Mariage pour tous: doit-on s’attendre à un déferlement homophobe sur la toile?

christineBoutinFrance3 Vianney, est issu de la génération internet et s’est construit en partie sur les forums de discussion, sur lesquels il a pu connaitre ses premiers émois. Passionné de politique il a connu les débats sur le Pacs et leurs déferlements homophobes. Aujourd’hui il s’interroge sur l’évolution des mentalités: la politique a beaucoup changé en 13 ans, et à l’heure des réseaux sociaux, que seront les débats sur le mariage pour tous?

“Je suis un gay issu d’une génération un peu particulière, né en 1987, j’attaque prochainement mes 25 ans, l’âge fatidique pour certains. J’ai donc grandi avec l’arrivée d’internet. A l’heure où les gamins de 5 ans apprennent déjà à bidouiller des iPads, je fais partie de ceux qui ont découvert, dans leurs années collège, la magie d’internet et ses subtilités. Caramail faisait mon bonheur dès 2001, où je pouvais commencer à découvrir mes premiers émois sentimentaux et sexuels. Mais il ne faut pas oublier que ces années là ont été aussi celles d’une bataille législatives âpre et amère.

Entre «Cara», MSN et le collège, j’ai eu aussi une autre occupation, et elle est toujours présente, c’est l’actualité et la politique. Eh oui, à 11 ans, on peut être capable de comprendre la politique, les institutions, les enjeux, les partis et autres thèmes importants de notre pays… Bien qu’étant né dans une famille loin des traditions, je n’ai jamais eu l’occasion de parler sexualité avec mes parents. Je me suis fait mon éducation sexuelle tout seul. Au niveau politique, je me suis fait ma conscience par moi-même, sans influence familiale.

1998 et le Pacs: florilège de propos consternants
Le souci c’est que, quand on commence à comprendre ce que l’on est sexuellement, on s’intéresse à tout ce qui tourne autour. Et c’est en entrant en 6ème que, comprenant mes émois naissants, je m’intéresse à la question. Nous sommes en 1998 et le Pacs est en discussion à l’Assemblée. On assiste alors à un florilège de propos plus consternants les uns que les autres: Pacte de contamination sidaïque, les cliniques vétérinaires, la déviance, les tantes qui veulent se marier. Et je ne cite que les propos de certains parlementaires. Ceux de la rue sont édifiants, relayés en masse par les médias suite à la manifestation du 31 janvier 1999. «Pas de neveux pour les tantouses». J’ai acquis la conviction profonde que la droite nous détestait, et aujourd’hui je n’arrive toujours pas à enlever de ma mémoire ces propos, entendus quand moi-même, je me posais la question de ma «normalité».

Treize ans plus tard, un socialiste revient au pouvoir. Et l’engagement 31 du Président François Hollande est maintenant connu et répété. Mais le temps a passé, on peut ainsi penser que les clameurs et cris cesseront. C’est là où j’exprime une crainte. En 13 ans, la politique également a changé. Je risque de m’attirer des foudres, mais à une époque où l’on voyait Fourcade et Mitterrand s’échanger de longs monologues ponctués par des nombreux chiffres, dans le calme et le respect, aujourd’hui, on assiste à des échanges musclés, vulgaires, criés à qui poussera la voix la plus forte, entre Mélenchon et Morano. La violence s’est installée en politique depuis 2005 – 2006 avec un ancien ministre de l’Intérieur, devenu locataire de l’Elysée. Et les militants et citoyens prennent exemple dessus.

Utiliser les mêmes armes?
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***ALERTE HOMOPHOBIE***

vannesteUne homophobie bien ancrée dans la droite française.

Dans d’un entretien vidéo de plus de vingt minutes mis en ligne le 10 février sur le site de l’association catholique Liberté politique, le député UMP Christian Vanneste définit l’homosexualité comme une doctrine. «Qu’est-ce qu’un homosexuel? C’est quelqu’un qui refuse l’autre», assène-t-il à l’écran. Dans son long monologue il en vient à évoquer la «légende de la déportation des homosexuels en France».

