Réveil militant

TÊTU185220298L’achat du premier TÊTU serait-il une étape incontournable dans la vie d’un homosexuel? Je ne peux pas prétendre que mon avis puisse être généralisé mais je pense sincèrement que c’est le cas. En premier lieu il y a la découverte de soi et l’acceptation de sa sexualité. Puis vient le temps du coming out, de parler à ses proches, famille et amis… Acheter TÊTU, c’est d’une certaine manière oser assumer sa différence aux yeux de la société, oser s’affranchir du regard de la vendeuse et des clients qui font la queue.

Quel homo n’a pas une fois lorgné sur les couvertures aguicheuses de TÊTU sans jamais ressortir du Point Presse avec le magazine en main? Ce fut mon cas de nombreuses fois. À chaque fois que je parcours les allées des revues, mon œil est inexorablement attiré par ces Apollons. Pire encore, il les cherche… Un instant de plaisir volé en quelques sortes.

Pour ma part j’ai franchi le cap TÊTU pas plus tard que la semaine dernière. Il faut dire que le coverboy du n°185 est particulièrement vendeur! Je n’ai pourtant aucune difficulté à assumer ma sexualité au grand jour. Mais dernièrement je me suis senti attaqué par les propos tenus par les opposants au mariage pour tous, cela m’a fait prendre conscience de ma fierté d’être homo. Jusqu’alors l’homophobie n’était qu’un concept auquel je n’avais encore jamais été confronté (tout le monde accepte mon orientation sexuelle dans mon entourage). Et voilà que je me suis senti la cible de jugements accablants très loin de tous les fondements de liberté et d’égalité qui me sont chers…et tout ça venant de la bouche de parfaits inconnus!

L’achat de mon premier TÊTU, je le vis plus comme un acte militant. Je l’ai acheté dans un Point Presse en gare de Dunkerque et je l’ai lu dans le train. Je faisais ainsi d’une pierre deux coups. Je rendais mon trajet agréable par la lecture des articles on ne peut plus sérieux, et je montrais aux autres voyageurs qu’ils sont amenés à croiser des homos bien plus souvent qu’ils ne le croient.

Clément, 27 ans

7 commentaires

Moi mon 1er TETU je l’ai acheté devant mon frère jumeau et quand jai vu la tête qu’il a fait ca ma fait encore plus plaisir de l’acheter parce que a la base il etait homophobe

Écrit par karl75 le 22 février 2013 à 14:12

Cela fait quelques temps maintenant (presque 2 ans je pense…) que je suis abonné à TÊTU.
Et j’ai toujours avec moi, dans mon sac, le dernier exemplaire qui m’accompagne partout.
Je suis toujours amusé de voir le regard des autres, quand je le sors pour le feuilleter ou le (re)lire plus en détails.

Écrit par Sébastien le 22 février 2013 à 14:54

En te lisant, j’ai d’abord pensé lire un texte d’un ado de 18 ans au maximum. Quelle surprise de lire ton âge à coté de ton prénom, chacun son chemin et chacun à son rythme. Et utiliser Têtu comme rainbow flog, ça m’a fait sourire!

Par contre, ton texte m’a fait réaliser le chemin parcourru depuis 30 ans! l’homophobie qui t’as touché ces derniers temps, nous la subissions quotidiennement dans la vie de tous les jours et dès le plus jeune âge. Que tu n’aies découvert cette haine qu’à 27 ans démontre malgr tout une évolution possitive de la société et que les combats menés par les générations précédentes ne sont pas restés totalement vains; bien qu’il reste du pain sur la planche.

Ta génération a pu donc se construire avec un certain confort et celui-ci l’a peut-être endormie… Le réveil est brutal, mais bénéfique si ces débats minables sur le mariage pour tous vous ont fait prendre conscience que c’est pas parcequ’un monstre dort qu’il est mort… (et ce n’est pas valable uniquement pour l’homophobie).

Bonne continuation et courage!

Écrit par pa-yverdon le 22 février 2013 à 16:12

Je pense que l’important est de s’assumer en cherchant une reconnaissance dans ceux qui nous ressemblent, et donc not

Écrit par Pogany le 22 février 2013 à 18:09

Je pense que l’important est de s’assumer en cherchant une reconnaissance dans ceux qui nous ressemblent, et donc par les magazines ! Pour moi, il m’a fallu trois mois pour oser en acheter un. Et quelle palpitation au coeur !

Écrit par Pogany le 22 février 2013 à 18:10

Mon premier Têtu…, parcourant les allées du Auchan de long en large, j’hésite à m’approcher du rayon librairie. Heureusement à cette heure tardive (21h30) il y a très peu de client. Allez je me lance, je le repère rapidement, l’attrape et l’enfile dans mon sac entre le pain et les œufs. Un coup d’œil à droite et à gauche, personne ne m’as vu.

Je peux enfin me diriger vers la caisse ou il m’attend, je commence à sortir mes articles sur le tapis roulant, j’attends qu’il soit occupé à passer mes articles pour poser le Tétu sur le tapis, face caché, sous la boite d’œufs. Je passe le portique avant que le magazine ne passe dans ses mains et j’attends. J’observe sa réaction lorsqu’il le voit et passe le code-barre au détecteur. “Bip”, il enchaine avec les patates.

Rien, aucune réaction, à part une demi-seconde d’interruption dans son professionnalisme ? Peut-être, est-ce moi qui veux voir ce que je veux ? En tout cas, je repart le Têtu dans mon sac, sans pouvoir lui dire plus qu’un “Bonjour, merci, au revoir” de formalité.

Gay, timide et pas out, il faut des stratégies plus ou moins efficace pour draguer, en tout cas maintenant il sait. Et d’ailleurs, il est maintenant l’heure de mes courses hebdomadaires; je vais tenter une énième chance de passer à sa caisse….

Écrit par Tomjika le 23 février 2013 à 21:06

Mon premier numéro de Têtu a été en fait le second ! Je l’avais acheté parce que je recherchais un magazine un peu moins “cul” et avec plus d’articles de réflexion. J’ai trouvé mon bonheur pendant les années 90… puis au fil du temps, Têtu est devenu comme tous les mags gays : d’abord le sexe, tout le reste après. Je ne le rejette pas même si je ne l’achète plus depuis 2005 : il est un portail important de l’expression LGBT en France. D’ailleurs, je suis ici à te répondre !

Ce que je retiens, c’est qu’encore plus qu’aujourd’hui, acheter Têtu en 1994 ou 95 était vraiment un acte militant sans le vouloir. J’habitais alors à Nantes, ville plutôt gay-friendly, mais je préférais attendre toutefois certaines heures & aller chez certains marchands de journaux pour l’acheter.

Écrit par Ellypso Waratahs le 1 mars 2013 à 23:10

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