système patriarcal qui, seulement, pourra véritablement nous rassembler et nous rendre toutes et tous, LGBT aussi, libres.

Heureusement, il n’est jamais trop tard pour bien faire.

Dans tous les cas, je souhaite une belle et longue vie au Centre LGBT Paris-Île-de-France comme à l’ensemble du mouvement LGBT.

17 mai – Journée Mondiale de lutte contre l’homophobie

idaho
17 mai – Journée Mondiale de lutte contre l’homophobie
IDAHO (International Day Against Homophobia)

L’homophobie, la lesbophobie et la transphobie sévissent toujours. Certains pays ont certes adopté des lois pour protéger les personnes LGBT et lutter contre les discriminations et violences à leur encontre, mais d’autres sont très frileux et ne mettent en place des actions et programmes de prévention ou de lutte que contraints et forcés.

Pire encore, certains pays appliquent toujours une homophobie d’état, ils organisent l’insécurité des personnes LGBT, les harcèlent, condamnent et parfois assassinent.

Dans tous les cas, les mentalités n’évoluent que trop lentement et les efforts entrepris par les autorités et institutions sont amplement insuffisants, en particulier dans le domaine de l’éducation et de la prévention.

Des journées contre l’homophobie avaient lieu dans différents endroits du globe et notamment depuis 2003 au Québec. Louis-Georges Tin, coordinateur du Dictionnaire de l’homophobie a alors proposé en aout 2004, une seule journée mondiale qui aurait lieu le 17 mai afin de commémorer le retrait de l’homosexualité de la liste des troubles mentaux de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé). L’IDAHO, International Day Against Homophobia (Journée mondiale de lutte contre l’homophobie) était née.

Depuis, cette journée contre l’homophobie, la lesbophobie et la transphobie est suivie chaque 17 mai un peu partout dans le monde. La France a officiellement reconnu l’IDAHO en 2008.

Cette année, l’Union Européenne et en particulier le Parlement qui lance une campagne qui se déroulera les 15 et 16 mai, se sont fortement impliqués pour soutenir l’évènement. L’Unesco sera également mobilisée avec la tenue d’une conférence internationale, le 16 mai, l’ONG présentera les meilleures pratiques de prévention et de lutte dans ce domaine.

Le thème retenu cette année par le Comité IDAHO est celui de la lutte contre l’homophobie, la lesbophobie et la transphobie dans l’éducation et plus de trente pays, dont pour la première fois la Birmanie, se sont déjà engagés dans des actions spécifiques.

Le Centre LGBT Paris-Idf, à sa modeste échelle, n’est pas en reste et organise comme chaque année un riche programme pour l’occasion.
Nous vous invitons à le relayer et à participer aux évènements proposés.

<a href=”https://www.facebook.com/notes/centre-lgbt-paris-%C3%AEdf/programme-idaho-mai-2012-centre-lgbt-paris/278629818887579″>

Le 6 mai, deux candidats, un seul espoir véritable de changement !

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Deux candidats, un seul espoir de changement vraisemblable, dimanche prochain, aucune hésitation !

Les résultats du 1er tour de la présidentielle avec ce score inquiétant du Front National, puis un entre- deux tours exécrable de surenchères dans la stigmatisation et l’exclusion de l’autre, surtout s’il est étranger, malade et différent, tous les indices d’extrême-droitisation sont réunis, aussi, n’est-il pas très conseillé de trop tergiverser au second tour.

A moins de vouloir vivre dans une société où les groupes et catégories sociales seront dressés les uns contre les autres dans une misère sociale toujours plus grande, ne reste plus qu’à voter pour éviter un nouveau quinquennat du président sortant, le premier ayant été désastreux pour le contrat social autant que pour l’égalité des droits et les libertés. Le savoir vivre ensemble est à réinventer.

Plus que partisan ce constat est réaliste. Il suffit de faire le bilan de l’action de M. Sarkozy d’une part et d’autre part de consulter les programmes des deux finalistes. L’un donne des gages aux plus conservateurs et propose une société où les marchés spéculent en maîtres, où les diverses communautés sont clivées ; l’autre promet une plus grande justice sociale, conforte l’idéal républicain de laïcité, et veut instaurer un véritable dialogue avec les femmes et les hommes de ce pays. L’un prend des engagements clairs en faveur de l’égalité des droits LGBT et de l’égalité réelle entre les femmes et les hommes, l’autre ne fait part d’aucune ouverture ni de volonté de progrès dans ces domaines.

Pendant ce dernier quinquennat, contrairement aux promesses d’ouverture de la campagne de 2007, les droits des personnes LGBT n’ont que très peu évolué, mais les droits d’autres minorités non plus, et même les droits des femmes, tout de même la moitié de l’humanité, ont stagné, sinon régressé.
Les personnes LGBT ne se limitent pas à leur orientation sexuelle ou identité de genre et ne se déterminent pas seulement en fonction de la question de l’ouverture du mariage aux couples de même sexe !

Néanmoins, à la veille du premier tour, nous avons tous fait le bilan du peu de droits obtenus au cours du dernier quinquennat http://blogs.tetu.com/nos_combats_lgbt/2012/04/21/presidentielles-2012-remettre-le-contrat-social-et-l%e2%80%99egalite-des-droits-au-coeur-de-nos-vies/ : quelques mesures distillées au compte-goutte et des batailles épuisantes face à des polémiques indécentes comme dans l’affaire de l’identité sexuelle abordée dans les Manuels de SVT ou celle de la diffusion du film d’animation contre les discriminations « Le Baiser de la lune » etc. Notre pays a perdu depuis longtemps la première place des pays progressistes, obtenue en 1999 avec l’adoption du PaCS.

François Hollande quant à lui, a promis de prendre les textes que nous attendons depuis fort longtemps. Ni les LGBT, ni les femmes qui attendent l’égalité réelle, ni les minorités discriminées ne sont des citoyen-ne-s de seconde zone. Alors, cet espoir de changement que porte François Hollande en notre nom à toutes et tous, personnes de progrès, devra se concrétiser rapidement, il faudra rester mobilisés pour nous en assurer.

Le 6 mai, pour le rétablissement du contrat social, pour instaurer l’égalité et pour plus de libertés, nous voterons pour le seul candidat porteur d’espoir de changement.

L’Europe renonce aux clauses éthiques pour l’octroi des subventions

logo_fr commission européenneL’Europe renonce aux clauses éthiques pour l’octroi des subventions

A Bruxelles mardi dernier, les ministres des Affaires Générales du Conseil de l’Union Européenne ont supprimé une clause anti-discrimination de la proposition de politique régionale de cohésion pour les années 2014 à 2020.

La politique régionale de l’Union européenne est une politique d’investissement. Elle soutient la création d’emplois, la compétitivité et la croissance économique, l’amélioration de la qualité de vie et le développement durable. Ces investissements évalués à environ 347 billions d’euros favorisent la mise en œuvre de la stratégie Europe 2020.

Le respect des conditions de la clause anti-discrimination contraint les états membres qui veulent bénéficier de fonds européens, à garantir les besoins de groupes de population victimes de discriminations.

En effet, cette clause prend en compte la discrimination à raison du genre, de l’orientation sexuelles et de l’identité de genre (personnes LGBT), comme la discrimination subie par les personnes handicapées ou par les minorités religieuses.

Mais sans la clause anti-discrimination, par exemple, des fonds européens pourront être utilisés pour financer la construction de bâtiments administratifs, sans que pour autant ces bâtiments, ne soient accessibles aux personnes à mobilité réduite.

La commission souhaite notamment inciter les états membres à créer des organismes nationaux pour analyser les questions relatives à l’égalité femmes-hommes. Ces entités aideraient les états à s’assurer que les femmes bénéficient bien d’une égalité réelle de traitement, dans tous les aspects de la vie quotidienne.

