Contre le droit des autres
Nous verrons bien s’ils viendront et s’ils seront tous là. Mais, dimanche vont se congratuler à Paris celles et ceux qui, depuis un demi siècle, ne manquent jamais une occasion de dire avec hargne qu’ils n’aiment pas la France qui autorise la contraception, légalise l’IVG, permet le divorce par consentement mutuel, dépénalise les relations homosexuelles, invente le Pacs, vote la parité, ouvre le mariage et la parentalité à tous les couples.
Au delà de leur nombre, de l’aigreur de leurs slogans, de la pantomime de leur bouffonne patentée, ce qui retient l’attention, c’est que ces gens ont mis au point une stratégie, créé moult coquilles vides et autres associations bidons, organisé des moyens, mobilisé de l’argent, sollicité des dons – déductibles fiscalement – pour mettre sur pied une manifestation… contre le droit des autres.
D’où leur vient cette énergie pour combattre une réforme qui ne leur ôte pas une once de droit, qui n’égratigne pas leur dignité humaine, qui n’obstrue en rien leur avenir comme ils l’entendent ? Ils ne se mobilisent pas pour que le système éducatif fasse de leurs enfants des adultes émancipés, pour que leur retraite ne soient pas synonyme de misère, pour que leur temps de travail leur permette une vie de famille digne de ce nom. Ils ne protestent pas contre l’expulsion d’une maison de retraite de cette vieille dame sans argent, contre l’indécente expatriation fiscalo-télévisée d’un acteur élevé à coup de commission d’avance sur recettes et de statut des intermittents du spectacle. Non. Ils ont choisi leur sujet de révolte. Eux, ils manifestent contre le droit des autres.
Ils se claquemurent dans leurs certitudes et se rassurent à l’idée que tous les enfants de France naissent de couples mariés. Dans un pays où plus d’un enfant sur deux nait hors mariage, les lézardes visibles à l’oeil nu n’ébranlent pas leurs certitudes. Ils s’enferment dans leurs croyances et se bercent de l’illusion qu’un couple de parents hétérosexuels est un laisser-passer exclusif et garanti pour une éducation équilibrée. Dans un pays où 1 enfant sur 10 est maltraité, leurs croyances ont besoin de nouvelles exégèses. Mais ils n’en veulent pas.
Et comme leur aveuglement fait leur force, tout cela ne les empêchera pas de manifester contre le droit des autres. Tout cela ne les empêchera pas d’affirmer, urbi et orbi – c’est le mot juste – qu’ils refusent la perspective que leurs concitoyen-ne-s homosexuel-le-s soient considérés, par notre loi commune, comme des adultes comme les autres et comme des parents comme les autres.
Observons avec quelle obstination ils ont cherché à ignorer l’impressionnant travail d’auditions réalisé, deux mois durant, par l’Assemblée nationale. Scrutons avec quelle ténacité ils cherchent à ignorer les nombreux arguments développés par les partisans de cette réforme.
Dans un an, dans deux ans, dans dix ans, ils ne diront plus rien de cette réforme qui va, ni plus, ni moins, élargir le cercle des femmes et des hommes “libres et égaux en droits” dans notre société. Comme en 1982. Comme en 1999. La plupart oublieront qu’ils ont été contre ou ne l’assumeront plus. Mais pour l’instant, ils se sont trouvé un sujet de révolte qui leur va bien et ils ne vont pas le lâcher comme ça. C’est que, quand on parle d’économie, c’est exigeant : les chiffres et les rapports de force sociaux s’imposent dans la discussion. Quand on parle d’institution, ça ennuie tout le monde. Mais quand on parle d’humanité, c’est open bar ! Chacun peut faire valoir son fantasme sur la question. L’à-peu-près est élevé au rang de donnée scientifique. Et l’hystérie collective tient lieu de débat démocratique.
Demain sera un jour triste, de fantasmes, d’à-peu-près et d’hystérie, un jour d’overdose  de croyances et de certitudes. Il ne sera en rien fatidique.
Rendez-vous le 27 janvier avec la France qu’on aime !

Nous verrons bien s’ils viendront et s’ils seront tous là. Mais, dimanche vont se congratuler à Paris celles et ceux qui, depuis un demi siècle, ne manquent jamais une occasion de dire avec hargne qu’ils n’aiment pas la France qui autorise la contraception, légalise l’IVG, permet le divorce par consentement mutuel, dépénalise les relations homosexuelles, invente le Pacs, vote la parité, ouvre le mariage et la parentalité à tous les couples.

