Si c’était à refaire…

iStock_000015517876XSmallConnaissez-vous le film culte “Dans la peau d’une blonde” ? Dans ce dernier, un play boy qui enchaînait les femmes à son palmarès comme des perles sur un fil, finit malencontreusement par décéder. Voilà qui était fort contrariant pour notre pauvre don Juan, mais qui se vit offrir un marché au Purgatoire : il irait au Paradis si et seulement si, à nouveau sur Terre, il se ferait aimer d’une femme. Et pour faciliter les choses, Dieu étant quelque peu facétieux, il se retrouva dans la peau d’une belle blonde qui subit à son tour les assauts de ses semblables en costume-cravate. Tout ce petit préambule pour vous poser cette question existentielle : si vous, vous aviez l’occasion de revenir sur Terre après avoir passé de vie à trépas, choisiriez-vous de redevenir homosexuel(le) ou opteriez-vous plutôt pour la voie plus traditionnelle des hétéros ?

Je me suis souvent interrogé sur ce point ces derniers temps. Et d’autant plus après ma petite aventure de ce début de soirée. Oh, trois fois rien, je vous rassure (comment ça, vous n’étiez pas inquiets ?). J’étais paisiblement au cinéma lorsqu’un garçon, jeune et joli, s’assit juste devant moi. Et le voici empêtré avec le strapontin qui lui servait de siège à côté de lui et où il tentait désespérément de poser ses affaires. Je l’aidai, n’écoutant que ma bonté d’âme. Nous échangeâmes alors quelques mots de civilité et le film terminé, nous nous regardâmes maintes fois avant de prendre chacun notre chemin, séparément. J’aurais pu lui demander, subrepticement, “Alors, comment avez-vous trouvé le film ?”, mais non, gorge nouée. Si j’avais été un homme hétéro et lui une femme, les choses auraient été bien plus simples, j’aurais osé l’interpeller. Mais là, qu’un garçon homo parle à un autre sans connaître ses préférences, le courage m’a manqué, comme souvent dans pareille situation.

J’avais tout de même trouvé ma réponse, grâce à lui : oui, si c’était à refaire, si on daignait, Là-Haut, me redonner une nouvelle vie, recommencer à zéro, pourquoi pas au moment-même de ma naissance première, alors j’aurais demandé, s’il était possible, si ce n’était pas trop abuser, à devenir un garçon hétéro. Car quand même, il faut bien l’avouer, nous autres invertis, vivons un véritable chemin de croix dans cette société hétéro-normée.

Quand mes parents ont su que j’étais gay, leurs principales sources d’inquiétude furent que je finisse seul, sans personne à mes côtés (pour eux, l’amour homosexuel n’était qu’une lointaine légende urbaine) et que je subisse le joug de tous les autres à cause de ma “différence”. Finalement, j’ai vécu neuf années en couple et je n’ai jamais, je touche du bois, eu à subir la moindre remarque homophobe où que ce fut. Mais maintenant que je suis célibataire durablement, je comprends un peu mieux leurs craintes légitimes. Car boudiou, qu’il est ardu ce chemin qui mène vers la félicité amoureuse homosexuelle !

Déjà, nous ne représentons qu’un faible pourcentage de la population. La probabilité de rencontrer un garçon gay est donc aussi forte que de trouver un neurone dans le cerveau de Justin Bieber. Mais supposons qu’on en dégote un tout de même. Point de mariage pour tous pour le moment, donc point d’alliance à l’annulaire. Il y a donc encore une chance sur deux pour que ledit garçon soit casé. Mais supposons que nous avons affaire à un garçon gay et célibataire. Et que l’on trouve intéressant de surcroît. Encore faut-il que lui-même soit intéressé… Le plus difficile. Eh bien soit, soyons fous, décidons que nous sommes face à un spécimen gay, libre et suspendu à vos lèvres. Encore faut-il pimenter l’ensemble d’une donnée que les hétéros ne connaissent pas : sommes-nous compatibles sexuellement ? Enième rempart à franchir pour tenter de commencer quelque chose. Car le plus dur est ensuite à faire : construire quelque chose de simple et de durable à travers cette relation qui semble déjà bien compliquée à la base…

