Quand, comme moi, on manque de confiance en soi, un petit compliment de derrière les fagots est toujours appréciable et fait office de moteur pour la journée. Encore faut-il avoir à disposition quelqu’un à même de vous en faire. Car tel Indiana Jones, je cours après un Graal (en forme de gentils mots) qui se dérobe quand on le touche ou encore pire, qui me semble en toc quand il se dévoile…
Reprenons par le commencement de cette maudite défiance personnelle. J’ai revu récemment des photos de moi bébé, enfant, adolescent et jeune adulte. Un choc, comme pour certains, je l’imagine, avec un physique en forme de montagnes russes, avec du très haut et rapidement, du très bas : plutôt mignon de 0 à 10 ans, puis l’hécatombe entre 10 et 26-27 ans. Une longue période pendant laquelle je ne fus invité à aucune boum, qu’on me traitait souvent de “laideron” et de “maigrichon” et où mon père prenait un malin plaisir à appuyer là où ça faisait mal, en me lançant (officiellement pour plaisanter) que j’étais “bien moche”. Régulièrement. Et encore actuellement. Je ne compte plus les “oh la gueule !” et les “tu ressembles à une serpillère” de sa part. Ma mère en remit même une petite couche en me comparant à un dromadaire quand je marchais dans le désert africain (où nous vécûmes quelques années). J’étais un des seuls de ma classe au collège, au lycée, puis après à la fac, à n’avoir personne dans sa vie et je regardais tous ces couples avec envie, ne me sentant pas humain et “normal” à part entière. La mère d’une copine de classe s’exclama même un jour en m’apercevant : “Tu sais, tu es moche maintenant, mais plus tard, tu seras beau !”. Une comparaison vilain canard-cygne majestueux dont je me serais bien passé à l’heure de la cruelle adolescence. Plus tard, sur les chats Internet, on m’écrivait juste pour me dire combien j’étais laid ou que je ressemblais étrangement à Stéphane Bern… Un acte bien courageux qui ne me serait jamais venu à l’esprit et pourtant, il y aurait matière. Un garçon me dit même un jour, dans son lit, après avoir consommé : “Quel dommage que tu sois foiré au niveau du visage !” Oui, dommage…
Et pourtant, un jeune homme voulut de moi malgré ma disgrâce physique et nous restâmes ensemble plus de six années et demi. Il me voyait tel un steward. Son frère n’était vraisemblablement pas de cet avis, puisqu’en me rencontrant pour la première fois, il s’esclaffa d’un “C’est ça le steward ?!” Bonheur. Mais tout d’un coup, comme si la Nature voulait réparer les outrages qu’elle avait profanés sur mon visage pendant si longtemps, tout changea (après bien des efforts de ma part tout de même). Je devins beau. Ou tout du moins, regardable pour les autres et pour moi-même (je ne compte plus les fois où j’ai voulu me cogner la tête contre la glace, ne supportant pas mon reflet). Et tous ceux qui me rabaissaient alors, voulurent miraculeusement me rencontrer. Avant, on vantait mon humour ou ma personnalité forte et décalée. Désormais, on rajoutait à cela que j’avais un beau sourire ou des jolis yeux… Je n’avais plus peur, en allant dans un endroit inconnu, d’être défiguré du regard par les passants. Je pouvais avancer, fièrement et sans crainte du jugement. Et les garçons avec qui je vécus de courtes histoires de quelques semaines à quelques mois, me chuchotaient “Qu’est-ce que tu es beau !” tout en soupirant, ce qui remplissait mon coeur de quiétude.
Bien évidemment, la confiance en moi, remise à flot, n’était pas pleinement rétablie. Sitôt qu’un garçon charmant voulait sortir avec moi, je me disais intérieurement que c’était pour expérimenter la chose avec une curiosité de la nature. Ou bien que les gens dans la rue se demanderaient pourquoi un garçon tel que lui, désirait la présence d’un autre tel que moi à ses côtés, outre pour renforcer sa propre beauté… Cet état de fait, purement mental, ne me quitte toujours pas. Mais quand on m’affirme “Comment veux-tu aimer quelqu’un si tu ne t’aimes pas toi-même ?”, je réponds simplement : “Je sais que j’aime éperdument et ça n’a aucun rapport avec ce que je peux représenter”. Car je reste en revanche sûr et certain de ma personnalité, le plus important.
