Toi aussi, embrasse Jack Nicholson pour la postérité (& le mariage pour tous)

Dans le dernier épisode de ses aventures, notre héros a révélé les failles dans sa carapace : loin d’être simplement cette victime de la mode superficielle & insensible qu’il décrit à longueur de roman, il se révèle un homme de sentiments (oui de sentiments) capable, lui aussi, de tomber amoureux ! Donatien remplacera-t-il Pablo dans le cœur de notre héros ? Ce dernier succombera-t-il à ces Feux de l’Amour très parisiens ? C’est ce que nous vous proposons de découvrir maintenant dans Jerk Électronique, l’i-roman de Louis la Voyelle, en tête des ventes gratuites sur webzone.tetu.com

Jack Nicholson dans The Shining.

Jack Nicholson dans The Shining.

L’amour demande du temps & du temps, je n’en ai pas. L’amour demande aussi de la confiance & comment avoir confiance en un homme quand on voit, au réveil, le matin, & à l’œil nu, les morpions galoper dans sa barbe ? J’ai donc quitté la couche de Donatien au petit jour & en vitesse. De toutes les façons j’étais attendu pour la remise d’un prix international d’art contemporain où je devais faire de la figuration souriante. J’y ai serré quelques mains (importantes, évidemment), applaudi les artistes nommés & plus encore les heureux élus. L’œuvre pour laquelle ils étaient récompensés illustrait une citation d’Heidegger ou un autre penseur nazi qui inspire habituellement les artistes « actuels » (NDLR : « contemporains », c’est déjà dépassé) en mal de scandale, c’est-à-dire de notoriété vite acquise. Il y était question « d’être pour la mort » & d’une ou deux citations sans doute repiquées dans « la philosophie pour les élèves de terminale particulièrement nuls », des platitudes telles que « Dès qu’un homme est né, il est assez vieux pour mourir » ou autres « Quand j’étais petit, je n’étais pas grand ». Me hissant sur ces sommets de la pensée, je fis mien le principe heideggérien : « Nous ne parvenons jamais à des pensées. Elles viennent à nous. », & sur une impulsion soudaine (sans aucun doute une manifestation impromptue de mon dasein, voire de mon « être étant ») je fis la bise aux artistes primés. Après tout, personne ne cherche jamais les morpions, ils viennent directement à vous : après un prix international, un cadeau de l’ordre de l’intime & du vivant. Journée faste pour nos artistes, s’il en fût.

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Sex & Dior & Rock’n’Roll

_Que ce soit à Paris, Cambridge ou ailleurs, notre héros mène une vie mondaine trépidante dans des bars, des dîners, des soirées tous plus brillants les uns que les autres. Aujourd’hui, il fait une nouvelle découverte, un repère de proto-modasses, Les Garçons en Culotte Courte. Du sexe, du Dior, du Rock’n’Roll : c’est un fait, notre héros nous vend du rêve. Nous vendra-t-il aussi de l’amour ?_

Sarkozy sans talonnettesJe vivais une soirée comme les autres. J’étais arrivé seul & de bonne heure aux Souffleurs. J’y avais rencontré le lot habituel de Soufflettes. Les exilés du 16e portaient le col en V réglementaire dans les beaux quartiers & lorgnaient sur une foule de jouvenceaux qui, capitalisant sur la nature cyclique de la mode, cherchaient à devancer la tendance en portant les vêtements les plus rétros & les plus ringards. Qu’ils se veuillent, qu’ils se croient, à la mode de New York, de Berlin, de Londres ou d’ailleurs je voyais surtout là des hipsters à la mode de « quand ? ». Côté musique, deux lesbiennes habillées à l’identique en salopette de jeans (comme ma tante dans sa période Cindy Lauper) portaient haut une lourde poitrine dévoilée par des résilles noires & fluo. Hiroshima & Nagasaki (puisqu’elles s’étaient choisi ces noms) faisaient à la fois office de dj & acte de militantisme en ne passant que des titres hurlés, la rage & la bave aux lèvres, par des femmes en colère – les fameuses « Grrrrrl », sans doute. C’était très Rock’n’Roll, ou comme on dit en Français : très « wok’n’woll ».