Soutenu par Christine Boutin qui défend la doctrine du Vatican, ce n’est pas la première fois que Christian Vanneste crée une polémique en lien avec l’homosexualité. En 2009, il affirmait sur le plateau de C dans l’air que l’homosexualité serait «liée au narcissisme et à l’individualisation rutilant de notre société», ajoutant que «les couples homosexuels (…) ne sont pas forcément ceux qui boivent le moins et ceux qui consomment le moins de drogues».

Une note de blog publiée en 2010 a également provoqué un tollé. Le député UMP y affirmait que «l’opposition outrancière entre pédophilie et homosexualité n’est pas fondée en raison des tendances assez fréquentes dans l’histoire qui ignorent la frontière juridique de l’âge».

Plus récemment, en juin dernier, Christian Vanneste avait expliqué que, selon lui, le mariage entre deux personnes de même sexe était «une aberration anthropologique», ajoutant que la société devait assurer sa pérennité «par le mariage des hommes et des femmes», établissant une hiérarchie entre couple homosexuel et couple hétérosexuel.

Ces déclarations font suite à la polémique lancée début février 2012 par Claude Guéant qui déclarait plus largement «toutes les civilisations ne se valent pas».
Dans le virage «à droite toute» que prend Nicolas Sarkozy dans son programme annoncé dans Figaro Magazine du 11.02.2012, le ton est de nouveau donné pour stigmatiser des populations indésirables par l’annonce de référendums, l’un sur les chômeurs, l’autre sur les immigrés … Mais les homosexuels ne sont pas de reste et se voient répondre à leurs demandes d’EGALITE: «En ces temps troublés où notre société a besoin de repères, je ne crois pas qu’il faille brouiller l’image de cette institution sociale essentielle qu’est le mariage». Trois jours plus tard, le sénateur et ancien président UMP du Sénat Gérard Larcher revient à la charge en se prononçant contre le mariage homosexuel et positionnant «la famille» comme le seul «point d’ancrage».

En 2007, le président de l’UMP, Nicolas Sarkozy, s’est prononcé à plusieurs reprises, dont le 1er septembre 2006, contre le mariage civil homosexuel. Il propose alors un nouveau contrat d’union civile donnant les mêmes droits aux couples de même sexe qu’aux couples mariés. Toutefois, ces promesses n’ont pas abouti. L’UMP est opposée au mariage homosexuel, malgré les demandes de Gay Lib, mouvement associé à l’UMP, qui réclame la création d’un statut d’union civile. Jean-Luc Roméro, qui a longtemps abordé les problématiques LGBT (Lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres) au sein de l’UMP, a démissionné de l’UMP et créé son propre courant, «Aujourd’hui autrement», reprochant à l’UMP de ne pas évoluer suffisamment sur ce sujet.

A l’aube de l’élection présidentielle 2012, les vieux démons homophobes resurgissent, de quoi ramener au bercail l’électorat catholique de Christine Boutin ou de François Bayrou et … celui du FN! Ou s’agirait-il d’occulter un embarrassant bilan? Les homosexuels seraient-ils pris en otages?

Nier la déportation des homosexuels n’est pas une opinion, c’est un délit.trianglerose
Le député UMP Vanneste nie désormais la déportation des homosexuels en France, comme Jean-Marie LE PEN à nié l’existence des chambres à gaz. L’argument négationniste a pour stratégie de remettre au goût du jour le projet pétainiste TRAVAIL-FAMILLE-PATRIE. Au sein de la droite française, la chasse aux voix homophobes est ouverte.

Les faits historiques sont pourtant là pour rappeler que l’holocauste est la plus sauvage persécution que les homosexuels aient connue. Dès 1928 le parti nazi déclare: «Quiconque est, et même pense à l’amour homosexuel est notre ennemi». En 1935 une loi impose la stérilisation des «malades», à savoir: «homosexuels, schizophrènes, épileptiques, aveugles, malformés». Les lesbiennes n’ont pas échappés aux camps, portant le TRIANGLE NOIR des asociaux (et non le TRIANGLE ROSE car mettant moins en péril la pureté du sang allemand). Il n’est pas anodin de rappeler que les tziganes (les ROMS) portaient dans les camps le TRIANGLE

VIOLET… Les TRIANGLES ROSES des homosexuels sont avec les ETOILES JAUNES des juifs (2 TRIANGLES entrecroisés), les plus exposés à la mort.