Cependant, je vécus deux années et demi avec un garçon dont je trouvais la tête aussi bien faite que pleine. Chaque fois que je le voyais, j’étais en ravissement, il me stupéfiait. Mais de sa part, j’attends encore le moindre compliment, ne comprenant toujours pas pourquoi il a tout fait pour être avec moi (puisque ma personnalité l’agaçait). Une fois, il me susurra tout de même en nous regardant côte à côte dans le miroir : “On va bien ensemble”. Et quand je lui demandai plus tard s’il le pensait encore, il me répondait avec aplomb : “Oh mais ça, c’était ce jour-là. Uniquement !” Il me qualifia aussi de “joli”, mais je le pris pour une comparaison avec un objet. Et ce fut tout. Il n’aimait pas mon sourire qu’il trouvait “niais”, ni mes yeux, plutôt “quelconques”, soit les deux éléments de mon visage qui me permettaient de séduire. Aussi, ma confiance en moi, déjà peu bien solide, vacilla totalement et chuta dans les abysses pendant notre histoire et davantage après notre séparation.
Depuis, je sais que je peux plaire, du moins j’essaye de l’admettre. J’ai acquis un look qui me sied bien, je fais du sport régulièrement, j’ai un boulot qui me rend fier de moi et cela se ressent sur mon visage. Mais je doute encore de ma propre séduction. Crois encore qu’un compliment que l’on m’adresse est une moquerie déguisée. Et ne parviens pas (ou plus) à me laisser aller avec quelqu’un de charmant et d’intéressant qui voudrait de moi. Je reste constamment sur la défensive. Et attends enfin, de pouvoir baisser la garde…
- Par Lesoirquipenche |
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16 commentaires
article très bien écrit, bravo
Moi j ai eu le droit à quelques remarques sur mes légères rondeurs du genre ” dommage que tu sois pas hyper bien foutu” parce que t as une très belle gueule. Quand tu es dans un moment ou tu n as pas confiance en toi ça peut te dévaster. Au final, avec le temps je n en ai rien a faire. Je sais ce que je suis et que je plais.. Pas besoin de ressembler à la gym queen pathétique sous uv.. Quand t es naturel tu sors du lot justement parce que tu es toi même. Les mecs peuvent être pires que des hyènes… Tu as été en couple, tu as eu des relations assez longues alors ne penses qu à ça et à toi.. Le reste tu t en fous.. Faut avoir un mental d acier c est vrai parce qu on est pas tendre entre nous.. Mais c est comme ça… Moi je sais ce que dois corriger… On a tous une période creuse.. Et dis toi que l on est rarement satisfait de ce que nous sommes, on se trouve toujours un défaut.. Alors partant de là, c est plus simple de relativiser.. Et d être sois même, pas d artifice et de dire clairement ” je t emmxxx “.. Je l ai fait, ça marche…
Ce n’était pas les bonnes personnes! Pourquoi diable es tu allé avec des mecs aussi cons, incapable de voir ce qu’il y a de bien en toi, à dire oui on était bien mais ça c’était avant, mais quel con! Apprend à connaitre des gens capable d’aimer, capable de donner jusqu’à leur vie pour toi, pas des gros nazes narcissiques qui pensent qu’à leur petit nombril de merde et qui valent moins qu’une pomme de terre, car la pomme de terre à l’avantage elle, au moins de nourrir. Eux ne servent à rien, si ils servent à montrer l’exemple pour ne pas être comme ça! Va vers les mecs qui savent aimer, c’est le conseil que je te donnerait.
Les choses ne sont malheureusement pas si simples… Ce garçon, pour le prendre en exemple, s’est réellement battu pour que nous sortions ensemble. Je ne le voulais pas, pour de nombreuses raisons qui seront un jour exposées ici. Mais mon coeur a cédé. Il était d’une gentillesse à toute épreuve et prêt à beaucoup pour moi, simplement, il ne savait dire aucun compliment, ni dire “je t’aime” qu’il considérait comme des “mots galvaudés”. Je pense que du coup j’en attends trop des gens. Mais ce billet était surtout pour souligner l’instabilité de la vie, où rien n’est ancré pour toujours, puisqu’on peut passer de beauté à laideur à une vitesse sidérante et inversement, et revoir les photos de mon évolution m’a inspiré ces quelques lignes. Je retiens le conseil: trouver quelqu’un qui sache aimer. Je n’y avais pas pensé
Bonjour “Lesoirquipenche”
Juste pour te dire que tu es très touchant de par tes mots employés et ton histoire relatée ci-dessus.
Tu as bien raison de ne retenir que le positif à présent, à savoir et pour exemple (comme le conseil de “Lereve”) : trouver qlq1 qui sache aimer !!!
Ql âge as-tu dit moi ? La trentaine cinq je dirais
Bonne continuation, tu es sur la bonne voie.