Il est heureux que les ministres aient décidé de continuer d’exiger que soient remplies les conditions de la clause éthique pour accéder au fond social européen (ESF) dans deux domaines, l’égalité femmes-hommes d’une part, et l’éducation, l’emploi et la santé des Roms d’autre part.
En revanche, pour les autres discriminations elles ne seront plus requises.

Toutefois, le Parlement et le Conseil devront négocier et il est probable que des députés voudront réintroduire les conditions éthiques de la clause anti-discrimination afin de combattre efficacement les inégalités et les discriminations.

Dans tous les cas, les associations LGBT suivront ce dossier de prés, car un tel recul serait fortement préjudiciable.

Encore une agression lesbophobe !

lesbop11Lyon, une violente agression lesbophobe

Pour éviter les agressions, éduquer au respect des différences.

En pleine période électorale, s’est produite hier près de Lyon, une agression lesbophobe.

Deux jeunes hommes de 17 et 19 ans ont insulté un couple de lesbiennes dans un bus, puis l’une d’elles a reçu des coups au ventre, pendant que sa compagne était ceinturée pour l’empêcher d’intervenir.

Les jeunes femmes ont porté plainte et leurs agresseurs ont été arrêtés.

Cette nouvelle agression nous rappelle que si la responsabilité des agresseurs reste entière, nos institutions ne prennent pas vraiment au sérieux la lutte contre l’homophobie, la lesbophobie et la transphobie.

De si jeunes hommes, s’ils avaient eu accès à des cours d’éducation et de prévention pour les sensibiliser au respect des différences, ne seraient peut-être jamais passés à l’acte.

Lors du quinquennat qui s’achève, quelques mesures ont été prises dans ce sens et l’on retient en particulier une circulaire promouvant la lutte contre l’homophobie assortie d’une campagne de prévention affichée dans les établissements scolaires.

Mais, c’est amplement insuffisant, d’autant plus que la polémique au sujet de la diffusion du court métrage d’animation « Le baiser de la lune », autant que le bras de fer exercé par des députés de l’UMP comme des associations familialistes et à caractère religieux pour tenter d’obtenir le retrait du chapitre sur l’identité sexuelle dans les manuels de SVT, ont marqué les esprits et peuvent encourager des personnes à exprimer leur rejet de l’homosexualité.

Le Centre LGBT Paris-IdF adresse son soutien aux deux jeunes femmes victimes de cette agression lesbophobe, conjugaison de l’homophobie et du sexisme, et attend du prochain gouvernement qu’il s’engage avec efficacité dans la lutte contre le sexisme et les LGBTphobies, afin que nous puissions mieux vivre ensemble.

Pour le contrat social, l’égalité et les libertés, aux urnes !

votePrésidentielles 2012, remettre le contrat social et l’égalité des droits au cœur de nos vies.

Alors que le quinquennat s’achève, considérons l’état du pays, de nos droits et libertés, le constat est sans appel : le contrat social est rompu. L’objet de toutes les préoccupations, c’est l’argent, pour survivre ou l’argent démesurément engrangé par les spéculateurs qui s’engraissent sur le dos des plus faibles, avec la crise qui s’éternise.

Ces dernières années, les dérégulations et la spéculation se sont intensifiées, plongeant dans des situations difficiles, des masses de gens. Encouragée par une savante propagande, la tendance de rendre les autres responsables de la situation est de plus en plus forte et le « bien vivre ensemble » est relégué aux oubliettes. Au Centre LGBT Paris-IdF, nous l’avons constaté, étant de plus en plus confrontés à un public en grande difficulté sociale et psychologique. Notre accueil comme nos permanences de soutien, à l’instar d’autres lieux associatifs, ont accueilli de plus en plus de personnes en grande difficulté et la place que prend la pauvreté dans notre pays, est désormais indécente et même violente.

Comment mieux réguler l’économie et les marchés pour plus de justice et d’égalité dans l’intérêt collectif ? La réponse à cette question est bien au cœur du vote des français, y compris des personnes LGBT qui ne se déterminent pas seulement sur l’ouverture du mariage aux couples de même sexe.

En matière de droits LGBT nous avons obtenu quelques avancées telles que le bénéfice du capital décès étendu aux fonctionnaires ; la suppression des droits de succession pour le partenaire pacsé et le même avantage fiscal que pour les couples mariés, dès la première année du PaCS. En matière d’éducation, des mesures ont été prises pour répondre aux exigences des associations, on retiendra les campagnes de prévention affichées dans les établissements scolaires et une circulaire promouvant la lutte contre l’homophobie. On se souvient aussi de Rama Yade appeler à l’ONU, à la dépénalisation universelle de l’homosexualité.

En résumé, quelques mesures sensées apporter un peu plus de justice et un début de lutte contre l’homophobie dans le milieu scolaire, enfin, un engagement international qui de la part d’un pays comme la France est tout de même un minimum attendu, même si fort paradoxalement elle exclut allègrement les étrangers séropositifs sur son propre sol et met toujours autant de mauvaise volonté à encourager ses préfets à plus de bienveillance à l’égard des réfugiés politiques LGBT.

En outre, des limites ont très vite été imposées et nous n’avons pas oublié ni la lamentable polémique au sujet de la diffusion du court métrage d’animation « Le baiser de la lune » (qui vient enfin d’être autorisé de diffusion), ni le bras de fer au sein même de l’UMP pour tenter d’obtenir le retrait du chapitre sur l’identité sexuelle dans les manuels de SVT. Enfin, les propositions de loi sur l’ouverture du mariage aux couples de même sexe comme sur l’attribution de la pension de réversion aux couples pacsés ont été massivement rejetées par les députés de la majorité. Le statut du tiers pourtant promis lors de la campagne du candidat Sarkozy est aussi passé aux oubliettes, n’apportant aucune solution aux familles homoparentales qui voulaient adopter l’enfant de leur partenaire.

Au final quelques avancées mais surtout 5 ans de grande stagnation qui depuis longtemps nous ont recalé du 1er rang des pays LGBT “friendly” avec le PACS en 1999, dans le peloton de queue de l’Europe qui ne cesse pourtant d’encourager les états à adopter des mesures favorables à l’égalité des droits. Des candidats à gauche, inspirés les recommandations européennes et par les revendications formulées par nos associations promettent dans leur programme, ces mesures que nous attendons avec impatience car, l’égalité réelle qu’il s’agisse d’ailleurs d’égalité femmes – hommes ou d’égalité en matière d’orientation sexuelle et d’identité de genre ne peut rester plus longtemps en panne dans notre pays. Il y aurait aussi beaucoup à dire du droit des minorités en général.

Alors, qu’il s’agisse du contrat social ou d’égalité des droits, ce quinquennat aura été long et pénible ; votons pour remettre le contrat social et l’égalité réelle au cœur de nos vies.
Les résultats du 1er tour sont à la fois encourageants car François Hollande dont le programme promet plus d’équité et de « mieux vivre ensemble » est en tête, mais inquiétant car le score du Front National est très élevé. Rien n’est joué et en cas de victoire de la gauche, il faudra aussi rester mobilisés, ne pas remiser les banderoles à la cave car aucun président, aucun gouvernement ne mérite jamais, de chèque en blanc.

Le 6 mai, aux urnes !

A défaut de se faire comprendre, reste le chocolat de Pâques !

chocolat-paques-oeuf J’espère que le projet de rapprochement des deux structures parisiennes que sont le Centre LGBT Paris-IdF et l’Inter-LGBT aboutira.
Quand on regarde attentivement le projet, on comprend qu’avec ses trois pôles :
- synergies inter-associatives (Maison des associations, Centre de formation, coopérative d’achat, etc.),
- lieu citoyen (accueil, information, soutien, culture, etc. pour les publics LGBT),
- et plate-forme revendicative (égalité des droits et lutte contre les LGBT-phobies),
il couvre l’ensemble des attentes exprimées et besoins recensés.
On comprend aussi que la mutualisation des moyens humains, matériels et financiers contribuera à plus de force et de solidarité et donc d’efficacité ; enfin, un tel ensemble sera plus cohérent et plus lisible. C’est une chance historique inespérée pour notre mouvement.

