Mon fils est gay, je suis un papa heureux

plage“Je suis un papa heureux.
Quand j’ai rencontré sa maman, ma compagne depuis 22 ans, nous avons tout de suite pensé à concrétiser notre amour naissant par la naissance d’un bébé. Elle ne pouvait parait-il pas avoir d’enfant, et voilà, ça s’est fait tout seul, et notre bébé est là.
En bonne santé, souriant, merveilleux.
Et il a grandi, en bonne santé, souriant, merveilleux.
Mon fils est un garçon, (pardon un homme) exceptionnel. Je conteste au monde entier le droit d’insinuer le contraire.
Nous étions bien un peu tracassés par le fait qu’il ne “fréquente” pas ou peu de copines. Personnellement, j’ai toujours pensé que chaque chose vient en son heure. Pas de dictature du sexe politiquement correct. J’ai toujours aussi voulu lui foutre la paix et le laisser vivre sa vie.
Un jour que nous étions tous les deux au resto, il choisit de m’en parler.
Juste par la bande, disant qu’il n’aurait pas d’enfant…
J’ai mis quelques minutes à comprendre.
Et puis viennent les émotions. Tout d’abord: la fierté. J’étais l’élu, celui qui fut choisi pour confier le coeur de l’intime. Quelle preuve de confiance! J’en ai été extrêmement flatté, je le suis encore. Merci et encore merci de m’avoir fait confiance.
Ensuite, l’angoisse et la déception. Lire le reste de cet article »

Enfant de lesbienne, je vais bien, merci.

famillehomo Le projet de loi sur le mariage pour tous et l’adoption par les couples homosexuels est en ce moment au coeur de l’actualité. Alors que les détracteurs prônent l’intérêt de l’enfant, il est bon de se pencher sur ce que ces fils et filles de gays et de lesbiennes ont à nous dire. L’un d’entre eux a souhaité témoigner pour TÊTU.

“Ma mère est lesbienne et je vais bien, merci.

Alors comme ça ma vie est un désastre ? Pourtant j’avais l’impression d’aller plutôt bien – pour m’abaisser à des considérations purement matérielles : je viens de terminer mon master en journalisme, vais signer un CDI, m’installe dans un appartement sympa et suis heureux avec ma copine – mais une partie de la population de ce pays a décidé que je devais aller mal. La cause ? Ma mère est lesbienne. Oui, ma mère, il n’y en a qu’une seule, désolé. Car avant cela ma mère était avec mon père, mariée même, mais elle avait le droit puisqu’on n’empêche pas encore les gays de se marier avec une personne du sexe opposée. J’ai donc aussi un papa, que je connais, mais avec qui j’ai peu vécu.

Une maman et une belle maman dans la même maison
Manipulations maternelles diront certains qui voudront faire briller dans notre belle société le rôle de patriarche. Malheureusement non. Ma mère s’est battue, oui, mais pour que mon père continue à nous voir, malgré son manque d’engouement à jouer son ”rôle” qu’on nous ressort à toutes les sauces. Donc je suis une sorte d’hybride qui, à partir de ses 7 ou 8 ans, a vécu avec une maman et une belle maman dans la même maison. Depuis cet âge, j’ai grandi dans un monde où on m’a appris avant tout à être moi-même, à assumer mes différences et a accepter celles des autres. Non, je ne suis pas gay, je ne pense pas que cela soit transmissible ni génétiquement, ni par l’éducation. Ce que l’on m’a en revanche permis de comprendre, c’est que les notions comme la virilité ou la domination n’étaient en fait que de vulgaires apparats. C’est vrai, je suis sensible, exubérant, je me moque du regard des autres, et j’ai beaucoup de mal à comprendre en quoi certaines différences gênent. Mon père s’est remarié avec une femme. Pourquoi ma mère n’aurait-elle pas le droit ? Non pas qu’elle en ait spécialement envie, mais simplement pourquoi n’en a t-elle pas la possibilité ? Sa compagne a un rôle dans ma vie, elle a contribué à mon éducation, elle possède la moitié de la maison dans laquelle j’ai grandi, pourquoi il est impossible d’officialiser juridiquement ce qui existe déjà ?

