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	<title>Bien envoyé!</title>
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	<description>Les lecteurs de TÊTU ont la parole</description>
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		<title>Mon fils est gay, je suis un papa heureux</title>
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		<pubDate>Mon, 11 Mar 2013 13:56:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Louis</dc:creator>
				<category><![CDATA[Coming out]]></category>
		<category><![CDATA[Fierté]]></category>
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		<description><![CDATA[&#8220;Je suis un papa heureux.
Quand j&#8217;ai rencontré sa maman, ma compagne depuis 22 ans, nous avons tout de suite pensé à concrétiser notre amour naissant par la naissance d&#8217;un bébé. Elle ne pouvait parait-il pas avoir d&#8217;enfant, et voilà, ça s&#8217;est fait tout seul, et notre bébé est là.
En bonne santé, souriant, merveilleux.
Et il a [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-full wp-image-1432" src="http://blogs.tetu.com/histoires-gay-tetu-150/files/2013/03/plage.jpg" alt="plage" width="300" height="192" />&#8220;Je suis un papa heureux.<br />
Quand j&#8217;ai rencontré sa maman, ma compagne depuis 22 ans, nous avons tout de suite pensé à concrétiser notre amour naissant par la naissance d&#8217;un bébé. Elle ne pouvait parait-il pas avoir d&#8217;enfant, et voilà, ça s&#8217;est fait tout seul, et notre bébé est là.<br />
En bonne santé, souriant, merveilleux.<br />
Et il a grandi, en bonne santé, souriant, merveilleux.<br />
Mon fils est un garçon, (pardon un homme) exceptionnel. Je conteste au monde entier le droit d&#8217;insinuer le contraire.<br />
Nous étions bien un peu tracassés par le fait qu&#8217;il ne &#8220;fréquente&#8221; pas ou peu de copines. Personnellement, j&#8217;ai toujours pensé que chaque chose vient en son heure. Pas de dictature du sexe politiquement correct. J&#8217;ai toujours aussi voulu lui foutre la paix et le laisser vivre sa vie.<br />
Un jour que nous étions tous les deux au resto, il choisit de m&#8217;en parler.<br />
Juste par la bande, disant qu&#8217;il n&#8217;aurait pas d&#8217;enfant&#8230;<br />
J&#8217;ai mis quelques minutes à comprendre.<br />
Et puis viennent les émotions. Tout d&#8217;abord: la fierté. J&#8217;étais l&#8217;élu, celui qui fut choisi pour confier le coeur de l&#8217;intime. Quelle preuve de confiance! J&#8217;en ai été extrêmement flatté, je le suis encore. Merci et encore merci de m&#8217;avoir fait confiance.<br />
Ensuite, l&#8217;angoisse et la déception.<span id="more-1431"></span><br />
Déception minime, de n&#8217;avoir plus de descendance, ni de petit fils à cajoler plus tard.<br />
Mais surtout l&#8217;angoisse de voir cet enfant que j&#8217;ai chéri, pour le confort duquel j&#8217;aurais tout sacrifié, s&#8217;engager sur ce chemin semé d&#8217;embûches et d&#8217;insultes, voire de maltraitantes (eh oui, c&#8217;est courant) qu&#8217;il lui faudra endurer toute sa vie, et dont je ne pourrai le protéger.<br />
J&#8217;aime mon fils et il me le rend bien. Je veux pour lui le meilleur, le plus simple et le plus de confort.<br />
Alors je voudrais simplement témoigner, pour tous les gars et toutes les filles qui me lisent :<br />
Certains ont dû se battre pour être reconnus;<br />
D&#8217;autres pas;<br />
Mais en tant que père, je dois mener aussi une bataille, contre les projets que j&#8217;ai eu pendant tant d&#8217;années, contre l&#8217;entourage, qui considère toujours (en 2013!) un garçon gay comme un simple enculé, et contre tous les préjugés en général.<br />
En me mettant dans la confidence, mon fils, ma raison de vivre, m&#8217;a aussi confié une part du fardeau qui l&#8217;attend.<br />
J&#8217;ai été élévé dans l&#8217;idée que tout se passerait simplement. Je n&#8217;étais pas prêt, sa maman non plus, mais nous aimerons toujours notre fils.&#8221;</p>
<p>Éric</p>
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		<title>Enfant de lesbienne, je vais bien, merci.</title>
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		<pubDate>Mon, 19 Nov 2012 15:44:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>louis</dc:creator>
				<category><![CDATA[Fierté]]></category>
		<category><![CDATA[Ma vie]]></category>
		<category><![CDATA[Parents]]></category>

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		<description><![CDATA[ Le projet de loi sur le mariage pour tous et l&#8217;adoption par les couples homosexuels est en ce moment au coeur de l&#8217;actualité. Alors que les détracteurs prônent l&#8217;intérêt de l&#8217;enfant, il est bon de se pencher sur ce que ces fils et filles de gays et de lesbiennes ont à nous dire. L&#8217;un [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-full wp-image-1408" src="http://blogs.tetu.com/histoires-gay-tetu-150/files/2012/11/famillehomo1.jpg" alt="famillehomo" hspace="5" width="200" height="258" /> <strong>Le projet de loi sur le mariage pour tous et l&#8217;adoption par les couples homosexuels est en ce moment au coeur de l&#8217;actualité. Alors que les détracteurs prônent l&#8217;intérêt de l&#8217;enfant, il est bon de se pencher sur ce que ces fils et filles de gays et de lesbiennes ont à nous dire. L&#8217;un d&#8217;entre eux a souhaité témoigner pour TÊTU.</strong></p>
<p>&#8220;Ma mère est lesbienne et je vais bien, merci.</p>
<p>Alors comme ça ma vie est un désastre ? Pourtant j&#8217;avais l&#8217;impression d&#8217;aller plutôt bien – pour m&#8217;abaisser à des considérations purement matérielles : je viens de terminer mon master en journalisme, vais signer un CDI, m&#8217;installe dans un appartement sympa et suis heureux avec ma copine – mais une partie de la population de ce pays a décidé que je devais aller mal. La cause ? Ma mère est lesbienne. Oui, ma mère, il n&#8217;y en a qu&#8217;une seule, désolé. Car avant cela ma mère était avec mon père, mariée même, mais elle avait le droit puisqu&#8217;on n’empêche pas encore les gays de se marier avec une personne du sexe opposée. J&#8217;ai donc aussi un papa, que je connais, mais avec qui j&#8217;ai peu vécu.</p>
<p><strong>Une maman et une belle maman dans la même maison</strong><br />
Manipulations maternelles diront certains qui voudront faire briller dans notre belle société le rôle de patriarche. Malheureusement non. Ma mère s&#8217;est battue, oui, mais pour que mon père continue à nous voir, malgré son manque d&#8217;engouement à jouer son &#8221;rôle&#8221; qu&#8217;on nous ressort à toutes les sauces. Donc je suis une sorte d&#8217;hybride qui, à partir de ses 7 ou 8 ans, a vécu avec une maman et une belle maman dans la même maison. Depuis cet âge, j&#8217;ai grandi dans un monde où on m&#8217;a appris avant tout à être moi-même, à assumer mes différences et a accepter celles des autres. Non, je ne suis pas gay, je ne pense pas que cela soit transmissible ni génétiquement, ni par l&#8217;éducation. Ce que l&#8217;on m&#8217;a en revanche permis de comprendre, c&#8217;est que les notions comme la virilité ou la domination n&#8217;étaient en fait que de vulgaires apparats. C&#8217;est vrai, je suis sensible, exubérant, je me moque du regard des autres, et j&#8217;ai beaucoup de mal à comprendre en quoi certaines différences gênent. Mon père s&#8217;est remarié avec une femme. Pourquoi ma mère n&#8217;aurait-elle pas le droit ? Non pas qu&#8217;elle en ait spécialement envie, mais simplement pourquoi n&#8217;en a t-elle pas la possibilité ? Sa compagne a un rôle dans ma vie, elle a contribué à mon éducation, elle possède la moitié de la maison dans laquelle j&#8217;ai grandi, pourquoi il est impossible d’officialiser juridiquement ce qui existe déjà ?</p>
<p>La haine et la violence me choquent. Je n&#8217;ai jamais compris la Gay Pride puisque pour moi l&#8217;homosexualité fait partie du quotidien et je la vis comme une normalité parmi tant d&#8217;autres. Comment peut-on affirmer que deux personnes d&#8217;un même sexe ne peuvent pas élever un enfant ? Regardez autour de vous le nombre de divorces, de familles recomposées, d&#8217;enfants trimbalés, de familles nombreuses qui n&#8217;ont pas les moyens de s&#8217;assumer et expliquez moi en quoi grandir avec deux femmes ou deux hommes constitue un mal. De quoi as-t-on peur au fond ? Je n&#8217;arrive pas à comprendre. Je n&#8217;arrive pas à sentir que j&#8217;ai un problème parce que j&#8217;ai été élevé par deux femmes. Bien sûr, on me répondra que j&#8217;avais quand même un père. Mais malgré tout l&#8217;amour que je lui porte, il n&#8217;a pas été ce que j&#8217;appelle mon &#8221;référent masculin&#8221;. Car oui, je pense qu&#8217;il est important de fréquenter les deux sexes et d&#8217;avoir des liens forts avec les deux, mais tout comme un enfant adopté peut grandir sainement, je ne pense pas que ces liens doivent avoir nécessairement des rapports de sang. Bien évidemment certains doutes, certaines questions ne pouvaient trouver leurs réponses auprès de mes &#8221;deux mamans&#8221;, mais il ne m&#8217;a jamais été interdit ou reprochée de nouer des liens forts avec des hommes, que ce soit un oncle, un professeur ou un ami tout simplement.</p>
<p><strong>Un enfant normal</strong><br />
Je ne me suis jamais battu pour les droits des homosexuels, peut-être parce qu&#8217;ils me semblaient trop évidents pour que j&#8217;ai l&#8217;impression d&#8217;avoir quelque chose de plus à ajouter. Je ne suis pas non plus spécialement pour le mariage en tant qu&#8217;institution héritée d&#8217;une religion fruste. Mais je me sens attaqué au quotidien maintenant. Ce que ma mère m&#8217;a toujours fait vivre d&#8217;une manière la plus naturelle et convenable possible m&#8217;est renvoyé en pleine face plus de 15 ans après par des personnes dont le manque d&#8217;ouverture me donne littéralement envie de vomir. Je ne vois pas ce que le mariage gay va changer dans la vie d&#8217;un hétérosexuel. Ont-ils peur de se découvrir de nouvelles passions ? Que leurs enfants assument leur nature en plein jour alors qu&#8217;on essayait à tout prix de les &#8216;&#8217;soigner&#8221; ? J&#8217;avais l&#8217;impression d&#8217;avoir été un enfant normal avant que ces &#8221;anti&#8221; viennent soulever de faux problèmes et ne m&#8217;indignent à chaque parole prononcée. Être gay n&#8217;est pas un choix, être tolérant en est un. Ma mère est lesbienne et je vais bien, merci. Je ne pense pas être l&#8217;exception qui confirme la règle. J&#8217;ai choisi d&#8217;écrire cela car je pense que c&#8217;est aujourd&#8217;hui aux enfants de gays de faire comprendre qu&#8217;ils ne sont pas moins heureux que les autres. Je ne signerai pas, car malheureusement aujourd&#8217;hui il faut encore se protéger de ceux qui ne comprennent pas, de ceux qui vont &#8221;casser du pédé&#8221; en manif, de ceux qui ne veulent pas que leurs voisins aient les même droits qu&#8217;eux.&#8221;</p>
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		<title>Lettre ouverte au Cardinal Philippe Barbarin</title>
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		<pubDate>Wed, 19 Sep 2012 15:58:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Louis</dc:creator>
				<category><![CDATA[religion]]></category>

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		<description><![CDATA[Le Cardinal Philippe Xavier Ignace Barbarin a provoqué ces dernières semaines de vives réactions en décrivant le mariage homosexuel comme «une rupture de société», aux conséquences «innombrables»: «Après, ils vont vouloir faire des couples à trois ou à quatre. Après, un jour peut-être, l’interdiction de l’inceste tombera», a-t-il dit.
