Parentalité ou pas, Egalité ou pas !

Convaincre que le principe d’égalité est un droit fondamental au sein de la société française,  poursuivre cet idéal avec les contradictions de nos contemporain-e-s, ne sont pas des idées si consensuelles. Au sein du gouvernement français, cette réalité est bien sûr connue et ces divisions alimentent leurs propres réticences à faire évoluer le droit et justifient au plus haut sommet de l’État de ne répondre à aucune revendication pour l’égalité des droits LGBT. Lire le reste de cet article »

L’Ardhis, agir-pour-les-autres !

Issue de deux mouvements politiques en 1998 (le premier est la mobilisation de gays et lesbiennes français pour la reconnaissance à part entière des couples homosexuels -
le deuxième est le combat de milliers d’étrangers pour la régularisation de sans papiers), l’association fut d’abord créée sous le nom de Collectif des Homos Sans Papiers qui deviendra en juin 1998 l’ARDHIS (Association pour la Reconnaissance des Droits des personnes Homosexuelles et transsexuelles à l’Immigration et au Séjour).

Des actions et mobilisations constantes, une discrétion, et pourtant une reconnaissance du travail accompli, l’association existe depuis une douzaine d’années, son président, Thomas Fouquet-Lapar, s’est prêté au jeu de l’interview. Lire le reste de cet article »

Cachez-moi cette France !

« Cachez-moi cette France ! », pourrait être une expression de l’actuel locataire de l’Elysée. Ou comment mener une politique “bling-bling” sans bouleverser ses idées politiques ? S’il est légitime de vouloir donner une image positive, moderne de l’action politique que l’on mène, il est difficile pour autant de lutter contre les fondements de sa pensée politique et d’une construction intellectuelle et idéologique. La politique des petites-phrases « chocs », des « symboles », de la « diversité » frôle les limites de l’exercice politique et les menaces pèsent sur la conception du pouvoir à droite. Démagogique (certainement pas), le Président de la République se demande comment restreindre la portée des emblèmes et contre-pouvoirs qu’il a lui même institutionnalisés et qui s’organisent autour de lui pour orienter différemment son action politique. Nicolas Sarkozy est au centre d’un étau qui se resserre de jours en jours. Lire le reste de cet article »

Les lesbiennes, gais, bi et trans en débat pour les régionales

Dans le cadre des élections régionales d’Ile de France, pour connaître le programme des listes, l’Inter-LGBT a élaboré un questionnaire sur les propositions des candidat-e-s en matière de politique éducative, de politique sociale, de soutien aux associations LGBT, de lutte contre le sida, d’actions internationales, enfin elle a interrogé chacun-e sur ses propositions en tant qu’employeur public d’une collectivité de plus de 10.000 agents. Lire le reste de cet article »

Les oublié-e-s de la Journée nationale de lutte contre le suicide

Le suicide demeure la deuxième cause de mortalité chez les 15-24 ans en France. Voilà plus de cinq ans, un rapport sur l’adolescence, relevait que sur les 6,2 millions de jeunes âgés de 11 à 18 ans, 15 % d’entre eux, soit près de 900 000, présentaient des signes tangibles de souffrance psychique exprimée dans une grande diversité de comportements. Ces histoires de vie ont fait écho avec le chiffre élevé en France des tentatives de suicide (environ 40 000 par an) et des décès par suicide d’adolescents et de jeunes adultes (moins de 600 par an). Lire le reste de cet article »

Travail : à quand une meilleure prise de conscience ?

L’Organisation internationale du Travail (OIT) et la Halde ont publié le troisième rapport du baromètre annuel sur la perception des discriminations au travail, qui indique des chiffres en hausse par rapport à 2009. Ces chiffres concernent aussi bien les salariés du secteur public que ceux du secteur privé, qui sont de plus en plus victimes ou témoins de discriminations.

En 2010, 36% des salariés du secteur privé et 26% du secteur public déclarent avoir été victime ou témoin de discrimination, alors qu’ils étaient 28% et 22% en 2009. Dans ces cas de discriminations, 66% des salariés ne disent rien car ils pensent que leurs démarches ne serviraient à rien, et 28% par crainte de représailles. Cependant, 40% des salariés du secteur privé n’en parlent pas, alors que 50% des salariés dans le public en ont discuté avec leur supérieur. Le premier constat est sans appel : parler de discrimination au travail n’est pas si aisé. Lire le reste de cet article »

De la conviction et des idées contre le débat d’opinion.