Mais si les membres de nos deux structures ne parvenaient pas à s’en convaincre et ne l’adoptaient pas, ce serait certes dommage et préjudiciable, mais il n’y aurait pas non plus mort de militant-e ! Dans notre histoire, on trouve nombre de beaux projets qui n’ont pas vu le jour pour tout un tas de raisons plus ou moins valables.

Dans tous les cas, que le projet aboutisse ou pas, le bilan du Centre LGBT Paris-IdF est positif. Il se mourrait rue Keller, il a réussi son redressement, puis s’est implanté avec succès rue Beaubourg où il se développe correctement, pourtant dans un contexte socio-économique difficile et une monté flagrante de l’individualisme.
Bien entendu, tout est perfectible et dans le cadre du projet de rapprochement ou sous sa forme actuelle, le lancement d’autres services et activités est tout à fait souhaitable et envisagé. Pour autant, s’il est aisé de s’enflammer, de prétendre avoir toutes les solutions et bonnes idées, il est autrement difficile de tenir un cap dans la durée et de toute façon, rien ne justifie le déferlement d’agressivité ni d’inepties auquel nous sommes actuellement confrontés.

Plus grave encore, il est incompréhensible que des personnes qui prétendent être concernées par la lutte contre les discriminations et les violences puissent ainsi s’acharner contre ce projet et surtout se commettre avec excès dans de violentes attaques personnelles, proférer des insultes et tenir des propos diffamatoires (à l’oral comme à l’écrit et sur tous supports qu’il s’agisse de blogs, courriers, page FB, etc.).
Comment comprendre, dernier exemple en date et parmi de nombreux autres, que le simple fait de rappeler l’impossibilité éthique et réglementaire d’être à la fois intéressé commercialement dans le milieu associatif LGBT et prétendre à des fonctions électives à la tête de leur Maison des associations, puisse déclencher une réaction aussi violente sur un blog d’entreprise ?

Ce projet concerne l’ensemble du mouvement LGBT, il est porté par de nombreux acteurs et se payer la tête d’un de ses représentants, en l’occurrence une, la mienne, ne rime à rien et ne fait que révéler une fois de plus la sourde misogynie de leurs auteurs. Les quelques femmes qui les soutiennent ne sont pas avares de solidarité envers leur propre genre, là non plus rien de bien nouveau.

Etre lesbienne et féministe dans ce mouvement LGBT n’est décidément pas chose facile. J’en viens même à me demander si un bilan tel que celui du Centre LGBT Paris, ne serait pas porté aux nues par ceux qui le vilipendent aujourd’hui, si à sa tête, à la place d’une lesbienne féministe, se trouvait un gay très moyennement engagé sur les questions d’égalité de genre ?

N’est-il, par exemple, pas curieux de passer sous silence le bilan amplement positif du Centre LGBT Paris pour me reprocher systématiquement dans un fallacieux et lamentable amalgame de faire la « chasse aux putes » alors que je suis opposée au délit de racolage passif ?! Ou encore de me reprocher d’être contre l’homoparentalité alors que j’émets simplement de sérieux doutes sur la GPA (Gestation pour Autrui) ?!
Comme par hasard, il s’agit bien de deux domaines mettant en jeu essentiellement l’appropriation du corps des femmes.
http://blogs.tetu.com/nos_combats_lgbt/2011/05/30/homoparentalite-asymetrie-reproductive-et-gestation-pour-autrui-gpa/

Combien de fois vais-je devoir répéter que je n’ai rien contre les prostitué-es, bien au contraire et que je suis contre le délit de racolage et leur persécution, que je déplore les violences qu’elles subissent, etc. ? Seulement voilà, je suis aussi contre la marchandisation des corps sous toutes ses formes et donc contre le système prostitueur ; je suis en faveur du développement de programmes d’émancipation pour les personnes prostituées qui le souhaitent, contre la traite et les trafics (+ de 80% e la prostitution en France), pour l’éducation des clients prostitueurs, etc.…Et alors, est-ce interdit d’avoir un idéal de société ? Pourquoi ceux qui voudraient me contraindre au silence relayent-ils les arguments de ceux qui défendent la réglementation de la prostitution ? De quelle prétendue neutralité s’agit-il ? N’y a-t-il pas plutôt deux poids deux mesures en matière de liberté d’expression dans ce domaine comme certains autres ?

J’avais pris le temps d’écrire un texte relatif à la mixité afin de sensibiliser chacun-e sur l’impérieuse nécessité de travailler sur la question avant que toute lesbienne un tant soit peu féministe n’ai déserté ce mouvement, il faut bien le reconnaître, tout aussi misogyne que le reste de la société française. C’est manifestement peine perdue, quand le fossé se sera irrémédiablement creusé, il sera bien temps de le regretter ! Un mouvement social qui n’évolue pas sur la question de l’égalité réelle entre les genres mais qui prétend à l’égalité des droits LGBT passe nécessairement à côté de quelque chose, et c’est bien le cas, aujourd’hui, en France du mouvement LGBT.
http://blogs.tetu.com/nos_combats_lgbt/2011/11/28/quelle-mixite/dans le mouvement LGBT

Il y a bien entendu des raisons d’espérer malgré tout. Le fait même qu’existe ce projet de rassemblement de nos deux importantes fédérations parisiennes en est une ; le succès du récent meeting organisé par les 2 fédérations nationales et l’Inter-LGBT, même si, dans ce contexte de rapprochement, on aurait préféré également une meilleure visibilité du Centre LGBT Paris, en est une autre.

Les temps sont au rassemblement et pas à la division, mais pas à n’importe quel prix non plus et un mouvement LGBT qui ne se respecte pas, qui ne démontre pas plus de solidarité et ne dénonce pas les attaques injustifiées à l’encontre de certains de ses membres les plus exposés, pas plus qu’il ne travaille à la déconstruction du système patriarcal, ne pourra pas prendre une direction profitable ni à lui-même, ni à l’ensemble de la société, car tout est lié, indéfectiblement.

Merci Monsieur Hammarberg

Thomas HammarbergMerci Monsieur Hammarberg
Thomas Hammarberg, Commissaire aux Droits Humains du Conseil de l’Europe quittera ses fonctions à la fin du mois de mars 2012.
Depuis 2006, il s’est impliqué sans relâche en faveur des Droits LGBT en Europe. Il a mis les droits et libertés LGBT au cœur des agendas et priorités des institutions européennes mais surtout il a amplement contribué à ce que les Droits LGBT deviennent, à part entière, des Droits Humains.

Avec l’ILGA-Europe, le Centre LGBT Paris-IDF a apprécié à sa juste valeur la détermination et la probité de Thomas Hammarberg. Il a toujours été l’un de nos plus efficaces alliés.
Aux côtés de l’ILGA-Europe, nous tenons à remercier Monsieur Hammarberg pour la qualité et la constance de son engagement à nos côtés, pour les valeurs qu’il a défendues et pour l’ensemble de son travail au Conseil de l’Europe.

Toutes les associations et organisations qui œuvrent pour les Droits Humains, pour les Droits Humains LGBT et tous les autres, sont invitées à adresser, avant le 26 mars 2012, une carte postale de remerciement à l’ILGA-Europe qui se chargera de lui les remettre toutes.

Beaucoup des droits LGBT ont découlé de la transposition en droit français des textes européens et les militants LGBT savent ce qu’ils doivent, en particulier, à Thomas Hammarberg.

Aussi, invitons-nous à notre tour, toutes les organisations qui le souhaitent à remercier M. Hammarberg, en espérant que son successeur continuera dans cette voie.

ILGA-Europe, Rue Belliard 12, 1040 Brussels, Belgium.

ILGA-Europe : International Lesbian, Gay, Bisexual, Trans, Intersex association

Une tentative de putsch qui a fait pschitt !