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Toi aussi, couche avec Keanu Reeves!

Fort marri de toujours vivre des soirées parisiennes, notre héros prend le temps de réfléchir – oui, réfléchir ! Après avoir établi diverses vérités éternelles & confucéennes, sur la gazelle, le crocodile, les mentons (fuyants ou non), les régimes, Karl Lagerfeld ou Édouard Balladur & autres sujets de même importance, notre héros repense à ses amours passées – au seul qu’il ait, en fait,  jamais connu : Pablo !

Caroline Bonarde Ucci [GFDL (http://www.gnu.org/copyleft/fdl.html) or CC-BY-3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by/3.0)], via Wikimedia CommonsAu commencement était le dîner gracieusement offert par le MacBainley Consulting Group. Hélas, comme disent les Anglais : « there is no such thing as a free meal », & nous dûmes, indeed, payer le prix fort. La soirée qui suivit fut un supplice. Tous les mardis, CUSU-LBGT, le syndicat homosexuel de l’université louait une discothèque & y organisait la seule soirée gay de la ville. Imaginez une horde de consultants londoniens, gris de pied en cap (les plus audacieux portaient du bleu marine), une meute de trentenaires, le pelage grisonnant & affamés comme des loups, lâchés sur un public d’étudiants innocents dans une petite ville de province. Ce fut un carnage, un bain de sang – dont les proies sortirent les vainqueurs.

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Joie d'offrir, plaisir de recevoir [Je vis toujours des soirées parisiennes (2)]

À peine arrivé dans une soirée parisienne, notre héros s’est fait déposséder de son champagne par le téton sauvage qui l’a sauvagement agressé. Délesté de Pépère & Planplan, ses Rossinante & Dulcinée à lui, il se retrouve avec une seule arme : sa Chateldon, au moment même où il doit faire face, désespérément seul, à un ennemi autrement plus redoutable qu’une diva du maquillage, ou un nombril en fureur : un soupirant à délaisser & éconduire au plus vite. Son charme légendaire est, désormais, devenu son meilleur ennemi.

Oignons au Marché des Lices. André Lage FreitasIl s’appelait Pierre-Emmanuel, me dit-il tout de suite (pour préserver son anonymat, nous l’appellerons cependant Pierre-Emme). Toujours très « Nadine », je réussis à réprimer le haut-le-corps que provoquait sa vision & lui crachais mon prénom. Nadinissime en tous points, je décidais même d’adopter une attitude plus positive & courtoise. Me répétant afin de m’en convaincre que « l’amour est aveugle » ; je me fis la réflexion que Pierre-Emme était en fait un peu borgne. Comme « au royaume des aveugles, les borgnes sont rois », je me demandais si somme toute, Pierre-Emme n’était pas le roi de l’amour & destiné, donc, à régner sur mon cœur. Un second examen de son physique m’a vite convaincu du contraire.

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Joie d’offrir, plaisir de recevoir [Je vis toujours des soirées parisiennes (2)]

À peine arrivé dans une soirée parisienne, notre héros s’est fait déposséder de son champagne par le téton sauvage qui l’a sauvagement agressé. Délesté de Pépère & Planplan, ses Rossinante & Dulcinée à lui, il se retrouve avec une seule arme : sa Chateldon, au moment même où il doit faire face, désespérément seul, à un ennemi autrement plus redoutable qu’une diva du maquillage, ou un nombril en fureur : un soupirant à délaisser & éconduire au plus vite. Son charme légendaire est, désormais, devenu son meilleur ennemi.