A l’initiative de l’association SOS Racisme, un appel a été lancé vendredi dernier. Intitulé « Le racisme n’est pas une opinion. Arrêtez ce débat Monsieur le Président », il vise à stopper une montée insidieuse des propos à caractère raciste dans le pays. Les débats sur l’identité nationale lancés par le ministre de l’Immigration et de l’Identité nationale, Eric Besson, libèrent une parole qu’il faut sans cesse replacer dans le cadre démocratique. Propos caricaturaux avec les sous-entendus racistes, propos stigmatisant une population, propos parfois relayés par les ministres eux-mêmes, tous remettent en cause nos principes républicains et « bien loin de renforcer l’adhésion aux valeurs de la République, sont un facteur de haine et de désunion, là où notre pays devrait s’atteler à cultiver le vivre ensemble ». Lire le reste de cet article »

L’égalité des droits pour une meilleure estime de soi.

(billet précédent)

L’intervention remarquable – et très remarquée – de Christian Vanneste sur France 5 le 13 novembre a fortement irritée celles et ceux pour qui ses expressions alimentent stéréotypes et préjugés : « quand on mesure l’infidélité, quand on mesure la précarité des couples (LGBT), on se dit que statistiquement ce n’est pas le milieu le plus favorable pour qu’un enfant soit éduqué… », « les couples homosexuels (…) ne sont pas forcément ceux qui boivent le moins et ceux qui consomment le moins de drogues », « leur langage est codé », « ce sont eux qui fabriquent eux-mêmes les discriminations », et le député du Nord s’amuse à comparer le « ghetto homosexuel » à « une forme de racisme »…Joli florilège. Aucune association n’a réagi suite à cette intervention. Répondre à Vanneste revient à le positionner en victime face à ladite « communauté LGBT ». L’UMP n’a-t-elle par d’autres représentants politiques dans les débats démocratiques pour défendre son positionnement sur les questions d’homoparentalité ? Pourquoi Xavier Bertrand ne veut-il pas dialoguer avec ces mêmes représentants (Caroline Mecary, Franck Tanguy et Serge Hefez) sur l’adoption ou le mariage pour les couples de même sexe ? Le débat démocratique le mériterait. Les associations LGBT poursuivent de revendiquer l’égalité des droits sans être entendues. Lire le reste de cet article »

Une parole sans morale (…)

(billet précédent)

Pourquoi débattre de la santé des lesbiennes, des gays, des bis et trans est essentiel ?

La violence et les discriminations, la gestion du secret ou du dévoilement de son orientation sexuelle ou de son identité de genre, le sexisme et les stéréotypes de genre constituent un environnement pouvant favoriser la mésestime de soi et la survenue de souffrances psychologiques. Quelques études (Verdier-Firdion ou l’Enquête presse gay 2004) indiquent que les homosexuels masculins auraient 5 fois plus de risques qu’un hétérosexuel de commettre une tentative de suicide, risques encore plus importants chez les plus jeunes. Les médias, les hommes politiques ont bien intégré ce risque accru des tentatives de suicide chez les jeunes homosexuels. Cet argument est le fer de lance de toute politique de lutte contre les discriminations liées à l’orientation sexuelle (pas encore celle de l’identité de genre) et de toutes les campagnes de lutte contre l’homophobie. Sujet trop souvent absent de nos débats, le vieillissement de la population LGBT, n’esquisse que des pistes, mais déjà l’hypothèse d’une sur-suicidalité des personnes agées LGBT a été émise par Homosexualités et socialisme dans son rapport « Ages et solidarité ». Alors, ce bien-être, cet eldorado du bonheur LGBT, il est pour quand ? Lire le reste de cet article »

Sida : Une parole sans morale !