AG2012Une tentative de putsch qui a fait pschitt !
Le Centre LGBT Paris-IdF vient de tenir une Assemblée générale annuelle cruciale puisqu’il s’agissait non seulement de voter comme d’habitude tous les rapports (Activité, financier…) mais aussi de voter le report du mandat du Conseil d’administration actuel, pour mener à bien l’orientation prise à la fin de l’année 2011 : étudier la faisabilité d’un rapprochement entre le Centre et l’Inter-LGBT.

Nous savions que l’AG serait mouvementée, mais n’avions pas imaginé une telle mascarade !

En effet, ces derniers mois, un groupe Facebook d’opposants à l’idée même de tout rapprochement et non au projet qui, insuffisamment avancé, n’avait pas encore été présenté, s’était bruyamment constitué autour d’Hervé Latapie. Les participants s’y étaient illustrés avec nombre de contradictions et quelques injures. Puis ce groupuscule avait lancé une pétition « Pour un Centre dynamique et indépendant » dans le but de présenter, sans véritable projet alternatif, leur équipe à l’AG. Hervé Latapie devait en être le président et ils s’étaient organisés pour tenter d’empêcher l’AG de conclure afin de s’imposer.

Au passage, je relève que conformément à nos statuts et charte du volontaire, aucune personne intéressée de façon financière ou commerciale, directement ou indirectement, ne peut être volontaire et encore moins élue ; partenaire seulement. La clientèle d’Hervé Latapie est au Tango, constituée en grande partie de membres de nos associations. En outre, il décide seul, d’attribuer ou non, des thés dansants aux associations. C’est un geste de solidarité tout à fait louable et dont nous avons bénéficié, mais qui n’autorise pas pour autant au mélange des genres. Les raisons en sont évidentes, pourtant, ni l’intéressé ni personne d’autre autour de lui, n’a relevé ce grave manquement à l’éthique. Ceci est très inquiétant et nous autorise à penser que les dysfonctionnements, un temps monnaie courante au CGL de la rue Keller, ne sont jamais bien loins.

Mais le véritable paradoxe est que ceux qui prétendaient au dynamisme et à la créativité se sont révélés être laborieusement et grossièrement procéduriers et technocratiques, ferraillant à coups de procédés relavant de la pure logique d’appareil, eux qui affirmaient vouloir s’en libérer ! Ils n’ont émis aucun argument de fond contre le projet, aucune bonne idée alternative non plus, et plus stupéfiant encore, nous les avons surpris totalement désemparés par la présentation du projet en cours d’étude !

Disons-le, toutes les techniques possibles de perturbation de réunion ont été utilisées : représentants en surnombre, quadrillage de la salle, prises de parole orchestrées (chacun avait sa partition à jouer), classeurs bourrés d’extraits de PV et de mails lus partiellement et de façon déformée, interprétation sauvage des statuts, phrases et mots sortis de leur contexte, procès d’intention, attaques personnelles hors sujet et déplacées, agressivité, hurlements…

Il aura fallu beaucoup d’expérience et de détermination pour mener cette AG à terme afin que nos membres puissent se prononcer.

Je vous laisse juger de la mauvaise foi de la dizaine de personnes (une demi-douzaine de personnes physiques et deux ou trois de nos associations membres) qui ont tenté de mobiliser la parole et de renverser l’AG :

- Nos statuts précisent qu’une personne reçue par le CA est autorisée à consulter le PV du CA pour lequel elle a été invitée. Cette disposition ne se rapporte qu’à ce cas particulier, pourtant, dans la bouche d’Hervé Latapie, elle est devenue : » Les PV de CA sont publics et il m’a été demandé pour les consulter d’obtenir un Rendez-vous avec le Bureau et de signer une décharge ». Belle interprétation n’est-il pas ? En outre, c’est « merci » qu’il aurait fallu dire, car malgré tout, n’ayant rien à cacher, nous avons accepté de montrer nos PV ! Faut-il également préciser que tout ceci avait déjà été expliqué, avant l’AG, à M. Latapie ?

- Une de nos associations membres nous a accusés d’avoir envisagé deux hypothèses lors d’une réunion de Conseil d’administration : l’abandon du projet car le groupe de travail paritaire se serait rendu compte que le rapprochement serait trop difficile à réaliser et à l’inverse, un bilan d’étape favorable à la poursuite de l’étude et donc le vote en AG du mandat du CA pour poursuivre les travaux. N’est-il pas en effet tout à fait scandaleux d’envisager des hypothèses de travail ? En outre, étant tous d’accord, nous n’aurions pas voté ; vous rendez-vous compte, un CA qui travaille dans le consensus et ne vote que pour départager des désaccords ? N’est-ce pas là le plus terrible des scandales ?!

- Une volontaire nous a affirmé que l’ambiance au Centre n’était pas sympa. Faut-il préciser qu’elle n’y met jamais les pieds, si ce n’est pour tenir sa permanence, pour autant, elle n’hésite pas à blesser l’équipe de volontaires qui animent le lieu et trouvent plaisir à s’y retrouver régulièrement.

- Une personne s’est également étonnée de ne pas avoir le droit de voter sur un exercice au cours duquel, elle n’était pas membre. Comment dire ? C’est partout pareil, voyez-vous, il faut savoir de quoi on parle pour pouvoir se prononcer.

Toujours dans le registre de l’étonnement, une association s’est émue qu’un point d’étape du projet de rapprochement lui soit présenté avant le vote sur le report du mandat du CA ; comment dire, ce n’est pas l’inverse qui aurait été aberrant ? Vous accepteriez vous de voter le report d’un mandat sans savoir où en est le Groupe de Travail ? En outre, un mail de rappel adressé la semaine précédente faisait bien état de cette présentation ajoutée à l’ordre du jour. Précisons que cette association, membre du CA, était parfaitement informée du déroulé de l’AG, en revanche, son représentant mandaté à l’AG semblait le découvrir.

Je ne partage que ce qui peut l’être et vous épargne le pire, ce bref aperçu de ce que nous avons enduré est bien assez édifiant.

Un beau Rapport d’activités, certes perfectible, un bilan financier excédentaire et exceptionnel, des membres intéressés par le bilan et le point d’étape du projet de rapprochement… ? On s’en fiche, nous on est venu pour crier au scandale, alors on crie !

Dans un tout autre registre, nous avons aussi eu le droit à des questions déplacées, lamentables provocations.

Une de nos associations Trans., s’est d’abord illustrée par son incivilité et dans le plus grand mépris du groupe. Pour que chacun puisse s’assoir, nous avions limité à 2, le nombre de représentants par association, cette petite association nous a pourtant imposé 3 représentants, puis, s’est déchaînée dans des attaques personnelles hors sujet et diffamatoires.

Elle a d’abord prétendu que les positions personnelles de la présidente se confondaient avec celles de l’association. Pourtant, tout communiqué publié avec un logo, un papier entête, et la signature : « pour le Centre LGBT Paris-IdF, CLD présidente », est conforme au fonctionnement habituel du Centre et à celui de nombre d’autres associations. En outre, ces communiqués portent tous sur l’actualité et jamais aucun membre ne s’en est plaint, bien au contraire. Enfin, s’ils partent de mon adresse mail c’est parce que nous n’avons pas de porte-parole et qu’au Centre ce poste est dévolu à la présidence.

En revanche, tout le reste, édito, blog personnel Têtue, n’engage que moi. Il se trouve que présidente ou pas, comme tout responsable associatif, j’ai des opinions que je suis libre d’exprimer comme tout-e citoyen-ne. Je ne suis pas bâillonnée, je ne suis pas un pantin.

Beau paradoxe là aussi, que ces gens si libres et démocratiques qui prétendent museler ceux qui ne sont pas de leur avis !

Ne soyez pas dupes, d’autres représentants peuvent s’exprimer à longueur de colonnes et sans censure aucune, seulement voilà, leurs analyses et leurs propos, tout aussi partisans soient-ils, étant identiques aux leurs, sont largement salués et relayés !