«La première page de la Bible (qui [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-full wp-image-1400" src="http://blogs.tetu.com/histoires-gay-tetu-150/files/2012/09/cardinal-barbarin.jpg" alt="cardinal-barbarin" hspace="5" width="300" height="225" />Le Cardinal <strong>Philippe Xavier Ignace Barbarin</strong> a provoqué ces dernières semaines de vives réactions en décrivant le mariage homosexuel comme «une rupture de société», aux conséquences «innombrables»: «Après, ils vont vouloir faire des couples à trois ou à quatre. Après, un jour peut-être, l’interdiction de l’inceste tombera», a-t-il dit.</p>
<p>«La première page de la Bible (qui dit que le mariage unit un homme à une femme) a un peu plus de force et de vérité qui traversera les cultures et les siècles que les décisions circonstancielles ou passagères d&#8217;un Parlement», a-t-il  insisté.</p>
<p><strong>Ces déclarations m’ont profondément affecté.</strong> J’ai eu l’honneur de côtoyer pendant près de trois ans au début des années 90 cet homme d’église lorsqu’il était alors prêtre de Boissy Saint Léger (Val-de-Marne). J’avais alors 13 ans, ma foi était grandissante. Philippe est arrivé dans cette banlieue «black blanc beur» et a servi les paroissiens d’une façon assez originale: très direct dans son approche, il a d’abord étonné par son dynamisme et par ses prises de parole très franches qui le distinguaient de ses prédécesseurs. Philippe avait alors à peine 40 ans, il me semblait être un «jeune loup» de l’Eglise catholique qui n’hésitait pas à rendre visite aux familles du quartier, à rendre des petits services aux personnes dans le besoin, à réconcilier les jeunes de cette cité de la Haie Griselle.</p>
<p>Philippe avait l’habitude d’être entouré de jeunes lors des séances de catéchisme qu’il animait et que je n’aurai manquées pour rien au monde. Son discours était mesuré, moderniste, et son ouverture aux autres religions était indéniable. Philippe avait un discours rationnel et avant-gardiste sur la place des jeunes dans notre société, sur leurs problématiques rencontrées (pauvreté, racisme, éducation, sexualité, tolérance). J’ai souvenir d’un soir où Philippe nous a dit en séance de catéchisme que les deux meilleurs moyens de contraception étaient l’abstinence et la «capote». Son discours était celui d’un homme d’église qui évolue dans un monde en changement, proche des réalités.</p>
<p>Philippe m’a accompagné au Frat (rassemblement annuel de jeunes chrétiens d&#8217;Île-de-France) en créant une sorte de jalousie auprès des autres jeunes chrétiens de mon âge qui voyaient en lui une sorte de modernisme qu’ils ne retrouvaient pas dans leur diocèse. Philippe m’a accompagné lors d’une retraite dans un monastère en Allemagne pendant quelques jours – nous étions alors cinq jeunes privilégiés à partager ces moments de prière et de discussions fraternelles.</p>
<p>Puis Philippe est parti vers d’autres diocèses dès novembre 1994.<br />
Je l’ai oublié.<br />
J’avais alors 16 ans. <strong>J’ai perdu la foi.<br />
Je suis homosexuel et sans religion.</strong><br />
J’ai aujourd’hui 34 ans.</p>
<p><span id="more-1399"></span>Je connais le discours «officiel» de l’Eglise catholique sur le mariage homosexuel et sur l’adoption par des couples homosexuels. Cependant, je ne retrouve pas le Philippe que j’ai connu il y a presque vingt ans. Je ne retrouve pas cette tolérance et cette intelligence dans les propos qu’il a tenus. L’homme d’église qu’il était dans une ville moyenne de banlieue n’est plus. Il est désormais cardinal et évêque de Lyon, homme politique ou grand manitou communicant du Saint-Père pour le peuple français. Sa liberté de parole n’est plus. Ne l’accablons donc pas. Mais son discours fait mal, très mal.</p>
<p>Il s’agit, selon lui, d’une «rupture de société». Mais dans quelle société vit-on? Nous vivons en France, pays laïque depuis 1905 et inscrit dans la constitution française en 1958. À travers la laïcisation de la société, il ne s’agit pas pour la République de combattre les religions, mais d’empêcher leur influence dans l’exercice du pouvoir politique et administratif, et de renvoyer parallèlement les idées spirituelles et philosophiques au domaine exclusif de la conscience individuelle et à la liberté d’opinion.</p>
<p>Le mariage voulu par une large majorité de la communauté homosexuelle est un <strong>mariage civil</strong> et non pas un <strong>mariage religieux</strong>. Je ne souhaite aucune reconnaissance de mon amour pour un garçon par Dieu. La distinction est là. Un mariage civil n’a pas les mêmes obligations, ni les mêmes valeurs qu’un mariage religieux à la Mosquée, au Temple, à l’Eglise, à la Synagogue (…).</p>
<p>Le <strong>mariage religieux</strong> dans la communauté catholique doit unir un homme à une femme, comme c’est indiqué dans la Bible, ensemble de textes de l’ancien et du nouveau testament écrits ou recueillis au fil des siècles.</p>
<p>Le <strong>mariage civil</strong> dans la société française doit unir un homme à une femme, comme c’est indiqué dans la loi qui est votée et modifiée par le parlement dont les membres sont directement élus par le peuple français. L’Eglise catholique n’a donc pas à s’immiscer dans un débat public français, et réciproquement.</p>
<p>«Vouloir faire des couples à trois ou à quatre, (&#8230;), un jour peut-être, l’interdiction de l’inceste tombera», est irresponsable de ta part Philippe – je me permets le tutoiement, Philippe me l’a toujours autorisé il fut un temps.</p>
<p>La notion de couple en droit civil et en sociologie, est l&#8217;union de deux personnes, mariées ou équivalent. Il n’est donc pas envisageable de «vouloir faire des couples à trois ou à quatre», ce qui étymologiquement n’a aucun sens. Rappelons que le contrat de mariage civil fait référence à la notion de «fidélité» auquel j’adhère, et qui doit être conclu uniquement entre deux personnes. Il est, en droit français, impossible de se marier ou de conclure un pacs avec plusieurs partenaires. C’est inscrit dans la loi.</p>
<p>Montesquieu nous apprend que l&#8217;Empereur Romain Valentinien II autorisa, par un édit, les sujets de l&#8217;Empire à se marier avec plusieurs femmes. Ce n&#8217;est qu&#8217;au Moyen Age qu&#8217;elle sera définitivement interdite dans le monde catholique par la constitution de Grégoire XIII en 1585 et ce, même si la Bible ne l&#8217;interdit pas formellement.</p>
<p>Je te propose, Philippe, d’y remédier.</p>
<p>Au fait, à quel inceste fais-tu référence Philippe? Le droit français tend à distinguer l&#8217;inceste commis sur un mineur (la majorité légale, et non simplement sexuelle, est retenue en France) et l&#8217;inceste commis entre personnes majeures et consentantes. Dans ce dernier cas de figure, je me permets de faire référence aux nombreux cas d’inceste inscrits dans la Bible: les filles de Loth (Genèse 19, 30-38), après la mort de leur mère, enivrent leur père pour perpétuer sa lignée, Abraham épousa sa demi-sœur Saraï (Genèse 12 et 20), fils-concubine du père: Ruben et Bilha (Genèse 35, 22) et Amnon se lie à sa demi-sœur Tamar.</p>
<p>Je te propose, Philippe, d’y remédier ou de réécrire l’histoire. Lier «homosexualité» et «inceste» est tout simplement insupportable, surtout de la part d’un homme d’église. Lier «Église catholique» et «pédophilie» est tout aussi insupportable. Cependant, sur ce dernier point, certaines réalités me choquent.</p>
<p>«La première page de la Bible (qui dit que le mariage unit un homme à une femme) a un peu plus de force et de vérité qui traversera les cultures et les siècles que les décisions circonstancielles ou passagères d&#8217;un parlement», as-tu dit. ’homosexualité existe depuis la nuit des temps et a traversé les cultures et les siècles. Le nier équivaut à refuser d’accepter la réalité. Sur ce point, ton intelligence et ta connaissance de la théologie et de la philosophie que tu as étudiée me portent à croire que tu préfères occulter cette réalité.</p>
<p>Je te propose, Philippe, d’en discuter.</p>
<p>Philippe, je comprends ton désarroi. Mais toi qui es un homme intelligent et qui connais les institutions mieux que quiconque, tu devrais savoir qu’un mariage civil n’est pas un mariage religieux, qu’un couple n’est composé que de deux personnes, que l’inceste est un crime, que l’homosexualité a traversé les cultures et les siècles et qu’il n’est pas un mal.</p>
<p>Philippe, je t’ai connu beaucoup plus tolérant fut un temps. La société doit-elle exclure tous les hommes et les femmes qui n’ont pas les mêmes valeurs que toi? L’amour homosexuel n’est pas une dérive. L’amour homosexuel n’est pas un choix. L’homosexualité existe depuis la nuit des temps, bien avant les écritures bibliques. L’exclusion est une abomination. La reconnaissance civile de l’homosexualité en France doit aussi passer par la reconnaissance du mariage civil, qui donne les mêmes droits et devoirs à deux personnes qui s’aiment, veulent vivre et vieillir ensemble.</p>
<p>Je ne parle pas ici d’une reconnaissance devant Dieu, je parle d’une reconnaissance de la société française.</p>
<p>Nous appartenons à deux communautés distinctes: la <strong>communauté catholique</strong> et la <strong>communauté homosexuelle</strong>. Dans son usage actuel le plus courant, le mot communauté évoque des collectivités historiques ou culturelles, telles qu&#8217;entendues dans les débats sur les minorités ou le communautarisme. Ta communauté religieuse est un ensemble de personnes qui poursuivent le même idéal religieux. Ma communauté homosexuelle est constituée d’hommes et de femmes qui, selon moi, poursuivent le même idéal: la paix, l’intégration, l’amour de son prochain(e), l’égalité des femmes et des hommes, le respect de la dignité humaine quelle que soit son <strong>orientation affective</strong>.</p>
<p>Est-ce si différent? La guerre des communautés est-elle bonne pour l’humanité? Nous savons tous les deux ce qu’est l’exclusion, nous l’avons vécue car nous appartenons tous deux à des «communautés».</p>
<p><strong>Je te propose, Philippe, de me répondre</strong>.</p>
<p>Paul G., 34 ans</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Mariage pour tous: doit-on s&#8217;attendre à un déferlement homophobe sur la toile?</title>
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		<pubDate>Mon, 23 Jul 2012 15:28:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Louis</dc:creator>
				<category><![CDATA[politique]]></category>