Les lesbiennes, les gays militant-e-s ont en grande majorité construit leur parcours militant dans les associations de lutte contre le sida dans les années 80-90. Beaucoup ont affronté la violence de l’épidémie de sida. On se souvient que les associations de lutte contre le sida – dont Aides et le juriste Daniel Borrillo – ont été les premières à revendiquer le mariage pour les couples de même sexe. L’arrivée des trithérapies a modifié l’urgence des combats et a conduit la militance LGBT vers les associations culturelles, sportives, de convivialité ou associations politiques. Cette évolution a bouleversé les champs de revendications vers la lutte contre les discriminations et l’égalité des droits. Le silence sur la lutte contre le sida s’est peu à peu installé. « Silence = mort » dénonce toujours Act up. Lire le reste de cet article »

La mobilisation, le droit, à quand la loi ?

Les décisions de justice aboutissent, la jurisprudence avance. Il y a donc urgence à légiférer soit sur le statut du tiers, soit ouvrir le droit au mariage et à l’homoparentalité. L’arrêt du tribunal administratif de Besançon et celui de la cour d’appel de Rennes constituent de nouveaux pas vers la reconnaissance des familles homoparentales. L’un parce qu’il reconnaît la possibilité d’adopter à une femme sans discrimination liée à son orientation sexuelle, l’autre parce qu’il admet une délégation de l’autorité parentale avec exercice partagé pour un couple de même sexe séparé.

Juridiquement, le droit protège peu les femmes ou les hommes qui souhaitent fonder une famille homoparentale : la France autorise l’agrément d’adoption pour les célibataires sans distinction de leur orientation sexuelle et la loi sur la délégation de l’autorité parentale de 2002 permet un exercice partagé entre deux personnes de même sexe.

Si l’adoption simple est ouverte à toute personne de plus de 28 ans capable d’offrir de bonnes conditions d’accueil à l’enfant adopté, la majorité des Conseils généraux pratique dans les faits une discrimination contre les personnes homosexuelles en leur refusant l’agrément : leur choix de vie serait contraire à l’intérêt de l’enfant. Emmanuelle B et son avocate Caroline Mecary avaient dès lors entamé une action en justice près de la Cour européenne des droits de l’homme pour discrimination sexuelle. Le 22 janvier 2008, la France avait été condamnée à cet égard. Cette décision du Tribunal administratif de Besançon confirme une avancée que les couples de même sexe réclament. Parallèlement, l’arrêt de Rennes mérite d’être relevé puisqu’il reconnaît l’intentionnalité de parentalité de celle qui n’avait pas porté l’enfant. La cour d’appel «dit que l’autorité parentale sur l’enfant sera ainsi partagée entre Anne R et Emilie B pour tous les besoins de l’éducation de l’enfant»

Ces arrêts mettent en avant l’insécurité des familles homoparentales et les discriminations subies par les couples de même sexe qui construisent un projet familial. Dans un précédent billet, j’avais annoncé l’enterrement du projet de loi de Nadine Morano (et Mme Rachida Dati) sur le statut du tiers. En effet, le rapport de Jean Léonetti du 7 octobre dernier amendait l’avant-projet de loi discuté avec les associations. « Celui-ci préconise l’abandon non seulement de tout ce qui peut faire référence aux familles homoparentales, mais aussi de la seule véritable avancée que l’Inter-LGBT avait saluée, à savoir celle de mieux garantir à l’enfant la possibilité d’entretenir des relations avec un tiers en en précisant les modalités » dénonçait l’Inter-associative et de rappeler « La fin de non-recevoir opposée à ces avancées, pourtant minimes, témoigne assurément d’une reprise en main conservatrice du débat au sein de la majorité présidentielle ». Mais la décision avait été tranchée au sommet de l’Etat « Le projet de loi sera modifié afin de tenir compte des propositions du rapport, dans la perspective d’un examen prochain au Parlement. » écrivait alors le premier ministre François Fillon dans son communiqué de presse. Aujourd’hui, sur le cas d’Emmanuelle B., le porte-parole du gouvernement, M. Luc Chatel, vient de déclarer «le gouvernement a eu l’occasion de dire à plusieurs reprises – le président de la République lui-même s’est exprimé sur le sujet – que nous n’étions pas favorables à l’adoption d’enfants par les couples homosexuels». Inutile de préciser que cette décision du tribunal administratif de Besançon ne dit pas que les homosexuels peuvent adopter, elle insiste seulement sur le refus d’agrément au motif qu’un-e célibataire soit homosexuel(le).