Me reprochent-ils des prises de position en faveur de l’égalité des droits ou contre les LGBTphobies ? Non. Mes positions féministes sont déjà plus difficiles à digérer (petits machos deviendront grands, grands machos le resteront ?), mais le grand sujet de discorde, qui n’avait rien à faire à l’AG qui plus est, c’est encore et toujours : « les putes… » (Désolée, je n’ai pas noté toute la phrase). La prostitution et oui, voici le sujet de toutes les haines, menaces et intimidations.

Ceux qui s’obstinent à prétendre que je fais la « chasse aux putes » pratiquent l’amalgame et le mensonge. Accusations parfaitement démentielles et qui relèvent du syndrome de persécution.

Je n’ai rien contre les prostitué-e-s et au Centre, certain-e-s fréquentent nos permanences d’aide. Je suis contre le délit de racolage et la persécution policière des personnes prostituées, je déplore les violences qu’elles subissent.

Mais je suis aussi contre la marchandisation des corps sous toutes ses formes et donc contre le système prostitueur, en faveur du développement de programmes d’émancipation des personnes prostituées qui le souhaitent, contre la traite et les trafics (+ de 80% e la prostitution en France), pour l’éducation des clients prostitueurs…

Et alors, est-ce interdit d’avoir un idéal de société ? Pourquoi me contraindre au silence mais applaudir les associations qui défendent la réglementation de la prostitution ? Le savez-vous, nous sommes en démocratie et les idées peuvent encore s’exprimer librement dans ce pays !

Surtout, quel est donc le rapport avec la gestion, les projets et l’encadrement du Centre LGBT Paris-IdF qui accueille à l’identique et dans toutes ses permanences de soutien comme plus généralement dans ses locaux, toute personne qui en pousse la porte (Seules, celles qui au passage poussent aussi ses occupants, ne sont pas invitées à y revenir !)

Cette association, décidément dans l’outrance, n’a pas hésité à nous reprocher aussi le lancement d’un programme de santé Trans. ; mais n’en doutez pas, si nous ne l’avions pas fait, elle nous l’aurait aussi reproché et puis, vous comprenez, nous avons travaillé avec d’autres associations Trans., et ça, convenez-en, c’est proprement scandaleux !

Au final, rien ne nous a été épargné.

Pas de quoi être fiers car afficher de telles pratiques et divisions à la veille d’une échéance électorale importante était pour le moins, stupide.

Heureusement, l’immense majorité des associations LGBT ont quant à elles montré leur volonté de rassemblement et d’union avec la campagne d’interpellation des candidats dont le point d’orgue sera le meeting qui aura lieu aux Folies Bergères.

Et curieusement, toute cette agitation délétère, toutes ces provocations outrancières se sont retournées contre leurs auteurs dont les prétentions se sont dégonflées comme des ballons de baudruche.

Ce groupe, rassemblé par la critique, l’amertume et autres motivations douteuses, a fait la démonstration qu’il n’avait rien d’autre à proposer qu’une opposition de principe, pire encore, ils ont terrifié les personnes présentes par leur comportement néfaste et laissé entrevoir ce que deviendrait un Centre LGBT livré à l’incohérence et à l’anathème.

Ce qu’il faudra retenir de cette pitoyable histoire c’est que l’AG a malgré tout été menée à son terme, tous les rapports, comme le report du mandat du CA pour finaliser la mission du groupe de travail paritaire, ayant été votés et à une très large majorité.

Ceci prouve que même dans un tel contexte, nos membres ne sont pas prêts à s’en laisser compter et veulent comprendre, puis décider, en connaissance de cause.

En fin de compte, cette aventure nous conforte dans notre détermination ; plus que jamais nous voulons préparer ce projet, l’enrichir, le partager, vous le présenter pour en discuter et vous demander de choisir en toute objectivité.

Si certains opposants voulaient revenir à la raison et nous faire des propositions constructives, ils seraient entendus.

Nous donner les outils à la hauteur des enjeux, pour affronter l’avenir avec plus de moyens, compétences, force et solidarité, voilà bien le seul enjeu digne d’intérêt et de passion. Au travail !

Loi homophobe adoptée à Saint-Pétersbourg

flashmobL’Assemblée législative de Saint-Pétersbourg a adopté ce matin le projet de loi prohibant toute « propagande » de l’homosexualité.

C’est ce que craignaient les associations LGBT et plus généralement des Droits Humains, hier mobilisées dans plusieurs villes, à l’appel d’AllOut, pour y organiser des flashmobs.

Le texte appelé « propagande de l’homosexualité et de la pédophilie envers les mineurs » amalgame homosexualité et pédophilie alors que chacun sait que la pédophilie est une perversion qui concerne des adultes indifféremment de leur orientation sexuelle. Il a été adopté à une large majorité, 9 députés en faveur, 5 contre et 1 abstention (15 députés étaient absents).

Le Maire de la ville a maintenant 14 jours devant lui pour signer et promulguer la loi ou la rejeter.

Plusieurs autres villes en Russie dont Moscou veulent également adopter ce texte.

Les militants russes qui luttent contre les LGBT phobies avaient déjà beaucoup de mal à pouvoir s’exprimer librement ; à l’évidence, la tâche n’en sera que plus ardue demain ; difficile avec un tel texte, par exemple, d’organiser un évènement ou d’apporter un soutien. Sans compter que les homophobes, fanatiques et obscurantistes religieux ou d’extrême droite vont s’en donner à cœur joie, se sentant soutenus par les autorités.

Une mobilisation internationale plus soutenue et une intervention diplomatique d’un grand nombre de pays auraient certainement pu éviter ce recul catastrophique pour les personnes homosexuelles en Russie.

Mais tout n’est pas encore joué puisque la loi n’est pas encore promulguée et pour l’instant ne concerne que Saint-Pétersbourg.

Comme d’autres associations LGBT, le Centre LGBT Paris IdF en appelle à la mobilisation internationale et interpelle les autorités françaises afin qu’elles intercèdent dans les plus brefs délais, auprès de leurs homologues à Saint-Pétersbourg.

A quand l’adoption par le parent social ?

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Des lesbiennes séparées obtiennent l’autorité parentale partagée

Le délai de pourvoi en cassation ayant expiré le 14 février dernier, la décision de la Cour d’appel de Paris est désormais définitive.

Pour la deuxième fois en France, un couple de femmes, aujourd’hui séparées, s’est vu accorder l’autorité parentale partagée.

La mère sociale qui n’a pas de lien biologique avec l’enfant peut ainsi conserver son droit de visite et d’hébergement et prendre des dispositions, par exemple, en cas d’urgence médicale.

Ainsi en avait décidé la Cour d’appel le 1er décembre dernier, allant dans le même sens que la Cour d’appel de Rennes avant elle, le 30 octobre 2009.
Le Ministère public ne s’étant pas pourvu en cassation, on peut désormais parler d’une jurisprudence favorable à la délégation partage de l’autorité parentale à un couple homosexuel séparé, dans l’intérêt supérieur de l’enfant.
En effet, les deux femmes, bien que séparées, avaient organisé ensemble, la vie des enfants.

Si avec l’ensemble des associations LGBT le Centre LGBT Paris-IdF se réjouit de cette décision, pour autant, il déplore qu’il ne soit toujours pas possible de parler de sécurité pour les familles homoparentales, leur destin restant suspendu à une aléatoire décision de justice.

Seule une loi, qui permettrait notamment l’adoption par le parent social de l’enfant, pourrait régler la question et apporter toute la sécurité juridique nécessaire aux familles concernées.

