Chroniques d’une rupture – Saison 1

2940831197_1_3Certains m’écrivent parfois pour me demander si mes Invertissements sont véridiques. Si les situations que je raconte, tantôt amusantes, tantôt pathétiques, sont issues de mon imagination fertile ou de mon expérience vécue. Je profite de l’occasion qui m’est donnée pour (re)préciser ici, que tout est bel et bien vrai. Certes, je ne cite aucun nom, ne donne que des pseudos et enjolive le tout avec des mots un peu littéraires, mais tout est certifié conforme et authentique. Puis, en réfléchissant, je me suis aperçu que je ne m’étais point penché en détail sur l’une des raisons qui m’avaient conduit à créer ce blog, issu d’un traumatisme amoureux dont j’étais parvenu à me relever bravement et je souhaitais le relater et le partager. Finalement, ce but premier s’est éloigné, même si j’en ai déjà parlé en filigrane, lors de deux Invertissements (à savoir Un soir de septembre et surtout Le deuil du vivant).

Le moment tant attendu est donc arrivé. Chic alors ! Car cette semaine, j’ai célébré le premier anniversaire sans nouvelles de M. l’Ex, sans message toxique de sa part ou entrevue néfaste. Une rupture qui dura finalement aussi longtemps que notre couple. Et avec le recul, même si tout est digéré et dilué, j’avoue ne toujours pas comprendre qui était réellement ce garçon qui partagea quelques années de ma vie. Et pourquoi a-t-il agi avec moult manipulations psychologiques pour tenter de me détruire après notre séparation. Peut-être aurez-vous une idée sur la question. Mais fin de préambule, laissez-moi vous raconter cette mésaventure, en trois volets. Après “Plus belle la vie”, voici donc votre nouveau feuilleton à l’eau de rose fanée. Et vous constaterez devant vos yeux ébahis que, comme dans toute bonne série qui se respecte, le suspense va crescendo au fur et à mesure des saisons…

Saison 1 – Première année post-rupture.

Etant un peu perspicace, je savais que la rupture pointait son nez. M. l’Ex s’acharnait de plus en plus dans sa jalousie maladive (lire Ah ! Cruelle jalousie !), marchait à deux kilomètres devant moi dans la rue, choisissait une rame différente de métro lorsque nous le prenions ensemble et s’énervait pour un rien. Constatant que notre relation stagnait, je lui demandai si nous allions franchir un jour le cap fatidique de la vie commune (il était encore dorloté par ses parents) et, soyons fous, du Pacs. Réponse : “Je veux d’abord m’acheter mon propre appartement, vivre dedans seul quelques années et alors nous pourrons considérer la question”. Comme le garçon ne travaillait pas, ce futur qu’il me dépeignait me paraissait fantasmagorique. Surtout que je venais de fêter mes 31 ans et qu’une stabilité n’aurait pas été de refus, merci. Un couperet mit terme à cette conversation. Il me signifia notre rupture. Comme tout bon quitté qui se respecte, je lui demandai s’il y avait quelqu’un d’autre dans sa vie : “Non. Je veux simplement brûler ma jeunesse”. Il partit, mais sans me rendre mes clés. Auparavant, je lui avais précisé qu’il n’y aurait aucune amitié possible entre nous : puisque je l’aimais toujours, le revoir serait une souffrance et je n’envisageais pas de passer d’amoureux à pote, sans transition, comme il me le proposait si gentiment.

Car M. l’Ex ne supportait pas l’idée que je puisse ne plus désirer de ses nouvelles, quand je songeais égoïstement à me protéger. Pendant les semaines qui ont suivi la rupture, à bout de forces, je cessai de me battre pour le récupérer, me heurtant à un mur bétonné par le mépris qu’il nourrissait à mon endroit. Le garçon s’ingéniait à m’écrire régulièrement que je n’avais pas compté, que je ne lui manquais pas et qu’il désirait aimer le maximum d’hommes possibles, me listant tous ceux qui lui tournaient autour. Voyant que je me terrais dans le silence, il continua derechef. “En fait non, je ne veux en aimer qu’un seul. Et ce ne sera jamais toi”. En parallèle, il me proposait tous les jours d’aller au cinéma avec lui et comme je m’obstinais dans mon mutisme, il se faisait de plus en plus virulent. Caressant dans sa demande, puis destructeur quand il n’obtenait pas ce qu’il voulait.