Au delà de leur nombre, de l’aigreur de leurs slogans, de la pantomime de leur bouffonne patentée, ce qui retient l’attention, c’est que ces gens ont mis au point une stratégie, créé moult coquilles vides et autres associations bidons, organisé des moyens, mobilisé de l’argent, sollicité des dons – déductibles fiscalement – pour mettre sur pied une manifestation… contre le droit des autres.

D’où leur vient cette énergie pour combattre une réforme qui ne leur ôte pas une once de droit, qui n’égratigne pas leur dignité humaine, qui n’obstrue en rien leur avenir comme ils l’entendent ? Ils ne se mobilisent pas pour que le système éducatif fasse de leurs enfants des adultes émancipés, pour que leur retraite ne soient pas synonyme de misère, pour que leur temps de travail leur permette une vie de famille digne de ce nom. Ils ne protestent pas contre l’expulsion d’une maison de retraite de cette vieille dame sans argent, contre l’indécente expatriation fiscalo-télévisée d’un acteur élevé à coup de commission d’avance sur recettes et de statut des intermittents du spectacle. Non. Ils ont choisi leur sujet de révolte. Eux, ils manifestent contre le droit des autres.

Ils se claquemurent dans leurs certitudes et se rassurent à l’idée que tous les enfants de France naissent de couples mariés. Dans un pays où plus d’un enfant sur deux nait hors mariage, les lézardes visibles à l’oeil nu n’ébranlent pas leurs certitudes. Ils s’enferment dans leurs croyances et se bercent de l’illusion qu’un couple de parents hétérosexuels est un laisser-passer exclusif et garanti pour une éducation équilibrée. Dans un pays où 1 enfant sur 10 est maltraité, leurs croyances ont besoin de nouvelles exégèses. Mais ils n’en veulent pas.

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Et comme leur aveuglement fait leur force, tout cela ne les empêchera pas de manifester contre le droit des autres. Tout cela ne les empêchera pas d’affirmer, urbi et orbi – c’est le mot juste – qu’ils refusent la perspective que leurs concitoyen-ne-s homosexuel-le-s soient considérés, par notre loi commune, comme des adultes comme les autres et comme des parents comme les autres.

Observons avec quelle obstination ils ont cherché à ignorer l’impressionnant travail d’auditions réalisé, deux mois durant, par l’Assemblée nationale. Scrutons avec quelle ténacité ils cherchent à ignorer les nombreux arguments développés par les partisans de cette réforme.

Dans un an, dans deux ans, dans dix ans, ils ne diront plus rien de cette réforme qui va, ni plus, ni moins, élargir le cercle des femmes et des hommes “libres et égaux en droits” dans notre société. Comme en 1982. Comme en 1999. La plupart oublieront qu’ils ont été contre ou ne l’assumeront plus. Mais pour l’instant, ils se sont trouvé un sujet de révolte qui leur va bien et ils ne vont pas le lâcher comme ça. C’est que, quand on parle d’économie, c’est exigeant : les chiffres et les rapports de force sociaux s’imposent dans la discussion. Quand on parle d’institution, ça ennuie tout le monde. Mais quand on parle d’humanité, c’est open bar ! Chacun peut faire valoir son fantasme sur la question. L’à-peu-près est élevé au rang de donnée scientifique. Et l’hystérie collective tient lieu de débat démocratique.

Demain sera un jour triste, de fantasmes, d’à-peu-près et d’hystérie, un jour d’overdose  de croyances et de certitudes. Il ne sera en rien fatidique.

Rendez-vous le 27 janvier avec la France qu’on aime !

3 commentaires

Merci et Bravo!

Écrit par Braz2013 le 12 janvier 2013 à 21:52

Mécansime du bouc émissaire. Heureusement, tout le monde n’est pas contre les droits des homosexuels. Mais beaucoup de gens unissent leur ressentiment contre eux.
Preuve : cela ressoude dans une grande mesure la droite. Rassemble prêtres et laïcs bien plus efficacement que la messe.
L’amusant : comme ils sont en somme ridicules et antipathiques ils pourraient bien devenir eux-même victimes de lynchages médiatiques.
Avec la pédophilie couverte par l’Eglise, et la guerre des chefs à droite, les traditionnalistes n’avaient pas besoin de ça mais ils ont oublié la paille et la poutre.
Possible effet boomrang donc, avec comme corrolaire l’accroissement de la popularité des victimes des traditionnalistes, et notamment des homosexuels.

Écrit par Noblejoué le 13 janvier 2013 à 16:16

Félicitations :) RDV le 27/01

Écrit par Pete le 13 janvier 2013 à 17:40

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