ASSEZ D’INTOX !

sorcièreAu Centre LGBT Paris-IdF, depuis que j’y suis présidente, nous avons toujours fonctionné de la même façon (par opposition au fonctionnement en vigueur avant mon arrivée) : un bureau collégial qui discute et prend toutes les décisions en commun, un CA informé de tout et qui discute et vote toutes les décisions importantes pour la vie de l’association, une Globale des volontaires qui a le même niveau d’informations que les élus. Par conséquent, un fonctionnement en toute transparence et démocratie. Les statuts et le Règlement Intérieur ont toujours été rigoureusement respectés à la lettre.

Le bon sens et l’esprit collectif ont toujours prévalu. Ça, c’est la vérité.

Pourtant, les critiques, accusations ont toujours émaillé ça et là, provenant peu ou prou des mêmes personnes. Réussir là où beaucoup ont échoué, ça fait jaser, ça rend jaloux… J’en ai pris l’habitude, n’y accordant que peu d’importance puisque j’avais un cap à suivre, un objectif à atteindre : relever ce lieu de l’ornière, qu’il vive au mieux de ses capacités afin d’aider les personnes et associations LGBT et de contribuer à ce que les luttes pour nos droits et libertés aboutissent.

Le reste, ce sont les aléas de la fonction. Mais, disons le sans détour, il ne fait pas bon d’être une lesbienne féministe dans certains milieux LGBT, cela peut même déclencher une violente animosité (le moins que l’on puisse dire c’est que beaucoup n’ont pas commencé à déconstruire les méfaits et travers du patriarcat, à commencer par la haine des femmes, ce qui hélas n’épargne pas non plus certaines lesbiennes).

Déjà l’année dernière, un groupe FB, avec le succès qu’on lui connait, avait appelé à ma démission.

Cette fois, menée par Hervé Latapie (dont les motivations de commerçant / militant peuvent au moins être questionnées), une nouvelle pétition appelle à signer pour un « Centre démocratique et dynamique » ! Sic ! Mais c’est déjà le cas voyez-vous ! Si vous y passiez plus de temps vous le sauriez ! C’est proprement une insulte lancée à la face de toute son équipe de volontaires, élus ou pas.

Qui a signé cette pétition ? Probablement une poignée de personnes de bonne foi et entraînées par de bons ami-e-s, 2 ou 3 volontaires en exercice sur soixante, quelques anciens volontaires qui croyaient pouvoir prendre le Centre pour un lieu de thérapie et n’ont toujours pas réglé leurs problèmes d’égo, quelques personnes proches des mouvances extrémistes, quelques « consommateurs du bar » (comme ils se nomment) qui à n’en pas douter connaissent vraiment les enjeux du débat, et pas mal de pseudos, simples prénoms non identifiables… Bref, un tout petit nombre de personnes bien intentionnées qui ont choisi un site de pétition belge pour éviter de tomber sous le coup de la loi française et de poursuites en diffamation je suppose ?

En effet la pétition, l’appel et les propos relevés sur le groupe Facebook relèvent le plus souvent de la diffamation pure et simple.

On ne parle pas du Centre LGBT ni de l’Inter-LGBT, ni même des instances de décision et encore moins des membres mais de Christine Le Doaré, un peu comme vous savez dans les contes pour enfants, de la vilaine sorcière à abattre ! Cette personnalisation outrancière est lamentable, toutes les orientations et décisions ont été adoptées et votées conformément aux règles démocratiques, et cette manipulation démontre s’il le fallait, qu’il ne s’agit que d’un ridicule procès d’intention.

Que dire des arguments avancés ? Dans nombre d’associations, il faut avoir été membre pendant l’exercice écoulé sur lequel porte l’Assemblée Générale pour pouvoir y assister et se prononcer, sinon, de quoi parle-t-on ? Vouloir faire adhérer ses amis en force avant l’AG, comme le fait Hervé Latapie, est incroyablement grossier et scandaleux.

En outre, et même si ce n’est pas vraiment de cela dont il s’agit, tout le monde sait qu’une association est tout à fait habilitée à choisir ses membres, il ne manquerait plus que cela ! Pour les personnes morales, le CA va même jusqu’à voter sur dossier l’adhésion ou pas, selon des critères précis (objet, existence en région parisienne…).

Enfin, pendant une période de transition, nombre d’associations reconduisent le CA de quelques semaines ou mois pour mettre le dispositif en place et ne pas laisser la structure sans gouvernance et les nouvelles demandes d’adhésion sont en suspens en attendant de savoir à quoi les gens vont bien pouvoir adhérer. Pourquoi faire semblant de ne pas savoir tout ceci ?

J’ai reçu cette nouvelle pétition via l’un des volontaires du Centre qui m’a également fait part de sa réponse : il leur a demandé pourquoi il ne les avait pas vus au Centre (ou plus souvent au Centre), lui qui y milite régulièrement !

Et c’est bien là tout le problème. Qui sont ces personnes qui sortent du bois et s’inventent une légitimité pour se prononcer sur des questions qui relèvent exclusivement de notre association et de ses membres ?

Tant que j’étais présidente du Centre, (ce que je suis encore jusqu’à l’AG), étant donné le bilan, la rigueur et justement le fonctionnement démocratique sans faille, les personnes en but aux intérêts collectifs pour des raisons d’égo personnel, se sont rapidement retrouvées en minorité, sont parties d’elles-mêmes (même jamais eu besoin de prendre des mesures conformes au Règlement Intérieur) et le Centre a tenu la route avec de beaux résultats et une belle croissance.

Pas d’errance ni d’approximation, pas de gabegie, pas de démagogie ni de manipulation, pas de complot d’égo ni de putsch. Ca nous a un peu reposés après les dernières années de tourmente du CGL rue Keller !

A l’annonce de mon départ, c’est un peu comme si les rapaces sortaient du bois toutes griffes dehors ; je sais ça fait un peu mauvaise bande dessinée mais c’est bien de cela dont il s’agit.

Tous ces gens qui pour la plupart n’ont rien donné au Centre ou qui y sont passés quelques semaines, dans l’attente d’une gratification personnelle démesurée et nécessairement insatisfaite, que veulent-ils aujourd’hui ? Quelles sont leurs véritables motivations ?

S’ils voulaient participer, apporter et construire, ils seraient déjà investis au Centre ou y seraient restés, ce n’est le cas que de 2 ou 3 d’entre eux.

Non, ils savent que nos associations rassemblées travaillent et produisent solidairement et dans le cadre d’un processus parfaitement démocratique (confère le site de lancement de la campagne égalité des droits de l’Inter-LGBT qu’ils préfèrent passer sous silence à quelques encablures des élections !).

Ils savent que nous avons engagé une étude de faisabilité d’un rassemblement inter-associatif afin d’être tous ensemble plus pertinents et plus forts et ils ne le supportent pas.

Les vieilles guerres intestines, les rapports de force et de pouvoir, ils en font leur raison d’être et de vivre. Le « Gueuloir » d’Hervé Latapie, ce n’est pas l’idée que je me fais du débat démocratique ! S’il est en manque d’invectives et d’autres avec lui, je leur conseille de ressusciter la formule.

Une foire d’empoigne n’est pas compatible avec la gestion et le fonctionnement de structures telles que les nôtres, l’improvisation et les contradictions perpétuelles leurs seraient pour le moins très préjudiciables. Nous en avons déjà fait les frais par le passé et seule une poignée de contestataires, ont envie de rejouer cette partie.

Relativisons-donc leur action et pouvoir de nuisance.

La démocratie c’est quand une association et ses membres – hors la plupart des signataires de cette pétition, pour ne pas dire quasiment tous (à trois exceptions prés), ne sont pas membres du Centre – travaillent et choisissent son avenir sereinement.

Les moyens de pression et d’intimidation extérieurs de gens qui n’ont aucune légitimité dans le processus démocratique de l’association, n’ont aucune espèce d’importance.

A l’Assemblée Générale annuelle ne seront présents que les membres du Centre personnes morales et physiques et ils voteront en toute connaissance de cause.

Quelle que soit leur décision, Ils assumeront leur vote et c’est bien là tout ce qui compte.