Etre hétéro ôterait toutes ces barrières. Je verrais une fille et n’aurais qu’une faible probabilité pour qu’elle soit lesbienne. J’oserais davantage la séduire, n’ayant rien à craindre, après tout. Nous ne nous poserions point la question du droit légitime et égalitaire au mariage, à la reproduction et à l’adoption. Nous le ferions sans que cela ne gène le commun des mortels et n’oblige des harpies catholiques à manifester contre notre amour. Nous pourrions nous balader main dans la main dans la rue, nous embrasser goulument sans la crainte de nous faire caillasser dans un coin sombre. Nous ne serions pas obligés de confesser notre hétérosexualité en nous excusant presque d’être nés ainsi. Nous connaîtrions véritablement les préceptes de liberté, d’égalité, de fraternité. Et peut-être encouragerions-nous nos amis homos à se battre pour leurs droits, d’un oeil amusé. La vie ne serait sans doute pas plus belle, mais elle paraîtrait en tout cas plus simple.

Alors jeune homme qui ne savait pas se servir d’un strapontin, vois où notre absence de mots pour sous-titrer nos regards m’ont conduit ? A formuler des questions intimes que beaucoup ne soupçonneraient pas. Car sans doute ces derniers auraient osé te demander si tu avais aimé ou non ce film très moyen, si tu venais souvent dans ce coin, si tu n’irais pas, là, boire un verre, pourquoi pas, après tout ? Mais ces interrogations sont un luxe. Celui, finalement, d’un homo caucasien, qui a beaucoup de chance : un travail, la santé, un toit au-dessus de sa tête, des amis, des loisirs. Il ne lui manque donc pas l’essentiel. Ou si peu.

Retrouvez moi également sur Twitter : https://twitter.com/invertissements ou écrivez-moi sur mesinvertissements@hotmail.fr.

29 commentaires

Bah tu demandes à Dieu de ressusciter en bisexuel ^^Et le dilemme est résolu :-P

Écrit par Tomran le 4 février 2013 à 1:08

Oh non, c’est encore deux fois plus d’emmerdes ;)

Écrit par Lesoirquipenche le 4 février 2013 à 10:43

La question tombe à pic! Il y a peu de temps j’ai eu cette discussion avec des ami-e-s! La réponse est bien claire, si c’était à refaire, OUI je le referai et je supplierai Dieu/puissance/suprême/peu importe de me refaire homo!
Sans vouloir fustiger nos ami-e-s hétéros, c’est grâce à la découverte de mon homosexualité que j’ai pu m’ouvrir à bien des choses!
Durant toute mon enfance je m’étais construit selon notre société hétéro-normée sans trop me poser de questions et en l’acceptant platement. Mais lorsque j’ai découvert que non, j’aimais les hommes, quelle joie de pouvoir déconstruire tout ce que la société m’avait “imposé” en tant que supposé hétéro et de pouvoir me reconstruire selon MA norme, selon MES envies et elles seules!

Ok, c’est moins facile pour se trouver un compagnon ou quoi, mais quel bonheur de profiter de cette ouverture d’esprit que m’a imposé ma reconstruction! Se défaire du carcan imposé par notre société (ou au moins pouvoir en être pleinement conscient) ça n’a pas de prix et pour rien au monde je ne changerais ma condition.

Écrit par ArturInUniform le 4 février 2013 à 13:15

pour ma part je suis du même avis et entièrement d’accord avec “lesoirquipenche”. si , ce serait à refaire, je reviendrai en tant que lesbienne! avec aucun regret….

Écrit par jo le 4 février 2013 à 17:30

De nouveau en gay sans hésitation!

Écrit par GromBK le 4 février 2013 à 17:49

La même ! Je demanderai de me refaire homo ! Je me sent tellement bien dans ma peau d’homo (même si je suis célibataire, je sais que c’est provisoire !) ! Je ne voudrait pour rien au monde être dans la peau d’un hétéro avec tout les emmerdements que cela comporte ! :-)

Écrit par assistentedivolo le 4 février 2013 à 18:35

J’ai lu ici ou là, sur Twitter ou Facebook suite à mon article, que si l’on devenait hétéro, on perdrait notre liberté. Mais quelle liberté ? Quel enfermement subissent les hétéros ? Parce qu’ils sont mariés ou ont des enfants ? Mais n’est-ce pas là le souhait d’une bonne partie des homos ? N’avons-nous pas manifesté pour cela ? Quels emmerdements ont les hétéros que nous autres n’avons pas ? Et inversement ?

