J'aime le beat

Par Patrick Thévenin

VOUS REPRENDREZ BIEN UN PEU DE WHITNEY ?


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Si on regarde sur discogs qui est la bible on line de la musique (même si y sont écrites quelques conneries comme dans la bible d’ailleurs), on est surpris de constater que Whitney Houston, la reine et la diva des charts des années 90, n’a rien sorti depuis 2002. Sauf quelques remixes de vieux tubes à destination des DJ’s des circuit parties…Bien sûr en sept ans, c’est pas comme si on était resté sans nouvelles : crack à haute dose, obésité, coups sur la gueule, médocs, et certainement chutes dans les escaliers relayés par cette idiote de Perez Hilton : Whitney a tout fait, couvertures de magazines people à l’appui, pour nous prouver qu’elle était bien toutes les femmes…

C’est donc avec une surprise teintée d’excitation qu’on découvre son nouveau single, « Million Dollar Bill » tiré d’un nouvel album « I Look To You » sorti en fin de semaine dernière, et que le dossier de presse dans une de ses grandes envolées lyriques dont seuls sont capables les dossiers de presse, nous déclare que : « Depuis son premier – éponyme – paru en 1985, Whitney Houston a vendu plus de 170 millions d’albums, singles et vidéos dans le monde. » C’est clair pour tout le monde ? Bon me direz-vous : passons aux choses sérieuses, que vaut donc ce fameux nouveau single dont tout le monde parle et l’album dont il est tiré ? Avec « Million Dollar Bill » et sa production disco ultra-soignée, on pourrait penser que le titre sort d’une compilation « best of disco » oubliée sur une étagère avec ses vocaux ultra -Whitney – genre t’as vu comme je me démerde encore à mon âge et sans autotune ! « I Look To You » suit la même ligne directrice avec onze morceaux de r’n’b subtilement teinté de disco, même si peu de titres arrivent à la hauteur de « Million Dollar Bill » et si les tubes pour discothèque semblent rangés au placard (sauf « A Song For You » qui commence tout doucement au piano avant de s’énerver).Ici on affiche clairement un registre down tempo love , vous savez le genre de morceaux avec des clips où des filles déshabillées s’endorment dans des king size avec des draps en satin rose…Titre le plus émouvant de l’album, certainement « Like I Never Left », soi disant chanson d’amour, dont les paroles font étrangement écho aux tribulations cocaïnés et cocardées de la miss ces dernières années. Une certaine idée de l’auto-fiction développée de manière encore plus directe, sur le très Confessions Intimes, « I Didn’t Know My Strengh »… Je ne connaissais pas ma force, ah, ah, ah !

Bonne nouvelle, si l’album n’est pas le meilleur d’une discographie chargée, il est globalement réussi et devrait faire taire tous ceux qui ont voulu enterrer Whitney. Car l’intelligence de la Miss est de ne pas chercher à sauter dans le wagon de la modernité en s’adjoignant les services du producteur à la mode comme beaucoup (la liste est trop longue, désolé), mais d’assumer la tête haute le style qui a fait son succès (le torch song ?) avec une fougue et une drama touch qui sentent les heures de powerplate, le diététicien installé à demeure, la cure de vitamines et surtout l’abstinence… Jacko aurait dû en prendre de la graine !

PS 1 : l’album est écoutable en streaming et dans sa totalité sur le site de Whitney Houston, www.whitneyhouston.com

PS 2 : le clip officiel de « Million Dollar Bill » n’est toujours pas disponible, c’est à se demander si la maison de disque attend d’abord les premières réactions.