Assez !

Je me rends à la gay pride dans une heure. Vais-je aussi me faire insulter, agresser comme de nombreuses lesbiennes ces derniers mois partout en France ?
Assez de la lâcheté des passants, qui devraient être condamnés pour non-assistance à personne en danger.
Certes, nos soeurs d’infortune tiennent tête en général, mais qui nous aide ?

Assez de l’angélisme.
Faut-il que nous usions des mêmes armes que ces imbéciles qui se croient les plus forts ? Et n’acceptent pas qu’on remette en cause leur pseudo-suprématie de petit mâle ? Et surtout, qu’on n’aie ni besoin ni envie d’eux ?
Le droit, les punitions (saluons la victoire de Metz) suffisent-ils ? Ou devrons-nous passer à la vitesse supérieure ?

Parce que, remarquez-le, mesdames (et c’est une lesbienne qui adore les garçons qui vous le dit) : ce sont toujours des types qui nous insultent, nous tabassent, nous proposent des plans à plusieurs sans aucune honte comme si c’était naturel. Hé oui, ça nous est arrivé à ma copine et à moi un soir dans le métro. Nous avons éclaté de rire et, pour toute réponse, avons reçu des insultes.

Je dis “assez”. Et si l’angélisme et le droit ne suffisent pas, il faudra bien leur répondre autrement, non ? Avec fermeté, virulence, force. Dans notre pays, il y a un regain de conservatisme et ce n’est pas sur les hétéros que nous pourrons compter.

Battons-nous, mes soeurs.

Avant qu’il ne soit trop tard.

Mon coup de gueule

J’en ai marre
Parce que je ne me reconnais pas dans toutes ces images de lesbienne véhiculées par les médias (et même ici)

Je ne déteste pas les sex-partys mais ne veux pas y passer ma vie

Je n’ai pas l’intention de prendre de la testostérone
Je ne suis pas attirée par les trans, notamment les transboys

Je ne veux pas de bébé
je ne veux pas me marier

Je vis depuis plus de huit ans une belle histoire avec ma copine

Et je suis certaine qu’on est nombreuses dans ce cas

Honnêtement, je me fiche que Wendy Delorme se prenne pour une égérie berlinoise et que Marie-Hélène Bourcier se fasse l’interprète des queer et autres mouvements qui n’intéressent pas grand-monde
Je ne suis ni queer ni fem ni androgyne ni lipstick

je suis une gouine de tous les jours, qui se parfume, se maquille un peu, va chez l’esthéticienne, met parfois des robes et de belles bottes sans réfléchir forcément à ce qu’elle fait

Il faudrait qu’on invente autre chose, tout ça c’est encore un truc de pseudo-élite lesbienne
En fait, je trouve qu’il y a deux extrêmes aujourd’hui
Celles qui se réclament d’une espèce d’élite intello-subversive
Et l’élite libérale frim et fric de lesbiennes à l’américaine, qui m’invite au golf et me propose des réductions dans des boutiques hype

Vous en pensez quoi, vous ? J’attends vos avis, les filles

Jeunes filles en uniforme

Je doute que beaucoup d’entre vous aient vu ce film de 1931 de Leontine Sagan. On connait bien mieux la version de 1958 avec Romy Schneider.
Bon, mais me direz-vous, de quoi s’agit-il ?Hé bien, du premier vrai film lesbien, tout simplement.
L’histoire est simple : Manuela est une jeune orpheline allemande de Postdam, que sa tante amène dans un pensionnat de jeunes filles à la fin des années 1920. Manuela, dans cet endroit strict, se renferme, avant de reporter son affection sur son professeur de littérature, la Fraulein von Bernburg, interprétée par l’étonnante Dorothea Wick. Peu à peu, elle en tombe amoureuse. Il y a d’ailleurs une scène d’anthologie, où la prof l’embrasse (par inadvertance ? ) sur la bouche le soir dans le dortoir.
Lors d’un spectacle d’école, Manuela crie son amour pour sa prof, au grand dam de la directrice, qui la renvoie quelques jours. Pour ne rien arranger, sa prof lui enlève toute illusion. Heureusement, ses camarades se mobilisent et elle reviendra en cours.
Ok, c’est un mélodrame, un vrai. Mais c’est surtout le premier film qui aborde de manière aussi frontale et importante une relation amoureuse entre femmes.
A sa sortie, le film connaitra un grand succès, surtout en raison de ses qualités artistiques avant-gardistes : travail de l’image, interprétation naturelle… Avant d’être censuré par les nazis, qui le qualifièrent de “dégénéré”.
Petit détail : Colette en avait fait les sous-titres français.
Et une deuxième version est sortie avec Romy Schneider en 1958.
La scène du dortoir

Vivre avec une autre femme (bis)

Aujourd’hui, j’ai reçu un sms de ma copine : “il reste de la crème dépilatoire à la maison ? ”

Décidément, vivre avec une autre femme, c’est tous les jours différent !!!

Le premier chat trans

L’une de mes amies vient de faire opérer son petit chat. Le pauvre avait des soucis d’urètre et de calculs rénaux. Seule solution, vu qu’il était déjà coupé ?
Le petit chat Minus
Hé bien, trancher dans le vif de ce qui restait, retrousser, replier. Voici donc que le petit Minus est depuis ce matin une jolie petite chatte noire adorable… Bienvenue au petit minou transsexuel !