Je consentis une fois à le revoir, notamment pour récupérer mes clés qu’il possédait toujours. J’avais alors la naïveté de me dire que s’il les gardait encore, c’était pour un hypothétique retour, une fois qu’il aurait achevé sa crise existentielle et consumé sa splendide jeunesse. Il me dépeignit sa vie de liberté avec un sourire désarmant, tout en m’assurant que la rupture lui était difficile, mes clés au fond de sa poche, comme un trophée. Je rentrai chez moi effondré et me jurai de ne plus jamais le contacter. Pourtant, M. l’Ex persistait à m’écrire régulièrement. Quand il se montrait cajoleur, l’espoir me regagnait et je lui répondais. Il redevenait alors superbement hautain dans le message suivant. J’étais tantôt son cher et tendre, tantôt un inconnu qu’il saluait au passage, concluant sa missive d’un lapidaire “A plus !”. Je cessai de le lire.

La vie faisant curieusement les choses, je reçus des nouvelles de Mini-Jake (lire L’Argentin). Il me proposa de le rejoindre à Buenos Aires. Ni une, ni deux, je me concoctai un petit voyage d’un mois en solitaire, afin de parcourir l’Argentine. Je verrais quelques jours Mini-Jake et le reste du temps, je découvrirais les splendeurs de la Patagonie, seul, sac au dos. M. l’Ex apprit la nouvelle. Comment, je l’ignore encore. Et il m’écrivit ceci : “J’imagine que tu vas en Argentine coeur contre coeur ou pour retrouver Mini-Jake. Cela n’a aucune importance, puisque moi, j’ai rencontré le Bon. Adieu”. Etait-ce une énième provocation ?  Il obtint gain de cause : je lui répondis, pour la première fois depuis des semaines. Je le félicitai pour sa nouvelle histoire et lui demandai de me rendre mes clés et de ne plus m’écrire. S’ensuivit une salve de mails de sa part, que je supprimai sans les ouvrir. Suite à mon absence de réponse, il utilisa l’objet du mail pour me signifier sa haine : j’étais ainsi obligé de le lire, sans mon consentement. Je faillis rire en découvrant ces mots : “Cesse de te mêler de ma vie amoureuse”. L’hôpital aimait donc réellement se foutre de la charité… M. l’Ex porta même le culot aux nues, en recontactant mes amis pendant mon périple argentin, afin qu’ils me le racontent et me gâchent ainsi ce voyage que j’espérais initiatique.

A mon retour, silence de sa part. Je crus naïvement que je n’entendrais plus jamais parler de lui, faisant une croix sur l’idée de retrouver mes clés un jour et songeant à changer la serrure. C’était bien mal le connaître. Il avait un plan. Et quel plan… La suite ici et la fin, !

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9 commentaires

J’imagine déja une fin façon Liaison Fatale…Pas si tragique cependant sinon l’auteur de ce blog ne serait plus là…
La bonne nouvelle est que, pour être capable d’écrire ces lignes, tu as surmonté cette désilusion!
Je suis impatient de connaître la suite…

Écrit par alexbresil le 18 février 2013 à 15:56

La réalité dépasse parfois la fiction, on s’en rend compte quand cela nous arrive. Je suis aussi impatient de connaître la suite…

Écrit par traileurfou le 18 février 2013 à 17:00

C’est toujours un plaisir que de te lire! Moins que de constater ce que l’on t’as fait subir. Durant cette première saison, il ressort clairement le fait que M. L’Ex est malheureux… Pourquoi, peut être que la suite nous le dira!

Écrit par Le Rochelais le 19 février 2013 à 11:32

Vraiment sympa ce blog, ça fait un moment que j’y viens pour lire toutes ces tranches de vie super bien racontées et qui sonnent tellement vrai pour beaucoup d’entre nous je pense. J’ai déjà hâte de lire la suite de ces Chroniques ;) Et pour une fois je me lance, je laisse un commentaire.
Le comportement de M. l’Ex semble dénoté bien évidemment une certaine immaturité mais surtout un choix qui n’était pas vraiment réfléchi et assumé quant à votre rupture. On dit bien que la haine c’est comme l’amour. Si il avait vraiment voulu passer à autre chose, il ne serait pas revenu à la charge en plus aussi lourdement. Perso mon dernier ex à partir du jour où il a décidé qu’il ne voulait plus qu’on soit ensemble, je n’en ai plus entendu parlé (à mon grand regret !)

Écrit par Geologic le 20 février 2013 à 0:34

la suite….vite ;-)

Écrit par harraps le 20 février 2013 à 11:37

La suite arrive bientôt, avec son lot de rebondissements… Imaginer sa vie en série télé, ça dédramatise pas mal, finalement !

Écrit par Lesoirquipenche le 25 février 2013 à 11:42

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