J'aime le beat

Par Patrick Thévenin

DIX TURBINES POUR SE REMUER LE CUL

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LE TOP TEN (TRÈS PERSONNEL) DES TITRES QUI AFFOLENT LES DANCEFLOORS. ET LES BLOGS MUSICAUX TOUT AUTOUR DU MONDE.
À ÉCOUTER ET À TÉLÉCHARGER (CLIQUEZ SUR LE NOM DU MORCEAU) SI VOUS EN AVEZ ENVIE (VOUS N’ÊTES PAS OBLIGÉS, MAIS CE SERAIT DOMMAGE).

VITALIC : « SEE THE SEA (RED) »
Un des meilleurs tracks du deuxième album de Vitalic qui arrive bientôt dans les bacs. Toute la puissance de Vitalic arrimée à des mélodies à foutre la chair de poule ! Disco with balls ? YES !

GOSSIP : « LOVE LONG DISTANCE (RIVA STARR VOCAL REMIX) »
Le deuxième single tiré du dernier album des Gossip, pas mieux que l’original et à des années lumière du remix par Fred Falke de « Heavy Cross »… Mais un bon palliatif pour tous les fans, en patientant pour le remix qu’on attend tous par Siriusmo.

PASSION PIT : « THE REELING (CALVIN HARRIS REMIX) »
On nous les a un peu trop vendus comme les nouveaux MGMT, mais leur sauce pop brouillonne n’a jamais vraiment pris. Alors on se console avec ce remix, un poil poufiasse, il faut bien le reconnaître, par Calvin Harris, le jeune Anglais qui transforme tout ce qu’il touche en or.

CALVIN HARRIS : « READY FOR THE WEEK END (HIGHT CONTRAST REMIX) »
Son premier album revisitait avec humour les années 80, pour le second Calvin plonge dans les années raves et transe de l’Angleterre des années 90. « Ready For The Week End », hymne piano house nostalgique façon Madchester est un des points forts de son nouvel album. Ici un remix un poil convenu mais qui devrait faire son effet – massif – sur les dancefloors…

SIMIAN MOBILE DISCO : « CRUEL INTENTIONS »
Le dernier album du duo anglais Simian Mobile Disco est bondé de featuring de choix, mais le meilleur morceau reste de loin « Cruel Intentions » chanté par Beth Ditto des Gossip, dans un registre électro-soul nonchalant très éloigné de l’univers des Gossip. On attend les remixes avec impatience.

BOYS NOIZE & EROL ALKAN : « DEATH SUITE »
Combinaison délétère entre les deux figures les plus emblématiques de la house d’aujourd’hui , « Death Suite » n’en finit pas de remuer le cul des clubbers et de susciter des remixes plus ou moins officiels. Mais l’original, dans le genre concassage de beats à rendre fou, reste le must.

SEBASTIEN TELLIER : « L’AMOUR ET LA VIOLENCE (BOYS NOIZE EURO) »
Toujours Boys Noize, qui en plus de balancer un formidable second album, s’inscrit dans le top des remixeurs qui comptent aujourd’hui. Ou comment remixer le douçâtre et porno-soft « L’amour Et La Violence » de Tellier en une turbine dancefloor à vous arracher des larmes.

METRONOMY « NOT MADE FOR LOVE (JOAKIM REMIX) »
Joakim a le don de transformer tout ce qu’il touche en objet sonore non identifié, la preuve une fois de plus avec ce remix pour le groupe en vogue Metronomy : inclassifiable, irracontable, et cardiaque dans le plus pur sens pop du terme…

KID CUDI « PURSUIT OF HAPPINESS FEAT. MGMT & RATATAT »
Kid Cudi est partout, nouvelle vedette de la scène r’n’b mondiale, et le gosse est doué, hyper doué même… La preuve avec ce « Pursuit Of Hapiness » tout simplement parfait. Où les featuring prouvent que parfois les contraires s‘attirent…

LA BIONDA « SANDSTORM »
Une rareté d’un groupe italien de la fin des années 70 (connu pour leur hit « One For Me, One For You » ) et qui surjoue l’ambiance orientale, les gimmick italo-disco et les brises de violons. Rien à dire : un classique de chez classique…