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		<description><![CDATA[ Vianney, est issu de la génération internet et s&#8217;est construit en partie sur les forums de discussion, sur lesquels il a pu connaitre ses premiers émois. Passionné de politique il a connu les débats sur le Pacs et leurs déferlements homophobes. Aujourd&#8217;hui il s&#8217;interroge sur l&#8217;évolution des mentalités: la politique a beaucoup changé en [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-full wp-image-1369" src="http://blogs.tetu.com/histoires-gay-tetu-150/files/2012/07/christineBoutinFrance3.jpg" alt="christineBoutinFrance3" hspace="5" width="300" height="225" /><strong> Vianney, est issu de la génération internet et s&#8217;est construit en partie sur les forums de discussion, sur lesquels il a pu connaitre ses premiers émois. Passionné de politique il a connu les débats sur le Pacs et leurs déferlements homophobes. Aujourd&#8217;hui il s&#8217;interroge sur l&#8217;évolution des mentalités: la politique a beaucoup changé en 13 ans, et à l&#8217;heure des réseaux sociaux, que seront les débats sur le mariage pour tous?</strong></p>
<p>&#8220;Je suis un gay issu d’une génération un peu particulière, né en 1987, j’attaque prochainement mes 25 ans, l’âge fatidique pour certains. J’ai donc grandi avec l’arrivée d’internet. A l’heure où les gamins de 5 ans apprennent déjà à bidouiller des iPads, je fais partie de ceux qui ont découvert, dans leurs années collège, la magie d’internet et ses subtilités. Caramail faisait mon bonheur dès 2001, où je pouvais commencer à découvrir mes premiers émois sentimentaux et sexuels. Mais il ne faut pas oublier que ces années là ont été aussi celles d’une bataille législatives âpre et amère.</p>
<p>Entre «Cara», MSN et le collège, j’ai eu aussi une autre occupation, et elle est toujours présente, c’est l’actualité et la politique. Eh oui, à 11 ans, on peut être capable de comprendre la politique, les institutions, les enjeux, les partis et autres thèmes importants de notre pays… Bien qu’étant né dans une famille loin des traditions, je n’ai jamais eu l’occasion de parler sexualité avec mes parents. Je me suis fait mon éducation sexuelle tout seul. Au niveau politique, je me suis fait ma conscience par moi-même, sans influence familiale.</p>
<p><strong>1998 et le Pacs: florilège de propos consternants</strong><br />
Le souci c’est que, quand on commence à comprendre ce que l’on est sexuellement, on s’intéresse à tout ce qui tourne autour. Et c’est en entrant en 6ème que, comprenant mes émois naissants, je m’intéresse à la question. Nous sommes en 1998 et le Pacs est en discussion à l’Assemblée. On assiste alors à un florilège de propos plus consternants les uns que les autres: Pacte de contamination sidaïque, les cliniques vétérinaires, la déviance, les tantes qui veulent se marier. Et je ne cite que les propos de certains parlementaires. Ceux de la rue sont édifiants, relayés en masse par les médias suite à la manifestation du 31 janvier 1999. «Pas de neveux pour les tantouses». J’ai acquis la conviction profonde que la droite nous détestait, et aujourd’hui je n’arrive toujours pas à enlever de ma mémoire ces propos, entendus quand moi-même, je me posais la question de ma «normalité».</p>
<p>Treize ans plus tard, un socialiste revient au pouvoir. Et l’engagement 31 du Président François Hollande est maintenant connu et répété. Mais le temps a passé, on peut ainsi penser que les clameurs et cris cesseront. C’est là où j’exprime une crainte. En 13 ans, la politique également a changé. Je risque de m’attirer des foudres, mais à une époque où l’on voyait Fourcade et Mitterrand s’échanger de longs monologues ponctués par des nombreux chiffres, dans le calme et le respect, aujourd’hui, on assiste à des échanges musclés, vulgaires, criés à qui poussera la voix la plus forte, entre Mélenchon et Morano. La violence s’est installée en politique depuis 2005 – 2006 avec un ancien ministre de l’Intérieur, devenu locataire de l’Elysée. Et les militants et citoyens prennent exemple dessus.</p>
<p><strong>Utiliser les mêmes armes?</strong><br />
<span id="more-1368"></span>Là est ma frayeur, quand 60% des français se disent favorables au mariage pour tous,  une partie des 40% restants montreront une opposition farouche voire violente au projet. Entendra-t-on à nouveau les insultes et références douteuses et abjectes («Hitler aurait du finir le boulot»)? J’en suis persuadé et l’Institut Civitas vient de nous le prouver. Les propos sur les forums et Twitter nous le rappellent chaque jour également.</p>
<p>Comment lutter contre? Par le mépris? Oui, bien sûr… Mais depuis quelques mois je me pose la question. Pourquoi ne pas utiliser les mêmes armes? Celle de la violence et de la confrontation ? Est-ce une réaction rationnelle de se dire: Si ils veulent «casser du pédé», pourquoi ne pas emmerder ces hétéros? Aujourd’hui je commence à prendre un certain plaisir à démonter les opposants au mariage sur les réseaux sociaux, et je sais, d’ores et déjà, que j’irai dans la rue, dès qu’il le faudra pour défendre le projet 31, et plus encore quand il faudra affronter les manifestations d’intolérance et d’hostilité. Que devons-nous faire? Laisser passer ou se battre…?&#8221;</p>
<p>Vianney</p>
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		<title>Les gays, ces anti-folles?</title>
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		<pubDate>Fri, 08 Jun 2012 13:51:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Louis</dc:creator>
				<category><![CDATA[Fierté]]></category>
		<category><![CDATA[S'assumer]]></category>
		<category><![CDATA[Têtu]]></category>

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		<description><![CDATA[&#8220;Je suis lecteur du site internet de TÊTU depuis quelques temps. Vous avez récemment publié un article sur la gay pride de Bordeaux et je dois avouer avoir été très choqué des réactions des lecteurs sur le lien Facebook de l’article. Beaucoup de commentaires de la part de vos lecteurs, qui se disent gays, se [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-full wp-image-1366" src="http://blogs.tetu.com/histoires-gay-tetu-150/files/2012/06/slipsroses.jpg" alt="slipsroses" hspace="5" width="300" height="242" />&#8220;Je suis lecteur du site internet de TÊTU depuis quelques temps. Vous avez récemment publié un article sur la gay pride de Bordeaux et je dois avouer avoir été très choqué des réactions des lecteurs sur le lien Facebook de l’article. Beaucoup de commentaires de la part de vos lecteurs, qui se disent gays, se relèvent à mon sens homophobes et « anti-folles ».</p>
<p>La folle : cet être imaginaire, hautement efféminé, à la limite de l’insupportable, que personne ne connaît vraiment mais qui désigne un « autre », ennemi de « soi ». J’ai 27 ans, je suis gay, assumé depuis longtemps, j’ai une vie plutôt équilibrée, en tout cas mon mode de vie me convient. On ne peut pas dire que je sois ni butch ni efféminé, et je ne suis pas non plus particulièrement excité par les mecs qui le sont (encore que…) mais je ne crois pas avoir cette haine de la folle que semblent avoir certains. Je ne cherche pas en disant cela à me justifier, après tout je pourrais être efféminé et écrire la même chose, ça ne changerait rien…</p>
<p><strong>Les plus anti-folles sont souvent eux-mêmes des folles qui s’ignorent</strong><br />
Bref. Quand je lis les commentaires de ces lecteurs, si je résume, ça donne (en gros): «Oui je suis gay, mais je ne suis pas une folle et je ne veux surtout pas être assimilé à  &#8220;ça&#8221; car leurs sacs à main ne donnent pas une bonne image de la communauté homosexuelle et donc pas une bonne image de moi auprès de mon environnement hétérosexuel». Si je voulais être mauvais je dirais que les plus anti-folles sont souvent eux-mêmes des folles qui s’ignorent, mais ce serait trop simple. Alors d’ou vient cette antipathie ?</p>
<p>J’ai l’impression que l’on vit à un tournant dans l’acceptation de l’homosexualité dans la société. En France, l’acceptation n’est pas absolue mais globalement majoritaire, avec de fortes nuances en fonctions du milieu social, géographique, professionnel, culturel&#8230; Il reste du chemin pour que la question soit un non-sujet et bien sûr l’homophobie existe encore. Mais aujourd’hui quelle norme pour les homos? J’ai l’impression qu’une scission est en train de s’opérer entre ceux qui souhaitent l’indifférence et ceux qui revendiquent la différence… Je suis pour ma part partisan de la deuxième option.</p>
<p><strong>La folle, insolente, ébranle les schémas</strong><br />
<span id="more-1365"></span>Si un gay vit son homosexualité de manière épanouie, est reconnu comme tel par ses proches hétéros, sans que cela ne pose problème, pourquoi peut-il se sentir menacé par une image caricaturale de l’homo type folle ? Les arguments que je peux voir sont toujours les mêmes: «ces comportements extravagants  alimentent l’homophobie et ce n’est pas avec ce côté &#8220;exhibition&#8221; que les mentalités vont changer, ces gens là pourraient faire un effort ». J’ai envie de répondre d’emblée, que justement, oui c’est comme ça que les mentalités vont changer. Et pourquoi aller dans le sens des homophobes ? Ce serait comme demander à un noir d’être un peu moins noir parce que ça encourage le racisme, non ? Pourquoi, quand on est gay, vouloir brandir la norme hétérosexuelle comme étendard ? D’ou vient ce discours fatigant qui veut que &#8220;moi je suis quelqu&#8217;un de simple, comme un hétéro sauf que j’aime les hommes, je suis pas une folle, pas comme les autres&#8221; ? Si c’est le cas tant mieux (ou tant pis), mais on pourrait à l’inverse rétorquer que certains comportements hétéros gênent (le laisser-aller post-grossesse, les mecs qui vont aux putes…) et jouer dans l’autre sens la voie de l’hétérophobie… scandale! Pour moi c’est l’image même de la folle, insolente, qui ébranle justement ce schéma genriste et hétérosexiste. Et si les folles que certains haïssent tant ne s&#8217;étaient pas battues par le passé, à mon avis, les gays lambdas raseraient encore les murs.</p>
<p>Quand je lis certains commentaires, je ressens un malaise certain : homophobie intériorisée, volonté de plaire à papa, frustration parce qu’on ne sera jamais totalement comme les autres et qu’en somme, on est un peu dégoûté d’être homo… Alors on tape sur les autres… Sérieusement, un<br />
peu de diversité ne fait pas de mal non? Ou c’est moi?&#8221;</p>
<p>Jean-Philippe</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Réfugié et victime de racisme au sein de la communauté</title>
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		<pubDate>Thu, 03 May 2012 13:33:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Louis</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ma vie]]></category>

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		<description><![CDATA[Ryan a fui l&#8217;Algérie car il ne pouvait y vivre librement son homosexualité. Arrivé en Europe, puis au Canada, il s&#8217;est retrouvé confronté à un autre problème, celui du racisme, et ce même au sein de la communauté LGBT.  Très en colère, il raconte son histoire. Ou le sentiment d&#8217;être exclu parmis les exclus.