La haine et la violence me choquent. Je n’ai jamais compris la Gay Pride puisque pour moi l’homosexualité fait partie du quotidien et je la vis comme une normalité parmi tant d’autres. Comment peut-on affirmer que deux personnes d’un même sexe ne peuvent pas élever un enfant ? Regardez autour de vous le nombre de divorces, de familles recomposées, d’enfants trimbalés, de familles nombreuses qui n’ont pas les moyens de s’assumer et expliquez moi en quoi grandir avec deux femmes ou deux hommes constitue un mal. De quoi as-t-on peur au fond ? Je n’arrive pas à comprendre. Je n’arrive pas à sentir que j’ai un problème parce que j’ai été élevé par deux femmes. Bien sûr, on me répondra que j’avais quand même un père. Mais malgré tout l’amour que je lui porte, il n’a pas été ce que j’appelle mon ”référent masculin”. Car oui, je pense qu’il est important de fréquenter les deux sexes et d’avoir des liens forts avec les deux, mais tout comme un enfant adopté peut grandir sainement, je ne pense pas que ces liens doivent avoir nécessairement des rapports de sang. Bien évidemment certains doutes, certaines questions ne pouvaient trouver leurs réponses auprès de mes ”deux mamans”, mais il ne m’a jamais été interdit ou reprochée de nouer des liens forts avec des hommes, que ce soit un oncle, un professeur ou un ami tout simplement.

Un enfant normal
Je ne me suis jamais battu pour les droits des homosexuels, peut-être parce qu’ils me semblaient trop évidents pour que j’ai l’impression d’avoir quelque chose de plus à ajouter. Je ne suis pas non plus spécialement pour le mariage en tant qu’institution héritée d’une religion fruste. Mais je me sens attaqué au quotidien maintenant. Ce que ma mère m’a toujours fait vivre d’une manière la plus naturelle et convenable possible m’est renvoyé en pleine face plus de 15 ans après par des personnes dont le manque d’ouverture me donne littéralement envie de vomir. Je ne vois pas ce que le mariage gay va changer dans la vie d’un hétérosexuel. Ont-ils peur de se découvrir de nouvelles passions ? Que leurs enfants assument leur nature en plein jour alors qu’on essayait à tout prix de les ‘’soigner” ? J’avais l’impression d’avoir été un enfant normal avant que ces ”anti” viennent soulever de faux problèmes et ne m’indignent à chaque parole prononcée. Être gay n’est pas un choix, être tolérant en est un. Ma mère est lesbienne et je vais bien, merci. Je ne pense pas être l’exception qui confirme la règle. J’ai choisi d’écrire cela car je pense que c’est aujourd’hui aux enfants de gays de faire comprendre qu’ils ne sont pas moins heureux que les autres. Je ne signerai pas, car malheureusement aujourd’hui il faut encore se protéger de ceux qui ne comprennent pas, de ceux qui vont ”casser du pédé” en manif, de ceux qui ne veulent pas que leurs voisins aient les même droits qu’eux.”

Fuir mon pays?

Je suis un jeune Marocain, et je souhaite publier mon histoire.

1989: À l’âge de 4 ans, je me fais violer par un voisin qui est plus âgé que moi. De crainte que toute la famille soit au courant, mes parents ne dépose pas plainte. Ils se limitent à déménager du quartier où nous habitions.

1999: À 14 ans, je commence à développer une certaine attirance pour le sexe masculin. Je m’inscris à une salle de sport pour avoir le maximum de contact avec des personnes de mon sexe. À l’époque, j’ignorais complètement la raison et la signification de cette attirance.

2000: Je commence à m’inquiéter, à vivre dans l’anxiété, les doutes… Je n’arrive pas à comprendre la raison pour laquelle, je suis attiré de plus en plus par les personnes de sexe masculin. Pendant les vacances d’hiver, je me retrouve seul avec une cousine, qui veut qu’on ait un moment intime. Elle commence à me caresser, à m’embrasser … elle est très belle, mais je suis dégoûté par cette idée, et je refuse qu’on fasse l’amour ou que l’on continue à flirter. J’ai d’abord pensé que cette réaction était due au trac, mais quelques mois plus tard, je découvre ma vérité – une vérité qui m’a surpris, choqué, et qui a changé ma vie – lors de la préparation pour l’examen final de la dernière année de collège: Pendant que je révise avec un pote, je lui propose de simuler une scène de flirt. Je lui dis que c’est juste pour que le jour où nous allons avoir un contact direct avec le sexe féminin, nous soyons des experts en flirt. Sauf que la simulation se termine par faire l’amour. À ce moment-là, j’ai des sentiments mêlés. Je suis heureux de ce que j’ai fait et en même tant, j’ai peur de ce que je suis: un homosexuel. Car oui, j’ai compris la nature de mon orientation. Je passe alors quelques jours seul à réfléchir. J’ai peur que mes parents découvrent la vérité sur leur fils, j’ai peur du regard de la société. Et je pense alors pour la première fois à mettre fin à ma vie. J’ai 15 ans. Lire le reste de cet article »