AND NOW ENJOY AND DANCE…

SILENCEFICTION MAQUILLÉ COMME UNE DRAG-QUEEN VOLÉE

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Derrière SilenceFiction et son incroyable et hilarant nouveau clip (qui fait référence à tout le New York drag, voguing, disco et balls), ne se cache pas un jeune diplômé d’une école de maquillage, mais Mark Kate, en fait vieux de la vieille, producteur et DJ depuis la fin des années 90. Né à Montréal en 1971, Mark s’est très vite lancé dans le métier de DJ, avec la volonté de « jouer de la techno obscure pendant que les autres DJ’s se bornaient à passer du Prince ». Déménageant à San Francisco, où il devient résident au Qoöl, le célèbre club techno de la ville, il accumule projets et collaborations, alternant electro minimale en référence à ses deux influences principales, Richie Hawtin et Ellen Allien et sorties plus directement camp et glitter tant au niveau musical qu’au niveau visuel. Ainsi le morceau « Lipstique » qui depuis quelques mois se fraie un joli succès sur les pistes de danse avec ses lyrics qui récitent une liste de nom de cosmétiques longue comme le bras.

Un hymne gay et fashion qu’il a composé (et oui Mark, malgré les apparences n’est pas homo) avec sa femme Fauxnique, titre décoiffant que le principal intéressé n’est absolument pas gêné de décrire comme un hommage à une culture gay aujourd’hui disparue, déclarant : « Je dois être le seul DJ hétéro qui sait qui était Leigh Bowery » (une créature culte du Londres fashion et clubbing des années 80, ndr), avant d’ajouter :  « Mais c’est assez logique : quoique nous formions un couple hétéro, Fauxnique et moi, vivons quasiment dans un ghetto gay. » Vu, la haute dose de fond de teint utilisée dans le clip, ainsi que le défilé d’ami(e)s drags, on avait compris…

Pour en savoir plus sur les autres sorties et projets de SilenceFiction, pour acheter ses titres ou pour écouter ses superbes et étranges mixes en téléchargement libre, rendez-vous sur le site SilenceFiction.


BETH DITTO : SUBLIME, FORCÉMENT SUBLIME…

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Notre diva à toutes et à tous, Beth Ditto et ses Gossip étaient de passage en France pour une série de concerts semi privés et pour fêter les ventes en progression constante et le succès énorme (notamment français) rencontré par le trio électro-punk queer.

Ci-joint un petit best of des festivités pour ceux qui y ont échappé. Beth Ditto et sa nouvelle coupe rousse sublime au Grand Journal de Canal Plus, pour un « Heavy Cross » qui démarre très doucement avant d’exploser, un concert privé donné pour Radio France et diffusé sur le Mouv et un raout donné au Nouveau Casino pour Ouï FM.

De plus, le groupe sera au Bataclan pour trois dates officielle les 15, 16 et 17 novembre et c’est, malheureusement, déjà complet depuis belle lurette.

En bonus : le featuring immense de Beth sur « Cruel Intentions », un titre du nouvel album de Simian Mobile Disco et une cover de « Love Lockdown » de Kanye West par Gossip à télécharger.

GOSSIP « LOVE LOCKDOWN » KANYE WEST COVER

LADY GAGA UN POIL GAGA CHEZ RUQUIER

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Même si sa musique n’est pas encore à la hauteur de sa volonté de dominer la pop, du haut de ses à peine 23 ans, Lady Gaga nous donne toujours envie d’applaudir des deux mains, tellement chacune de ses apparitions ou interviews est un petit bijou de réflexions fascinantes sur le culte de la célébrité à l’heure de youtube et twitter (dernière folie warholienne en date de la délurée : photographier systématiquement les paparazzis qui la traquent, ce qu’ils détestent cordialement).

Emmener dans l’émission, On n’est pas couché de Ruquier, samedi soir dernier, celle qui est devenue mondialement célèbre en moins de temps qu’il n’en a fallu à Catherine Deneuve pour apprendre à envoyer des SMS (je n’invente rien, c’était dans Voici !) n’était vraiment pas une bonne idée et le génie en communication qui a eu cette idée lumineuse a dû depuis se faire virer, tant la Gaga s’est sentie souvent désarçonnée. Et on le serait à moins face à un Samuel Benchetrit à la stupidité à la hauteur de ses livres ou un Yann Moix satisfait de ses jeux de mots navrants comme à son habitude… Mais bon, on est en France, alors Zemmour et Naulleau, se sont déchaînés et nous ont fait leur coup habituel des gimmicks moisis : la fierté du Figaro nous a expliqué que ce n’était pas de la musique mais du tac-à-poum, tac-à-poum, tac-à-poum pendant que l’autre Eric, à court d’argument, s’est lancé dans une explication de texte, avec sa bonne foi habituelle, des lyrics des chansons de Lady Gaga (comme si on en avait quelque chose à foutre des paroles de Lady Gaga !)