Les homosexuels étaient placés par les bourreaux dans les catégories les plus basses du camp. Avec la complaisance fréquente des TRIANGLES ROUGES (les politiques), les homosexuels étaient les premiers condamnés car jugés moins utiles à la résistance. Ils avaient les plus grandes difficultés à être respectés par leurs codétenus pour tenter de survivre. Couchaient-ils avec les autres hommes déportés? Seuls les TRIANGLES ROSES le reconnaissent. Couchaient-ils avec les allemands? Parfois. Un TRIANGLE ROSE de l’Association Les Flamands Roses en donnera une illustration: «Je n’avais comme issue que de me placer de nouveau sous la protection d’un doyen du camp ou d’un kapo qui me garantirait ma nourriture et qui tiendrait à distance tous ceux qui pouvaient me faire des offres … En échange, je devais être son ami et partager son lit lorsque mon protecteur en éprouverait le désir. Chaque chose a son prix.»

Les médecins SS pratiquèrent des expériences qui ne concernaient que les homosexuels ayant pour but de guérir cette «maladie», en injectant des hormones synthétiques dans l’aine droite.

En France, dès 1942 Pétain signe un texte de loi réprimant les homosexuels. La collaboration de la police française permettra à la Gestapo d’arrêter et de déporter par milliers les homosexuels. Le gouvernement de Vichy voulait ainsi préserver les «VALEURS» de la «FAMILLE»… A la libération, le refus de la reconnaissance de la déportation homosexuelle est lié à l’ordonnance du 8 février 1945 perpétuant la pénalisation. Elle fut signée par De Gaulle qui prétendait vouloir une France Libre! Libre des occupants certes, mais pas des discriminations.

Il faudra attendre 1982 avant d’entendre sur les ondes la déclaration de François Mitterrand au Sénat: «La France doit cesser d’ignorer ce qu’elle doit aux homosexuels». Dans les réformes, c’est en 1999 sous le gouvernement Jospin que fut voté un «PACS», contrat de partenariat entre deux personnes majeures quel que soit leur sexe, ayant pour objet d’organiser leur vie commune. Un premier pas significatif donnant aux homosexuels la liberté de s’unir civilement. Loin cependant de la devise d’EGALITE bien mise à mal aujourd’hui … Lire le reste de cet article »

Lettre aux Homosexuels de France

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Lady Marine : nouvelle icône Gay en 2012 ?


C’est à cause d’une profonde inquiétude que je me permets de venir vous faire part de ma peur et de mon désarroi face à l’ampleur d’un phénomène épouvantable, dont je suis resté spectateur depuis quatre mois maintenant. Dès septembre dernier, plusieurs homosexuels que je connaissais de longue date, ou que je venais de rencontrer, m’ont avoué leur intention de voter madame Le Pen à la prochaine élection présidentielle. Je n’ai alors pas prêté plus d’attention à ces idées folles, que je croyais éphémères. Sauf que cet aveu, je l’ai entendu bon nombre de fois depuis jusqu’à très récemment, et la sensation d’un malaise croissant est venue me heurter. C’est à ce moment-là que j’ai pris peur d’assister, impuissant, à la banalisation de la pire des choses. Cette crainte ne m’a depuis plus quitté et c’est elle qui me pousse aujourd’hui à prendre de votre temps, afin que la tragédie identitaire qui traverse notre communauté soit désormais connue de tous, afin qu’ensemble nous puissions retrouver justesse, raison et espoir. Car ce qui me donne tant de frayeurs, c’est que l’intempestive séduction que madame Le Pen jette aux yeux des Français ait reçu bien des échos positifs au sein même de notre communauté. Oui mes amis, j’ai l’insoutenable impression que tous les voyants sont au rouge quand je vous vois et vous entends défendre sans honte les mérites d’une politique que vous devriez fuir, que vous devriez combattre. Il est temps de craindre ; craindre que le désespoir de certains et le dépit des autres nous conduisent dans les mailles d’un filet, que nous ne pouvons ignorer comme dangereux pour notre communauté, et pour la France.