Oignons au Marché des Lices. André Lage FreitasIl s’appelait Pierre-Emmanuel, me dit-il tout de suite (pour préserver son anonymat, nous l’appellerons cependant Pierre-Emme). Toujours très « Nadine », je réussis à réprimer le haut-le-corps que provoquait sa vision & lui crachais mon prénom. Nadinissime en tous points, je décidais même d’adopter une attitude plus positive & courtoise. Me répétant afin de m’en convaincre que « l’amour est aveugle » ; je me fis la réflexion que Pierre-Emme était en fait un peu borgne. Comme « au royaume des aveugles, les borgnes sont rois », je me demandais si somme toute, Pierre-Emme n’était pas le roi de l’amour & destiné, donc, à régner sur mon cœur. Un second examen de son physique m’a vite convaincu du contraire.

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Je vis toujours des soirées parisiennes (1)

Notre intrépide héros se repose de ses précédentes aventures dantesques, proustiennes & rabelaisiennes. Il vit ce soir, une soirée parisienne.

By Chris B derivative work: MyCanon (Rihanna, LOUD Tour, Belfast.jpg) [CC-BY-SA-2.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.0)], via Wikimedia CommonsJ’allais à l’une de ces soirées qui, à Paris, Sienne ou ailleurs, d’ailleurs, tourne vite à la glorification de celui qui, comme dirait Nadine de Rothschild, « reçoit ». Mes amis Pépère & Planplan avaient décidé de sacrifier une soirée plateau-télé devant Patrick Sébastien, Danielle Gilbert ou une autre de leurs idoles pour sortir dans un lieu qui n’avait (chose exceptionnelle pour eux) pas de backroom. Avec l’élégance qui les caractérise, nos deux comparses avaient ramené des packs de bières dans une soirée qu’on nous avait d’emblée présentée comme étant tout entière dédiée au champagne. « Oui, mais tu comprends, à Troyes, on n’a pas l’habitude des soirées-champagne ! » Je me pinçai la lèvre en pensant qu’ils habitaient à Paris depuis 7 ans & qu’avec leurs salaires combinés, il suffirait de quelques mois pour sortir un pays africain de la pauvreté. Par habitude, j’avais cependant pris mes précautions. Je sonnai.

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Récit d'une descente aux enfers

Dans ce sixième épisode de ses aventures, notre héros qui a (par deux fois !) affronté la Petite Chose & en a triomphé, notre héros qui s’est battu contre des consultants dans la perfide Albion & qui, au crépuscule dans le Marais, a subi la terrible épreuve de l’homme qui disparaissait, notre héros, donc, commence aujourd’hui un voyage qui s’annonce sans retour, une descente aux enfers : notre héros va à la Scream Party…

Je savais que je n’aurais pas dû aller à la Scream. J’en étais sûr : ce n’était pas pour moi. Évidemment, j’étais trop habillé. Pour commencer, j’étais habillé & dans une soirée pareille, c’est déjà beaucoup trop. J’ai pourtant vécu mes plus belles heures au Gibus quand, au milieu des années 90, j’allais y écouter Pulp, the House of Love ou Suede, coiffé & habillé comme un Brett Anderson au petit pied, une longue mèche de cheveux me fendant le visage, et le blouson de cuir tellement serré qu’on aurait dit une chemise. Samedi, j’ai à peine reconnu l’endroit. Sauf au moment de payer, quand je me suis posé la même question qu’à chaque fois : « cela vaut-il le coût ? combien faudrait-il d’entrées pour me payer un costume Lanvin ? » (toi que la question taraude, lecteur aimé : à peu près 80).