Écrit par Lesoirquipenche le 4 février 2013 à 18:59

@TETUmag
Je ne changerais rien non plus… J’ai 32 ans et la chance d’avoir une fille de 11 ans qui vit avec moi, c’est d’autant plus compliqué d’évoluer dans ce monde fait pour les hétéros, et les “papa-maman”. Mais porter notre homosexualité comme une croix nous rend aussi plus forts, plus ouverts et très certainement plus libres que quiconque. Oui, il faut se battre, garder la tête haute… On n’a pas choisi d’être gay, mais ce qu’on fait de notre vie c’est nous qui le choisissons, l’absence de codes pré-définis et de modèles nous force à réfléchir davantage et à être plus exigeant avec nous même. Pourquoi envier un modèle quand on peut créer le nôtre et devenir des référents pour les générations futures ?

Écrit par Anthony le 4 février 2013 à 19:22

Heureusement que ce n’est pas notre orientation sexuelle qui va définir si l’on est plus ou moins libre!
Mais j’ai bien tendance à penser qu’avoir dû nous affranchir de l’écrasant modèle hétéro-normé nous fait une emmerde en moins. Si des hétéros dévient de la norme, c’est rude à “justifier”.

Écrit par ArturInUniform le 4 février 2013 à 20:01

Si c’était à refaire, et bien j’aurai préféré être hétéro, sans la moindre hésitation. Je suis quelqu’un de profondément féminin dans ma manière d’être, de me comporter et d’agir, et même si je voulais le dissimuler je n’y arriverai pas. Donc clairement, je suis la cible préférée des homophobes et autres tarés qui me croisent tous les jours dans la rue. Non, c’est clairement insupportable de se voir reprocher ce qu’on l’on est au plus profond de soi, et ce dont je suis persuadé, c’est que si j’avais été hétéro, je n’aurai actuellement pas toutes ces emmerdes. Les homos qui souhaiterait à nouveau l’être si tout était à refaire sont certainement lookés “hétéros” et passent inaperçus dans la foule, ce qui n’est pas mon cas. Avec des “si” on pourra refaire le monde et celui dans lequel j’aurai souhaité évoluer n’est certainement pas conforme à celui dans lequel je suis aujourd’hui.

Écrit par G le 5 février 2013 à 3:11

Je suis absolument d’accord avec ton analyse @ArturInUniform. Excellent post au demeurant ;) xx

Écrit par D'Alien le 5 février 2013 à 8:42

Comme à votre habitude, en vous lisant, ce qui transparaît comme un leitmotiv c’est l’incantation du pédé frustré dont le plus grand regret est de ne pas être né hétérosexuel.

Écrit par Enlightenment le 5 février 2013 à 9:41

Eh bien non, Enlightenment, puisque j’ai écrit x fois m’accepter comme je suis et être bien comme je suis également. Je dis juste, à travers ce billet, que la vie serait plus simple si j’avais été hétéro, mais c’est tout. Je ne peux pas changer les choses et je ne ferai rien non plus pour les changer. Je suis ainsi et c’est tant pis ou c’est tant mieux. En revanche, je me suis aperçu que les personnes les plus véhémentes à mon égard, que ce soit dans ces commentaires ou dans d’autres vecteurs, sont ceux qui se sentent vexés qu’on puisse attaquer leur sexualité. Or, ce blog est personnel, il n’est pas là pour revendiquer quoi que ce soit pour les autres. Juste pour mon cas personnel. Il y a des choses qui me consternent autant chez les hétéros que les chez les homos. Je trouve ça juste amusant d’appuyer là où ça peut faire mal et si des gens ont mal pour moi, c’est que j’ai appuyé au bon endroit, visiblement.

Écrit par Lesoirquipenche le 5 février 2013 à 10:56

Merci G pour votre témoignage. Je pense faire partie des homos qui passent inaperçus car je n’ai jamais eu le moindre problème et là je ciblais surtout le fait de la difficulté supplémentaire de rencontrer quelqu’un quand on est homo. Maintenant, si vous êtes plus “visible”, je ne peux que comprendre votre douleur quotidienne et espère que vous le vivez tout de même pas si mal dans votre vie personnelle. Bien à vous !