Bertrand, 44 ans, Lens

feux d'artificeMon coming out

Je m’appelle Bertrand, j’ai 43 ans. Je sais que je suis gay depuis l’âge de 14 ans. En tant que fils unique, je considérais comme impossible mon coming out auprès des mes parents. La peur qu’ils me rejettent, la peur de, finalement, me retrouver tout seul, sans plus personne sur qui compter, la peur que mon père rejette la faute sur ma mère, la peur d’être jugé sur ma vie, mes sorties, mes amis…

Je prenais un colocataire

À 23 ans, j’ai décidé de prendre mon indépendance pour mettre un peu de distance entre nous, tout en ne m’éloignant pas trop. J’ai alors fait de superbes rencontres et vécu plusieurs vies avec l’espoir de vivre le grand amour et de m’installer avec mon mec. Après plusieurs relations qui ont duré plus ou moins longtemps, vers mes 30 ans, j’ai finalement rencontré David, un gentil garçon plus jeune de 5 ans. Il avait un passé de dragueur. Il me l’avait dit dès notre première rencontre: «j’ai couché avec plus de 300 mecs» (j’en été loin). Pourtant, un an plus tard, nous nous installions ensemble chez moi. J’ai alors annoncé à mes parents que je prenais un colocataire, prétextant des factures et un loyer à alléger. Ils ne m’ont rien dit de particulier et nous allions régulièrement chez eux pour Noël, les anniversaires… Le sujet du coming out étant cependant toujours évité avec ruses!! Au bout de 5 ans, la relation s’est dégradée. Après presque 7 ans de vie commune, nous décidions (enfin, surtout moi…) de rompre. J’annonçais alors à mes parents que David, ayant désormais un boulot, avait décidé de prendre un appartement seul. Mes parents semblaient rassurés. Mon père me dit alors: «7 ans en colocation, c’était quand même assez long!» Je ne réagissait pas.

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Eric, 47 ans, Paris

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L’heure de retour de ma famille est déjà passée

Il est environ 11 heures du matin et je me réveille. Pas un bruit dans la maison. Cela me semble normal: c’est samedi, ma femme a l’habitude de faire des courses pendant que les enfants sont à l’école. Elle ira ensuite les chercher à la sortie de l’école avant de rentrer à la maison. Je m’installe dans le salon après avoir pris mon petit-déjeuner et fait ma toilette. J’allume la télé et me sers mon apéritif en attendant ma famille. De là où je suis assis, sur le canapé, je peux voir la porte d’entrée du pavillon en tournant simplement ma tête vers la gauche. Je sais que j’entendrai la voiture se garer devant la maison avant que ma femme et mes enfants n’ouvrent la porte. Elle aura certainement des sacs de commissions plein les mains et les enfants auront leur sac d’école sur le dos. Je ne remarque même pas que le temps passe et que l’heure habituelle de retour de ma famille est déjà passée.

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Tristan, 30 ans, Paris

screen-captureComing Out

Le 12 juillet 2007

Mes chers parents,

La vie est parfois faite de choses terriblement simples et pourtant si difficiles à exprimer… C’est pour cette raison que je vous écris après avoir pris toute la mesure du risque que je prends de vous décevoir et de vous faire de la peine. Espérant finalement que vous soyez capables de partager mon bonheur, je viens donc vous annoncer que, toutes ces années passées, depuis que j’habite à Paris, je n’ai jamais été «seul». J’ai rencontré Guillaume (c’est un garçon) en juin 2001 et nous nous aimons depuis lors. Je n’ai jamais su vous le dire et vous n’avez jamais cherché à le savoir. D’où tant de silences, tant de mystères…

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David, 36 ans, Guadeloupe

daniel guichard - mon vieuxMon père

Mon père et moi ne nous sommes jamais dit je t’aime. Il fut durant toute mon enfance une figure distante, nous ne nous parlions pour ainsi dire jamais. Son peu d’éducation et son absence de culture générale m’ont parfois conduit, moi qui réussissais si bien en classe, à mépriser ce père que je trouvais inculte. Il m’est même arrivé, chose horrible à dire pour un fils, d’avoir honte de lui.