J’ai pas su choisir entre la trentaine et trente cinq ans… Mes doigts ont tranché
Je crois l’avoir dit à un moment donné dans un ancien article, j’aurai 34 ans à la fin de l’année…
J’adore! J’aurais quasiment pu écrire chacune de ces phrases. Je n’ai jamais été insulté en revanche. Surement que je ne suis pas laid, mais je pense être quelconque, d’où des interrogations quand on s’intéresse à moi, même si, moi aussi, j’ai eu l’occasion d’améliorer les choses. Merci pour ce texte qui me fait me sentir moins seul!
nice page very happy with what youve done
Bonjour,
Merci pour l’ensemble de tes témoignages qui sont teintés d’une certaine vérité enfin pour moi. Je me retrouve si souvent dans tes mots et questionnements que parfois j’en l’impression que tu parles de moi et de la vie.
Alex.
Je blâme d’abord tes parents qui furent les premiers à avoir quelques remarques indignes. Je reviendrais leur reprocher un bon coup, à ta place.
Ton billet ressemble beaucoup à ce que j’ai put vivre … Ne jamais être invité nul part, les parents qui ne tarissent pas de commentaire pour souligner que tu n’es pas mignon etc … J’ai 27 ans à l’heure actuelle. Je ne ressemble pas à une gravure de mode ou alors à tout ces éphèbes bodybuldés etc … Je ne suis pas moche non plus, enfin je pense ! Je reste basique … Je n’attire pas le regard là où je vais, et tant mieux ! J’en ai développer une sorte de carapace … Où, quand on m’aborde, de peur d’avoir mal,, je devient très froid … Certains prennent ça pour de la vanité etc … Comme ils le veulent ! J’ai conscience que ce n’est pas top et qu’un jour, ben il faudra bien que je réussisse à refaire confiance à quelqu’un … Mais je ne pense pas être prés. Il faudra que le mec fasse beaucoup d’effort (pas cool de ma part je le conçoit mais bon) pour que je lui fasse confiance … Et comme dit un peu plus haut, il faut surtout que j’ai confiance en moi avant de faire confiance, ce qui, ma foie, est très loin d’être gagné !
Comment passer du statut de mec normal à mec à fantasmes, faites comme moi de la musculation et croyez moi ça marche. Depuis 10 ans maintenant j’ai la jeunesse éternelle mais depuis 3 ans j’ai les vêtements bien rempli. Nouvelle ville, nouvelle vie et le stress qui va avec, du coup je me suis mis à faire de la musculation car je suis quelqu’un de super actif, ça me calme l’esprit. Le problème, c’est que ça s’est vu rapidement car je ne suis pas très grand et ça plaque au vêtement. Être petit et trapu c’est synonyme d’accessibilité pour draguer, j’impressionne moins que le grand costaud. Les compliments j’en ai énormément, non pas que je sois mignon mais je suis devenu « sacrément bon ». « Une belle tranche à se taper » et à mater. Les collègues vous font des compliments, les passants vous en font, les gens vous regardent de façon lubrique (genre « Open bar » à tout les étages, telle une porno star, être gay ce n’est pas synonyme de « portes ouvertes »), la tante vous dit que vous êtes devenu sacrément « appétissant ». Je suis timide, les compliments je les fuis. Une collègue m’a lancé un compliment sur mes pectoraux, je lui ai répondu qu’il serait mal venu si je lui parlait de sa poitrine… (du coup avec ce type de commentaire, je vais passé pour quelqu’un de superficiel, pas du tout, je pense que le non dit « de l’influence du porno » sur nos vies a rendu « le corps accessible » donc forcément pratique).
Ouais, ben personnellement je ne suis pas spécialement grand (mais pas petit non plus), je ne suis pas musclé, je suis mignon mais pas canon.
Mais je ne ressens aucunement l’envie de changer et de devenir un mec “super bien foutu” ou une gravure de mode.
La muscu’ c’est pas pour moi et les vêtements “super à la mode” non plus.
Mais ça ne m’empéche pas de plaire pour autant. Les gens sentent que je suis bien dans ma peau, que j’ai la joie de vivre et que je ne suis pas un crétin congénital.
Et ils sont donc attirés et je me fais pas mal draguer.
La séduction à comme base le physique mais l’attitude compte énormément.
Je n’ai aucunement l’envie de devenir un stéréotype pour plaire aux autres.
Pierre, voilà qui donne envie de vous rencontrer
Plus sérieusement, dans mon cas, nulle envie d’être une gravure de mode musclée et fashion, loin de là. En revanche, j’ai trouvé mon style, je fais du sport avant tout pour me plaire à moi, pour me séduire moi-même et finalement, c’est le plus important.
Oh mais ne t’inquiètes pas, je ne t’ai jugé en aucun point !!
Je voulais juste dire par mon message que le plus important n’est pas d’avoir un physique parfait mais de se sentir bien et en confiance, et tout devient plus facile.
Après je sais que je suis jeune et que je vis surement encore dans un monde utopique, mais bon tant que ça me rend heureux et que ça marche pour moi. :3
Donc si tu te sens mieux en faisant du sport, il faut que tu continues.