Écrit par Lesoirquipenche le 5 février 2013 à 10:58

@ Lesoirquipenche Un blog personnel bénéficiant d’une publicité, et donc sa portée dans cette période outrageante à de nombreux égards où l’on débat au parlement du droit au mariage pour les homosexuels est confondante puisque apportant à la fois confusion pour des gays qui ont des difficultés à s’assumer et crédit aux contestataires qui font de l’homophobie leur fond de commerce. Il est entendu qu’aucune cure, thérapie ou séance de spiritisme ne pourront changer vos affinités. Et pour conclure reportons nous à la sagesse populaire qui conseille en de pareilles circonstances de se taire pour ne pas alimenter le matelas de médiocrité de ceux que l’on croyait au départ combattre.

Écrit par Enlightenment le 5 février 2013 à 12:02

Je crois, Enlightenment, que nous ne nous comprenons pas et je suis choqué que vous puissiez presque me qualifier d’homophobe (j’en parle d’ailleurs dans ce billet dont vous n’avez lu et perçu que ce vous vous vouliez bien entendre). Je vous invite à ce titre à relire mon article “Mariage pour tous et tous pour un”. Je milite pour nos droits depuis longtemps, notamment celui de donner son sang. Donc je ne vous permets absolument pas de me juger là-dessus. De toute manière, vous m’attaquez en permanence sur quoi que je pourrais écrire. Je ne comprends d’ailleurs pas comment on peut s’échiner à lire quelque chose que l’on exècre. Pour le reste, encore une fois, mes articles se veulent badins. Et ici, il ne s’agissait pas de dire “oh que j’aimerais être hétéro, c’est caca les homos”, mais juste “si j’avais été hétéro, ma vie sentimentale (et je ne parle que du point de vue “sentiments”) aurait été sans doute plus simple”. Chacun sa façon de penser. C’est la mienne, je la partage à qui veut. Mais je ne suis pas parole d’Evangile, surtout pas. Et quant à parler de “publicité”, il me semble que “Têtu” met en avant, à égalité, tous les blogs qu’il édite. Il y en a sûrement quelques uns, plus superficiels et qui vantent l’homosexualité comme un mode de vie exemplaire, qui pourront mieux vous convenir et je vous invite donc à les lire eux, plutôt que le mien. Vous vous faites du mal, ce serait dommage. A bon entendeur…

Écrit par Lesoirquipenche le 5 février 2013 à 12:29

@ Lesoirquipenche S’il devait y avoir matière à abhorrer vos billets il ne s’agirait que de ce que j’interprète comme un regret de ne pas être né hétérosexuel; j’en prends pour exemple à la fois ce papier et vos nombreuses apologies du “hors milieu” (concept qui s’appuie sur le fantasme d’une communauté homosexuelle dont la seule raison d’être est de vivre parquée dans un ghetto), A cette lumière votre militantisme me paraît bien anémique.

Écrit par Enlightenment le 5 février 2013 à 14:11

Encore une fois, vous ne connaissez pas mon militantisme et mes engagements, donc vous n’avez aucune légitimité à me juger. Ce blog est à des fins purement de divertissement, ce n’est pas ici que je parlerai de politique. Je le fais suffisamment dans mon travail et ma vie personnelle. Et il y a suffisamment de blogs et de sites à ce sujet. Je ne me permets pas de vous juger, vous et votre militantisme, merci de ne pas en faire de même avec le mien (du coup, je me demande si vous, qui osez rabaisser ce que je suis dans la vie de tous les jours, n’êtes pas l’homophobe que vous tentez vainement de démontrer à mon égard). J’arrête ici de vous répondre, cela ne sert à rien, nous nous bornons tous les deux. Continuez de me fustiger, de me traiter d’homophobe si cela vous amuse. Je sais quant à moi que ceux que j’ai aidés dans ma vie quotidienne savent qui je suis, quelles sont mes valeurs et font, eux, la part des choses et ne s’arrêtent pas à la surface. Je vis le militantisme dans l’ombre. Je préfère les actions quotidiennes qui font avancer les choses sans se montrer plutôt qu’en l’affichant haut et fort pour se mettre en avant. Je préfère ceux qui donnent aux Restos du Coeur que ceux qui font la foire pour montrer leur philantropisme. Bonne continuation à vous !

