J'aime le beat

Par Patrick Thévenin

IN FLAGRANTI GANG BANG “RELAX”

Depuis 1983, le tube “Relax” de Frankie Goes To Hollywood, hymne à la sodomie qui se déroule bien, n’a pas cessé de distiller son poison dans la pop culture. Le scandale causé à l’époque par le morceau étant passé, beaucoup d’artistes se sont essayés à la cover… Sauf qu’impossible de rendre compte de la puissance (merci au producteur démiurge Trevor Horn) du morceau initial. Et il en va de même pour les remixes dont nous abreuvent régulièrement les membres survivants du groupe, bien décidés à capitaliser le plus longtemps sur ce morceau désormais culte.

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Dans cette entreprise d’hommage à longue haleine, il se pourrait bien que ce soit les new-yorkais In Flagranti – duo de DJ’s producteurs dont le mélange électro-punk crasse et moite fait passer LCD Soundsystem pour du Robert Wyatt – qui aient enfin réussi à donner une reprise digne de ce nom à “Relax”, transportant encore plus loin le track dans le paroxysme sexuel et les vapeurs de poppers. Les sex clubs berlinois vont adorer !

IN FLAGRANTI : “RELAX (UNAUTHORIZED REMIX)”

A télécharger ici-même.
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Et en bonus, l’original par FGTH ainsi que quelques reprises très embarrassantes.

FRANKIE GOES TO HOLLYWOOD : “RELAX”

POWERMAN 5000 : “RELAX”

BROOKLYN BOUNCE : “RELAX”

BLOODHOUND GANG : “MOPE”

THE DANDY WARHOLS : “RELAX”

ONE WAY MIRROR : “RELAX”

BLAKE McGRATH : “RELAX”

AEROPLANE : Y A-T-IL UN PILOTE DANS L’AVION ?

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Depuis quelques années, le duo de DJ’s Aeroplane a modifié la donne de la dance music avec ses sets planants au rythme ralenti alors que l’époque est à la surenchère du beat, ajoutez y un goût prononcé pour les mélodies les plus sucrées et une obsession à aller chercher du côté le plus kitch de la disco, notamment sa branche italienne.
« Vu les disques qu’on passe, on a nous a longtemps pris pour des gay, Stefano et moi ! » déclare tranquillement Vito, brun sexy parfaitement looké et à l’aise dans sa trentaine et sa masculinité. Avant d’ajouter : « Sur une des premières photos qu’on a utilisées pour la presse, on voyait Stefano relever mon t-shirt sur mon nombril, du coup les gens se sont engouffrés dans la brèche… On n’a pas cherché non plus chercher à démentir, même si nous ne sommes pas du tout gay, en fait. »
En quelques titres, de nombreux remixes en forme de relecture radicale (pour Grace Jones, Robbie Williams, Au Revoir Simone, Sébastien Tellier ou dernièrement George Michael) et de nombreux sets de DJ’s qui sentaient bon l’ambre solaire, le duo belge s’est imposé comme l’antithèse parfaite aux 2 Many DJ’s, deux belges eux aussi, qui ont fait de leur concassage sonore le must have absolu en termes de munition pour dancefloor.

GRACE JONES : “WILLIAMS’ BLOOD ‘AEROPLANE REMIX)”

FRIENDLY FIRES : “PARIS (AEROPLANE REMIX)”

MGMT : “ELECTRIC FEEL (AEROPLANE REMIX)”

BREAKBOT : “BABY I’M YOURS (AEROPLANE REMIX)”

GYPSY & THE CATS : “PIPER’S SONG (AEROPLANE REMIX)”

La force d’Aeroplane : puiser toute son inspiration dans les années 80, une époque bénie où la démocratisation des synthétiseurs et des boîtes à rythmes a changé la donne de la définition de la pop music. « C’est exactement tout l’esprit d’Aeroplane : la mélodie. Dans la disco et la pop italiennes des années 80, il existe une frontière très fine entre un morceau génial et un morceau naze, mais ce qui nous intéresse le plus dans le genre c’est cette obsession pour les mélodies. Ce que je définis comme italo, ce n’est pas exactement la même chose que ces disques ultra-confidentiels et obscurs que s’échangent les collectionneurs. J’aime la musique cheesy et commerciale, celle qui était faite par de vrais musiciens dans un esprit très pop. »

Si Vito parle désormais d’Aeroplane à la première personne, c’est que le duo est officiellement séparé. C’est lui, le plus musicien des deux, qui continuera à s’occuper du bébé, tandis que Stefano est parti lancer The Magician, son nouveau projet.
Le premier album d’Aeroplane, “We Can’t Fly”, longtemps attendu et fantasmé, surgit donc dans un climat promotionnel trouble qui charrie inévitablement son lot de questions. Mais c’est plutôt le format de l’album qui risque de diviser les critiques. Alors qu’Aeroplane nous a habitué à des remixes longs et langoureux, “We Can’t Fly” est une collection de titres courts parfaitement calibrés en couplets-refrains et qui ratissent large, de “The Point Of No Return” très Francis Lai à “Good Riddance” et ses accents à la Tom Jones, de “I Don’t Feel” plongée dans le rock californien le plus gras à “Without Lies” reprise d’une chanson rarissime de Marie Gillain…

AEROPLANE : “WITHOUT LIES”

À une époque où la dance music n’est plus qu’une histoire de logiciels, de plugs-in et de clics de souris, Aeroplane met une bonne louche de pop, d’instruments joués pour de vrai, de vocaux qui sourient, et nappe le tout d’une bonne couche de mélodies parfaites pour chanter sous sa douche, comme la cerise confite sur le gâteau d’un album qui se dévore comme une confiserie. Aeroplane ayant failli s’appeler Pistache, et on ne plaisante pas, on n’en attendait pas moins.

AEROPLANE : “WE CAN’T FLY”

AEROPLANE : “I DON’T FEEL”

AEROPLANE : “MY ENNEMY”

AEROPLANE : “WE FALL OVER”

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Pour les fans d’ambiences mélancoliques, mélodiques et amoureuses, Aeroplane lâche un mix de ses coups de cœur tous les mois sur le net. A suivre religieusement, à glisser dans son iPod et à consommer sans modération.

AEROPLANE OCTOBER CHART MIX

AEROPLANE LIVE @ CIRCUS LIVERPOOL

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Aeroplane : « We Can’t Fly » (Eskimo/Pias)

Et pour en savoir plus sur Aeroplane, une très longue interview de Vito sur l’excellent Brain.