&#8220;Ceci [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-full wp-image-1349" src="http://blogs.tetu.com/histoires-gay-tetu-150/files/2012/05/oeil.jpg" alt="oeil" hspace="5" width="301" height="201" /><strong>Ryan a fui l&#8217;Algérie car il ne pouvait y vivre librement son homosexualité. Arrivé en Europe, puis au Canada, il s&#8217;est retrouvé confronté à un autre problème, celui du racisme, et ce même au sein de la communauté LGBT.  Très en colère, il raconte son histoire. Ou le sentiment d&#8217;être exclu parmis les exclus.</strong></p>
<p>&#8220;Ceci est un coup de gueule, mais vraiment un grand. Lorsqu’on parle de la communauté LGBT, je me sens concerné, mais est-ce que cette communauté me protège? Une question qui a longtemps trotté dans mon petit cerveau d’arabe.</p>
<p>Oui je suis arabe, d’origine algérienne, et j’ai vécu la moitié de ma vie avec l’épée de Damoclès sous la gorge. Vous allez dire que la loi concernant les gays en Algérie n’est pas appliquée. Oui elle ne l’est pas mais, un grand mais, celle-ci permet à un agent de pénétrer chez moi à tout moment, de m’insulter, de justifier les agressions et viols dont je fus victime. Oui cette loi permet aux agents de se protéger d’une quelconque poursuite, et donne exemple à la population. Vous n’êtes pas sans savoir qu’il est d’adage qu’une lesbienne peut être «guérie» en lui donnant le goût du sexe opposé et ce quelque soit les moyens utilisés, en outre dans notre cas, le viol.</p>
<p><strong>La fuite comme seule solution</strong><br />
<span id="more-1348"></span>Dès lors, la seule solution est de fuir, vers les pays dits «de droit», sans savoir ce qui nous attend, avec la tête pleine de rêves, le cœur plein d’amour à offrir, pensant que: «oui là-bas j’aurai un quelconque droit à voir les sites internet, les revues…». Alors l’espoir revient et la fuite s’impose comme seule solution. Que fut ma peine! En Algérie je devais affronter les imbéciles, ici je dois, combattre sur trois fronts: les homophobes, les racistes et ma propre communauté. Sachant que là où je me suis rendu, France, Grande Bretagne, Belgique, Canada, la communauté gay est la même dans sa majorité : raciste, xénophobe.</p>
<p>Oui, il y a ceux qui veulent avoir leur part d’exotisme, un Mohamed ou un Rachid dans leur palmarès, ça fait «in». Oui, il y a ceux qui vous prennent en pitié, «oh mon petit si j’étais à ta place, je me serais suicidé»… L’idée même du suicide ne m’a effleuré qu’ici car il est très dur d’être rejeté par ses propres compères.</p>
<p><strong>Jamais perçu comme l’homme que j’étais, mais comme l’arabe que je suis</strong><br />
Et je pense à tout l’espoir que j’avais en fuyant l’Algérie et je peux vous assurer, ce fut un long voyage, et je pense à ma bêtise, car je constate que l’on ne m’a jamais vu comme l’homme que j’étais, mais juste comme l’arabe que je suis. Certains diront que c’est de la paranoïa, un bon psy du dimanche se penchera sur mon cas et affirmera que je suis une victime atteinte d’un quelconque syndrome dont le nom est si dur à répéter. Et bien et non mon vieux c’est ma réalité: en Algérie j’étais ce sale pédé, en France l’arabe tout court, de même qu’en Belgique, en grande Bretagne j’étais protégé par mon amant, donc intouchable, au Québec je suis ce «sale fif d’arabe».</p>
<p><strong>Politiquement correct</strong><br />
Aujourd’hui je constate que même les LGBT jouent le politiquement correct, car en dénonçant sur la scène internationale la situation de certaines communautés gay dans le monde, ils ne cherchent pas à améliorer leur sort mais jouent à conforter la position de leurs gouvernements consécutifs : aucune action ni répercussion médiatique n’est prise sérieusement par les mouvements LGBT et je peux citer des cas en France en Angleterre ou d’autres encore où les représentants ont tout simplement refusé de prendre position.</p>
<p>En résumé les mouvements LGBT ont été créés par et pour les communautés gays et lesbiennes européennes et nord-américaines, comme les Nations Unies furent créer pour les pays forts du moment. Ce qui me navre et me tue c’est que nous sommes tous victime de l’homophobie alors pourquoi tenter de rabaisser une ethnie par rapport à une autre?&#8221;</p>
<p>Ryan</p>
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		<title>Marre de mon mode de vie</title>
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		<pubDate>Mon, 02 Apr 2012 14:17:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Louis</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ma vie]]></category>
		<category><![CDATA[S'assumer]]></category>

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		<description><![CDATA[ Billy a 28 ans et vit dans une petite ville de l&#8217;ouest de la France. Célibataire, il ne parvient pas à faire de rencontres intéressantes et se heurte souvent à un état d&#8217;esprit qu&#8217;il considère comme superficiel. Saunas, sites de rencontres, plan cam, il devient lui-même acteur de cette logique où les apparences priment. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-full wp-image-1336" src="http://blogs.tetu.com/histoires-gay-tetu-150/files/2012/04/seul.jpg" alt="seul" hspace="5" width="300" height="220" /> <strong>Billy a 28 ans et vit dans une petite ville de l&#8217;ouest de la France. Célibataire, il ne parvient pas à faire de rencontres intéressantes et se heurte souvent à un état d&#8217;esprit qu&#8217;il considère comme superficiel. Saunas, sites de rencontres, plan cam, il devient lui-même acteur de cette logique où les apparences priment. Alors que son homosexualité est pourtant acceptée par tous, il devient las de ce mode de vie. </strong></p>
<p>&#8220;Je regrette d&#8217;être gay. Un titre évocateur et saupoudré de rébellion. Je sais qu&#8217;en écrivant cela un bon nombre d&#8217;homosexuels vont être choqués, limite on me jettera des pierres mais pourtant c&#8217;est bien ce que je ressens depuis quelques temps déjà. Vous allez comprendre cela en ces quelques lignes qui sont mon &#8220;jeune&#8221; parcours d&#8217;homosexuel.</p>
<p><strong>Considéré comme trop vieux passés les 24-25ans</strong><br />
Je suis un homme de 28 ans vivant dans une petite ville en Loire Atlantique entre Nantes et Angers. Je me suis rendu compte avec grand étonnement que depuis que j&#8217;ai eu mes 28 ans et bien, pour la communauté homosexuelle, je suis déjà à la retraite. Dur pour moi qui viens de faire mon coming out il y a à peine deux ans, même si j&#8217;avais eu pas mal d&#8217;aventures &#8220;clandestines&#8221; depuis plusieurs années. Je ne savais pas que passés les 24-25 ans on était considéré comme trop vieux pour certains. Bon je ne vais pas faire l&#8217;enfant de coeur non plus, je sais bien que moi aussi je regarde l&#8217;âge mais je suis quand même assez ouvert d&#8217;esprit pour faire abstraction du chiffre qui passe derrière le 2. Je sais très bien que c&#8217;est attirant, des mecs qui sont dans la vingtaine, moi-même je suis passé par là mais je me prends pas mal de claques, et je me fait rembarrer parce que trop vieux, c&#8217;est assez irritant quand le mec en face a 25 ans.</p>
<p>Donc voyant l&#8217;âge avancer à grands pas je me mets en quête de trouver un mec sympa pour vivre une histoire à deux ce qui signifie pas mal de lieux de rencontres passant par les nombreux sites mais là encore c&#8217;est compliqué. Il est vrai que je n&#8217;ai pas le physique avantageux de Matt Pokora ou encore de Jared Leto, mais je ne suis pas non plus vilain. Je ne ressemble pas à tous les mecs, j&#8217;ai mon propre style et là encore je me suis rendu compte qu&#8217;il fallait avoir les cheveux courts, un corps musclé, ou du moins un minimum, et un style vestimentaire branché pour réussir à accrocher le regard des hommes. J&#8217;ai tenté de me couper les cheveux, aller à la salle de sport et avoir un style plus &#8220;in&#8221; mais que reste-t-il de ma vraie personnalité? Finalement je me suis laissé repousser mes cheveux, réduit mes séances de sport au profit de l&#8217;écriture et fait un peu moins attention aux vêtements parce que mon compte en banque commençait à virer au rouge. Il me reste en tout cas ma personnalité qui je crois plait aux gens. Bon c&#8217;est vrai j&#8217;ai un look assez hétéro qui ne laisse pas présager mes attentes.<br />
<strong><br />
Saunas, téléphone rose, sites de rencontres, plans cam&#8230;</strong><br />
<span id="more-1335"></span>J&#8217;ai eu ma période saunas qui a été pour moi une grande avancée dans mon acceptation parce qu’il a fallu oser… se mettre à nu. Je dois dire que ça a été une grande épreuve moi qui suis à la base timide, mais j’ai trouvé l’expérience assez libératrice. Une petite aventure qui a duré quelques mois mais qui au bout d&#8217;un moment m’a lassé : retrouver les mêmes mecs semaines après semaines&#8230; Je me suis alors tourné vers les numéros de téléphones spéciaux  pour me trouver des plans mais la facture m&#8217;a fait terriblement peur, donc j’ai préféré opter pour Internet. Les sites de rencontres (avec toujours les mêmes mecs de ta région), c&#8217;est sympa mais au final c&#8217;est lassant et peu concluant (sauf exception) et c&#8217;est surtout comme un catalogue des 3 suisses ou on passe sa commande qui, quand on la reçoit, déçoit par le résultat. La photo est toujours plus attractive que la réalité.</p>