Écrit par Lesoirquipenche le 5 février 2013 à 14:29

Si c’était à refaire, je pense que j’opterais pour gay. Cela dit, gay en 2030, quand les mentalités auront évoluées…Je suis très content d’être gay mais il faut avouer que ce n’est pas un parcours facile. Ce n’est pas une question simple car naître et grandir gay dans une famille ouverte est très différent de naître et grandir dans une famille conservatrice. Donc gay oui si je tombe dans une famille qui m’apportera soutien et amour, sinon, si c’est pour tomber chez des vieux réac, j’opte pour un bon gros beauf hétéro

Écrit par alexbresil le 5 février 2013 à 15:05

Eh bien moi je ne sais pas du tout mais bon disons que je suis content d’être homo (Bon faut dire que j’ai pleins de copines canons mais bons , ces des amies rien de plus donc je n’ai jamais ressenties la onces d’une exitations a leurs égards) donc en conclusion je ne sais pas se que sa fait d’être hétéro car j’aime profondément les hommes alors je ne peux pas dire que j’aurai aimer etre hetero car , je ne l’ai jamais était .

Écrit par Cal' le 6 février 2013 à 0:01

Je dirai que je suis d’accord avec l’auteur de ce billet.¨Personnellement j’ai vécu mon homosexualité comme un poids, quand je ne m’assumais pas. Mais dès l’instant où je me suis assumé, je l’ai très bien vécu. Cependant il est vrai pour draguer, filter, aborder ce n’est pas simple car la sexualité n’est pas inscrite sur le front. Pour les hétéros le distingo entre homme et femme facilitent les choses. Nous vu que c’est le même sexe, il est souvent difficile de le savoir, à moins d’être dans un lieu gay( boîte, bar,etc…..)

Après pour la construction d’une relation, que l’on soit gay bi, hetero, trans,reste un challenge, car ce n’est pas facile de vivre une histoiire, de la faire évoluer les sentiments humains sont si complexes. Puis les couples hétéros ont une reconnaissance sociale, civile, J’ai souvent l’impression que même les personnes les plus ouvertes, n’intègrent pas si facilement la notion de couple chez les gays.

Les homos n’ont sûrement pas le monopole des histoires les plus compliquées, car quand je vois comment mes amis hétéros se sont battus pour certains, pour être en couple, les situations compliquées, je me dis dis donc, on a vraiment rien inventer.

DOnc pour conclure je redeviendrai hétéro, juste pour pouvoir draguer, filter plus ouvertement sans cogiter sur est il gay ou pas, mais surtout pour pouvoir avoir un en fant plus facilement.

Écrit par og le 6 février 2013 à 12:05

Là, ne faites-vous pas un grand détour, alors que la question “as-tu aimé le film ?” est différente de “veux-tu que je te sodomise violemment contre le mur des chiottes” ?
J’ai tendance à avoir le même défaut, sauf que je me demanderais plutôt si au bout de quelques mois, je ne m’emmerderai pas avec, plutôt que de savoir si on est sexuellement compatible. Mais bon, il y a plein de mecs versatiles, tout de même.
Et pour répondre à votre question, je dirais “homo, mais à me poser moins de questions à la con” ce qui me faciliterait les rencontres autres qu’un coup d’un soir.

Écrit par vaugoubert le 6 février 2013 à 13:35

C’est toujours un plaisir de te lire.
Si c’était à refaire, et si j’avais le choix, sans hésiter je demanderai à rester gay.
Aussi loin que je me souvienne, aussi loin que ma conscience et mes souvenirs permettent de remonter dans ma mémoire, je sais que je préfère les garçons. J’ai toujours trouvé ça génial d’être gay; c’est, au delà de l’aspect sexuel ou sentimental, être différent des autres, ne pas être dans la conformité. Pour moi être gay c’est être Libre, plus que tout autre homme hétéro ne peut l’être. Bien sûr ça n’a pas été simple, et c’est parfois délicieusement compliqué, mais c’est ainsi. De ce que la société a longtemps voulu faire une maladie ou un défaut, c’est pour moi une qualité essentielle dans tout ce qu’elle entraine.
Enfin, à 42 ans et depuis plus de 20 ans avec mon futur époux, pour rien au monde je ne changerai ni ne reviendrai en arrière pour essayer de modifier ma vie. Pourvu que ça doure comme disais la mère de l’empereur…

Écrit par Ugly Baby le 6 février 2013 à 20:01

Ce que je suis me va très bien. Je n’ai aucun besoin d’être hétéro pour vivre mieux.
Peut-être la vie aurait-elle était plus simple. Mais peut-être pas.
Je suis heureux homo. C’est tout. Et j’aime. Et je suis aimé. Et ça me va.