Nous nous soumettrons, comme toujours, au vote démocratique et n’avons rien d’autre à répondre à cette entreprise malhonnête de déstabilisation d’un lieu qui a surtout besoin de sérénité et de personnes constructives et positives pour préparer son avenir.

Sans surprise aucune, cette pétition n’a aucune raison d’être et trahit les intentions polémiques de son auteur et de ses signataires.

Christine Le Doaré

CEDH-Interprétation Art 10 Convention

bienvenueWelcomeLa Cour Européenne des Droits de l’Homme a précisé son interprétation de l’article 10 de la Convention des Droits Humains

La Cour Européenne des Droits Humains vient de rendre son jugement dans l’affaire Vejdeland et autres v. Sweden.

Pour la Cour, une condamnation pour avoir distribué des prospectus insultants à l’égard des gays et des lesbiennes, ne constitue pas une infraction à la Convention Européenne des Droits Humains et l’activité du groupe d’individus de loi suédoise à l’origine des prospectus, n’est pas protégée par la liberté d’expression garantie par son article 10.

Dans le prospectus incriminé, l’homosexualité était qualifiée de «propension à la déviance sexuelle » ayant « un effet moralement destructeur pour le fondement de la société » ; en outre, le texte prétendait que l’homosexualité est responsable du développement du VID Sida et que le lobby homosexuel tente de minorer la pédophilie.

La Cour Européenne des Droits Humains considère donc que rendre une condamnation pour distribution de prospectus insultants contre les personnes homosexuelles n’est pas contraire à la liberté d’expression et que l’état suédois était fondé à le faire.

Elle a précisé que des allégations telles que celles portées sur les prospectus incriminés étaient sérieuses et préjudiciables et a rappelé que les discriminations basées sur l’orientation sexuelle étaient aussi importantes que celles basées sur la race, l’origine ou la couleur de peau.

Ce jugement est d’importance capitale, il précise clairement l’interprétation de la Convention par la Cour, en matière de propos haineux ou diffamatoires à l’encontre des personnes homosexuelles.

Aux côtés de l’ILGA-Europe et de l’ensemble des associations LGBT, le Centre LGBT Paris-IdF s’en félicite.

(3) Judgement of the European Court of Human Rights in the case of Vejdeland and Others v. Sweden (application no. 1813/07)

(4) Under Articles 43 and 44 of the Convention, this Chamber judgment is not final. During the three-month period following its delivery, any party may request that the case be referred to the Grand Chamber of the Court.

l’UNAF hostile aux familles homoparentales

famille homo 1GAY PARENTS ADOPTIONL’UNAF (Union Nationale des Associations Familiales) invite les candidats à l’élection présidentielle à se positionner clairement sur la politique familiale qu’ils adopteraient s’ils étaient élus.

Le questionnaire de L’UNAF porte sur différents sujets économiques et sociaux liés à la vie des familles, mais, nous nous étonnons qu’à cette occasion, l’association en profite pour s’opposer à “l’assistance médicale à la procréation pour des motifs autres que médicaux” et pour se prononcer « contre l’extension des droits attachés au Pacs ».

Ces positions nous interpellent tant elles nous semblent homophobes.

Nous rappelons que de nombreux pays européens ont déjà ouvert l’AMP aux couples de lesbiennes et /ou aux femmes célibataires et que le PaCS étant le seul statut accessible aux couples de même sexe pour l’instant, il nous apparait légitime de demander son amélioration.

L’UNAF qui représente les familles et leurs intérêts serait t’elle hostile aux familles homoparentales ?

Ces familles existent dans une proportion non négligeable et rien ne justifie de les discriminer.

Un rassemblement sous le signe des retrouvailles

marcheLe projet de rassemblement de l’Inter-LGBT et du Centre LGBT Paris IdF à peine évoqué avait déjà fait couler beaucoup d’encre, dans une ambiance pour le moins délétère.
Ce n’est pas grave, l’essentiel c’est que peu à peu les procès d’intention, les suspicions, s’effacent, que le débat s’apaise et que les échanges sincères et sereins prennent place, afin que les risques liés au projet soient aussi bien évalués que les gains éventuels.

Des réunions sur le projet ont déjà eu lieu dans les différentes instances des deux structures qui ont voté la mise en place d’un groupe de travail paritaire assisté d’un juriste afin d’étudier la faisabilité de leur rapprochement.
Le 20 janvier, une réunion d’information et d’échanges était proposée aux associations membres du Centre LGBT Paris. Huit d’entre elles sur soixante quinze ont répondu présentes.
Le message est on ne peut plus clair, l’immense majorité les associations savent que l’étude de faisabilité d’un projet d’intention de rassemblement est à l’étude et elles comptent bien y contribuer en nous retournant dûment renseigné le questionnaire participatif que nous avons lancé. Elles seront informées, à chaque étape décisive et seront amenées à se prononcer, dans les instances de décisions, sur les hypothèses qui leur seront présentées. Alors pour l’instant, elles ont accordé un crédit confiance au Groupe de travail paritaire, sachant qu’il aura à cœur de défendre l’intérêt de chacune des deux structures et de nos luttes, dans un esprit constructif et solidaire.

Des débats, je retiens bien sûr les questions et inquiétudes exprimées en vue d’éviter des risques et des écueils, ils seront utiles au Groupe de travail.
J’ai aussi constaté un grand malentendu sur les mots « politique » et « apolitique ».

Le Centre LGBT, l’Inter-LGBT n’ont jamais été des associations politiques au sens de partisanes.
Si à une époque, elles ont été plutôt proches de l’extrême gauche pour le Centre et du PS pour l’Inter-LGBT, ce n’est plus vrai aujourd’hui. Ni l’une, ni l’autre ne sont inféodées à aucun parti.

Le Centre LGBT Paris est indépendant, il est heureux qu’en France, percevoir une subvention publique, ne soit pas synonyme d’ingérence politique ! En revanche, l’association a depuis sa création, été un espace militant, revendicatif et politique ; en effet, elle est tout à la fois : la Maison des associations LGBT (synergies inter-associatives), un lieu d’information, d’accueil et d’aide des publics (espace citoyen et solidaire) et un acteur des luttes contre les LGBTphobies et pour l’égalité des droits (action revendicative et politique).
Non, ce n’est pas uniquement un lieu d’accueil ; oui, toutes ses missions s’inscrivent dans une démarche revendicative et politique – dans le sens d’une participation active à la vie citoyenne – d’égalité des droits et de lutte pour les libertés et contre les violences et discriminations à l’encontre des populations LGBT.
Comment peut-on imaginer le contraire et croire que ce lieu n’aurait pour seule vocation que la mise à disposition d’espaces et de services ? Je doute que beaucoup de militants et même bénévoles aient pour vocation de devenir de simples prestataires de services !

L’Inter-LGBT est indépendante de tout parti politique ; elle est constituée de 60 associations – dont 5 groupes issus de partis politiques dont la voix ne compte pas plus que celles des autres – réunies en Conseil des associations qui décide par consensus et vote si besoin est, des thématiques à retenir pour la Marche des Fiertés comme pour les diverses campagnes à mener ; mais elle consacre également une part de son énergie aux synergies inter-associatives (Printemps des associations…).
L’association élabore une plate-forme revendicative pour atteindre l’égalité des droits, pour combattre les LGBTphobies (Rencontres avec les ministères…pour revendiquer une politique de prévention (scolaire, santé…) etc. Elle ne fait pas de politique au sens partisan ou politicien, elle vise l’égalité des droits. La différence est tout de même de taille.