Avec le recul,  et connaissant un peu mieux son histoire, je regrette énormément d’être ainsi passé à côté de lui. Il avait perdu son propre père très jeune, au début de la Seconde Guerre mondiale. Fils unique, il a été contraint de quitter l’école à l’âge de 12 ans, en sachant tout juste écrire et compter, pour apprendre un métier manuel et aider sa mère. Ça se passait comme ça, à la campagne, dans les années 1940. cet homme qui n’a pratiquement pas connu de figure paternelle dans sa jeunesse allait avoir quatre enfants qu’il saurait parfaitement élever et qui seraient sa fierté. Car pendant que moi j’avais honte de lui, lui était fier de moi. C’est le jour où j’ai reçu mon diplôme d’ingénieur que j’ai pu voir toute cette fierté dans son regard: lui, simple menuisier qui avait été ouvrier toute sa vie, lui qui avait commencé à travailler si jeune, avait un fils ingénieur. Si le titre n’a rien de très prestigieux de nos jours, ça semblait représenter pour lui une consécration. Deux ans plus tard, une personne mal intentionnée lui annonçait de manière brutale que ce fils dont il était si fier était homosexuel.

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Fabien, 37 ans, Auxerre

fabien.fregonaLa Déclaration

À quand remonte mon orientation sexuelle? Difficile de le dire, je me pose beaucoup de questions pour lesquelles je n’ai pas de réponses précises. Certainement très loin dans mon enfance. En étais-je conscient? Je me rappelle, gamin, avoir feuilleté (sûrement comme beaucoup) des catalogues de vente par correspondance, et notamment les pages de sous-vêtements masculins. Ensuite, l’adolescence: pas grand-chose à signaler de ce côté-là. Que des expériences hétéros. Après des études (courtes), à 20 ans, je rencontre la jeune femme qui devient ensuite mon épouse et avec qui nous avons deux merveilleux garçons. Mais quelque chose cloche chez moi et je me sens de plus en plus mal. Je ressens de l’attirance pour les hommes. lorsque je croise un couple hétéro, je regarde le garçon et reste indifférent à la fille. Rien ne va plus. Que dois-je faire ? Je doute. Je suis perdu.

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Valentin, 17 ans, Lille

Valentin, 17 ans, Lille«Papa, Maman

Je ne sais pas trop comment vous annoncer ça… C’est difficile pour moi de le dire, de m’assumer. J’aimerais dire tout ce que j’ai sur le cœur, mais c’est trop dur pour moi, car je m’énerverais sûrement… Alors c’est pour ça que j’écris. J’aurais aimé vous l’annoncer de vive voix, mais je suis terrorisé. Je pense qu’il est temps pour moi de faire le «grand saut», car je pense que mon manque de confiance en moi vient de là…

J’ai maintenant 16 ans et demi, et comme vous le savez, je ne vais plus très bien depuis le mois d’avril… Les grandes vacances ont été magnifiques, merci.

Lors de ma «petite déprime», nous avons beaucoup parlé de la danse, que je voulais peut-être arrêter, mais je me suis rendu compte que ce n’était pas ça la vraie cause de mes problèmes… Comme vous le savez, c’est à mon âge qu’on se cherche, physiquement, psychologiquement et sexuellement (vous êtes passés par là). C’est aussi à cet âge que commence la crise d’adolescence et je pense qu’elle ne m’a pas beaucoup aidé. Comme je le disais, j’ai peur, peur de le dire, peur de votre réaction, peur de vous décevoir, peur de vous faire honte…

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Patrick, 54 ans, Argentan (Orne)

Col de Fenestre  (9)

L’histoire commence en juillet 1982. Je débarque à Argentan, dans l’Orne, avec ma femme et mes deux petites filles. Argentan est mon premier poste à la SNCF, et je ne connais personne, ni même la région. Accueil sympa de la plupart des collègues et, petit à petit, au fil des mois, je fais connaissance des un-e-s et des autres, des fils d’amitié se nouent… L’un des collègues est particulièrement intéressant. On est toujours d’accord sur tout (le travail et le reste). sa femme et sa fille de 2 ans se mettent à fréquenter ma famille. Apéritifs, rencontres, balades, quelques week-ends ensemble… et le même plaisir à se retrouver le lundi matin au boulot, tous les deux. Je sens que je suis en train de tomber amoureux, mais, bien sûr, j’ai un grand entraînement pour lutter et refouler tout cela, parce que de toute façon, pour moi, l’autre ne peut pas être homo, par définition. La vie avec un autre gars est invraisemblable car, pour moi, il est impossible de tomber sur un autre homo comme d’expliquer tout cela aux autres (famille, amis, la société…). Ça paraît peut-être incroyable qu’à 28 ans on ait ce genre de choses dans la tête, mais à l’époque, c’était pourtant ma stricte vérité et je vivais avec depuis toujours.

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