Lettre ouverte pour Madame Najat Vallaud Belkacem, ministre des droits des femmes et porte-parole du gouvernement.
Madame la Ministre,
Votre gouvernement a initié un projet de loi visant l’égalité entre les personnes de même sexe face à l’adoption et au mariage. C’est un grand bouleversement et un grand pas qui a été franchi pour lutter contre l’homophobie institutionnelle.
Cependant, cette homophobie institutionnelle reste présente, et je voudrais vous alerter sur un résidu d’homophobie, qui peut sembler anecdotique, mais qui en dit long sur une homophobie institutionnelle encore prégnante.
L’Institut National des Statistiques et des Etudes Economique (INSEE), organisme indépendant en charge notamment du recensement de la population, s’avère être encore empreint d’une homophobie latente. Si cet institut a publié en février 2013 une publication très instructive sur les couples de même sexe, à partir de l’enquête Famille et logement de 2011, ces chiffres ne sont cependant pas les plus précis qui soient, et ce pour une bonne raison. La meilleure façon de recenser les couples de même sexe serait de pouvoir les comptabiliser à partir du recensement de la population française (enquête obligatoire). Cependant, l’INSEE adopte une définition du couple bien restreinte pour le recensement, alors même que pour les enquêtes sur les ménages, elle en adopte une autre. Ainsi, la définition du couple au sens du recensement est la suivante : « Un couple au sein d’un ménage est formé d’un homme et d’une femme âgés de 14 ans ou plus, qui partagent la même résidence principale ».
Cette définition exclue de fait les couples de même sexe, qui ne peuvent donc même pas se déclarer comme couple.
Des remontées ont eu lieu auprès de l’Institut par des statisticiens de l’INSEE sur cette définition bien particulière et excluante du couple. Cependant, les dirigeants de l’Institut ont répondu à ces remontées par une fin de non recevoir, considérant qu’il y aurait un risque de surestimer ce nombre de couple, du fait des erreurs de recensement concernant le sexe des enquêtés (parce qu’apparemment un nombre important d’enquêté ne saurait définir leur sexe ?!).
Quand bien même cette réponse se voudrait empreinte de scientificité, n’est-ce pas une question morale et un impératif d’égalité qui devrait dictée cette définition ? Les définitions officielles sont d’une importance capitale puisqu’un des pouvoirs majeurs de l’État est de « produire et d’imposer (notamment par l’école) les catégories de pensée que nous appliquons spontanément à toute chose du monde, et à l’État lui-même » comme l’écrivait Bourdieu. En donnant une définition du couple restreinte pour cet acte important qu’est le recensement, l’Etat continue donc d’alimenter une hiérarchisation entre les couples de personnes de sexes différents, reconnus par définition, et les « couples » de même sexe, qui ne peuvent apparemment pas exister, puisqu’ils ne sont pas reconnus comme tel.
La mission que le gouvernement s’est donnée, à travers votre ministère, d’égalité entre les sexes, et par votre action interministérielle pour l’égalité de tous les couples, doit passer aussi par la lutte contre ces résidus d’homophobie institutionnelle dans toutes les institutions d’Etat.
J’espère que vous saurez alerter et corriger ces petites anomalies afin que notre République puisse affirmer avec force le mot Egalité qui est centrale dans notre devise.

Egalité et définitions
- Par florentdezenaire |
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Une association comme le MAG Jeunes LGBT veut rassembler la diversité de ces jeunes, qu’ils soient étudiants, jeunes travailleurs ou chômeurs, une quarantaine de jeunes se retrouvent à son local durant les permanences d’accueil chaque weekend. A chaque permanence que j’observe, je vois les échanges entre jeunes de ces différents milieux, et me dit que Pierre Bourdieu aurait aimé observer ce laboratoire de la mixité sociale.