A contrario, des territoires et d’autres politiques construisent une autre conception de la France et de ses droits : l’appel national d’Hélène Mandroux, maire de Montpellier, en faveur de l’ouverture du mariage pour les couples de même sexe au nom de l’égalité des droits et de l’universalité le prouve.

En France aujourd’hui, la lutte contre les discriminations mobilise tous les acteurs politiques, associatifs et nécessite une prise de conscience de tous les individus. Comme pour le Pacs il y a 10 ans, les actions en justice, les appels nationaux sont les premières étapes d’une victoire : celle de l’égalité des droits.

Notre communauté !

A chaque question LGBT posée, certains en reviennent à des réflexes communautaires et parlent avec excès de la “communauté” homosexuelle. L’utilisation de « réaction(s) de la communauté » par la rédaction de Têtu me laisse toujours perplexe, s’agit-il d’un raccourci, d’un choix intellectuel, d’une identité de la rédaction ? Lire le reste de cet article »

Je tue il, ou la haine de soi ?

Les grands mouvements de libération sexuelle des années 1970 marquent une rupture dans le regard porté à l’homosexualité : d’une maladie ou perversion, l’acceptation de l’homosexualité a commencé avec l’affirmation de pratiques sexuelles à part entière. Les apports de Michel Foucault et de John Boswell ont contribué à faire évoluer les mentalités des années 1970. Il n’est plus question de l’homosexualité mais des homosexualités pour signifier une diversité des vécus. Lire le reste de cet article »

Du singulier au pluriel

Tout ce qui ne répond pas à l’injonction de normalité et d’uniformité apparente est rejeté. Épidermique, la société résiste au changement, elle se réfère aux valeurs et aux principes, trop souvent à l’immobilisme. Sans doute, est-il plus aisé de vivre avec des préjugés et des stéréotypes ? Les lesbiennes, les gays ont connu ces manifestations de rejet, d’exclusion. La génération des quinquas en garde les stigmates. Robert Badinter intervient à l’Assemblée nationale seulement le 20 décembre 1981. La France a alors cessé de ranger l’homosexualité parmi les maladies mentales. La loi qui la dépénalisera sera votée le 4 août 1982. Enfin, jusqu’ en 1992, l’homosexualité figure dans la classification de l’OMS comme un trouble mental. La mémoire et les rappels historiques sont indispensables à la construction de l’épanouissement des individus. Lire le reste de cet article »

Tout ça pour ça !

De l’agacement et de la colère, les associations homosexuelles, qui militent en faveur de l’avancée des droits des couples et des enfants qu’ils élèvent, vont en avoir. Le rapport de Jean Leonetti est attendu, très attendu par les gays, les lesbiennes qui partout en France exigent l’application du principe d’égalité des droits. Les annonces ce matin dans le journal Figaro présagent d’un enterrement de l’avant-projet de loi porté par Nadine Morano, secrétaire d’État à la Famille. Lire le reste de cet article »

Le triomphe des révoltés ?

Dans la nuit du 27 au 28 juin 1969, à New York, dans un bar homosexuel de Greenwitch, The Stonewall Inn, une émeute éclata entre les forces de police et la clientèle du bar. Pendant la nuit, de nombreux hommes jugés trop “efféminés” furent pris à parti par les forces de police et battus. La foule – résidents du quartier et clients des alentours – afflue. La police ne contient pas la révolte qui émerge. Lire le reste de cet article »

Un genre déterminé !

Comprendre le questionnement lié à l’orientation sexuelle ou à l’identité de genre suppose une ouverture d’esprit sur les personnes, leurs idées, leurs désirs, leur existence, leur environnement. L’horizon fixé ici sera une utopie constante, simplifiée pour déconstruire puis construire une vision de la société du XXI siècle. Acteur politique et militant, avec mes mots, mes inquiétudes et mes euphories, je parlerai ici de luttes contre les discriminations, LGBTphobies (Lesbiennes, Gay, Bi et Trans), de l’accès à la parentalité pour les couples de même sexe, d’une révolution culturelle en marche depuis plusieurs années qui ne trouve pas sa source dans le conformisme et l’immobilisme. Lire le reste de cet article »