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Récit d’une descente aux enfers

Dans ce sixième épisode de ses aventures, notre héros qui a (par deux fois !) affronté la Petite Chose & en a triomphé, notre héros qui s’est battu contre des consultants dans la perfide Albion & qui, au crépuscule dans le Marais, a subi la terrible épreuve de l’homme qui disparaissait, notre héros, donc, commence aujourd’hui un voyage qui s’annonce sans retour, une descente aux enfers : notre héros va à la Scream Party…

Je savais que je n’aurais pas dû aller à la Scream. J’en étais sûr : ce n’était pas pour moi. Évidemment, j’étais trop habillé. Pour commencer, j’étais habillé & dans une soirée pareille, c’est déjà beaucoup trop. J’ai pourtant vécu mes plus belles heures au Gibus quand, au milieu des années 90, j’allais y écouter Pulp, the House of Love ou Suede, coiffé & habillé comme un Brett Anderson au petit pied, une longue mèche de cheveux me fendant le visage, et le blouson de cuir tellement serré qu’on aurait dit une chemise. Samedi, j’ai à peine reconnu l’endroit. Sauf au moment de payer, quand je me suis posé la même question qu’à chaque fois : « cela vaut-il le coût ? combien faudrait-il d’entrées pour me payer un costume Lanvin ? » (toi que la question taraude, lecteur aimé : à peu près 80).

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Histoire du Petit Chose : 2e étape, le contre-la-montre

Dans ce cinquième épisode de ses aventures, notre héros (car c’en est un), retrouve une connaissance… et montre son vrai visage (pas bien beau!)

Vous vous souvenez de la Petite Chose ? Sinon, tant pis. C’est l’Anglais survolté qui m’avait abordé à l’Uniprix de la rue des Archives. Je l’avais baladé dans le Marais ; il m’avait embrassé ; j’avais résisté (très peu, & pas bien longtemps) ; puis j’étais parti.

Comme promis, la Petite Chose est revenue hier à Paris, m’a appelé, m’a fixé rendez-vous, est arrivée en retard : elle s’est fait désirer. Quand je l’ai rencontrée, elle était accompagnée d’un gay de poche, une chose minuscule & tout aussi anglaise mais plus rousse &, somme toute, (beaucoup) plus sexy. Les deux amis étaient entourés d’un cortège de filles-à-pédé. Les trois grasses qui les accompagnaient ne dérogeaient pas à la règle : plus le pédé est petit ; plus sa compagne est large. Comme l’a dit mon maître à penser, Karl Lagerfeld, dans un accès de sagesse qui confinait au confucianisme « la vie n’est pas un concours de beauté », & c’est vraiment tant mieux pour nos trois Anglaises. Même attifées de leurs robes à drapés sorties tout droit de Dynastie (et qui, soit dit en passant, juraient un tant soit peu à l’Open Café à 18 heures en 2012), elles n’avaient aucune chance.

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Autour de Pablo

Ma vie n’a pas toujours été ainsi ; elle ne se résume pas à une succession d’aventures grotesques, décousues, & si peu concluantes, qu’elles sont sans aujourd’hui avant même d’avoir eu le temps d’être sans lendemain. J’ai été aimé (si, si – j’en suis presque sûr). J’ai aimé aussi (enfin, je crois). J’ai vécu de belles choses. Dans ma jeunesse. Il y a bien longtemps. Quand la plupart d’entre vous n’était pas nés.

Je me souviendrai toujours de ma rencontre avec Pablo, l’homme qui reste aujourd’hui encore l’amour de ma vie. C’était à Cambridge, en Angleterre, un 4 novembre. J’avais géré mon argent d’une façon que dans le monde de la finance on appelle pudiquement « innovante » – c’est-à-dire hasardeuse, ou comme dirait un altermondialiste (probablement sans trop savoir ce que cela veut dire, mais moins non plus, après tout) : « inique ». Cet épisode me destinait sans aucun doute à la carrière qui m’attendrait plus tard dans la City de Londres – mais c’est une autre histoire, sans aucun intérêt. En attendant, il me restait 10 livres pour finir le mois & toute occasion de manger gratuitement était bonne à saisir, même un dîner offert par le réseau homosexuel du MacBainsey Consulting Group.

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