Une homophobie bien ancrée dans la droite française.
Dans d’un entretien vidéo de plus de vingt minutes mis en ligne le 10 février sur le site de l’association catholique Liberté politique, le député UMP Christian Vanneste définit l’homosexualité comme une doctrine. «Qu’est-ce qu’un homosexuel? C’est quelqu’un qui refuse l’autre», assène-t-il à l’écran. Dans son long monologue il en vient à évoquer la «légende de la déportation des homosexuels en France».
Soutenu par Christine Boutin qui défend la doctrine du Vatican, ce n’est pas la première fois que Christian Vanneste crée une polémique en lien avec l’homosexualité. En 2009, il affirmait sur le plateau de C dans l’air que l’homosexualité serait «liée au narcissisme et à l’individualisation rutilant de notre société», ajoutant que «les couples homosexuels (…) ne sont pas forcément ceux qui boivent le moins et ceux qui consomment le moins de drogues».
Une note de blog publiée en 2010 a également provoqué un tollé. Le député UMP y affirmait que «l’opposition outrancière entre pédophilie et homosexualité n’est pas fondée en raison des tendances assez fréquentes dans l’histoire qui ignorent la frontière juridique de l’âge».
Plus récemment, en juin dernier, Christian Vanneste avait expliqué que, selon lui, le mariage entre deux personnes de même sexe était «une aberration anthropologique», ajoutant que la société devait assurer sa pérennité «par le mariage des hommes et des femmes», établissant une hiérarchie entre couple homosexuel et couple hétérosexuel.
Ces déclarations font suite à la polémique lancée début février 2012 par Claude Guéant qui déclarait plus largement «toutes les civilisations ne se valent pas».
Dans le virage «à droite toute» que prend Nicolas Sarkozy dans son programme annoncé dans Figaro Magazine du 11.02.2012, le ton est de nouveau donné pour stigmatiser des populations indésirables par l’annonce de référendums, l’un sur les chômeurs, l’autre sur les immigrés … Mais les homosexuels ne sont pas de reste et se voient répondre à leurs demandes d’EGALITE: «En ces temps troublés où notre société a besoin de repères, je ne crois pas qu’il faille brouiller l’image de cette institution sociale essentielle qu’est le mariage». Trois jours plus tard, le sénateur et ancien président UMP du Sénat Gérard Larcher revient à la charge en se prononçant contre le mariage homosexuel et positionnant «la famille» comme le seul «point d’ancrage».
En 2007, le président de l’UMP, Nicolas Sarkozy, s’est prononcé à plusieurs reprises, dont le 1er septembre 2006, contre le mariage civil homosexuel. Il propose alors un nouveau contrat d’union civile donnant les mêmes droits aux couples de même sexe qu’aux couples mariés. Toutefois, ces promesses n’ont pas abouti. L’UMP est opposée au mariage homosexuel, malgré les demandes de Gay Lib, mouvement associé à l’UMP, qui réclame la création d’un statut d’union civile. Jean-Luc Roméro, qui a longtemps abordé les problématiques LGBT (Lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres) au sein de l’UMP, a démissionné de l’UMP et créé son propre courant, «Aujourd’hui autrement», reprochant à l’UMP de ne pas évoluer suffisamment sur ce sujet.
A l’aube de l’élection présidentielle 2012, les vieux démons homophobes resurgissent, de quoi ramener au bercail l’électorat catholique de Christine Boutin ou de François Bayrou et … celui du FN! Ou s’agirait-il d’occulter un embarrassant bilan? Les homosexuels seraient-ils pris en otages?
Nier la déportation des homosexuels n’est pas une opinion, c’est un délit.
Le député UMP Vanneste nie désormais la déportation des homosexuels en France, comme Jean-Marie LE PEN à nié l’existence des chambres à gaz. L’argument négationniste a pour stratégie de remettre au goût du jour le projet pétainiste TRAVAIL-FAMILLE-PATRIE. Au sein de la droite française, la chasse aux voix homophobes est ouverte.
Les faits historiques sont pourtant là pour rappeler que l’holocauste est la plus sauvage persécution que les homosexuels aient connue. Dès 1928 le parti nazi déclare: «Quiconque est, et même pense à l’amour homosexuel est notre ennemi». En 1935 une loi impose la stérilisation des «malades», à savoir: «homosexuels, schizophrènes, épileptiques, aveugles, malformés». Les lesbiennes n’ont pas échappés aux camps, portant le TRIANGLE NOIR des asociaux (et non le TRIANGLE ROSE car mettant moins en péril la pureté du sang allemand). Il n’est pas anodin de rappeler que les tziganes (les ROMS) portaient dans les camps le TRIANGLE
VIOLET… Les TRIANGLES ROSES des homosexuels sont avec les ETOILES JAUNES des juifs (2 TRIANGLES entrecroisés), les plus exposés à la mort.
Les homosexuels étaient placés par les bourreaux dans les catégories les plus basses du camp. Avec la complaisance fréquente des TRIANGLES ROUGES (les politiques), les homosexuels étaient les premiers condamnés car jugés moins utiles à la résistance. Ils avaient les plus grandes difficultés à être respectés par leurs codétenus pour tenter de survivre. Couchaient-ils avec les autres hommes déportés? Seuls les TRIANGLES ROSES le reconnaissent. Couchaient-ils avec les allemands? Parfois. Un TRIANGLE ROSE de l’Association Les Flamands Roses en donnera une illustration: «Je n’avais comme issue que de me placer de nouveau sous la protection d’un doyen du camp ou d’un kapo qui me garantirait ma nourriture et qui tiendrait à distance tous ceux qui pouvaient me faire des offres … En échange, je devais être son ami et partager son lit lorsque mon protecteur en éprouverait le désir. Chaque chose a son prix.»
Les médecins SS pratiquèrent des expériences qui ne concernaient que les homosexuels ayant pour but de guérir cette «maladie», en injectant des hormones synthétiques dans l’aine droite.
En France, dès 1942 Pétain signe un texte de loi réprimant les homosexuels. La collaboration de la police française permettra à la Gestapo d’arrêter et de déporter par milliers les homosexuels. Le gouvernement de Vichy voulait ainsi préserver les «VALEURS» de la «FAMILLE»… A la libération, le refus de la reconnaissance de la déportation homosexuelle est lié à l’ordonnance du 8 février 1945 perpétuant la pénalisation. Elle fut signée par De Gaulle qui prétendait vouloir une France Libre! Libre des occupants certes, mais pas des discriminations.
Il faudra attendre 1982 avant d’entendre sur les ondes la déclaration de François Mitterrand au Sénat: «La France doit cesser d’ignorer ce qu’elle doit aux homosexuels». Dans les réformes, c’est en 1999 sous le gouvernement Jospin que fut voté un «PACS», contrat de partenariat entre deux personnes majeures quel que soit leur sexe, ayant pour objet d’organiser leur vie commune. Un premier pas significatif donnant aux homosexuels la liberté de s’unir civilement. Loin cependant de la devise d’EGALITE bien mise à mal aujourd’hui … Lire le reste de cet article »