<p>Ma famille et mes amis me disent que je trouverai bien quelqu’un surtout si je ne cherche plus (il paraît que ça vient tout seul) mais soyons francs : ceux qui disent ça pour nous réconforter sont ceux qui sont déjà en couple… C’est un peu facile. Ils me disent que je suis un mec honnête avec une vraie personnalité mais apparemment le physique compte plus que le cerveau et ça devient de plus en plus déprimant. J’ai l’impression que lorsqu’on est homo, on doit accepter encore plus que les hétéros que le physique est plus que primordial.</p>
<p>Au travail tout le monde accepte mon homosexualité, ce qui en passant les a énormément surpris vu que fais plutôt hétéro. J’avoue avoir été moi-même étonné par leur réaction puisque je travail en usine avec beaucoup d&#8217;hommes mais visiblement ça ne leur pose pas problème et on s&#8217;en amuse. C&#8217;est un peu une seconde famille dans laquelle j’ai toute ma place et c&#8217;est très rassurant. Ils essayent même de me trouver un mec, de ce côté là les mentalités ont énormément évolué.</p>
<p>Je connais aussi les plans cam. Parfois le mâle qui sommeil en nous a besoin d&#8217;être vu et de partager son envie. Les plans cam ça peut être sympa et là aussi c&#8217;est toute une histoire (avec ou sans visage?), la dictature de la beauté est encore là. Un buste bien lisse, des pecs bien visibles et un boxer bien rempli sont les atouts de base. Il arrive parfois que les plans cam deviennent réguliers avec le même mec mais quand on se voit en vrai on se rend compte qu&#8217;on n’a pas grand chose à se dire et c&#8217;est une véritable déception donc parfois il vaut mieux choisir l&#8217;option &#8220;no face&#8221;.</p>
<p><strong>De plus en plus malheureux</strong><br />
Enfin tout ça pour dire (et il y en a encore à raconter bien entendu), qu&#8217;être gay n&#8217;est pas facile pour certaines personnes et je dois avouer que le mariage et l&#8217;adoption je m&#8217;en moque un peu vu qu&#8217;il est déjà très difficile de trouver un seul mec bien&#8230; Ça va peut-être en faire sursauter plus d&#8217;un mais je suis franc et je dis ce que je pense.</p>
<p>Que va me donner l&#8217;avenir? Je n&#8217;en sais rien en tout cas le fait d&#8217;être gay me rend de plus en plus malheureux. Est-ce du au fait que mes amis de mon âge sont tous mariés avec des enfants, ce qui me renvoie tout naturellement à cette solitude et au chemin bien difficile de trouver l&#8217;amour&#8230;.?</p>
<p>J&#8217;ai quasiment tout fait pour trouver un mec bien mais que dois-je faire? Est-ce qu&#8217;être homosexuel pour certains hommes est obligatoirement un fardeau, bien que l’on s&#8217;accepte soi-même? Notre société est-elle uniquement basée sur les apparences? Me suis-je trompé d&#8217;époque? La suite au prochain épisode&#8230;.&#8221;</p>
<p>Billy, 28 ans</p>
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		<title>Militaire et gay</title>
		<link>http://blogs.tetu.com/histoires-gay-tetu-150/2012/03/12/militaire-et-gay/</link>
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		<pubDate>Mon, 12 Mar 2012 12:11:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Louis</dc:creator>
				<category><![CDATA[Fierté]]></category>
		<category><![CDATA[Ma vie]]></category>
		<category><![CDATA[S'assumer]]></category>

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		<description><![CDATA[Luc, 21 ans, est élève officier au Canada. Homo assumé, il vit son métier avec passion et entretient des rapports de camaraderie francs et détendus avec &#8220;ses gars&#8221;. Il raconte sa condition de militaire gay dans un témoignage loin des clichés.
&#8220;Je me prénomme Luc, j&#8217;ai 21 ans et je suis un jeune canadien francophone. Dans [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-full wp-image-1326" style="margin-left: 5px;margin-right: 5px" src="http://blogs.tetu.com/histoires-gay-tetu-150/files/2012/03/MilitaireetGay.jpg" alt="MilitaireetGay" hspace="5" width="300" height="200" /><strong>Luc, 21 ans, est élève officier au Canada. Homo assumé, il vit son métier avec passion et entretient des rapports de camaraderie francs et détendus avec &#8220;ses gars&#8221;. Il raconte sa condition de militaire gay dans un témoignage loin des clichés.</strong></p>
<p>&#8220;Je me prénomme Luc, j&#8217;ai 21 ans et je suis un jeune canadien francophone. Dans mon métier je suis connu sous l&#8217;appellation d&#8217;élève officier: effectivement je suis militaire et je sert fièrement mon pays. Des gays dans l&#8217;armée? Oui je crois qu&#8217;il y en une bonne quantité. Pour ma part je suis tout fraîchement qualifié officier d&#8217;infanterie et désormais mon travail est de diriger des soldats pour les former et les préparer à être efficaces au combat.</p>
<p><strong>Aucune différence entre moi et les autres</strong><br />
Ce métier serait selon ce qu&#8217;on m&#8217;a toujours dit le plus fermé d&#8217;esprit et le plus &#8220;hétéro&#8221;. Certes, je ne connais aucun autre gay qui fait ce métier, mais je suis persuadé que je ne suis pas seul. Je suis enrôlé depuis 4 ans et je n&#8217;ai jamais caché mon orientation à mes collègues. Un militaire doit faire preuve de courage et se tenir debout et fier pour ses valeurs alors je m&#8217;oblige à ne jamais me cacher. Pour ce qui est de l&#8217;opinion des autres je dois avouer que j&#8217;étais incertain au début de ma carrière et j&#8217;ai parfois eu l&#8217;impression que mes collègue d&#8217;infanterie hésitaient entre devoir me respecter, avoir peur de moi ou tout simplement s&#8217;en foutre. Je suis dans mon milieu un pionnier d&#8217;une certaine manière: je dois tracer le chemin car personne ne l&#8217;a fait pour moi et ce n&#8217;est pas toujours facile.</p>
<p>Aujourd&#8217;hui je suis respecté et même plus je suis accepté, je suis d&#8217;ailleurs celui qui fait le plus de blagues sur le sujet avec mes gars. Il n&#8217;y a aucune différence entre moi et les autres je fais partie du groupe à 100% et comme chacun je suis indispensable et apporte ma petite touche à tout ce que l&#8217;on fait car dans l&#8217;infanterie tout ce qui est existe c&#8217;est le groupe, l&#8217;individu ne représente rien.</p>
<p><strong>Comme mes frères</strong><br />
<span id="more-1246"></span>Pour en arriver là j&#8217;ai du comme tout le monde faire mes preuves, peut-être un peu plus vu mon orientation, je me suis donné à 150% en tout temps et je le fais toujours. Je ne suis pas musclé ni super fort par contre j&#8217;ai une endurance physique très grande et je suis un coureur né. De plus j&#8217;ai une volonté d&#8217;acier qui est de loin plus forte que mon corps: je peux être blessé ou épuisé je ne m’arrête pas tant que tout le monde ne s&#8217;est pas arrêté. Étape par étape j&#8217;ai su gagner leur respect et leur confiance, mon métier me passionne et j&#8217;y excelle alors je fais ma place.</p>
<p>Je me jetterais devant une balle pour chacun de mes gars, ils sont comme mes frères et n&#8217;ont plus de gêne avec moi que ce soit dans les douches (et pas d&#8217;arrière-pensée ou rien à voir avec les idioties que l&#8217;on peut voir dans les pornos), les dortoirs, sur le terrain ou n&#8217;importe où, je suis comme eux sans distinction, un fantassin, ma profession est celle des armes au même titre qu&#8217;eux.</p>
<p><strong>Les esprits changent</strong><br />
Le monde militaire évolue, lentement mais surement, un pas à la fois mais toujours pour le meilleur, les esprits changent et évoluent. Je devrai fort probablement toujours battre mon chemin car les gens ne sont pas habitués mais pour chaque pas que je fais je prouve a ceux qui ne savent pas qu&#8217;être homo n&#8217;est pas une limite et que le plus dur des défis peu tout aussi bien être relevé par moi que par eux.</p>
<p>Partout où je suis passé jusqu&#8217;ici les gens ont ouvert les yeux. Le tout est un travail de persévérance, de civisme, de respect, de patience, d&#8217;espoir et de fierté. Ne perdez jamais votre fierté, levez la tête haute, marchez avec assurance, soyez vous-même en tout temps , imposez votre personnalité et affirmez-vous comme vous êtes, vous n&#8217;aurez jamais a baisser les yeux devant quiconque et ceux qui vous craignaient ou vous haïssaient vous respecteront et vous accepteront.&#8221;</p>
<p>Luc, élève officier, Québec</p>
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		<title>***ALERTE HOMOPHOBIE***</title>
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		<pubDate>Fri, 17 Feb 2012 14:19:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Louis</dc:creator>
				<category><![CDATA[politique]]></category>

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		<description><![CDATA[Une homophobie bien ancrée dans la droite française.