Mon article sur les gynécos

Au vu des lectures et des commentaires, je vois que le sujet intéresse nombre de filles. Si vous avez besoin d’adresses, n’hésitez pas à m’envoyer un commentaire avec votre adresse mail, je ne la publierai pas mais vous conseillerai. On ne fait jamais trop attention à sa santé, les girlzzz

Vivre avec une autre femme

Ce la amène la multiplication de détails qui n’existeraient pas dans un couple hétérosexuel. Quand on fait les courses, on achète des tampons pour deux, par exemple. Mais on se prête aussi des vêtements, des chaussures, du parfum ou du maquillage parfois….
Mais ça donne aussi lieu à des anecdotes comiques. Hier matin, je cherchais désespérément un joli soutien-gorge noir. Impossible de mettre la main dessus. Ma copine l’avait embarqué dans ses affaires de sport par inadvertance. Et c’est en se changeant qu’elle s’est rendue compte de l’erreur ! J’imagine que cela doit vous arriver à toutes, non ?

Une belle lecture

C’est un ouvrage peu connu et pourtant formidable : “Le Rempart des béguines”, de Françoise Mallet-Joris. Elle a 21 ans lorsqu’elle publie cet ouvrage au tout début des années cinquante. C’est son premier livre, mais quel livre !
Photo rempart des béguinesHélène est une adolescente de 15 ans qui s’ennuie dans une atmosphère étouffante de province, auprès d’un père veuf et absorbé par ses affaires, ainsi que sa maîtresse, Tamara. Un jour, son père demande à Hélène de téléphoner à sa maîtresse, dont le prénom la fascine. Très vite, elle va tomber sous l’emprise de cette femme possessive, dure, mais tellement hors de la norme qu’elle ne peut que fasciner l’adolescente. Celle-ci décrit d’ailleurs la femme : « Je regardais son profil têtu, ses courtes boucles, ses épaules larges, toute sa trompeuse et équivoque virilité ».
Son attirance va aller crescendo, du premier baiser à la relation sexuelle intense, puis au rapport littéralement sado-masochiste, jeu de domination : « elle allait peut-être me cingler le visage de sa cravache » ; ou encore : « mets-toi à genoux et demande-moi pardon ». Tamara, dès lors, va faire l’éducation d’Hélène, qu’elle soit scolaire, sentimentale ou sexuelle.
Bien sûr, un courrier anonyme se charge de mettre le père au courant de cette liaison. Mais c’est surtout un autre amant de Tamara qui fera comprendre à la jeune fille comment se sortir de cette dépendance : feindre l’indifférence.

J’ai lu cet ouvrage à 16 ans, et ce fut un véritable choc. Point de censure, l’histoire semblait racontée deux ans après les faits par une jeune fille très détachée. Pas d’engagement, pas de mièvrerie, elle avait tout appris grâce à cette femme.
Surtout, cet ouvrage, qui sortit pourtant presque en même temps que deux autres premiers romans, ceux de Sagan et de Duras, resta longtemps dans l’ombre. Pourtant, son regard différent sur le monde, la société, les sentiments, le mariage et les liaisons amoureuses et sensuelles, était bien plus en avance sur son temps. Trop, peut-être.

Le sexe et nous

Pour celles qui ne l’auraient pas lu, je me fais ma petite pub : j’ai écrit un article dans le dernier “Têtu” (enfin, celui du mois de mars) sur les lesbiennes et le sexe.
C’est très édifiant : au fond, on a appris beaucoup de choses, par rapport à nos “grandes soeurs”, on a de quoi être libres, décomplexées, mais on reste de sacrées romantiques, qui rêvent de celle qui leur prendra la main. Indécrottables rêveuses, qui attendons notre princesse charmante…

Une femme avec une femme

Voilà la phrase que m’a inspirée cette petite scène pas très loin de chez moi. J’habite dans le 19e à Paris, quartier de “mixité sociale” (!). Il y a quelque temps, j’ai vu dans la rue deux filles, très belles, en train de s’embrasser près d’un feu de signalisation. Elles se séparaient pour la soirée, visiblement, et ce baiser était long, tendre, fougueux. Amoureux. Leurs corps se touchaient, se caressaient, elles étaient seules au monde. Et soudain, une voix de femme, près de moi. Une Malienne d’un certain âge en boubou, me dit : “Oh, quand même, madame… Deux femmes, vous vous rendez compte ? C’est pas normal, ça.” Je souris et lui réponds : ” Vous ne les trouvez pas jolies ensemble ? Elles sont belles à regarder, non ? Elles s’aiment. ” Et elle, répond en secouant la tête : “Oh, non, madame, quand même, deux femmes…” Alors, j’ai repensé à cette chanson de Meccano, qui date déjà, “Une femme avec une femme”. Vous vous souvenez ? “Deux femmes qui se tiennent la main /ça n’a rien pour gêner la morale / là où le doute s’installe/ c’est que le geste se fasse sous la table”. Allez, je vous ai joint le clip, les filles.

Meccano sur YouTube