“1997, l’été de mes 16 ans… Voici le parfum qui embaume mon premier TÊTU.
Je ne sais plus comment j’ai appris l’existence du magazine à cette époque qui n’avait pas encore vu l’avènement d’internet: l’homosexualité n’était que très peu abordée à la télévision, dans cette période d’avant Pacs. Sans doute à force de voir l’affiche en kiosque cette idée a parcouru son bout de chemin, toutefois je sais que cela m’a demandé du temps et du courage pour me lancer dans l’achat de mon premier numéro. Si je me souviens bien, j’ai justement attendu d’avoir mes 16 ans pour le faire. Je savais que ce n’était pas un magazine porno, mais je me disais que ça passerait mieux auprès du libraire si il me demandait mon âge.
Je suis né en juin. Je crois bien que j’étais en vacances avec mes parents ou mes grands-parents quand je me suis lancé le défi de glisser TÊTU entre Star Club et Anime Land. Je passais mes étés en camping dans le sud, et, signe du destin, la chanson du moment était je me souviens Maria, d’un certain… Ricky Martin. J’étais toujours solitaire, je m’enfermais dans la chambre ou la tente pour lire chaque ligne de ce numéro juillet-août, n°16, plusieurs fois par jours, et tous les jours…
De retour à Paris, j’ai continué à acheter TÊTU tous les mois au magasin de journaux de mon quartier. En “sandwich” les premiers mois, puis TÊTU seul par la suite. Passé 17 ans je n’avais plus honte même de le demander lorsqu’il n’était pas en rayon. Mes premières sorties dans le – encore subversif et branché – quartier du Marais m’ayant très certainement aidé à m’affirmer.
J’ai gardé mon premier numéro de TÊTU pendant au moins 10 ans, puis les déménagements successifs m’ont poussé à m’en séparer. Mais je ne l’oublierai jamais. À une époque où tout n’était pas encore si facile, et si accessible, acheter TÊTU était teinté d’aventure et d’adrénaline.”
Frédérique, 31 ans
- Par Louis |
- Commentaires (0) |
- 5 816 vues




Réagissez