Écrit par Sailortoshyo le 7 février 2013 à 10:26

Sur ces questionnements légitimes, je n’ai, hétéro, vu qu’une seule chose qui m’a fait tiquer: “Encore faut-il pimenter l’ensemble d’une donnée que les hétéros ne connaissent pas : sommes-nous compatibles sexuellement ?”. Je suis partagé entre compassion et, pour le coup, mépris face à une victimisation excessive.

Je vous rassure, là-dessus, on est bien dans le même bateau. Je pense pouvoir affirmer qu’il y a autant de façon de vivre sa sexualité et qu’il y a autant de goûts et de préférences qu’il y a d’individus, quelle que soit leur orientation sexuelle.

Au même titre qu’on ne peut se borner à imaginer, de manière toute à fait ignorante et naïve, que pour deux personnes de même sexe, les ébats sexuels sont plus simples puisqu’ils vont plus ou moins aimer faire la même chose et qu’ils se limitent à une liste courte et exhaustive de pratiques bien définies et qu’il n’en est pas d’autre possible, cela vaut également pour les couples hétérosexuels. C’est la nature humaine, une infinité de possibilités.

Homme + femme ne veut pas dire bonheur au lit assuré, messieurs, n’ayez pas de regrets là-dessus.

Écrit par Supercat le 11 février 2013 à 16:11

Supercat, si je parle de compatibilité sexuelle, c’est si les deux personnes se révèlent actives ou passives. Pas si l’entente sexuelle au lit se fera ou non ;)

Écrit par Lesoirquipenche le 11 février 2013 à 16:25

Mmmm. Moui, mais à la limite, ce n’est qu’un élément de compatibilité comme un autre pour moi, et c’est beaucoup plus complexe.

Je vais vous concéder ceci: dans ce cas précis, et pour vous, (”vous”, homosexuels, désolé pour la généralité), cet élément opère en effet un clivage sexuel. Il est tout simplement particulièrement apparent, limpide, et est abattu sur la table dès la première fois qu’on décide de faire des galipettes. Du coup, sans me perdre dans des nuances sur lesquelles je n’ai pas de connaissances pour me prononcer (possibilité d’hommes A/P par exemple), on va simplifier les choses et dire que, quand vous avez bravé toutes les autres incertitudes, il vous reste cet infernal 50/50. “Est-ce qu’il va être mon opposé actif/passif pour qu’on puisse s’emboîter, ou allons-nous nous rejeter tels des aimants de polarité identique ?.”

Sauf qu’on ne peut résumer la compatibilité sexuelle à cela, et en conséquence, affirmer que les hétérosexuels, dont la polarité, pour continuer sur la métaphore des aimants, est par nature opposée, sont mieux lotis que les homosexuels. Et qu’ils peuvent s’emboîter à tout va.

Parce que s’il est vrai que cette question ne se pose pas pour les hétérosexuels, il s’en pose d’autres très nombreuses, et encore une fois aussi nombreuses qu’il y a d’individus, qui peuvent revêtir un caractère aussi impératif que cette nature d’actif/passif, et qui vont réduire le nombre de partenaires sexuels viables tout autant. Et il en va d’ailleurs de même pour les homosexuels ensuite.

Je vous concède donc que vous avez cet élément là qui réduit drastiquement votre pool de partenaires de base de moitié (encore une fois, version simpliste) et qui vous complique la tâche. Mais ce désavantage ne vaut que sur le court terme. Sur le long terme, je pense que c’est pareil pour tout le monde.

Écrit par Supercat le 11 février 2013 à 16:54

Je dis toujours que si nous, homo, n’existions pas, les hétéro auraient bien des emmerdes, alors si c’était à refaire je préfère rester le même, chacun son fardeau dans la vie et je préféré de loin le miens qu’a d’autres !

Écrit par loulou911 le 21 février 2013 à 12:54

[...] mon billet “Si c’était à refaire”, je me chagrinais qu’il était plus difficile pour nous autres gays de rencontrer [...]

Réagissez