L’extrême-droite n’est pas, n’a jamais été, et ne sera jamais gay-friendly

Mes chers frères et sœurs gays et lesbiennes, laissez-moi vous dire que sous son masque de modernité, de dynamisme et de fraîcheur, rien n’a changé ; car l’idéologie de madame Le Pen est la même que celle des dictateurs du temps jadis. Qu’importe qu’elle ait mis de l’eau dans son vin, et de l’humour dans ses discours, grand bien lui fasse ; elle n’en reste pas moins le visage d’un extrémisme fondé sur le fascisme, sur la haine, sur le racisme, l’injustice et l’anti-LIBERTÉ. Et ce n’est pas sa faute, c’est le poids de son éducation, de son identité, d’une culture et d’un mode de vie, qui mes amis, je vous le jure, ne sont pas les nôtres. N’oubliez pas que l’extrême-droite n’est pas, n’a jamais été, et ne sera jamais gay-friendly. Car enfin, comprenez bien que votre Marine ne viendra pas seule ; et que ses fidèles, ses proches, ses disciples, ses électeurs de toujours, eux ne seront absolument pas en osmose avec nos modes de vies ! Vous me dites qu’elle est différente, qu’elle est plus douce, mais comment pouvez-vous m’expliquer qu’elle soit la seule ? Ne voyez-vous pas qu’elle est la jolie fleur au milieu des orties, qu’aller la cueillir c’est aller dans les ennuis ? Que voter Le Pen c’est offrir notre image, notre héritage, notre culture à toutes sortes d’extrémistes, de radicaux, de fanatiques qui n’auront pour seul but que d’imposer leur style de vie et leur haine face à tout ce qui n’est pas comme eux. Dont nous. Que vous arrive-t-il mes amis ? Vous qui vous indigniez, hier encore, des propos à tendance homophobe de madame Boutin, vous vous laissez aujourd’hui séduire par bien pire et bien plus perfide. Vous me faites nerveusement rire, quand je vous entends me dire que rien ne changera car aujourd’hui avec internet, tout est différent. Mais réveillez-vous, internet ce n’est pas naturel, on vous le donne, on peut vous le reprendre, on peut le réduire, le surveiller, le contrôler ; au contraire, c’est un fichage très dangereux dans des mains qui chercheront à assouvir l’élargissement d’une nouvelle idéologie. Comment pouvez-vous croire que le Marais sera épargné du tumulte extrémiste qui naîtra à Paris et ailleurs ? Je suis bien d’accord avec vous, ce n’est pas madame Le Pen qui viendra avec un énorme trousseau fermer les différents bars, boutiques et boîtes gays ; mais pensez à tous les extrémistes qui auront alors droit d’actes et de paroles et qui trouveront bien le moyen de faire le ménage, en grignotant jour après jour nos libertés, nos droits et nos vies. Et personne ne viendra nous soutenir car l’embrigadement de la pensée aura déjà débuté son œuvre. Alors, vous vous rendrez compte qu’il est trop tard, que ça recommence. Que vous avez fait l’erreur de croire que cela serait différent. Tout ceci ce n’est pas moi qui le dis, c’est notre Histoire. Combien de films, combien de témoignages, de documentaires, de romans avons-nous sur la terrible Histoire de l’Europe fasciste ? Comment pouvez-vous aujourd’hui être prêts à confier nos droits homosexuels à des gens qui par le passé ont tout fait pour nous empêcher de les acquérir ? Mes frères, mes sœurs, je vous en prie, ressaisissez-vous. Gay n’est pas Front National. Lire le reste de cet article »