Musulmane et lesbienne

webfemmevoilée Sarra, 20 ans, est musulmane pratiquante. Amoureuse de sa meilleure amie, elle a dans un premier temps nié ses sentiments, mais vit aujourd’hui avec elle une relation cachée…

“Vingt ans, maghrébine, musulmane et amoureuse d’une femme, avec la quelle je vis secrètement mon couple. Cette fille, c’etait ma meilleure amie depuis six ans. Au tout début de notre amitié nous allions à la mosquée ensemble et chaque jour nous parlions religion. J’étais voilée à l’époque. Puis les années ont passé, mon esprit s’est imprégné des choses de la vie, de ce que je voyais et entendais, de ces séries, de ces gens dehors, dans le Marais, de ces parades homosexuelles dans la rue, de ces filles dans l’amphi que je regardais, inexplicablement… Puis ma lecture du monde en a été influencée et a finit par changer. J’ai changé moi-même, ou serait plus juste de dire que je me suis révélée.

A dix-neuf ans, je comprends alors que j’aime les femmes. Moi, musulmane pratiquante. C’est alors que je sombre dans une période noire ou il va me falloir lutter contre ce penchant homosexuel, coute que coute. Et le prix a été bien cher, pour au final rien. J’ai refoulé, en vain. J’ai souffert en me raccrochant désespérément et follement a cette norme hétérosexuelle qui fallait être mienne, que pourtant je n’ai jamais eu.

Je dois feindre d’aimer les hommes
Lire le reste de cet article »

Premiers indices: «Depuis toute petite, j’ai toujours préféré regarder les filles»

two girls }{

Lorielle* 17 ans, assume parfaitement sa bisexualité dans son lycée à la Réunion. Sans tabou, elle se confie à TÊTUE : famille, école et relations parfois ambigües, entre amours et amitiés…

«J’ai 17 ans, et je suis bisexuelle. Là où j’habite, l’homosexualité des jeunes est loin d’être un tabou: beaucoup d’entre nous sont lesbiennes, gays ou bi. Mon ancien lycée est en quelque sorte la «ville gay» du nord de la Réunion. Pas mal d’entre nous s’assument et se montrent au lycée ou avec les amis, mais au niveau de la famille, ça reste difficile. En tout cas, on a quand même moins de risque de se faire agresser à cause de notre différence sexuelle car ne pas être hétéro est chose courante et respectée.

«Ma meilleure amie m’attire»
C’est vrai que depuis petite j’ai toujours préféré regarder les filles plutôt que les garçons, et ces derniers ont toujours été des potes pour moi. J’étais en quelque sorte la lesbienne type: garçon manqué, mais féminine, avec des yeux qui suivent chaque jolie fille qui passe, discrètement tout de même. J’ai toujours été étrangement intéressée par mes rares amies lesbiennes au collège et je me suis même mise en couple avec l’une d’entre elle une fois, juste pour la St-Valentin parce qu’on ne voulait pas rester célibataire ce jour là. Je me suis toujours sentie possessive avec ma meilleure amie, je ne voulais même pas qu’elle ait de petit copain. Aujourd’hui d’ailleurs je me rends compte qu’elle m’attire énormément et j’estime que c’est une perte pour la gente féminine qu’elle soit hétéro.

Au final, je me suis rendue compte que j’étais lesbienne quand, arrivée au lycée, je ne pouvais pas arrêter de penser à cette fille qui a été ma Valentine d’un jour et qu’à chaque fois que je lui parlais au téléphone ou sur le net, on s’appelait sans cesse «mon amour», «mon coeur», «chérie»… Lorsque je l’ai retrouvée, 3 mois après, je n’arrêtais pas de la prendre dans mes bras, je ne pouvais pas rester une minute sans être près d’elle. Je l’ai embrassée et là j’ai su que je l’aimais tout simplement.

«Aujourd’hui je le vis vraiment bien»
Lire le reste de cet article »

Fidélité dans le couple: «J’ai déjà été trompée et je ne souhaite pas le revivre»

two girl hand and handcuffsRoxane vit en couple à Bordeaux depuis plusieurs années. Dans Ma vie de lesbienne, elle nous fait part de son expérience de la fidélité: un témoignage touchant ou se mêlent confiance, amour et parfois jalousie…

«Totalement fidèle, d’une fidélité librement choisie. Je suis en couple avec ma compagne depuis maintenant 6 ans, dont 4 ans de vie commune. Cette année, nous allons nous lancer dans l’aventure de la maternité, c’est elle qui portera notre premier enfant, moi, ce sera dans quelques années.

Je n’envisage même pas de pouvoir lui être infidèle, ça serait risquer de remettre le bonheur que je vis avec elle stupidement. Ça serait surtout la blesser grièvement quand elle le saura, car de mon côté je sais bien que j’en éprouverais une immense culpabilité. Nous avons vécu trop de choses très fortes ensembles, l’une pour l’autre, dans les deux sens, pour qu’il puisse en être autrement. J’ai vécu le fait d’être trompée et je ne souhaite pas le revivre, ni le lui faire vivre.

Si j’avais voulu, j’aurais eu des occasions de lui être infidèle
Il y a une totale confiance entre nous, nous nous laissons nos espaces de liberté individuelle, avoir nos activités où l’autre n’est pas présente sans que cela ne devienne en quoi que ce soit un sujet à suspicion, souvent on s’en parle, mais quand il n’y a rien à en dire, ce n’est pas la peine. Si j’avais voulu, j’aurais eu des tas d’occasions de lui être infidèle, mais ça n’aurait pas été moi, j’aurais brisé sa confiance, ça serait comme si je lui crachais à la figure.

Jalouses, oui, nous le sommes un peu, mais sans le diriger vers l’autre. Je déteste une de ses ex qui essaie régulièrement de revenir vers elle, et elle déteste qu’on me tourne autour de trop près. Je ne sais pas combien d’orteils nous avons pu ruiner sous nos talons à nous deux.

Et si un jour, ça n’allait plus entre nous pour une quelconque raison? Nous en avons déjà parlé. Par respect pour l’autre et pour tout ce que nous avons traversé, celle qui voudrait s’éloigner en parlera à l’autre plutôt que de la mettre devant le fait accompli. Ça serait dur pour celle qui reste, horrible à vivre, mais au moins, il n’y aura pas cette trahison.

Si elle venait à manquer à cette fidélité? J’ai toujours dit que je partirais dans ce cas, que je n’écouterais pas la moindre excuse. Mais je ne suis pas convaincue que je serais si radicale et peut-être pourrais comprendre.

La fidélité n’est pas une contrainte
Lire le reste de cet article »