Dans d’un entretien vidéo de plus de vingt minutes mis en ligne le 10 février sur le site de l&#8217;association catholique Liberté politique, le député UMP Christian Vanneste définit l’homosexualité comme une doctrine. «Qu’est-ce qu’un homosexuel? C’est quelqu’un qui refuse l’autre», assène-t-il à l’écran. Dans son long monologue [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center"><strong><img class="aligncenter size-full wp-image-1306" src="http://blogs.tetu.com/histoires-gay-tetu-150/files/2012/02/vanneste.jpg" alt="vanneste" width="558" height="313" />Une homophobie bien ancrée dans la droite française.</strong></p>
<p>Dans d’un entretien vidéo de plus de vingt minutes mis en ligne le 10 février sur le site de l&#8217;association catholique <em>Liberté politique</em>, le député UMP Christian Vanneste définit l’homosexualité comme une doctrine. «Qu’est-ce qu’un homosexuel? C’est quelqu’un qui refuse l’autre», assène-t-il à l’écran. Dans son long monologue il en vient à évoquer la «légende de la déportation des homosexuels en France».</p>
<p>Soutenu par Christine Boutin qui défend la doctrine du Vatican, ce n&#8217;est pas la première fois que Christian Vanneste crée une polémique en lien avec l&#8217;homosexualité. En 2009, il affirmait sur le plateau de <em>C dans l&#8217;air</em> que l&#8217;homosexualité serait «liée au narcissisme et à l&#8217;individualisation rutilant de notre société», ajoutant que «les couples homosexuels (…) ne sont pas forcément ceux qui boivent le moins et ceux qui consomment le moins de drogues».</p>
<p>Une note de blog publiée en 2010 a également provoqué un tollé. Le député UMP y affirmait que «l&#8217;opposition outrancière entre pédophilie et homosexualité n&#8217;est pas fondée en raison des tendances assez fréquentes dans l&#8217;histoire qui ignorent la frontière juridique de l&#8217;âge».</p>
<p>Plus récemment, en juin dernier, Christian Vanneste avait expliqué que, selon lui, le mariage entre deux personnes de même sexe était «une aberration anthropologique», ajoutant que la société devait assurer sa pérennité «par le mariage des hommes et des femmes», établissant une hiérarchie entre couple homosexuel et couple hétérosexuel.</p>
<p>Ces déclarations font suite à la polémique lancée début février 2012 par Claude Guéant qui déclarait plus largement «toutes les civilisations ne se valent pas».<br />
Dans le virage «à droite toute» que prend Nicolas Sarkozy dans son programme annoncé dans <em>Figaro Magazine</em> du 11.02.2012, le ton est de nouveau donné pour stigmatiser des populations indésirables par l’annonce de référendums, l’un sur les chômeurs, l’autre sur les immigrés … Mais les homosexuels ne sont pas de reste et se voient répondre à leurs demandes d’EGALITE: «En ces temps troublés où notre société a besoin de repères, je ne crois pas qu’il faille brouiller l’image de cette institution sociale essentielle qu’est le mariage». Trois jours plus tard, le sénateur et ancien président UMP du Sénat Gérard Larcher revient à la charge en se prononçant contre le mariage homosexuel et positionnant «la famille» comme le seul «point d&#8217;ancrage».</p>
<p>En 2007, le président de l&#8217;UMP, Nicolas Sarkozy, s&#8217;est prononcé à plusieurs reprises, dont le 1er septembre 2006, contre le mariage civil homosexuel. Il propose alors un nouveau contrat d&#8217;union civile donnant les mêmes droits aux couples de même sexe qu’aux couples mariés. Toutefois, ces promesses n&#8217;ont pas abouti. L&#8217;UMP est opposée au mariage homosexuel, malgré les demandes de Gay Lib, mouvement associé à l&#8217;UMP, qui réclame la création d&#8217;un statut d&#8217;union civile. Jean-Luc Roméro, qui a longtemps abordé les problématiques LGBT (Lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres) au sein de l&#8217;UMP, a démissionné de l&#8217;UMP et créé son propre courant, «Aujourd’hui autrement», reprochant à l&#8217;UMP de ne pas évoluer suffisamment sur ce sujet.</p>
<p>A l’aube de l’élection présidentielle 2012, les vieux démons homophobes resurgissent, de quoi ramener au bercail l’électorat catholique de Christine Boutin ou de François Bayrou et … celui du FN! Ou s’agirait-il d’occulter un embarrassant bilan? Les homosexuels seraient-ils pris en otages?</p>
<p><strong>Nier la déportation des homosexuels n&#8217;est pas une opinion, c&#8217;est un délit.</strong><img class="alignright size-full wp-image-1304" style="float: right;border: 0px initial initial" src="http://blogs.tetu.com/histoires-gay-tetu-150/files/2012/02/trianglerose.jpg" alt="trianglerose" width="250" height="353" /><br />
Le député UMP Vanneste nie désormais la déportation des homosexuels en France, comme Jean-Marie LE PEN à nié l’existence des chambres à gaz. L’argument négationniste a pour stratégie de remettre au goût du jour le projet pétainiste TRAVAIL-FAMILLE-PATRIE. Au sein de la droite française, la chasse aux voix homophobes est ouverte.</p>
<p>Les faits historiques sont pourtant là pour rappeler que l’holocauste est la plus sauvage persécution que les homosexuels aient connue. Dès 1928 le parti nazi déclare: «Quiconque est, et même pense à l’amour homosexuel est notre ennemi». En 1935 une loi impose la stérilisation des «malades», à savoir: «homosexuels, schizophrènes, épileptiques, aveugles, malformés». Les lesbiennes n’ont pas échappés aux camps, portant le TRIANGLE NOIR des asociaux (et non le TRIANGLE ROSE car mettant moins en péril la pureté du sang allemand). Il n’est pas anodin de rappeler que les tziganes (les ROMS) portaient dans les camps le TRIANGLE</p>
<p>VIOLET… Les TRIANGLES ROSES des homosexuels sont avec les ETOILES JAUNES des juifs (2 TRIANGLES entrecroisés), les plus exposés à la mort.</p>
<p>Les homosexuels étaient placés par les bourreaux dans les catégories les plus basses du camp. Avec la complaisance fréquente des TRIANGLES ROUGES (les politiques), les homosexuels étaient les premiers condamnés car jugés moins utiles à la résistance. Ils avaient les plus grandes difficultés à être respectés par leurs codétenus pour tenter de survivre. Couchaient-ils avec les autres hommes déportés? Seuls les TRIANGLES ROSES le reconnaissent. Couchaient-ils avec les allemands? Parfois. Un TRIANGLE ROSE de l’Association Les Flamands Roses en donnera une illustration: «Je n’avais comme issue que de me placer de nouveau sous la protection d’un doyen du camp ou d’un kapo qui me garantirait ma nourriture et qui tiendrait à distance tous ceux qui pouvaient me faire des offres … En échange, je devais être son ami et partager son lit lorsque mon protecteur en éprouverait le désir. Chaque chose a son prix.»</p>
<p>Les médecins SS pratiquèrent des expériences qui ne concernaient que les homosexuels ayant pour but de guérir cette «maladie», en injectant des hormones synthétiques dans l’aine droite.</p>
<p>En France, dès 1942 Pétain signe un texte de loi réprimant les homosexuels. La collaboration de la police française permettra à la Gestapo d’arrêter et de déporter par milliers les homosexuels. Le gouvernement de Vichy voulait ainsi préserver les «VALEURS» de la «FAMILLE»… A la libération, le refus de la reconnaissance de la déportation homosexuelle est lié à l’ordonnance du 8 février 1945 perpétuant la pénalisation. Elle fut signée par De Gaulle qui prétendait vouloir une France Libre! Libre des occupants certes, mais pas des discriminations.</p>
<p>Il faudra attendre 1982 avant d’entendre sur les ondes la déclaration de François Mitterrand au Sénat: «La France doit cesser d’ignorer ce qu’elle doit aux homosexuels». Dans les réformes, c’est en 1999 sous le gouvernement Jospin que fut voté un «PACS», contrat de partenariat entre deux personnes majeures quel que soit leur sexe, ayant pour objet d&#8217;organiser leur vie commune. Un premier pas significatif donnant aux homosexuels la liberté de s’unir civilement. Loin cependant de la devise d’EGALITE bien mise à mal aujourd’hui …<span id="more-1300"></span></p>
<p>A l’heure où l’homophobie reste bien ancrée à droite et où les relents des «civilisations» et des «valeurs» viennent de nouveau stigmatiser et diviser, il</p>
<p>reste aux homosexuels l’histoire de leurs aînés pour retrouver l’énergie de questionner sans relâche leurs élus: Alors que la loi punit les propos homophobes, pourquoi impose-t-elle encore une hiérarchie entre couples homosexuels et couples hétérosexuels?</p>
<p><strong>Déportation des homosexuels: combien étaient-ils?</strong><br />
Question des plus pertinentes! Le calcul est complexe. Administrativement, 62 français et 35 000 européens au total (Russes et Polonais compris) se sontcourageusement déclarés déportés pour cause d&#8217;homosexualité au sortir de la guerre. Un chiffre de 800 000 à 1 million de gays déportés est revendiqué par les seules associations de déportés homosexuels dont les Flamands Roses, qui intègrent également le nombre des lesbiennes déportées (portant le triangle noir des asociaux).</p>
<p>La marge entre l&#8217;enregistrement administratif et la réalité de la déportation homosexuelle est forte. Pour obtenir un statut d&#8217;ancien combattant ou de déporté,  la plupart des nations ne retenaient pas ce critère et ne versaient pas la moindre pension ; dès lors il était plus prudent de se déclarer déporté politique &#8230;</p>