Seul Ruquier, qui fit vibrer sa fibre folle face à l’idole, joua son monsieur loyal essayant un peu de replacer le débat au centre et de questionner un peu la star sur son créneau de prédilection : le désir d’être reconnue à tout prix et ce quel qu’en soit le prix à payer…

Après il y a eu bien plus drôle dans toutes ces questions qui n’ont pas été posées et qu’on aurait adoré balancer : la Gaga, un peu ridicule avec sa perruque blonde parsemée de mèches violettes et un nœud en cheveux qui faisait ressembler sa crinière à celle de mon poney magique… Saut que le petit peigne en plastique n’était pas fourni. On retint quand même une flopé de réparties en or de la part de celle qui fut lâchée en femme émancipée dans l’arène de petits mâles misogynes : « J’ai des fans fantastiques en France, ce sont mes petits monstres. », « I’m an expert. » (sur sa connaissance des drogues, du cul, de l’alcool, de l’amusement), « Avec Kanye West on mange beaucoup de céréales. » (sur le prochain méga-spectacle qu’elle produit avec lui), «Mon spectacle à l’Olympia était impressionnant : les gens sautaient, transpiraient et vomissaient les uns sur les autres. », « La communauté gay est derrière moi et c’est ça qui m’a rendu célèbre…» (sur son amour des grosses bites, euh sur sa célébrité), «Je reste encore un jour à Paris, puis je m’envole pour New York pour les MTV awards, où je suis nominée 9 fois. » (comme Beyoncé) and so on…

Mais le clou de la soirée fut l’arrivée de la Gaga un poil hagarde juchée sur des plates-formes shoes de 18 cm et essayant de ne pas glisser sur le parterre en glace du plateau, le tout affublé de lunettes vertes comme en portent les mamies opérées de la cataracte en Floride. Pour un peu, on aurait cru que c’était le retour de la Foresti et de ses imitations inoubliables !

JE SAIS, J’EXAGÈRE AVEC WHITNEY !

Ok, je sais ce que vous allez me dire : « Mon grand, tu fais une grosse fixette sur Whitney ! » Sauf que, pour la première fois de sa vie, et avec son nouvel album quasi-impeccable, Whitney (Houston of course !) nous fait un come-back sans imposer un remake à sa sauce (ok, je schématise)… La preuve ci-jointe avec deux de ses plus gros succès, « I’m Every Woman », piqué sans reproche aucun à Chaka Khan et surtout, surtout, surtout (vous pigez l’usage de la répétition ? ) « I Will Always Love You », vieux titre (1974) de Dolly Parton (oui, cette vieille poule choucroutée aujourd’hui) qui connut son heure de gloire quand il fut repris dans la bande originale de « La Cage Aux Poules » (en 1982 et rien à voir avec « La Cage Aux Folles », qu’on se rassure ! ).

Que tous ceux qui n’ont pas des frissons en visionnant le clip original de Dolly me contactent immédiatement, je les rembourse intégralement !  En nature, s’il le faut…

En haut, Chaka Khan en live, parce qu’il n’existe malheureusement pas de clip de ce sublimissime « I’m Every Woman », en bas Dolly Parton, inoubliable en cow-girl sublime, qui nous donne envie de tomber amoureux… No  ?

BOLLYWOOD DISCO

L’année dernière on craquait sur « Kala » , le premier album de M.I.A, jeune londonienne d’origine tamoule et qui mélangeait allègrement hip-hop, ragga, dancehall et fidget, le tout soigneusement épaulé et produit par la crème des tailleurs de beats : Diplo, Timbaland et Switch en tête… Dans cet album world en diable, émergeait du lot, notre titre favori « Jimmy », qui mélangeait avec allégresse rythmes numériques et kitcheries à la bollywood. Jusqu’à ce qu’on se rende compte que « Jimmy » était en réalité une cover de « Jimmy Adja » le thème principal d’une comédie musicale indienne des années 80, « Disco Dancer », et dont la musique était signée de Bappi Lahiri, grand musicien indien, ultra-populaire dans les années 80, et qui s’est essayé plus d’une fois à l’exercice de la disco sauce curry. Et comme souvent, l’original est à des années lumières de la reprise…

En haut, la vidéo du « Jimmy » de M.I.A, en bas l’original, imbattable…