

Lorielle* 17 ans, assume parfaitement sa bisexualité dans son lycée à la Réunion. Sans tabou, elle se confie à TÊTUE : famille, école et relations parfois ambigües, entre amours et amitiés…
«J’ai 17 ans, et je suis bisexuelle. Là où j’habite, l’homosexualité des jeunes est loin d’être un tabou: beaucoup d’entre nous sont lesbiennes, gays ou bi. Mon ancien lycée est en quelque sorte la «ville gay» du nord de la Réunion. Pas mal d’entre nous s’assument et se montrent au lycée ou avec les amis, mais au niveau de la famille, ça reste difficile. En tout cas, on a quand même moins de risque de se faire agresser à cause de notre différence sexuelle car ne pas être hétéro est chose courante et respectée.
«Ma meilleure amie m’attire»
C’est vrai que depuis petite j’ai toujours préféré regarder les filles plutôt que les garçons, et ces derniers ont toujours été des potes pour moi. J’étais en quelque sorte la lesbienne type: garçon manqué, mais féminine, avec des yeux qui suivent chaque jolie fille qui passe, discrètement tout de même. J’ai toujours été étrangement intéressée par mes rares amies lesbiennes au collège et je me suis même mise en couple avec l’une d’entre elle une fois, juste pour la St-Valentin parce qu’on ne voulait pas rester célibataire ce jour là. Je me suis toujours sentie possessive avec ma meilleure amie, je ne voulais même pas qu’elle ait de petit copain. Aujourd’hui d’ailleurs je me rends compte qu’elle m’attire énormément et j’estime que c’est une perte pour la gente féminine qu’elle soit hétéro.
Au final, je me suis rendue compte que j’étais lesbienne quand, arrivée au lycée, je ne pouvais pas arrêter de penser à cette fille qui a été ma Valentine d’un jour et qu’à chaque fois que je lui parlais au téléphone ou sur le net, on s’appelait sans cesse «mon amour», «mon coeur», «chérie»… Lorsque je l’ai retrouvée, 3 mois après, je n’arrêtais pas de la prendre dans mes bras, je ne pouvais pas rester une minute sans être près d’elle. Je l’ai embrassée et là j’ai su que je l’aimais tout simplement.
«Aujourd’hui je le vis vraiment bien»
J’ai mis du temps à l’admettre quand même, mais aujourd’hui je le vis vraiment bien. J’ai eu la chance de sortir avec un garçon qui matait les mêmes filles que moi et qui n’avait aucun souci avec le fait que je sois bi. Mais j’ai surtout eu la chance de sortir avec la fille qui est pour moi, la plus somptueuse et la plus mystérieuse femme au monde. Je ne regrette rien.
Mon coming-out avec ma mère s’est plutôt bien passé: bien qu’elle soit toujours gênée, elle a fini par accepté. En ce qui concerne mon père je n’ai pas eu à le faire, cela fait des années que je n’ai plus de contact avec lui. Le reste de la famille par contre n’est pas au courant, à part mon frère. Ils sont assez intolérants, je n’ai pas vraiment envie de débattre de mon orientation sexuelle avec des personnes qui auront un dialogue de sourds et qui n’admettront jamais que je sois attirée par les filles.»
*Le prénom a été modifié.
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