Alors, si revendiquer l’égalité des droits est politique, si élaborer des politiques de prévention est politique, si lutter contre les LGBTphobies est politique, alors oui, nos deux structures, mais à l’instar de toutes les autres associations LGBT sont politiques. Faire du sport en s’affichant gay, lesbienne, bi ou trans c’est faire de la politique puisque cela contribue par une plus grande visibilité, à faire évoluer les mentalités.
La méfiance qui s’exprime vis-à-vis de l’Inter-LGBT cataloguée comme association politique et vis-à-vis du Centre LGBT qui ne devrait pas le devenir, me semble totalement relever d’une grande méconnaissance du fonctionnement et des missions de nos structures et au-delà de l’ incompréhension des mots politique / apolitique et partisan / non partisan, voire d’une vision très réductrice de l’engagement politique.

Toute personne concernée par le monde qui l’entoure et engagée dans une action fait de la politique, il n’est nullement besoin d’être encarté dans un parti pour cela.
Nos associations ne font pas de la politique partisane, elles ne sont pas encartées ni même apparentées ; en revanche, elles sont des vecteurs d’interpellation des partis politiques et de très puissants contre-pouvoirs politiques et c’est très différent.
Ceci-dit, je n’ai rien contre les partis politiques ; rien de péjoratif ni de négatif dans mon esprit ; l’exercice de la démocratie passe par une pluralité d’expressions et de programmes politiques qui se confrontent.
Mais nous ne fonctionnons pas de la même façon et si nous avons nécessairement des affinités avec ceux qui comprennent, relayent et défendent le mieux nos intérêts, ça s’arrête là, précisément là.

Entre nous, ne trouvez-vous pas étonnant que le plus souvent, ces confusions soient entretenues par ceux qui ne se privent pas de revendiquer dans leur vie publique-communautaire, leur appartenance à une tendance politique bien arrêtée (anarchiste, extrême-gauche, Verts, PS/PC, centre, droite…) ? Je m’interroge, que défendent-ils vraiment et à quelle indépendance politique font-ils donc référence ?
La résistance au changement n’est pas surprenante, il y a toujours des doutes, des craintes et de légitimes questionnements. Mais l’hostilité acharnée de certains est tout de même troublante.

Dans tous les cas, le débat ne consiste sûrement pas à opposer des prédicateurs de cataclysmes fantasmagoriques à de naïfs et incompétents rêveurs, mais bien à se mettre sereinement en mode projet pour étudier la faisabilité et le cas échéant les modalités de ce rassemblement.
C’est bien à nous d’en décider, rien, absolument rien n’empêche qu’une structure chapeau rassemblant nos missions actuelles et en créant de nouvelles, ne défende et représente à la fois les intérêts communs d’un lieu inter-associatif et d’accueil public ouvert à toutes et tous, dans le respect de toutes nos diversités, et ceux d’une plate-forme politique-citoyenne pour l’égalité des droits humains LGBT, œuvrant dans l’intérêt collectif. Il suffit de le rêver, de l’organiser et de s’en donner les moyens : retenir les missions dont tout le monde a besoin, choisir la forme juridique la plus pertinente, définir les modes de gouvernance les plus efficaces, etc. ; présenter le tout aux membres et aux instances de gouvernance et apporter tous les amendements nécessaires.

Consolider et développer toutes nos missions, en lancer de nouvelles, gagner en crédibilité et en puissance, devenir un interlocuteur à la hauteur des enjeux dans un contexte socio-économique de plus en plus violent, nous nous devons au moins de le tenter.
Ce projet aboutira ou pas, dans tous les cas, il aura permis à nos deux structures de se retrouver et de mieux se connaître et c’est déjà très positif.

Gays et lesbiennes boucs émissaires de l”Entente parlementaire”

Assemblée NationaleLes gays et les lesbiennes boucs émissaires des parlementaires UMP, c’est reparti !

Année présidentielle oblige, l’Entente parlementaire crée en 2006 est remise au goût du jour par Messieurs Nesme, député de Saône-et-Loire, et de Legge, sénateur d’Ille-et-Vilaine.

Et cette fois, ce sont 82 députés UMP et Nouveau Centre confondus, qui déclarent solidairement et publiquement leur opposition au mariage et à l’adoption pour les personnes homosexuelles dans un « Manifeste pour la défense du droit fondamental de l’enfant d’être accueilli et de s’épanouir dans une famille composée d’un père et d’une mère”.

Ces députés prétendent aussi que « … la République doit exclure toutes les formes de communautarisme ». Nous sommes bien d’accord, et bien loin de toute revendication communautaire, nous refusons le contrat d’union civil proposé dés 2007 par Nicolas Sarkozy mais jamais accordé, parce qu’il ne concerne que les seules personnes homosexuelles.

Nous voulons nous inscrire dans l’universel, aussi, revendiquons-nous l’ouverture du mariage aux couples de même sexe afin que chaque couple, indifféremment de son orientation sexuelle, puisse choisir le statut qui convient à son projet de vie.

Nous l’avons dit en fin de semaine dernière, à l’occasion de l’incident sur le « mariage gay » de Libération, et le redisons aujourd’hui, d’autant plus fort que l’Entente Parlementaire semble s’être quelque peu dégonflée depuis 2006, car alors elle était signée de 174 députés : les parlementaires conservateurs peuvent bien se réveiller, ils n’atteindront pas leurs scores d’antan, la société évolue, une majorité de français sont désormais favorables à l’ouverture du mariage aux couples de même sexe.

Si l’égalité des droits est un long chemin, nous ne sommes plus très loin d’aboutir et de rejoindre les pays progressistes qui ne se sont pas écroulés depuis que les gays et les lesbiennes peuvent s’y marier et adopter des enfants.

Non, nous ne serons pas les boucs émissaires de la politique française et souhaitons rassurer les députés de l’Entente parlementaire sur le fait que nous ne sommes en rien responsables de la perte du tripe AAA ni d’aucun autre cataclysme économique ou social auquel est confronté le pays.

Mariage gay n’est pas ouverture du mariage aux couples de même sexe !

IS989-009…A Peine annoncé déjà retiré… mais de toute façon, nous ne voulons pas de ce “mariage gay” là … !

Mariage gay et ouverture du mariage aux couples de même sexe, ne sont pas synonymes «

Le mariage gay fait son chemin à l’Elysée » !

La Une racoloseuse de Libération peut faire illusion un instant, à condition de se limiter à la lecture du titre.

Selon le quotidien – édition en ligne- le candidat Nicolas Sarkozy songerait à inclure l’union civile des homosexuels – des lesbiennes aussi ?- dans son programme de campagne.

Et le quotidien de donner dans la prophétie en confiant à ses lecteurs « qu’il ne fait plus de doute que sa décision est prise et qu’il va y aller… ».
Fort, bien, mais aller où ? Vers l’égalité des droits ? Pas vraiment à priori, car on comprend très vite, que le mariage gay en question n’est que l’Union civile déjà promise dés 2007.

Certes, ce statut ne serait pas très différent du mariage en matière de droits sociaux, successoraux, fiscaux et sociaux, mais il serait réservé aux seules personnes homosexuelles, comme s’il s’agissait d’une catégorie devant être classée à part, de la population française.

Même si certains utilisent ou ont utilisé maladroitement le terme de « mariage gay », nous l’avons pourtant déjà dit haut et fort, nous voulons l’égalité des droits.
Le Centre LGBT Paris IDF, comme la plupart des associations LGBT et en particulier l’Inter-LGBT, demandent que tous les statuts disponibles pour les couples (concubinage, PacS et mariage) soient ouverts à toutes et tous, indifféremment de leur orientation sexuelle.

C’est précisément à cette égalité des droits que les candidats de gauche se sont déjà engagés, alors, ne s’agit-il de la part de M. Sarkozy que d’une manœuvre électoraliste, aimablement relayée par Libération ?

M. Sarkozy peut toujours nous démontrer le contraire et quitte à se mettre à dos, une bonne partie de son électorat, comme des membres de son parti qui s’illustrent fréquemment par leurs propos homophobes, proposer dans son programme, non pas le mariage gay mais l’ouverture du mariage aux couples de même sexe.
Dans le cas contraire, nous continuerons de nous battre pour l’égalité des droits jusqu’à son accomplissement.