<p>Les Triangles roses ayant la réputation d&#8217;avoir couché avec les allemands, ils s&#8217;exposaient en se déclarant à une nouvelle incarcération! L&#8217;omerta homophobe vient renforcer cette tendance. Dans un camp d&#8217;hommes (comme à l&#8217;armée ou en prison), de nombreux hétérosexuels ont sûrement des relations homosexuelles (de naturelles pulsions de vie) stimulés par la frustration et le stress devant la mort: comment un déporté pouvait-il ultérieurement en faire état? Dans le contexte après-guerre, l&#8217;homophobie était forte et beaucoup de gays se sont cachés jusque dans les années 1970-80. Seules des archives allemandes encore inexplorées pourraient révéler les statistiques des Triangles roses épinglés.<br />
Ayant 55 ans, j&#8217;ai découvert seulement en 1990 qu&#8217;un oncle réputé &#8220;décédé en déportation politique&#8221; était toujours en vie &#8230; il est homosexuel et vit avec son compagnon depuis plusieurs dizaines d&#8217;années: ma famille l&#8217;avait renié au point de le tenir pour mort!</p>
<p>Alors, combien étaient-ils? Il conviendrait donc de s&#8217;en tenir à &#8220;plusieurs milliers&#8221; de déportés homosexuels pour éviter une querelle de chiffres et honorer la mémoire des victimes de discrimination sexuelle. Historiens et témoins sont formels: la déportation homosexuelle n&#8217;est pas une légende!</p>
<p>Jimane, Nîmes</p>
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		<title>Quelle place pour les bi dans la communauté?</title>
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		<pubDate>Thu, 02 Feb 2012 09:52:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Louis</dc:creator>
				<category><![CDATA[Fierté]]></category>
		<category><![CDATA[S'assumer]]></category>

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		<description><![CDATA[Qui sait ce que c&#8217;est que signifie &#8220;être bi&#8221;, aujourd&#8217;hui? Qu&#8217;en sait un hétéro ? Ou un homo ? Et qui s&#8217;y intéresse, qui a envie de le savoir ? Ni les uns, ni les autres on dirait, à voir à quel point on parle peu de nos expériences et de nos problèmes. Voici mon [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="size-full wp-image-1264 alignleft" style="margin-left: 5px;margin-right: 5px" src="http://blogs.tetu.com/histoires-gay-tetu-150/files/2012/01/drapeaubi.jpg" alt="drapeaubi" hspace="5" width="255" height="166" />Qui sait ce que c&#8217;est que signifie &#8220;être bi&#8221;, aujourd&#8217;hui? Qu&#8217;en sait un hétéro ? Ou un homo ? Et qui s&#8217;y intéresse, qui a envie de le savoir ? Ni les uns, ni les autres on dirait, à voir à quel point on parle peu de nos expériences et de nos problèmes. Voici mon témoignage, ou coup de gueule si vous préférez !</p>
<p>Être bi, ce n&#8217;est pas être homo et hétéro à la fois. Malgré les apparences, ça n&#8217;a rien à voir avec ces deux autres orientations sexuelles. Ce n&#8217;est pas juste aimer les hommes, et aimer aussi les femmes. Le fait qu&#8217;on aime les deux change plein de choses, et suscite des questions et des problèmes que les homos et les hétéros ignorent. Des problèmes que la communauté LGBT n&#8217;aborde quasiment pas, tandis que le reste du monde ignore la plupart du temps l&#8217;existence même des bi.</p>
<p>En termes de vie sociale, être bi, comme j&#8217;en fais l&#8217;expérience, c&#8217;est avoir le cul entre deux chaises, être entre deux mondes qui se connaissent encore très peu, qui paraissent décidés, autant l&#8217;un que l&#8217;autre, à vivre comme deux mondes parallèles rechignant à se rejoindre (les homos revendiquant à la fois une place en tant que citoyens comme les autres, et aussi, historiquement, une place à part, via le fort aspect militant et contre-culturel de la communauté LGBT). Être bi, c&#8217;est n&#8217;appartenir à aucun de ces deux mondes &#8211; parce qu&#8217;on ne se reconnaît ni dans l&#8217;un, ni complètement dans l&#8217;autre &#8211; et être trop peu visible pour en créer un troisième ou faire simplement en sorte que tout le monde vive dans le même. Il faut que cela change.</p>
<p>Les bi sont-ils visibles ? Quand je suis tombé amoureux d&#8217;un ami gay, il y a un peu plus de trois ans (j&#8217;en ai 25 actuellement), je me pensais complètement hétéro. A y réfléchir, j&#8217;avais déjà ressenti des attirances pour d&#8217;autres jeunes gens auparavant, mais j&#8217;avais été toujours amoureux de filles, &#8220;donc&#8221; je ne pouvais pas être gay. La question d&#8217;être &#8220;les deux&#8221; ou &#8220;entre les deux&#8221;, je ne me l&#8217;étais même pas posée. Je n&#8217;en avais jamais entendu parler, sauf en de rares occasions et en mal, comme caractéristique de personnages libertins ou calculateurs (alors même que j&#8217;ai reçu une éducation plutôt ouverte). Mais la bisexualité, comme orientation sexuelle, je n&#8217;en avais vraiment jamais entendu parler. Ça n&#8217;existait pas.</p>
<p>C&#8217;est le fait d&#8217;éprouver non seulement du désir, mais aussi des sentiments pour cet ami, qui m&#8217;a fait tomber le ciel sur la tête. J&#8217;ai fini par lui parler (en substance : &#8220;tu m&#8217;attires, je ne sais pas trop comment, ni pourquoi, mais tu me fais quelque chose&#8221;). Ça n&#8217;a pas été réciproque. Mais quelque part, ça a été le râteau le moins grave que j&#8217;aie jamais connu (du moins au départ), parce que, malgré ça, il y avait cette découverte incroyable. Cela a été pour moi comme une révélation, l&#8217;apparition d&#8217;un nouveau continent, ou l&#8217;ouverture d&#8217;un troisième oeil, ou le passage au 3D relief, enfin, n&#8217;importe quelle image de ce genre : c&#8217;était merveilleux. Un pan nouveau du monde apparaissait.</p>
<p>Depuis ce moment-là, ma vie est devenue plus riche, plus complexe, plus compliquée. Je me concevais comme gay-friendly, mais je n&#8217;avais pas la moindre idée de ce que c&#8217;était que désirer des gens de mon sexe, ou les aimer. L&#8217;euphorie première une fois passée (c&#8217;était vraiment très beau&#8230;), le trouble et la peur sont venus. Tout cela m&#8217;a forcé à réfléchir beaucoup ; j&#8217;avais peur de me faire des idées, d&#8217;inventer des choses, d&#8217;en exagérer ou d&#8217;en minimiser d&#8217;autres (de refouler, comme on dit). Je me suis posé la question pendant des mois (d&#8217;autant que je n&#8217;avais pas eu de relation hétéro au sens fort au moment où ça m&#8217;est arrivé) : est-ce que j&#8217;étais gay ? Non. Est-ce que j&#8217;aimais toujours les filles ? Oui. Est-ce que j&#8217;aimais le porno gay ? Non, pas plus que le porno hétéro d&#8217;ailleurs. Est-ce que cet homme, là, dans la rue, m&#8217;attirait ? Non&#8230; mais celui-ci, oui, et celui-là aussi&#8230; peu à peu, mon regard s&#8217;est libéré, a changé. Depuis, dans la rue, je regarde, non pas tout le monde, mais des gens des deux sexes.</p>
<p>Tout cela m&#8217;a forcé à réfléchir beaucoup, à comprendre ce que je voulais. Je me suis intéressé à la cause LGBT, je me suis inscrit sur un forum sur la bisexualité (bisexualite.info) qui m&#8217;a beaucoup aidé ; puis je suis allé dans plusieurs associations (Bi&#8217;cause, le MAG, puis le GLUP). J&#8217;ai commencé à lire tetu.com et Yagg. Des choses de ce genre ! Et je sais, profondément, que j&#8217;aime et désire les deux sexes. Cela changera peut-être (après tout, telles que je vois les choses, cela a déjà changé, et pas qu&#8217;un peu), mais personne d&#8217;autre que moi n&#8217;a le droit d&#8217;en juger, et encore moins de tirer des plans sur la comète.<span id="more-1263"></span></p>
<p><strong>Problèmes et questions</strong></p>
<p><img class="alignright size-full wp-image-1268" style="margin-left: 5px;margin-right: 5px" src="http://blogs.tetu.com/histoires-gay-tetu-150/files/2012/01/bisexuel.jpg" alt="Gay person" hspace="5" width="216" height="356" />Jusqu&#8217;à présent, j&#8217;ai eu deux relations hétéro, dont une avec une bi, et une relation homo (assez courte). J&#8217;ai aussi été plusieurs fois amoureux sans succès, et j&#8217;ai regardé beaaauuuucoup de filles et de garçons dans la rue, le bus, etc.</p>
<p>Ça ne fait pas beaucoup d&#8217;expérience. Ma bisexualité est encore récente à l&#8217;échelle de ma vie, mais elle a beaucoup changé ma vision du monde&#8230; et beaucoup obscurci ce que je pensais pouvoir vaguement prévoir de mon avenir. Un hétéro a toujours plus ou moins en tête le modèle &#8220;relation longue, enfants, famille&#8221;. Un homo peut avoir l&#8217;espoir d&#8217;une relation longue. Mais un bi ? Je ne sais pas du tout. J&#8217;essaie de ne pas trop m&#8217;en soucier, en me disant qu&#8217;avec un peu de chance, je rencontrerai simplement la bonne personne, quel que soit son sexe, et j&#8217;aurai une relation stable (ou du moins plus longue). Mais la perte de ce &#8220;modèle de vie&#8221; classique (idéalisé et artificiel, je suis d&#8217;accord !) m&#8217;a pas mal désorienté.</p>
<p>Mes goûts ne me portent pas à collectionner les plans cul ou les aventures à court terme ; je recherche surtout des sentiments mutuels. Jusqu&#8217;à présent, aussi, je m&#8217;étais toujours conçu comme fidèle et exclusif (de façon très classique). Maintenant, la question se pose différemment. Je ne peux pas m&#8217;empêcher de me demander : si je m&#8217;engage dans une relation longue, pourrai-je me contenter d&#8217;une seule personne, d&#8217;un seul sexe, ou bien l&#8217;autre me manquera-t-il ? Si l&#8217;autre sexe me manque, devrai-je considérer cela comme un désir excessif, ou bien comme un besoin normal par rapport à ma sexualité et à ma sentimentalité ? Devrai-je refréner ce manque, ou bien revendiquer deux relations simultanées ? C&#8217;est une question délicate, à laquelle je ne sais pas répondre. Les témoignages sur le forum m&#8217;ont montré que ce qui compte, c&#8217;est la capacité du couple à discuter de manière franche et honnête et à conserver une confiance mutuelle forte. Là encore, j&#8217;essaie de ne pas trop me faire de souci. Mais je n&#8217;ai plus autant de repères qu&#8217;avant ; je suis plus libre, mais mes perspectives sont plus incertaines, et là encore, parfois, c&#8217;est assez désorientant.</p>
<p><strong>Préjugés et inquiétudes</strong></p>
<p>Il n&#8217;y a pas de façon unique de répondre à cette question. Tous les bisexuels n&#8217;ont pas le même ressenti que moi, sans doute pas les mêmes besoins. Une partie s&#8217;accommode très bien de relations exclusives. Les bisexuels, notamment ceux que je fréquente via le forum, mettent même souvent en avant la fidélité, parce qu&#8217;ils doivent faire face aux préjugés sur les bi, selon lesquels les bi seraient forcément infidèles. Et les clichés de ce genre *sont* complètement crétins : des infidèles, il y en a partout, toutes orientations sexuelles confondues, et prétendre une chose pareille est aussi stupide que de penser qu&#8217;un homo est forcément une bête lubrique incapable de maîtriser ses désirs. Mais dans le même temps, être bi, dans mon cas, c&#8217;est aussi m&#8217;interroger sur la notion de couple, me demander dans quelle mesure l&#8217;attirance pour les deux sexes est compatible avec une relation avec une seule personne. Me demander ce que je peux réclamer à celles et ceux avec qui j&#8217;aurai des relations. Me demander dans quelle mesure j&#8217;ai le droit de réclamer un traitement à part, et peut-être une relation non exclusive.</p>
<p>C&#8217;est un problème pour moi, et cela me met mal à l&#8217;aise pour mes relations futures. Mais ce qui me met encore plus mal à l&#8217;aise, c&#8217;est de me rendre compte qu&#8217;en dehors du forum que je fréquente et de l&#8217;association Bi&#8217;cause, je n&#8217;entends parler de ce problème que sous l&#8217;angle du cliché &#8220;bi = infidèle&#8221;. Autrement dit, rien d&#8217;autre, même pas dans &#8220;la communauté LGBT&#8221;, ne m&#8217;aide à réfléchir sereinement à cette question. Il n&#8217;y a rien en dehors des discussions sur les idées reçues (et elles sont très tenaces).</p>
<p>Je suppose que c&#8217;est un peu pareil que le préjugé hétéro selon lequel les homos n&#8217;arrivent jamais à nouer des relations stables. Sauf que là, les homos aussi ont ce préjugé à notre égard&#8230;</p>
<p>En dehors de la question de la fidélité, il y a aussi, plus immédiatement, la question du coming-out. Non pas du coming-out en général (je n&#8217;ai pas caché mon premier amour homo, ni au départ ni par la suite, et je n&#8217;ai pas eu de problème particulier, ni dans ma famille, ni avec mes amis : j&#8217;ai eu plutôt de la chance de ce point de vue), mais du fait de devoir annoncer ma bisexualité aux gens avec qui j&#8217;aurais envie de sortir. Je n&#8217;ai pas envie de dissimuler cet aspect de moi, et encore moins de tromper mes petit(e)s ami(e)s. Mais cela m&#8217;inquiète. Maintenant, chaque fois qu&#8217;une fille ou un garçon me plaît, je sais que je vais devoir lui en parler, et j&#8217;ai peur d&#8217;être rejeté, explicitement ou implicitement, parce que j&#8217;aime les deux sexes. Ça ne m&#8217;est encore jamais arrivé, mais je me sens moins à l&#8217;aise quand quelqu&#8217;un me plaît.</p>
<p>Jusqu&#8217;à présent, j&#8217;ai surtout senti ce changement avec les filles, mais, en fréquentant les associations, je me suis rendu compte qu&#8217;il existe aussi chez les gays une incompréhension de la bisexualité qui peut facilement mener au rejet. Le mot &#8220;biphobie&#8221; n&#8217;a pas l&#8217;air très connu, et il est parfois pris à la blague (un peu comme certains hétéros sourient en entendant dire Le Grand Mot &#8220;homophobie&#8221;). Du coup, je commence à me demander si je ne risque pas aussi de me faire rejeter en approchant un garçon&#8230; et ça ne m&#8217;aide pas à vaincre ma timidité.</p>
<p><strong>Invisibilité</strong></p>
<p>Ce qui me sidère, c&#8217;est que les bi sont à peu près invisibles, et ça ne me rassure pas du tout, parce que je n&#8217;ai pas envie de passer pour une espèce de phénomène curieux. Or, dans les médias généralistes, l&#8217;homosexualité ou les relations homosexuelles éclipsent complètement la bisexualité. Dans un film ou un livre, dès qu&#8217;un personnage a une relation avec un personnage du même sexe, on va le qualifier d&#8217;homosexuel, même quand il a des relations hétéro dans le même film/livre ! Autrement dit, alors même qu&#8217;on voit apparaître peu à peu des bi, dans les livres, les chansons, les films (ah, Louis Garrel dans &#8220;Les Chansons d&#8217;amour&#8221; !), on ne les voit qu&#8217;à travers le filtre de l&#8217;homosexualité, et on ne les définit pas comme bi. Un comble !</p>
<p>La même chose se passe pour les bisexuels célèbres : quand on parle de Verlaine et de Rimbaud, on parle de leur homosexualité, alors que Verlaine était franchement bisexuel (son mariage était tout sauf blanc, et il suffit de lire ses poèmes porno pour se mettre définitivement les idées au clair&#8230;).</p>
<p>De la même façon, on parle de l&#8217;homosexualité en Grèce antique ou dans la Rome antique, comme s&#8217;il n&#8217;y avait eu que des homosexuels purs et durs, alors que ces sociétés étaient entièrement basées sur une bisexualité codifiée. Dans les textes d&#8217;auteurs LGBT, la différence est faite, mais ailleurs, les bi disparaissent complètement. Les choses changent peu à peu chez certains universitaires rigoureux, par exemple avec le livre d&#8217;Eva Cantarella sur la bisexualité en Grèce antique, mais c&#8217;est encore loin d&#8217;être l&#8217;usage courant.</p>
<p>Et dans les médias généralistes, il n&#8217;y a pratiquement rien sur la bisexualité. Ou bien pire que rien, c&#8217;est-à-dire des évocations de la bisexualité sous le seul angle de la grande partouze défouloir, qui font apparaître la bisexualité comme une pratique sexuelle osée et sulfureuse&#8230;</p>
<p>Dans les médias LGBT, on cite les bi&#8230; sous la forme du B dans &#8220;LGBT&#8221; ou la plupart du temps. Je ne crois pas avoir jamais vu d&#8217;article parlant spécifiquement des problèmes des bi, des interrogations propres qui sont les leurs, ou de la biphobie. Nous ne sommes pas les seuls ignorés (je ne pense pas que les personnes intersexes, par exemple, soient mieux loties que nous, au contraire) mais le résultat est le même : on ne nous voit pas, et il faut que cela change.</p>
<p>On peut se demander pourquoi il n&#8217;existe à ce jour en France qu&#8217;une (à ma connaissance) association spécialement bi (Bi&#8217;cause, à Paris). Ce serait un peu rapide d&#8217;en conclure qu&#8217;il n&#8217;y a pas de communauté bi, qu&#8217;il ne peut pas y en avoir, ou bien qu&#8217;il n&#8217;y a pas de besoin pour une telle communauté. A cet égard, la différence avec le monde anglo-saxon est flagrante : aux Etats-Unis et au Canada, les bi sont beaucoup plus visibles, et il y a de quoi être jaloux de tout ce qui se fait là-bas. Voyez l&#8217;Institute of Bisexuality, par exemple. La situation est loin d&#8217;être idéale non plus (voyez les préjugés auxquels est confronté Rose, l&#8217;héroïne de la websérie &#8220;A Rose by Any Other Name&#8221;), mais c&#8217;est nettement mieux tout de même.</p>
<p>Bizarrement, le site qui me paraît le plus à l&#8217;aise avec la notion de bisexualité est&#8230; TVtropes, qui accomplit un formidable travail de décortiquage des clichés et des stéréotypes à propos des bi (et de toutes sortes d&#8217;autres gens) dans les fictions.<br />
Une anecdote pour finir : je fréquente un site de rencontre, okcupid, très gay-friendly (au moins dans ses mécanismes) : on peut s&#8217;y définir comme bi sans problème. En revanche, il n&#8217;y a pas de fonction qui permette de recherche spécifiquement des bi (pour draguer ou pour partager ses expériences). On peut choisir de rechercher des hétéros ou des homos, de l&#8217;un ou l&#8217;autre sexe, mais pas des bi. Autrement dit, nous existons, mais nous sommes introuvables. De là à y voir un symbole de notre invisibilité actuelle&#8230;</p>
<p>L&#8217;ami dont j&#8217;étais tombé amoureux, plus d&#8217;un an après ma déclaration, m&#8217;a dit que je l&#8217;avais convaincu de l&#8217;existence des bi : avant, il n&#8217;y croyait pas. C&#8217;est déjà ça, mon expérience a servi à quelque chose. Mais de nos jours, en 2012, après toutes les luttes des LGBT, en est-on encore là pour les bi ?</p>
<p>Pierre, Paris</p>
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